Bonsoir à toutes et à tous !
Eh bien, que se passe-t-il par ici ? Justement plus grand-chose on dirait. Il était temps que je revienne…J'espère que vous vous portez tous bien, c'est l'essentiel !
Alors je vous propose un long chapitre, çà vous commencez à me connaitre, mais pas que…il fallait mettre l'accent sur cette passion qui se trouve en partance sur le chemin de la guerre, par conséquent, elle va monter encore d'un cran. Avec des lendemains moins sûrs, les sentiments s'exacerbent.
Pour accompagner la lecture je vous propose plusieurs morceaux qui m'ont inspiré ces deux dernières semaines, à savoir :
- Epic Music Soundtracks (Battle Music 42 min) a peu près, à partir de la minute 27,03 jusqu'à la minute 31,15
- DJ Snake & Aluna George – You Know You Like It (scène entre Olana et Thranduil)
- Epic Hits 1-hour Best of Thomas Bergersen – EpicMusicVn le morceau « Remember me » à la 55ème min, pour la scène « Intense » entre Olana et Thranduil (très belle musique je la recommande spécialement celle-ci, elle colle parfaitement à ce passage du n'aurais pu choisir mieux…)
- Epic Hits / The Best of Epic Music 2012 tracks – 1 hour Full Cinematic EpicMusicVn . A la minute 50,35 le morceau « Revelations »
Ces musiques sont issues de jeux vidéo. Souvent très belles, elles correspondent très bien à l'univers de l'Heroic Fantasy à mon humble avis et nourrissent parfaitement l'imaginaire. En tous les cas, elles servent de support à mon écriture.
Comme d'habitude, les personnages de Tolkien appartiennent à l'univers du Maître et à part Thranduil que je pense m'être approprié de façon définitive, mea culpa Grand Maître, les autres personnages sont à moi et eux, c'est l'ensemble de mon univers, disparate mais unis malgré tout.
Je remercie qui continue à me lire, je prends toujours plaisir à citer ceux qui se présentés à moi, à savoir : Méliane, Fanélia, Eilonna, Baka Saru, Angélique 34, Evraldrym, Alexandre, Amrod, Akiko-Tora…et un grand merci à tous les autres qui passent aussi par ici, ceux qui m'ont mis dans leurs favoris…comme il est bon de se savoir lu…
Je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à bientôt.
Chapitre 34
Pour l'Amour
D'un roi
Dans les cieux, bleus azur, volait des messagers ailés de toutes sortes en prenant toutes les directions possibles. La chute de Smaug le Doré s'était répandue comme une traînée de poudre. Seul Roäc eut le privilège d'en informer le roi. Une telle nouvelle attiserait la cupidité de pas mal de peuples s'appropriant la légitimité de ce trésor conservé dans le palais d'Erebor. Pas un seul orque, gobelin, homme, voire nain, ne laisserait passer une telle aubaine. D'ici peu, les routes aux abords de la Montagne Solitaire seraient à nouveau foulées par toute sorte d'indésirables.
Le corbeau suivait le parcours du souverain en effectuant de petits cercles. Son croassement attira l'attention de Thranduil. Stoppant sa marche, il attendit patiemment que l'oiseau se pose sur sa main tendue. Pour une fois, il réussit l'exploit de le faire sans encombre. Olana, un peu à l'écart, laissait son âme vagabonder…
Nahar, son magnifique destrier, hennissait doucement ressentant les émotions de la jeune femme. Distraite, elle flatta son encolure et s'efforça de retrouver une certaine contenance. Pendant que l'oiseau relatait l'attaque du village de Kergalen et faisait part de la décision du prince Legolas de porter secours aux rescapés, la jeune femme était envahie par un intense sentiment de compassion. Par-delà les magnifiques paysages s'offrant à sa vue, des êtres souffraient et avaient perdu ce qu'ils avaient de plus cher.
Comment une terre aussi riche et variée, pouvait-elle receler autant de noirceur ? Une brèche s'était ouverte où le mal le plus terrifiant s'était infiltré. Olana se sentait coupable. Si par sa faute, tant d'êtres avaient perdu la vie, sans doute devrait-elle combattre ce pour quoi Gabriel s'acharnait avec tant d'abnégation.
Comment s'y prendrait-elle ? Quelle serait son rôle à jouer ? Tant de questions taraudaient son esprit. Dès lors que la décision de venir en ce monde avait été mûrement réfléchie et engagée, la volonté d'accomplir son rêve semblait devenir une obsession…
La sienne commençait là où la volonté de nuire émergeait pour d'autres. Une telle détermination frôlait l'acharnement.
La détermination de son fils d'accomplir son devoir, emplissait le monarque de fierté. Le prince ne déméritait jamais à ses yeux. Malgré l'échec désastreux de son union avec Neryëlle, cet enfant représentait une bien belle réussite, cela il ne pouvait le nier. Pourquoi les Valar avaient-ils permis un tel paradoxe ?
Son regard se perdit dans la direction de sa fiancée. Comme elle était pensive…
Comme il l'aimait…
Il l'adorait et cette adulation se muait souvent en un sentiment de confusion. Comment pourrait-il contenter une telle passion ?
Un enfant semblait le plus beau présent…
Lorsque l'on savait les elfes prédisposés à devenir parents de préférence en temps de paix, cela ne se produirait pas avant plusieurs siècles. Pour l'instant, il ne disposait pas de cette temporalité.
Comment la trouver quant la vie des humains, pour les elfes, était aussi semblable que l'éclosion d'un papillon ? Une existence si courte pour si peu de bonheur. Elle n'était qu'une Adaneth, une humaine mortelle et avec cette évidence un seul mot revenait en boucle : mort.
La seule idée de la perdre le rendait fou. Il faudrait, la aussi trouver un moyen de contrer cette bien triste vérité.
En attendant, il devenait urgent de la rendre heureuse par tous les moyens possibles, ensuite, il disposerait de son immortalité pour la pleurer…
Mais il fallait garder l'espoir…l'espoir que ses Dieux entendent ses prières.
Pourtant, plus son amour s'intensifiait, plus une pensée accaparait son esprit : celle de se rendre sur les Terres Immortelles…Demander une audience auprès des Valar, représentait la dernière possibilité.
En attendant de prendre cette décision, celle qu'il requerra dans l'immédiat, fut de rejoindre son fils au plus tôt. Les traits tirés, le roi fit un signe à sa fiancée, laquelle lui rendit un sourire. Il se promit, en son for intérieur, de faire tout ce qui serait en son pouvoir pour lui offrir tous les sourires qu'elle était en droit d'attendre de sa part.
Les cavaliers prirent donc la direction du village, ou du moins ce qu'il en restait.
Un peu avant la tombée de la nuit, Thranduil, le mage Ishtâk et la garde rapprochée du roi s'avançaient parmi les ruines de ce qui avait été, autrefois, un charmant petit village. La venue du monarque fit forte impression auprès des rescapés. Ce qui les interpella encore plus, fut la vision de cette Dame sur son cheval…
Aucune personne présente cette nuit-là, ne devait oublier cette apparition. Les amis d'Olana eurent un moment de stupeur. Tous se posaient la question de savoir ce qui s'était produit. Les longs cheveux blancs de la jeune femme en effrayèrent plus d'un. L'on se risqua même à évoquer un personnage divin.
Amélie mit sa main devant sa bouche, étouffant un cri. Qu'était-il arrivé à sa p'tiote ? Et ce cheval ?
Mic Mac, quant à lui, venait d'apercevoir deux choses essentielles à ses yeux les sabots d'or de l'animal et la bague en argent que portait avec fierté son amie.
Et là, il se mit à penser que… au vu de la taille du porteur de sabot, il ne ferait pas bon s'approcher de ce métal précieux sans se risquer à de dangereuses représailles. Quant à Olana, un magnifique sourire édenté vint saluer la « couillardise » de « l'Empaffé », comme il se plaisait à nommer le roi, pour lui avoir octroyer un tel honneur. D'emblée, il venait de gagner ses galons auprès du lutin. Cette jeune femme avait assez porté la souffrance comme d'autres portent un sac de blé, il était temps pour elle de respirer l'odeur du bonheur.
Tous les êtres présents, valides et honorés par cette présence, s'inclinèrent devant eux. Legolas portait l'accolade à son père, lorsqu'il aperçut, enfin, la bague au doigt d'Olana.
Ses yeux s'écarquillèrent et passèrent de l'un à l'autre des deux amants. L'on pouvait y lire toute l'incompréhension possible. Son père retint son bras un instant et l'entraina à l'écart :
Thranduil : Mon fils…Oui, ce que tu vois est la conséquence de ce dont nous avons parlé la dernière fois. J'ai fait ma demande à Dame Olana. Nous en reparlerons plus tard si tu veux bien. Laisse-moi te dire combien le père se sent fier de sa progéniture. Ta décision de venir en aide à ces pauvres gens fait honneur à notre lignée…
Muet de stupeur, le prince Legolas ne quittait pas du regard son géniteur, puis il hocha la tête d'un air incrédule. Un tel engagement n'était pas envisageable pour lui. Il recula d'un pas et préféra faire demi-tour sans un mot. Olana, une fois de plus, subit de plein fouet une réaction pourtant prévisible, mais cela faisait si mal !
Sa Majesté s'approcha de sa fiancée et lui prit la main, caressant, comme il avait coutume de le faire à chaque fois pour la rassurer, ses phalanges d'un geste sûr :
Thranduil : Ore nin (mon cœur), je sollicite de votre part l'indulgence qui vous sied tant. Ce fils tant attaché à sa mère, ne peut comprendre…
Olana : Aran nin (mon roi), je m'y attendais. Je saurai faire preuve de mansuétude et vous promets de ne point le juger.
Malgré les regards posés sur eux, le souverain eut un geste tendre envers sa fiancée sa main caressa la joue rosie d'Olana et cette démonstration d'amour eut le mérite de faire découvrir aux humains, un monarque différent des descriptions peu flatteuses que son nom suscitait.
Lorsque la jeune femme se retrouva entourée de ses amis, chacun voulut voir la fameuse bague…Aliénor serra la jeune femme contre elle. Aucuns mots ne sortaient de ses lèvres. La savoir heureuse, lui suffisait.
Amélie pleurait à chaudes larmes en se balançant d'avant en arrière comme une pleureuse professionnelle, alors que Chaperon Rose et Jack, essayait d'endiguer le flot de larmes s'échappant de ses yeux fatigués.
Prince Charmant fanfaronnait comme un paon :
Prince charmant : La fiancée du roi est mon amie…oui, je vous le dit, elle et moi sommes très liés…
Il allait sans dire qu'un regain de popularité entoura le freluquet. Tant d'importance à son égard le rendait euphorique ! Alachnÿ ne put s'empêcher de lancer à la cantonade, un retentissant : « Merdasse ! », tout de suite accompagné d'une tirade enflammée :
Alachnÿ : Il n'y a pas à dire, ce roi est fortement « couillu » !
Nimïel, ne souhaitant demeurer en reste, s'approcha, lui aussi de la jeune femme :
Nimïel : Tous les rêves vont aux plus méritants Dame Olana. En cette nuit, j'en constate la véracité. Puisse ce bonheur inonder votre cœur de toutes les ferveurs sans y laisser pénétrer la moindre rancœur !
Alachnÿ : Mon ami, votre verve est sans limite, j'en ai tous mes coins bouchés. A ce rythme, et si le reste suit, vous devancerez ma réputation…Par ma barbe, je vais devoir redoubler de grivoiserie pour me rehausser à votre niveau.
Il fallut un long moment avant que Zorgûnn ne trouve l'occasion d'approcher Olana et la serrer, simplement, dans ses bras. Aucune parole ne fut émise par cet ellon si particulier, mais cette discrétion valut, à elle seule, le plus beau des discours.
Un peu plus loin, Legolas stoppait sa marche face à une grande étendue d'herbe brûlée par le souffle du dragon d'Asmodée. Le regard abîmé par ses propres pensées, il sentit la présence de son père à ses côtés :
Thranduil : Mon fils…
Aucune réponse ne fit écho à ces mots :
Thranduil : Il n'est de plus difficile moment pour moi. J'avais conscience d'une telle réaction de ta part. Je ne souhaitais en aucune façon nuire au souvenir de ta mère, mais le temps presse pour Dame Olana. L'immortalité tarde à lui être offerte. La fusion des âmes n'a pas été annonciatrice de cette évidence. L'espoir s'amenuise au fur et à mesure du temps qui s'écoule impitoyablement…
Legolas : Prenez-vous consciente de votre acte Ada ?
Thranduil : Bien entendu mon fils. Mûrement réfléchie, cette décision n'en a pas été pour autant facile à prendre. Je devinais sans encombre ton opposition…malgré cela, j'ai décidé de passer outre. Je me suis désengagé de mon union avec ta mère, et ne me sens pas en faute en ce qui concerne mon acte. La seule erreur de mon existence, a été de croire en un leurre et d'avoir entretenu un espoir qui n'en était plus un. La seule et unique personne devant laquelle je m'inclinerai et demanderai pardon sera celle qui t'a offert la vie. Elle seule sera en droit de m'absoudre de ma faute.
Legolas : Vous rendrez-vous à Valinor pour lui en faire état ?
Thranduil : Cela a toujours été ma volonté.
Legolas : Il est à regretter qu'elle ne se soit pas exprimée avant votre demande auprès de cette…humaine.
Thranduil : Cette humaine porte le nom d'Olana et prend devant mes sujets le titre de fiancée, que cela plaise ou non.
Legolas : Je vous laisse Majesté, j'ai de multiples tâches à accomplir !
Le ton employé, se voulut cassant et empreint de colère. Après s'être incliné de façon exagérée, le prince se retira sans un regard pour son père. Malgré lui, son pas croisa celui de sa fiancée. La jeune femme s'abîma dans une profonde révérence. Immobile, elle n'osait relever la tête :
Legolas : Votre nouveau rang vous dispense de ces marques de déférence Dame Olana !
Olana : Je comprends votre colère et je sais aussi qu'il aurait dû être plus convenable pour moi de refuser pareil engagement, mais cet amour qui nous unit, votre père et moi, dépasse l'entendement. Je ne me sens plus la force de contrer ce sentiment. Pour m'avoir livré son cœur, Sa Majesté n'aurait, de toute façon, continuer à entretenir un souvenir déviant. C'est la soudaineté de cette annonce qui vous trouble et je ne puis que vous approuver, mais de grâce, ne me jugez pas sur un acte dont ma propre conscience se refuse à en accepter les conséquences.
Legolas : Votre Sindarin est surprenant ! L'acquisition de notre savoir l'est tout autant, cependant, vous demeurez seule juge de vos actions et ne me sens octroyé du moindre pouvoir vous sommant de vous défaire de cette acceptation.
Olana : Je n'ai pas souhaité ce qui s'est produit…mais je porte haut et fière cet amour en mon sein. Ma vie ne sera pas éternelle et mon passage ne portera point préjudice à votre père.
Legolas : Voici un fait que je me dois d'approuver à sa juste valeur. Veuillez m'excuser Dame Olana.
Le fils du roi se détourna avec grâce et s'en fut sous le regard déçu de la jeune femme. Amélie avait entendu les dernières paroles et bien que sa connaissance sur l'Art de la conversation laissait à désirer, son instinct de femme la poussa vers sa p'tiote qu'elle devinait tourmentée.
Dès lors qu'elle se montra à elle, la bonne femme ouvrit grand ses bras pour accueillir sa petite brioche :
Amélie : Ma p'tite pougne…Vin't'en par ici qu'je t'prenne dans mes tenaille. Tu sais ma belle, l'fiston à son papa finira ben par accepter qu'vous vous aimez toi et Sa Majesté. Laisse-lui l'temps d's'y faire. Il est pas ben méchant…
Olana : Je le sais Amélie, mais ces mots font mal tout de même.
Amélie : L'amour fait mal ma ptiote. Moi aussi j'ai souffert…mais j'l'ai jamais raconté à personne. J'aurai pu me marier aut'fois, mais l'corniaud m'a laissé tomber comme une poire tombe de l'arbre, pour aller s'fiancer avec une aut'. Ben, j'me suis fait une raison et pis j'ai enterré tout çà et j'ai roulé ma bosse…
C'était la toute première fois que la vieille dame lui confessait un tel fait. Surprise, mais également touchée par cette marque de confiance, la jeune femme posa sa tête sur celle de son aïeule qui, plus petite, lui arrivait à hauteur de sa poitrine :
Olana : Je n'avais jamais su pour cette histoire…Oh, Amélie, a trop me soucier de ma personne, j'en ai oublié jusqu'à tes propres souffrances. Je t'aime tant. Tu as toujours été là pour moi, tu es plus qu'une amie, tu es ma mère !
La bonne femme sentit des larmes perler sur ses paupières :
Amélie : Ben dame alors, c'est'y qu'tu vas m'faire encore pleurer toi ! Allez viens ma pougne, on va aller r'trouver les aut' et crois-moi ben, y t'aiment aussi ces chenapans.
Olana : Je ne le sais que trop Amélie. C'est tout cet amour qui m'empêche de sombrer.
Amélie : En tous les cas…quèque t'es belle mon cœur…tes cheveux…j'en ai connue des femmes qui t'auraient ben coupé c'te parure rien qu'par jalousie.
Olana : Alors je vais les garder bien précieusement.
Chaperon Rose, jamais bien loin, se dirigeait vers elle en souriant :
Chaperon Rose : Voilà ma poupette, l'instant émotion étant passée, il me faut tout savoir sur cette magnifique chevelure d'ange. Alors ? Qu'avez-vous fait toi et cette Gracieuse Majesté pour en venir à ce résultat ? Hum ? Vous seriez-vous, par quelques hasards aventureux, roulés dans la luxure, pratiqués des actes charnels interdits ? Je veux tout savoir !
Olana : Tu ne changeras jamais toi !
Chaperon Rose : Tu n'as pas répondu à ma question…
Olana : Je ne peux décemment pas tout te raconter tout de même.
Chaperon Rose : Ouh, cela sent la détention d'informations scabreuses ! Ouh !Je suis…
Opéca : Oui, toute excitée, on connait la chanson la pouillasse.
Chaperon Rose : Il ne manque plus qu'à fredonner l'air en ce cas.
Olana : Crois-moi Chaperon, il est magnifique cet air.
Chaperon Rose : Ma choupine, il va te falloir passer à la vitesse supérieure. As-tu bien retenu tous mes enseignements ?
Opéca : Qu'est-ce que tu lui as encore raconté ? Attention Olana, elle va te faire commettre des entourloupes pas claires.
Olana : Ne t'inquiètes pas Opéca, pour une fois, Chaperon m'a donné des conseils concernant un domaine où elle excelle tout particulièrement.
Opéca : Ah, si çà concerne la « colonne » de Sa Majesté, alors…
A cette évocation hautement imagée, les trois femmes rirent ensemble en imaginant sans mal ce qui avait pu être suggéré :
Chaperon Rose : Tout ce qui concerne la « colonne » du roi, comme tu l'as si joliment nommé ma chère brune amie, est source de joie. Malgré ces temps troublés, ne perdons pas de l'esprit ce qui nous garde en vie lorsque tout bascule…l'Amour…et la gaudriole, cela s'entend !
Olana : Oui, c'est vrai, je l'aime.
Opéca : Tu l'aimes !
Amélie : Il l'aime ben oui.
Chaperon Rose : Vous l'aimez, bref ils s'aiment, et nous l'aimons toutes ici. En voici une bien jolie façon de conjuguer un si magnifique mot !
Amélie : Ben dit ma cocotte.
Opéca : Ouais, tout çà c'est bien beau, mais quelque chose se trame par ici, et le ciel va s'obscurcir dans pas longtemps…
Chaperon Rose : Mais mon amie, il faut croire que la fréquentation de ce bel Ëlnar t'a ouverte au savoir et t'as élevé au rang de poétesse. Je t'en félicite, il ne te reste plus qu'à t'emplir de ses…meilleures intentions, cela va sans dire.
Amélie : Arrête-t-y donc d'la faire râler !
Chaperon Rose : Oh, tu me connais Amélie…
Amélie : Ben justement !
Olana laissait son regard passer de l'une à l'autre sans se lasser de ces savoureux échanges. Tant qu'il lui était possible de le faire, la jeune femme se promit de profiter de chaque instant passé en compagnie de ces êtres pour qui son amour ne se quantifiait plus. Un sourire aux lèvres, elle prit le bras d'Amélie et se dirigea vers le feu du campement là où se trouvait sa place…avec ses amis.
Le roi la vit, si sereine en leur compagnie et regretta le peu d'attention dont son peuple la gratifiait. Son cœur en souffrit. Malgré ses ressentiments, il s'attela, une fois de plus, à son devoir de roi comme son père le lui avait enseigné depuis si longtemps.
Parfois cela représentait une si lourde charge….
Après avoir promis aux villageois de suivre les progrès de la reconstruction du village de Kergalen, le prince Legolas se préparait à quitter ces terres. Le soleil était déjà haut, le roi fin prêt, discutait avec le mage Ishtâk. Olana s'éloignait de ses amies lorsqu'elle aperçut la petite Elmie.
Dissimulée derrière Amélie, il y avait largement de quoi faire, elle ne laissait apparaitre qu'un petit bout de visage. Aussitôt, l'instinct maternel d'Olana s'éveilla. Ses pas la guidèrent vers la petite fille :
Olana : Bonjour.
Elmie : Bonjour Madame. Vous êtes une elfe ?
Olana : Non.
Elmie : Vous êtes belle…
Olana : C'est très gentil à toi de me dire d'aussi jolies choses. Comment t'appelles-tu ?
Elmie : Elmie !
Olana : Elmie, c'est très jolie, tout comme la petite fille qui porte ce prénom. Que fais-tu avec Amélie ?
Elmie : Elle m'a dit de rester à côté d'elle. Je vais venir chez le roi…on m'a dit que ce serait mieux pour l'instant que je reste pas ici.
Olana : Tu vas vivre à Mirkwood ?
Elmie : Oui, Madame…
Olana : Je me nomme Olana. Tu peux m'appeler par mon prénom. Madame… (Chuchotant) çà vieillit !
Elmie se mit à rire :
Elmie : D'accord Olana.
Olana : Je suis heureuse que tu viennes avec nous. C'est très beau chez le roi. Il y a un très joli jardin et nous te trouverons bien une nouvelle robe, celle-ci fait triste mine.
Elmie : C'est vrai ? Je pourrais en porter une comme vous ?
Olana : Eh bien, nous verrons ce que nous pourrons faire.
Il était temps de prendre la route. Elmie lança un regard en direction de Jack qui lui fit un clin d'œil :
Jack : Vas-y la puce, tu peux rester avec Olana. C'est une amie…
L'enfant se colla contre la jeune femme. Ce qu'elle ressentit ne pouvait être évoqué avec des mots. Seuls ses bras trouvèrent la seule façon d'exprimer les sentiments qui l'assaillait. Ils emprisonnèrent la petite fille contre son cœur et la souleva en même temps. Niché au creux de son cou, le visage d'Elmie était pour la première fois depuis l'attaque de son village, serein. A quelques mètres de là, le roi observait son aimée.
Cet amour maternel inassouvi qu'elle conservait depuis si longtemps en elle, trouva ici, le moyen de s'exprimer enfin. Ses traits semblaient transfigurés.
Olana prit Elmie avec elle et le pas de Nahar se fit tout doux, devinant l'enfant sur son dos.
Un nouveau jour prenait naissance sur ces terres en sursis. Le soleil, blond, offrait ses derniers moments de chaleur. L'été, tirait à sa fin. Bientôt, les premiers vents de l'automne balaieraient les vastes horizons emportant dans leurs sillages les derniers vestiges des végétaux.
Pour l'instant, la nature revêtait encore un manteau d'or distribuant avec générosité, les derniers fruits tardifs et autres floraisons dont les parfums entêtants grisaient hommes, elfes et animaux.
Gandalf et Cirdan, attendaient patiemment le retour du roi et de son fils. Le magicien, fumait sa pipe dans le jardin de Mirkwood, admirant la virtuosité des nains qui avaient conçus un tel prodige. Un jardin à l'intérieur de cavernes calcaires permettant de laisser filtrer la lumière du jour…
Grâce à la complicité des racines des arbres les fissures dans les roches avaient été élargies juste ce qu'il fallait pour permettre aux rayons du soleil d'offrir sa lumière bienfaitrice. A cette heure de la journée, ils formaient une harpe chatoyante ou virevoltait des grains de poussières.
Chacun s'abîmait dans un silence contemplateur.
Gabriel vint interrompre cette rêverie d'une voix douce :
Gabriel : Remarquable n'est-il pas ?
Gandalf : En effet. Etonnant de la part de si petites personnes.
Cirdan : La force ne se mesure pas à la taille mellon nin.
Gandalf : Je possède sous la main un fort bel exemple. Bilbon Sacquet de La Comté. Un hobbit pouvant paraître insignifiant au premier abord et qui pourtant me surprend de jour en jour. Peu aurait supporté une si lourde charge. Quand l'on connait l'amour de ce peuple pour sa petite tranquillité, celui d'une vie bien remplie en harmonie avec la nature…
Cirdan : Celle que nous devrions tous vivre avec la paix pour héritage en somme.
Gabriel : La vie rêvé des anges…
Cirdan : Pardon ?
Gabriel : Oh, rien d'important, tout juste un souhait trahi par mes lèvres et ma voix.
Gandalf : Seriez-vous rompu aux énigmes comme mon ami Bilbon ?
Gabriel : L'esprit humain semble plus retord qu'une simple énigme…à une simple réponse, je pencherais plutôt pour un choix multiple, d'où la prédisposition pour ces esprits faibles à sombrer dans le néant quand la malice s'invite…et elle s'invite de façon…
Gandalf : Multiple ?
Gabriel : Ainsi soit-il.
Cirdan : Votre sagesse honore votre peuple Gabriel.
Gabriel : Ce n'est pas mon peuple, mais j'en ai la charge, un peu comme vous Gandalf. Nous sommes assez semblable vous et moi, jusqu'à nos noms dont la première lettre nous est commune.
Gandalf : En effet, une belle coïncidence…J'envie votre sérénité. Rien ne semble vous atteindre.
Gabriel : C'est une grave erreur de penser une telle chose. Je livre des combats comme je m'assigne à les contrecarrer. Faire et défaire, la grande Histoire de mon monde…
Cirdan : Celle de tous ceux empreint d'une farouche envie de laisser la vie éclore sans avoir à se soucier de l'ombre cherchant à la masquer.
Gandalf : Hélas, subsiste-t-il un espoir de voir un jour, se lever, une aube claire où aucun mal n'y aurait élu domicile ?
Gabriel : Ex nihilo, nihil, cela signifie dans ma langue rien ne vient jamais de rien. Comme tout commencement il y a une source vive. D'elle nous vient la volonté de parfaire notre destin, pour tous ceux qui en sont pourvus. Beaucoup n'en connaissent pas l'issue, trop heureux de s'abîmer dans la fange…
Gandalf : Sur ces Terres, beaucoup se sont laissé guider sur de mauvais chemins.
Cirdan : Mon grand âge m'aura au moins permis de connaitre aussi bien les guerres que les moments de paix où les forêts enchanteresses accueillaient les chants et les promesses de jours heureux. Nous en avons vécu…en vivrons-nous encore ?
Un elfe vint interrompre ces réflexions. Sa Majesté était de retour.
Le retour de Tauriel à Mirkwood avait été discret, et son entretien avec Dame Galadriel, fructueux. De quelques manières que ce soit, elle parviendrait à percer à jour cette intrigante venue d'un autre monde. La Dame, elle, avait entendue ses craintes et avait promis d'interférer dans la vie du monarque, pour son bien et celui du peuple elfique.
Le détour de son Seigneur par le village de Kergalen était tombé à point nommé.
Arrivée depuis la veille, son unique désir n'était qu'attirer l'attention du prince Legolas pour lui parler. Le faire au plus tôt devenait Sa priorité. La seconde serait de trouver un moyen de contrer cette humaine.
Les écuries, nettoyées, n'attendaient plus que la venue du roi. Moose, son élan piaffait d'impatience. Il avait sentit son maître.
Soulagé, Thranduil n'était pas mécontent de retrouver, pour quelques temps, ses cavernes. Respectueusement, il aida sa fiancée à mettre pied à terre. Cela commença par prendre cette enfant dans ses bras. Légère, et apeurée, elle n'osait soutenir le regard du roi :
Thranduil : Ne sois pas effrayée petite, je ne te veux aucun mal.
Elmie gardait la tête baissée la secouant uniquement dans un signe d'assentiment, tandis qu'il prenait la main d'Olana la faisant basculer vers lui. Comme toujours lorsqu'il se trouvait à proximité d'elle, son parfum l'enivra.
Même au milieu d'une foule, il ne pouvait s'empêcher d'avoir à son encontre plus qu'une simple marque de déférence. Le désir, sous jacent, pointerait toujours ses lames de feu.
Une fois aux côtés d'Elmie, Olana s'agenouilla à sa hauteur :
Olana : Sa Majesté est quelqu'un de très aimable pour peu qu'un petit sourire lui soit offert…surtout de la part d'une aussi jolie petite fille.
Enfin, elle osa relever son visage vers Olana, avant de se tourner en direction du roi et de lui sourire timidement :
Thranduil : Il me semblait avoir abandonné le soleil à l'extérieur, mais je crois m'être trompé…le voici en face de moi.
Elmie sourit d'avantage fixant de ses grands yeux d'enfants ce beaux roi elfe, car elle l'avait qualifié, une bonne fois pour toute, de « Beau roi blond », ce qui était, à ses yeux, plus qu'une gratification.
Il n'en fut pas de même pour une dame aux oreilles pointues et aux longs cheveux roux. La manière de regarder Olana, ne lui avait guère plu. Comme toute enfant intimidée, elle n'en dit mot à personne, mais en son for intérieur, une petite voix l'enjoignait à s'en tenir éloigné.
Legolas, à l'écart du convoi, aperçut l'elfine et se dirigea vers elle :
Legolas : Tauriel…je ne voulais pas en arriver à cela, mais je dois me ranger à ton avis. Dame Olana doit être surveillée. Sa place auprès de mon père vient de prendre une importance que je n'aurais jamais imaginé il y a peu encore. Mon cœur saigne à la seule évocation du terme employé à son égard.
Tauriel : Je ne comprends pas…
Legolas : Désormais, ce n'est plus une simple Dame de la Cour, mais la fiancée de mon père.
Tauriel : Fiancée ?
Les traits de l'elfine se décomposèrent sous l'effet de la nouvelle. Se reprenant immédiatement, sa réaction ne se fit point attendre :
Tauriel : Voici la raison pour laquelle votre père me paraissait si mystérieux lors de son départ pour la Lothlorien.
Legolas : J'espérais me tromper sur ses véritables raisons ici, et ne la voyait pas comme une ennemie. Le doute s'est installé en moi depuis.
Tauriel : N'ayez aucune inquiétude, tôt ou tard, nous la démasquerons.
Legolas : Père y parait si attaché…
Tauriel : Elle ne parviendra pas à ses fins. Je m'y engage.
Legolas se retira dans ses appartements. Pour lui, la confusion était totale, pour Tauriel, en revanche, la clairvoyance prenait une voie royale.
Olana, quant à elle, venait d'apercevoir le seigneur Cirdan, Gandalf et Gabriel. Un doux sourire sur ses lèvres, elle s'avança vers eux et prit la parole en sindarin sans même s'en rendre compte :
Olana : Comme il m'est agréable de vous rencontrer seigneur Cirdan…Mithrandir, je suis honorée.
Immédiatement, l'elfe et l'istari froncèrent les sourcils l'espace d'un instant. Quelle bien étrange prononciation…Cela heurtait leur sensibilité. La jeune femme s'approcha de Gabriel s'emparant de ses mains. Leurs fronts s'effleurèrent. Il y avait tant d'amour dans ce geste qu'il en devenait sacré. Personne ne s'en offusqua. L'archange traça de son doigt un signe de croix sur sa peau soufflant quelques paroles dont le sens leur échappa et sourit à nouveau :
Gabriel : Votre bonheur est source de joie mon enfant. Omnia vincit amor. (L'amour subjugue tous les cœurs).
Olana : Ad majorem dei gloriam. (Pour la plus grande gloire de Dieu.)
Accompagnée d'un sourire, Olana se dirigea vers ses amis, entrainant avec elle la petite Elmie. Le roi s'approcha du Seigneur Cirdan. Gandalf et Gabriel se tenait un peu en retrait :
Thranduil : Nous devons parler Cirdan.
Cirdan : En effet, nous le devons…
Retirés dans le bureau du monarque, le Seigneur Cirdan pu, raconter sa traversée avortée vers les Terres Immortelles. Au fur et à mesure de la narration, Thranduil secouait la tête en fronçant les sourcils :
Thranduil : Je ne comprends pas Cirdan…Vous avez emprunté la Voie Droite de nombreuses fois par le passé…Pourquoi vous aurait-on refusé l'accès de Valinor, et surtout de manière aussi spectaculaire ? Un mur d'eau, les « Yliandres » le traversant…un symbolisme où transparait un interdit formel. C'est étrange. A mon tour, il me faut vous conter ce que Dame Olana a vécu lors de notre engagement sur la colline de Cerin Hamroth.
Le vieil elfe écoutait humblement la confession du roi sans laisser transparaitre son inquiétude, pourtant elle était bien réelle. Si l'aventure de cette Dame n'était pas un songe, les Valar venaient de l'exclure de leurs desseins. Cette femme n'intervenait pas dans la vie de cet ellon par hasard. Pourquoi le tenait-on à l'écart de cette façon ?
Un étrange sentiment s'insinua dans son esprit. La volonté des Valar dépassait sa propre connaissance de ces Dieux si prompts à reprendre ce qu'il lui avait accordé depuis le premier âge de ce monde…la confiance.
La donne avait changé et pour de telles conséquences, les raisons devaient être d'importance :
Cirdan : Thranduil, c'est là la raison de cette magnifique chevelure un trait distinctif des Valar. Comment une humaine a-t-elle pu approcher, ne serait-ce qu'en songe ceux pour qui elle représente tant de dangers ?
Thranduil : Une interrogation parmi tant d'autres mellon nin. Ma fiancée n'est pas une menace pour ce monde, pas plus qu'elle ne l'a été dans le sien…
Parmi les convives, seul Gabriel demeurait serein. La paix lissait ses traits quant pour les autres, le souci les leurs froissait. Trop profondément plongés dans leurs réflexions, personne n'en fit cas, cependant, l'archange crut bon de prendre la parole :
Gabriel : Votre Majesté, la valeur d'un présent ne se mesure pas aux actes commis dans la grâce de leurs bonnes volontés. Sans doute cette marque de gratitude aura-t-elle son explication en temps voulu. Une juste récompense apposée sur les blessures d'une vie peut parfois suffire. La vaillance est souvent louée, pourquoi la souffrance ne serait-elle point à son tour, interprété comme un premier pas vers un destin rédempteur ?
Cirdan : Qu'est-ce à dire ?
Gabriel : Je ne puis entrer dans le secret de vos dieux, mais la compassion ne fait-elle point partie de leurs attributions ?
Gandalf : Pour cela, encore faut-il que le destin soit unique et digne de leurs intérêts.
Gabriel : Avoir permis des fiançailles à un monarque uni par les liens du mariage…n'est-ce point là une preuve de leur détermination au pardon ?
Thranduil : Sans doute ont-ils envisagé l'ampleur de ma faute et mon désir de m'en absoudre.
Cirdan : Le Seigneur Gabriel…
Gabriel : Il n'existe de plus grand Seigneur que celui dont je suis l'humble serviteur. Appelez-moi Gabriel par la grâce de votre volonté.
Cirdan haussa un sourcil. Cet être inspirait tant d'humilité :
Cirdan : Elle répondra à votre souhait…Gabriel. Il me semble que votre savoir est déterminant dans ce destin si confus. Dame Olana change, c'est un fait. Sa chevelure… On l'a paré d'une marque distinctive aux yeux de tous. Comme si…
Gandalf : Comme s'il fallait qu'elle soit vue. Etrange comme interprétation.
Cirdan : Tout comme ce regard…profond…devant s'emplir des beautés de ce monde.
Thranduil : La fusion des âmes en est la cause certainement. On ne peut en être sûr. Il n'existe pas d'exemple…
Cirdan : Beren et Lùthien en ont autrefois bénéficié. Leur amour a tellement ému les Valar qu'une nouvelle vie fut offerte à Lùthien.
Gandalf : Cependant, ils durent braver des dangers et des souffrances avant qu'une telle faveur ne leurs soit accordée.
Cirdan : Le roi ne souhaitait pas voir sa fille épouser un mortel.
Ces quelques mots suffirent à faire sombrer le monarque dans la colère. Sa pensée franchit la barrière de ses lèvres sans même qu'il ne s'en aperçoive :
Thranduil : J'ai rompu mon acte d'union avec Neryëlle, me suis fiancé avec Olana, et aucun être sur cette terre ne m'empêchera de m'unir à elle. Si mortelle elle demeure, alors je la ferai mienne et vivrai avec intensité le peu que le destin nous accordera. Ensuite…j'abandonnerai mon règne à mon fils. Le premier osant me braver s'en repentira !
Un silence accueillit ces mots que quiconque ne se risqua à contredire. Le monarque portait fier son courroux. Ses traits s'étaient durcis alors qu'une hardiesse peu commune chez lui faisait naître une volonté hors norme. La beauté pouvait parfois se parer d'un parfum d'infamie. Prudent, le vieil elfe prononça quelques paroles qui se voulurent rassurantes :
Cirdan : Nous tous ici vous comprenons Thranduil. Dame Olana n'a pas souhaité cet aboutissement. Je ressens cet amour qui est sien avant qu'il ne vous appartienne. Il s'agit de ne point se leurrer mellon nin. Une telle alliance pour un souverain ne peut être acceptée par les clans elfiques. Beaucoup vont craindre la colère des Valar. Quant à votre enfant…il n'est pas prêt. Il ne rêve que d'horizons lointains et d'aventures.
Gandalf : Qui sait si une autre quête ne lui serait pas attribuée ? L'Anneau de pouvoir tarde à être retrouvé. S'il tombait entre de mauvaises mains, notre destin serait scellé dans les ténèbres.
Thranduil : Legolas à pour devoir le bien être de son peuple. L'Anneau maudit ne ressurgira sans doute jamais de l'endroit où il a sombré.
Cirdan : De cela, nous n'avons aucune certitude. Dame Galadriel, l'a vu autrement…
Thranduil : Dame Galadriel n'y a vu que ce qu'elle souhaitait voir. Son pouvoir peut être défait comme la confiance dont jadis les Valar vous gratifiait et dont vous étiez le garant pour nous tous. Le monde change. Le mal, aussi sournois que les araignées de Mirkwood, se pare d'un nouveau visage. Ce dragon qui a réduit à néant, le village de Kergalen en est la preuve. D'autres que Sauron doivent œuvrer dans l'ombre.
Cirdan : D'autres ?
Gabriel silencieux, demeura immobile. Le roi avait un doute, il ne fallait pas l'engager dans cette voie, aussi dévia-t-il le cours de la conversation :
Gabriel : Votre Majesté, Olana, cette enfant du Très Haut, a fait preuve de beaucoup de courage pour parvenir jusqu'à vous. Son parcours ne fut pas des plus aisés, mais, vous en conviendrez, elle aussi change et fait de son mieux pour vous rendre fier. Ce qui demeurait de son ancienne vie va s'étioler jusqu'à disparaitre et ne subsistera que le meilleur.
Thranduil : J'en suis conscient et l'encourage à se livrer d'avantage et à accepter mon soutien. Mon engagement envers elle n'est pas vain, il est de mon devoir de lui offrir l'assurance d'une dévotion de ma part. Je ne peux concevoir mes liens d'aucune autre façon et il ne sera pas dit que l'on m'en fasse reproche.
Gabriel : Votre droiture lui sera essentielle. De ce chaos va éclore une jeune femme dont vous saurez en apprécier toutes les qualités, mais il faut de la patience. La dualité existe en chaque personne. Le choix appartient à chacun de décider quelle facette il veut montrer. Laissez-lui l'occasion de faire son choix. C'est un long et douloureux processus. Au milieu de ces vicissitudes, elle trouvera sa voie, je l'y aiderai. Il en va de mon devoir. Je serai toujours là pour mon petit séraphin.
L'istari et l'elfe dévisagèrent l'archange. Bien sûr, une telle dénomination leur était tout simplement incompréhensible. Gabriel se devait de fournir une explication. Les subtilités de sa foi ne seraient qu'évoquées en substance, mais il leur devait bien cela :
Gabriel : Pardonnez ma fougue. Un séraphin est une créature céleste ailée que l'on trouve autour du trône du Très Haut, personnage d'importance comme Illuvatar vous concernant. Une allégorie pieuse en quelque sorte. Une bien belle façon de nommer une personne pure et innocente. Cette enfant que j'ai vu naître et grandir à l'ombre d'un désamour notoire, vit à présent sous mon aile, une autre…allégorie. Pardonnez-moi.
Thranduil : Votre détermination vous honore et m'encourage à placer en vous ma confiance. Cet engagement qui est vôtre me rassure concernant ma fiancée. J'en conçois un réel soulagement. La savoir protégée…
Gabriel : C'est beaucoup d'honneur pour moi. J'espère m'en montrer digne
Cirdan : Thranduil, l'annonce de vos fiançailles ne va pas faire l'unanimité. Il faudra s'attendre au pire.
Thranduil : Mon devoir est de la protéger.
Gandalf : Un autre fait d'importance s'est produit dernièrement. La chute de Smaug le Doré, va entraîner des conflits. Déjà, les orques et les gobelins tiennent conseils. Tous veulent les richesses de la Montagne Solitaire, à commencer par Thorin écu de chêne. Son grand père Thror perdit la raison par la faute de ce trésor. Sa cupidité faisait peine à voir et sa fin ne fut pas des plus glorieuses, tué par Azog, pour avoir protégé au-delà de la folie une montagne d'or.
Thranduil : Et quantités de gemmes dont certaines auraient dû me revenir !
Cirdan : Que valent quelques pierres face à la détermination de Thorin de livrer une guerre ?
Thranduil : Je ne laisserai pas ce nain me porter préjudice. Son évasion le prouve, il serait prêt à tout pour revendiquer un trésor dont l'entière légitimité n'est pas affirmée.
Cirdan : Thranduil, il est inutile de livrer une bataille…notre intérêt est ailleurs…
Thranduil : Il me revient d'en décider !
Cirdan : Votre décision…
Thranduil : Est prise. Je m'en vais donner mes ordres. Nous partons pour Dale à l'aube du prochain jour.
Gandalf : Il n'est peut être pas trop tard pour raisonner Thorin écu de chêne, peut être entendra-t-il mon avertissement.
Thranduil : S'il vous plaît d'espérer…
Le roi quitta la pièce à grandes enjambées. Cirdan et Gandalf le suivait du regard. L'elfe poussa un soupir :
Cirdan : Aussi têtu que feu son père !
Gandalf : Déterminé comme un monarque le sous entend.
Gabriel : Solitaire comme l'a été son règne depuis longtemps.
Ainsi parlait les trois sages et chacun y avait apporté une part de vérité…
Les progrès d'Opéca, en matière d'écriture elfique, devenaient impressionnants. Jamais elle n'avait atteint un niveau de connaissance aussi élevé. Tout juste lui avait-on appris à écrire son nom et encore…
Malgré une aptitude à retenir ce que l'on s'évertuait à lui enseigner, et ce dans n'importe quel domaine que ce fut, jamais quiconque n'avait eu l'idée de pousser plus avant dans son enseignement. Malgré un fort tempérament résultant sur de vives colères, Opéca savait toujours reconnaitre ses torts…après coup. Question de fierté féminine probablement.
Son parcours, peu lisse, l'y avait encouragé. Cependant, sa volonté à montrer une image d'elle plus valorisante, forçait le respect. Surtout celui d'Ëlnar.
L'Intendant du roi savait reconnaitre les aptitudes d'une personne lorsqu'il y était confronté. Cela n'avait pas été chose aisée de l'encourager à poursuivre son apprentissage, mais avec de la patience, l'ellon pouvait se montrer satisfait du résultat.
Là encore, la jeune femme lui présenta une copie parfaite de Sindarin écrite de sa plus jolie écriture, et là encore, le sourire dont il la gratifia valait bien à lui seul d'avoir surmonté tous les moments de découragements :
Ëlnar : Vos progrès sont édifiants Opéca. Vous ne m'avez jamais déçu.
Une rougeur s'installa sur ses joues offrant un très joli teint de poupée de porcelaine. L'elfe eut un léger sourire ce qui était très rare chez ce personnage autoritaire :
Opéca : C'est vrai ? Ben crotte alors ! Si j'avais pu imaginer qu'un jour un mâle me dirait une chose pareille pour aut'chose que le talent d'mes galipettes…
Il haussa un sourcil :
Opéca : Bon, çà va, excusez-moi. Vous savez Ëlnar, je peux bien apprendre à écrire tout bien comme vous, mais ma façon de parler…Là aussi je peux arrondir les angles et faire quelques ronds d'jambes, mais faut pas viser la lune hein ? Je suis comme je suis, mais enfin…
Elle redressa la tête en mettant ses lèvres en cul de poule :
Opéca : Je veux bien de temps à autre parler comme une vraie Damoiselle !
Malgré lui, un rire s'échappa de ses lèvres :
Ëlnar : C'est votre personnalité Opéca, rien ni personne ne pourra vous changer, mais penser à s'emplir de nobles usages ne pourra jamais vous nuire.
Opéca : Sauf que pour çà, il aurait fallu qu'je naisse de l'aut'côté de la barrière. Et çà n'a pas été le cas, mais je ferai des efforts…pour vous.
Ses longs doigts fins réajustèrent une mèche de ses cheveux noirs corbeaux tandis qu'il s'approchait et déposait un baiser sur le sommet de sa tête :
Ëlnar : Vous êtes une belle personne jeune Dame.
Un moment muette, elle finit pas s'exclamer :
Opéca : Attention bel elfe, il se pourrait qu'je flanchouille vite fait bien fait moi…
Ëlnar : Flanchou….
Opéca : Que je ne cède aux désirs qui sont vôtre Damoiseau !
Ëlnar : Excellente répartit Damoiselle Opéca. Voici une phrase bien agencé et bien introduite dans le sujet.
Opéca : Voilà, oui, elle est comme qui dirait bien introduite. Eh ben, heureusement qu'l'aut pouillasse traîne pas ses miches dans le secteur parce qu'elle aurait pas laissé passer une telle occase…
Ëlnar : Il faudra qu'un jour vous m'emplissiez de vos usages. J'ai toujours le plus grand mal à vous comprendre.
Une petite voix ensorceleuse s'éleva non loin de là. Chaperon Rose, toujours aux aguets des dernier petits potins et prenant à cœur son rôle d'espionne auprès des elfes, surveillait ces deux personnes depuis un bon moment déjà.
Sa faculté à se faire oublier, telle une petite souris, l'avait amené, par le passé, à assister à de bien surprenantes conversations, de sorte qu'elle était toujours au parfum de toutes les affaires en cours :
Chaperon Rose : Une phrase ou toute autre chose, se doit d'être introduite de la meilleure façon possible afin d'offrir son à interlocuteur la juste parcelle de bien être à laquelle il est en droit d'aspirer mon ami Ëlnar. Il me semble qu'Opéca se soit mise à l'esprit une farouche volonté de vous introduire dans son petit monde ou bien des frontières se devraient d'être franchies avec allégresse !
Opéca : Qu'est-ce tu racontes encore la borgnasse !
Chaperon Rose : Allons allons, très chère brune amie de toujours, il ne faut point avoir honte de cette envie titillant tes précieux attributs. Ceux de ce magnifique ellon finiront par y élire domicile.
Le regard de l'intendant passait de l'une à l'autre, sans qu'il ne sache véritablement de quoi il s'agissait :
Chaperon Rose : Dois-je préciser mes propos, ou laissons-nous cet ellon s'ouvrir à nos us et coutumes sous ton enseignement, hum ?
Opéca : J'te donne deux s'condes pour dégager !
Chaperon Rose : J'en étais sûre ! Bien, je vais aller promener mes…miches comme tu le dis si bien, ailleurs. Ëlnar, de grâce, passez à la vitesse supérieure. Les femmes adorent les bonnes manières mais il arrive un temps où redevenir un primate bestial et rustique ne fait pas de mal à l'un comme à l'autre. Osez mon ami, osez faire tomber ses barricades, il se pourrait que ce que vous y découvriez vous satisfasse au plus haut point. Voilà, voilà, je suis partie, je ne suis plus là…ouh ! Je suis toute excitée là…
Et de sa singulière démarche, la petite souris s'en alla remuant son joli popotin. Bon sang, Ëlnar dû tout de même reconnaître que cette humaine avait un je ne sais quoi de véritablement surprenant. Comme un goût de…revenez-y ?
Opéca : Ne l'écoutez pas, c'est récurant chez elle ce besoin d'me voler dans les plumes. Bon, cette précision apporté, et il le fallait, je peux venir avec vous à la guerre ?
Ëlnar : Je ne suis pas un soldat de Sa Majesté. Mon rôle sera de veiller au bien être du roi, mais je ne vois pas d'objection à ce que vous ne me suiviez. Une bataille va se jouer près de Dale, cela ne sera pas une chose agréable à vivre…
Opéca : Par chez moi aussi les mâles se tapent sur le ganachon, et parfois pour bien moins, alors…et puis j'suis pas en sucre. J'ai déjà vécu bien pire !
Ëlnar : Existe-t-il un monde où les conflits seraient bannis ?
Opéca : Cà, c'est une bonne question, mais comme on dit, l'espoir fait vivre. Qui sait, peut être qu'un jour quelqu'un aura la chance de vivre çà…en attendant, qu'est-ce que je pourrais faire pour me rendre utile ?
L'ellon lui adressa un sourire :
Ëlnar : A votre façon, vous me paraissez bien plus sage que le plus sage d'entre nous. Parfois l'exemple se trouve sous nos yeux et nous n'avons plus la capacité de l'entrevoir…Alors voici ce que vous pouvez faire pour moi…
Tout en continuant à lui donner ses recommandations, la jeune femme se perdit dans la contemplation des longs cheveux de ce spécimen magnifique, ses doigts évoluaient dans les airs avec la grâce d'un insecte voletant sous la lumière du soleil…
Que n'aurait-elle donné pour provoquer, ne serait-ce qu'une seule fois, le désir chez ce mâle !
Amélie, qu'un soupçon de mélancolie rendait rêveuse, était assise dans un coin et observait toute cette agitation régnant autour d'elle :
Aliénor : Tout va bien Amélie ?
Amélie : Bah, Dame, j'dirais qu'çà pourrait boulotter mieux !
Aliénor : Que se passe-t-il ma belle ?
Amélie : C'te bataille qui s'prépare…pas bon tout çà, pis j'ai perdu mon admirateur. Un bon gros nain ben porté sur la bectance !
Aliénor : Ne t'inquiètes pas pour cette bataille. Tu sais très bien que nous nous serrerons les coudes comme toujours et personne n'aura à subir de dommages. Jack, Zorgûnn, moi et Orlyänne…nous veillerons tous aux grains.
Amélie : Bon, j'te crois ma p'tite pouille. Fais ben attention à ton joli croupion, faudrait pas qu'un d'ces sauvages te l'abîme !
Un rire s'échappa de la gorge de la guerrière :
Aliénor : Tu n'as pas ton pareil pour délivrer ton message toi, et puis tu connais Orlyänne. Elle est déjà bouillante comme un chaudron de magicien. Je plains ses adversaires crois-moi. Tiens la voilà. Ma belle…Amélie se fait du souci pour nous, rassure là !
Cela commença par un sourire éclatant. D'ailleurs, à bien y réfléchir, cela commençait toujours par un sourire éclatant, restait à savoir ce que la suite réservait. Là, en l'occurrence, il était suivit d'un beau discours…enfin, du moins, selon cette redoutable guerrière pour qui chaque mot pesait de son importance :
Orlyänne : Tu ne devrais pas quïsquicht (l'ancienne, dans la langue maternelle de l'elleth), je vais dérouiller ces mâles et leur couper l'envie de, comment dit Alachnÿ déjà ? Ah oui, l'envie de « chier », dans nos chausses !
Et pour appuyer ses dires, l'elfine cracha une petite boulette de feu au sol. Les quelques elfes présents l'observèrent avec stupeur. C'était toujours ce genre de sentiment que provoquait cette femelle si particulière. Devant ces regards surpris, la belle aux cheveux de feu leur offrit un de ces sourires ou compter le nombre de dents aurait été un défi :
Amélie : Pougne alors ! Y'a pas à tortiller, quèque t'as comme dents ! Vous êtes vraiment ben dotés d'ce côté-là vous aut' !
Orlyänne : C'est pour mieux mater les mâles s'il leur venait des envies de la ramener.
Aliénor : Des envies de la ramener ? Zorgûnn à raison, vous êtes vraiment de sales bêtes !
Orlyänne : Voilà ! Et tout ce qui porte un appendice plus ou moins long, n'a qu'à bien se tenir !
La petite ninïl s'approchait à petits pas portant une petite caisse. Immédiatement, le regard de l'elleth de feu s'alluma et pas besoin de préchauffage, elle était déjà aux taquets :
Orlyänne : Il n'existe pas beaucoup de personnes en ce monde à oser me tenir tête. Cette pitil nouchkä (petite souris, en désignant Chaperon), en fait partie !
Aliénor : Ah ! Chaperon Rose ! Oui bien sûr. Tu sais, elle doit vraiment avoir une botte secrète pour attirer autant l'attention celle-là.
Orlyänne : Dirrlunn grorlann pourttich nênn vaïnn ! (En voici une que je mâterai bien dans un lit !)
Comprenant le langage de ces elfes, la traduction provoqua un rire chez la guerrière :
Aliénor : Je n'en doute pas !
Déjà, l'elfe de feu s'approchait à pas de géante de sa petite poupée :
Orlyänne : Ou vas-tu comme cela petit paquet d'hormone brûlantes ?
Chaperon Rose : Ouh ! Belle entrée en matière Orlyänne. Et bien je m'assure d'emporter tout ce dont j'ai besoin.
Orlyänne : Et qui a-t-il dans cette caisse ?
Chaperon Rose : La curiosité est un vilain défaut, mais enfin, à toi je peux bien le dire, quelques effets personnel, trois fois rien et surtout de quoi revigorer l'ardeur du guerrier risquant sa vie pour nous autres pauvre petites femelles…
Orlyänne : Ou sont-elles les pauvres petites femelles ? Entre Aliénor, moi-même, Amélie et sa poêle en fonte, les mâles n'ont qu'à bien se tenir. Quant à toi…tu as tous les arguments pour faire cesser un conflit sans faire dégainer la moindre épée, du moins celles se glissant dans un fourreau accrochées à une ceinture.
Chaperon Rose : Ouh ! Oh je suis toute excitée d'entendre d'aussi belles paroles !
Orlyänne : Justement, c'est ton excitation permanente qui les ferait tous sombrer.
Chaperon Rose : Alors peut être devrais-je présenter à Sa Précieuse Majesté toute l'étendue de mon savoir pour éviter à tous ces concentrés de testostérones de s'en balancer pleins la testouille. (Tête)
Orlyänne : Cela nous ferait gagner du temps en effet, et j'en aurais plus pour satisfaire un aussi joli petit lot que toi.
Chaperon Rose : Tu ne désespère jamais ?
Orlyänne : Comment le pourrais-je ? Tous mes sens sont aux rouges quand tu promènes ton joli petit kaküch (cul) devant moi.
Chaperon Rose : Ouh…mais dis-moi comment devrais-je procéder pour ne plus t'importuner ?
Orlyänne : Simplement, en te glissant dans mon lit !
Amélie se mit à rire rejetant sa tête en arrière :
Amélie : Pougne ! C'est-y donc què finira ben par t'avoir Chaperon.
Aliénor : Orlyänne, tu vas devoir te faire une raison, cette jeune femme n'est pas intéressée par ta proposition !
Chaperon Rose : Et qui a prétendue cela ? Je suis toujours disposée à m'emplir de savoir, seul mon désir me guidera.
Ce n'était plus un charbon ardent, mais un concentré de lave en fusion qui se posta devant la gourgandine en question. La respiration de l'elfine s'accéléra alors que son regard s'affutait :
Chaperon Rose : Fichtre, peut être suis-je allée un peu trop loin dans mon raisonnement…je ne ferme pas la porte mais enfin, là n'est pas le moment.
Orlyänne : Ne tarde pas trop ou je finirai par me servir moi-même !
Chaperon Rose : Euh, ne serait-ce point le moment pour moi Aliénor d'appeler au secours ?
Aliénor : Je te l'ai déjà dit, fais attention. Cette elleth ne se contentera pas de fausse promesse.
Chaperon Rose : Peste ! Je file, je disparais…ouh… où est-il mon corniaud ?
Et la jeune femme passa son chemin aussi rapidement qu'elle était arrivée, laissant flotter ce parfum de provocation derrière elle. Humant l'air, l'elfine de feu semblait se consumer sur place :
Chaperon Rose : Narnak ! Cette senteur…elle finira par me rendre folle !
Zorgûnn non loin de là s'approcha d'elle :
Zorgûnn : Un peu d'entraînement Orlyänne ?
A peine venait-il de terminer sa phrase que l'ellon se retrouvait à terre après une prise remarquablement bien effectuée. Elle tenait une sacré forme !
Le lutin ne put s'empêcher de rire :
Mic Mac : Ahahah…peau d'gland !
Un seul regard de l'ellon suffit à faire déguerpir le lutin dans une cachette d'où une hypothétique sortie ne serait pas prévue avant un temps infini. Le gnome savait écouter son instinct de survie, d'où une forte probabilité pour lui de vieillir en bon et due forme. Sans la moindre parole énoncée, l'avertissement, la punition et les retombées sur la petite vie du lutin sonnait tel un tocsin sombre et prémonitoire. Alachnÿ le vit passer à vive allure et en fut tout surpris :
Alachnÿ : Qu'a donc encore fait ce misérable cafard ?
Amélie : Tu l'connais donc l'magicien. Toujours à dire le mot de trop.
Alachnÿ : Ce n'est pas une langue qu'il possède, mais un ustensile à débiter des jobardises (bêtises pour ne pas dire conneries…) ! Foutrement irritant ! Quand allons-nous castrer ce chancre ? Je vous le dis mes amis, un jour il finira par se reproduire et alors nous pourrons dire adieu à notre sérénité.
Aliénor : Je ne vois pas qui pourrait avoir envie…
Alachnÿ : Hum, Aliénor, le genre féminin ne possède pas toutes les qualités requises pour déjouer les pièges retords d'un tel obsédé c'est bien connu !
Le genre féminin lança des regards noirs au mage dont les sourcils s'arquèrent :
Alachnÿ : J'ai bien dit le féminin diantre ! Ici je ne vois que des furies de la bastonnade et non des apprenties de la crampette, de l'ébouriffage de chignon, du débourrage de mammouth.
Amélie : Ah voui, mener l'petit au cirque donc.
Aliénor : Quoi ?
Alachnÿ : Coïter ! Merdasse, je dois tout vous expliquer ! De toute façon, il faudrait vraiment que le mâle soit aux abois pour oser s'aventurer dans vos pattes.
Orlyänne : Il y serait bien reçu !
Amélie : Ah ben dis-moi pas l'magicien, c'est t'y qu'j'me rappelle une aut' expression…récurer la marmitte. J'avais un admirateur qu'aimait donc ben récurer en profondeur, l'Alfred qui s'appelait…un spécialiste d'la chose ce gaillard. Eh ben y'a pas si longtemps c'est t'y qu'il est r'venu m'visiter ma marmite et y m'a dit qu'c'était dans les vieux chaudrons qu'on f'sait les meilleures soupes. J'étais pas peu fière.
Le magicien haussa les sourcils en se grattant le menton :
Alachnÿ : Par ma barbe ! En voici un intrépide doublé d'un courageux. Diantre, ce mâle mériterait une médaille ! Sans doute avait-il des envies d'aventure ? Ma chère Amélie, quand il s'agit de faire sprinter l'unijambiste, (je vous laisse à votre imagination débordante !) vous répondez présente !
Amélie : Dis-moi l'vieux, on m'visitais déjà la bergamote (faire l'amour : expression argotique), qu't'étais encore à l'état d'têtard !
Prince non loin de là, endimanché et toujours prêt à apprécier les bons mots de sa nouvelle égérie, ne put s'empêcher de couiner :
Prince Charmant : Que la peste m'emporte ! Imaginer une telle bagatelle me coupe le sifflet. Alachnÿ, vous avez raison, devant un tel exploit les trompettes auraient dues sonner hauts et forts. Ceci dit, elle vous a bien mouché la vieille, morve et mouchoir compris, ahahah, suis-je bon, suis-je bon ? Il n'y a pas à dire, je me délecte de mes bons mots. Bien, alors voyons, me voici fin prêt, hum je pense ne rien avoir oublié, voyons voir, une chemise à jabots de rechange, une veste…le temps peut se rafraîchir en soirée sait-on jamais…
Tous posèrent un regard perplexe sur cet étrange phénomène :
Alachnÿ : Prince, la définition du mot guerre est-elle familière à votre esprit embrumé ?
Prince Charmant : Mais enfin, pour qui me prenez-vous ? Il nous est arrivés, beau-papa et moi, de guerroyer contre un village de paysans ayant refusé de payer sa dîme. Après…une heure de féroces combats…ils se sont rendus.
Orlyänne éclata d'un rire sonore et colla sur le dos du freluquet une tape digne d'un troll :
Orlyänne : Drönnim Rourch ! (Pleutre sans cervelle !)
Prince Charmant : Qu'a encore raconté cette amazone ?
L'amazone en question s'approcha dangereusement du bellâtre qui, prudent, fit un pas en arrière. Dans l'éventualité selon laquelle il devrait opérer un repli stratégique, le mieux était encore de préparer une sortie et de courir…très vite. Orlyänne s'amusait beaucoup de provoquer ce genre de réaction chez le blondinet. Elle s'apprêtait encore à en jouer, lorsqu'une autre proie potentielle fit son apparition.
Gandalf, le sourcil toujours haussé, d'ailleurs, il finirait probablement par rester figer dans cette position définitivement, tant cette elleth suscitait ce sentiment, l'observait de loin.
Immédiatement, elle lui adressa l'un de ses sourires qu'affectionnait tant l'istari, accompagné d'un signe de la main. Dans la foulée, l'elleth pensa qu'un petit rapprochement semblait une excellente idée. En deux pas et demi, la géante possédait une paire de jambes proportionnelles à sa taille, l'elfine se trouvait devant lui :
Orlyänne : Bonjour petit magicien. Besoin d'aide ?
Gandalf : Et qu'est-ce qui vous fait penser cela jeune elfine ?
Orlyänne : Votre insistance à m'observer tout comme votre âge vénérable.
Gandalf : Je vous demande pardon ? Qu'a-t-il donc mon âge ?
Orlyänne : Il vous honore certes, mais vous dessert également. Je pourrai vous porter assistance si besoin était.
Gandalf : Mais…mais enfin, je ne suis pas sénile je crois vous en avoir fait part auparavant !
Orlyänne : Vraiment ? Je serai tout de même à vos côtés à la bataille. Sait-on jamais !
Gandalf : Jeune elfine, je me battais déjà contre ennemis et dragons que vous n'étiez pas encore éclose…
Orlyänne : Sûrement, mais aujourd'hui, je suis là et bien là, et il faudra compter sur cette affirmation, c'est ainsi que les…
Gandalf : Oui, je sais, que les choses se passent. Il faudrait être sourd pour ne pas l'avoir entendu !
Un sourire ponctua ce dialogue et cela finit d'énerver le mage qui fit demi-tour et s'en alla rejoindre le Seigneur Cirdan, lequel ne quittait pas son sourire lui non plus. Décidément, tout le monde avait une prédisposition pour sourire en ces temps troublé, pensa l'istari.
Gabriel, sortit à l'extérieur des cavernes, par les écuries où régnait une grande agitation, s'approchait d'un groupe d'arbres en prenant soin de bien surveiller qu'on ne l'avait pas vu prendre cette direction.
Ses pas le menèrent directement aux pieds de l'Ent où Edarion patientait à son sommet. Le colosse se baissa avec lenteur afin d'offrir au vieil homme une pente douce sur laquelle se laisser glisser.
L'archange observait cette scène avec une vive curiosité. Ce monde n'était pas prêt de lui avoir livré tous ses secrets :
Gabriel : Hum, mon ami, je salue votre capacité à vous adapter à l'apparence dont l'on vous a doté.
Edarion : Je ne sais pourquoi cette décision Gabriel. Nul n'était besoin de me faire porter le poids de l'âge de cette façon. Mon esprit aurait pu être inclus dans un corps plus…jeune et ferme !
Gabriel : Certains desseins ne nous sont guère acquis comme certaines voies ne se doivent d'être empruntées.
Edarion : C'est exact.
Un moment de silence s'installa que l'archange rompit avec la sensibilité étant sienne :
Gabriel : Notre ennemi a durement frappé à nos portes Edarion…
Edarion : Plus dure sera sa chute.
Gabriel : Créer un tel monstre a dépassé toutes mes prédictions. Il est retord et sournois en plus d'être pourvu d'une vive intelligence.
Edarion : Il finira par faire un faux pas. Il le fait toujours…
Gabriel : Le Mal de ce monde est un précieux allié pour lui. Je peine encore à guérir mes blessures qu'un combat me semble inévitable.
Edarion : Prenez garde Gabriel. Sa force est puissante. Son maître y a pourvu !
L'archange soupira :
Gabriel : Nous nous confrontons depuis la création du monde et l'ange déchu n'a de cesse de prouver son emprise sur les esprits faibles. Dîtes-moi où je pourrais trouver le temps de m'octroyer ce repos indispensable, quant il lui plaît tant de déchirer mes plaies offertes ?
Edarion : Votre Foi vous honore et vous sauvera là encore, il suffit juste de retarder ce moment…
Gabriel : Le temps est contre nous, Il l'a bien compris comme « Celui qui s'oppose d'ailleurs ».
Edarion : Ne prononcez pas cette infamie, nul en ce monde n'en connaît la splendeur sombre et dévastatrice. Allié à Sauron, il pourrait nuire de façon définitive.
Gabriel : Plaise au Très Haut, qu'il n'en soit jamais ainsi.
Edarion : Que dois-je faire maintenant ?
Gabriel : Nous nous reverrons à l'issue de la bataille mon ami. A ce moment-là, le sang n'aura que trop coulé et bon nombres de prières seront à psalmodier pour le repos des âmes. Qu'elles soient pures ou impies, la félicité comme le pardon seront dispensés par mes mots. Peu importe le côté où se trouvera le porteur de lames, la mort cueillera à profusion.
Edarion : Comme dans toutes les guerres…
Gabriel : Comme dans l'esprit de ceux qui les fomentent.
Edarion : Hélas ! Bien, je vais suivre Fimbron. Son désir le plus fou est de me montrer à ses amis. Pensez-donc, j'en ais pour très longtemps à les entendre chanter !
Gabriel : Mieux vaut l'écoute de chants que les cris de souffrance.
Edarion : Très juste Gabriel…très juste.
Le vieil Ent se baissa respectueusement à nouveau et le vieil homme s'en remit à son nouvel ami. Sous la lumière diffuse des derniers rayons du soleil s'éloignait un être dont la sagesse n'avait pas fini d'être enviée.
Les orques étaient légions depuis la chute de Smaug le Doré et une infime partie avait patrouillé non loin de la forêt de Thranduil. Legolas et Tauriel les avaient pourchassés. Bon nombre avait péri de leurs flèches sauf un, capturé et ramené sous bonne escorte au palais du souverain. C'était là, une occasion unique d'en connaitre plus sur les agissements de leurs ennemis. Prévenu, Thranduil abandonna Olana en compagnie d'Elmie afin d'interroger le prisonnier.
L'orque, entravé par des liens dans le dos, fut contraint de s'agenouiller devant Sa Majesté. Narguant le souverain, le rictus affiché sur son visage ne le quittait pas. Tauriel le fixait de ses yeux noirs de colère. La fureur l'habitait comme une farouche détermination à vouloir le faire parler, chose que se refuser à accorder l'ennemi bien trop orgueilleux pour s'adresser à une femelle.
Le Prince Légolas le tenait en respect, une dague placée sous la gorge de l'orque. Le roi Thranduil marchait lentement autour de lui décrivant des cercles se rapprochant de plus en plus de lui.
Sans arrêt en mouvement, il ne laissait guère l'occasion à cet être abject de poser un regard sur lui.
Thranduil : Ainsi, toi et les tiens, poursuivez une quête à grand dessein dis-tu ?
Orque : Mon Maître voit grand, mon Maître a déjà pris le contrôle de vos misérables vies. Ne voyez-vous point que votre temps est fini ? Vous sombrerez tous dans le chaos, et souffrirez mille maux. Mon maître l'a dit !
Tauriel : Ton maître n'existe pas ! Seul un pleutre du nom d'Azog envois ses guerriers au-devant des dangers qu'il n'ose lui-même affronter !
Orque : Je ne parle pas aux femelles, surtout celles à la solde d'un souverain en fin de règne.
Légolas : Si tu persiste, c'est de ta fin dont il sera question.
Orque : Peu m'importe, le Grand Maître vous anéantira tous…vous mourrez…
Tauriel : Puisque tu aimes tant la mort, laisse-moi t'en faire présent !
D'un geste rapide, elle présenta son coutelas d'un air menaçant, ce à quoi le roi s'opposa farouchement :
Thranduil : Tauriel ! Ecco !
Obéissante au souverain, l'elfine baissa son arme, la rengaina dans son fourreau et quitta la salle en lançant un regard mauvais en direction de l'orque dont les dents pointues lui faisait échos d'un sombre sourire :
Thranduil : Qu'affirmais-tu lorsque tu parlais des projets de ton maître ?
Orque : La fin est déjà en marche.
Thranduil : Est-ce tout ? Parle, je saurais me montrer clément et t'accorderait la vie sauve.
Orque : Le Monde va s'écrouler et avec lui votre fin à tous. Vous périrez dans les flammes et il ne restera plus un seul elfe, nain ou hommes vivant sur cette terre, voilà votre avenir, Grand roi Thranduil ! Ahahah !
Au fur et à mesure que parlait l'ennemi, les yeux du roi, perdu dans le vague, comprenait fort bien où voulait en venir cet orque et ses sombres présages. Aussi, sans avoir à lui faire face, il dégaina son épée la tendit au devant de lui et le fil de la lame tranchante comme un rasoir, sectionna net la tête de l'orque qui resta dans la main de son fils.
Surpris, Légolas jeta à terre la tête de l'orque qui roula au sol et finit sa course près du corps agité de derniers soubresauts. Un sang noir s'écoulait de son cou et l'odeur commençait à insupporter le monarque :
Légolas : Pourquoi avoir fait cela ? Vous lui aviez promis la vie sauve ?
Thranduil : et c'est ce que j'ai fait ! Sa vie vient d'être sauvée des dangers dont il nous à détaillé les méfaits.
Légolas : Mais, il aurait pu nous en dire plus…
Thranduil : j'ai su tout ce que je voulais savoir, et il ne m'en aurait pas confié plus. Débarrasse ce palais de cette…chose. Son odeur commence à se répandre tel un maléfice ! Qu'on double les gardes, que personne ne sortent. Il ne sera fait aucune exception !
Légolas et deux gardes empoignèrent le corps de l'orque et le transportèrent à l'extérieur de la Salle du Trône. Il s'apprêtait à rengainer son épée lorsque son geste resta en suspens.
Olana se tenait là, debout devant lui. Elle avait tout vu, tout entendu, et le regardait fixement. Ses prunelles, intenses, semblaient briller telles deux étoiles. Un cercle gris foncé entourait ces deux joyaux.
Tout deux restèrent quelques secondes à s'observer dans un silence quasi religieux.
Sans qu'il ne sache pourquoi, il sentait qu'il ne devait ni bouger, ni émettre la moindre parole. Si ce à quoi elle venait d'assister l'avait troublé, ce n'était pas de la façon dont il l'imaginait.
Il n'était pas question de peur dans ce regard fixe, mais…d'envie.
A plusieurs reprises il vérifia la teneur de ce regard, mais son instinct ne le trompait pas, il y avait dans ces yeux-là, plus de désir qu'il n'en avait jamais vu ailleurs.
Olana venait de comprendre toute la détermination de ce souverain à mener une guerre de représailles tout autant qu'une représentation de son pouvoir. L'impasse ne pouvait être faite…
Cela en était devenu une question de fierté et d'orgueil. On ne s'en prendrait pas impunément à la lignée du roi Oropher. Bien décidé à ne pas se laisser influencer par la volonté du seigneur Cirdan, lequel s'opposait farouchement à ce conflit, le monarque s'entêta se convainquant lui-même de la légitimité de sa décision.
Une multitude de pensées vint à l'esprit de la jeune femme, comme celle de perdre cet être pour lequel elle avait bravé tous les dangers…
Cette nuit, il n'aurait pas le dernier mot. L'urgence de la situation la poussa à dépasser ses limites. Il fallait contrer ce temps qui s'écoulait emmenant des lendemains incertains aux portes de son existence.
Esquissant, enfin un mouvement, elle empoigna l'épée de la main du souverain, et la fit glisser, avec lenteur, dans son fourreau. Sa respiration était hiératique. Rien ne pouvait la discipliner.
Entreprenante, elle s'empara de la main de l'ellon et sans mots dire, se mit en marche.
Tous deux passèrent la porte latérale de la Grand Salle, celle d'où elle était venue, et se trouvèrent dans le couloir. Là, elle prit la direction des appartements royaux le guidant comme si c'était la première fois qu'il s'y rendait.
Devant l'impressionnante porte aux initiales T et O entrelacées, elle fit une courte halte, promenant ses doigts sur les lettres dorées à l'or fin en le fixant dans les yeux, puis poussa le battant.
Le lit à baldaquin trônait dans la pièce, imposant, recouvert d'une courtepointe de velours grenat. Tel un écrin, il invitait royalement les deux amants. Pourtant, une fois le souverain contre le matelas, elle sembla hésiter. Sa respiration jusqu'à présent calmé, s'emballa à nouveau.
Elle était au pied du mur, elle n'avait plus le choix, il fallait poursuivre…
Il la fixait intensément.
Elle le fit basculer sur le lit d'une légère pression sur son torse…
Il se laissa choir sur le tissu.
A proximité du lit se trouvait une petite table où une aiguière emplie de vin était disposée à côté d'un verre finement gravé aux initiales du souverain. La couleur rubis du précieux nectar brillait à travers le cristal de la carafe.
Thranduil toujours allongé, elle contourna le matelas, versa le liquide dans le verre et le reposa sur le chevet.
Tout dans ses gestes reflétait une vibrante détermination, jusqu'à son pas traînant lorsqu'elle revint se placer en bout de lit. Soulevant avec lenteur sa robe en voile bleu nuit, il vit apparaître ses jambes finement galbées, dont la blancheur tranchait avec celle de ses vêtements.
Son genou prit appui sur le matelas et sa seconde jambe se hissa à hauteur de la première. Devinant qu'elle souhaitait se positionner à califourchon sur lui, Thranduil glissa sur la courtepointe afin de se placer au centre du lit et lui laisser la possibilité de s'installer à son aise, ce qu'elle fit sans attendre.
L'atmosphère, chargée du lourd parfum des fleurs disposées sur une desserte, se mêlait à sa senteur de femme. Un doux halo formé par les innombrables bougies, offrait une lumière tamisée propice au désir…
Elle s'assit sur ses cuisses. Son regard brûlant se perdit dans celui du souverain.
Il y lut un mélange de crainte teinté d'excitation, chose flatteuse pour son ego de mâle.
Elle repoussa sa main et la fit reposer le long de ses flancs. Ce qui devait être accompli se devait de l'être par sa seule volonté.
Il comprit et s'immobilisa.
Précautionneusement, elle écarta le pan du long manteau royal et fit passer les bras de l'ellon par les manches. Telle une corolle pourpre, le vêtement d'apparat demeura étalé sous le corps du roi.
Ses mains glissèrent sur le torse du souverain encore dissimulé sous une chemise de lin blanche. Alors qu'elle agrippait le cordon de velours fermant le pantalon, elle hésita…puis se reprit, et en défit le nœud.
Le pantalon et le dessous du roi glissèrent simultanément sur ses jambes musclées.
A moitié nu, sa peau d'albâtre, aussi douce que celle d'un nouveau-né, invitait aux caresses. Son membre viril tendu tel un mat porte drapeaux, trahissait un puissant désir.
Par quel mystère cette colonne de chair palpitante, pouvait-elle à ce point l'envoûter ? Sans doute parce qu'elle n'en avait jamais autant apprécié la magnificence.
Pour une fois dans sa vie, ce bout de mâle ne la contraindrait pas, il la comblerait. Désireuse de contempler ce qu'elle allait conquérir, le temps se ralentit. Sa lèvre supérieure trembla. Sa respiration redevint désordonnée. Il ne la quitta pas un instant du regard, comprenant ce qu'elle s'apprêtait à faire au prix d'un effort intense.
La honte…ce pernicieux sentiment se délitait imperceptiblement.
Ses doigts dessinèrent de belles arabesques sur le ventre du souverain, papillonnant au gré de leurs envies, flattant chaque muscle de ce vaillant guerrier, contournant les pleins et les déliés…
Cela semblait si facile…mais çà ne l'était pas.
Elle suivit de son index, la ligne de poils blonds, à peine perceptible, prenant naissance sous son nombril pour se perdre dans son pubis.
Il commençait à entrevoir…
Elle effleura le membre viril en attente de son délicieux supplice.
Il soupira. Qu'elle ose, pensa-t-il !
Elle se mordit la lèvre inférieure.
Cette femme ayant toujours abhorré le devoir conjugal, se mit à caresser cette magnifique hampe à la peau fine et délicate. Ses gestes trouvèrent leurs légitimités et s'emparèrent du pouvoir royal. Entre sa main, il lui revenait de droit. Un désir puissant brûlait le creux de ses reins, et dans sa hâte de parfaire ses intentions, elle émit un gémissement significatif. Les prunelles de l'ellon s'assombrirent un peu plus…
N'y tenant plus, elle entrouvrit ses lèvres humides…
Ce serait la première fois qu'elle oserait ce geste.
Autrefois impensable pour son mari Conrad…aujourd'hui permis pour l'amour d'un roi.
Il était temps d'offrir du plaisir…
Dès l'instant où ses lèvres frôlèrent le sexe de son amant, Olana se mit à trembler. La douceur de cette peau, associée à cette envoûtante odeur, lui tira un gémissement.
C'était soyeux, chaud, troublant… C'était…unique…
Elle sentit la main du roi sur ses cheveux…
Il tremblait…
Elle leva son regard vers lui…
Il lui souriait…
Désireuse de poursuivre, ses lèvres prirent cette hampe en otage et comme le lui avait recommandé Chaperon Rose, elle les fit coulisser sur ces chairs palpitantes.
Une rougeur intensifia la carnation de sa peau… Son ignorance lui faisait honte. Si ce n'était la gentillesse de son amie, jamais elle n'aurait accordé de crédit à d'aussi troublantes suggestions, mais pour lui…elle mit sa honte dans sa poche, et prodigua à ce membre tendu, toute l'attention et la douceur requise.
Plus rien en ce monde ne trouva grâce à son esprit à part peut-être le plaisir du roi. Affermissant l'étreinte de sa main, elle redoubla d'efforts avec l'espoir d'obtenir une gratification.
De légers gémissements la récompensèrent et l'encouragèrent à prendre son temps pour le rendre fou. Thranduil, alangui, se sentit glisser dans une douce torpeur…
Parviendrait-elle à poursuivre ? Ses gestes étaient-ils justes ? Oui, une évidence s'invita à son esprit…elle aimait cela et elle comptait bien, à son tour, se faire plaisir.
Curieuse, elle conserva les yeux ouverts. Comme il appréciait…
Les muscles de son ventre se contractaient puis se relâchaient…Son plaisir l'excitait tellement qu'un frisson brûlant parcouru ses reins. Elle le sentait dans la pression de ses doigts dans ses cheveux. D'abord tendre, elle devenait plus brutale à mesure qu'il perdait pied. Elle en conçut une grande fierté et adorait cela. Ce membre semblait au bord de l'implosion.
Elle inspira son parfum viril.
Il baissa les paupières, gémissant.
Elle le cueillit comme un trophée.
Il tenta de retenir, pour quelques temps encore, son plaisir...
Sa langue s'attarda sur le gland gorgé de désir, une goutte translucide perla. Surprise elle leva la tête, qu'était-ce donc cela ?
Elle y goûta avec curiosité…
Il gémit…
Elle apprécia ce goût légèrement salé…
Il grogna…
Rejetant sa tête en arrière, Thranduil cherchait son souffle comme s'il se noyait alors que son bassin émettait un mouvement vers son visage. Le désir brut, prenait le pas sur tout le reste. L'assouvir devenait sa priorité.
Brusquement, elle cessa ses caresses, consciente de la torture provoquée. Il était temps de lui parler. Chaque mot fut appuyé avec force et volonté :
« Tu es à moi… » Gronda-t-elle.
« A toi… » Lui répondit-t-il.
Elle lui sourit, ivre de bonheur, et sa bouche, à nouveau, coulissa le long de sa hampe en un mouvement de plus en plus rapide. La respiration du roi devint de plus en plus désordonnée. Des râles de plaisir s'élevaient dans la pièce. Des sons qu'elles n'avaient jamais entendus et elle en était la cause.
Bientôt elle le sentit trembler, ses jambes se raidirent il s'arque bouta bloquant sa respiration…
Affolée, Olana n'en ralentit pas moins ses gestes. Surtout ne pas interrompre les caresses lui avait conseillé son amie. Elle devait aller au bout…au bout de son assaut avait plaisanté Chaperon, et bonne élève, elle appliqua, à la lettre, les recommandations de cette femme surdouée.
Un violent sursaut le secoua, son regard se troubla tandis que l'orgasme se frayait, en son corps, un chemin. Accompagné d'un splendide râle, le monarque jouit, ne laissant planer aucun doute quant au plaisir qu'il ressentait. Sa semence jaillit avec force et elle prit un soin tout particulier à recueillir ce précieux nectar qu'elle conserva à l'intérieur de sa bouche…
Lorsque son plaisir cessa, il tremblait encore.
Elle se releva, s'empara du verre rempli de vin et en but une gorgée. Mêlée aux tanins du vin, la semence du roi en fit un nectar divin qu'elle avala d'un trait en offrant un regard triomphant à son amant.
Soudain, se sentant dépossédée de ses forces, elle laissa choir le verre vide sur le matelas laissant monter en elle une vague d'émotion submergeant son cœur et son âme.
Silencieuse, elle demeura immobile. Le prisme où était emprisonnée la mèche de cheveu du roi, brillait au bout de sa chaîne en or, calé entre les seins d'Olana, au plus près de son cœur. Thranduil effleura ces douces rondeurs avant de se saisir du bijou, celui qu'il avait conservé depuis plus d'un millénaire. En ce jour, il trouvait une place de choix, là où nul autre que lui n'y aurait jamais accès.
Un long moment s'écoula durant lequel elle rassembla ses dernières forces avant de s'exprimer haut et clair :
Olana : Voici ce que j'avais à vous offrir aran nin. Mon impudeur vous aura choqué…si tel était le cas, tant pis, mais je ne regrette rien. Je vous aime Thranduil, au-delà de mes rêves...
La passion se lut dans les yeux du roi. Cela ne faisait aucun doute quand il la prit dans ses bras cueillant les perles translucides roulant sur ses joues.
Ensembles, ils basculèrent sur la couche. Allongée sur le torse du souverain, ses paupières se baissèrent accompagnées d'un gémissement. Ce doux son mis le roi en émoi.
Son étreinte manqua la priver d'air :
Thranduil : Mon ange, vous venez d'obtenir ma capitulation. Vous avez osé ! Vous êtes mienne à présent comme je suis vôtre. Vous m'avez bu elen nin.
Olana : Oui, Majesté, je vous ai en moi…
Une joie, presque enfantine transfigurait ses traits. Ses chaînes s'étaient enfin rompues. Le souvenir d'une éducation rigide, tronquée, faite d'interdits, d'obligations, de soumissions…tout était oublié.
Allongés sur le flanc, se faisant face, Thranduil, que la témérité de son amante rendait fier, ne cessait de la couver du regard. Dans ses yeux se reflétait l'âme de son ange, cette âme autrefois tant meurtrie qui, aujourd'hui s'ouvrait à la vie. Elle avait besoin de lui, comme elle lui était devenue indispensable.
Et tandis que ses doigts replaçaient une mèche des longs cheveux d'Olana, ses lèvres remuèrent sensiblement formant deux mots silencieux lye melane. (Je vous aime)
Le monde extérieur pouvait bien s'écrouler, rien n'avait plus d'importance pour les deux amants. L'instant était d'une telle intensité…
Emplie de joie, Olana continuait à cajoler Thranduil avec une tendresse empreinte de respect. Elle n'avait qu'une seule envie, lui faire plaisir et lui montrer combien elle l'aimait. Pouvait-on quantifier pareil amour ?
Inclinant sa tête, le roi donna un petit coup de langue sur le bout de son nez. Cela la fit rire, et le roi fondit comme neige au soleil. Ce rire valait à lui seul toutes les fois où ils s'étaient unis. Il devenait rare ces derniers temps, aussi le cueilli-t-il comme la première rose éclose dans le jardin de leur amour, celui qu'ils cultiveraient ensemble, dans le partage et le respect.
Enlacés dans les bras l'un de l'autre, chacun y avait trouvé sa place, tout comme le silence venu saluer cette passion incandescente. Elle ne le rompit que pour satisfaire une bien légitime curiosité de femme :
Olana : Thranduil ? C'était…la première fois pour moi…Vous ai-je…contenté comme cela devait être le cas ? Enfin, je veux dire…
Thranduil : Mon ange…A votre avis ?
Un sourire coquin illumina ses traits. Cela fit rosir Olana. Devant ce trouble, il rit en lui mordillant la lèvre inférieure :
Thranduil : Vous êtes si déroutante petit ange. Vous prenez le pouvoir, puis vous vous abandonnez avec tant de grâce dans le creux de mon épaule en vous couvrant de magnifiques couleurs…Faire trembler un monarque est un fait d'importance Olana. C'est un triomphe !
A son tour, elle sourit. Qu'il était bon de sentir forte :
Olana : Mon roi, je souhaiterais…
Thranduil : Oui ? Parlez-moi…
Olana : Je veux que vous me fassiez l'amour.
Son regard s'assombrit :
Olana : Différemment, je ne veux pas de douceur…possédez-moi Sire !
L'ellon la fixa intensément. Une lueur sauvage brillait dans son regard. S'il n'était en pleine possession de ses moyens, il aurait pensé rêver. Une caresse furtive sur sa joue la fit trembler :
Thranduil : Pîn mael nin ninui… (Mon petit plaisir mouillé)…
Sans attendre, il se positionna sur elle et d'un geste autoritaire écarta ses jambes de son genou. Ses biceps contractés se calèrent de chaque côté de ses épaules, le froissement des draps ajoutant à la volupté du moment. Son amant se préparait à une joute affolante, elle le sentait, il n'y avait qu'à lire la détermination du roi dans ses yeux assombris.
Ses longs cheveux blonds, tombaient avec grâce de chaque côté de ses traits. Elle fixa son visage à la beauté austère, tout en lui n'était que pur désir, elle le sentait, il s'était dominé jusque là, mais ce qu'il était prêt à lui offrir serait sans aucune limite.
Sa mâchoire se contracta, ses iris foncé devenait pratiquement noirs, le point de non retour était atteint.
Ses lèvres frôlèrent son oreille. Il y glissa une affolante prophétie :
Thranduil : (soupirant et murmurant) Vos cris seront ma récompense mon âme !
Un flot de désir la submergea et sitôt les mots prononcés, il écrasa ses lèvres avec violence sur sa bouche encore tremblante lui faisant pousser un gémissement rauque. Avec une impatience exacerbé, il retroussa sa robe, baissa son dessous et entra en elle avec une douceur teinté d'un troublant érotisme.
Sans se déposséder de ses lèvres, il la délivra de son membre créant l'illusion d'une suite toute aussi douce, or il n'en fut rien.
Alors que son prénom franchissait la barrière des lèvres royales, il la pénétra d'une poussée si vigoureuse qu'elle lui arracha un cri étouffé par son baiser. Ce fut si brutal, qu'une larme coula de ses yeux, jamais elle ne s'était sentit aussi possédé, aussi investit…
Ne lui accordant aucun répit, il pressait son bassin contre le sien lui faisant clairement comprendre qu'elle était à lui. Chaque parcelle de son corps devenait sien.
Sa bouche ne lui appartenait plus, il l'avait pris en otage ne cessant de caresser, titiller sa langue…elle crut devenir folle.
Lorsqu'il lui rendit enfin sa bouche, ce ne fut que pour mieux la laisser gémir et soupirer à son aise. Tout à sa volonté de lui offrir ce qu'elle souhaitait, il contracta ses abdominaux et commença à aller et venir à un rythme soutenu.
C'en fut trop pour la jeune femme submergé par les sensations. Des cris remplacèrent les gémissements, alors qu'elle l'agrippait sauvagement, griffant son dos, sa tête se balançant de droite à gauche.
Une lueur de triomphe au fond des yeux, il se délectait de la voir s'abîmer dans une souffrance dont il était l'auteur. Son ardeur s'intensifia. Il la plaqua contre le matelas à chaque coup de boutoir puissant qu'il s'évertuait à lui offrir sans relâche.
Son visage plongea contre le cou d'Olana, continuant ses poussées offensives alors qu'il lui parlait de sa voix troublante :
Thranduil : C'est bien mon ange…laissez-vous aller, lâchez prise…lâchez prise…
Il n'en fallut guère plus pour la faire jouir. Son plaisir éclata comme un coup de semonce. Un long cri rauque sortit de sa gorge, il semblait ne jamais vouloir cesser…La force de cette jouissance lui arracha un sanglot.
Le roi se perdit dans ce cri et d'un dernier coup de boutoir se répandit en elle l'accompagnant dans sa jouissance.
En nage, les deux amants n'en finissaient plus d'haleter, leurs corps brûlants se consumaient d'un amour violent, l'indécence du moment était troublante.
Pour la première fois, Olana se sentit femme dans le plus beau sens du terme. Naître du désir de l'autre…une belle entrée dans la vie ! Thranduil sentit la métamorphose de la jeune femme, la contemplant sans cesse, il la savait désormais sienne.
A regret il quitta sa couche et s'en fut quelques instants dans la salle d'eau où Olana l'entendit se faire ses ablutions. C'était un fait avéré, les elfes après l'amour aimaient se toiletter afin de ne point indisposer leur partenaire. La jeune femme se prit à penser que bons nombres d'hommes mal dégrossis devraient s'en inspirer.
Il revint avec un linge sur le bras et une bassine de porcelaine blanche sur laquelle figuraient de délicats dessins d'oiseaux. Là, avec toute l'attention requise de la part d'un elfe amoureux, ce qui signifiait plus que ce que le commun des mortels ne pourrait sans doute jamais comprendre, le roi entreprit consciencieusement d'ôter sur ce corps délicat, toute trace de son précieux fluide.
Olana l'observait en pensant que la sensibilité n'était pas, comme au regard des mâles de son monde une affaire de sensiblerie, mais bien d'amour et d'intelligence. Elle se laissa donc faire, alanguie, heureuse, souriante. Le roi lui renvoyait son sourire et continuait ses gestes doux sans jamais se laisser distraire. Lorsque ce fut terminé, il se leva tout aussi aisément et s'attela à ramener le linge et la bassine dans la salle d'eau.
Consciencieux, et ordonné. La perfection !
A nouveau, Thranduil réintégra la couche royale, prenant soin de la tenir au plus près de son cœur :
Thranduil : Dormez maintenant mon ange. Je veille sur vous.
Olana : Sire ?
Thranduil : Oui Olana ?
Olana : Je vous suivrai à la bataille…je ne peux et ne désire vous abandonner.
Thranduil : Il est, pour habitude, ordonné aux Dames de la Cour de demeurer à l'abri…
Olana : Je ne suis pas une Dame de votre Cour, mais votre fiancée, et je suis également une humaine très têtue. Il faudra vous y faire aran nin, je serai à vos côtés quoiqu'il puisse se passer.
Thranduil : Il semblerait que le roi soit à court d'argument !
Olana : C'est un fait avéré Majesté.
Thranduil : Vous êtes l'un de mes plus beaux sujets et l'un des plus particuliers également, mais j'en conviens, votre caractère s'affirme de jour en jour…Sans doute serait-il épineux de vous contredire ?
Olana : Parfaitement mon roi. Dans mon monde, les femmes ont souvent le dernier mot…
Thranduil : Me serais-je laissé prendre au piège ?
Olana : Il me fallait livrer une dernière bataille afin de faire plier l'ennemi Majesté. Pour cela, il nous fallait être deux, et vous m'avez fait cet honneur !
Thranduil : L'honneur pour mon plaisir. Vous m'avez assailli mon cœur, nous avons vaincu à l'unisson.
Olana : A l'unisson mon roi !
Si toutes les guerres se pratiquaient avec de telles armes, pensa Olana, sans doute seraient-elles pourvues de triomphes bien plus méritants.
Ensemble, les deux amants venaient de rendre les armes et s'abîmaient dans un sommeil réparateur.
Les préparatifs allaient bon train dans les cavernes de Mirkwood. Charriots de nourritures pour les réfugiés d'Esgaroth, armes, conditionnement des armures elfiques…
Il ne se trouvait pas un seul ellon inactif.
Mic Mac, toujours au plus près des événements, surveillait les allées et venues des soldats. Une chose attira plus particulièrement l'attention du petit lutin véreux…les armures.
Dorées, elles semblaient constituées d'or. Pour un être aussi cupide, c'était trop tentant. Après avoir lancé un coup d'œil à gauche et à droite, le microbe sortit de sa cachette et effleura le métal précieux. Ses yeux, agrandit roulaient dans ses orbites et mille et unes idées fleurissaient en même temps ce qui, reconnaissons le, n'était pas commun chez lui.
Ceci dit, cet or était définitivement trop tentant. Une voix fit taire ses rêves :
Alachnÿ : Qu'espères-tu à baver comme une limace devant cette armure sale petite punaise ?
Mic Mac : Pourquoi qu'tu m'fait toujours sursauter l'magicien ?
Alachnÿ : Parce que j'aime cela ! En voilà une question merdassique !
Mic Mac : Quèque c'est qu'ce mot ?
Alachnÿ : L'un de ma composition et j'en éprouve une vive fierté !
Mic Mac : C'est débile comme mot.
Alachnÿ : Ce qui va être débile, c'est le sort dont je vais t'affubler petit chancre.
Mic Mac : T'as pas besoin d'dire toujours petit…on le sait qu'je suis qu'une demi portion !
Alachnÿ : Souligner ta petitesse me ravit à chaque fois. Bien, au lieu de déranger ce qui te sert de cervelle, à entrevoir moult solutions pour te remplir les poches d'or, tu ferais bien mieux de donner un coup de main.
Mic Mac : Des clous ! J'bosse pas gratos moi. Quèque tu m'promets ?
Alachnÿ : Eh bien voyons….le choix est vaste. Un coup de pied au cul, une chtouille, une bonne chiasse…Je continue ?
Mic Mac : Vouais, bon, çà va ! Dis, y paraît qu'là bas, sous la montagne, le dragon chiait de l'or comme les elfes des fleurs ! C'est vrai ?
Le magicien se mit à rire de bon cœur, ce qui attira l'attention de Prince Charmant et de quelques elfes présents :
Prince Charmant : Et bien mes amis, il semblerait que vous vous entendiez comme larrons en foire ?
Les deux protagonistes se lancèrent un regard qui en disait long :
Alachnÿ : Jamais à court de conneries Prince. J'envie la vôtre ! Le ver de terre, ici présent, me faisait part de la prédisposition du dragon à, chier de l'or. Qu'en dites-vous mon ami ?
Prince commença par glousser, ce qui était la moindre des choses chez ce freluquet avant de baisser le ton de sa voix :
Prince Charmant : Que nenni, il ne le chiait pas, mais le couvait simplement.
Alachnÿ : Prince, il n'y a pas à palabrer, cette précision me paraissait essentielle. Voyez-vous, j'avais un sérieux doute jusqu'à présent…et soudain tout s'éclaire. Je ne suis pas certain qu'il en soit de même pour vous. Bon, que savez-vous exactement de toute cette affaire ?
Prince Charmant : J'ai ouïe dire, au péril de ma vie, je tenais à le préciser…
Alachnÿ : Mais bien sûr, ne vous inquiétez pas je rajoute ce crédit à celui que vous trimballez comme un boulet. Parvenez-vous toujours à vous déplacer mon brave ?
Prince Charmant : Plaît-il ?
Alachnÿ : Non, rien, laissez tomber. Alors vous disiez ?
Prince Charmant : Et bien cette montagne renferme un trésor mirifique et, au dire de certains, ce farouche dragon pouvait entièrement se dissimuler sous son tas…
Alachnÿ : Merdasse ! Il y a certainement un petit quelques chose à tenter ne pensez-vous pas ?
Mic Mac : Attendez, vous oubliez les nabos !
Prince Charmant : Quoi ?
Mic Mac : Une bande de nains pouilleux qui ne s'laisseront pas voler le moindre quart de rondelle de piécette ! Ces bouseux ! Comment qu'on pourrait les déloger ces péquenauds ?
Prince Charmant : Allons bon ! Ce ne sont que des nains. Une moitié de nous même…pensez donc !
Alachnÿ : Prince, comment vous dire…le feriez-vous exprès où avez-vous une prédisposition pour une certaine connerie ? Je me pose souvent la question sans toutefois pourvoir y apporter le moindre élément de réponse, et pourtant, force est de constater que je me démène les neurones !
Prince Charmant : Oh ! C'est trop fort !
Alachnÿ : Rassurez-vous, le fait de savoir vous servir à la perfection de cette baguette, trainant entre vos cuisses, contrebalance ce déficit de matière grise. Vous êtes tout excusé mon ami. Bon, ceci dit, il serait bon que je réfléchisse au moyen de rapporter un petit souvenir de ce fabuleux voyage à la mords-moi le nœud !
Prince Charmant se remit à couiner, preuve s'il fallait le préciser, que les quelques neurones faisant leurs offices, avaient bien enregistré l'information :
Prince Charmant : Je note que mes capacités à forniquer à la perfection ne sont pas restés lettres mortes.
Alachnÿ : Oh, çà non mon ami. Ceci dit, prenez garde de ne point essaimer vos précieux combattants dans quelques ventres elfiques, cela nous mettrait en fort mauvaise posture.
Mic Mac : Vouai, va pas tremper ton biscuit dans ces jolis pots d'miel.
Prince Charmant : Je me le tiendrais pour dit !
Alachnÿ : Enfin une bonne parole ! Tout espoir n'est pas vain.
Nimïel parfaitement vêtu à la mode elfique, pantalon vert sombre, chemise de la même teinte et tunique marron s'avançait dans leur direction :
Alachnÿ : Attention mon ami, j'ai failli vous marcher dessus tant vous vous fondez dans le décor. C'est hallucinant !
Nimïel : C'est une faculté héréditaire chez moi… ainsi l'observation, n'en est que plus aisé.
Alachnÿ : Mais je suis entourée de pointures mirifiques ! Incroyable, fallait-il que j'embarquasse dans cette aventure incroyable pour vivre de tels moments ! J'aurai bien levé une chopine de bière en cet honneur ! Eh bien, pour votre gouverne, voici une colle à laquelle j'aimerai assez vous voir trouver une solution. Il s'agit d'or et plus particulièrement de celui s'étant trouvé un temps sous le cul d'un dragon. Allez Mic Mac, brosse-lui le tableau que ses facultés s'emplissent de ton savoir…Ceci dit, une précision s'impose, ce roi nain parait aussi récalcitrant qu'un armée de morpions affamés à lui tout seul !
Et le lutin prit un énorme plaisir à lui raconter ce qu'il avait entendu çà et là :
Nimïel : Hum ! Voici des faits qui, selon toute vraisemblance, m'ont interpellé. Autant dire qu'ils ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd. Tout au plus me suffira-t-il de quelques nuits, pour trouver un moyen de me mirer dans ces jolies piécettes dorées. Aussi, me ferai-je fort de raisonner ce nain récalcitrant pendant une durée indéterminée avec une telle pugnacité, qu'il se pourrait fort bien qu'à la fin il ne sache même plus la raison pour laquelle je lui rendais visite. Je serai alors dans la place mes amis, et n'aurai plus qu'à dérouler le tapis rouge devant son palais !
Alachnÿ : Ah, je dois avouer, que présenter ainsi, la tâche parait tout de suite plus noble. D'un vulgaire vol de babouinage, nous en venons à un crime de lèse Majesté !
Les trois compères se mirent à rire à l'exception du lutin qui n'avait, bien entendu, rien compris au jeu de mot, mais peu lui importait. A la seule évocation de revenir avec un tas d'or…cela le ravissait.
Sa Majesté fut la dernière personne à se montrer. Dans son armure rutilante, le roi avait fière allure. Son haubert* constitué de mithril* offrait une protection particulièrement efficace au souverain. En plus d'être infaillible, l'ensemble des pièces était agrémenté de gravure. Des motifs elfiques aux entrelacs complexes, comportant une signification tout à fait particulière. En plus des insignes de la maison royale de son père Oropher, était ajouté des représentations des deux lampes de Valinor.
Dès qu'elle le vit, son regard se porta sur les gravures et une fois de plus, elle ne comprit pas le pourquoi d'un tel intérêt pour ces représentations. Cela devait vouloir signifier quelque chose d'important…le tout était de comprendre…
Olana prit la parole sous le regard bienveillant du Seigneur Cirdan pour qui, aller au combat, n'était pas un vain mot. Des guerres, cet ellon en avait connues un grand nombre.
Souvent cruelles, toujours indispensables, le plus sage des elfes se devait d'emplir de sagesse le fils d'Oropher, ce grand roi mort sur le champ de bataille de Dagorlad où les cris de souffrance hantait encore les marais recouvrant les morts.
Il se tint en retrait comprenant les doutes de la jeune femme tout comme son désir de les partager avec le monarque. Sa voix se fervente :
Olana : Consentez à mon désir de poser, sur votre poitrine couverte d'or, ma joue. Je veux entendre frapper votre cœur pour lequel ma vie vous est acquise. Saurez-vous, pour moi, faire taire ces rancœurs qui vous consument ?
Thranduil : Posez…posez ore nin (mon cœur), qu'il ne s'enivre que du bonheur de vous savoir mienne, quant à mes rancœurs, elles ne demeurent qu'avec la légitime intention de rétablir une justice dont l'on m'a privée autrefois.
Olana : Seigneur Cirdan, comment pourrais-je, par ma seule volonté, freiner cette ardeur meurtrière ?
Le Seigneur elfe prit la main d'Olana dans la sienne. Ses caractéristiques humaines faisait de cette jeune femme un être si fragile…Le mal sévissant sur cette Terre du Milieu ne lui resterait pas longtemps étranger il le craignait :
Cirdan : Le sentiment de puissance est comme une armure solide. Compagne fidèle et rassurante au milieu des dangers incertains. Contre l'ennemi de demain, Sa Majesté saura vaincre de par sa seule volonté Gente Dame.
Olana : Je ne possède point de cuirasse pour un art qui m'est étranger, pourtant je sens craquer celle de mon âme et ne puis envisager votre perte Majesté. Ma vie sans la vôtre à mes côtés en serait qu'amputée. Accordez-moi la grâce de me tenir à vos côtés.
Thranduil : Votre place n'est pas sur un champ de bataille elen nin.
Olana : Quel chemin devrais-je prendre si le vôtre trouve sa fin ?
Thranduil : Cela n'en sera jamais le cas.
Immobile depuis un moment, le Seigneur Cirdan vint se placer face à la jeune femme. Il y avait tant à nommer, et si peu de mots pour le dire. Une citation trouva en cet instant sa juste place :
Cirdan : Dame Olana, c'est en s'écartant du chemin que le chemin apparaît. Sa Majesté Thranduil saura trouver celui vers lequel sa destinée s'acharne à le pousser.
L'archange Gabriel se tenait légèrement en retrait. Trop longtemps les hommes avaient abusé de ce droit à tuer au nom de guerres dont la légitimité ne trouvait aucune grâce à ses yeux. Trop souvent, le nombre de morts ne justifiait en rien un tel désir de nuire à son ennemi. Il fallait y mettre fin. Sur cette terre comme dans le monde d'Olana, le sang versé n'aurait toujours qu'une même couleur, rouge comme la fureur, rouge comme la passion, rouge comme un soleil se mourant aux portes de la nuit.
Que la charge serait lourde encore une fois…
Lui aussi portait ce fardeau depuis la création du monde, ce comprenant pas cette folie de verser volontairement cette précieuse couleur quant les femmes, de toutes conditions, souffraient en silence de répandre le leur avec la seule intention d'offrir la vie…
Là encore, ses paroles apposèrent sur les peurs d'Olana, le baume réparateur dont lui seul avait la primeur :
Gabriel : Mon petit séraphin, Sa Parole est source d'espoir et d'apaisement. Emplissez de vos prières votre âme torturée. IL les entendra, IL vous entend toujours ! Deus caritas est ! (Dieu est Amour !)
Apaisée, la fiancée du roi prit place sur Haran, dont un harnachement d'apparat couvrait son dos. Les gravures sur le cuir de la selle étaient incrustées d'argent ce qui en accentuait la finesse. Les lanières en cuir souples avaient été tressées et reliées au mors, lui aussi en métal précieux. Sa longue crinière, soulevée par la brise le rendait majestueux.
Personne d'autre que la jeune femme ne pouvait s'approcher de l'animal afin de le seller. Le palefrenier admirait cette bête magnifique et de nombreux elfes avaient défilés dans les écuries pour rendre un hommage particulier à ce destrier de légende.
De le savoir offert à Olana, attisait la jalousie de Tauriel qui dû chevaucher derrière le couple.
La longue colonne d'elfes, de charriots chargés en victuailles et de cavaliers prit la route de Dale. Les étendards portaient fièrement les couleurs royales tandis qu'un soleil déjà chaud naissait sur l'horizon.
La traversée de la forêt de Mirkwood se fit dans le calme. Un silence lourd accueillait le départ du roi pour une prochaine guerre.
Au pied d'une montagne se jouerait son destin…
Mithril: Le mithril (« éclat gris » en sindarin), également appelé « vrai-argent » ou « argent de la Moria », est un métal fictif de la Terre du Milieu dans l'œuvre de l'auteur.
Haubert : Longue cotte de mailles des hommes d'armes.
