Bonjour à tous !

Me revoilà avec la suite... Vous êtes prêt ? J'ai hâte d'avoir vos avis sur ce chapitre, ce n'est pas forcément facile de l'écrire, j'arrive à un moment difficile alors j'essaie d'être à la hauteur.

Franchiulla : Merci de ton message, en effet, la communication est la meilleure des choses. SwanqueenF.M : merci mille fois pour ce message, ça fait un bien fou ! meshannen04 : merci pour ce très jolie message, ça fait vraiment plaisir :) Justinejannedu0760 : la réponse sur cette soirée et sur ce séjour ça commence sur ce chapitre. LadyEvilQueen78 : Je suis touchée encore par ce message, ça me fait vraiment plaisir :D. Jessie943 : je voulais pas te faire pleurer... Mais je suis contente que ça te plaise quand même ! emma2016 : la seconde chance elle se trouve juste ici en effet :)

Guest2 : je l'ai promis et je l'ai certifié, je terminerai cette fic quoi qu'il arrive ! Sinon, j'ai mis "qu'il a bouleversé notre vie" parce que c'est le cas, c'est passé ; je l'ai dit dans ce sens là parce que justement je voulais montrer que c'était terminé. :) Mais en tout cas je ne t'en veux pas du tout, bien au contraire, je suis ravie d'avoir ton avis :) MommyVal : C'est vrai qu'Emma prend plus d'initiative et s'ouvre plus, j'espère ne pas avoir été trop rapide à ce propos et ne pas avoir passé sa souffrance trop en silence. Après... Difficile de réprimander sévèrement son fils quand tu viens à peine de le retrouver. Mais j'ai en effet peut être été un peu light avec lui ;p Quant à une Regina réticente... Non, tu ne te trompes pas, c'est voulu... Le pourquoi du comment sera dans la suite !

OoO-RED-OoO : c'est à moi que ça fait du bien de te lire ! Je te le promets, quoi qu'il en soit je terminerai cette fiction, tu peux en être certaine ! En effet, heureusement qu'Henry les a un petit peu aidé, parce que sinon ça aurait pu être vraiment compliqué. Quoi qu'il en soit, je suis contente que tu aimes qu'elles soient heureuse :) j'ai hâte d'avoir ton avis sur la suite en tout cas ! moithea : la route est encore longue mais cette fois le chemin semble être dégagé :) AmandineReader : merci beaucoup beaucoup beaucoup ! Sygui : s'autoriser à aimer et à se lancer en laissant ses peurs de côté... C'est ce qu'il faut !

Allez, c'est parti ! :)


CHAPITRE 35 : STORYBROOKE

« Bonjour… » murmura la mairesse.

Emma se mit à sourire juste en entendant ce mot. Elle n'avait pas encore ouvert les yeux mais Regina savait déjà qu'elle était réveillée, son souffle s'étant fait moins lourd. Dans un geste approximatif, la blonde se rapprocha encore plus de sa compagne, enfouissant une nouvelle fois sa tête dans son cou. Les bras qui l'encerclèrent de façon protectrice lui donnèrent l'impression d'être capable d'affronter le reste du monde. Et elle avait cette envie de rester là pour l'éternité. Au fil de ses pensées, sa main s'était perdue dans les boucles brunes, appréciant la douceur de ce geste matinal.

« Bonjour » finit-elle par répondre au bout de nombreuses minutes.

« Comment tu vas ? »

« Incroyablement bien » répondit-elle avec une facilité qui la déconcerta. Car pour la première fois depuis longtemps, c'était vrai. « Je pourrais rester ici toute ma vie. »

« Emma… Tu m'avais dit qu'on ne se mentait plus » essaya-t-elle de prononcer d'une voix grave.

La concernée releva la tête et ouvrit les yeux pour la première fois, fronçant des sourcils à la réponse de la mairesse. La légère pointe d'angoisse qui piqua son cœur lui coupa brièvement le souffle.

« Ton ventre ne supporterait pas de vivre sans manger » précisa-t-elle en riant.

Emma enfouit à nouveau sa tête au dessus de l'épaule de Regina en riant, tapant délicatement sur la tête de celle-ci pour la punir de cette petite frayeur matinale. Elle était rassurée.

« J'ai un fils tu sais… » commença-t-elle mystérieusement. « On pourrait l'exploiter pour qu'il nous apporte notre petit déjeuner au lit. »

« Emma ! » s'insurgea-t-elle faussement, en tapotant légèrement, à son tour, l'épaule de sa compagne.

Celle-ci releva à nouveau la tête, riant de leurs idioties. Mais, lorsqu'elle plongea ses yeux dans ceux de Regina, elle s'arrêta instantanément. Elle était belle. Incroyablement belle. S'aidant de ses coudes, elle s'approcha comme elle put de la mairesse avant de l'embrasser délicatement.

« Bonjour » répéta Emma plus sérieusement.

« Bonjour » sourit à nouveau la brune, glissant sa main sur la joue de sa compagne.

« Regina… Je veux vivre ça tous les matins. »

Elle acquiesça, touchée par cet aveu, sentant déjà les larmes lui monter aux coins de ses yeux. Les choses avaient définitivement changé, c'était un fait indéniable. Elle sentait que des efforts étaient faits pour s'ouvrir, pour ne pas lui cacher ses sentiments et être complètement transparente avec elle. C'était même étrange de voir à quel point tout semblait simple aujourd'hui.

Elles s'embrassèrent encore. Comme s'il s'agissait de la dernière fois... ou bien de la première.

« Maman ? »

La porte s'était ouverte sans même que les jeunes femmes ne s'en rendent compte. Dans l'encadrement, Henry avait la tête penchée et observait la scène qui se déroulait sous ses yeux. Emma s'était soudainement éloignée de la brune, surprise par l'arrivée impromptue de son fils.

Certes, elles avaient longuement discuté avec Regina... mais elles ne s'étaient jamais vraiment arrêtées sur une décision concernant Henry. Faire semblant n'était pas une solution envisageable puisqu'il était évident que son fils avait tout vu.

« Henry, je… »

« Moi aussi je peux rester au lit avec vous ? J'ai pas envie d'aller à l'école » coupa-t-il en s'avançant vers le lit et en grimpant déjà dans celui-ci.

« Ce n'est pas raisonnable jeune homme » sourit-elle en se décalant de Regina pour lui laisser de la place entre elles deux.

Et ce fut aussi simple que ça. Il n'avait pas posé de questions, il n'avait pas fait de remarques. Tout était normal. Ils se mirent alors sur le dos et regardèrent le plafond, liant leurs respirations sans même s'en rendre compte. Délicatement, Henry avait pris la main de sa mère mais aussi celle de Regina, qu'il avait fait se rejoindre sur son propre ventre. Le geste était peut-être anodin mais signifiait beaucoup.

« On est bien là » finit par conclure le petit garçon en fermant les yeux.

Emma et Regina se regardèrent alors, une émotion saisissant leurs estomacs. C'était sûrement le plus beau portrait de famille qui existait.

Oui.

Une famille.

Emma fit un clin d'œil à sa compagne, espérant que cela suffise pour qu'elle comprenne. Elle se rua alors sur son fils et commença à lui chatouiller les côtes. Très vite, la brune la rejoignit en riant, faisant se tortiller le petit garçon dans les draps.

Les rires sincères qui s'échappèrent de la chambre ce matin firent du bien à Ingrid qui se trouvait dans la cuisine. Elle qui s'afférait à préparer le café pour sa fille s'arrêta dans ses mouvements, heureuse de les entendre être heureux. Une page s'était tournée.

Alors que les pieds d'Henry se trouvaient maintenant sur l'un des oreillers et que les cheveux de chacun étaient complètement sans dessus dessous, les deux jeunes femmes s'arrêtèrent pour souffler.

« Allez mon fils, il est temps d'aller à l'école ! »

« Vous m'y amenez toutes les deux ? »

Emma interrogea sa compagne du regard et celle-ci approuva doucement.

« Bien sûr, avec plaisir Henry » se permit-elle de répondre, touchée en plein cœur d'être intégrée dans cette famille et touchée de voir que la situation ne dérangeait pas le petit garçon. Elle lui caressa doucement les cheveux, essayant de les remettre en place après cette bagarre de chatouilles improvisée.

Alors qu'il s'apprêtait à quitter le lit, Emma le rappela une dernière fois.

« Écoute mon grand, nous allons partir quelques jours à Storybrooke avec Regina » il fronça des sourcils, intrigué par cette nouvelle. « Nous avons certaines… choses à régler toutes les deux là bas. »

« On part quand ? » demanda-t-il naturellement.

« Toi... J'ai besoin que tu restes ici pour veiller sur mamie le temps qu'on sera parties et que tu ramènes plein de bonnes notes de l'école. »

Son visage changea instantanément à cette révélation. Il regarda Regina, inquiet, triste et en colère. Voir sa mère partir une nouvelle fois l'angoissait terriblement, bien plus qu'il n'oserait jamais l'avouer et la brune le savait pertinemment.

« Je ferai très attention à elle, je te le promets Henry » rajouta Regina face à l'attitude du jeune garçon qui commençait à doucement secouer la tête.

« Je veux venir » dit-il plus fermement, croisant ses petits bras sur sa poitrine et fermant son visage.

« Ce n'est pas possible Henry… Tu as école et… ce qu'on doit régler là bas sont des choses de grands. »

« Mais… » il commençait à avoir les larmes aux yeux, ce qui fendit le cœur de sa mère et de la brune « Je veux rester avec toi. »

« Tu resteras avec Mamie et nous reviendrons vite, je… » Regina posa une main sur le bras de sa compagne, l'interrompant dans sa réponse et l'interrogea du regard pour lui quémander son autorisation avant de prendre la parole. Emma acquiesça alors et fut surprise de la voir se lever du lit pour se diriger vers le bureau.

« Viens par là mon grand » dit-elle en lui tendant sa main. Le petit garçon s'approcha, tête baissé, vers elle. Lorsqu'il fut suffisamment près, elle le fit grimper sur ses genoux, passant un bras protecteur sur son ventre avant de lui montrer un calendrier qui se trouvait là.

« Nous sommes ce lundi… » fit-elle en posant son doigt sur la date du jour. « Et nous reviendrons vendredi soir avec Emma. Ce qui fait trois petits jours sans voir ta maman. »

Emma la regarda faire avec attention, touchée une nouvelle fois par la douceur de ses mots, de ses gestes et la facilité qu'elle avait de rassurer Henry qui écoutait attentivement ses explications.

« Tous les jours, quand tu seras rentré de l'école, Emma t'appellera. D'accord ? »

Il acquiesça, tout comme Emma qui semblait comprendre l'importance du moment. Son fils avait une peur bleue de la voir disparaître à nouveau. Il tourna alors son regard vers la brune et l'observa quelques secondes, prêt à déceler le moindre mensonge.

Il était si jeune et déjà si protecteur…

Mais lorsqu'il comprit que Regina était de son côté, il passe ses bras autour de son cou avant de la serrer dans une étreinte dont il avait besoin. Toujours surprise par ce geste qu'elle avait du mal à accepter, la mairesse semblait pourtant ravie d'avoir rassuré le petit garçon. Avoir une date de retour, avoir la promesse d'un retour, être certain d'un retour... C'était ça dont il avait besoin.

Il retourna auprès de sa mère et l'enlaça également, s'amusant avec ses doigts dans ses cheveux blonds.

« Tu me promets que tu vas revenir vite hein maman ? »

« Je te le promets Henry. Je te le promets. »

Elle resserra un peu plus son étreinte, posant sa main sur sa petite tête et respirant son odeur avec bonheur. Ses yeux commençaient à se remplir de larme en constatant à quel point la situation avait pu faire souffrir son tout petit garçon. Mais le sourire bienveillant que lui fit sa compagne à l'autre bout de la pièce lui redonna suffisamment de courage et de force pour les ravaler.

Les deux jeunes femmes préparèrent leurs affaires en même temps qu'Henry, ayant décidé de prendre la route tout de suite après avoir déposé le petit garçon à l'école. Elles avaient expliqué leur départ à Ingrid qui s'était contentée d'acquiescer, peut-être un peu déboussolée par le côté soudain de la décision. Elle avait finalement éloigné ses craintes à l'instant même où Emma se mit à sourire par le simple fait de voir Regina aider son fils à mettre son manteau. Pour Ingrid aussi, les choses allaient considérablement changer.

Avant de quitter l'appartement pour quelques jours, l'aînée s'approcha de Regina et la serra doucement contre elle, pour une accolade maladroite.

« Faites attention à elle Regina… »

En se défaisant de l'étreinte, la brune acquiesça vivement, bien décidée à respecter cette demande. Henry et Ingrid lui faisait éperdument confiance et elle refusait de ne pas en être digne.

Presque étrangement, elle fit la même demande à sa fille, en la prenant également dans ses bras un peu plus longtemps.

Prendre soin, l'une de l'autre.

Laisser Henry à l'école fut plus difficile que prévu, le petit garçon acceptant difficilement ce départ précipité malgré les quelques explications de la mairesse le matin même. Il était finalement rentré dans la cour de récréation en pleurant, s'asseyant sur un banc éloigné des autres, ce qui avait fait beaucoup de mal aux deux jeunes femmes. Pourtant, une petite fille aux longs cheveux bruns s'était approchée de lui et avait posé sa main sur son épaule pour le réconforter. Il avait relevé la tête et avait souri, rassurant ses deux accompagnatrices du jour.

« Les Swan ont un faible pour les brunes… » finit par constater Emma en haussant les épaules, faisant sourire sa compagne.

Elles avaient fini par prendre la route en milieu de matinée au volant de la Mercedes de Regina qui conduisait depuis des heures déjà. Elles avaient parlé de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, de Ruby et de Granny, de l'ancien boulot d'Emma, de Killian et Belle ses anciens amis qu'elle avait envie de revoir pour compléter un peu plus ses souvenirs. Elles avaient également parlé de Henry, beaucoup, énormément même, de David et Mary-Margareth, de leurs enfants, de Rose, la secrétaire de la mairie qui en avait beaucoup fait ces dernières semaines...

Elles avaient chanté faux sur plusieurs musiques, elles avaient eu un fou rire lorsqu'Emma avait été effrayée par une mouche qui était entrée dans l'habitacle et elles avaient eu des silences ô combien confortables.

Dès qu'elles quittèrent New York et que Regina n'avait plus eu besoin de changer les vitesses, leurs mains s'étaient automatiquement liées, se posant alternativement sur la cuisse de l'une ou de l'autre. Parfois même, Emma l'embrassait à la commissure de ses lèvres, doucement, délicatement, naturellement...

Lorsqu'elles passèrent le panneau annonçant Storybrooke, le cœur de la blonde manqua un battement, ce qui la fit se redresser sur son siège. Instinctivement, elle avait un peu plus serré la main de sa compagne, sans comprendre pourquoi elle avait ce sentiment.

« Emma ? Tout va bien ? »

« Oui, oui… Je… Beaucoup de choses se sont passées ici, ça me fait bizarre de revenir. »

« On peut repartir plus tôt si tu veux, je peux m'arranger pour que… »

« Non. Ça va, ça va aller. Je pense qu'on a effectivement beaucoup de choses à régler ici. »

Regina tourna la tête quelques courtes secondes pour la regarder et lui sourire avant de reposer son regard sur la route. Pourtant, elle ne put s'empêcher de faire un léger détour avant d'arriver au 108 Mifflin Street, incapable de repasser devant la maison qui avait retenu Emma pendant plus de deux mois, à quelques mètres à peine de chez elle.

La dernière fois qu'Emma était entrée dans le manoir, elle avait embrassé Regina. Elle l'avait suppliée de lui accorder une nuit auprès d'elle, de l'aimer et de ne plus l'abandonner. La haine, la colère et la douleur qu'elle avait ressenties ce soir-là quand, après quelques baisers retrouvés, Regina lui avait confié l'avoir oubliée plusieurs nuits dans les bras d'un autre lui revinrent en plein cœur. Elle avait pleuré, longtemps. Elle avait hurlé en pleine rue, en pleine nuit.

Et elles étaient de retour, au même endroit, presqu'un mois plus tard, leurs cœurs presque réparés, presque heureuses.

« Tu veux quelque chose ? Il doit me rester de quoi préparer un repas au frigo » demanda la maitresse de maison après avoir posé leurs affaires près du canapé.

Elle se contenta d'approuver d'un signe discret de la tête, restant étrangement silencieuse. Regina se dirigea alors vers la cuisine et commença à préparer ce qu'elle pouvait, observée par une Emma qui restait appuyée à l'encadrement de la porte.

Pourtant, après quelques longues minutes, Emma s'éclipsa à l'étage sans un mot supplémentaire. Elle y retrouva sa chambre, qu'elle avait laissée des mois auparavant, parfaitement intacte. Elle avait passé sa première nuit de liberté ici, dans ces draps, dans cette pièce. De ses doigts fins, elle parcourait les meubles qui ornaient la pièce, faisait revenir tous ses souvenirs. Comme lors de sa première venue au manoir, elle s'installa sur le fauteuil près de la fenêtre et observa l'horizon. Elle se perdit dans ses pensées, tentant faiblement de faire un bilan sur ce qu'elle avait vécu ces dernières années. Elle dut y rester un long moment, sans même s'en rendre compte, puisque la brune la rejoignit, étonnée de la retrouver ici.

« Tout va bien ? » s'enquit-elle en posant doucement ses mains sur les épaules de la blonde, ses pouces caressant délicatement la naissance de sa nuque.

« Oui… C'est une maison pleine de jolis souvenirs et je suis contente d'être ici. »

« D'autres plus douloureux aussi… »

« Je ne veux retenir que les bons. Comme notre premier baiser, juste ici » précisa-t-elle en tournant la tête vers l'endroit exacte où Regina l'avait délicatement embrassée, juste après sa demande bancale dans la chambre de la mairesse.

Regina s'était mise à sourire en se rappelant ce souvenir.

« Emma… Embrasse-moi. »

Elle lui avait demandé ça comme un rappel de ce qu'elles avaient vécu, mais aussi parce qu'elle en mourait d'envie. Elle n'avait pourtant pas bougé, ses mains toujours posées sur les épaules de la blonde. Regina continuait de s'en vouloir, de se rappeler des derniers moments qu'elles avaient échangés dans cette maison, de la peine qu'elle avait ressentie en voyant Emma quitter sa maison sans se retourner.

Elle voulait effacer cette douleur.

Emma s'était alors levée pour contourner le fauteuil, s'approchant si près d'elle que déjà leurs souffles se liaient. Elle l'avait embrassé avec tant de douceur que le temps semblait à nouveau s'être arrêté. La main sur la joue de Regina, l'autre au creux de son cou, elles restèrent ainsi de longues minutes, savourant l'instant.

« Le repas est prêt » finit par annoncer Regina après un énième baiser, sentant qu'il était temps de mettre fin à ce moment par peur de succomber à son désir.

Comme deux adolescentes, elles se dirigèrent vers la cuisine main dans la main. Parler, échanger, rire… Cette bulle où elles seules étaient semblait leur convenir parfaitement. Pourtant…

« Il faut que je retourne à la mairie demain. »

« Je sais. »

« Je fais mon maximum pour boucler mes dossiers au plus vite, pour briefer Rose sur ce qu'elle devra faire pendant mon départ et pour revenir rapidement à la maison. »

« Je pense que j'irai voir Granny et Ruby » fit-elle pour dédramatiser la situation, priant de toutes ses forces pour que Regina ne remarque pas sa fébrilité. La vérité, était qu'elle avait peur de se séparer de Regina et d'être seule dans cette ville.

« Je suis désolée… »

« Pourquoi tu t'excuses ? »

« Parce que… J'aurais préféré pouvoir rester avec toi. Marcher à côté de toi, te prendre la main pour te rassurer et te prouver que tu n'as plus rien à craindre ici, qu'il ne reviendra pas, qu'il ne te fera plus jamais de mal. »

« Je t'aime » répondit la blonde à côté de cette jolie déclaration.

« Tu as peur Emma, j'arrive à le sentir. »

Elle soupira, heureuse et frustrée à la fois d'être devenue un livre si facile à lire pour sa compagne.

« Oui, c'est vrai. Mais ça ne m'empêche pas de t'aimer. »

Regina débarrassa les assiettes et vint embrasser la tempe de la blonde, touchée par cette autre déclaration.

« Je crois que… Que j'ai besoin d'y retourner. »

« Retourner où ? » questionna la brune qui mettait maintenant les couverts dans l'évier de sa cuisine.

« Là bas. Là où il m'a retenue. »

Regina s'arrêta. Sa respiration s'étant coupée en entendant ces mots.

« Je ne suis pas prête » rajouta la blonde avec précipitation en voyant que sa compagne ne faisait plus aucun mouvement. « Mais le jour où je le serai, j'aimerais que tu viennes avec moi. Si ça ne te dérange pas bien sûr… »

« Non… Je serai avec toi » elle fit une courte pause et se retourna enfin vers sa compagne. « J'aimerais que tu rencontres mon mari et ma fille, si ça ne te dérange pas » demanda-t-elle comme un écho à la blonde.

Emma s'approcha d'elle, prenant ses mains entre les siennes, l'embrassant délicatement et la serrant dans ses bras.

« Je serais ravie de les rencontrer… »

Le sanglot qui s'échappa de la brune fit du mal à Emma qui resserra son emprise sur elle. La blonde se sentait étrangement plus forte qu'elle ne l'aurait imaginé. Prête, en tout cas, à l'être suffisamment pour protéger la femme qu'elle aimait.

Elles passèrent le reste de la soirée à discuter, à boire un verre de vin rouge, à s'embrasser et à échanger sur leurs angoisses respectives. Les heures passèrent et quand minuit sonna au clocher de l'église, elles soupirèrent. Elles se levèrent d'un même souffle pour se diriger vers la chambre de Regina.

Le dernier témoin de leur ultime dispute.

Le premier témoin de leur unique nuit d'amour.

Regina s'échappa dans la salle de bain quelques minutes, afin de se changer, et lorsqu'elle revint dans la chambre, Emma était allongée sur son lit, par dessus les couvertures, observant le plafond. Elle la regarda quelques secondes, elle qui semblait être partie bien loin dans ses songes, avant de s'allonger à son tour, juste à côté d'elle, dans la même position.

« Dis-moi qu'il avait tort… » dit-elle tout bas, les souvenirs de la dernière nuit qu'elles avaient passé dans cette chambre lui revenant en pleine figure. « Dis-moi qu'il avait tort lorsqu'il disait qu'on ne serait jamais ensemble. »

« Il avait tort Emma » répondit la brune avec une voix qui se voulait sûre, sa tête se tournant vers son interlocutrice. « Il avait tort » répéta-t-elle pour rassurer au mieux Emma, sa bouche venant instinctivement se poser sur son cou pour l'embrasser délicatement.

« Ce que je t'ai dit cette nuit là… Quand je te disais que je ne pouvais pas vivre sans toi, je le pensais vraiment. » Elle fit une courte pause, gênée par ces nouveaux aveux, heureuse d'avoir le plafond de cette chambre comme échappatoire au regard aimant de sa compagne. « La vérité c'est que je ne peux plus vivre sans toi… Et ça me fait peur. »

« Peur ? » questionna la brune avec une appréhension non feinte, posant sa main sur la clavicule de la blonde.

« Affreusement. Complètement. Démesurément. J'ai peur de trop t'en demander. J'ai peur de te perdre, que tu partes, que tu me laisses. »

« Il n'arrivera rien de tel Emma… »

« Comment peut-on en être sûre ? »

« Parce que je le sens. Je le sais. Parce que c'est à notre tour d'être heureuses… »

« J'ai toujours été abandonnée. Par mes parents, par mes familles d'accueil, on m'a même pris Neal, le père de mon fils… Quand finalement Ingrid m'a adoptée, m'a montré que quelqu'un voulait vraiment de moi, j'ai fui à la première difficulté » elle soupira à cette constatation. Que de chemin parcouru depuis… Elle se retourna enfin vers Regina qui la regardait toujours. « Ne me laisse pas partir. Si j'ai peur et que je cherche à fuir… Retiens-moi. »

« Je te le promets Emma. »

A peine eut-elle prononcé ses mots qu'Emma s'était jetée sur les lèvres de sa compagne, encadrant son visage de ses mains. Ce baiser fut doux, rempli de promesses et de projets. Dans ses mouvements, Emma s'était presque relevée, ne quittant pas les lèvres de sa compagne. Elle avait placé sa jambe de l'autre côté de la brune et continuait de l'embrasser. Encore et encore. A califourchon sur sa compagne, les souvenirs de leur première nuit lui revinrent en mémoire avec force, faisant se serrer son bas ventre de plaisir.

Et le baiser devint plus profond. Leurs langues semblaient être faites pour danser ensemble. Et déjà, les lèvres d'Emma se perdaient dans le cou de sa compagne qui, haletant à ce contact, avait fermé les yeux de plaisir. Le fait que la blonde se mouvait tout contre elle pour trouver la meilleure position qui soit pour attiser le feu dans ses baisers rendait Regina complètement folle.

Emma s'éloigna quelques secondes, prenant le temps d'admirer le corps de sa compagne, mordillant délicatement ses propres lèvres en détaillant chacun de ses traits. Elle aimait tout. Ses yeux, sa bouche, sa légère cicatrice sur le haut de sa lèvre, son nez, son cou, ses clavicules, ses seins… Au fur et à mesure de son analyse, sa main glissait le long du corps de Regina dans une lenteur délibérée qui coupa la respiration de la mairesse.

Elle se releva néanmoins, Emma toujours assise sur elle, et l'embrassa encore une fois. Puis deux. Et trois. Encore et encore. Ses mains glissèrent à son tour le long du corps de la blonde et se saisirent naturellement de son tee-shirt qu'elle s'apprêtait à délicatement enlever, trop désireuse de sentir la peau de sa compagne tout contre elle.

« Non. Stop, stop, stop ! » demanda une Emma suppliante qui tentait de s'échapper des bras de la mairesse.

Elles se séparèrent alors. Emma ayant déjà quitté leur lit, disparaissant dans la salle de bain attenante. Regina soupira silencieusement, tentant de remettre en ordre les évènements qui venaient de se dérouler. La blonde n'était pas prête, c'était indéniable. Et elle s'en voulait de ne pas y avoir pensé, d'avoir été trop vite, de ne pas lui en avoir parlé avant de commencer quoi que ce soit.

« Emma ? » questionna-t-elle d'une voix douce à travers la porte de la salle de bain. « Emma… Est-ce que ça va ? »

Le silence comme seule réponse.

A l'intérieur de la pièce, la concernée s'était appuyée contre le lavabo et observait son reflet dans le miroir, les sourcils froncés. Elle s'en voulait de ne pas être capable de plus, d'avoir peur d'elle même, de son corps, de ce qu'il lui avait fait et des marques qu'il avait une nouvelle fois laissées.

« Emma… Si tu as peur et que tu cherches à fuir, tu m'as demandé de te retenir. Alors ouvre-moi s'il te plait. »

La blonde releva la tête à cette remarque. Regina allait être celle qui lui redonnerait confiance, qui l'aimerait suffisamment pour patienter le temps qu'il faudrait, pour trouver les mots justes, comme à l'instant même.

Elle ouvrit la porte et se glissa dans ses bras.

Regina ne dit rien, se contentant d'appuyer un peu plus son étreinte pour la protéger. Elle sentit les larmes d'Emma s'échouer dans son décolleté. Elle entendit les sanglots de sa compagne s'échapper de sa gorge. Sa fragilité brisa un peu plus son cœur.

« Je suis tellement désolée. »

« Ne t'excuse pas… Tout va bien Emma. On prendra le temps qu'il faut. »

« J'ai peur de te perdre. »

« Je t'interdis de croire que je te quitterai pour ça » dit-elle plus brutalement qu'elle ne l'aurait voulu, mais assurée de ce qu'elle était en train d'affirmer. « Je t'aime » dit-elle en se radoucissant. « Je t'aime et ça ne changera pas. Et s'il faut que je te le dise tous les jours pour que tu y croies, je le ferai. Et s'il faut que je te dise tout les jours que tu es belle, que tu es forte et que tu es la femme la plus incroyable que je connaisse pour que tu y crois… Alors je le ferai. »

Emma resserra à son tour son étreinte face à ces mots qui la bouleversait.

« Il y en a d'autres, plus affreuses que les premières, qui ne partiront jamais. »

« Je les embrasserai tellement qu'elles disparaitront sous mon rouge à lèvre » répondit la brune en souriant.

« Elles sont affreuses. »

« Tu es belle. »

« Non. Toi, tu es belle. Tu… tu es parfaite ! Moi je ne suis qu'un amas de cicatrices toutes plus grandes les unes que les autres. »

« Arrête de te… »

Regina n'eut pas le temps de finir sa phrase, Emma s'étant vivement écartée d'elle, la poussant vers le lit et la forçant à s'asseoir lorsque le matelas vint percuter l'arrière de ses genoux. Comme si elle était énervée de la situation, la blonde fronça les sourcils. Elle soupira un grand coup et retira son tee-shirt d'un coup sec avant de le laisser tomber par terre.

« Regarde Regina ! Regarde comme elles sont affreuses ! »

La brune posa en effet son regard sur le corps de sa compagne mais ne dit rien de plus. Les bras ballants, au milieu de la pièce, Emma se tourna pour lui montrer son dos dont les traces étaient encore plus visibles qu'ailleurs.

Elle se tourna une nouvelle fois pour refaire face à la brune.

« Tu vois ! » dit-elle en faisant un grand geste de ses bras pour la persuader de la véracité de ses propos.

Regina se contenta de nier doucement de la tête.

« Quoi ? » répondit-elle à côté, ce qui fit soupirer la blonde.

« Arrête, c'est ridicule Regina… »

« Tu veux que je sois honnête ? Très bien ! » dit-elle en se relevant pour faire face à sa compagne. « Je te vois à moitié nue devant moi, et si je l'osais, je te dirais à quel point ça me rend plutôt dingue et à quel point j'ai envie de te faire… » elle expira fortement « des millions de choses. T'aimer, t'embrasser, te toucher, te faire l'amour... »

Regina secoua la tête pour se redonner conscience alors qu'Emma ne respirait plus.

« Alors oui... Effectivement, je vois une large cicatrice sur ton ventre qui doit faire la taille de mon doigt, des taches de brulure juste-là » dit-elle en pointant du doigt alternativement le bras droit et gauche de sa compagne. Elle fit le tour d'Emma et poursuivit « dans ton dos, il y a le mot garce… Ma foi, je suis certaine qu'il finira par disparaître. Les mensonges s'effacent toujours. » essaya-t-elle de dire naturellement, haussant les épaules « Il y a aussi deux larges cicatrices en bas de ton dos, juste au dessus du creux de tes reins. »

Elle s'était à nouveau mise devant Emma, qui n'avait pas bougé d'un centimètre.

« Mais elles ne me font pas peur. Aucune d'entre elles ne me fait peur. Elles ne me dégoutent pas. Elles ne me feront pas fuir, bien au contraire. Certaines finiront même par disparaître. » Regina s'approcha pour déposer tout doucement ses lèvres sur celles d'Emma qui retenait son souffle. « Celles qui resteront me rappelleront chaque jour la chance que j'ai de t'avoir à mes côtés. Elles me rappelleront toujours notre seconde chance. »

Les yeux de la blonde s'emplirent de larmes qu'elle tentait de retenir, en vain. Regina retourna s'asseoir au bout du lit, espérant de tout son être que ses paroles suffiraient à convaincre sa compagne.

« Je t'aime Emma. Toi, tout entière. »

La concernée se contenta d'acquiescer simplement, prenant doucement la mesure des mots qui venaient d'être prononcés. Peut-être qu'en effet, à force de les lui redire, elle finirait par y croire.

Emma s'approcha, presque hésitante sur ses pas et finit par prendre les mains de Regina entre les siennes, les posant doucement sur le haut de ses hanches nues. Elle inspira à ce contact, gardant ses mains sur celles de la mairesse, acceptant doucement d'être à nouveau touchée par quelqu'un. Elle inspira grandement.

Elle finit par entourer le visage de sa compagne, se penchant pour l'embrasser délicatement, la remerciant pour sa patience, ses paroles et sa présence. Elles restèrent ainsi un long moment, sans bouger, juste toutes les deux. Elles s'allongèrent, Emma s'étant glissée dans les bras de Regina qui continuait de caresser son dos, doucement, prenant soin d'effleurer ses cicatrices. Et elle finit par s'endormir.

Elle se sentait libre et protégée. Mais surtout vivante.