Bonjour
Voici enfin un nouveau chapitre. Je suis de retour. Il est corrigé par Elissa donc merci à elle.
Pour info, j'ai déjà commencé une nouvelle histoire. L'univers sera différent. Castiel sera un ange. Les anges ont pris le contrôle de la Terre et asservi les humains. Mais Castiel veut résister. Quand à Dean, il est l'esclave de Lucifer avec Sam. Castiel pourra t-il le sauver ?
Merci pour vos messages et votre fidélité.
Bonne lecture et à lundi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Unknown to you de Jacob Banks
Chapitre 34 : Nouveau départ
« Toute histoire a une fin, mais dans la vie, chaque fin annonce un nouveau départ. »
Christian Bobin
Castiel n'avait revu Dean qu'en coup de vent après leur discussion. Ils s'étaient croisés au bureau, mais n'avaient pas parlé ensemble. Ils n'avaient plus de dossier en commun et pouvaient parfaitement coexister au sein du cabinet sans avoir à se parler. C'était même sans doute mieux ainsi. Castiel n'aurait pas su quoi dire à son patron et il doutait que Dean ait quoi que ce soit à lui avouer pour le moment. Ils se saluaient, bien sûr. Échangeaient des sourires quand ils se voyaient, mais il était évident que quelque chose avait changé entre eux. Ils n'étaient plus aussi complices. Plus aussi proches. Castiel continuait d'aimer Dean. Cela ne changerait probablement pas d'aussi tôt, mais la distance lui était bénéfique tout autant qu'elle était douloureuse. Cela lui permettait de se concentrer sur son travail et de passer du temps avec Meg. Cela l'aidait également à avoir les idées claires et à se rassurer sur le fait qu'il avait pris la bonne décision en se montrant honnête avec Dean.
Meg avait été là pour lui dès son retour. Leur dispute était oubliée et la distance entre eux n'existait plus. Castiel avait bien trop besoin d'elle pour continuer à lui en vouloir. Il ne pouvait clairement pas surmonter cette épreuve seul. Il avait besoin de sa meilleure amie pour l'aider à penser à autre chose. Pour l'écouter parler et pour le prendre dans ses bras quand les larmes étaient trop dures à retenir.
Dean lui manquait. Lui parler seul à seul, passer du temps avec lui, sentir sa peau sous ses doigts ou ses lèvres, le serrer contre lui et lui faire l'amour lui manquaient cruellement, mais il savait qu'il avait fait le bon choix. Il ne lui restait plus qu'à attendre de voir ce que Dean jugerait bon de faire maintenant.
Les jours se suivaient et se ressemblaient pour Castiel. Il se rendait au cabinet, évitait soigneusement Dean, discutait avec Gabriel de tout et de rien et travaillait sur tous les dossiers qu'on lui confiait. Il rentrait ensuite le soir et passait du temps avec Meg. Il partait ensuite se coucher en priant pour ne pas rêver de Dean. Pour ne pas se réveiller en plein milieu de la nuit avec une folle envie de l'appeler et le visage baigné de larmes.
Il lui arrivait parfois de se surprendre à écrire un message à son patron juste pour partager quelque chose qu'il avait lu, entendu ou juste trouvé amusant. Il parvenait heureusement à se stopper à chaque fois. Il était presque sûr qu'un simple message n'aurait pas eu de conséquences désastreuses, mais il était également convaincu que cela en entraînerait d'autres et finirait par le pousser à téléphoner ou à aller voir son patron. Il ne devait surtout pas céder. Il devait garder ses distances et laisser à Dean l'espace nécessaire pour pouvoir prendre sa décision le plus sereinement possible.
Il était presque sûr que ses amis avaient réalisé que quelque chose clochait chez lui. Kevin, Charlie et Gabriel tentaient tous de le pousser à sortir avec eux pour se changer les idées. Ils ne lui avaient pas dit clairement. Ils déguisaient leurs propositions pour lui donner l'impression qu'ils avaient juste envie de passer du temps avec lui, mais Castiel voyait clair dans leur jeu. S'il refusait à chaque fois, il leur en était tout de même reconnaissant. Il aimait l'idée qu'ils aient envie de l'aider, mais qu'ils respectaient tous également son silence et ses secrets.
Sam, lui aussi, semblait avoir réalisé que les choses n'allaient pas bien entre Dean et lui. Lui non plus n'avait pas choisi de lui en parler clairement, mais il faisait ce qu'il pouvait pour le distraire. Il lui avait donné plusieurs dossiers simples sur lesquels travailler pour penser à autre chose. Il lui avait également fait savoir qu'il était là s'il rencontrait le moindre problème. Castiel savait qu'il n'entendait pas par là un quelconque problème sur les dossiers confiés. Le jeune avocat n'était pas allé le voir, mais savoir qu'il pouvait aller lui parler suffisait à le faire se sentir soutenu et apprécié. C'était déjà beaucoup.
Plus le temps passait et plus il était convaincu que Dean ne choisirait jamais de leur donner une chance. Il savait bien que ce n'était pas une décision facile à prendre. Il savait que son patron avait besoin de temps, mais il n'avait jamais imaginé que cela serait aussi long. L'attente commençait à lui faire craindre le pire. Il aurait aimé s'y préparer. Il voulait commencer à se faire à l'idée pour que cela soit un peu moins compliqué quand il serait confronté à la réponse de Dean, mais l'espoir continuait de vivre en lui. Il continuait à s'y accrocher inconsciemment. Il se détestait pour ça, mais c'était plus fort que lui.
Meg avait fait en sorte d'arranger ses horaires pour être là le plus souvent possible à son retour du cabinet. Les soirs où elle ne pouvait pas intervertir ses gardes, Castiel restait seul sur le canapé à compter les secondes et à regarder son téléphone dans l'espoir qu'il sonne. Il finissait le plus souvent par s'endormir dans le salon. Meg le réveillait à son retour avant de le conduire au lit. Elle passait certaines nuits à ses côtés pour qu'il ne soit pas seul. Castiel lui en était reconnaissant. Il savait qu'il avait de la chance de l'avoir. Sans elle, il n'aurait jamais réussi à tenir le coup.
Deux semaines après sa conversation avec Dean, Castiel commença à se demander s'il obtiendrait une réponse un jour. Son patron ne pouvait pas ne pas avoir encore pris sa décision. Il avait peut-être fini par décider que la question du jeune avocat ne méritait pas qu'il perde du temps à réfléchir. Il avait peut-être décidé de laisser pourrir la situation jusqu'à ce que Castiel finisse par comprendre de lui-même qu'il n'y aurait jamais plus rien entre eux.
Cela ne lui ressemblait pas, mais Castiel ne voyait aucune autre explication à son silence prolongé. Il était assis sur le canapé dans le salon, Meg à côté de lui et une émission stupide à la télévision. Il la regardait sans la voir, une nouvelle fois perdu dans ses pensées.
Il entendit à peine le coup frappé contre la porte et, s'il avait été seul, il ne se serait probablement pas levé pour aller voir de qui il s'agissait. Il serait resté assis sur le canapé à attendre que le temps passe et qu'il soit suffisamment fatigué pour aller se coucher.
Heureusement pour lui et la personne derrière la porte, Meg était là aussi. Elle grimaça en entendant les coups contre la porte, mais finit par se lever en soupirant. Castiel la regarda rejoindre l'entrée du coin de l'œil. Il ne voyait pas qui pouvait les déranger à cette heure-ci et, à vrai dire, il s'en fichait pas mal. Il reporta son attention sur la télévision alors que sa meilleure amie ouvrait la porte.
- Qu'est-ce que vous faites là? l'entendit-il demander froidement.
Castiel ne voyait pas qui pouvait mettre Meg dans un tel état de colère simplement en venant frapper chez eux. Il n'avait pas envie de regarder, mais il était tout de même curieux. Il finit donc par tourner la tête. Son cœur manqua un battement quand il reconnut Dean face à sa meilleure amie. Il ne portait pas de costume, mais un jean et une chemise dont les premiers boutons étaient ouverts. Il semblait mal à l'aise face à Meg. Il devait se douter qu'elle n'avait pas envie de le voir.
- Je suis venu voir Castiel.
- Il n'a pas envie de vous parler, jeta Meg.
Castiel appréciait que son amie cherche à le protéger, mais elle ne pouvait pas prendre cette décision à sa place. Il n'était effectivement pas vraiment sûr d'avoir envie de parler avec Dean, mais il savait également qu'il ne pouvait pas éviter cette discussion éternellement. Il se leva finalement du canapé et s'approcha de l'entrée à son tour. Dean le vit aussitôt et lui adressa un petit sourire. Meg lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.
- Clarence, il est tard et je ne pense pas que tu devrais… commença-t-elle.
- Je me fiche de l'heure. On doit parler.
Il avait attendu ce moment et l'avait également redouté depuis sa dernière conversation avec Dean. Il n'avait pas la moindre idée de ce que son patron était venu lui annoncer, mais il était tout de même déterminé à l'écouter. Il était grand temps de mettre fin au suspense.
- Je suis désolé de venir aussi tard, mais ça ne pouvait pas attendre. Je sais que je t'ai déjà demandé beaucoup de patience et… j'ai pensé que tu voudrais que cela cesse, expliqua Dean.
Castiel hocha la tête. C'était effectivement le cas. Il s'approcha un peu plus jusqu'à être postée à côté de Meg. Elle ne semblait toujours pas prête à laisser entrer Dean. Ce qui était à la fois touchant et ridicule. Castiel était aussi chez lui et il avait parfaitement le droit de recevoir qui il voulait.
- Je ne vous aime pas et je ne suis pas naïve. Je peux vous promettre que je suis capable de tout quand il s'agit de protéger Castiel, jeta Meg en dévisageant Dean.
Ce dernier hocha la tête. Il ne semblait pas réellement impressionné, mais il était évident qu'il n'était pas à l'aise non plus. Être ainsi agressé verbalement par la meilleure amie de Castiel n'était sans doute pas ce qu'il avait imaginé en décidant de venir. Il aurait toutefois dû y penser.
- Je ne vous connais peut-être pas, mais Castiel m'a beaucoup parlé de vous et je sais parfaitement ce à quoi je m'expose. Par contre, je peux vous garantir que je suis venu lui parler. Ce ne sera pas long.
- Meg, je pense que tu devrais nous laisser seuls, ajouta Castiel.
Il savait que sa meilleure amie allait protester. Elle n'avait pas envie de le faire. Elle voulait rester à les écouter pour intervenir si elle le jugeait nécessaire, mais cette conversation ne la concernait pas. Dean ne parlerait pas devant elle et Castiel voulait être seul avec lui pour l'écouter. Il raconterait ensuite tout à Meg, bien sûr. Il risquait d'avoir besoin d'elle si ses craintes étaient vérifiées.
- Je ne vais certainement pas vous laisser seuls. Je suis chez moi et si je veux rester, je resterais.
Castiel l'attrapa par le bras pour l'écarter de l'encadrement de la porte. Elle le laissa faire sans résister. Dean en profita pour entrer et refermer la porte derrière lui. Castiel se tourna ensuite vers Meg.
- Je suis adulte et parfaitement capable de prendre ce genre de décision seul. Tu n'as qu'à aller dans ta chambre jusqu'à ce qu'on est terminé. Je ne te demande pas grand-chose… j'ai juste besoin d'être seul avec lui. S'il te plaît.
Meg soupira longuement en le regardant droit dans les yeux. Elle était le plus souvent incapable de lui résister quand il la suppliait. Elle finissait toujours par céder; Castiel le savait. Il garda donc son regard rivé sur elle jusqu'à ce qu'elle finisse par hocher la tête.
- Si j'entends quoi que ce soit qui me déplaît ou si cela dure trop longtemps, je reviendrais et je le mettrais dehors personnellement.
- Je te laisserais faire, assura Castiel.
Meg acquiesça alors à nouveau avant de s'éloigner. Le jeune avocat attendit de l'entendre fermer sa porte avant de reporter son attention sur Dean. Il semblait toujours aussi mal à l'aise. Ce n'était donc pas uniquement la présence de Meg qui l'avait mis dans cet état, mais également le fait de se retrouver face à Castiel après tous ces jours à s'éviter. Le jeune avocat lui fit signe de le suivre dans le salon et de s'asseoir sur le canapé. Dean s'exécuta puis leva les yeux dans sa direction.
- Je te proposerais bien quelque chose à boire, mais je ne crois pas qu'on ait quoi que ce soit d'autre que de l'eau du robinet et… quelque chose me dit que tu n'es pas passé juste pour partager un moment avec moi alors… je t'écoute.
- Tu ne vas pas t'asseoir? demanda Dean en fronçant les sourcils.
Castiel n'avait pas vraiment envie de se retrouver seul sur le canapé avec Dean. Il secoua donc la tête et resta debout entre son patron et la télévision.
- Je… je suis venu te dire en premier lieu que mon divorce est enfin officiel. J'ai fait jouer mes relations et obtenu que l'administration accélère un peu le processus. Je ne suis plus marié. C'est fini.
Castiel hocha la tête. C'était une bonne chose pour Dean, mais cela ne changeait pas grand-chose à leur problème. Ce n'était pas le fait qu'il soit toujours marié ou non qui mettait leur histoire en péril.
- Je suppose que c'est une bonne chose pour toi. Tu vas enfin pouvoir repartir de zéro comme tu le voulais tant.
- C'est… je crois que j'avais effectivement besoin que cela soit officiel pour réellement pouvoir passer à autre chose et réfléchir à tout ce que tu m'as dit l'autre jour.
Castiel ne voyait pas vraiment quoi répondre à tout ça. Il se contenta donc d'acquiescer pour signifier à Dean qu'il l'avait entendu. Ce dernier prit une grande inspiration avant de reprendre la parole.
- Tu m'as manqué ces deux dernières semaines. J'ai beaucoup pensé à toi et j'avais envie de t'appeler. J'avais envie de te parler. Je ne savais juste pas si tu… à vrai dire, je ne suis même pas sûr d'avoir réellement le droit d'être ici, chez toi, à une heure aussi tardive. Ton amie a peut-être raison. J'aurais dû attendre demain.
Castiel pouvait sentir que Dean cherchait à se défiler. Il était trop mal à l'aise pour parler et il cherchait une raison de partir. Il ne comptait pas le laisser faire. Maintenant qu'il était là, il devait lui dire ce qu'il avait décidé. Il n'avait pas le droit de fuir.
- Meg cherche juste à me protéger. Je lui ai tout dit et elle déteste l'idée de me voir souffrir, mais ça ne lui donnait pas le droit de te parler comme elle l'a fait. Je suis content que tu sois là. Tu m'as manqué aussi et… j'avais tout aussi envie que toi de t'appeler. J'ai voulu te laisser le temps de réfléchir, mais ça n'a pas été facile pour moi. Il est grand temps que ça se termine… quelle que soit ta décision.
Dean soupira alors. Il paraissait petit ainsi assis sur le canapé quand Castiel était debout. Il paraissait vulnérable. Le jeune avocat avait presque envie de le prendre dans ses bras pour le réconforter, mais cela n'arrangerait en rien leur situation. Il resta donc immobile.
- Tu avais raison, Cas. Je ne peux pas continuer à garder Matt dans ma vie quand il est évident que je n'ai pas l'intention de lui donner une seconde chance. Tout est terminé entre nous et… après ce qu'il m'a fait… ce qu'il t'a fait… il est grand temps que je coupe les ponts pour de bon. Le fait que ce divorce soit enfin officiel va m'aider.
Dean s'interrompit alors une seconde pour rassembler ses idées avant de reprendre la parole.
- Je crois que d'une certaine manière, je cherchais à me raccrocher à lui. Pas parce que je l'aime toujours. Je sais que ce n'est plus le cas depuis un moment maintenant et ce n'est pas juste envers lui… envers moi ou envers toi.
- Ce n'était pas ce que je te demandais, Dean. Je sais qu'il est difficile de tirer un trait sur une histoire qui a duré dix ans. Je n'ai jamais mis en doute le fait qu'il était compliqué pour toi de passer à autre chose. J'espère que tu n'as pas fait uniquement pour moi.
Dean secoua aussitôt la tête. Il semblait hésiter à se lever pour être enfin à la hauteur de Castiel. Il finit par renoncer et par rester assis, les coudes sur les genoux, la tête basse et le regard perdu quelques parts entre ses pieds.
- Non, je l'ai fait pour moi avant tout, mais c'est toi qui m'as aidé à le comprendre et je pensais que tu voudrais savoir. C'est… je te l'ai dit, ces derniers jours n'ont pas été simples pour moi. J'ai beaucoup tourné en rond dans mon appartement à tenter de réfléchir à tout ce que tu m'as dit et… j'ai même fini par en parler avec Sam.
Castiel fut surpris de l'apprendre. Cela expliquait peut-être le fait que le frère de Dean ait cherché à le distraire en lui confiant plus de travail. Il savait exactement ce qu'il était en train de vivre et il voulait aider à sa manière. Castiel se promit alors de le remercier le moment venu.
- J'ai fait les choses de travers depuis le début, je pense. Je n'ai pas géré la situation comme j'aurais dû le faire. J'ai cru qu'attendre que les choses se fassent d'elles-mêmes suffirait, mais il est évident que ce n'est pas le cas. Tu as eu raison de me pousser à reprendre la situation en main. Ça n'a pas été facile, mais c'était la seule chose à faire.
- Dean, j'apprécie que tu aies pris mes conseils au sérieux, mais on sait toi et moi que ce n'est pas ce que je veux t'entendre dire. Je suis content que tu aies parlé avec ton frère. Il est important que tu aies reçu le soutien de quelqu'un. Sam est souvent de bons conseils.
Dean acquiesça avant de relever la tête. Il regarda brièvement Castiel avant de poser son regard sur la télévision dans son dos. Le jeune avocat avait complètement oublié de l'éteindre. Il ne bougea toutefois pas pour le faire. Il continua à regarder Dean jusqu'à ce qu'il se décide à parler à nouveau.
- Sam m'a lui aussi dit que je ne pouvais pas continuer à ignorer le problème. Il m'a fait la leçon. Il semblait furieux que j'aie pu… en arriver là. Il était du même avis que toi. Il m'a encouragé à prendre une décision.
Castiel reconnaissait bien Sam dans ces propos. Il ne le connaissait peut-être pas vraiment et sans doute moins qu'il ne connaissait Dean, mais il était convaincu qu'il était raisonnable. Lucide et réfléchi. Il était objectif et le plus souvent un bon conseiller. Castiel était presque sûr qu'il était de son côté dans cette histoire. Il le lui avait plus ou moins clairement dit quand ils en avaient parlé en tête à tête.
- J'ai donc suivi vos conseils et commencé par faire le ménage dans ma vie avant d'envisager quoi que ce soit d'autre. C'est pour ça que j'ai fait accélérer la procédure de divorce. Je voulais que ce soit officiel pour ne plus avoir à m'en soucier. Mon mariage était fini depuis un moment maintenant, mais tant qu'il ne l'était pas aux yeux du monde entier, je continuais à me sentir… lié d'une certaine manière à Matt. Cela m'empêchait de réfléchir à ce que tu m'as dit et de prendre une décision définitive.
Castiel sentit alors son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Dean n'était pas uniquement venu pour lui parler de l'officialisation de son divorce. Il était également là pour lui donner sa décision. Il avait fait ce que Castiel lui avait demandé. Si cela lui avait effectivement pris énormément ce temps, ça n'avait plus vraiment d'importance. Pas du moment qu'il avait enfin fait ce que Castiel attendait de lui.
- Ça n'a pas été facile. Je ne me cherche pas d'excuses et je n'essaie pas de justifier la longue attente que tu as eu à supporter. Je veux juste te dire que j'ai pris mon temps parce que j'estimais que cela le méritait. Je refusais de prendre cette décision à la légère. J'avais besoin d'être sûr de moi. Parce que je sais que c'est ce que tu attends.
Castiel avait effectivement besoin d'être sûr que ce que Dean allait lui dire serait définitif. Il ne voulait pas que son patron puisse changer d'avis d'ici quelques jours. Ou qu'il revienne sur ce qu'il allait lui dire à la première complication. Quelle que soit sa décision aujourd'hui, Castiel voulait être sûr qu'il ne la regretterait pas ensuite.
- Je te remercie d'avoir pris tout ça au sérieux. Je sais que ça n'a pas dû être facile. L'attente ne l'a pas été non plus pour moi et je dois t'avouer que je suis impatient de savoir ce que tu as à me dire.
Dean hocha la tête avant de se passer une main sur le visage. Il semblait chercher à gagner quelques secondes. Ce qui ne laissait rien présager de bon. Si les nouvelles avaient été bonnes, il n'aurait eu aucune raison de prendre ainsi son temps. Il aurait déjà tout dit. Castiel sentit sa gorge se nouer et son cœur se briser dans sa poitrine. Il souffrait déjà et il n'avait pas encore entendu ce que Dean avait à lui dire. Les prochaines minutes risquaient d'être réellement compliquées pour lui, mais il était prêt. Il n'avait pas d'autre choix que de l'être.
- J'avais préparé un petit discours, tu sais… je veux dire… c'est sans doute une déformation professionnelle et certainement l'avocat en moi qui a voulu prendre les reines, mais… enfin je… j'ai répété chacun de mes mots des dizaines de fois jusqu'à les connaître par cœur et le pire c'est que je ne me souviens d'aucun d'entre eux.
- Dean, je me fiche de la façon dont tu me le diras. L'essentiel est que tu le fasses.
Son patron hocha alors la tête à nouveau avant de prendre une grande inspiration et de se lancer.
- Cette histoire avec Matt m'a poussé à m'interroger sur tout ce que je croyais savoir depuis que je l'ai rencontré. J'ai commencé à me demander si je l'avais réellement aimé un jour. Je sais que je tenais à lui et j'aimais vraiment l'idée de former un couple, mais je… je ne suis plus tout à fait sûr de l'avoir aimé durant ces dix ans… Je ne suis plus sûr de savoir ce qu'est l'amour. Si quelqu'un me demandait de lui décrire ce qu'on ressent quand on est amoureux, je serais bien incapable de lui répondre.
Castiel, lui, le saurait. Il serait parfaitement à même de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. De décrire avec précision le bonheur d'être avec l'être aimé, la souffrance d'être séparé et la peur constante de ne pas voir nos sentiments réciproques. Il aurait pu écrire un roman sur ce que cela signifiait, mais ce n'était pas à lui de le faire. De toute évidence, Dean n'en était pas capable de son côté.
- Je sais que mes parents se sont aimés. Je sais qu'ils étaient tout l'un pour l'autre, mais j'étais trop jeune quand ma mère est morte pour m'en souvenir vraiment. Je sais que Sam aime Jess et que l'inverse est vrai également. Je les ai vu interagir, mais je ne leur ai jamais demandé ce qu'ils ressentaient vraiment. Parce que je pensais vivre la même chose de mon côté avec Matt. J'étais si sûr de moi que je n'ai jamais pris le temps d'analyser ce que je ressentais. Maintenant que j'ai des doutes sur la nature de mes sentiments, je me sens… perdu. J'ai la sensation d'être un enfant à qui on n'a jamais pris le temps d'apprendre quelque chose d'aussi essentiel.
Castiel pouvait comprendre. Il ne doutait pas que cela devait être difficile pour Dean, mais il ne voyait pas cela comme quelque chose d'insurmontable. Il était presque sûr qu'il était possible d'apprendre. Il se sentait à la hauteur du challenge. Il était parfaitement en mesure de montrer à Dean ce que cela signifiait d'être amoureux.
- Il n'y a aucune honte à ne pas savoir quelque chose… aucune honte d'avoir besoin d'apprendre. Je sais que je ne suis pas un expert. Sans doute que je ne serais jamais le meilleur professeur qui soit, mais je sais ce que c'est d'aimer quelqu'un. Je veux dire… je le ressens à chaque seconde de chaque minute depuis que je te connais. J'ai fait le tour de la question. Je suis presque sûr que je serais en mesure de t'apprendre si tu en as envie. On pourrait répondre à toutes tes questions ensemble. Il suffit que tu en aies envie.
- Cas, j'aimerais tellement te dire que c'est ce que je veux. Ça rendrait les choses bien plus simples.
Castiel sentit son cœur se briser à nouveau dans sa poitrine. Il se demandait combien de fois il était possible de ressentir une telle souffrance avant de s'effondrer pour de bon. Il déglutit avec peine en regardant Dean. Il ne lui avait peut-être pas encore tout dit, mais il lui avait donné sa réponse. Castiel n'avait pas envie de chercher à le convaincre. Il n'avait pas envie d'argumenter pendant des heures jusqu'à le forcer à changer d'avis. Il respecterait son choix même si cela lui faisait atrocement mal.
- J'ai pris quelques risques dans ma vie… que ce soit professionnellement ou personnellement parlant. Je me suis lancé tête baissée dans ma carrière… dans l'ouverture de mon propre cabinet… dans ma relation avec Matt et dans mon mariage. J'ai rencontré quelques succès retentissants, mais j'ai également connu quelques déceptions cruelles et elles m'ont toutes contrainte à mettre un genou à terre. Je suis fatigué, Cas. Je suis épuisé. Je ne me sens pas de taille à prendre un nouveau risque. Pas aussi rapidement. Pas tant que je n'ai pas pris le temps de faire le point sur la direction que je veux donner à ma vie.
Castiel acquiesça parce qu'il ne voyait pas quoi faire d'autre. Dean se leva finalement du canapé et fit un pas dans sa direction.
- Me lancer dans cette histoire serait prendre un risque… pour toi comme pour moi. Je ne peux pas le faire si je ne suis pas totalement sûr de moi. Mon divorce est encore trop récent et j'ai besoin… je pense que j'ai besoin de me retrouver seul quelque temps. Histoire de faire une bonne introspection pour répondre à toutes les questions qui tournent en boucle dans ma tête depuis tout ce temps. Je dois faire le point, Cas, et je dois être seul pour y parvenir.
La réponse était claire à présent. Castiel ne pouvait que l'accepter. Dean avait probablement raison; il était peut-être temps pour lui d'être un peu seul. Il ne l'avait pas été depuis dix ans. Il n'était plus l'homme qu'il était à l'époque. Il avait changé, mais il ne pourrait jamais découvrir qui il était devenu et ce qu'il attendait de la vie maintenant sans se retrouver confronté à lui-même pendant un temps.
- Quand je t'ai proposé… ce que je t'ai proposé, je l'ai fait parce que j'en avais envie, bien sûr… parce que tu me troublais et que j'étais attiré par toi, mais je crois que je l'ai aussi un peu fait parce que j'avais peur de me retrouver seul. Je ne l'ai plus été depuis tellement longtemps. Je n'étais pas sûr de pouvoir le supporter. Pas sûr d'apprécier être ainsi seul face à moi-même. Ce n'est pas un secret qu'il m'arrive de ne pas beaucoup m'aimer et, quand on a plus personne sur qui se concentrer entièrement, on ne peut que penser à soi. J'avais peur de ne pas aimer l'homme que j'étais devenu. J'avais besoin d'une distraction. Besoin de quelqu'un pour m'aider à m'échapper de moi-même.
Castiel l'avait effectivement envisagé ainsi. Il avait toutefois voulu croire à l'époque que c'était temporaire. Que cela pourrait évoluer et qu'il pourrait obtenir davantage plus tard. Il était évident que ce n'était pas le cas. Que ça ne le serait peut-être jamais. Il ne pouvait pas continuer à fermer les yeux sur leur situation et sur ce à quoi il aspirait. Ils ne voulaient plus la même chose. La décision était alors facile à prendre pour lui. Il était temps pour eux de tout arrêter.
- J'ai été injuste avec toi. Je sais que je ne t'ai pas forcé la main et que tu as accepté ma proposition sans te sentir contraint de le faire, mais… j'ai la sensation d'avoir manqué d'honnêteté… Ce que je déteste parce que c'est quelque chose qui me tient vraiment à cœur. J'aurais dû te dire que j'avais trop peur d'être seul pour faire autrement… que cette proposition était avant tout destinée à m'éviter cette solitude. Sans doute que tu aurais renoncé si tu avais su… alors sans doute que d'une certaine manière je t'ai menti. Je suis désolé.
Castiel ne se sentait pas trahi; il n'était pas en colère contre Dean. Peu importait qu'il ne lui ait pas dit l'entière vérité, il avait tout de même été honnête avec lui. Il l'avait prévenu qu'il ne serait peut-être jamais capable de lui donner plus. Il lui avait que ce ne serait qu'une histoire de sexe. Castiel avait accepté en toute connaissance de cause. Il aurait été injuste de le reprocher à Dean maintenant.
- Je ne suis pas en colère contre toi, assura-t-il alors parce qu'il était évident que Dean avait besoin de l'entendre. Je suis blessé parce que j'espérais t'entendre dire autre chose, mais je ne t'en veux pas.
Dean sembla soulagé de l'apprendre. Bien sûr, cela ne changeait rien à la décision qu'ils devaient prendre maintenant. Elle était simple et si Castiel savait qu'il ne pouvait rien faire d'autre, il ne se sentait pas la force de le dire clairement. Il n'était pas sûr de parvenir à parler à nouveau tant sa gorge était nouée. Heureusement pour lui, Dean reprit la parole.
- Donc, c'est fini, c'est ça? Je veux dire… puisque je ne suis pas en mesure de t'offrir ce que tu veux et que tu refuses de renoncer de ton côté… il est évident qu'on ne peut pas continuer.
Castiel acquiesça. Il prit ensuite quelques secondes pour tenter de chasser le nœud dans sa gorge. Quand il fut sûr d'être capable de parler, il prit la parole à son tour.
- C'est fini, oui… et c'est sans doute mieux ainsi. Il est évident que tu as besoin de temps pour t'éclaircir les idées et savoir ce que tu veux et je… je n'aurais pas la patience d'attendre sans savoir si cela nous mènera à quelque chose ou non. Il est préférable qu'on en reste là.
Dean soupira alors avant de se passer une main sur le visage puis dans les cheveux. Il semblait fatigué. Résigné, également. Castiel ressentait la même chose. Il souffrait et savait que ce serait sans doute bien pire avant que cela ne s'arrange, mais il était également soulagé. Il avait enfin sa réponse et il savait où il allait. Même s'il devrait faire le chemin seul.
- J'ai trouvé un nouvel appartement, l'informa alors Dean. Je… je ne suis pas sûr que l'information t'intéresse, mais… enfin… je voulais juste que tu le saches… Que tu sois convaincu que je ne t'ai pas dit tout ça uniquement pour me trouver une excuse. J'ai vraiment envie de tout reprendre à zéro. D'apprendre à me connaître avant d'envisager quoi que ce soit d'autre.
Castiel sourit tristement. Il n'avait pas douté une seule fois de ce que Dean lui avait dit, mais il pouvait comprendre que son patron ressente le besoin de le lui prouver.
- C'est une bonne chose, je pense… Ne plus habiter là où… là où tu vivais avec Matt va sans doute t'aider à y voir plus clair.
- C'est aussi ce que je pense. Je… je ne sais pas si j'ai le droit de te demander ça après ce que je t'ai fait, mais je… je voulais juste savoir s'il existait une infime chance pour qu'on reste amis toi et moi. Je n'ai pas envie de te perdre complètement. Je te laisserais le temps dont tu as besoin et je garderais mes distances autant que tu le souhaiteras, mais… j'aime assez l'idée qu'on puisse continuer à se parler et… juste à passer un peu de temps quand tout ira mieux.
Castiel aimait aussi cette idée. Il n'était toutefois pas sûr d'en être capable avant un moment. Il allait être difficile pour lui de passer outre ses sentiments pour Dean. Par contre, s'il y parvenait, il serait ravi de rester ami avec son patron. Il savait qu'il avait encore beaucoup à apprendre de lui. Il avait envie de continuer à le voir.
- Je ne sais pas combien de temps il me faudra pour oublier, mais je peux te garantir que je serais ravi d'être ton ami quand tout se sera tassé. Tu vas juste devoir te montrer patient.
Dean sourit à son tour. Castiel ne réalisa alors qu'à cet instant combien ses traits étaient tirés et ses cernes profonds. Il n'avait pas dû beaucoup dormir ces derniers jours. Il eut de la peine pour lui. Il pouvait l'imaginer passant des heures entières à réfléchir sans parvenir à trouver le sommeil. Il espérait sincèrement que les choses iraient mieux pour lui maintenant que tout était terminé.
- Qui sait… peut-être que je finirais par changer d'avis et par vouloir… Je ne suis pas en train de te demander de m'attendre sagement parce que rien ne me garantit que je finirais par en avoir envie, mais… personne ne peut nous dire de quoi l'avenir est fait, non?
Castiel ne voulait surtout pas y penser. S'il le faisait, il finirait par se raccrocher à cette idée et par garder espoir. Il avait besoin de tirer un trait sur cette histoire. Besoin de passer à autre chose et pour cela il devait se convaincre qu'il n'existait aucune chance pour que les choses changent. C'était sa seule issue. Il en voulait même un peu à Dean de l'avoir suggéré.
- Non, personne ne le sait, concéda-t-il, mais y penser n'est pas ce dont j'ai envie pour le moment. L'espoir… parfois, c'est l'espoir qui est le plus douloureux à vivre. Je préfère me dire que c'est fini.
- C'est… oui, bien sûr, je comprends et je suis désolé. Je n'aurais pas dû te dire ça. Je… je t'avais promis de ne pas te faire du mal et voilà que je l'ai fait… deux fois, ce soir.
Castiel haussa les épaules. Dean lui avait effectivement fait du mal, mais ce n'était pas intentionnel. Il n'avait fait que se montrer honnête. Il n'avait aucune raison de s'excuser pour ça. C'était ce que Castiel lui avait demandé deux semaines plus tôt.
- Je te l'ai dit et je te le répète. Je ne suis pas en colère contre toi. Je t'avais demandé de réfléchir et de prendre une décision. Tu l'as fait.
- Oui, mais j'aurais aimé avoir une autre réponse à te donner.
- J'aurais aimé aussi, mais c'est comme ça.
Dean fit un pas dans sa direction, mais Castiel recula aussitôt. Il avait peur qu'en laissant son patron s'approcher trop près de lui, il ferait quelque chose de stupide. Comme le prendre dans ses bras et l'embrasser. Comme le supplier de réfléchir à nouveau et de lui donner une chance. Ou comme lui dire qu'il se fichait de sa réponse. Qu'il était prêt à attendre éternellement si cela signifiait qu'il pouvait continuer à passer du temps avec lui.
Dean sembla le comprendre puis il recula à son tour. Il croisa ses bras sur son torse et leva les yeux en direction de Castiel une nouvelle fois.
- Est-ce que ça va aller pour toi? Je déteste l'idée de te laisser là après tout ça. Je sais que je ne peux pas rester. Je ne suis pas stupide, mais… je m'en veux et même si tu m'as assuré que tu n'étais pas en colère, je déteste l'idée de t'abandonner.
Castiel savait que Dean était sincère. Il était réellement inquiet pour lui, mais l'entendre le dire ne l'aidait pas. Cela lui donnait envie de le supplier de rester. De s'asseoir avec lui sur le canapé et de le prendre dans ses bras en lui assurant que tout finirait par aller. Ce qui était impossible et stupide puisqu'il était la raison pour laquelle il avait justement besoin d'être réconforté.
- Tu ne m'abandonnes pas et je ne suis pas seul. Meg est là. Je suis sûr qu'elle saura comment me remonter le moral.
- Tu sais que tu peux toujours m'appeler si ça ne va pas ou… tu peux appeler Charlie, Kevin ou même Sam et Gabriel. Ils se feront un plaisir de venir te tenir compagnie.
Castiel était content de savoir qu'ils pouvaient compter sur eux, mais il ne ferait pas appel à eux pour le moment. Tous avaient un lien avec Dean et Castiel avait besoin de prendre ses distances avec lui. Meg était la solution idéale et, à vrai dire, la seule solution qu'il avait. Il savait qu'elle le prendrait dans ses bras et le réconforterait tant qu'il en aurait besoin. Il appellerait peut-être Gabriel plus tard. Ou Charlie et Kevin, mais certainement pas Sam. Il restait son patron. Il refusait de mêler vie professionnelle et vie personnelle après Dean.
- Je sais que je peux compter sur eux et je les appellerais si j'en ai besoin, mais je ne suis pas seul. Meg est là et elle me connaît par cœur. Elle sait parfaitement ce dont j'ai besoin sans que j'aie à le lui dire.
- Parfait alors, souffla Dean.
Ils n'avaient plus rien à se dire. Il était temps pour son patron de partir, mais il semblait avoir du mal à le quitter. Castiel se mordilla la lèvre inférieure une seconde.
- Est-ce que toi ça va aller? demanda-t-il finalement.
Il détestait l'idée de savoir Dean seul chez lui à ruminer ce qui venait de se passer.
- Je vais dormir chez Sam et Jess ce soir pour ne pas être seul. Ça ira.
Castiel était soulagé de l'apprendre. Il hocha la tête et fut soulagé quand Dean finit par prendre la direction de la porte d'entrée. Il l'accompagna en silence et la lui ouvrit. Quand son patron fut dehors, Castiel lui adressa un dernier petit sourire avant de lui souhaiter une bonne nuit. Dean tourna alors les talons et s'éloigna sans ajouter un mot. C'était sans doute mieux ainsi.
Castiel venait juste de fermer la porte quand il entendit celle de la chambre de Meg s'ouvrir brusquement. Il n'eut pas à attendre plus de quelques secondes avant de sentir sa meilleure amie dans son dos.
- C'est fini, souffla-t-il alors même si c'était probablement inutile.
- Je sais… j'ai tout entendu, répliqua Meg.
Castiel n'était même pas en colère qu'elle ait pu les espionner. Cela le soulageait. Il n'aurait pas à lui raconter ce qu'ils s'étaient dit; elle savait déjà tout ce qu'il y avait à savoir.
- Cas, souffla-t-elle dans son dos.
Le jeune avocat se tourna doucement pour lui faire face. Quand ses yeux se posèrent sur elle et quand il lut sa peine et sa compassion, il sentit aussitôt son chagrin le submerger. Il ne put retenir les larmes. Il explosa en sanglots bruyants. Meg passa aussitôt ses bras autour de sa taille quand ses jambes commencèrent à flageoler. Il serait probablement tombé à genoux si elle n'avait pas été là pour le soutenir. À la place, il enfouit son visage dans le cou de sa meilleure amie et se laissa aller à son chagrin durant ce qui lui sembla être une éternité.
Meg fini par le conduire loin de la porte d'entrée et jusqu'au salon où elle le fit s'asseoir sur le canapé. Elle tenta de s'éloigner, sans doute pour aller chercher un verre d'eau, mais Castiel refusait d'être seul même pour quelques secondes. Il l'attrapa par le bras pour l'empêcher de partir et l'attira à nouveau à lui. Elle s'assit alors à ses côtés et le laissa se blottir contre elle sans protester. Ils restèrent ainsi de longues secondes en silence, Castiel laissant libre cours à ses larmes et Meg le berçant doucement de droite à gauche.
Ce ne fut que lorsqu'il eut trouvé un semblant de calme que sa meilleure amie reprit la parole.
- Je peux te jurer que tout finira par aller bien pour toi. Je le sais. En attendant, je suis là pour toi autant que tu en auras besoin.
Castiel hocha la tête. Il aurait aimé lui dire « merci », mais il était incapable de parler. Il était encore sous le choc et sa gorge restait nouée. Il avait du mal à réaliser ce qui venait d'arriver. Il avait attendu ce moment. Il avait su qu'il viendrait un jour et il avait toujours pensé que Dean ne lui donnerait pas la réponse qu'il attendait. Tout ceci n'aurait pas dû le surprendre, le choquer ou le bouleverser. C'était pourtant le cas. Une petite partie de lui ne pouvait s'empêcher de se détester d'être ainsi affectée. Il espérait vraiment avoir repris le dessus d'ici le lendemain. Il avait perdu Dean, mais il lui restait son travail et sa carrière. Peu importait ce que son avenir amoureux et personnel lui réservait, il avait toujours le contrôle sur ce qu'il ferait de sa vie professionnelle et c'était un réconfort qu'il appréciait à sa juste valeur. Il s'accordait ce soir pour pleurer, mais demain il reprendrait les choses en mains. Il ne pouvait pas en être autrement.
