Bonjour à tout le monde et bonne année !

Désolée pour les petits retards, dû au temps des fêtes, mais maintenant je retrouverai mon assiduité ! Je constate que vous êtes gourmands un seul petit chapitre (de transition je l'avoue) et je me le fais dire... ; ) C'est touchant ! Merci. Voici donc la suite et parce que je ne veux pas vous faire le coup deux fois, j'ajoute un autre chapitre. Disons que c'est un cadeau du nouvel an, mais vous comprendrez mieux à la fin du chapitre.

Bonne lecture !

Chapitre 34 : Hôpital Ste-Mangouste

Le souper d'hier m'a redonné des forces. Fred et George font comme si de rien ne s'était passé. Dormir avec Fred m'apporte un réconfort inexplicable. Je n'avais pas réalisé à quel point ce petit rituel était important pour moi. Il fait partie des petits moments banals que je prends le temps d'apprécier plus consciemment depuis ma mission.

Pendant le déjeuner, les garçons sont très fébriles à l'idée de recommencer nos tests avec les boîtes à Flemme. J'ai également hâte de me remettre aux potions, mon esprit se calmera peut-être un peu. J'ai beau trouver du réconfort dans les bras de Fred, le sommeil n'est pas au rendez-vous. Quand je ferme les yeux, je vois l'homme que j'ai tué. Je suis devant lui et je rejoue la scène que j'ai vécue, il y a deux jours chez les Malefoy. Je vois ses yeux rouges, rouge comme le sang, qui me fixent et m'évaluent. La culpabilité me dévore de l'intérieur comme des corbeaux sur une carcasse pourrie.

Alors je mets beaucoup d'espoir dans ces potions. Ils ont toujours su m'apaiser. J'espère que ce sera le cas aujourd'hui…

Remus s'approche de moi. Il est resté après la réunion d'hier alors qu'il devait repartir vers le nord. Je suppose qu'il est resté pour une autre nuit avec mon père avant de repartir.

- Hélène, me dit-il. Est-ce que je peux te parler, un moment ?

Il a l'air grave. Il ne parle pas, il me fait simplement signe de le suivre. Nous sortons de la cuisine et il se rend jusqu'au salon du premier étage. Je jette un regard à la tapisserie de mes ancêtres. Elle me paraît bien différente, maintenant. Ma mère y est et je devrais y être aussi.

- Hélène, dit Remus, ce qui ramène mon attention sur lui. Il faut que je te parle de quelque chose d'important. J'aurais dû t'en parler quand je suis revenu il y a deux jours, mais je ne voulais pas défaire ta concentration. Je suis tellement heureux que tu sois revenue et si je t'en avais parlé avant ça aurait sans doute fragilisé tes défenses.

Il me fait signe de m'asseoir. Intriguée, mais surtout inquiète, je prends place sur le vieux sofa poussiéreux. Il prend place à côté de moi, me prend les mains dans les siennes et prend une inspiration.

- Je suis revenu du nord, parce que nous avons sauvé tous ceux que nous pouvions. Hélène, j'ai des mauvaises nouvelles. Socrate a été tué et Myrline est dans un état grave à Ste-Mangouste. Les guérisseurs pensent qu'elle ne passera pas la nuit…

Je suis sous le choc, incapable de dire quoi que ce soit.

- Si tu veux, nous pouvons aller la voir, ensemble, propose-t-il.

Je lui fais signe que oui. Je me lève et bredouille que je vais me changer et que je le rejoins dans la cuisine dans cinq minutes. Je suis tellement tétanisée par la nouvelle que je ne sais même pas comment je fais pour continuer de mettre un pied devant l'autre. Je tremble de la tête aux pieds.

- Hélène, m'appel Fred dans mon dos quand j'atteins notre palier. Qu'est-ce que tu fais ? On a déjà commencé sans toi. J'espère que tu ne nous en voudras pas. Que vas-tu chercher dans ta chambre ? Toutes tes choses sont ici.

- Je vais me changer, répondé-je

Ma voix est robotique. C'est la seule intonation qui m'évite de m'effondrer. J'ai l'impression qu'en parlant ainsi j'éloigne la réalité.

- Te changer ? Mais pour quoi faire ? me demande-t-il en entrant dans ma chambre.

J'ouvre la valise et je fouille pour trouver quelque chose à me mettre. Y a-t-il vraiment quelque chose d'adéquat pour ce genre d'occasion. Le noir déprimera Myrline, la couleur trop vive fera comme si je me moquais du fait qu'elle va…

- Socrate est mort, dis-je sans calculer ce que je suis en train de dire. Myrline est à Ste-Mangouste et elle va mourir.

- Quoi !

Fred pose sa main sur mon épaule et son contact me brule. Je ne veux pas qu'il me touche. Je ne veux pas pleurer ! Je le repousse. Mon cœur s'accélère. Je dois trouver le bon morceau et vite, parce que Myrline se meurt !

- Hé, calmes-toi, me dit-il doucement. Prends ça, ce sera parfait.

Il me tend une robe vert forêt. Je l'enfile, sans objection. J'essaie de partir, mais il me retient. Il me regarde droit dans les yeux en exprimant toute la compassion qui est en lui avant de poser un baiser sur mon front.

Il finit par me laisser partir. La descente de l'escalier est interminable. Le hall m'apparaît comme s'il était tout près des enfers. N'est-ce pas d'ailleurs, un peu là que je me dirige ? J'appréhende la cuisine. Je n'ai pas le goût de parler à personne et heureusement, on dirait que tout le monde a lu dans mes pensées. J'avance vers Remus qui m'attend devant la cheminée. Il prend une pincée de poudre de cheminette et me tend le pot. J'en prends alors qu'il lance sa poignée dans le feu qui devient vert. Il entre à l'intérieur et cri « Hôpital Ste-Mangouste » et je l'imite tout de suite après.

Je sors du tourbillon en voyant Remus. Nous sommes dans un hall d'accueil. Plusieurs sorciers attendent sur des chaises pour une consultation, mais mon regard est fixé sur l'arrière de la tête de Remus, le suivant pas à pas. Il sait où il va. Ce n'est pas la première fois qu'il vient.

Nous montons un étage et nous passons une porte. Remus marche dans le couloir blanc puis il s'arrête devant une porte fermée. Il cogne et l'ouvre.

J'entre dans la petite chambre d'hôpital. Il n'y a qu'un seul lit et aucune fenêtre. Myrline est couchée sous les couvertures et elle dort.

Je suis tellement heureuse de la revoir. Je ne sais pas où elle est blessée, mais comme ça on dirait seulement qu'elle se repose.

Elle ouvre ses beaux yeux sombres au moment où j'atteins son lit. Elle me sourit et murmure mon nom. Je lui prends la main et les larmes tant redoutées coulent sans que je ne puisse rien y faire.

- Je suis heureuse que tu sois venue me voir, me souffle-t-elle.

Sa voix est faible et sa main glacée.

- Je ne veux pas que tu meures, dis-je dans un sanglot.

- Je ne serai jamais bien loin, répond-t-elle. Socrate est déjà rendu là et veille sur toi. Bientôt, j'irai le rejoindre.

- Je ne veux pas. Je veux que tu restes, la supplié-je

- Tu as toujours tout décidé, mais aujourd'hui, ce n'est ni toi ni moi qui allons gagner.

Elle tousse un peu et gémit tout de suite après en se prenant le ventre.

- Je t'aime, souffle-t-elle. Je suis heureuse de la jeune femme que tu es devenue et malgré tout ce qui pourra t'arriver je serai toujours là pour toi.

- Je t'aime Myrline, lui dis-je en l'embrassant sur la joue. Tu es ma maman adorée et je suis heureuse de t'avoir eu dans ma vie.

Elle me sourit et serre ma main. Elle tousse encore. Son ventre lui fait à nouveau mal, car elle grimace. Je n'aime pas la voir souffrir de la sorte.

Elle ferme ses yeux et s'endort. Je reste à côté d'elle et je la regarde dormir. Sa poitrine se soulève et descend dans un rythme serein. Ses paupières sont clos et lisses. Je me rappelle tous ces moments passés avec elle. Les jeux de poupées lorsqu'elle me consolait après un cauchemar, la douceur de sa voix quand elle me chantait une berceuse, les heures à m'écouter et les délicieux petits plats qu'elle faisait. Je ne peux croire que tout ça est fini et qu'elle ne se relèvera plus de ce lit.

Sa poitrine se soulève et redescend profondément. Je jette un regard à Remus qui est assis de l'autre côté du lit. Son sourire est timide, mais il comprend ma douleur.

Je ne sais pas si c'est le son de sa respiration, mais soudain je sens que quelque chose a changé. Je ressens comme une sensation indescriptible en moi. Je regard Myrline. Sa respiration s'est arrêtée. Mon cœur aussi. Elle expire un souffle long, mais ses poumons ne se soulèvent plus. Je lui donne un long baiser sur le front, mes larmes coulent à nouveau. Remus me tend la main et je l'attrape. Je la serre pendant qu'un cri qui vient du fond de mes entrailles surgit par ma bouche. J'ai mal à l'intérieur. Je suis fâché et triste. Je ne veux pas qu'elle parte et pourtant…et pourtant ni elle ni moi avons gagné aujourd'hui !