Nom : Le tacticien
Auteur : Rain
Disclaimer : SK appartient à Takei-sama.
Thème : 43# Tacticien
Personnages : Kanna, Hao, Marion (Jeanne, Sâti & Komeri – personnages mineurs)
Note : Je l'avais depuis un moment, celui-là, et pis je l'ai perdu. M'enfin. Enjoy !
Elle était presque sûre d'être la seule à s'en rendre vraiment compte. Les autres ne réfléchissaient pas aussi loin. Opachô était bien trop jeune Mathilda n'en avait que faire; les hommes préféraient suivre sans réfléchir, c'était plus simple et plus reposant. Non, elle en était sûre : personne d'autre ne s'en était rendu compte. Sauf Rackist, probablement – le prêtre était le plus intelligent d'entre eux après Hao-sama. Et Marion, aussi, peut-être. Mais même Kanna ne savait jamais ce que pensait Marion.
C'est peut-être pour cela qu'elle fut la moins surprise des trois quand Hao se retourna contre les Hanagumi. Elle le dévisagea d'un air neutre, comme si elle voyait à travers lui. Et peut-être que, dans une certaine mesure, c'était vrai. L'Allemande avait mis longtemps à comprendre, mais maintenant, elle pouvait dire que c'était fait.
Elle fumait tranquillement à l'orée de la forêt quand elle eut pour la première fois un aperçu de la complexité du jeu d'Hao-sama. Des éclats de voix entraînèrent son regard vers la plage – ou plutôt, une voix aigüe, qui luttait pour rester neutre tout en enflant progressivement, contrée par les inflexions douces et caressantes qu'elle connaissait si bien. Hao-sama et l'Iron Maiden.
Kanna savait, à cet instant, qu'elle ne devait pas rester, qu'il ne serait pas content si elle l'interrompait, que sa présence avait sûrement déjà été repérée par au moins l'un des deux Shamans de la classe des Dieux. Mais la jeune femme ne bougea pas. Elle resta, attendit. Les deux autres ne lui prêtèrent pas attention. La discussion était vive; le fouryoku pulsait de la scène en un spectacle impressionnant.
Le Shaman de feu se pencha soudain et posa ses lèvres sur le dos de la main de l'albinos. L'Allemande fronça les sourcils et cligna des yeux alors que la jeune fille se dégageait et faisait plusieurs pas en arrière, visiblement prise par surprise.
Bien que trop loin pour le voir, Kanna aurait pu jurer qu'Hao-sama souriait. Il lâcha une dernière phrase dans une langue inconnue alors qu'il la défiait de ses yeux rougeoyants, et même si Kanna ne comprit pas les mots elle avait pourtant l'impression d'en saisir l'intention. L'omnyôji disparut de la plage, et la sainte des X-Laws resta là un moment, serrant toujours sa main contre elle, comme s'il l'avait blessée.
La jeune Allemande jeta sa cigarette avant de s'éloigner.
Kanna avait décidé de ranger l'épisode dans un coin de son esprit, d'attendre. Elle ne fut pas déçue.
Une petite fille jouait sur les genoux de la princesse des Gandhara, enfilant des perles de toutes les couleurs sur un long fil bleu. Elle avait l'air très concentrée.
« Elle est bien jeune.
- Comme nous tous.
- Tu es sûre d'être prête à les sacrifier ? Ces pauvres Shamans à demi humains que tu chéris tant. Il ne faudrait pourtant pas grand-chose pour que j'épargne ton cher Jackson et votre douce enfant… Komeri n'est-ce pas ? »
Sâti l'observait d'un air calme, détaché.
« Réfléchis-y bien. Il se pourrait que tu doives te décider plus vite que tu ne le crois. »
Hao-sama s'évanouit dans la nuit. Kanna, sans vraiment savoir comment elle avait pu surprendre cette conversation, repartit discrètement. Elle n'avait pas la force ni l'envie de combattre le Gandhara.
Kanna commençait à comprendre. Mais elle n'était pas sûre. Jamais sûre de rien, avec Hao-sama. Mais pourquoi ne lui en avait-il pas parlé de ces entrevues ? Il devait bien s'en être rendu compte.
Il avait fallu deux mois avant que la dernière pièce du puzzle ne se mette en place.
Marion était de plus en plus agitée. Kanna le savait parce que Mathilda le savait; et si l'Allemande n'avait pas détesté les pleurs d'enfant elle aurait sûrement aidé la rousse, la nuit, quand elle tentait de calmer leur compagne. Mais elle n'y parvenait pas. Elle ne comprenait pas – elle n'avait pas encore toutes les clefs. Mais Kanna savait une chose : il y avait quelque chose de changé en Mari, et leur maître s'en était forcément aperçu. Et s'il savait il y avait de grandes chances qu'il vienne la questionner.
Il vint. Souriant et silencieux. Kanna faillit le manquer, mais un bruissement l'avertit que quelque chose se passait non loin de l'endroit où elle avait décidé de fumer ce soir-là et s'approcha juste à temps pour voir le brun tirer la petite blonde vers lui et la garder contre son torse, caressant ses cheveux pâles.
« Mari ne quittera pas Hao-sama, n'est ce pas ? »
Marion, bien sûr, nia en bloc d'un énergique hochement de tête. La petite blonde était suffisamment rouge pour faire pâlir d'envie le plus écarlate des coquelicots qui bordaient le camp. Le brun attendit que la nuit finisse de les envelopper, puis se releva et partit se coucher.
Marion resta.
Kanna ne put s'empêcher de penser qu'elle avait saisi, même si c'était prétentieux et peut-être même faux. Et puis après tout que pouvait-il lui arriver ? Si Hao-sama était hostile à ses découvertes, il l'aurait déjà tuée. Ou pire.
Se dévoiler quand on ne l'attend pas, surprenant et insaisissable; jouer sur sa toute-puissance, cependant, pour ne pas tout dévoiler, gardant l'avantage.
Semer le doute dans l'esprit de ses ennemis; jouer sur la fascination et l'insécurité qui règnent en maître dans l'esprit de certains.
Promettre à tous sans jamais rien accorder; mentir à tous pour qu'ils conservent leurs certitudes, leurs pouvoirs, leur allégeance surtout.
Les pensées se brouillaient dans le cerveau de l'Allemande alors qu'elle se plaçait devant les deux plus jeunes des Hanagumi. La jeune femme restait là alors qu'elle aurait pu s'enfuir, ostensiblement placée devant Marion et Mathilda, toujours pétrifiées, traumatisées. Des proies faciles. Si Anna cèdait, rien ne les sauverait, elle le savait, et surtout pas son pauvre reyroku de rien du tout. Mais ça fasait du bien de faire quelque chose, même si ça ne servait à rien. Kanna remarqua un sourire carnassier et ironique se dessiner sur le visage de son maître.
Décidément, Hao-sama est un fin tacticien.
Jeanne : Suis contente ! On dirait du anti-HJ.
Rain : … On peut le voir comme ça. M'enfin pour moi on dirait du « toi t'es amoureuse et lui il joue »
Jeanne : NAN ! Je le vois comme du anti, un point c'est tout.
Rain : Si tu veux.
