POV Klaus
Cela fait des heures que je tourne en rond dans ma chambre. Mon frère ne veut même plus que je sorte de la maison car les sorcières sont toujours là, quelque part, à l'affût, prêtes à passer à l'attaque. Elles n'ont toujours rien tenté et cela est inquiétant. Mais je déteste rester là sans rien faire et je déteste encore plus être enfermé. J'ai l'impression d'être en prison, en captivité, comme avec Esther… Je secoue la tête. Ce n'est pas tout à fait vrai car là mon enfermement est pour mon propre bien et je sais que rien ne m'arrivera tant que je suis dans le manoir. Mais je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec mes années de captivité.
Puis, pour être honnête, ce dernier mois a été assez chargé. Avec Elijah, nous avons entièrement refait la chambre du bébé. J'ai refait un berceau et peint plusieurs tableaux pour mettre dans la nurserie. Avec Rebekah, nous avons fait un marathon télé et nous avons regardé je ne sais combien de films. Et nous avons mangé notre poids en friandises en tout genre. J'ai passé aussi plusieurs soirées à jouer à des jeux de société en compagnie du reste de la famille.
Bref ce mois-ci a été calme, même si nous avons provoqué pas mal d'émotions à Rebekah :
Milieu du huitième mois de grossesse
Nous avons pris une décision importante avec Elijah et nous tenons à la partager avec notre soeur. Je suis sûr qu'elle va être folle de joie mais aussi surprise. Mais pour nous deux, c'était le choix logique et évident. Cela ne pouvait être qu'elle, la seule personne en qui nous avions réellement confiance en dehors de nous. La seule qui pourrait prendre soin de notre fils dans le cas où il nous arriverait quelque chose.
Nous lui avons demandé de venir dans la chambre du bébé. Comme à chaque fois que je suis dans cette pièce, je laisse mon regard errer. Mes yeux se posent sur un petit ours en peluche dans le berceau et je le prends dans mes mains. Une réplique de ce même ours se trouve dans ma chambre et une autre dans celle d'Elijah, un cadeau de la part de Rebekah. Lorsqu'elle me l'a offert, j'ai tout d'abord été surpris. Il est assez rare que nous échangions des cadeaux dans cette famille. Ca arrive seulement quelques fois quand nous revenons de voyages et pour Noël et les anniversaires. Ensuite, je ne comprenais pas le but de ce présent. Mais une fois que j'ai découvert qu'Elijah et notre fils avaient le même, j'ai simplement remercié ma soeur avant de déposer la peluche sur ma table de chevet. Et elle y est encore.
Rebekah arrive finalement dans la pièce, me sortant de mes pensées. Je redépose l'ours dans le berceau avant de me tourner vers ma soeur. J'échange un bref coup d'oeil à mon frère et comme nous l'avions décidé, c'est lui qui prend la parole :
"Rebekah, nous t'avons demandé de venir ici car j'ai, enfin nous avons quelque chose à te demander. Tu sais que nous avons beaucoup d'ennemis. Et même si nous sommes immortels, il pourrait toujours nous arriver quelque chose, même temporairement. Alors, nous nous demandions si tu voudrais bien être la marraine de notre fils. Nous avons confiance en toi et nous savons que tu serais tout à fait capable de prendre soin de lui, si cela s'avérait nécessaire. Tu serais d'accord ?"
Je peux voir plein d'émotions traverser son visage avant qu'elle ne nous réponde : l'incrédulité, le choc puis la joie. Elle se met à sourire comme jamais avant de nous sauter dans les bras et de hurler 'OUI'.
Elle a ensuite annoncé la nouvelle à toute la maison, au moins trois fois. Je dois bien dire que je m'attendais un peu à cette réaction. Ma soeur ne se retient jamais et vit chaque moment intensément. Elle prend son rôle de marraine très à coeur et elle essaye de prendre part à des discussions, même quand ça ne la regarde pas réellement.
Troisième semaine du huitième mois
Je suis assis sur le canapé de ma chambre avec Elijah à côté de moi. Cela fait plusieurs heures que nous essayons de trouver un nom pour notre fils. Nous avons plusieurs livres de prénoms ouverts devant nous mais nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord. Chaque prénom proposé par l'un, fait penser à quelqu'un à l'autre et c'est rarement une personne que l'on apprécie.
Je me lève pour marcher un peu, ayant besoin de me dégourdir les jambes. Je soupire :
"On ne va jamais y arriver."
Elijah passe une main dans ses cheveux et me répète encore une fois :
"Cet enfant est unique Niklaus. Nous devons lui trouver un prénom qui lui corresponde."
Et blablabla. C'est la même rengaine depuis deux heures et je n'en peux plus. J'ai proposé de l'appeler comme un roi, mais mon cher frère ne veut pas : 'Tu ne vas pas lui choisir un prénom, juste parce qu'il a été porté par un roi Niklaus !'. Je lui ai alors proposé Henrick, en hommage à notre petit frère, mais il m'a répondu que non, nous devions trouver un prénom juste pour notre enfant, qu'il ne devait pas avoir à le partager avec quelqu'un d'autre de la famille. Il n'a pas tort là dessus, puis je ne voudrais pas que ce prénom lui porte la poisse de son prédécesseur.
Je me rassois sur le divan et je pose mes pieds sur la table. Je vois bien que ça ne plaît pas à mon frère, mais il ne dit rien. Je souris, de toutes manières, même s'il avait fait une quelconque remarque, je lui aurais répondu que c'était ma table donc j'en faisais bien ce que je voulais. Puis il ne s'est pas gêné pour s'asseoir dessus l'autre jour.
Je baille un coup, prêt à dire à mon frère qu'on verra ça un autre jour quand Rebekah entre dans ma chambre :
"Alors, vous avez du mal à trouver un prénom pour mon filleul ?"
Parfois, j'arrive à oublier que cette chambre n'est pas insonorisée et que tous les vampires de la maison peuvent entendre les discussions qui se passent dans cette pièce. Visiblement, Rebekah nous écoute depuis un bon moment, puis qu'elle nous donne son avis sur tous les potentiels prénoms, même si aucun ne nous plaît réellement. Et sans parler de ça, elle commence à nous proposer des choses les plus loufoques les unes que les autres :
"Vous savez, un bébé doit bien tenir de sa marraine pour certaine chose. Alors vous pourriez utiliser une partie de mon nom. Je ne sais pas moi, par exemple Ecko, Reb, Rebko ?"
Est-ce-que ce sont réellement des prénoms ou elle mélange juste des lettres au pif pour essayer de former des syllabes ? Je n'ai pas le temps de lui demander puisqu'une voix grave retentit dans la chambre :
"Ou un truc dérivé de Kol. Nico par exemple. Ca serait un bon mélange entre Niklaus et Kol."
Je croise le regard de mon frère et ferme les yeux. Kol ne va pas s'y mettre aussi.
Bon finalement, nous avons trouvé un prénom, mais pas ce jour là. Il nous a fallu encore plusieurs heures, mais nous sommes tombés d'accord pour le nom de ce petit gars. Je passe une main sur mon ventre et souris doucement. Puis je soupire, avant de recommencer les cent pas.
Je commence à m'ennuyer ferme et je suis seul à la maison. Puis j'ai un autre soucis, demain c'est l'anniversaire d'Elijah et je ne lui ai encore trouvé aucun cadeau. Je comptais demander à Rebekah d'aller chercher quelque chose pour moi, mais elle était déjà sortie quand je me suis levé ce matin.
Malgré les recommandations et les interdictions de mon frère, je me décide à sortir en mettant bien sûr le collier de Freya. Il faut que je trouve un cadeau d'anniversaire pour mon grand frère. J'aurais bien pu lui faire encore une babiole en bois ou une peinture, mais j'ai envie de trouver autre chose, quelque chose qui lui plaira sans aucun doute mais plus inhabituel. Je veux le surprendre cette année. J'enfile rapidement un manteau et je sors du manoir.
Après plus de deux heures de recherche dans différents magasins, je me décide à rentrer bredouille. Mes frères et soeurs ne devraient pas trop tarder à rentrer et il faudrait mieux que je sois là quand ça sera le cas. Sinon je vais passer un mauvais quart d'heure, je n'ai aucun doute là dessus. Je marche rapidement dans la rue, en direction du manoir, quand je sens des picotements dans ma colonne vertébrale. Tout mon être crie au danger mais pourtant je ne vois rien autour de moi. Et puis soudain, je les entends, des murmures tout autour de moi. Je reconnais sans mal les voix, ce sont les sorcières.
Et ainsi se termine le huitième mois de grossesse.
