Chapter 36 : Procès
- Uzumaki Naruto.
On avait fini par lui adresser la parole ; c'était pour lui demander son nom, et aussitôt replonger le nez dans la paperasse en recopiant quelques fois ces deux mots. Depuis bientôt deux heures qu'il était assis sur le même banc en bois, sous le regard courroucé des policiers ! Il avait surtout l'impression désagréable de n'être personne, d'être ignoré et raillé par des uniformes insolents.
Enfin… Il valait peut-être mieux rester calme pour ne pas aggraver son cas.
L'homme écrivit quelques phrases sous un dossier qu'il retenait de sa main libre. Le coupant dans son activité, un autre se pencha sur lui et lui présenta un paquet de feuilles liées. Il fronça les sourcils, agacé qu'on l'interrompît.
L'autre lui chuchota quelques mots à l'oreille. Un regard vif se percha un instant sur Naruto, avant de décoller aussitôt et remonter devant l'inopportun. Ils échangèrent quelques propos, trop bas pour que le blond pût les comprendre.
- Je termine ça et je regarde.
L'autre fit la moue, mais se releva et quitta la pièce sous le regard de Naruto. Pendant ce temps, l'homme parcourait des yeux le dossier qu'il était occupé à compléter.
- Tapage nocturne, c'est cela ?
- Je n'ai fait que me défendre !
- On verra ça plus tard. Et vous avez détruit un appartement que vous louiez.
- C'est pas moi ! C'est les autres !
L'homme haussa la voix.
- Reconnaissez-vous que ces torts ont été commis, que ce soit par vous ou un tiers ?
Naruto dansa sur ses fesses, faute d'être debout.
- Oui.
- Vous prétendez n'y être pour rien ?
- Bein… Oui ! C'est eux qui m'ont frappé d'abords, j'avais rien prévu !
- Qui votre « eux » désigne-t-il ?
Naruto réfléchit un instant.
- Euh… Je les connais pas vraiment. Y'en a un qui s'appelle Rock, j'en sais pas plus.
L'homme murmura le nom qu'on lui donnait, en déposant son regard sur son bureau où traînaient quantité de dossiers plus ou moins classés. Un autre, derrière, pris note ; l'apercevant, celui qui interrogeait Naruto redéposa ses yeux sur ce dernier, une lueur maligne dans les iris.
- Vous ne les connaissez pas vraiment ? Que voulez-vous dire ?
- Et ben…
Le blond baissa la tête en faisant remonter les souvenirs ; puis il se lança dans le récit de l'épisode dans les ruelles, le soir. Derrière le bureau, l'autre notait tout ce qu'il disait : celui qui posait les questions se contentait d'écouter attentivement.
- Je sais pas ce qu'ils faisaient chez moi. Ils voulaient sûrement se venger, mais comment ils savaient que j'habite là, je sais pas. En tout cas, j'avais pas prévu qu'ils soient chez moi ! Et...
Il s'arrêta net, conscient de devoir garder un certain secret autour de l'affaire. L'homme ne l'entendait pas ce cette oreille ; précisément, il n'entendait pas ce que taisait Naruto.
- Et ?
- Non, rien.
- Si, dites-le.
- J'ai rien à ajouter.
L'homme soupira, fixant toujours le Jichuuriki dans les yeux. Celui-ci baissa les siens pour éviter l'affrontement.
- Tout ce que vous dites pourra être retenu contre vous. Ce que vous cachez aussi. Surtout ce que vous cachez, car nous apprendrons tôt ou tard ce que vous ne voulez pas dire.
Il ajouta après un court silence :
- Ibiki se fera un plaisir de vous faire parler.
Naruto lui jeta un coup d'œil, et se recacha derrière ses cheveux en constatant que l'homme le fixait encore. Devant son mutisme, l'homme reprit la parole – brièvement :
- Alors ?
Le blond hésitait, mais cette dernière courte phrase fit monter le stress ; il lâcha.
- Y'en a un qui a dit qu'ils avaient de la drogue chez moi. Mais qu'elle avait disparu.
Quatre paires de sourcils se haussèrent.
- J'en savais rien ! Je sais pas de quoi il parlait ! Il a dit qu'elle était dans le tiroir, mais qu'ils l'avaient pas retrouvée quand ils sont venus chez moi ! Il a dix qu'ils avaient cent grammes, pleins de trucs que je connaissais pas ! Je vous jure que j'en sais rien !
Les deux hommes, après s'être changé un regard, écrivaient chacun les détails qui leur semblaient importants.
- C'est d'ailleurs peut-être pour ça qu'ils étaient chez moi, ils voulaient pas se venger ! Enfin si, j'en sais rien ! Et je sais pas comment ils ont pu rentrer chez moi, je les connais pas, je leur ai jamais donné la clef ! Y'a que le concierge et moi qui avons la clef !
Il était lancé
- Il a dit qu'elle avait disparu mais je savais pas, donc c'est pas ma faute ! Et une fois, Sasuke m'a dit qu'il avait trouvé un truc dans le genre dans une de mes armoires, alors peut-être qu'il l'a pris maintenant ! J'ai aussi perdu mon huile aux crapauds, et si c'est quelqu'un qui en a prit c'est dangereux ! C'est peut-être Sasuke qui a tout pris parce qu'il a peut que je me drogue, ou alors il me l'a volée pour lui, ou alors c'est quelqu'un d'autre j'en sais rien ! Mais j'ai rien fait !
Il venait d'accuser l'Uchiwa ; il s'en rendit compte.
- Mais je pense pas que Sasuke soit coupable, c'est pas son genre, peut-être qu'il a voulu m'aider mais c'est tout. Alors on retrouvera tout ça chez lui. Mais je crois pas, je sais pas. Mais y' plein de gens qui viennent chez moi sans me prévenir et j'aime pas ça, ils peuvent tout me piquer alors.
Ca expliquait pourquoi il perdait tant de chaussettes. Mais qui s'amuserait à lui en voler ?
C'était confus, tout ce qu'il disait. Devant lui, les deux hommes s'escrimaient à ne rien perdre du flux de paroles, tout en se doutant qu'ils ne sauraient tout retenir. Mais vu la spontanéité avec laquelle Naruto disait tout cela, ils accordaient un certain crédit à ses paroles. Il ne pouvait pas s'inventer une vie, des craintes et des souvenirs si vite !
Naruto, reprenant son souffle, vit leurs visages concentrés, leurs poignets torturés. Il reprit alors certains éléments qu'ils auraient pu ne pas comprendre. Un regard le remercia de cette coopération.
- Sasuke Uchiwa. Il est dans mon équipe. Et on a passé pas mal de temps ensemble tous les deux ces derniers temps…
Il marqua une brève pause, pour leur laisser le temps de noter.
- Il est venu chez moi, c'est comme ça qu'il a trouvé la drogue pendant que je dormais. Mais il a l'air d'avoir tellement peur que je me drogue que je crois pas que lui le fasse. C'est pas un menteur.
Après qu'il eût fini d'écrire, celui qui posait les questions reposa son stylo et mit le dossier qu'avait apporté l'autre devant lui. Il fronça les sourcils en le parcourant du regard, tournant une ou deux pages pour voir la suite. Puis il reporta son attention à Naruto.
- Depuis quand vous a-t-il dit avoir découvert de la drogue dans votre appartement ?
- Euh… Pas longtemps, une semaine ? Je sais pas trop, il se passe tellement de trucs ces temps-ci…
- Que se passe-t-il ?
Naruto réfléchit un instant.
- Bein… Déjà, on rentre de mission, un truc assez difficile qui nous a donné pas mal de fil à retordre.
Une brève pensée pour son ami, quelques paroles également.
- Sasuke est d'ailleurs à l'hôpital et on n'est pas sûr… qu'il survive.
Pas de réaction de la part des enquêteurs, malgré le visage soudain triste qu'arborait Naruto.
- Et alors, y'a aussi mon sensei, Kakashi-sensei, qu'est accusé de se droguer.
Il se mordit la lèvre inférieure, mais se rassura rapidement en songeant qu'il pouvait certainement parler de ça aux enquêteurs.
- Il est d'ailleurs venu chez moi, m'a dit Sasuke, pour prendre des échantillons de certains trucs qu'il avait trouvé. C'est du cannabis, apparemment.
Il s'empressa de clamer son innocence devant les regards suspicieux qu'il reçut. Puis, on lui posa encore quelques questions et on lui donna congé ; il eut alors la chance de retourner dans sa cellule, où un repas lui serait apporté. Ce ne serait pas très gastronomique, mais déjà bien pour son estomac affamé.
Lorsqu'il sortit de la pièce, l'homme qui prenait notes s'enquit de ses blessures Naruto ; expliqua d'où elles lui venaient. On lui assura alors qu'on l'aiderait à manger, et qu'il pouvait demander de l'assistance dès qu'il le voulait. Il précisa qu'il dépêcherait une infirmière pour changer ses bandages.
Il ne devait pas savoir à quel point l'hôpital était occupé. Toutefois, Naruto eut la surprise de voir cette promesse tenue, et on s'occupa enfin de ses blessures. Enfin… Ce n'était pas un médecin, on ne le guérit ; pas mais il fut bien content qu'on témoignât un peu d'attention à ses douleurs.
Plus tard dans la journée, on revint chercher Naruto. On le conduisit dans une grande salle, divisée en plusieurs parties, dont certaines accueillaient des gens à la tête basse.
Naruto reconnut Kakashi, Rock et ses deux comparses. Le regard qu'il échangea avec ces derniers signifiait toute la haine qu'ils éprouvaient l'un pour les autres ; et le blond eut tôt fait de s'énerver sans qu'aucun mot ne fût prononcé. Kakashi lui jeta un coup d'œil indéfinissable, puis laissa sa tête retomber ; il semblait plongé dans une réflexion philosophique concernant les lattes usées du parquet.
Naruto ignorait totalement où il était ; tout abord, il avait pensé à un auditoire dans lequel son procès serait fait. Mais quelle étrange disposition, pour un tel lieu ! Chacun était isolé des autres, les hautes parois de bois qui délimitaient chaque zone ne les aidant pas à se contempler. Comment pouvaient-ils alors prendre la parole devant une salle pleine de monde ? Il ne voyait pas non plus de banc des accusés, ou toutes ces choses étranges qui peuplaient les rares films policiers qu'il avait eut la patience de suivre jusqu'à la fin. Lui qui n'aimait pas les enquêtes, il était à présent acteur dans un tel scénario !
Quelques minutes après lui arriva le concierge de son immeuble. Les joues enflammées, les yeux injectés d'une fureur sans nom, il était poussé sans ménagement par deux malabars sobrement vêtus. Il pesta en s'asseyant sur la chaise qui était à sa disposition.
- Rien à faire ici, moi… J'ai pas de temps à perdre avec ces conneries…
Toutes dents dehors, il fusilla Naruto du regard, puis se perdit dans ses pensées. Kakashi l'observa en silence, tandis qu'un des amis de Rock se mettait lui aussi en colère, sans un mot. Le silence dans la salle retomba, il ne se passait plus rien.
Ils attendirent encore dix minutes. Le concierge se leva une ou deux fois, piétinant dans la petite cellule où on l'avait enfermé ; une fois, il vint frapper à la porte qui lui bloquait la sortie avec plus ou moins d'acharnement. Il fut vertement remis ; à sa place plutôt que de se calmer, il se mit alors à hurler qu'il avait autre chose à faire et qu'on le laissât tranquille. Un coup dans le ventre le convainquit de s'asseoir sagement sur la chaise.
Puis, un homme arriva. Sous le regard du concierge, du groupe de Rock, de Kakashi et Naruto, il déposa quelques dossiers sur la table, au centre de la salle ; il ouvrit quelques tiroirs, et reparti avec un livre qu'il avait l'air de juger inopportun. Comme un coup de vent, il s'en alla, laissant les quelques êtres animés dans le même silence et la même solitude oppressante qu'avant.
Aucun mot n'avait été prononcé, mais tout semblait différent maintenant que le bureau central était agencé différemment. Cependant, même cette variation sur le thème ne suffit à distraire suffisamment la peuplade, et certains se mirent à bavarder. Quelques mots, un rire gras, un regard courroucé. Et pendant ce temps, celui-ci passait. En silence.
- Ah ! Enfin !
Dans un brouhaha contrastant avec le silence monacal qui régnait, une troupe pénétra dans la salle ; un homme s'assit au milieu de la pièce, au bureau, pendant que des policiers se plaçaient à côté de chaque personne présente pour les empêcher de s'enfuir si le désir leur venait. Le concierge, Rock et un de ses deux amis suivirent d'un regard mauvais leur policier respectif, tandis que Kakashi ne lui prêtait aucune attention et que Naruto se retenait de lui faire la conversation. On ne lui avait pas dit pourquoi il était là ; en voyant les gens qui étaient appelés, il avait pu se faire une idée, mais peut-être se trompait-il. Il ne parvenait pas, après tout, à expliquer la présence simultanée du concierge de son immeuble et de son sensei. S'ils allaient parler de drogue, le concierge n'était pas concerné ; par contre, Kakashi n'avait rien à dire à propos des dommages qu'avait subit l'appartement de Naruto.
Enfin… Il verrait bien.
Quelques hommes s'assirent dans des tribunes, en arrière du bureau ; parmi eux, Naruto reconnut les deux avec lesquels il avait parlé plus tôt, et celui qui avait interrompu leur discussion pour porter un dossier supplémentaire.
- Votre attention, s'il vous plaît…
L'homme au centre venait de parler ; c'est alors seulement que Naruto s'attarda sur le personnage. Un homme de grande taille, vêtu d'une toge noire, que recouvraient de longs cheveux blonds. L'oreille gauche, à la vue de Naruto, était coupée en deux ; le temps avait cicatrisé, mais la coiffure de l'homme servait certainement à masquer cette blessure. Il avait des yeux sombres, contrastant avec ses cheveux, mais il était difficile de deviner leur couleur car il les gardait baissé dans ses feuilles. Il n'avait d'ailleurs pas levé la tête en s'adressant à la petite assemblée.
- Tout d'abords, je vous remercie de votre coopération.
Il jeta un bref coup d'œil au concierge qui pouffa nerveusement ; mais ne s'attarda pas dessus, trop occupé.
- Si l'un de vous désire prendre la parole…
Ne sachant pas encore pourquoi il était là, Naruto garda le silence ; il devina au visage des autres qu'il devait en être de même pour eux.
- Bien. Comme vous pouvez le constater, nous ne sommes pas dans un tribunal…
Il leva son regard et dévisagea l'assistance en poursuivant :
- Car la plainte déposée ne justifie pas une telle manœuvre et que l'affaire est complexe. Nous sommes ici pour discuter, et éclaircir certains points, à la lumière, je l'espère…
Il marqua une pause.
- De votre honnêteté. Sachez que mentir peut être passible d'une amende, qui à mon avis sera d'application vu que les caisses se vident dangereusement.
Naruto se mordit la lèvre inférieure, ce qui n'échappa pas à certains qui lui lancèrent un regard soupçonneux. Mais lui n'avait rien à se reprocher, ce que ne devait pas être le cas de tous.
… Et de Kakashi-sensei ?
- Le lundi dix mai, Monsieur Hatake Kakashi ici présent porte à Mademoiselle Mitarashi Anko, qui n'a pu se libérer, un échantillon d'une substance qu'il suppose être de la drogue et qui n'a, pour l'heure, pas encore pu être identifiée. Le dix-sept mai, il lui apporte un échantillon d'une autre substance, qui s'est avérée être du cannabis.
Il fronça les sourcils, sans apercevoir le trouble du ninja-copieur d'être le seul cité.
- Il dira plus tard avoir trouvé cet échantillon dans l'un des tiroirs de Monsieur Uzumaki Naruto…
Il haussa les sourcils en regardant le blond dans les yeux. Naruto frissonna.
- Egalement ici présent. Le lendemain, il dévoile la cachette aux services de Konoha, qui confisquent les substances. Après analyse, ils ont découvert vingt grammes de cannabis, vingt grammes de cocaïne, vingt-trois grammes de kétamine, quatre grammes de datura, trente-six grammes de GHB et dix-neuf grammes de méphédrone, soit cent vingt-deux grammes au total de substances illicites.
Naruto écarquilla les yeux, surpris ; un grognement indigné venant d'un comparse de Rock parvint à ses oreilles.
- Monsieur Uzumaki a toujours nié avoir connaissance de cela, malgré la grande quantité de produits et le peu de discrétion avec lequel ils sont cachés dans son tiroir.
Il se tourna vers Naruto.
- Niez-vous toujours en avoir eu connaissance ?
Il mit du temps avant de comprendre qu'on lui adressait la parole et qu'on attendait qu'il répondît ; il ne prit vraiment conscience de ce fait que lorsque le policier qui lui était assigné se tourna vers lui.
- Euh… Sasuke… Uchiwa Sasuke m'en a parlé, je ne sais plus trop bien quand, il y a pas longtemps, mais je m'étais pas trop inquiété… Je savais pas que y'avais plein de trucs comme ça chez moi.
L'homme se tourna vers le groupe qui écoutait, dans son dos.
- Pourquoi n'est-il pas ici, lui ?
Quelqu'un lui murmura une réponse qui ne parut pas l'arranger. Il se retourna vers Naruto.
- Comment a-t-il découvert la présence de drogue chez vous ?
- En fouillant dans mes tiroirs, un matin où il voulait à manger et que je n'étais pas levé.
L'homme tourna quelques pages en saisissant un stylo.
- Vivez-vous ensemble ?
Un hoquet de surprise échappa au Jichuuriki. Quelle question !
- Non…
Il traça un trait sur la feuille, et reprit celle d'avant.
- Que faisait-il chez vous le matin, durant votre sommeil ?
- Il a passé la nuit chez moi.
- N'a-t-il nulle part où dormir ?
Naruto réfléchit un instant au sens de cette question, étrangement formulée.
- On s'entend bien. On avait envie de dormir sous le même toit cette fois-ci.
L'homme fit une moue désolée, n'ayant rien à noter, ou, plutôt, apprenant que Naruto risquait de perdre un ami. Bien que juge, il n'en avait pas moins un cœur.
- Le dix-huit mai, vous partez en mission en compagnie de Hatake Kakashi, Haruno Sakura et Uchiwa Sasuke. Est-ce exact ?
Naruto entreprit de compter sur ses doigts les jours qui s'étaient écoulés ; mais il intercepta le regard de son sensei qui acquiesçait.
- Oui.
- Le jour de votre retour, hier, vous arrivez chez vous et découvrez la Troupe de Rock dans votre appartement. Une bagarre éclate.
Un regard interrogateur lui fut lancé ; il répondit par l'affirmative, gardant la question de cette appellation pour plus tard.
- Rock, au nom de votre troupe, confirmez-vous votre présence en ce lieu ce jour-là ?
Il grogna.
- Oui.
- Comment la justifiez-vous ?
Il dansa sur ses pieds, mais ne répondit pas.
- Comment justifiez-vous la présence de votre troupe chez Uzumaki Naruto, hier, au soir ?
Il ne répondit toujours pas ; le concierge intervint.
- C'est moi qui les ai fait entrer. C'était une blague pour Naruto.
- Ne prenez la parole que lorsqu'on vous le demande, je vous prie.
Il se retourna vers Rock, tandis que Naruto scrutait le visage impassible du concierge.
- Alors ?
Celui-ci lança un regard reconnaissant au concierge.
- C'est exact. On voulait faire une blague à… Naruto. Une p'tite surprise. C'est notre droit, non ?
Des chuchotements dans son dos attirèrent l'attention de l'homme ; il la reporta ensuite sur Rock. Naruto dansait sur ses pieds.
- J'entends que vous n'étiez pas en bons termes avec Naruto. Est-ce exact ?
- J'ai dit qu'on est potes depuis longtemps. Vous comprenez pas ça ?
- Uzumaki Naruto, confirmez-vous cette amitié ?
Trop heureux qu'on lui adresse la parole.
- PAS DU TOUT ! Ils ont tenté de me violer ! Je leur ai mis une raclée, ils sont venus se venger !
Le silence se fit dans la salle, puis un brouhaha chuchoté s'éleva. L'homme les fit taire en reprenant la voix, s'adressant à un scribe que Naruto ne pouvait voir de là où il était.
- La troupe de Rock accusée de tentative de viol. Tu notes ?
- Oui… je note tout.
Un sourire eût put se faire entendre.
- Je suis payé pour ça.
- Rock, au nom de votre troupe, que faisiez-vous dans l'appartement de Monsieur Uzumaki ?
Il répondit sur un pied, en fixant le concierge.
- Une plaisanterie.
Puis, il se tourna vers Naruto et se força à rire :
- D'où tu sors ça ? T'as trop d'imagination, je te l'ai toujours dit.
Un sourire carnassier se dessina sur son visage, contrastant avec l'humeur badine qu'il tentait d'incarner.
- Tu devrais arrêter de te droguer.
Le sang du blond ne fit qu'un tour.
- C'EST PAS VRAI ! Je me drogue pas !
- SILENCE ! Vous parlerez quand je vous le demanderai.
Il se tourna vers un comparse de Rock.
- Que faisiez-vous chez Naruto ?
- On… On plaisantait. C'est ce que Rock a dit… C'est vrai.
- Reconnaissez-vous avoir tenté de violer Naruto ?
Il lança un regard désespéré à Rock.
- Non… Il a plein d'imagination, ce petit, hein ! C'est… pour ça qu'on l'aime bien. Il a beaucoup d'humour.
- Pourquoi fixez-vous votre chef avec tant d'insistance ? C'est pourtant à moi que vous parlez !
Le sous-fifre se mordilla la lèvre inférieure, sans quitter Rock des yeux.
- Que signifie votre angoisse ?
Il ne répondit rien, mais la blancheur naissante de son visage contrastant avec l'écarlate des joues énervées de Rock indiquait qu'ils n'étaient pas blancs… ni tout à fait roses.
- Regardez-moi et répondez. Avez-vous tenté d'abuser Naruto ?
Il mit un moment avant de répondre, luttant contre lui-même ; mais le regard insistant du juge, et de toute l'assemblée derrière, lui mit trop de pression.
- Ou… oui.
Rock hurla de rage, Naruto pompa le sourire carnassier que son adversaire avait eu quelques instants plus tôt. Comme un artiste, le juge tira sur la ficelle de l'inspiration.
- Que faisiez-vous alors chez Naruto, puisqu'il semble que ce n'était pas une blague ?
- TAIS-TOI ! NE DIS RIEN !
Il jeta un regard effrayé à Rock qui hurlait ; puis ses yeux pourchassés se reposèrent sur le juge qui ne se départait pas de son impassibilité.
- On avait…
- TAIS-TOI, BON SANG !
- Envie de regarder la télé. Et vu qu'on en n'a pas, il fallait qu'on aille chez quelqu'un qui en avait ! Le concierge nous a passé les clefs de chez Naruto puisqu'il était en mission pour un certain temps, on a pu occuper son appartement un certain temps. Il fallait juste qu'on le libère avant minuit.
Le calme soudain de Rock, et l'air étonné du concierge, mirent au juge la puce à l'oreille.
- Que faisiez-vous réellement chez Naruto ?
« Kuso… »
Rock pâlit.
- La drogue est à nous. On est venu la prendre pour la soirée mais elle avait disparu, alors on attendait Naruto pour lui remettre une correction.
Il regardait ses pieds, penaud, comme un enfant qui trahit le secret de son copain.
Le juge sourit, content d'entendre enfin quelque chose qui faisait avancer l'histoire.
- Et comment êtes-vous entré dans l'appartement de Monsieur Uzumaki ?
- C'est…
- TA GUEULE !
Le concierge avait hurlé, brisant le masque désintéressé qu'il avait arboré jusque là.
- SILENCE ! Je ne vous ai pas parlé !
Il fit face au confrère de Rock.
- Alors ?
- Le concierge nous passe les clefs depuis deux ans.
Quitte à trahir…
- Ca fait deux ans qu'on stocke nos récoltes chez Naruto, le concierge nous passe les clefs à condition qu'on en partage avec lui.
Le silence plairait à beaucoup, ne fut-ce que pour une esthétique cinématographique. Rock s'effondra sur sa chaise.
- Pourquoi chez Uzumaki ?
Il hésita ; mais il n'avait plus rien à perdre.
- Parce qu'il n'a rien à voir avec nous. Si on devait voler en prison, nos récoltes resteraient saines et sauf. Et si vous mettez la main sur nos récoltes, y'a que Naruto qui serait accusé.
Le juge se tourna vers le concierge, toujours debout, blême comme un mort.
- Quel était votre intérêt à ce qu'un de vos locataires soit accusé ?
Il se contenta d'une grimace méprisante, d'un regard surchargé de haine, et de cracher en direction de Naruto.
Encore un qui lui reprochait d'abriter le démon-renard.
Voilà qui conclut le chapitre sur la drogue. Après quelques blablas entre les personnages, on attaquera le vif du sujet. Mais ça sera pour plus tard...
Review ?
