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Sirha déglutit difficilement, la gorge sèche et le cœur battant à toute allure. Ses mains glissèrent derrière elle sur le diamant lisse et lumineux, la porteuse se rattrapa au dernier moment et envisagea pendant une seconde la fuite.

Idée ridicule, à peine aurait-elle fait un pas qu'il serait sur elle. La jeune fille renonça à tourner le dos au monstre et se braqua face à lui, plantant ses yeux sombres dans ses prunelles indomptées.

L'énorme dragon la considéra pendant un instant en la détaillant de la tête aux pieds, butant sur ses mains puis sur le médaillon sans vraiment s'y attarder trop longtemps. Ses pupilles brillants de flammes sauvages se bloquèrent sur les siennes.

Sirha respira de manière entrecoupé, saccadé, tel un animal acculé.

Le plus tranquillement de monde, le dragon s'assit puis s'allongea en restant tout de même à bonne distance. Un bruit lourd retentit lorsque toute sa masse toucha le sol et la créature ne la quitta pas des yeux, restant immobile. Sirha perdit la mesure du temps. La profondeur des yeux de l'animal la fascinait d'une manière terrifiante.

Cet échange silencieux se prolongea aux rythmes des inspirations de la créature, ses flancs démesurés se soulevant en un bruit qui transperçait le corps de la jeune fille qui avait l'impression d'être enveloppé par ce bruit presque solennel.

D'après les maigres connaissances de la porteuse sur le sujet, leur esprit ne se touchait pas et Sirha se rappela que les dragons n'aimait prendre contact avec d'autre humains que leur dragonnier – excepté Thorn qui aimait bien la titiller et l'agacer juste pour la forme. Rassurée, elle s'appuya contre se rocher qui en scintilla davantage sans pour autant distraire la jeune fille. Les muscles raidis, Sirha avisa les longs crocs d'ivoire et ses griffes immaculées plantées dans le sol, craquelant la terre aux alentour. La porteuse se demanda ce qui pouvait bien mettre le dragon dans une telle nervosité mais elle parvint vite à la conclusion que l'allié du roi ne pouvait être autre qu'une bête sanguinaire au comportement brusque, dévastateur et imprévisible.

Les écailles de la créature luisaient à la lueur de la fête, révélant un côté terriblement menaçant qui raviva la méfiance de la jeune fille. De là ou elle était, elle ne pouvait distinguer ses ailes mais il y avait fort à parier qu'elles étaient à l'échelle du reste de son corps ; puissante, sombre et démesurée. La porteuse ne sentait plus le froid, son corps tout entier brûlait de la mesure presque solennelle de l'échange.

Le dragon semblait chercher quelque chose dans ses yeux, fouillant les siens avec une détermination et une intensité qui fit ciller Sirha, troublée. Leur examen mutuel se perpétua jusqu'à ce que la queue de Shruikan zèbre l'air et qu'il émette un sifflement agacé en regardant derrière elle.

Se retournant brusquement Sirha aperçut Murtagh qui la regardait avec un air surprit et profondément attentif.

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Cela faisait déjà un petit bout de temps que le dragonnier observait la jeune fille, se baladant loin de la foule ennuyante, il était tombé sur elle et s'était figée en apercevant le face-à-face. Shruikan avait finit par montrer une pointe d'agacement et Sirha s'était retournée. La profondeur de son regard l'avait frappé, ses yeux sombre brillait dans l'obscurité d'une étrange lueur fascinante, toute trace de mélancolie avait disparut de son regard et Sirha semblait –une fois n'est pas coutume- parfaitement connectée avec la réalité. Ses pupilles obscures le considéraient sans réelle animosité mais il sentait que son esprit s'emplissait d'une touche méfiance.

Le bout des doigts fin de la jeune fille touchait encore le rocher dont le cristal qui le transperçait projetait des rayons de lumière sur la robe et le visage de cette dernière. L'étoffe brillait doucement en une avalanche de satin et le regard figée et transperçant qu'il reçut empoigna le jeune homme qui dut se retenir pour ne pas laisser son esprit bondir instinctivement sur celui de la porteuse. Son éducation méticuleusement donné par le roi avait créé en lui une accoutumance et une dépendance à la totale soumission et transparence d'une conscience, le fait de ne pouvoir pénétrer celle de la jeune fille l'agaçait profondément et le dragonnier devait bien avouer que si une occasion lui était donné, il n'hésitera pas une seconde.

Sirha remarqua son regard insistant sur sa main et s'empressa de l'ôter, laissant le grès noir recouvrir peu à peu le diamant mêlé de saphir qui transparaissait toujours légèrement à sa proximité. Le dragonnier aurait juré avoir vu une étincelle briller sur sa main mais il en rejeta la faute sur le rocher. Son médaillon scintillait légèrement, faisant resplendir les pierres accrochées à son cou et à chacune de ses oreilles.

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La jeune fille ne cilla pas face aux pupilles de Murtagh allumées d'un feu étrange mais poussée par un reflexe, la porteuse regarda derrière elle.

Shruikan avait disparut.

Etrangement, Sirha ressentit un vide, une sensation d'abandon par le fait qu'il soit partit sans qu'elle ne s'en apercevoir, que la jeune fille repoussa immédiatement, dégoutée de ses propres sentiments. Se rendant compte de la fatigue qui la faisait délirer, elle se tourna de nouveau face au dragonnier qui suivait à présent une conversation à l'apparence ennuyeuse avec une aristocrate qui papillonnait des cils, au summum du ridicule. Il lui jeta un regard rapide.

- Mademoiselle Sirha ! »

La porteuse retint une grimace mais aperçue presque avec soulagement Calotth qui accourait vers elle avec un sourire radieux, le visage encadré de deux mèches blondes et vêtu de vêtements propres et soignées.

- Veuillez m'excuser de mon retard, j'espère que mon absence ne vous a pas mise dans l'embarras !

Le jeune homme faisait sûrement allusion au fait que quelques couples s'étaient formés au centre du chapiteau et dansait gracieusement sur une musique lente saccadée et que elle restait seule, à l'écart de la foule.

- Je souhaite me rattraper, m'accorderiez-vous cette danse ?

Sirha paniqua. Qu'était-elle sensée répondre? Dans le village où la jeune fille avait grandit, les danses populaires étaient apprises depuis le plus jeune âge des habitant mais la porteuse n'avait aucune idée des pas à exécuter et de plus rien que l'idée d'un contact physique – même avait l'homme qu'elle détestait le moins à Urû'baen- la faisait bondir. Un goût de bile lui monta à la gorge et ses doigts tremblèrent imperceptiblement. Réprimant ses émotions, Sirha passa sa main nerveusement sur son avant-bras opposé et déclara d'un ton qui se voulait désolée mais sûr d'elle :

- Je suis navrée mais je suis tellement épuisé que je n'arriverai pas à coordonner mes mouvements. Peut-être une autre fois ?

Calotth acquiesça, légèrement déçu mais il ne se départit pas de sa bonne humeur pour autant, continuant à lui faire la conversation pendant que la porteuse se maudissait d'avoir repoussé l'échéance à plus tard et tentait déjà d'éviter la chose par un, voir plusieurs stratagème.

Ils se baladèrent dans les jardins sous la nuit étoilée dans les allées déblayées à la vas-vite. Appréciant la quiétude des lieux, les deux gens passèrent à l'endroit même où le dragon noir s'était trouvé et Sirha se troubla pendant quelques instants, se demandant par quel chemin il avait bien pu s'éclipser sans laisser de trace. Calotth ne se douta de rien.

Mal à l'aise dans un contexte un peu trop intime à son gout, la jeune fille se débrouilla pour écourter la promenade. Prétextant la fatigue, elle se mit avec lui sur le chemin du retour et ils passèrent devant la foule qui ne manqua pas de remarquer jalousement le couple qui s'en allait. La porteuse les ignora royalement mais nota tout de même le regard pesant du dragonnier avant se remémorer qu'il était sensé veiller sur elle pendant la soirée.

Sirha quitta avec un pincement au cœur la bise fraiche de l'extérieur pour s'engouffrer dans le château par la porte que lui tenait gracieusement Calotth.

Il lui fit la conversation sur un ton léger jusqu'à ce qui parvienne devant ses appartements où il la laissa entrer après l'avoir complimenté de nouveau sur sa tenue.

Sirha rentra dans sa chambre le regard perdue dans le vide. Elle s'approcha, pensive, du miroir. Une servante se précipita pour l'aider délasser son corps et la porteuse poussa un soupir de soulagement. On la déshabilla jusqu'à la laisser en sous robe blanche.

Au fur et à mesure que l'on lui enlevait les couches de tissus, Sirha avait l'impression de se retrouver nu face à elle-même aussi bien au sens propre qu'au sens figuré.

Elle repensa longuement à l'échange silencieux qu'elle avait eu avec Shruikan, sans savoir comment, la porteuse avait ressentit une autre tonalité qu'avec tout les rendez-vous qu'elle avait eût avec le roi, une différence sur laquelle elle n'arrivait pas à mettre le doigt.

On la laissa seule avec elle-même, Sirha s'assit sur son lit, restant bloquée pendant quelques instants, n'ayant aucune envie de se coucher de peur sombrer dans ses cauchemars désormais habituels.

Prenant une longue inspiration, elle lissa les couvertures lisses et soyeuses et se glissa sous la pile de draps en frissonnant, les yeux fixant le plafond avant de se détourner, mélancolique et songeuse sur l'étrange rencontre de la soirée.

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Sirha ouvrit les yeux et s'étonna de ne pas trouver de larmes séchées aux coins de ses yeux. La porteuse ne se rappelait plus exactement quel mauvais rêve était venu la tourmenter, ce qui était plutôt bon signe. Pour la première fois depuis longtemps, la jeune fille ne se sentait plus exténuée dès son réveil.

Se rappelant qu'elle avait quartier libre pendant la majeure partie de la matinée – grâce à la soirée de la veille- elle tenta de se rendormir mais n'y parvenant pas, la porteuse bondit sur ses pieds. Sirha chancela dangereusement et se rattrapa à un des piliers de son lit de justesse en constatant que sa fatigue avait encore prise sur une grande partie d'elle. Elle jura et avança d'un pas prudent pour aller ouvrir l'immense penderie en cherchant désespérément une tenue à se mettre. Heureusement pour elle, une jeune servante accourra de l'anti chambre pour l'aider, l'ayant entendue se lever.

Un instant plus tard, la porteuse se trouvait dehors et marcha d'un pas rapide en prenant le chemin des écuries, le visage éclairé par le soleil qui venait réchauffer l'air ambiant. S'engouffrant dans le bâtiment où résonnaient des hennissements clairs et mélodieux, la jeune fille s'approcha du box de Yawë et lui flatta doucement l'encolure avant de plonger son nez dans sa crinière lisse, soyeuse et émanatrice de l'odeur qui la rassurait tant. Quand elle ressentit la plénitude que lui apportait sa présence, Sirha s'écarta sans quitter son compagnon d'infortune des yeux et remit en place des crins qui rebiquaient. Elle chercha ensuite des yeux Edar, qui, d'habitude trainait aux écuries mais le trouva nulle part. La jeune fille attendit patiemment que le garçon daigne se montrer.

Il arriva les mains dans les poches avec un air insouciant peint sur le visage que Sirha lui connaissait bien. Aussitôt qu'il l'aperçue, le garçon d'écurie accouru pour la saluer avec un ton joyeux qui fit presque sourire Sirha. Le jeune palefrenier lui rapporta qu'il faisait marcher Yawë tout les jours et lui assura qu'il se portait pour le mieux même si l'idéal aurait été qu'il galope et trotte plusieurs fois par jour dans de grands espaces pour conserver la forme, ce qui n'était pas possible.

Sirha sourit tristement en songeant que si l'étalon resta enfermé toute la journée, c'était à cause d'elle. La porteuse jeta un coup d'œil au coursier ; visiblement, il semblait ravi de sa présence et ne la quittait pas des yeux, le regard vif et les oreilles pointées en avant.

Après avoir fait une dernière caresse à l'étalon, ils s'en allèrent flâner en haut des hautes murailles de la forteresse. Se hissant en haut des escaliers abrupts, la jeune fille et le garçon parvinrent au sommet des fortifications recouvertes de neiges.

Le paysage était féerique, Sirha sentit immédiatement la caresse du soleil qui brillait sur les murs recouvert d'un manteau blanc et éclatant. Des mèches sombres s'éclairèrent en un doré magnifique, ses prunelles obscures s'illuminèrent d'une étincelle joyeuse et l'ombre d'un sourire se peignit sur le visage de la porteuse. Sans réellement écouter Edar, la jeune fille plongea son regard dans l'immensité blanche, examinant chaque particule qui réfléchissait la lumière. La plaine qui s'étalait devant ses yeux n'était que partiellement recouverte de neige, laissant entrevoir des parcelles d'herbes desséchée qui subsistait difficilement. Le paysage endormit devant elle semblait si paisible que Sirha n'eut plus qu'une envie, s'y perdre à tout jamais. Fasciné par l'atmosphère ambiante, la porteuse entendit vaguement le discours du jeune palefrenier parvenir jusqu'à ses oreilles, captant des mots et laissant les autres s'envoler.

- Venez, du coté ouest, j'ai quelque chose à vous montrer !

Sirha tressauta et, se reconnectant avec la réalité, elle suivit le garçon en dépassant un nombre incalculable de créneaux et de tours, courant presque derrière lui, se faufilant à travers les escadrons de soldats qui la dévisageait de haut en bas. Elle se sentit d'abord agressé par leurs regards mais finit par s'en détacher en parvenant à l'endroit où Edar l'avait emmené.

La porteuse posa ses mains sur la neige des murailles, le paysage était toujours envoûtant mais Sirha ne saisissait pas ce que le garçon souhaitait lui montrer.

- Je viens souvent les voir quand il fait beau, des fois il n'y en a qu'un seul. Il semble qu'aujourd'hui, le compagnon de Monsieur s'entraîne.

- Monsieur ?

Edar ne répondit pas et désigna d'un mouvement de tête les cieux. La jeune fille fronça les sourcils en regardant les cieux parsemés de quelques nuages que le vent apportait. Ils attendirent quelques minutes, si bien que Sirha commençait à s'impatienter.

C'est alors qu'elle l'aperçue.

Derrière un pan de nuage, Thorn apparut brusquement en un battement d'ailes puissant. D'une grâce que Sirha ne lui aurait jamais soupçonnée, il tournoya sur lui-même en repliant ses membres , se laissant tomber en piqué avant de déployer la membrane couleur vin de ses ailes qui scintillèrent d'une manière prodigieusement rayonnante. Chaque écaille brilla d'un rouge différent car les rayons du soleil ricochaient sur elles d'une manière unique, en fonction de l'angle et du battement des voilures vigoureuses et fortes qui bousculaient l'air et jouait avec, le tout en une aisance et un naturel désarmant.

Ses griffes d'ivoires resplendirent à la lueur de l'astre et Sirha remarqua qu'il n'avait pas de cavalier, Murtagh devait sûrement assister le roi dans ses desseins les plus importants – cruels et tyranniques.

- Je vais devoir y aller.

- Tu dois retourner travailler ? demanda la porteuse, se reconnectant soudainement à la réalité.

Le visage enfantin d'Edar s'illumina et celui-ci déclara d'un ton réjouit :

- Non, tous les sept jours je me rends auprès de ma sœur. Elle habite en dehors de la forteresse chez une nourrisse. J'ai réussit à obtenir un droit de m'absenter de mon travail pour aller la voir grâce à Monsieur Murtagh.

- Qui paye la pension de ta sœur ?

- Monsieur a insisté pour payer la moitié et je paye l'autre avec mon salaire, c'est moi l'homme de la famille !

Sirha sourcilla devant l'allusion à la prétendue bonté du dragonnier mais un détail l'intrigua :

- Pourquoi pars-tu si tôt ?

La jeune fille jeta un rapide coup d'œil ; le soleil n'avait pas atteint son zénith.

- Je marche jusqu'à tard dans l'après-midi, je vois ma sœur, et je marche jusqu'au soir et j'arrive ici dans la nuit. C'est assez loin.

La jeune fille hocha de la tête et jeta un dernier regard à Thorn qui enchainait voltiges et sauts périlleux haut dans les cieux qui se couvraient de nuages.

Descendant les marches des la muraille à vive allure, Sirha suivit le garçon d'un pas rapide et quand celui-ci serra un sac en cuir usé contre lui, s'apprêtant à la quitter. Elle l'attrapa par le col avec un air pincé – en prenant soin de ne pas avoir le moindre contact physique avec lui.

- Hep là ! Où vas-tu comme cela, tu n'as même pas de manteau !

Edar sourit d'un air gêné :

- C'est pour cela aussi qu'il faut que je me dépêche ! Si j'arrive à rentrer avant la nuit, il ne ferra pas si froid que ça !

Elle l'entraîna à sa suite d'une main ferme et impérieuse.

Une minute plus tard, Sirha ouvrait en grand l'immense penderie en bois lisse et lourd qui meublait sa chambre qui grinça en un bruit sournoisement agaçant.

Derrière elle, Edar hallucinait en tenant dans sa main les draps du lit de la jeune fille.

Fouillant au milieu des robes et des tenues de soirée et finit par dénicher une cape et un châle épais.

Le garçon prit des mimiques orgueilleuses et si comique quand elle lui attachât une cape digne d'un prince, que Sirha crispa sa mâchoire pour ne pas sourire lorsque son visage enfantin se décomposa quand la porteuse emmitoufla du fichu de grand-mère sa tête et ses épaules.

La jeune fille réprima le fou rire en voyant le petit homme devant la grande glace de sa chambre, l'étoffe magnifique de la trainant au sol et son visage recouvert par un tas de laine épaisse et rugueuse. Tâchant de garder son sérieux, elle déclara de la manière la plus convaincue du monde :

- Tu es parfait. Là, tu n'aura pas froid.

Le garçon remercia tout de même copieusement la porteuse qui leva les mains et déclara simplement :

- Je vais être en retard pour mon entraînement, ne me remercie pas après tout, ces habits ne m'appartiennent pas vraiment… File maintenant ! Et tâche de ne pas te faire voir, il ne manquerait plus qu'un des gardes ne tombe sur toi, passe par l'aile Sud, ce sera plus sûr. Et puis… tu passeras le bonjour à ta nourrisse de ma part !

Edar hocha gravement la tête et se répandit en une montagne de gratitude avant de s'en aller.

Sirha se retrouva seule et, sentant la fatigue retomber sur ses épaules, tomba assise sur le lit et soupira d'un air mélancolique et torturé. Ses yeux sombres se voilèrent et elle déglutit difficilement.

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Quelques étages plus loin, un jeune dragonnier aux pupilles claires, le visage encadré par deux mèches sombres vit passer devant son bureau une silhouette drapés d'un mélange d'étoffe pour le moins surprenantes. Identifiant l'esprit de l'importun, il leva un sourcil avant de retenir un sourire en secouant la tête lorsque le garçon vacilla et tenta de maintenir son équilibre devenu instable à cause de son accoutrement, tel un pantin de foire.