Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf le Professeur Wendorf qui appartient... ben à lui même puisqu'il existe ^^

A/N: Pfiou, un gros chapitre rien que pour vous. Bah oui, j'étais motivée, et inspirée, et j'ai eu le temps. J'espère que ça va vous plaire, et que comme moi vous serez impatient(e)s de voir la suite des évènements. Bonne lecture et encore merci pour tous vos mots d'encouragement qui me donnent envie de continuer à chaque fois! ^^


Chapitre 36 – Nouvelles en cascade

APOV

Lorsque le réveil sonna au matin je me levai avec enthousiasme. Contrairement à d'habitude, j'étais animée d'une énergie sans borne ! Un coup d'œil à mon annulaire me rappela la magie de la veille. Je n'en revenais encore pas. J'étais fiancée… Jasper et moi allions nous marier, pour de bon ! Il me tardait déjà d'y être. Mme Alice Whitlock… Ca sonnait plutôt bien non ? Je nous voyais déjà d'ici une dizaine d'années, assis sur la terrasse à bavarder plaisamment, nos enfants jouant sur la pelouse devant nous. Ce genre de visions que je me faisais depuis des mois allaient finalement devenir réalité. Nous allions fonder notre propre famille, et l'agrandir un jour. Dans l'immédiat notre vie ne s'en trouverait pas vraiment changée, après tout, nous vivions déjà ensemble depuis un moment, mais psychologiquement, ce serait différent. Je serais sa femme. Son épouse. Sa moitié. Et il allait devenir mon mari. Il porterait une alliance, éloignant – du moins je l'espérais – toutes les demoiselles qui lui tournaient autour, ne serait-ce qu'au boulot. Oui parce ce que je n'étais pas dupe, malgré ses dires, je savais bien qu'il avait un certain succès auprès de la gente féminine !

Sortant de la douche, je repassai dans la chambre pour récupérer mon portable. Jasper était encore profondément endormi, on aurait dit un dieu grec. Il était parfait. Et il me l'avait encore prouvé la nuit passée… Sortant de mes douces rêveries, j'attrapai mes affaires en prenant garde de ne pas le réveiller, et me sauvai sur la pointe des pieds pour ne pas être en retard. Rose devait passer me prendre ce matin, ma voiture étant en révision au garage. A peine mettais-je un pied dehors que la puissante berline s'arrêtait devant la maison.

« Hello ma jolie ! Comment vas-tu aujourd'hui ? »

« Rose, tu n'imagines même pas ! »

Elle me jeta un regard perplexe, qui s'illumina aussitôt lorsque j'agitai ma main négligemment devant son visage.

« Ahhhhhhhh !!! »

Heureusement que la circulation était fluide et pas trop abondante, ou nous aurions probablement eu un accident. Le moins qu'on puisse dire, c'était qu'elle avait été surprise ! En même temps ça se comprenait, encore la veille que nous nous étions vues, et rien ne laissait présager un tel évènement. Elle essaya de se concentrer sur la route jusqu'au studio, puis finalement se gara devant le bâtiment.

« Alice, ne me fais plus jamais des frayeurs pareilles ! »

« Pardon… Je ne pouvais plus attendre. »

« Evidemment. Bon maintenant je veux tout savoir, raconte moi en détail ! »

Je savais qu'elle allait me demander ça, donc je m'étais déjà arrangé tout le speech dans ma tête ce matin pendant que je me coiffais et m'habillais. Et j'allais surement devoir le répéter une paire de fois dans la journée, alors autant s'y préparer ! La veille au soir j'avais appelé Bella pour lui annoncer, meilleure amie oblige. Elle avait été surprise, mais semblait réellement heureuse pour moi, ajoutant qu'elle aussi pensait que Jasper était celui qu'il me fallait. Je lui avais demandé de ne pas en parler à mon frère dans l'immédiat, je tenais à le faire moi-même. Le choc serait rude pour lui, mais j'étais convaincue qu'il se réjouirait pour moi aussi, une fois la nouvelle digérée.

« Oh tu vas adorer ! Figure toi que hier, en sortant du shooting, je suis allée faire quelques emplettes pour décorer la maison pour Noël. Oui parce que même si ici on n'a pas de neige, il faut bien fêter non ?! »

« Oui je suis d'accord, on a fait notre sapin avec les petits le week-end dernier. Si tu avais vu ça, Em' s'amusait au moins autant que les enfants ! Mais c'est vrai que Jasper n'est pas le genre à faire ces choses là… »

« J'ai pu remarquer. Donc à mon retour, j'ai tout installé, décoré, préparé pour qu'il ait la surprise en rentrant. Il avait un meeting en fin de journée, je savais qu'il rentrerait plus tard, ce qui me laissait tout le temps nécessaire. Bref tout était parfait, et il est rentré. »

« Je vois pas le lien entre les décos de Noël et le caillou qui orne ton doigt… »

« Attends ça vient ! Donc il rentre à la maison, et est visiblement surpris par mon travail. Mais j'ai également pu remarquer que Monsieur a des difficultés à apprécier le travail bien fait. J'ai donc un peu été vexée par son manque de réaction. »

« Emmett aurait déjà passé un sale quart d'heure… »

« J'imagine oui. Bref, comme ça m'avait un peu contrariée, j'ai un peu boudée. Mais pas longtemps, parce que je ne peux physiquement pas restée fâchée après Jasper plus de cinq minutes. D'autant qu'il a le chic pour me faire craquer avec ses petits yeux de chiens battus… »

« Chochotte… »

Rho ça allait hein ! J'aurais bien voulu la voir à ma place ! Jasper savait vraiment comment tirer la corde sensible chez moi, me forçant à céder à chaque fois. Mais quand on voyait le résultat, ça en valait la chandelle non ?

« A ta guise. Enfin bon, j'ai donc cédé à sa petite moue toute triste et de fil en aiguille on a fini sur le canapé, pas besoin de te faire un dessin. »

« Faible petite chose… »

« Ca suffit, genre tu es la parfaite sainte nitouche… »

Rosalie partit de son rire cristallin qui raisonna dans l'habitacle. Il était vrai que de ce côté-là, elle ne pouvait pas dire grand-chose, son physique lui ayant souvent servi d'échappatoire en cas de dispute avec son mari. Et puis c'était bien elle qui disait qu'il n'y avait rien de tel qu'une bonne réconciliation sur l'oreiller pour arranger les choses… Oui bon, oreiller, canapé, ça finissait pareil non ?

« Un peu plus tard, on était juste enlacés dans le sofa, et encore une fois Jasper était parti dans ses pensées. Ca lui arrivait souvent ces jours ci, et il ne voulait pas me dire pourquoi. »

« Il ne voulait pas ? »

« Ben il répondait que c'était au sujet du boulot à chaque fois. Louche quand même non ? »

« Oui, un peu trop évident pour être crédible… »

« Oui, c'est aussi ce que j'ai pensé. Et ça faisait un moment que ça me rongeait, au point que j'en étais venue à penser qu'il voulait me quitter, ou un truc du genre. »

« Tu es une grande malade tu sais ça ? »

« Mais mets toi à ma place aussi ! »

« Bref, il s'est passé quoi pour que du « il va me quitter » on en arrive à « on va se marier » ? »

« J'y viens justement. Ne supportant plus de douter, je lui ai demandé cash ce qui n'allait pas. Je lui ai même demandé s'il ne m'aimait plus, ou s'il m'avait trompée. »

A ces mots Rose me regarda comme si j'étais une idiote. Evidemment, elle connaissait bien son frère, et elle savait qu'il n'était pas du genre à aller voir ailleurs. Elle savait également que Jasper était très amoureux de moi et qu'il ne ferait jamais rien qui puisse me blesser. Mais une nouvelle fois, j'étais dans une position délicate, et je redoutais ses silences répétés ! Et puis on ne pouvait pas dire que j'avais un passé très solide en matière de relations amoureuses ! Combien de fois j'avais crains que James ne me quitte ou ne me trompe avec une autre ! Ce qui s'était révélé la réalité finalement. Alors on pouvait bien me pardonner mon manque de confiance non ?

« Je crois que je l'ai un peu fait paniquer avec toutes mes questions. Du coup, il est allé dans son bureau chercher quelque chose, et il est revenu au salon. Il s'est assis en face de moi, et a dit que j'avais raison, qu'il fallait qu'il me dise quelque chose. Je ne te dis pas comme j'ai flippé. Je l'entendais déjà me dire que c'était fini entre nous. Et là, alors que je ne l'attendais pas du tout, il a simplement dit : « Je t'aime, c'est tout. Epouse-moi. » »

« C'est tout ? »

J'étais un peu contrariée. Comment ça, c'est tout ?! Ces quelques mots étaient tellement plus éloquents que n'importe quelle grande déclaration. Elle ne comprenait donc pas que c'était exactement les mots que je voulais entendre ? Que par cette simple phrase, il me signifiait tout l'amour qu'il me portait, et qu'il voulait qu'il dure éternellement ? S'il avait fait les choses en grand, comme il l'avait prévu au départ m'avait-il avoué plus tard, alors peut-être est-ce que j'aurais été heureuse, peut-être est-ce que j'aurais dit que c'était le plus beau jour de ma vie, mais honnêtement, ça n'aurait pas eu la même portée que ce moment si intense d'hier soir. Peu importait ce que les gens en penseraient, moi j'étais au comble du bonheur, parce que l'homme que j'aimais s'était engagé à rester à mes côtés pour le restant de nos jours, et qu'il m'aimait au moins aussi fort que moi.

J'expliquai tout cela à Rosalie, qui à la fin se contenta de sourire d'un air attendri. Elle devait penser que j'étais fleur bleue, ou un peu naïve, mais je m'en fichais bien, parce que dans quelques mois, j'allais remonter l'allée de l'église au bras de mon père dans une jolie robe blanche, et Jasper m'attendrait de l'autre côté pour unir sa destinée à la mienne. Cela me fit repenser au mariage de Victoria et James. Pendant un moment, ils avaient eu l'air vraiment heureux, dans leur bulle à eux. Et c'était ce moment là que je rêvais de partager avec Jasper.

Mais l'heure tournait, et il était temps de se mettre au travail. J'étais pleine d'un enthousiasme contagieux et toute l'équipe sembla apprécier ma bonne humeur. Sans parler des nombreuses félicitations que je reçus à la vue de ma merveilleuse bague de fiançailles.


JPOV

La journée avait plutôt bien commencé. Je m'étais levé d'excellente humeur, encore tout à ma joie qu'Alice ait accepté de devenir ma femme. J'allais l'épouser, et elle serait mienne envers et contre tout. Rien que d'y penser, je sentais un sourire se dessiner sur mon visage. Elle semblait si heureuse, que je me demandais pourquoi j'avais mis tant de temps avant de me lancer. Toutes ces interrogations sur la rapidité de notre relation n'étaient que pures supercheries, j'aurais dû me lancer dès que j'avais senti le moment propice… Enfin, cela importait peu maintenant, puisqu'elle avait dit oui.

Je ne pus retenir un nouveau sourire en voyant le petit mot doux collé sur la porte du frigo, habitude qu'avait prise Alice depuis qu'elle se levait avant moi pour aller travailler. Souvent je m'amusais à lui répondre, et ce matin ne fit pas exception. « I love you » avais-je simplement écrit sous son petit mot. Cela résumait bien mon état d'esprit. Mais il fallait revenir à la réalité, j'allais me mettre en retard pour le travail si je ne m'activais pas un peu. Et je ne pouvais pas me le permettre, au vu de la pile de boulot qui m'attendait. Maintenant que mon esprit était libéré du poids de la demande, j'allais pouvoir me concentrer de nouveau !

Mais j'aurais dû me douter que mon attitude allait attirer la curiosité de mes collègues… Cela commença dès que j'arrivai au bureau, passant la réception. La jeune femme m'adressa un large sourire à mon passage, peut-être plus appuyé que d'habitude. Pourtant je n'avais rien dit à personne… Bizarre… Ensuite, ce fut mon assistante qui sembla se comporter de façon étrange. Il fallait que je sache…

« Sarah, que se passe-t-il ici ? Tout le monde a l'air de me regarder bizarrement ? »

« Ne me dis pas que tu n'es pas au courant ?! »

« Au courant de quoi ? »

« Pour le poste de conservateur-restaurateur ! Allons, ça fait des semaines qu'on en parle ! »

« Et bien ? »

« Mais où est-ce que tu vis ?! Les rumeurs disent que tu es pressenti pour le poste ! »

« Moi ? »

Je la regardai complètement ébahi. J'avais tellement été obnubilé par Alice et ma demande en mariage, que j'en avais oublié cette histoire de promotion. Tous savaient que j'étais intéressé par ce poste qui signifiait une meilleure assise hiérarchique, sans parler de la paye qui elle aussi devenait des plus attractive. Et maintenant que je savais qu'Alice et moi allions nous marier, cette position serait un énorme avantage dans l'établissement de notre vie future. Mais je savais aussi que les rumeurs n'étaient pas toujours fondées, surtout au bureau où les assistantes et secrétaires avaient vite fait de raconter tout et n'importe quoi sur leurs chefs… Je décidai donc d'ignorer les insinuations de Sarah, et m'installai à mon bureau tranquillement. A peine avais-je allumé mon ordinateur que déjà le téléphone sonnait. Pourquoi avais-je la sensation que finalement, cette journée allait se révéler être très longue ?

Après d'interminables heures de travail acharné, je fus convoqué dans le bureau de mon supérieur hiérarchique. Il souhaitait me parler d'un projet important. Bien qu'ayant de bonnes relations avec lui, il était rare qu'il demande à me voir, et je soupçonnais que cela eut un rapport avec cette histoire de poste à pourvoir dont mon assistante me parlait un peu plus tôt. Je me hâtai donc de traverser le bâtiment pour rejoindre son bureau, et frappai à sa porte avec une certaine anxiété.

« Entrez ! Ah, bonjour Jasper, comment allez-vous ?»

« Très bien Monsieur. Vous avez souhaité me voir ? »

« Oui, c'est important. Fermez la porte derrière vous et venez vous asseoir un instant. »

Malgré des années d'expérience, et l'habitude de porter ce masque d'indifférence en permanence sur mon lieu de travail, je ne pouvais nier la vague de nervosité qui s'était emparée de moi en cet instant. Cet entretien semblait débuter d'une façon peu austère. Allait-il « se séparer de moi » comme ils aiment à le dire dans les hautes sphères professionnelles ? Cela me paraissait improbable, je n'avais commis aucune faute grave, j'étais toujours à l'heure depuis le premier jour, et n'avait comptabilisé aucun jour d'arrêt maladie en près de cinq ans. Oui, j'avais pris quelques congés depuis que j'avais connu Alice, mais toujours selon la procédure, et validés par qui de droit.

« Vous avez sans doute entendu parler du professeur Wendorf qui prend sa retraite d'ici quelques mois. »

Comment n'aurais-je pas pu entendre parler de cet homme ? La décision de prendre sa retraite avait fait beaucoup de bruit dans le milieu. Il était très célèbre pour avoir mis à jour dans le désert occidental de l'Égypte - en fait l'aile orientale du Sahara, les restes d'un site d'habitation humaine vieux de 9000 ans, qui pourrait être l'un des plus anciens connus, à ce jour, dans le monde. Son étude m'avait servi de modèle et d'inspiration toute ma carrière, donc oui, j'étais au courant qu'il se retirait du monde archéologique.

« Oui Monsieur, une grande perte pour l'Histoire… Le professeur Wendorf était un modèle pour de nombreux aspirants archéologues. »

« Certes. Je suppose que vous avez suivi ses travaux de près ? »

« En effet, ma thèse a été inspirée de ses recherches. »

« Parfait. Alors autant être direct avec vous. Vous seriez pressenti pour lui succéder. Cela vous intéresserait-il ? »

Finalement, les ragots de Sarah et des autres assistantes semblaient bel et bien fondés. Il faudrait que je me rappelle de lui porter un peu plus de crédit dans le futur…

« Moi ? Monsieur ce serait un grand honneur. »

« Cependant la décision ne me revient pas entièrement. J'ai soumis votre dossier à l'étude de Mr. Wendorf lui-même. Il souhaite vous rencontrer afin de voir quel type de personne vous êtes. Cela serait-il possible ? »

« Bien entendu. Je suis à sa disposition. »

« Parfait. J'ai suggéré d'organiser un dîner vendredi soir. 20h chez Mark's American Cuisine. Vous voyez toujours cette jeune femme mannequin ? »

Alice aurait surement été contrariée de se voir référée comme « cette jeune femme mannequin ». C'était atrocement réducteur et un poil machiste. Elle était tellement plus que ça. Néanmoins je ne pouvais trop rien dire devant mon chef, alors je me contentai simplement de lui annoncer la bonne nouvelle.

« Oui Monsieur, en fait maintenant nous sommes fiancés. »

« Parfait. Amenez-la. Le Professeur Wendorf a un intérêt tout particulier pour la stabilité familiale et tout le tintouin conservateur. Cela jouera en votre faveur. C'est tout ce que je voulais vous dire. La décision se fera probablement suite à ce dîner. Vous pouvez retourner à vos dossiers.»

J'étais encore soufflé par la nouvelle. J'allais non seulement rencontrer l'une des personnes ayant influencé ma carrière de manière majeure depuis plus de dix ans, mais en plus j'avais l'opportunité de venir prendre sa place au sein de son équipe. Absolument incroyable. Il fallait que j'appelle Alice pour lui raconter, elle allait être folle de joie. Pourvu qu'elle n'ait rien prévu pour vendredi soir, ou c'en était fini de ma carrière…


APOV

Je venais de rentrer à la maison quand mon téléphone sonna. Je fus ravie de constater qu'il s'agissait de l'homme de ma vie, et m'empressai de répondre.

« Hello sweetheart ! »

« Jazz ! Tu as bien calculé, je rentre à l'instant à la maison. »

« Ca va, ta journée s'est bien passée ? »

« Oui, ça va. J'ai raconté à Rose pour nous deux ! Elle n'en revenait pas. Attends que j'annonce ça à Edward ! »

« Je ne suis pas certaine qu'il fasse preuve d'autant d'enthousiasme que toi, mais bon, on verra bien. Mais je m'égare. Je t'appelais en fait pour te demander si tu n'avais rien prévu de particulier vendredi soir ? »

« Non, pourquoi ? »

« Il y a ce dîner dans le cadre de mon travail, et j'aurais aimé que tu m'y accompagnes.»

Un dîner ? Pour son travail ? Jasper ne me mêlait jamais à son travail. C'était bien simple, jamais je n'avais mis les pieds dans son bureau. Pas qu'il ait honte de moi, je ne pensais pas, seulement qu'il aimait faire une différence entre sa vie privée et sa vie professionnelle. Je pouvais le comprendre, il était quelqu'un de respecté dans le milieu, et jusqu'à récemment mon existence ne l'aurait que desservi. Mais s'il me demandait de venir avec lui à ce dîner, c'était que l'enjeu devait être majeur…

« De quel genre de dîner parle-t-on ? »

« Le genre de dîner qui pourrait me faire obtenir le poste de conservateur-restaurateur que je convoite depuis une dizaine d'années… »

« Wow… Jasper c'est formidable ! Je pourrai porter une jolie robe ? »

Oui, parce que qui disait dîner d'affaire, disait grand standing. Et donc opportunité pour moi de me la jouer femme du monde. J'avais déjà une idée très précise de ce à quoi je voulais ressembler… Un vieux rêve de petite fille…

« Tu DEVRAS porter une jolie robe, faire des sourires et rire aux plaisanteries douteuses de mes compagnons de table. »

« Et j'aurai le droit de choisir ton costume ? »

« Cela va sans dire… »

« Parfait ! Alors c'est bon pour moi, je sens qu'on va bien s'amuser ! En plus je vais pouvoir parader avec ma magnifique bague de fiançailles parmi les grands de ce monde ! »

Que demander de plus ? On me demandait d'apparaître au bras de l'homme de ma vie, de porter ma plus belle tenue d'apparat, et même Jasper me donnait carte blanche pour son look. C'était qu'il devait réellement appréhender l'issue de ce dîner. Bon, d'accord, je devais un peu me faire passer pour une jolie poupée sans cervelle, mais cette promotion signifiait énormément pour Jasper, et après tout ce qu'il avait fait pour moi c'était vraiment peu cher payé.

« Oui, si tu le dis. Bien, je ne peux pas m'attarder, je dois retourner travailler. Je voulais juste confirmer avec toi. On en rediscutera ce soir… »

« Ok ! Love you ! »

« Love you too »

Je raccrochai mon téléphone, et me ruai dans le dressing pour faire le point sur mes tenues de soirée… Pas ce placard là, ni celui-ci, ah, voilà, mes jolies robes… Je parcourus la penderie, mettant de côté mes choix potentiels. Mais bien évidemment impossible de trouver la tenue idéale. Il y avait bien cette robe fourreau rouge et noire, mais j'avais peur que ça fasse un peu trop. J'avais cette robe empire crème, mais une fois encore, ça faisait plus bal de fin d'année que dîner d'affaire. J'avais besoin d'une petite robe noire, c'était exactement ce qu'il me fallait. J'étais pourtant persuadée d'en avoir une d'un grand couturier français qui ferait parfaitement l'affaire… En plus comme ça je pourrais porter mes escarpins Louboutin super confortables, même si nous devions finir par danser… Et je mettrais les boucles d'oreilles que je portais au mariage de James et Victoria, elles seraient du plus bel effet. En plus elles rappelleraient le solitaire qui brillait fièrement à mon doigt. Oh, rien que d'y penser j'étais déjà survoltée.

Mais restait tout de même un souci. Mes connaissances en matière de bienséance étaient plus que limitée, et je n'avais pas vraiment envie de faire honte à Jasper devant ses chefs. Je revoyais tout à fait la scène de Pretty Woman où Vivianne essaie de manger des escargots et que l'un d'eux se met à voler dans la pièce pour finir dans la poche du gentil serveur… Ah, c'était là que les conseils de mon coincé de frère auraient été les bienvenus. Peut-être pourrais-je lui passer un coup de fil… De toute façon il allait bien falloir que je lui annonce mes fiançailles… J'étais curieuse de voir comment il allait le prendre. Lorsque j'étais partie de Forks, il avait dit qu'il n'était pas certain d'approuver ma décision de tout quitter pour rejoindre Jasper. Depuis ce jour là, nous n'avions jamais rediscuté de ce moment, et lors de notre visite pour le mariage de James et Victoria, le sujet n'avait pas été abordé. D'ailleurs je ne me souvenais pas non plus avoir vu mon frère et Jazz discuter ensemble, ou seulement lorsque Bella les y incitait. Cette dernière avait essayé de préparer le terrain avec Edward, mais elle semblait incapable de m'assurer qu'il prendrait bien la nouvelle. Peut-être devrais-je attendre le retour de mon compagnon avant de passer ce coup de fil… Mais je ne pouvais pas avouer devant Jasper que je ne connaissais pas grand-chose aux bonnes manières… Je savais qu'il ne me jugerait pas pour cela, mais je ne souhaitais pas lui mettre une pression supplémentaire alors qu'il devait probablement essayer de se focaliser sur la meilleure manière de décrocher cette promotion. Allez, du nerf Alice, je pouvais le faire. Je me saisis donc du téléphone, et composai le numéro d'Edward.

« Edward j'écoute ? »

« Ed ' ? C'est Alice. »

« Salut petite sœur, comment vas-tu ? »

« Très bien, et toi ? »

« Ca va. J'étais en train de chercher un cadeau pour l'anniversaire de Bella, pas facile. »

J'avais envie de rire. L'anniversaire de Bella avait lieu dans deux jours. Etant son petit ami, il aurait au moins pu s'y prendre à l'avance quand même… Surtout que n'importe quoi venant de lui lui plairait sans aucun doute. Même un simple dîner chez lui en amoureux suffirait à son bonheur. Mais mon frère était un handicapé des sentiments, alors il s'y prenait toujours à la dernière minute…

« Je sais qu'elle rêve de trouver le dernier tome de sa collection de Jane Austen. Je n'en sais pas plus, tu connais mon 'goût' pour la littérature… Mais sinon invite là à dîner quelque part, ou chez toi, et elle sera aux anges. »

« Merci pour l'indic, ça peut m'être utile. Alors, qu'est-ce qui me vaut l'honneur d'un appel de ma chère petite sœur ? »

« En fait, deux choses. L'une des deux risque de ne pas te plaire… »

« Je t'écoute ? »

« Attention c'est du lourd… Jasper m'a fait sa demande, et… J'ai accepté. »

« ?????????????? »

Plus de bruit de l'autre côté du fil. Etait-il mort ? Avait-il fait un arrêt cardiaque suite au choc ? ou bien tout comme moi au moment de la demande il s'était arrêté de respirer un instant ? Youhou Houston, on avait un problème !!

« Edward ? Tu es toujours là ? Je sais, c'est un choc, mais je l'aime vraiment tu sais. Il me rend heureuse, et nous sommes prêts… »

« Alice, vous emménagez ensemble au bout de six mois et vous vous fiancez au bout d'un an ?! Tu n'as pas l'impression d'avoir appuyé sur avance rapide là ?! »

Je savais qu'il allait dire ça. En fait j'aurais pu jouer cette conversation au mot près si on me l'avait demandé. Evidemment que j'avais conscience que nous n'étions pas ensemble depuis très longtemps. Bien sûr que je savais que ça ne faisait que six mois que nous vivions sous le même toit. Mais j'étais prête. J'aimais Jasper plus que tout, et je voulais rester à ses côtés toute ma vie, c'était aussi simple que ça !

« Je t'avais bien dit que tu n'apprécierais pas. Je n'ai jamais été aussi heureuse et épanouie que depuis que je suis avec lui. Je veux l'épouser, et faire ma vie avec lui. Et il m'aime lui aussi, pour de bon. En plus, s'il a réussi à vivre avec moi pendant six mois sans me mettre à la porte, c'est peut-être un signe que nous deux c'est du sérieux tu ne crois pas ? »

« Alice, le mariage… C'est un énorme engagement tu sais. Qu'est-ce que tu sais de lui au juste ? Si ce n'est qu'il est archéologue et qu'il t'aime ? As-tu déjà rencontré sa famille ? As-tu éclairci cette histoire d'ex avec lui ? Désirez-vous les mêmes choses dans la vie ? Veut-il des enfants ? »

Il marquait un point. Moi aussi j'avais réfléchi à toutes ces choses, comme par exemple qu'en un an de relation je n'avais jamais rencontré ses parents… Ou au fait qu'il avait toujours consciencieusement évité le sujet « Maria ». Mais c'était de l'homme qu'il était devenu aujourd'hui dont j'étais tombée amoureuse, pas de celui qu'il était avant, malheureux et torturé par un passé douloureux. Lui aussi méritait sa chance, surtout que jamais il ne m'avait failli depuis le début de notre histoire.

« J'ai pris ma décision Eddie. Je vais l'épouser. Alors certes je ne sais pas encore tout de lui, mais il ne sait pas tout de moi non plus. Je veux dire, avant de nous rencontrer, nous étions deux personnes totalement différentes d'aujourd'hui. C'est vrai, hormis Rosalie je n'ai jamais rencontré ses parents, mais il est en termes assez fragiles avec eux. Et non, nous n'avons pas encore discuté de toutes ces choses de l'avenir. Mais à quoi servirait-il de nous marier si nous savions déjà tout de l'autre ? Bella est d'accord avec moi, Jasper est réellement l'homme qu'il me faut »

« Bella est ta meilleure amie, évidemment qu'elle va te soutenir. »

« Edward, quand vas-tu enfin comprendre que cette attitude d'isolement et de repli sur soi, ça ne mène nulle part ? Il faut parfois prendre des risques pour pouvoir vivre pleinement. »

« Je ne veux juste pas que tu te réveilles un matin en réalisant que tu as fait une erreur… »

« Je ne fais pas d'erreur, j'en suis certaine… »

« Ton père et ma mère sont au courant ? »

« Pas encore, je vais les appeler pour leur annoncer, mais je voulais te le dire avant… Parce que tu es mon grand frère et que je voulais que tu le saches en premier… Enfin après Bella. »

Ou comment lui couper toute répartie. Je savais pertinemment que je tirais la corde sensible en jouant sur le « grand frère préféré ». Il ne pouvait que céder. Combien de fois cette technique m'avait permis d'obtenir ce que je voulais de lui ! Ca et ma petite moue boudeuse à laquelle je savais maintenant que même Jasper ne pouvait pas résister. Moi, machiavélique ? Noooooon, ou si peu…

« Alice… »

« Ed… Je t'appelais aussi pour autre chose, un service à te demander. »

« Evidemment »

« Quoi ? »

« Tu ne m'appelles jamais sans raison tu le sais bien… »

« Méchant… Enfin bref, vendredi soir Jasper m'a demandé de l'accompagner à ce dîner très important pour son travail. J'ai besoin de conseil, tu es doué pour ce genre d'évènement… »

« Ah, tu vois que finalement ce n'était pas que du vent toutes ces 'simagrées' comme tu aimes à les appeler ? »

Il jubilait. Je pouvais tout à fait l'entendre. Mais bon, c'était un juste retour des choses non ? Pour une fois il pouvait bien avoir raison, surtout si ça me permettait d'avoir l'air convenable à ce dîner. Et puis je ne sentais plus de colère dans sa voix. Avait-il accepté l'idée que sa petite sœur allait se marier ? Je l'espérais de tout cœur…

« Oui bon d'accord, je suis désolée de m'être moquée de toi ces vingt dernières années… Tu vas m'aider ? »

« Ai-je seulement le choix ?! »

« Ed ! »

« Oui, bon, tu as de quoi noter ? »


Hihi, ça promet non? Je ne peux pas m'empêcher de revoir la scène du dîner dans Pretty Woman. Alice est assez gaffeuse d'une certaine façon dans cette fic, donc ça lui correspondrait bien. Enfin on verra ce que la suite nous réservera! En attendant n'oubliez pas de poster vos reviews pour me dire ce que vous en pensez, même si je réponds de moins en moins, c'est uniquement par manque de temps! Mais je vais faire un effort, promis!

A très bientôt pour la suite! ++