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Eris sentait encore la même présence autour de sa sœur. Il commençait à être assez près pour être plus précis dans ses ressentis et cette chose près d'Orphée… il se demandait s'il ne l'avait pas rencontré près de la pompe à essence, avant de s'enfuir.
De la manière la plus fine… C'est à noter.
Il évaluait de quatre à cinq jours le temps d'arriver à ses côtés.
Enfin…
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… …
Orphée. La gamine qui avait séduit un vampire de cinq cent dix ans, celui même qu'elle tenait par la main, leurs doigts entrelacés comme un couple amoureux, celle que l'on pouvait définir comme une sorte de vampire,… était présentement ratatinée sur elle-même derrière Elarik. La pression était telle que la jeune fille n'avait qu'une envie : hurler son stress et partir en courant, comme dans les films. Les acolytes bretons précédait l'étrange couple, riant sans bruit de l'appréhension de l'humaine car elle avait tout fait pour ne pas venir : avoir faim, soif, sommeil,…
Pire encore : elle avait vampyrisé Falko pour avoir la vitesse suffisante de passer par le balcon sans se faire de mal. Mais Wilfried l'avait interceptée de justesse, en riant pour de vrai de son comportement.
A la grande surprise de tous, après avoir tenté de s'enfermer dans la salle de bain, elle se recroquevilla dans un coin de la chambre pour râler tout son comptant, quand l'ordre d'Elarik leur parvint aux oreilles : l'heure était venue où Orphée devait participer à l'une de leur réunion, entourée exclusivement de vampires. La jeune fille, respectueuse de cette race, considérait ce fait comme un honneur. Un honneur inutile car elle en tremblait : qu'allait-elle faire au milieu des immortels ?
Quand le chef de clan breton accouru, passablement agacé par l'attente, les yeux brun-vert s'éteignirent et ne prirent pour couleur que la peur qu'elle ressentait face à ses yeux sombres. Elarik soupira alors qu'elle détournait le regard et il s'accroupit à sa hauteur en se retenant d'exploser de rire comme le reste de ses compagnons.
- Personne ne va… te manger, tu sais.
- Je ne vois pas ce que je ferais là-bas, c'est inutile de tenter de me convaincre.
- Mais je ne comptais pas te convaincre, princesse.
Sous l'œil amusé de son clan, il souleva l'humaine à bout de bras et la mit sur ses pieds avant de poser ses mains sur sa taille, la dominant de toute sa hauteur avec des traits rieurs :
- Allons-y maintenant.
Il déposa ses lèvres sur celle d'Orphée pendant que les autres les regardait sans aucune gêne, sans autre expression que leurs sourires railleurs et il la tira par la main, à proprement parler.
À présent proche de la salle, Orphée avait cessé de baragouiner son désaccord total car elle voulait éviter de se faire remarquer. Elle priait accessoirement pour ne pas trébucher. Ni tomber de sa chaise. Puis ne pas s'évanouir, aussi. Et si elle se mettait à vomir à cause du stress ? L'horreur !
- Tu es avec nous, il ne peut absolument rien t'arriver, petit poulpe, lâcha un Falko concentré sur le cœur battant la chamade.
De ce fait, il ramena toute l'attention sur elle dont celle, inquiète, d'Elarik. Peut-être était-ce trop demander à son humaine de venir assister à une réunion entourée de ses prédateurs ? Toutefois, Orphée capta l'humeur soucieuse de son vampire et à sa grande surprise, elle souffla un grand coup pour ensuite se redresser la tête haute et prendre un air assuré.
- Je peux donner une certaine illusion. Pas la peine de t'inquiéter pour ta réputation…
- Tekenn… Je me fiche parfaitement de ce que l'on peut penser de moi. Je voudrais juste m'éviter de te ramasser à la cuillère.
- Je m'habituerais en quelques minutes. J'ai besoin d'un peu de temps pour me maitriser et faire semblant d'être à l'aise sans devenir arrogante. J'espère juste que je ne serais pas à nouveau la cible de disputes… Pour rester dans le soft.
Le groupe compact passa un couloir et la salle était en vue : déjà bondée, les vampires se tenaient debout dans l'attente d'être au complet et Orphée put de nouveau « apprécier » la sensation d'arriver avec le clan breton. Imposants et remarqués avec leur démarche féline et assurée, ils avançaient en se tenant droit, l'air presque provocant en restant naturellement menaçant. La jeune fille sentait émaner d'eux l'ennui et autre chose sur laquelle la jeune fille n'arrivait pas à poser de mot. Comme si le clan était sur ses gardes.
Orphée n'avait pas mesuré l'importance de sa présence parmi le groupe d'Elarik Mal'Keinvor : la moindre attitude déplaisante de sa part allait aller droit dans la réputation des Bretons et l'ambiance de la réunion s'en ressentirait. L'humaine avait beau être la petite protégé de ces vampires expérimentés et à fleur de peau, elle n'en était pas moins la visée de nombreux jugements et son attitude allait être au cœur des observations.
Pour l'instant, la jeune fille remarquait que les vampires étaient bien plus nombreux qu'elle l'avait imaginé : il lui était impossible de les compter ! Certains visages lui étaient parfaitement inconnus, comme ce groupe asiatique et celui-là, là-bas, africain semblait-il. Ils ne devaient pas avoir participé au bal donné par Aro… Nombres de rôdeurs à l'apparence nouvelle pour elle, la dévisageaient sans vergogne, ne détournant la tête qu'avec mauvaise volonté lorsque Falko se redressait d'un air sombre. Orphée ne baissait cependant pas les yeux : elle donnait l'apparence de se sentir en sécurité, même si ses doigts tentaient de broyer ceux d'Elarik sauf quand celui-ci les caressait de son pouce de temps à autre. Cela la détendait plus que de raison car même s'il semblait absorbé par sa communauté, il n'en était pas moins attentif aux émotions de son humaine.
Ils rejoignirent directement le côté gauche de la salle, s'approchant doucement des tables et des chaises en bois massif, toujours en cercle. Orphée distingua de nombreuses marques, sur ces meubles anciens : des trous, des raclures, des… mains imprimés dans le bois même. Les discussions devaient être houleuses parfois. En relevant la tête, elle tomba directement dans les yeux rouges laiteux de Marius, le grand blond du nord qui lui souriait sincèrement, mais elle ne put lui rendre qu'un sourire crispé.
Les derniers arrivants finirent par pénétrer dans la salle et d'un même mouvement, les immortels se dirigèrent à leurs places respectives alors qu'Elarik tirait une chaise à l'attention d'Orphée. Elle lâcha donc sa main et prit place à sa droite, tandis que Sven, le second du clan se posa à sa gauche. Ce que la jeune fille ne comprit pas, ce sont les regards profondément choqués de certains de participants : ils la regardaient comme si elle avait fait une erreur de protocole. En règle générale, les compagnes des chefs de clan prenaient place à la droite de ce dernier : Elarik précisait ainsi de manière muette le futur qu'il prévoyait pour la jeune humaine dans la hiérarchie et donc le respect, que tous ici présents, lui devaient. Inutile de préciser qu'Amun et d'autres de ses compatriotes étaient parfaitement estomaqués, cependant ils retinrent leurs remarques acerbes ainsi que leurs sourires moqueurs sous peine d'agacer plus que de raison le fameux pirate.
Orphée remarqua surtout les positions fières des immortels autour d'elle. Semblant même hautains, parfois sûrs d'eux, quasiment agressifs et raides. Seuls le clan breton semblait à la fois prédateur et détendu, certains de leur force, à l'aise dans n'importe quelle situation. Comme les Volturi, habitués à guerroyer.
Rares étaient ceux qui paraissaient quasiment sympathiques : les Cullen et Dénali, tout comme le clan Irlandais ou Benjamin, attendaient patiemment que tout le monde soit installé, sans animosité aucune. Cependant, Carlisle avait les traits tirés, lui donnant un visage plus dur qu'à l'habitude.
De vue, la jeune fille fit connaissance avec quelques nouveaux vampires, comme Pandore placée en face d'elle, l'ancienne femme de Marius : une femme magnifique, au corps svelte élégant et délicat, aux cheveux châtains étonnement longs.
Aro prit la parole et au grand regret d'Orphée, il parla… en anglais. Elle se raidit sans pour autant ouvrir la bouche : il ne fallait pas que la réunion s'éternise, parce que sans capter un seul mot, ça risquait d'être vraiment long. Elle aurait dû apprendre ses leçons à l'école…
La jeune fille tenta un discret coup d'œil à Elarik qui tenait toujours sa main entre les siennes, sur la table. Cependant, il comptait déjà le nombre de fissures des colonnes marbrées.
Puis Carlisle prit rapidement la parole et à la grande surprise d'Orphée, un vampire d'origine africaine frappa du poing sur la table en pointant un doigt accusateur sur les clans d'Amérique, ce qui fit évidemment sursauter la jeune fille et provoqua le sourire moqueur de nombre personnes présentes.
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Deux heures plus tard.
Orphée s'était tassée au maximum sur sa chaise. Si les combats entre vampires étaient quelque chose d'éprouvant pour elle, sentant leur instinct primaire et leur bestialité, les voir se disputer en se retenant de se jeter les uns sur les autres était… terrifiant. Elarik n'avait pas lâché une seule seconde sa main, mais avait retiré une des siennes pour poser son menton dessus. Les anciens restaient calmes, mais la tension régnait tout de même. Benjamin était presque affalé sur sa chaise, à l'instar du clan breton et d'Emmet Cullen, juste avant que sa femme Rosalie ne lui fiche une claque sur le haut du crâne.
Le vampire tapageur d'origine africaine parlait d'une voix forte et vibrante (Orphée pensait justement qu'il aurait dû se mettre sérieusement au gospel ou au blues, ça aurait fait un carton), tremblant presque sous la colère :
- Comment oses-tu, Carlisle ! Comment oses-tu te défiler pour protéger ton territoire, alors que nous avons tous fait le même sacrifice en nous réunissant en Italie ! C'est honteux !
- Calme-toi, ami ! Calme-toi. Tempéra Aro en soupirant, alors que Carlisle était à deux doigts de se prendre la tête dans les mains. Nous en avions parlé lors de notre dernière réunion : les mieux placés pour éviter que retentisse un échec dans la sauvegarde de notre existence en Amérique, sont les Cullens et les Dénalis. Sans compter certains nomades. Nous étions tous d'accord là-dessus, il me semble.
- Pourquoi ne retournons pas chacun dans notre région, dans ce cas ? S'égosilla le vampire à la peau sombre et grisâtre.
- Parce que depuis le début, nous savons que les Irokois peuvent facilement nous avoir un par un, lâcha Falko dans un soupir en plaçant ses bras derrière sa tête et en commençant à dégouliner de sa chaise.
- Et pourtant ! Une bonne partie d'entre nous ont l'intention de se rendre dans les Amériques ! Balança Amun qui commençait à en avoir marre d'être cloitré dans ce château, territoire des Volturi.
- Si la jalousie fait partie des sept péchés capitaux, ce n'est pas pour rien, mon cher ! Ria Sven. Cependant, dois-je vous rappeler que l'idée d'être tous rassemblés ici est un repli stratégique ? Mais, je suis entièrement d'accord sur un point : nous ne les aurons pas sur tous les fronts.
- Peut-être devrions-nous nous séparer pour cette bonne cause en effet, mais en nombre restreint. Peut-être n'est qu'une manière pour nos ennemis de réduire nos effectifs, marmonna Alistair d'un air revêche.
Un pause se fit dans le débat, pour reprendre de plus belle. Le chef de clan africain frappa derechef sur la table qui émit un bruit proche du craquement :
- Nous ne pouvons plus avancer à l'aveuglette ! C'en est assez !
- Que nous proposes-tu comme solution de rechange ? Cracha Caius qui détestait qu'on le contredise si simplement.
- Revenons tous à nos points de départ et défendons nos propres territoires. Point final.
- Et quand l'humanité entière sera au courant de notre existence, que ton clan se fera massacré par ces raclures d'indiens américains parce que nous tous, ici présent, aurons résisté, nous serons obligés de voler à ton secours, je suppose ? Répliqua Benjamin d'un air venimeux, sous le regard fortement désapprobateur d'Amun.
- Nous nous aiderons mutuellement quand le besoin se fera ressentir, continua l'Africain.
- C'est ridicule !
- C'est lâche !
- C'est beaucoup mieux que de rester plantés tous plantés ici !
- Vous êtes contre moi ?*
Non, Orphée ne comprenait toujours rien, mais l'atmosphère était pour le moins pesante. Seuls les soldats Volturi gardaient le silence, habitués à laisser la parole à leurs chefs, restant même neutre dans leurs expressions faciales. Elle remarqua qu'Alice Cullen se massait les tempes, les yeux fermés, tentant de prévoir un minimum de choses. Elle regarda brièvement Orphée, les yeux plissés avant de se reconcentrer, provoquant l'éruption de l'intuition de la jeune humaine complètement paumée au milieu des monstres. Sven la regarda un instant, ayant remarqué l'attention courte mais intense d'Alice à son égard. Puis reporta son regard sur un nomade, vampire immense aux cheveux bruns du nom de Randall, qui se levait d'un air sanguinaire, à proprement parler.
- Je suis un nomade et c'est pour une bonne raison ! Beugla-t-il alors que l'africain sifflait de rage. Je suis solitaire et j'aime ma condition. Cependant, comme tous ici, j'ai fait l'effort de me rallier afin de préserver cette liberté ! Je refuse que les Irokois arrivent à leur fin et si pour cela nous devons rester des décennies les uns avec les autres, nous le ferons pour pouvoir courir la terre sans être dérangés ! Que tu le veuilles ou non, tu vas faire ton devoir où tu rejoins ces traitres avant que je n'expulse ta tête dans la cheminée la plus proche !
Randall et le chef africain se mirent en position de combat, près tous deux à décrocher un membre de l'autre.
- Pourrions-nous en discuter calmement ? Lâcha Carlisle qui commençait à perdre patience tout en conservant un air calme forcé.
Les deux énergumènes tentaient de se contrôler, mais force est de constater qu'ils avaient vraiment du mal. Nombre de vampires regardaient la scène, prêt à prendre les paris, dirait-on. Orphée regarda momentanément le visage de son pirate qui se fendait d'un sourire amusé alors que Falko se redressait momentanément, pour être de sûr de ne pas rater une miette de l'éventuel combat.
Malheureusement pour le viking, Randall se redressa en feulant, donnant des frissons à notre petite humaine qui se demandait bien ce qu'elle foutait ici, puis il s'assit bruyamment sur sa chaise, fendant le dossier en bois massif.
- Bien, maintenant que nos inquiétudes ont été soulevées… commença Caius d'une voix faussement mièvre, nous allons enfin pouvoir discuter des solutions qui s'offrent à nous.
Grondements de la part d'une bonne partie de l'assemblée, qu'Orphée compara à une classe d'école. Un peu comme les ministres qui dorment sur leur chaise ou qui se disputent à l'assemblée nationale. Elarik jouait avec ses doigts pendant que Sven tripotait ses dreads, bien content que l'humaine soit présente pour pouvoir l'occuper.
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Eris commençait à percevoir les différentes énergies qui gravitaient autour de sa sœur et presque à les reconnaitre. Les plus proches d'elle, il les avait déjà rencontré, à cette pompe à essence. Peut-être aurait-il dû s'approcher pour pouvoir être près d'Orphée au plus vite ? Qu'importe… ce qui est fait, est fait. Mais elle était vivante. Stressée à ce moment, mais vivante parmi ces créatures… Comme si elle y avait sa place.
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Une heure plus tard.
Les vampires étaient enfin en accord : Carlisle et Tanya dirigeront leur clan respectifs et les nomades américains Mary, Peter, Randall et Garett dans la reconquête des Amériques, peut-être en s'aidant des modificateurs Quileutes. Les Irokois ne s'étant pas encore bien étendus, la chose devrait encore être aisée. Après avoir sécurisé le maximum du pays, ils reviendraient prêter main forte sur le vieux continent.
Notre jeune humaine pleine de courage n'avait toujours rien compris et ses yeux commençaient à l'irriter fortement à cause de la fatigue : essayez, vous, de paraitre intéressé pendant trois bonnes heures en écoutant des langues que vous ne connaissez pas, sans tomber la tête sur la table, endormi.
Pas simple, hein ?
Mais il eut ce moment, où la jeune fille aurait voulu comprendre : le nom « Eris » raisonnait encore dans sa tête, quand Amun le prononça et ce fut Alice qui lui répondit avec un air tout, sauf avenant. Quand Orphée planta ses iris brun-vert dans ceux du chef de clan égyptien, celui saisit la perche qu'elle lui tendait :
- Où est ton frère ? Lui demanda-t-il sèchement en français.
Orphée mit quelques secondes à comprendre qu'il s'adressait à elle et un frisson de peur lui traversa le dos car tous les regards pourpres et dorés étaient dirigés vers sa personne.
- Je n'en sais rien.
- Mensonge ! Cria Amun, sans pour autant bouger.
- Pourquoi mentirait-elle ? Intervint Sven en posant ses mains sur la table.
Orphée comprit que le blond, second d'Elarik, ouvrait toujours la bouche quand il pouvait éviter à son chef de le faire. Quand le débat devenait plus pointu ou plus exigeant en autorité, c'est le pirate qui prenait la relève, Sven ayant déjà échauffé en parole son adversaire.
- Parce que tout le monde sait que cette humaine est capable de voir plus loin que n'importe qui d'autre et possède un lien spécial avec ce frère.
Le mot « humaine » retentissait comme une insulte dans la bouche d'Amun et Orphée en fut une fois de plus insultée. Mais elle était fatiguée de devoir s'imposer et surtout, elle doutait que c'était l'endroit pour le faire, même si Elarik pouvait peut-être attendre cela d'elle.
- Cela me demande beaucoup d'énergie : je ne peux pas rester en contact permanent avec lui. De plus, je rajouterais que je ne vois pas. Je sens. Si cela vous rassure, il n'est plus très loin. C'est tout ce que je peux dire, car pour donner l'endroit exact où il se trouve, je devrais aller moi-même à sa rencontre.
Puis la jeune fille colla son dos au dossier de la chaise, sa main gauche vissée à celle de son vampire et elle croisa doucement les jambes. Geste futile pour trouver une sensation d'apaisement et de sécurité face à ces regards qui semblait presque insultés par le fait que la sœur ne veuille pas définir la position du frère.
- S'il n'est plus loin, allons le chercher. Ce sera un problème de réglé. Je crois savoir que Démétri n'a jamais perdu sa trace ! Même s'il est parti à la recherche des Irokois dans les Alpes, il pourrait nous aiguiller sur la route à prendre.
Perte de contrôle - ON
- Et en quoi Eris est-il un problème pour vous ? Vous avez peur d'un humain ? Lança Orphée, venimeuse.
La main libre d'Elarik alla instantanément rejoindre leurs doigts emmêlés, sa bouche formant un sourire amusé : il attendait patiemment la suite, tout en avertissant tous ceux qui oseraient encore humilier son humaine ou se dresser contre lui-même, qu'il ne laissera pas passer l'affront sans accro. Comme s'il avait lancé un ordre muet, ses acolytes se redressèrent imperceptiblement, prêt à l'action notamment pour passer le temps et pour démontrer que cette jeune fille parmi eux, ils l'acceptaient tous en bloc quoiqu'il advienne. C'était la décision de leur chef. Point.
Tout cela n'avait duré qu'une demie-seconde, mais Aro retira presque toute tension en explosant de son rire caractéristique, comme un enfant devant un spectacle de magie.
- Allons, allons, mes jeunes amis ! Gardons notre calme, une fois de plus : nous ne pouvons pas nous emporter éternellement. La douce Orphée défend sa famille et c'est tout en son honneur. Peut-être que cet Eris passe inaperçu pour les Irokois mais nous savons déjà, à nos dépends, qu'il peut nous échapper sans trop de difficultés ! C'est la raison pour laquelle nous ne voulons pas encore perdre notre temps à le poursuivre.
- Garde en mémoire, enfant, que nos ennemis pourraient lui vouloir quelque mal, rajouta Marcus. Mais je suppose qu'Eris ne laissera pas sa petite sœur au milieu des monstres et qu'il viendra de lui-même jusqu'à nous, pour s'éviter d'avoir accompli un si long chemin… ?
- C'est le comportement typique de mon frère, souffla la jeune fille qui avait vraiment du mal à hausser la voix, pour le coup.
Les anciens avaient une puissance, une autorité qui ne passait inaperçue pour personne et encore moins pour la petite humaine et son vestige de respect à l'égard des plus vieux immortels.
- Peut-on clore le sujet ? S'enquit Aro avec décontraction.
- Grmpf, répondit Amun avec un regard noir pour l'humaine accompagné par d'autres de ses congénères alors qu'Orphée détournait le regard, cherchant un soutien sûr dans les yeux de Marius quasiment en permanence statufié, mais ses yeux justement expressifs.
… …
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… …
La réunion était enfin finie et le clan breton ne s'attarda pas. Orphée se demandait si elle avait le droit de poser la question horrible : « Bon, alors ! Vous vous êtes raconté quoi ? Parce que moi, j'ai pas capté grand-chose, tu vois. » Mais non, finalement, elle n'osa pas.
- Tu as compris quelque chose ? S'enquit Allen en ricanant.
Merci Allen.
- Non. Et je suis épuisée d'avoir entendu toutes les langues du monde. Qu'allez-vous faire maintenant ?
- Moi, je vais chasser ! Vu que vous en avez tous lâchement profité ce matin… Dit Sven avant de disparaitre instantanément.
Les derniers membres regardèrent leur chef qui leur répondit aussitôt :
- Quartier libre pour cette nuit.
Mais peu de joie que Falko exprima sans attendre :
- J'aurais été content dans ma Suède natale. Ou même dans ta Bretagne. Mais dans ce château, je vais finir par devenir claustrophobe…
Elarik ricana mais les trois énergumènes restants étaient déjà partis s'occuper autrement que par l'attente bras croisés, dans un fauteuil. Toutefois l'étrange duo fut loin d'être tranquille : Alice apparu avec son mari, comme par enchantement.
- Salut, Orphée ! Pas trop long cette réunion ?
- Par politesse, je dirais que non, répondit l'humaine avec une expression qui voulait tout dire. Et elle ne put retenir un bâillement dans la seconde suivante qui fit rire les vampires. A croire que la moindre chose qu'ils ne savaient plus faire les amusait…
- As-tu appris le maximum à Benjamin ? Demanda Alice avec un sérieux étrange.
- Heu… Il sait déjà faire beaucoup de chose.
- Tu devrais faire un tour avec lui, dans la nature, en forêt. Ça pourrait servir, s'apprêtait à conclure Alice.
Mais Elarik la retint :
- Qu'as-tu vu ?
- Rien de spécial, mais…
- N'essaye même pas de me mentir, grogna le pirate alors que Jasper se redressait.
- Je n'en sais vraiment rien. Le futur d'Orphée est flou par moment et j'ai juste vu qu'elle possède une technique qui servira à Benjamin. Un peu comme le contact qu'elle a avec son frère, mais avec la forêt ? Finit-elle en regardant l'humaine pour avoir confirmation.
- Oui… j'ai ça en stock. Après, il faudra me laisser me reposer cinq minutes… Dit Orphée en soufflant.
- Super !
Et Alice lui colla une bise sur la joue avant de disparaitre avec son mari, non sans avoir gratifié Elarik d'un grondement bestial pour une créature aussi frêle. Celui-ci pouffa et entraina la jeune fille à sa suite. Celle-ci paraissait avoir perdu sa bonne humeur.
- Que t'arrive-t-il ? Questionna le vampire à la crinière noire, pensant encore être en cause.
- Tout le monde se moque de la « petite humaine » d'Elarik, mais on dirait que vous ne savez pas vous passez de moi. Mon programme de la nuit est tout trouvé, on dirait, souffla-t-elle, déçue.
- Oui, tes occupations de la nuit sont toutes trouvées : tu te reposes. Point.
- A vos ordres, chef, bailla la jeune fille.
- C'est bien la première fois que tu m'obéis si facilement, ricana Elarik qui n'avait pas la moindre envie de la laisser à Benjamin.
Leur dialogue était amusé, mais remplit de doutes et de barrières. Comme si le fait de se retrouver tous les deux allait changer leur monde. Oui, c'était le cas. Mais là, c'était étrangement palpable. Leurs mains soudées depuis le matin avaient pris une température tiède. Leurs corps s'adaptaient, se réhabituaient l'un à l'autre et se raccrochaient, comme avant La nuit.
Ils se jetèrent l'un après l'autre, un coup d'œil afin de se jauger. Mais ils étaient perdus : Orphée ne savait plus quel comportement adopter et Elarik attendait. Oui, le vampire attendait l'étincelle, l'éclair venant du cœur de l'humaine et la petite flamme qu'il voyait parfois bruler dans ses pupilles brun-vert quand il l'approchait, avant Cette nuit.
… …
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Que dois-je faire ? Ecrivait la jeune fille dans le cahier toujours planqué dans la salle de bain. Elarik lui avait laissé le temps de se préparer avant de dormir, non sans lui raconter le départ d'une autre bonne partie des vampires, en plus de l'attente des nouvelles des deux groupes dépêchés vers les Alpes et la Grèce. Il s'était affalé dans le canapé, télécommande en main, alors qu'Orphée prétextait une douche. Elle faisait couler l'eau sans se mettre sous le jet, espérant que le bruit continu empêcherait le vampire d'entendre son stylo-plume griffer le papier.
Elle n'écrivit pas plus n'ayant pas l'envie, l'esprit brouillé par sa journée. Elle passa rapidement sous le jet, savourant l'eau chaude sur son corps, là où elle passa ses mains avant de se laver pour de bon. Sa tête était vide, Orphée n'arrivait plus vraiment à penser et la présence du seul Elarik dans la pièce d'à côté ne l'aidait pas vraiment. Alors elle regarda son corps nu et tatoué en se demandant si elle plairait à son vampire. Surement, au vu de ce qu'il avait failli accomplir. Mais n'était-ce pas cela le plus important ? Le fait qu'il se soit arrêté et qu'à présent il était, certes loin d'être tendre, mais attentif à ses besoins et désirs ? Ne patientait-il pas ? Ses mains arpentaient son propre corps avec sa serviette, geste érotique et rassurant.
Orphée jeta son essuie sur le carrelage humide de vapeur, mit de nouveaux sous-vêtements, son boxer et un débardeur, pour faire irruption dans la chambre-salon brusquement, sans même prendre le temps de se sécher les dreads, laissant une jolie flaque là où elle s'était momentanément arrêtée.
Elarik ne fit pas tout de suite attention à son entrée : les humains étaient bruyants en permanence, alors un son de plus ou de moins… Toutefois, il ne détecta plus aucun mouvement, juste un bruit de gouttes qui tombaient doucement sur le sol. Alors il se releva rapidement sur un bras, pour voir ce que son humaine pouvait bien faire.
Elle le fixait, droite et les yeux ancrés dans les siens, prête à dormir. Elle souffla un bon coup et il détourna le regard pour reporter faussement son attention sur le téléviseur, alors qu'en réalité, Elarik écoutait le bruit des pieds nus qui venaient le rejoindre. Le corps du vampire, allongé sur le dos, un bras derrière la tête et l'autre tenant la télécommande pointée vers l'écran, était prêt à réagir à la présence d'Orphée, comme lui laisser de la place sur le fauteuil.
Il ne put s'empêcher de la regarder avancer vers lui et il écarquilla les yeux devant le spectacle qu'elle lui offrait : les yeux brun-vert rieurs et espiègles, les pommettes hautes à cause d'un sourire déterminé, il ne s'attendait pas à cela. Elarik retrouvait l'Orphée qu'il avait rencontré la première fois dans la forêt. Cela lui semblait si lointain… Mais il n'eut pas le temps de penser, ni même de bouger : elle s'assit sur lui à califourchon et mit ses mains sur son cou de marbre.
- I want your drama, the touch of your hand, murmura-t-elle en s'approchant de lui pour emprisonner ses lèvres d'un mouvement sensuel, remontant ses mains sur le visage du vampire.
- I want your horror, I want your design,… Continua-t-elle à susurrer, reprenant la bouche d'Elarik qui ne réagissait toujours pas.
- Be'cause you're my criminal… heart, finit-elle en l'embrassant à pleine bouche.
Elarik ne pensait plus.
Impossible.
La télécommande chuta sur le sol, laissant un bruit de débris raisonner dans la pièce.
Puis les mains puissantes du vampire vinrent attraper le visage d'Orphée, pour la regarder droit dans les yeux, détachant leurs lèvres violemment. Oui, la petite étincelle qu'il attendait était bien là, présente et plus forte que jamais. Il ne fallait pas qu'il laisse échapper cette chance.
- Embrasse-moi, souffla-t-elle.
Et pour la première fois, le vampire fondit sur sa bouche, emprisonnant la taille de la jeune fille contre lui. À présent, il ne la laissera plus reculer. Il sentit ses bras chauds lui enlacer le cou, alors qu'elle s'allongeait un peu plus sur lui. C'était une danse passionnée, un soulagement brulant qu'ils laissaient enfin exprimer, leur rapprochement terrible dans leur relation peuplée de non-dit.
Leurs bouches seules entamèrent un ballet aventureux, tentant l'autre. Leurs dents se mordillaient, rendant le baiser violent et pressé. Elarik n'osait faire plus, de peur d'effaroucher son humaine qui avait été assez malmenée pour le moment et il s'en mordit les doigts : il luttait pour ne pas la prendre ici et maintenant, pour ne pas la déshabiller sur le champ de son ridicule boxer qui lui laissait entrevoir ses jambes douces qu'il pouvait effleurer de la main.
Et il arrêta réellement de penser lorsque les mains d'Orphée s'insinuèrent sous son pull de lin.
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D'après leur propre estimation, Karan et Anton arriveront en Italie avec leur troupe dans moins de quatre jours.
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* Spéciale dédicace à mon pirate français.
Réponses à vos reviews :
Aurore : Merci, oui, un chapitre assez doux avant que ça pète bientôt. Bah oui, on est pas encore à la fin de l'histoire et les choses vont devenir difficiles pour moi… Y'a trop de personnages -.-' J'aurais du faire une aventure avec deux personnes plutôt que tous les vampires réunis. Pauvre de moi !
La blonde : Oui, Sven n'est pas toujours des plus… corrects. Mais on ne le refait pas, ce type. Oui, un peu de tendresse dans ce monde de brutes sanguinaires, mais que veux-tu… faut bien un peu de calme après et avant la tempête… : )
Loberni : Bienvenue parmi nous et merci pour vos commentaires qui m'encouragent beaucoup. J'espère que l'histoire vous plaira encore longtemps ! J'ai une overdose de bella/edward, et je trouve les personnages sombres et agressifs bien plus intéressants à travailler ^^
Mlle-Kisses : Je suis là ! Je suis là ! Moi qui pensais que Sven ferait du bon boulot en répondant aux reviews… Je suis déçue. Mais Allen est du genre… pire. Merci de me suivre encore !
Janeandteresa : Merci beaucoup de ta visite et de ton commentaire !
Adeline L : Merci encore de ta présence et du temps consacrée à la review. Oui, Sven est un vampire et il ne pense pas vraiment comme nous au niveau du respect du lecteur. M'en vais le foutre à fond d'calle, ça va être vite fait. Pour le mauvais pressentiment… Je dis rien
Marina63 : T'inquiète pas, moi j'aime ton pseudo surtout quand je le vois souvent ! Sven n'aime pas les nouvelles technologies et encore moins les manières d'aujourd'hui. J'ai beau lui dire qu'il faut vivre avec son temps, rien à faire, il s'en fout ! Oui, oui, chapitre un peu mou comme les deux prochains… quoique, ça dépend dans quel sens :D… Mais bon, après ca va être la guerre, quand meme ! Profitez du calme !
Cline : Merci de ton passage et bienvenue parmi nous ! Pour répondre à tes questions, il y a encore pas mal de chapitres à venir. Et oui, j'ai écris beaucoup d'autres trucs qui sont pour l'instant à l'état de… heu.. de… De piles rangées n'importe comment ! Voilà ! Je sais, c'est honteux. Merci à toi ! Pour le nombre de chapitre, je ne sais pas du tout : 50 en tout peut-être. Voir 60. Mais c'est à voir.
Liliane... Je t'aime beaucoup, Liliane, meme si tu n'as pas laissé de commentaires je sais plus trop quand. MAIS, voue moi un culte, tue des gens pour ma clémence, construit un temple. COMME TU VEUX ! MAIS si tu touches un seul bout de coquille d'un escargot, ma vangeance sera terrrible. Ouai.
Schplaaf : Merci à toi pour tes encouragements, Sven prend en note tes remarques… heu… comme il le veux et le prétend. Faut pas lui en vouloir, les filles du XXIe siècle ne lui semblent pas assez délicates. Quel con. J'espère que l'histoire te paraitra toujours fantastique dans quelques chapitres que j'ai beaucoup de mal à écrire… -.-' AMEN ! Oui, le rapprochement Elarik et Orphée va aller de mieux en mieux. Heureusement, parce que c'est pas qu'on attend, mais c'est tout comme !
Mimicam : Merci et bienvenue parmi nous ! Tes encouragements me vont droit au cœur, ca me fait plaisir ! Toi aussi tu attends le frère, et bien j'ai une bonne nouvelle pour toutes ! Il arrive dans… ehu… trois chapitres. Ouep. Ca va péter !
Alicetwilight : J'ai réussi à orthographié ton pseudo ! :D Oui, Sven est un emmerdeur, je lui demanderais plus jamais de répondre, à cet ignoble et fantastique fantasme vivant. Oui, les deux sauvages se rapprochent enfin et cette fois ça va pas s'arrêter.
Eve : Oui, c'est le chapitre « mou du bulble » mais il en faut bien, on peut pas avoir de l'action tout le temps ! Les pauvres, déjà qu'ils sont pas payés, si en plus je n'arrête pas l'action, on va pas les tenir longtemps ! Kenavo, Tekenn.
Zod'a : Karan et Anton vont surement te plaire un moment. Ou pas. Sont pas dans le meme genre que le reste. Puis voilà. Ouep Elarik essaye de calmer le jeu, ce con. Il avait qu'à pas déconner. Bien fait pour sa gueule.
WOWOWOOO ! Restez là. Oui, vous toutes. Faut qu'on parle.
Malgré mes efforts et ma rage d'écrire, j'ai constaté que… j'en suis désolée… Je vais devoir Sévir. Vais-je devoir retaper des menaces à chaque chapitre ? Vais-je devoir buter quelqu'un toutes les deux phrases ?
Parce que voilà, les chiffres sont là : cinq petites reviews au dernier chapitre ! Falko a rugit à fêler les vitres ! Père vitor s'est enfermé dans la cuisine et moi je désespère : ouep. Parce que y'a trop de monde dans cette fic'. Et dans trois chapitres ça va être le bordel. J'ai pas envie de m'y mettre parce qu'il faut que je réfléchisse. Bah oui. Moi non plus j'aime pas mettre mon cerveau en surchauffe. Donc vous allez bosser un peu bandes de larves ! Merchi ! :D
Laissez une trace de votre passage ou je vous pulvérise la gueule je vous arrache les dents à la pince à épiler jevous envoi les Irokois ou ERIS n'ArriVera Jamais !
Et j'écartèle Eve et Zod'a qui arrivent toujours à me faire poster, même quand j'ai pas envie et que je n'ai pas le temps.
