Chapitre 32 : Le début d'une nouvelle vie
Comme tous les jours à cette heure là, Océane quittait la grande maison vide de l'impasse du Tisseur. Il était encore très tôt, et il faisait sombre. Elle serra un peu plus son manteau contre elle et releva son col aussi haut qu'elle le pouvait. Puis, en faisant attention à ne pas glisser sur le perron verglassé, elle descendit dans la rue. Il faisait très froid, même pour un mois de décembre, mais pour rien au monde la jeune femme aurait accepté de passer une journée entière dans cette maison, sa maison… Sa main se serra un peu plus sur son manteau.
Depuis qu'elle était mariée, les jours s'écoulaient lentement et toujours de la même manière. Le matin, de très bonne heure, Severus quittait la maison pour se rendre à Poudlard pour y donner ses cours. Il ne revenait qu'en soirée, et jamais avant. Il disait qu'il continuait à travailler sur ses potions dans le laboratoire de son bureau. Océane avait appris qu'avant leur mariage, il utilisait ses appartements à Poudlard. Désormais il transplanait matin et soir pour pouvoir passer du temps avec elle.
Même si elle ne voulait pas tellement se l'avouer, elle appréciait l'attention. Au fur et à mesure de leur cohabitation, Océane avait appris à mieux connaître son mari. Il avait toujours cet air sévère qui ne forçait pas la sympathie, il n'avait pas beaucoup d'humour et était souvent d'humeur maussade. Mais il était intelligent et cultivé. Océane avait eu avec lui des conversations qui lui avaient plu.
Pourtant leur relation n'allait pas plus loin. Severus avait bien tenté à ne nombreuses reprises de la séduire, mais la jeune femme était farouchement hermétique à ses propositions. Ils faisaient d'ailleurs toujours chambre à part et le seul geste tendre qu'elle lui autorisait était un baiser sur le front, uniquement quand ils étaient en public, ce qui arrivait rarement. Pourtant, personne parmi les gens qu'ils rencontraient ne pouvait imaginer qu'ils n'étaient pas un couple ordinaire. En effet, la grossesse d'Océane commençait à se voir et les parents de la jeune femme, dans un désir de faire croire que cet enfant n'avait pas été conçu hors des liens du mariage, avaient largement répandu la nouvelle.
Océane se souviendrait toute sa vie du regard enchantée de sa belle-mère quand elle avait su qu'elle allait être grand-mère. La jeune femme avait eu beaucoup de mal a accepté ses félicitations tellement sincères. Mais, elle avait promis à son père et à Severus de ne rien dire concernant l'enfant qu'elle portait.
Si au départ elle avait trouvé l'idée absurde, après tout elle n'avait pas honte de son amour pour Sirius, elle avait finalement réfléchit et s'était rangée à leur idée. Après tout, même s'il n'était pas biologique, son enfant aurait un père et un nom. Elle savait que la société sorcière était très puritaine. Un enfant sans père était systématiquement rejeté et la cible des médisances et des moqueries. Océane voulait le préserver de tout cela.
Elle soupira.
Depuis Halloween, Océane avait murit. Elle le sentait vraiment, elle s'était plus celle qu'elle était avant. Cette nuit là, elle avait irrémédiablement changé et maintenant qu'elle était deux, elle ne pouvait plus se permettre de ne penser qu'à elle.
Océane marchait lentement dans les rues sous les décorations de fêtes de fin d'année que l'on commençait déjà a enlevé. Il faisait encore froid, mais elle préférait marcher pour se détendre un peu. En effet, la jeune femme se rendait au Ministère et comme à chaque fois, cela la mettait dans tous ses états.
Parce qu'elle avait vécu avec Sirius, on la convoquait régulièrement pour l'interroger sur les agissements des mangemorts. Océane ne leur était jamais utile, mais ils continuaient à la convoquer et elle ne pouvait se permettre de ne pas y aller. Elle n'avait pas envie d'avoir plus de problème qu'elle n'en avait déjà.
Dès que la jeune femme eut rejoint une zone plus fréquentée par les moldus, elle trouva un endroit sombre, elle transplana. Arrivée au Ministère, elle se dirigea comme toujours vers le département de Justice Magique. Elle connaissait le chemin par cœur. D'un air las, elle pénétra dans la salle d'attente et regarda tout autour d'elle pour retrouver le visage de la secrétaire qui s'occupait d'elle d'ordinaire, mais elle ne la trouva pas.
- « Océane ?! » s'exclama alors une voix derrière elle.
La jeune femme sursauta et te retourna immédiatement, le cœur battant à tout rompre.
- « Remus ? » souffla-t-elle stupéfaite « Par Merlin ! »
Encore sous le choc, elle vit le jeune homme s'approcher d'elle à grands pas et la serra dans ses bras.
- « Alors ça ! Si je m'attendais à te voir là ! » souffla-t-il avant de s'éloigner un peu d'elle.
Océane le fixa les yeux brillants et un large sourire aux lèvres. C'était si bon de le revoir après tout ce temps. Elle n'en revenait pas.
- « Tu es splendide ! » la complimenta Remus en la fixant « Je n'en revient pas de te revoir ! »
- « Je suis très surprise aussi ! » répondit la jeune femme.
Tous les deux se mirent à sourire et allèrent s'asseoir sur des chaises voisines sans se quitter des yeux.
- « Qu'est-ce que tu deviens ? » demanda alors Remus d'un air grave « J'ai perdu ta trace après… ce qui s'est passé. J'avais peur qu'il ne te soit arriver quelque chose. Il s'est passé tellement d'horreur ce jour là »
Océane hocha simplement la tête.
- « Non, comme tu vois, je vais bien » souffla-t-elle.
- « Quand j'ai appris pour James et Lily, ça a été un vrai choc pour moi. J'ai mis du temps à réaliser. Quand je suis allé à ton appartement pour avoir de tes nouvelles, je n'y ai trouvé que des aurors. Et avec ce qu'avait fait Sirius… J'ai vraiment eu très peur. »
La jeune femme baissa alors les yeux. Elle n'aimait pas entendre les gens parler de Sirius comme d'un assassin, alors qu'elle était toujours intimement convaincu qu'il était la victime d'un immense malentendu.
- « Enfin, l'essentiel est que tu ailles bien ! » souffla Remus après un moment «J'ai cherché ta trace pendant dans jours ! Ils ne t'ont pas laissé retourner dans l'appartement ? »
.- « Non, j'en ai été chassé par le Ministère » murmura la jeune femme.
- « Tant mieux ! Il ne fallait pas que tu restes chez lui , on ne sait jamais »
Il y avait tant de haine dans sa voix quand Remus parlait de son ami que cela fit mal à Océane qui préféra tenter de le faire parler d'autre chose.
- « Et est-ce que tu as des nouvelles de Harry ? Le pauvre chéri… »
Une ombre de tristesse passa sur le visage de Remus et Océane se doutait qu'il devait en être de même pour eux. Tous ces évènements douloureux étaient encore trop récents pour pouvoir en parler sereinement.
- « Etre orphelin à son âge… C'est tellement injuste ! » termina-t-elle avec une rage contenue.
- « Avoir des informations a été difficile, mais j'ai réussit à en discuter avec le professeur Dumbledore. Il l'a placé chez Pétunia, la sœur de Lily. »
- « Chez sa sœur ? Mais je croyais qu'elles ne s'entendaient pas du tout ?! »
- « Effectivement. Mais Dumbledore pense qu'il vaut mieux qu'il grandisse là bas, loin de l'agitation qui règne autour de lui ici. Tu as entendu parler des surnoms qu'on lui donne ? »
- « Le Survivant ? oui…Il est déjà célèbre alors qu'il parle à peine… Dumbledore a peut être raison de vouloir le préserver que tout cela, mais de là à le placer chez des moldus ! »
- « Il prétend qu'il n'y a pas d'endroit plus sur pour lui. » souffla Remus.
- « Mais Lily et James ne voulaient pas que ce soit elle qui se charge de leur fils… »murmura Océane avec tristesse.
Remus laissa alors échapper un ricanement moqueur.
- « De toute façon, rien ne pourrait être pire que Sirius ! Les pauvres ! S'ils avaient su qu'ils ont demandé à un assassin d'être le parrain de leur fils ! »
Océane le fixa alors un long moment d'un air choqué. Il s'en rendit compte et soupira.
- « Excuse moi… » lança-t-il « Comment tu te sens par rapport à tout ça ? Je sais que tu étais très amoureuse de lui »
La jeune femme eut alors envie de lui crier qu'elle était toujours follement amoureuse de Sirius et qu'elle était malheureuse de devoir faire croire à tout le monde qu'elle l'avait oublié. Il lui manquait au-delà des mots, elle souffrait atrocement de son absence et chaque parcelle de son corps et de son coeur le réclamait. Mais elle savait que tout cela serait inutile. Aussi se contenta-t-elle de murmurer.
- « Je me débrouille comme je peux ».
- « Nous en sommes tous là tu sais » lui répondit-il. « C'est dur pour nous tous. J'ai tout perdu ce jour là moi aussi. Tous mes amis ne le sont plus ! Ils tenaient tellement de place dans ma vie que parfois je me demande encore pourquoi je vis encore… »
- « Remus ! » s'exclama Océane, choquée.
Dans la salle, quelques personnes surprises par cet éclat de voix se tournèrent vers eux avant de s'en retourner à leur morne attente.
- « Comment est-ce que tu peux dire ce genre de chose ? » ajouta-t-elle.
Elle l'avait toujours trouvé le plus mâture de tous, le plus réfléchi. L'entendre parler de la sorte était tout à fait inhabituel. Il était impensable qu'il puisse avoir pensé à cela. Elle y avait déjà songé mais lui ne le pouvait pas… Il était tellement plus solide qu'elle !
- « Je me suis vraiment demandé ce qui pouvais me retenir dans un monde où les meilleurs amis du monde se déchirent et où un jeune enfant se retrouve orphelin à un an » murmura-t-il d'un air un peu absent. « Et puis finalement, je me suis dit qu'un jour, Harry aurait sans doute envie d'en savoir un peu plus sur ses parents. Et je voudrais être là pour lui en parler »
- « Je comprends » murmura la jeune femme. « Et en attendant, que vas-tu faire ? »
- « J'envisage de partir un peu à l'étranger pour m'éloigner de tout cela. Visiter quelques pays, prendre du recul. Je suis là pour faire les papiers nécessaires. Tu te doutes bien que dans ma… conditions, on ne me laisse pas partir sans faire des tonnes de paperasses… »
Océane esquissa un faible sourire. Elle savait qu'il en parlait avec plus ou moins de légèreté mais que tout cela lui pesait beaucoup.
- « Quand je reviendrais à Londres, nous pourrions peut être nous revoir, non ? » proposa-t-il alors
- « Bien sur ! » souffla-t-elle.
- « Dans ce cas, donne moi ton adresse et je t'enverrais un hibou… »
- « C'est-à-dire que… »
Elle s'arrêta un moment. Elle était mal à l'aise et ne voulait pas lui parler des derniers changements dans sa vie. Elle hésita à répondre, Remus le vit et fronça les sourcils d'un air surpris.
- « Mrs Rogue ? » appela alors une secrétaire de l'autre bout du couloir.
Océane se raidit immédiatement. Elle lança un regard coupable à Remus qui fronça les sourcils de surprise. Affolée, la jeune femme se tourna vers la secrétaire qui lui fit signe de venir en souriant.
- « Mrs Rogue, c'est à vous ! » insista-t-elle d'un air aimable.
Océane ferma fortement les yeux pendant quelques secondes et grimaça puis se retourna vers Remus qui la regardait d'un air stupéfait.
- « Mrs Rogue ? » murmura-t-il.
- « Remus… Je… Je… » bafouilla Océane.
Mais elle ne trouvait pas les mots pour lui expliquer la situation. Et Remus continuait à la fixé avec un mélange de surprise, de reproche et d'incompréhension.
- « Mrs Rogue je vous en prie ! »insista alors la secrétaire qui semblait tout d'un coup bien moins aimable.
- « Il faut que j'y aille » lança alors Océane à son ami avec précipitation « Mais… je t'expliquerais ! Je… attends moi d'accord ? »
Mais Remus ne répondit pas. Alors la jeune femme s'éloigna de lui à regrets. Il devait s'imaginer des choses horribles, il ne devait rien y comprendre et c'était tout à fait normal. Severus était aussi un de ses ennemis déclaré et elle n'avait cessé de leur dire qu'elle n'éprouvait rien pour lui, qu'il lui était totalement indifférent. Avant d'entrer dans le bureau que la secrétaire lui désignait, elle se retourna vers la salle d'attente. Juste à temps pour voir Remus quitter la pièce sans lui adresser un seul regard.
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Il faisait beau en ce 6 juillet 1982.
Par la fenêtre ouverte, Océane sentait la chaleur de l'été envahir la pièce. Elle avait tout pour être heureuse ce matin là pourtant, elle ne parvenait pas à cesser de pleurer. Allongée sur son lit, elle serrait son drap dans son poing et pleurait à chaudes larmes. Tout avait commencé quand sa fille était venue au monde.
Elle avait eu les premières douleurs de son accouchement dans l'après midi de la veille. Sa mère, qui l'avait convaincu de donner naissance à son enfant chez elle se trouvait à ses côtés. C'était elle qui avait fait prévenir une sage-mage et Severus. Ils étaient arrivés très rapidement et la future maman avait très rapidement prise en charge.
Près d'elle, tandis que sa fille venait au monde, il n'y avait que la sage-femme, Océane n'avait voulu personne d'autre. Elle avait souffert, beaucoup. Pleurer aussi, énormément. Elle avait surtout pensé à celui qui aurait du être près d'elle mais qui ne l'était pas.
Sirius avait littéralement envahi toutes ses pensées. Elle avait même gémit son prénom à de nombreuses reprises. Lorsqu'enfin le bébé poussa son premier cri, Océane bien qu'épuisée, se redressa dans son lit. Joliment emmaillotée dans une couverture très douce, la sage mage lui confia la petite qui la fixa d'un air boudeur, comme pour faire comprendre qu'elle ne voulait plus être dérangé. Océane lui avait sourit, les yeux humides et avait posé un baiser sur son front. La sage-mage l'avait regardé d'un air attendri avant de s'éclipser discrètement.
Une fois seule, Océane observa alors à loisir la petite chose qui remuait doucement dans ses bras. Elle remarqua immédiatement la ressemblance avec son père. Les mêmes yeux, la même bouche, le même duvet noir et fin sur sa petite tête. Elle lui avait alors murmuré qu'elle était belle et qu'elle l'aimait. Puis lui avait donné le sein pour la toute première fois en ressentant à la fois un immense bonheur et une grande peine.
Sa mère était alors venue voir sa petite fille et s'était aussi extasié devant la beauté de la petite. Océane était exténuée, et n'avait plus qu'une seule envie, dormir…
Elle demanda donc à sa mère de placer le bébé dans son petit couffin et de venir le placer près de son lit. Elle avait besoin de la savoir près d'elle. Flumena lui demanda alors si elle voulait voir Severus. Océane refusa catégoriquement : il n'avait pas sa place près d'elle à cet instant. Flumena n'insista pas et après avoir poser un baiser sur son front quitta la pièce, les laissant seules toutes les deux.
Malgré la fatigue, Océane n'avait pas réussit à s'endormir. Elle s'était contentée d'observer son bébé dormir, regrettant de plus en plus que la vie l'ait empêché de partager ce moment merveilleux avec son amoureux. Et comme à chaque fois qu'elle se sentait fragile et qu'elle pensait à Sirius et se mettait à pleurer.
C'est parce qu'elle venait de réaliser que jamais sa fille ne rencontrerait son vrai père qu'elle pleurait se matin là. Océane savait qu'elle devait se reprendre et se montrer forte mais elle avait beaucoup de mal à se calmer. La fatigue, le stress, les hormones, tout cela faisait qu'elle ne se sentait plus maitresse de ses émotions malgré tous les efforts qu'elle faisait pour surmonter tout cela. Elle sursauta quand la porte de la chambre s'ouvrit. Océane se redressa dans son lit et aperçut la sage-mage entrer dans la pièce. Immédiatement, elle essuya son visage du revers de la main.
- « Alors Mrs Rogue ? Toujours aussi émue ? » demanda la sage-mage d'une voix douce.
- « Je suis désolée » s'excusa Océane.
- « Ne le soyez pas ! C'est tout à fait normal, cela arrive à beaucoup de femmes… »
La jeune maman esquissa un faible sourire.
- « Ces premières heures se sont bien passées ? » demanda alors la sage-mage.
- « Très bien… Je crois que je me suis plutôt bien » répondit Océane en tournant la tête vers le berceau de sa fille qui venait de se rendormir après sa tétée.
- « Vous avez une très jolie petite fille » la complimenta la sage-femme.
- « Merci » murmura Océane.
- « Je voulais vous voir pour vous dire que je vais rentrer chez moi. Vous avez mon adresse, si jamais vous avez besoin de quoique se soit, vraiment, n'hésitez pas à me demander de revenir. Il arrive que les jeunes mamans aient un peu de mal les premiers jours, surtout quand il s'agit d'un premier enfant. Mais votre mère m'a dit qu'elle allait rester près de vous quelques jours, elle pourra vous apporter son aide »
- « Très bien » souffla Océane. « Merci beaucoup »
- « Oh, je vous en prie, c'est mon travail. » lui répondit la sage-mage « En attendant, pendant quelques jours, il faut absolument que vous vous reposiez bien pour vous remettre parfaitement et d'être en pleine forme. »
Océane hocha la tête doucement et après avoir une nouvelle fois remercié cette femme qui avait si bien pris soin d'elle, elle la laissa partir et décida de se lever un peu. Elle attrapa sa baguette et fit venir à elle sa robe de chambre dont elle se vêtit. Puis, elle quitta enfin le lit et après avoir caresser tendrement le poing de sa fille endormie et quitta la pièce pour se rendre dans la salle de bain. Là, elle se vit dans le miroir et fut choquée de voir ses yeux gonflés et rougis, et son teint pâle. Elle était horrible. Encore une fois, ses yeux se remplirent de larmes mais cette fois, Océane ne se laissa pas aller. Elle frappa du plat de la main sur le rebord du lavabo.
- « Non ! » gronda-t-elle.
Elle ravala alors ses larmes et prit une grande inspiration. Puis elle ouvrit les robinets et s'aspergea abondamment le visage d'eau. Elle bu un peu aussi en recueillant du liquide dans le creux de ses mains. Elle se donna un coup de peigne et trouva tout à coup qu'elle était bien plus présentable. Elle esquissa un sourire et réajustant son peignoir et quitta la salle de bain. Elle fut surprise, en avançant dans le couloir, de voir la porte de sa chambre grande ouverte. Elle y pénétra et se mit à sourire en voyant sa mère, penchée au dessus du berceau blanc.
- « Elle est belle hein ? » murmura-t-elle avec fierté.
- « C'est un vrai petit ange ! » assura Flumena en se tournant vers elle « Je n'ai pas pu m'empêcher d'entrer. Je l'ai vu si peu cette nuit, je mourrais d'envie de la revoir ! »
- « Tu as bien fait » lui répondit sa fille en s'approchant d'elle et se pencha à son tour vers son bébé endormi.
- « Vas-tu finalement avouer le prénom que tu souhaites lui donner ? »demanda Flumena d'un air amusé.
Océane se mit à sourire et caressa tendrement le petit point serré de sa fille. Elle fit languir sa mère quelques secondes avant de répondre finalement dans un murmure.
- « Lalyh »
- « Lalyh ? » répéta Flumena
Océane hocha la tête en souriant encore plus. Elle avait trouvé ce prénom peu de temps auparavant et elle l'avait trouvé charmant. Il sonnait bien à son oreille. Et maintenant qu'elle avait sa fille devant elle, elle trouvait que personne mieux qu'elle ne pouvait porter ce prénom…
- « C'est joli » murmura sa mère.
- « Merci »
- « Il faudra penser à faire tous les papiers nécessaires maintenant qu'elle a un prénom. Ton père propose de s'en charger, il dit que cela ne le dérange pas d'aller régler tout ça. Qu'en penses-tu ? C'est une bonne idée, non ? Ou tu crois que Severus voudrait s'en charger ? »
- « Honnêtement Maman, je n'en sais rien ! Pour ma part, ça m'est égal de savoir qui se chargera de cela. Dis à Papa de voir ça avec Severus » répondit la jeune femme sans quitter son amour de petite fille des yeux.
- « Très bien, je vais aller leur dire. Tu veux descendre manger un peu ?Il faut que tu prennes des forces tu sais… »
- « Je vais très bien Maman, je descendrais tout à l'heure. Pour le moment, j'ai juste envie de passer du temps avec elle. » répondit Océane.
- « D'accord… »
La jeune femme observa alors sa mère quitter la chambre. Puis elle agrippa le berceau et l'approcha d'un fauteuil qui se trouvait près de la fenêtre. Elle s'y installa alors et c'est alors que dans son sommeil, la petite bougea un peu. Elle avait une moue boudeuse sur son visage parfait, une moue boudeuse qui signifiait clairement qu'elle serait de fort mauvaise humeur si jamais on devait la réveiller. Océane se mit à sourire.
Ce visage boudeur, elle l'avait déjà vu des centaines de fois. C'était exactement celui de Sirius. Océane poussa un soupir. Elle ne se lassait pas de la regarder. Elle la dévorait du regard sans parvenir à s'en rassasié.
- « Je t'aime ma chérie » murmura-t-elle alors à Lalyh « Si tu savais comme je t'aime ! Tu es adorable ! Et tu es si belle ! Tu es aussi belle que ton père est beau ! Une vraie petite Black… »
A cet instant, un raclement de gorge la fit sursauter. Elle releva la tête et croisa alors le regard froid et sombre de Severus. Elle se mordit la lèvre d'embarras, qu'avait-il exactement entendu ? Elle n'osa pas le lui demander.
- « Ton père m'a dit qu'il allait s'occuper des documents administratifs » se contenta-t-il de grogner en croisant les bras sur son torse.
- « Très bien » souffla Océane.
Il y eu un moment de silence et de mal aise.
- « Tu n'as toujours pas vu le bébé » annonça-t-elle alors « Approches toi si tu veux… »
Severus ne prononça pas un mot et il s'approcha du berceau. Il y jeta un coup d'œil sous le regard attentif d'Océane. Elle le scrutait avec intérêt et elle fut choqué de voir la lueur de colère qui s'illumina dans les yeux de Severus. Il donnait l'impression d'en vouloir au bébé. Son attitude était tellement froide, tellement hostile qu'Océane ne pu s'empêcher d'intervenir.
- « Severus, je… »
Mais le jeune homme la coupa.
- « Je voudrais que tout soit bien clair entre nous et je ne tiens pas à le répéter » lança-t-il d'un air sévère et autoritaire « Cette enfant ne devra jamais savoir qui est son véritable père. Jamais ! »
Océane tressaillit.
- « Aux yeux du monde, elle est ma fille, je veux que ce soit le cas pour elle également. Elle ne devra jamais savoir. Elle porte mon nom, et je subviendrais à ses besoins alors j'exige qu'elle soit persuadée que je suis son père ! »
La jeune femme le fixa d'un air grave.
- « Océane ! Je veux te l'entendre me promettre ! » gronda-t-il.
- « Severus… »
- « Promets-le ! »
Il y avait dans son regard une vraie menace et une vraie colère. Océane su alors que jamais il n'aimerait sa fille, et qu'à chaque fois qu'il la verrait, il lui ferait payer le fait d'être la fille de son ennemi. Mais il avait raison, il s'occupait d'elles et veillaient à ce qu'elles ne manquent de rien. La jeune femme savait qu'elle ne pouvait pas se permettre d'être mise à la porte. Elle prit une grande inspiration.
- « C'est promis » souffla-t-elle à contre cœur.
Il hocha la tête d'un air entendu avant de faire demi-tour et de se diriger vers la sortie.
- « Au fait, elle s'appelle Lalyh ! »lui annonça Océane au moment où il passait la porte.
Quand cette dernière claqua, Océane eut un immense sentiment de désespoir et d'abandon. Elle se sentait encore plus seule qu'avant, elle ne l'aurait jamais cru. C'est donc en soupirant qu'elle prit sa fille dans ses bras. Le bruit de la porte l'avait réveillée et elle s'était mise à pleurer bruyamment.
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C'est en gravant un 365ème petit trait sur le mur de sa cellule que Sirius su que ce jour là était celui d'Halloween. Il soupira violemment et laissa tomber la fourchette dont le manche avait été abimé et poli par ses tentatives de graver la roche. Péniblement, il se redressa du coin de la pièce où il s'était niché et difficilement se trainait sur la paillasse qui lui servait de lit.
Un an déjà.
Il s'en passait des choses en un an… Tant à l'extérieur qu'à l'intérieur d'Azkaban. Sirius l'avait bien sentit. Des changements avaient été opéré, le monde au dehors ne devait plus tout à fait être celui qu'il avait connu et pour cause. Depuis son arrivée à la prison, il en avait vu débarqué des mangemorts. Il s'en était fait une joie à chaque fois, maigre réconfort dans son infortune. Il avait été presque heureux de voir arriver Bellatrix, son mari et son beau-frère, étonné de voir le fils Croupton dont il connaissait les convictions du père. Il avait trouvé tout à fait normale toutes les condamnations qu'il avait supposées en les voyant arriver, les uns après les autres, certains pleurant qu'ils regrettaient ce qu'ils avaient fait, d'autres clamant haut et fort que leur de la vengeance sonnerait.
Sirius s'était contenté de les regarder passé sans faire de commentaires. Lui qui avait été injustement condamné éprouvait un maigre réconfort en voyant ses monstres moisir tout comme lui au fond de geôle humide et moisie.
Cela faisait un an déjà et pourtant, Sirius attendait toujours l'arrivée de certains mangemorts avérés qui n'étaient pas encore passé devant sa cellule.
Qu'était devenu Lucius Malefoy ? Sans doute ses nombreuses relations au Ministère lui avait valu d'éviter une condamnation. Ils devaient être nombreux dans ce cas… Goyle, Crabbe, MacNair… Les noms de tous ces gens qu'ils avaient si souvent traqué, espionné, guetté et dont les méfaits étaient avérés. Comment avaient-ils pu s'en sortir ? La vie était tellement injuste.
Et Rogue ? Pourquoi Rogue n'avait-il toujours pas rejoint Azkaban ? De tous ceux dont Sirius guettait l'arrivée depuis son cachot, c'était bien lui. Mais une année s'était écoulée maintenant… Sirius avait compris qu'il s'en était sorti lui aussi.
Allongé sur son lit de fortune, Sirius soupira.
Il y a un an, il était un homme heureux. Il avait les meilleurs amis du monde et une femme qui l'aimait. Aujourd'hui, il ne pouvait passé plus de deux heures de suites sous forme humaine sans que les Détraqueurs ne s'en prennent à son moral déjà fragile… Il ne devait qu'à sa forme animagi d'être encore sain d'esprit à ce jour, il le savait bien. Les pensées plus brutes, moins complexes de Patmol le protégeait de la dépression. Pourtant, quand il reprenait forme humaine, c'est toujours le même désespoir et la même culpabilité qui s'abattait sur lui.
Il ne se passait pas un jour sans qu'il ne pense à ce jour là… Ce jour où il avait changé sa place avec Peter, ce jour qui les avait tous conduit à leur perte. Où était-il d'ailleurs ce traite ? Bien caché sans doute, caril était sensé être mort. Sirius espérait de toutes ses forces qu'il n'ait pas réussit à vivre sous sa forme animal et qu'il soit mort, tuer par les autres rats ou par un sorcier désirant se débarrasser de ces nuisibles. Après ce qu'il avait fait, Sirius estimait qu'il ne méritait pas de mourir comme un homme.
Sentant la colère monter en lui, Sirius prit une grande inspiration pour se calmer. Il avait appris à ses dépens que de trop mauvaises pensées excitaient les détraqueurs alors il avait apprit à se contenir pour sa survie d'une part, et pour pouvoir conserver intacte toute la rancœur qu'il nourrissait à son égard car Sirius neperdait pas espoiur de pouvoir un jour se venger. Il ne savait pas encore comment, mais la seule pensée qui lui permettait de survivre dans cette univers morbide et glauque était l'envie de voir la vérité éclater au grand jour. Et même si cela ne devait jamais arrivé, cette pensée était la seule à laquelle Sirius pouvait se rattacher. Il était innocent, c'était tout ce qui lui restait depuis un an.
Cela ne faisait qu'un an, mais Sirius avait l'impression d'en avoir vieillit de dix. Ses membres étaient souvent ankylosé et devenaient faible à cause du manque d'exercice. Il n'était presque plus qu'un tas d'os recouvert de peau. Sirius avait conscience que le temps du jeune homme séduisant qui avait fait le malheur de nombre de jeunes femmes avait disparut. Elles ne se seraient jamais intéressé à lui si ellesavaient pu le voir dans cet état… Sauf peut être Océane…
Sa belle Océane… Le bébé avait du naitre depuis longtemps. Souvent Sirius y pensait. Il se demandait si elle avait eu le courage de le garder malgré tout. On devait dire partout qu'il était un dangeraux criminel, elle avait du refaire sa vie avec un gentil garçon… Les soupirants ne devaient pas manqué, un enfant de « mangemort » aurait pu la gêner pour refaire sa vie…
Sirius était bien incapable de deviner ce qu'avait fait Océane depuis la dernière fois où il l'avait vu. Elle espérait seulement qu'elle était heureuse, même sans lui, parce qu'elle le méritait.
Et que même si elle avait gardé ce bébé, c'était sans doute une bonne chose qu'il ne l'ai pas élevé. Il n'aurait jamais été un bon père ! Comment aurait-il pu ? A part James, les autres modèles qu'il avait eu avait été désastreux… Et il aurait surement suivit leur modèle alors finalement, c'était sans doute mieux qu'il n'ait pas eu à annoncer à Océane que finalement il préférait ne pas avoir d'enfant.
Sirius croisa les mains derrière sa nuque et ferma violemment les yeux. Tout cela lui faisait du mal de penser à cela. Comme toujours, quand il ressassait ses vieilles pensées, il avait comme l'impression qu'un trou profond et douloureux se formait dans sa poitrine et dans son ventre. Quand cela se produisait, il fermait encore plus fort ses paupières jusqu'à ce que des étincelles lui apparaissent. Et puis la douleur augmentait, encore et encore jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Alors il ouvrait les yeux précipitamment et se releva. Presque aussitôt, attiré par la forte décharge de chagrin et de douleur, les détraqueurs apparaissaient. Sirius faisait alors place à Patmol et tout devenait plus supportable. Il se roulait en boule dans un coin de la cellule et enfouissait son museau entre ses pattes. Il ne lui restait plus qu'à attendre. Encore et toujours attendre…
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- « Mama ! Mama, a'garde ! »
Océane se mit à sourire et installa un peu mieux Lalyh contre ses hanches.
- « J'ai vu ma belle, j'ai vu ! » lui répondit-elle en souriant « C'est joli, hein ? » répondit la jeune femme en souriant.
Fleury & Bott faisait la promotion d'un livre de conte pour enfant d'un auteur à succès. Pour célébrer l'évènement, il avait installé sur la rue, en prolongement de leur devanture une figurine de carton grandeur nature, à moitié animé qui envoyait des signes de mains et des sourires aux passants. Lalyh était en admiration devant cette animation et Océane se régalait de son regard émerveillé. Elle replaça un peu mieux son petit chapeau et rattacha le premier bouton de son gilet qui était détaché. Puis elle planta un baiser sur sa joue et lui adressa un clin d'œil auquel sa fille répondit par un léger éclat de rire.
Lalyh était son rayon de soleil. Depuis sa naissance, elle lui apportait tellement de joie et de bonheur qu'elle se demandait comment elle avait pu vivre sans elle auparavant. C'était une petite fille très curieuse et très éveillée. Intrépide, elle demandait une surveillance de tous les instants, mais elle était sa raison de vivre. Et cela faisait quatorze mois désormais…
L'arrivée de sa fille avait totalement chamboulé l'ordre tranquille qui avait toujours régner dans la maison de l'Impasse du Tisseur. Des cris, des pleurs, des rires, la vie tout simplement l'avait envahi. Et il n'y avait que Severus pour ne pas s'en réjouir.
Les premières craintes d'Océane concernant les ressentiments de Severus vis-à-vis de Lalyh étaient fondés. Il n'aimait pas la fillette et si la plupart du temps il se contentait de l'ignorer, il lui arrivait de plus en plus souvent de s'emporter devant elle. Il la terrifiait. Lalyh ne voulait jamais rester trop près de lui et il était inconcevable de les laisser seuls tous les deux dans la même pièce. C'était une situation très délicate et lorsque Severus rentrait de Poudlard le soir, mais aussi les week-ends et pendant les vacances, l'ambiance devenait très tendue chez eux. Océane le déplorait mais savait qu'elle n'y pouvait rien. Lalyh aurait pu être un bébé modèle, il continuerait à ne pas l'aimer. Parce qu'il n'arrivait pas à se défaire de l'image qu'il avait quand il la voyait… Et que cela ne changerait pas, car plus le temps passait, plus la ressemblance entre Lalyh et son père biologique s'accentuait.
- « Mama ! »
Lalyh posa sa petite main sur son visage et Océane sursauta.
- « Excuse moi mon ange, Maman pensait à autre chose ! » s'excusa-t-elle en souriant. « On y va ? »
Et elle reprit la route sur le Chemin de Traverse. Océane voulait profiter des derniers jours de beau temps pour sortir en plein air avec la petite. Et puis en journée, elle aimait bien être hors de la maison. Elle avait l'impression d'être un peu plus libre, moins enfermée pour être exacte. Et c'était toujours de très bons moments qu'elle passait avec sa fille.
Elle continuait à arpenter l'allée sorcière quand tout à coup, une silhouette lui parut familière. Intriguée, la jeune femme changea un peu de direction pour s'en rapprocher un peu. Lorsqu'elle n'en fut qu'à quelques pas, elle reconnut alors Remus.
Il était plus pâle de d'habitude, la Pleine Lune devait être proche. De nouvelles cicatrices lui barraient le visage et il avait un air triste et abattu. Cela faisait plus de deux ans qu'elle ne l'avait pas vu. Depuis ce jour au Ministère où elle ne l'avait vu que quelques minutes, elle n'avait plus eu de nouvelles de lui. Peut être lui en voulait-il tellement de s'être mariée à Severus qu'il ne voulait plus lui parler. En tout cas depuis ce jour là, c'était le silence radio. Océane, qui s'était arrêtée quand elle l'avait reconnu hésita à aller le voir. Il s'était passé tellement de chose, ils avaient changé tous les deux, ils n'avaient peut être plus rien à se dire…
Elle ne savait toujours pas si elle devait aller vers lui ou faire demi-tour quand ce dernier lui facilita son choix. Il se tourna si brusquement qu'elle n'eu pas le temps de réagir et laissa immobile, Lalyh dans ses bras et l'air surpris. Il la fixa un moment avant que son regard ne se pose sur sa fille. Il fut étonné, puis fronça les sourcils et après avoir à nouveau plongé son regard dans le sien, il se rapprocha d'elle.
- « Ca alors ! Si je m'attendais à ça ! » souffla-t-il lorsqu'il fut tout près. « Océane c'est…. Surprenant de te revoir ! »
- « Pour moi aussi » lui répondit la jeune femme.
- « Tu as l'air en forme »
- « J'aimerais en dire autant que toi ! » souffla Océane avec un petit sourire gêné.
- « Je sais oui » lui répondit Remus « Tu ne nous présentes pas ? »
Océane pouffa un peu et se tourna vers Lalyh qui fixait le nouveau venu avec curiosité.
- « C'est Lalyh, ma fille » souffla la jeune femme « Elle a un peu plus d'un an. Et toi mon petit cœur, je te présente Remus… C'est un ami de Maman… »
Océane se tourna alors vers son ami qui fixait la petite d'un air incrédule
- « Par Merlin qu'est-ce qu'elle lui ressemble ! » souffla-t-il avant de sourire timidement à la jeune femme.
Elle le fixa un moment sans vraiment comprendre ce qu'il avait voulu, ou du moins sans en être certaine. Aussi préféra-t-elle ne rien dire.
- « C'est la fille de Sirius pas vrai ? » chuchota-t-il.
Océane hocha la tête.
- « N'en parlons pas ici s'il te plait ! » lui demanda-t-elle d'un air grave.
- « Très bien… Je peux t'inviter à prendre un café chez moi, où se serait mal vu ? » lui demanda-t-il.
- « Je ne t'ai pas vu depuis des années Remus, alors je me fiche que ce soit mal vu ! » lui répondit-elle.
- « D'autant plus qu'il semble que nous ayons beaucoup de choses à nous dire ! »
Océane hocha la tête en souriant.
- « Tu te souviens d'où j'habite ? » lui demanda-t-il.
- « Bien sur, ce n'est pas très loin !allons-y ».
Remus hocha la tête et se mit à sourire. D'un signe de la main, il l'invita à passer devant. Océane avança alors et tous les deux marchèrent en silence. Mais ce n'était pas un silence lourd, gêné pesant. Bien au contraire, Océane se sentait bien. Elle trouvait la situation ni étrange, ni déplacée. Elle se sentait juste… bien.
Lorsqu'elle arriva sur le palier du studio de Remus, elle posa enfin Lalyh sur le sol. Depuis que Remus était venu les saluer, la petite s'était montrée étonnamment discrète ce qui ne lui ressemblait pas. Elle était toute intimidée. Elle agrippa sa main de toutes ses petites forces et tentait tant bien que mal de se cacher derrière les jambes de sa mère. Océane se mit à sourire.
- « Elle n'a pas beaucoup l'habitude de rencontrer de nouvelles personnes. » lança la jeune femme à Remus
- « C'est normal qu'elle soit un peu timide » répondit-il en ouvrant la porte.
- « Oh elle n'est pas du tout comme ça d'habitude ! Tu la verrais ! Une vraie petite diablesse ! » plaisanta Océane en faisant entrer sa fille dans le studio.
Elle regarda alors tout autour d'elle d'un air émerveillé.
- « Par Merlin, rien n'a changé ici ! » souffla-t-elle.
- « Non, en effet » répondit Remus d'un air amusé. « Mais je n'y ai pas été beaucoup ces derniers temps, c'est pour cela »
- « Où étais-tu ? Explique moi tout, je veux tout savoir ! » lança Océane avec enjouement tout en plaçant Lalyh sur ces genoux.
- « Pour ma part, je préfèrerais entendre toutes ses choses que tu as à me raconter. » répondit Remus en souriant « Tu veux boire quelque chose ? Je n'ai que du jus de citrouille…»
- « Ca sera parfait, vraiment ! »lui assura Océane. « Alors vas-y ? Dis moi toutes les belles choses que tu as vu ? »
- « J'ai visité la plupart des pays d'Europe de l'Est » commença à expliquer Remus depuis la cuisine « mais j'ai pu constater que dans chacun, les gens de ma condition n'était absolument pas les bienvenus. J'ai passé plus de temps à me cacher des autorités, qu'à faire du tourisme ! Et vraiment, je n'ai pas spécialement envie d'en parler. Ce que je veux savoir en revanche, c'est ce qui s'est passé dans ta vie ces derniers temps en particulier… Lalyh… »
Remus revint avec une grande bouteille et trois gobelets qu'il remplit généreusement avant de s'asseoir en face d'elle. Océane fit boire un peu sa fille sans rien dire. Elle sentait sur elle le regard de son ami puis, elle reposa sa fille sur le sol.
- « Et si tu partais à la découverte du monde ma chérie ? »demanda-t-elle en souriant.
Elle la regarda s'éloigner de sa démarche encore malhabile avant de plonger son regard dans celui de Remus. Il la regardait d'un air grave, impatient aussi. Elle soupira.
- « Par Merlin, par où commencer ? » murmura-t-elle.
- « Par le début, cela me semble être une bonne option » lui rétorqua-t-il.
Elle esquissa un maigre sourire avant de se lancer.
- « J'ai appris que j'étais enceinte quelques jours après que James et Lily aient lancé le Fidelitas sur le manoir. Je n'avais mis que Lily au courant, elle m'avait accompagnée chez le gynécomage. J'ai immédiatement envoyé un hibou à Sirius, je ne pouvais pas garder la nouvelle pour moi plus longtemps»
A la mention du prénom de Sirius, la jeune femme eut un pincement au cœur et lu dans les yeux de Remus toute la colère qu'il ressentait pour lui. Sachant qu'ils n'étaient pas du même avis sur la question, elle préféra ne pas s'étendre sur le sujet.
- « Il est revenu à ce moment là, c'était le jour d'Halloween. » la voix de la jeune femme dérailla un peu avant qu'elle ne parvienne à se reprendre. « Il voulait de ce bébé, il était… heureux… Et puis tout est arrivé si vite. Je me suis retrouvée à la rue, enceinte et sans savoir où aller. Alors je suis retournée chez mes parents. Nous étions fâchés mais je ne savais vraiment plus vers qui me tourner. Ils ont accepté de me recueillir chez eux, mais mon père a émis des conditions. Il ne voulait pas d'une fille-mère, alors il m'a obligé à me marier… »
- « Il s'est alors souvenu de cet ancien soupirant qu'il t'avait trouvé pas vrai ? » murmura Remus.
- « Exactement » souffla Océane « C'est comme ça que je suis devenue Mrs Rogue. Le mariage s'est fait très vite, pour que personne ne se doute que Lalyh n'est pas sa fille. »
- « Mais lui est au courant ? »
- « Oui, mais il refuse que d'autre l'apprenne, surtout Lalyh…Je n'ai pas tellement le choix… »
Remus soupira.
- « Pour ceux qui connaissait Sirius, la ressemblance est frappante »
- « Je sais. »
- « Que risquerais-tu s'il savait que tu venais de tout me révéler ? »
- « Je préfère ne pas le savoir. Je ne le lui dirais pas d'ailleurs. »
Remus sembla réfléchir un petit moment.
- « Tu étais enceinte quand je t'ai vu au Ministère l'autre fois… »
- « Oui ! Et vraiment, je suis désolée de ne pas avoir eu le temps de t'expliquer tout ça ! Tu as eu l'air tellement choqué quand tu as su… Oh ! J'aurais tellement voulu pouvoir t'expliquer tout ça… »
- « C'est moi qui suis désolé ! J'ai réagi très brutalement ! C'est vrai que j'ai été choqué…. Mais, il y a tellement d'animosité entre Severus et nous que… »
- « Je comprends ! Crois moi, je comprends ! Et si j'avais eu vraiment le choix, je n'aurais pas fait celui là… »
Elle baissa alors les yeux et sentit que son ami prenait sa main dans la sienne.
- « Je sais… » souffla-t-il.
- « Remus ! Si tu savais comme je suis contente et soulagée que tu ne m'en veuilles pas ! »
- « Tu sais, en deux ans, j'ai eu le temps de réfléchir à tout cela. Tu semblais heureuse avec Sirius, mais… quand on voit ce qu'il est devenu, je me dis que… Tu sais tout de même que Severus était un mangemort ? »
- « Il dit qu'il n'a fait qu'obéir, qu'il n'avait pas le choix mais qu'il avait décidé de rallier notre cause avant la chute de Tu-Sais-Qui. Il a été innocenté lors de son procès, il a même toute la confiance de Dumbledore ».
- « Je l'ai lu dans les journaux et c'est ce qui m'a aidé à comprendre que tu avais sans doute bien fait de te marier avec lui. Au moins… Tu es à l'abri du besoin. »
- « Oh Remus… Ca me fait du bien de parler avec toi, si tu savais, je me sens si seule, si perdue. Dis moi que tu continueras à me parler, à me donner de tes nouvelles. J'ai besoin de rester en contact avec toi ! »
- « Mais que diras Severus ? »
- « Il n'a pas besoin d'être mis au courant ! » répondit-elle « Je t'en prie Remus ! En souvenir du groupe d'amis qu'on a été avant ! »
Remus se mit à sourire.
- « Tu n'avais vraiment pas besoin de cet argument pour que j'accepte. » lui souffla-t-il. « Moi aussi je serais ravi de rester en contact avec toi. Ce serait trop dur de tirer une croix définitive sur toute cette période de ma vie… »
Océane se mit à sourire.
- « Et puis, j'ai bien envie de savoir ce que peux donner un mélange de Gryffondor et de Serdaigle ! »plaisanta-t-il.
Il désigna alors son lit d'un signe de tête et lorsque la jeune femme regarda dans sa direction, elle se mit à sourire en voyant sa fille, qui était grimpée sur le lit et qui s'était endormie en serrant le drap dans son poing.
- « La vie sera moins triste maintenant… » murmura alors Océane doucement.
Elle venait de renouer avec son passé et cela lui faisait vraiment un bien fou.
