Lisou : Merci pour tes deux ou trois indications. J'avoue avoir beaucoup de mal à gérer les ratings. ^^ Il faudra d'ailleurs que je pense à changer celle de Peu importe... Enfin bref, j'ai fait les quelques changements que tu m'avais recommandée, et je te remercie une nouvelle fois pour tes conseils. Quant au prénom du dernier, j'adore tout simplement, et le fait qu'ils soient sorciers ne me facilite que plus la tâche. J'avais besoin de faire un clin d'œil à Théo, car je l'aime beaucoup dans une des nombreuses fanfictions que j'ai lu. Désolée s'il te gêne réellement, mais je tiens à ce qu'il se nomme de cette manière. Voilà, voilà, j'espère que tu pourras passer au-dessus et que tu apprécieras la suite.
Soudain la porte s'ouvrit et envoya valser mon amoureux plus loin.
Je me levai, Erotéodh dans les bras, outrée que l'on perce mon espace personnel aussi impoliment et rudement. J'ouvris la bouche pour commencer à menacer quand je me rendis compte que mon mari se tenait devant moi, son beau visage tordu par la colère et la haine, le rendant étrangement plus beau. Il balaya la pièce du regard et tomba sur Draco en dernier, il l'attrapa par la gorge et le plaqua contre un mur. Greengrass, Narcissa, Pansy et moi poussâmes un cri surpris et horrifié. Toujours tenant mon amoureux par la gorge, il se retourna vers moi, ses yeux me tuant à chaque seconde.
- Je sais !
Et j'eus l'impression de mourir.
Je continuai de regarder mon mari, paniquée. Il savait ? Il le savait ? Qu'est-ce qu'il savait vraiment ? Exactement ? Comment le savait-il ? Et il continuait de maintenir Draco contre le mur, l'étouffant un peu plus chaque seconde, empêchant ma concentration. Mon amoureux suffoquait d'une horrible manière et Erotéodh bougeait dans mes bras et hurlait. Greengrass tomba à terre et se mit à pleurer et supplier le Maître qui ne la regarda même pas. Son regard était posé sur moi, était crucifié sur moi. Je voyais presque mon sang s'écouler par la force des yeux de mon mari. Elicia, sentant de plus en plus le danger, m'arracha presque mon fils des bras. A ce geste, mon mari appuya un peu plus sur la gorge de mon amoureux, qui ne se débattait même pas, son visage rougissait et ses lèvres bleuissaient. Je paniquai de plus en plus, les larmes se mirent à couler les longs de mes joues. Qu'est-ce qui se passait ? Comment en était-on arrivé là ?
- Maître, s'il-vous-plaît, suppliai-je. Que savez-vous ? Pourquoi êtes-vous si furieux ?
- Pourquoi, ricana-t-il follement. Pourquoi, répéta-t-il en lâchant Draco et en fonçant vers moi.
Mon amoureux se replia sur lui-même en toussant douloureusement, Blaise et Pansy se précipitèrent vers lui, et je n'eus pas le temps de voir plus du tableau, mon mari se tenait devant moi, me serrant le bras comme dans un étau.
- Combien de temps pensais-tu me le cacher, cracha-t-il.
- De quoi parlez-vous, gémis-je pleurant un peu plus.
- Ne fais pas l'innocente, garce. Tu sais très bien de quoi je parle. Vraiment, grinça-t-il en me regardant secouer négativement la tête avec ferveur. Et tes coucheries avec Draco Malefoy, ça ne te dit rien ?
- Co- comment ?
- Je sais tout ! Tu sais où j'étais ? J'étais en pleine mission, Potter est arrivé et alors que nous luttions il me sort avec un sourire agaçant «Tu savais que ta femme se faisait sauter par son gardien ? Ouais, Hermione Voldemort, de son nom de jeune fille Granger, se tape Draco Malefoy ! Et depuis un bout de temps, parce que déjà quand on l'avait au QG ils étaient ensemble. Mais tu sais le pire ? Ils s'aiment ! Ce n'est pas juste physique, nan, ils sont amoureux ! Draco a vendu toutes les informations pour qu'on la protège ! Dégoûté hein ? Une femme qui a trahi une fois trahira de nouveau.»
- Vous ne pouvez pas croire Harry Potter, il dirait n'importe quoi pour vous déconcentrer ! Jam-
- Attends avant de jurer des choses fausses, siffla-t-il. Potter n'est pas du genre à mentir, mais ça semblait tellement gros que je doutais de la véracité de ses paroles. Je suis revenu et on m'a annoncé ton accouchement. Erotéodh, hein ? Les mêmes lettres que dans Théodore, n'est-ce pas ? Je ne l'ai pas remarqué tout de suite, même si le nom sonnait un peu trop connu à mes oreilles. Je suis allé vous voir et le bébé te ressemblait, comme toujours. Mais le doute continuait de me titiller, alors je suis allée voir la médicomage d'Elvis, et je lui demandai ce qu'elle avait vu de votre comportement à lui et toi, et elle a dit «Ils sont étrangement proches. Et Malefoy semblait fou de joie en voyant le nouveau-né» Bien sûr ! Son bébé venait de voir le jour. Je ne sais même pas si Elvis est de moi ! Réponds, ragea-t-il devant mon silence. Avoues tout !
- Je- Je... Elvis est votre fils, Maître, soufflai-je.
- Et Erotéodh ? Non, il ne l'est pas, déclara-t-il devant mon nouveau silence.
Il me poussa sur le canapé et me retourna une grande claque qui sonna longtemps dans la chambre avec les pleurs de mes enfants. Le Maître fulminait, on sentait toute son aura meurtrière répandue autour de lui. A chaque respiration que je prenais, je m'étouffais sous l'air vicié par la haine et le ressentiment. Personne ne bougeait. Et je fis un rapide tour d'horizon. Mes deux fils n'étaient plus dans la pièce, Elicia était caché derrière le mur de sa chambre, seule sa tête dépassait de l'encadrement de la porte pour regarder. Narcissa regardait le sol. Blaise et Pansy toujours accroupi sur la silhouette de Draco me regardaient très inquiets. Draco semblait figé sur place ses yeux faisaient rapidement le tour de la pièce, comme si il cherchait un moyen de fuite. Quant à Greengrass... J'avais l'impression qu'elle voyait son monde s'effondrait. Je ne pus m'empêcher de penser qu'au moins, elle savait qu'elle avait raison.
Mon mari s'éloigna et se mit face à la fenêtre.
- Je suis furieux, soupira-t-il. Je croyais fermement que vous seriez différente. Et d'une certaine manière, vous l'avez été parce qu'oser me tromper et me mentir fait sûrement de vous une des femmes les plus culottées qui m'aient été donné de connaître. Et Draco... Draco ! J'avais confiance en toi ! Mais en plus de me prendre ma femme, tu changes de camps ! Tu m'as trahi, Draco. Et toi aussi, garce. Et savez-vous ce que je fais aux traîtres ? Je ne vous entends pas, éleva-t-il la voix après un silence. Est-ce que vous savez ce qui se passe avec les traîtres ?
- Ils sont exécutés, souffla Draco.
- Plus fort, ordonna le Maître en se tournant vers lui. Qu'est-ce qu'ils méritent d'après moi ?
- La mort, articula Draco plus haut.
- La mort, s'exclama mon mari. Tout à fait ! Vous allez mourir ! Demain, à l'aube. Tous les autres seront là. Mais l'Avada me semble trop doux. Alors que dîtes-vous d'une longue séance de torture au Doloris ? Jusqu'à épuisement ?
- Et mes enfants, murmurai-je.
- La mort. A partir de maintenant !
Il me tourna le dos et marcha avec de grandes enjambées vers la chambre de mes enfants. Je me levai à toute vitesse, hurlant des prières et des interdictions, je rentrai comme une furie et eus le temps de me placer entre la baguette tendue du Maître et mes enfants.
- Moi, si vous voulez mais pas eux, hurlai-je.
Et je pleurai sans m'arrêter, j'avais mal partout dans mon corps, pas physiquement, mais moralement. Qu'il s'en prenne à mes enfants, il s'en prenait à moi, je souffrais de terribles souffrances alors qu'une menace aussi lourdes pesaient sur eux. Je me sentais anéantie par le poids des vies de mes enfants.
Je n'eus le temps de voir qu'un sourire et qu'un «Déjà vu» de mon mari avant qu'il me pousse me faisant tomber à terre et jette le sort de la mort dans le berceau. A peine, avais-je vu le vert du sort sortir de sa baguette que je me mis à hurler. J'eus l'impression de mourir un peu, quelque chose venait de s'éteindre en moi, de se briser. J'ai entendu mon cœur se briser en de multiples éclats qui semblaient s'enfoncer un peu plus profondément dans ma chair à chaque geste. Je vis à peine Draco se jetait sur le berceau pour regarder à l'intérieur et se mettre à reculer après quelques secondes de choc. Il chuta à mes côtés, l'air stupéfait, incrédule. Tout ça n'était qu'un horrible cauchemar, me disait ses yeux. Ce qui est en train de se passer ne se passe pas vraiment. Ce n'est qu'une terrible invention de notre cerveau.
Et je sus lequel de mes enfants venait d'être touché par l'horrible sort. Je suffoquai, ma main s'accorchant à la première chose qu'elle trouva : la main de Draco. Je la serrai si fort que mes ongles fendirent la peau de l'autre main et le sang pur s'écoula, s'infiltrant sous mes ongles. Draco ne semblai même pas s'en rendre compte.
J'entendis alors vaguement la voix de mon mari reprendre.
- Dans mon immense mansuétude, ta fille restera en vie, demain, après ton exécution, elle partira et devra se débrouiller. Seule. Quant aux autres traîtres...
- Il n'y en a pas d'autres, soufflai-je avec le courage qui me restait. Personne ne savait ! Il n'y a que Draco et moi qui sommes coupables, hurlai-je tentant vainement d'évacuer toute la douleur qui me submergeait. Mon fils n'avait rien à voir avec ça ! Il n'avait rien fait ! Il n'a rien demandé, continuai-je de hurler alors que je me recroquevillai un peu plus sur le sol.
Si ma voix prenait de plus en plus d'ampleur, mon corps quant à lui semblait vouloir disparaître, ne plus exister. Je voulais tellement que ceci ne soit rien d'autre que mon imagination. Je voulais donner ma vie en échange de celle de mon fils.
Voldemort nous regarda de haut, un sourire satisfait sur les lèvres.
- Eh bien soit, vous serez les seuls à périr demain. Ne pensez pas que je serai tendre. Préparez-vous à vouloir mourir, parce que demain, ce sera votre seul souhait.
Sur ces terribles promesses, il nous tourna le dos et sortit. J'entendis la porte claquer au loin. Je restais de longues minutes prostrée sur le sol, ce fut quand Draco se leva que je me repris. J'avais l'esprit vide, je ne pensais à rien. Je ne savais même pas que penser était une option possible. Personne ne rentra dans la chambre. Le temps semblait simplement figé, comme s'il attendait que quelque chose l'enclenche. Je me relevai et avançai doucement vers le berceau, avec beaucoup de répugnance. Je ne voulais pas voir ce spectacle, je ne voulais pas voir ça. Et à mesure que je me rapprochai du berceau, j'entendis les cris et les pleurs d'un de mes fils, me faisant reprendre pied avec la réalité. Avec la réalité des faits. Non, Draco, ce n'était pas un cauchemar. Rien n'allait. Tu m'as mentie autant que tu t'es menti. Rien n'irait plus jamais bien. Je continuais de souffrir de tout mon être sans répits.
Je fermai les yeux alors que mes mains se cognaient dans le bois du berceau. J'étais seule dans le noir. Je rouvris doucement les yeux et regardai dans le berceau. Elvis s'agitait de toutes ses petites forces, terrorisé par tous ces hurlements et ces pleurs tandis que Erotéodh était d'une immobilité douloureuse, ne laissant aucun doute quant à son état. De nouveau, les larmes inondèrent mon visage. En fermant les yeux, je caressai la peau encore chaude de mon dernier. En ouvrant les yeux, je me mordis férocement la lèvre inférieur qui céda et se mit à perler des gouttes de sang qui se mélangeait à mes larmes, sur la couverture de mon fils tombaient des larmes ensanglantées me donnant vaguement l'impression de pleurer du sang. La couverture se tâcha de rouge dilué. J'enroulai consciencieusement le bébé dans son linge, couvrant son visage une dernière fois. Erotéodh. Je posai mon front sur le sien à travers la couverture. En rassemblant autant que je le pouvais tous mes esprits, je me dirigeai vers le salon. Personne n'avait bougé. Ils avaient simplement tous baissé les yeux vers le sol. Je me dirigeai sans un mot vers Narcissa qui releva des yeux noyés dans les larmes vers moi. Je lui tendis le précieux paquet que je serrais tout contre mon corps. Elle secoua négativement la tête.
- Je ne peux pas sortir, Narcissa, la suppliai-je. Erotéodh mérite un enterrement. Je t'en prie. Merci, soufflai-je pleine de gratitude alors que hésitante elle attrapait mon bébé. Emmène-le loin d'ici, continuai-je avec une voix pleine de sanglots.
Je me retournai et cherchai ma fille du regard. Elle était prostrée derrière le canapé. Je m'asseyais près d'elle. Elle ne pleurait pas. Elle regardait loin. Très loin. Quelque part où je ne pouvais pas la rejoindre. Elle s'était mise hors de ma portée.
- Il ne reviendra pas, affirma-t-elle sans attendre de réponse.
- Non, lui répondis-je pourtant et Pansy derrière moi se mit à pleurer. Elicia, je sais que c'est difficile de penser à ça maintenant, mais il faut que tu partes. Prépare une petite sacoche légère, parce qu'à partir de demain il va falloir que tu coures. Ta vie en dépend, ma chérie.
- Et Elvis, demanda-t-elle, les yeux pleins de larmes qu'elle ne ferait jamais couler.
- Il faut le laisser là. Il reste le Dauphin, il est plus en sécurité ici qu'autre part.
A ces mots, la porte d'entrée s'ouvrit et je me relevai vivement, aux aguets. Des Mangemorts entrèrent, ils firent le tour des lieux en quelques instants, je voulus les retenir avant qu'ils rentrent dans la chambre des enfants, ils ressortirent, deux encadrant Draco et un tenant Elvis. Je fermai les yeux en sentant la douleur m'envahirent alors qu'on éloignait deux des personnes les plus chères à mon cœur. Je ne reverrais Draco que le lendemain. Les Mangemorts dirent aux occupants de partir, c'étaient les ordres du Maître. Alors doucement, Pansy, Blaise et Greengrass s'en allèrent. L'appartement était aussi vide que mon cœur. Je dirigeai mon regard vers Elicia.
- Prépare-toi. Demain est plus proche que ce que l'on croit.
