Chansons: Sweet serial Killer -Lana del Rey
Wake-up call Maroon 5
MPTOUX; Désolée d'être au si prévisible. L'identité du tueur est évidente. Ce n'est pas le "punch" de mon histoire.
Léo se prit la tête, la migraine promettant d'être exponentielle et réécouta la chanson laissée sur le cd. Toute l'unité était déjà là-dessus et après avoir vu le corps à la morgue, aussi décapité au katana et avoir écouta la chanson laissée, il ne pouvait qu'admettre que les crimes étaient effectivement reliés. Il la réécouta une seconde fois, malgré qu'il trouvât que la chanson n'avait aucune sens.
Baby, I'm a sociopath,
Sweet serial killer.
On the warpath,
'Cause I love you
Just a little too much.
I love you just
A little too much.
C'était la troisième victime, la seconde en deux jours, et Léo ne savait plus quoi faire. Il écouta la chanson de la veille, « Jealous guy » de John Lennon. Il comprenait que le tueur appréciait la musique, mais au-delà de cela, il admettait être perdu en conjoncture. Tout le monde l'était au poste, ce modus operantis mêlant des katanas à de la musique populaire les déroutant.
Il soupira. Il allait avoir besoin de l'aide d'April O Neil pour ce cas.
La jeune femme l'écouta attentivement, assise à son bureau.
« Donc, c'est le troisième meurtre où une victime est décapitée et que son assassin laisse une chanson? » demanda April, songeuse.
Leo hocha la tête.
« Et quel est le lien entre les victimes? Je veux dire, excepté la façon dont a été laissé leur cadavre? »
« Ils étaient asiatiques, mais nonobstant ce, rien du tout ne les liait. Tu penses à un crime racial, April? »
La journaliste secoua la tête.
« Je ne pense pas…mais je crois que le tueur veut communiquer avec les forces de l'ordre. Je crois qu'une conférence de presse pourrait être opportune, Léo. Ce criminel a, de toute évidence, des problèmes de cœur et cherche à les exprimer. »
Léonardo se prit la tête entre les mains, puis se décida pour prendre des cachets dans son tiroir..
« Je déteste ces conférences… »
« Si tu veux, je peux en parler, moi. Je ferai ton entrevue, Léo. ».
« Non, mon supérieur la fera. Tu sais comment Donnie devient paranoïaque lorsque l'on me voit à la télévision. Il ne m'a toujours pas pardonné la dernière fois. » expliqua Leonardo.
April lui lança un regard de sympathie.
« Don a peur que Raph te retrouve… »
« Ouais » répondit Leo en détournant les yeux, ne souhaitant pas approfondir le sujet avec leur amie.
« Écoute, Léo, je crois que tu peux peut-être mettre tout cela derrière toi. Cela fait près de deux mois, déjà et, d'après ce que j'en sais, Raphael n'a rien tenté pour te retrouver. Peut-être que…peut -être que comme toi, il est passé à autre chose… » proposa prudemment April.
« Casey n'en n'a pas eu de nouvelles? »
« Non. Tu sais qu'ils s'étaient distancés. Mais si cela te rend plus confortable, je peux en parler aux nouvelles sans interroger qui que ce soit. Peut-être que le tueur sera satisfait de cette publicité et laissera davantage de traces, s'il y a une prochaine fois. Les tueurs en série ont un immense égo et adore que l'on parle d'eux. »
Leo hocha la tête à nouveau et raccompagna la jeune femme.
Le soir même, assis au salon avec Usagi il écouta le reportage d'April qui finalement interrogeait un commandant que Leo avait envoyé à sa place.
Usagi fronça les sourcils lorsqu'il entendit April surnommé le tueur « Love song killer » et, semblant exaspéré, ferma la télévision.
« Je ne vois pas en quoi ces chansons parlent d'amour et puis, tout ce battage médiatique est-il utile? Je ne crois pas que maniaque mérite d'avoir un surnom quasi poétique. Qu'en penses-tu, Leo-Chan? »
« L'amour peut prendre bien des visages, Usagi…parfois certains ne sont pas…poétiques. »
Un silence de quelques minutes s'étira où l'Asiatique caressa les phalanges de son bien-aimé qui, tête baissée, ne réagissait pas.
Ce fut au tour d'Usagi de soupirer, parfois il était las de la presque neurasthénie de son amant.
« Allons-nous coucher » proposa-t-il, malgré qu'il ne fût pas 21 heures. Le sexe, avait-il remarqué, était un bon moyen de changer les idées de Léonardo.
Usagi n'était pas du tout comme Raphael, songea à nouveau Léonardo alors que les mains douces parcouraient avec lenteur son corps, prenant leurs temps. Raph alternait soit à vénérer son corps comme une précieuse relique, couvrant chaque cm carré de baisers et de morsures ou bien il passait tout de suite à l'action avec gourmandise et empressement.
Usagi ne faisait rien de tout cela. Jamais il ne le mordait. En fait, les caresses d'Usagi était comme sa personne : agréables et patientes.
Pourquoi pensait-il encore à Raphael? Usagi ne méritait pas cela. Raph avait passé à un cheveu de le tuer, plus d'une fois et lui, se languissait de son corps musculeux et de sa brutalité.
« Sa passion » corrigea une voix dans la tête de Léo, qu'il fit taire.
Soudain, alors que justement, les préliminaires interminables de son amant achevaient, le cellulaire de Léo vibra. Il regarda l'heure : 22h50. De par sa position dans les forces policières, il ne pouvait pas ne pas répondre, même si son partenaire venait de le badigeonner de lubrifiant. Dès qu'il vit que c'était April, il se redressa, repoussant son amant,mais sans brutalité.
« Oui, April? Qu'est-ce qui se passe? » questionna-t-il sommairement.
« Léo! » Le policier écarta son oreille un bref instant du téléphone, tellement que la voix de la journaliste était hystérique « Je suis revenue au studio. Quelqu'un a appelé pour moi…disant qu'il avait un message pour April O'Neill. J'ai envoyé des policiers le chercher. Ils ne t'ont pas encore appelé? »
Commençant à ressentir la panique d'April, Léo nia.
« Tu devrais t'habiller. Tu vas être convoqué au poste. Je t'envoie la photo que j'ai prise »
Léo repoussa les couvertures et devant Usagi interloqué, il marcha à toute vitesse vers leur salle de bain, tout en fixant son téléphone des yeux, attendant la photo.
Elle vint, affichant une feuille tachée de sang :
« Une personne a saigné pour toi, bébé, comme mon cœur le fait. Puisque tu ne comprends pas, je vais multiplier par 4 le nombres de bons citoyens de New York qui mourront chaque soir. 4 ce soir, 16 demain, 64 après demain et 258 le jour suivant, si tu ne rentres pas à la maison, bébé. LSK
April ONeil : Interview donc quelqu'un de plus intéressant! »
Le cœur de Léo stoppa à ses mots. Le « LSK » signifiait que le tueur avait accès à la télévision, avait vu le reportage d'April et avait apprécié de toute évidence le surnom. La menace d'autant de victimes dans les prochains jours le fit frissonner. Il était impossible qu'il puisse décapiter un nombre insensé comme 258 victimes en une nuit, mais Léo savait d'expérience qu'il ne fallait pas sous-estimer les déséquilibrés. Clairement, ce Love Song Killer s'était fait larguer et le prenait mal. Il savait comment la jalousie pouvait causer des ravages et une nausée d'anxiété le prit. Et ce ne fut que quand la seconde vibration de son téléphone retentit qu'il sortit de sa paralysie. Comme April l'avait prédit, il était convoqué d'urgence.
Il était en grande réunion, discutant de la menace avec ses supérieurs. Alors que le chef du Département minimisait que le tueur puisse autant augmenter son nombre de victimes aussi rapidement, on leur rapporta qu'effectivement 4 personnes avaient été tuées, décapitées, un cd près d'elle, aux quatre coins de la ville. Cette fois-ci, elles n'étaient même plus asiatiques et ce n'étaient pas que des femmes. Ce changement de type de victimes soudainement et de lieux du crime parut louche à Léo. Le tueur élargissait soudain son champ de cibles potentielles et son territoire de chasse, mais pourquoi?
Dans le silence de la salle de réunion, on brancha un vieux lecteur cd. Même l'emploi de cd était archaïque avait fait remarquer April. De moins en moins de personnes en utilisait et c'était pour elle, un indice important.
Les chansons étaient encore toutes des chansons d'amour et de jalousie et exaspéré, le chef fit signe d'éteindre l'appareil.
« Nous avons à faire avec un dangereux psychopathe. Nous devons poursuivre la couverture médiatique. Cela à l'air de lui avoir plu. Dans son délire d'orgueil, il fera peut-être une erreur. Il réclame quelqu'un d'important, je ferai cette entrevue avec Miss O'Neill moi-même. »
Après avoir buché de nombreuses heures sur le cas, on permit à Leo de retourner chez lui en fin d'après-midi, lui promettant de se débrouiller sans lui une quinzaine d'heure au moins. Trop épuisé, il ne fit pas les milles et une manœuvres habituelles pour semer un éventuel poursuivant. Il n'avait pas à se préoccuper de Raphael qui devait sagement boire une bière quelque part avec des collègues ou des amis, alors que de bien plus dangereux sociopathes sévissaient en ville. Malgré son intérêt pour l'affaire, il prit deux somnifères et laissa un mot à Usagi, pas encore rentré, lui demandant de visionner les nouvelles pour lui. Il allait dormir, devant avoir au moins quelques heures de sommeil s'il était encore appelé en pleine nuit. Trop fatigué même pour se déshabiller, il garda son uniforme, n'enlevant que la veste.
Ce fut son réveil qui l'éveilla à 5h. Il avait, étonnamment, merveilleusement bien dormi. Il se rappela vaguement encore avoir fait des rêves érotiques au sujet de Raphael et son membre dur et dressé, semblait s'en souvenir aussi. Le Raphael de ses rêves lui avait semblé si réel qui lui semblait presque sentir encore la chaleur de son corps et la caresses de ses lèvres avec son haleine parfumée à la cannelle. Sans doute, son petit ami l'avait peut-être molesté un peu durant son sommeil, pensa-t-il, regardant vers son côté, sans le voir distinctement. Usagi dormait paisiblement et Léo ne voulant pas l'éveiller, car celui-ci, le bienheureux, était en congé. Il devait l'être aussi, mais il se demandait s'il aurait encore un jour de congé avec le fou courant dans les rues de New York.
Avec appréhension, se rappelant son devoir, il regarda son cellulaire.
15 personnes étaient mortes cette nuit, mais cette fois-ci toutes dans leur lit. Le tueur, plus audacieux encore, s'infiltrait maintenant dans les maisons, toujours laissant un cd. April avait reçu un autre message du tueur et lui demandait de la rappeler. Il se prit déjà la tête, le geste devenant presque un tic. La journée allait être rude.
Il se leva et sans éveiller Usagi, il sorti à tâtons du lit pour se doucher. Il se déshabilla, puis ouvrit l'eau chaude avec un soupir d'aise. Le souvenir de son rêve était encore vivace, mais il refusa de se masturber alors que des gens pleuraient des membres de leur famille parce que lui, Léonardo, était trop incompétent pour trouver le coupable.
Pris dans ses sombres pensées, il n'apprécia pas la douche comme à l'habitude, l'esprit tourmenté de question et se sentant oppressé, sans raison particulière. Pourquoi 15 victimes au lieu du 16 promis? Le tueur s'était-il trompé dans ses calculs, trop emporté par son carnage? Ou une victime, n'avait pas été encore retrouvée?
Quand il sortit enfin de la douche, il s'arrêta net. Ses vêtements, qu'il avait plié sur le dessus de la corbeille à linge n'étaient plus là. Avait-il, trop préoccupé, rêvé les avoir posés là? Soudain, il tendit l'oreille, une musique rythmée provenant de la chambre.
Rapidement, Léo dégaina l'arme qu'il cachait dans la salle de bain. Désormais, il en cachait une et même deux, dans chaque pièce, au cas où. D'un coup de pied, il défonça la porte de sa chambre. La pièce était toujours dans l'obscurité, mais il n'alluma pas le plafonnier, l'odeur cuivré le renseignant sur ce qu'il allait voir.
Il appuya sur les touches 911 de son cellulaire, toujours pointant son arme vers un ennemi invisible, son cerveau n'enregistrant pas les paroles, trop choqué, de la chanson du Love Song Killer.
« Wake up call
Caught you in the morning with another one in my bed
Don't you care about me anymore?
Don't you care about me?
I don't think so
Six foot tall
Came without a warning, so I had to shoot him dead
He won't come around here anymore
Come around here?
I don't think so »
