Chers lecteurs !
Voici le chapitre 35, nommé L'intrus. Ce titre renvoit à plusieurs passages de ce chapitre. Il n'y aura pas un intrus mais bien plusieurs. J'espère qu'il vous plaira et que vous aimerez la tournure que prend l'histoire. En tout cas, je prends toujours autant de plaisir à écrire cette histoire et à lire vos reviews. J'ai répondu à toutes les personnes inscrites sur le site il me semble :) J'ai remarqué une baisse du nombre de reviews par chapitre alors je me questionnais : est-ce que l'histoire plaît toujours autant ? Est-ce que quelque chose ne va pas ( chapitre trop long, intrigue ennuyante...) ? Je suis ouverte à toutes les critiques évidemment !
Le chapitre de la semaine prochaine n'est toujours pas entamé mais j'espère bien qu'il arrivera en temps et en heures :D
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et une bonne semaine, Patmol25
Chapitre XXXV : L'intrus
« Souvenez-vous Monsieur Jedusor, vous ne devez, à aucun moment, oublier combien vous souhaitez me faire quitter votre esprit. Nous devons, tant que possible, rester en contact visuel. Est-ce bien clair ? »
Harry acquiesça, l'anxiété grimpant en lui. Ses doigts se resserrèrent nerveusement autour de sa baguette magique même si le professeur Selwyn lui affirmait qu'il n'en aurait pas besoin.
À la demande de ses parents, son professeur de potions était venu le trouver durant le week-end précédent, après l'arrivée des étudiants de Durmstrang et Beauxbâtons. Ensemble, ils avaient convenu d'une date pour leur premier cours d'occlumencie.
À présent, ils se trouvaient dans le bureau du professeur Selwyn. Comme Snape, ses quartiers se trouvaient dans les cachots. Les professeurs de potions devaient-ils tous s'enfermer dans la partie la plus froide et humide du château ? Les murs en pierres de la pièce circulaire n'étaient en effet recouverts d'aucun tissu ou tapisserie permettant de réchauffer l'atmosphère !
« Comment dois-je faire ? » redemanda Harry pour la troisième fois.
Le professeur Selwyn pencha la tête sur le côté, observant attentivement l'adolescent face à lui. Lorsque le Seigneur des Ténèbres l'avait chargé de prendre en charge l'apprentissage en occlumencie de son fils cadet, Selwyn s'était senti défaillir. Cette mission était révélatrice de la grande confiance que l'homme lui accordait !
Évidemment, sa récente nomination au poste de professeur de potions, ajoutée à ces cours privés avec le jeune héritier Jedusor suscitait beaucoup de questionnements et de jalousie auprès des partisans de Tom Jedusor. Tous ses... collègues le dévisageaient suspicieusement, attendant le moindre faux pas de sa part pour le descendre auprès des Jedusor. Ces cours avec Harry Jedusor étaient donc d'une importance capitale !
« Si vous vous détendiez, m'éjecter de votre esprit n'en sera que plus simple, » conseilla calmement Aurélius de sa voix suave. « Je vous réexplique comment cela va se dérouler. Vous allez d'abord vous concentrer sur quelques souvenirs anodins pour qu'ils soient à la porte de votre esprit. »
« Est-ce qu'un esprit a vraiment une porte ? » songea distraitement Harry. Il ne put s'empêcher de remarquer que l'angoisse le rendait stupide et fébrile.
« Ce seront les premiers que je verrais en vous lançant le sortilège de légilimancie. La légilimancie me permettra d'extraire certains de vos souvenirs et les émotions y étant rattachées, » poursuivit le Mangemort. « Il faudra alors vous concentrer de toutes vos forces afin de me faire quitter votre esprit. Vous devrez vider votre esprit de toute émotion, de tous souvenirs à partir de là et seulement vous concentrer, avec force et volonté, à me faire quitter votre esprit afin d'y protéger ce qui s'y trouve. »
Harry émit un son étranglé, signifiant ainsi avoir écouté et enregistré les mots de Selwyn. Il ferma finalement les yeux, triant le flot de souvenirs qui inondait son esprit. Il en choisit quelques uns sans importance et se les remémora rapidement, espérant que Selwyn n'aurait pas l'occasion de voyager plus loin dans son esprit ! Il s'efforça ensuite de se concentrer sur sa respiration, essayant d'annihiler ses émotions et ses pensées. Déterminé, il rouvrit les yeux et fit un mouvement de tête en direction de l'homme.
Celui-ci se redressa et inclina la tête en sa direction avant de pointer sa baguette magique sur lui. Harry inspira bruyamment mais s'efforça de faire taire son instinct de préservation qui lui hurlait de rouler en boule et de se défendre. Rester immobile face à une arme brandie lui demandait un effort considérable.
« Legilimens ! »
Le sortilège le frappa de plein fouet et Harry sentit son esprit s'ouvrir, se déverser. Des images jaillirent sous ses yeux et il recula de quelques pas, choqué par la sensation désagréable de sentir ses souvenirs se répandre ainsi. Les souvenirs défilèrent alors sous ses yeux, se sentant impuissant pour en arrêter le flot ! Son dernier fou rire avec Hermione. Sa dernière confrontation avec Snape. Son dernier vol avec Cédric. Ce tourbillon de lumières et de sons étouffés s'arrêta au bout d'une demie-minute, se figeant sur un souvenir en particulier.
« Hé Pot-du-Sort ! »
Harry se revit alors sursauter alors qu'il était planté devant la Coupe de Feu, installée dans le grand hall du château. Cet artefact magique dont la puissance ne faisait aucun doute allait, comme leur avait expliqué Sirius à l'arrivée des deux écoles concurrentes, désigner les six champions qui allaient s'affronter lors du Tournoi. Les inscriptions, réservées aux étudiants majeurs, étaient ouvertes et chaque candidat devait déposer son nom dans la Coupe de Feu avant le 15 octobre.
Impuissant, il s'observa dévisager d'un air interloqué les jumeaux Weasley qui venaient d'apparaître derrière lui. Quel était ce nouveau surnom délirant ? Un mélange de Potter et Jedusor ! Malgré lui amusé par l'imagination des deux rouquins, il avait alors éclaté de rire, s'attirant quelques regards. Seuls Fred et Georges étaient suffisamment courageux pour venir lui sortir une telle bêtise en face !
« Fred, Georges. C'est la première fois que j'entends un tel surnom m'être affublé ! Que faîtes-vous ?»
Hermione apparut à son tour, un énorme grimoire dans les bras. La jeune fille haussa un sourcil dubitatif en voyant Fred brandir sous leur nez une fiole de potion. Une quinzaine d'étudiants se réunirent autour d'eux en remarquant l'excitation des deux Gryffondors de sixième année.
« Nous ne sommes pas d'accord... » commença Fred.
« ...Avec les mesures prises par notre cher directeur, Sirius Black ! » poursuivit son jumeau.
« Nous sommes tout à fait capable... »
« Nous ne sommes pas là pour revivre votre souvenir ! Faîtes-moi sortir ! »
La voix de Selwyn le ramena à la réalité et il secoua la tête, s'efforçant de penser à combien il voulait le voir quitter son esprit. L'image de Fred et Georges avalant une gorgée de leur potion de vieillissement se troubla un instant, les sons devenant étouffés avant de redevenir plus claire.
« Je n'ai pas à voir cela ! » ajouta d'une voix forte Selwyn. « Battez-vous. Allez ! »
« Allez, Harry ! » s'ordonna t-il. Pourquoi Selwyn aurait-il le droit de venir se promener dans son esprit ? Ses souvenirs étaient personnels ! À lui ! Même si la mésaventure des jumeaux Weasley transformés en vieillard après avoir traversé la ligne d'âge entourant la Coupe de Feu avait fait le tour de l'école !
Mais en même temps... Harry se sentit subitement épuisé. Pourquoi était-ce si fatigant de protéger son esprit ? Après tout, ce souvenir avec Fred et Georges était si anodin et pourtant, il arrivait à peine à brouiller l'image.
« Cessez de réfléchir ! »
« Vous croyez que c'est facile ? » aboya t-il entre ses dents serrés.
La faible concentration du jeune garçon vola alors en éclat et il y eut une explosion de lumières, de couleurs et de sons alors que ses souvenirs traversaient en cascade son esprit, les partageant involontairement avec Selwyn. Il tenta d'endiguer le flot d'images mais réussit seulement à le faire ralentir, rendant les images plus nettes et perceptibles pour Selwyn.
Sa dernière dispute avec son cousin.
« Tu m'emmerdes Drago ! Pourquoi es-tu toujours aussi méchant avec Hermione ? C'est ma meilleure amie. »
La cabane hurlante. Snape. Pettigrow.
« Est-ce que tu imagines sa colère en apprenant que tu as voulus tuer son fils ? »
« Il va me féliciter ! Il ne peut pas vouloir le protéger ! »
La crise familiale traversée l'été dernier avec son père.
« Maman ! » hurlait Adam.
Impuissant, Harry observa avec effroi sa mère tomber au sol, projeté au loin par son père alors que celui-ci resserrait sa prise autour de lui, le faisant suffoquer de douleur.
« Qu'est-ce que tu lui fais ? Laisse-le, c'est ton fils ! »
« Voulez-vous vraiment que je vois tout ça ? »
La colère gagna Harry qui poussa un cri de rage et agita sa baguette magique. Aussitôt, les images s'effondrèrent et le bureau de Selwyn réapparut devant ses yeux. Le silence dans la pièce était lourd, seulement entrecoupé par le souffle précipité et rauque du Gryffondor. Ce dernier, en sueur, se pencha légèrement en avant, tentant d'apaiser sa respiration. Il passa une main nerveuse sur son visage et se frotta les yeux, bouleversé par cette expérience. Il ne pourrait jamais apprendre l'occlumancie et laisser un parfait inconnu effleurer ainsi ses souvenirs. C'était impossible. À quoi pensaient ses parents ?
« C'est un bon début. »
La voix posée de l'homme le fit se redresser. Son regard bleu s'accrocha à celui de son professeur. Ils se dévisagèrent silencieusement un instant et Harry sentit une nouvelle vague de fatigue le heurter de plein fouet. Il remarqua enfin que ses jambes tremblaient violemment. Il tituba jusque contre le mur pour s'appuyer dessus, appréciant la fraîcheur et l'humidité des pierres froides contre son dos trempé de sueur.
« Bien sûr, vous ne devriez pas utiliser votre baguette magique pour vous protéger mais vous avez réussi à brouiller certains souvenirs, » félicita Selwyn en s'approchant de son bureau. Il en sortit un paquet de Patacitrouilles. « La faculté à vider votre esprit vous permettra de pratiquer l'occlumancie. Dès que vous avez recommencé à réfléchir, vos souvenirs nous ont envahi. »
Harry attrapa distraitement la friandise que lui lança l'homme, démontrant ainsi ses aptitudes en tant qu'Attrapeur ! Il déchira l'emballage avec les dents et enfourna goulûment la confiserie entre ses lèvres, laissant avec plaisir le chocolat se répandre dans sa bouche.
« Comment contrôler les souvenirs qui arrivent ? »
« Ce sont souvent ceux qui vous... touchent le plus qui apparaissent les premiers, » répondit l'adulte.
Oh. Ça allait donc être compliqué de dissimuler certains éléments à Selwyn… Ses parents devaient avoir véritablement confiance en son professeur pour l'avoir désigné comme la personne fouillant son esprit ! Même si Snape et lui étaient loin de s'entendre à merveille, au moins Harry le connaissait depuis quatre ans ! Là, il avait du mal à être autant en confiance avec le professeur Selwyn. Mais après tout, ne devait-il pas avoir confiance au jugement de ses parents ?
Il termina de manger sa Patacitrouille en réfléchissant, un air songeur sur les traits. Il remercia silencieusement le professeur Selwyn de respecter son silence. L'homme fit apparaître deux verres et une cruche de jus de citrouille. Il remplit les verres et en fit léviter un jusqu'à son étudiant qui l'attrapa en le remerciant d'un mouvement de tête. Harry le vida d'une traite puis se décolla du mur qui le soutenait.
« Recommençons, » déclara Harry d'un ton décidé.
Une heure plus tard, le jeune Jedusor parcourait les cachots d'une démarche fébrile, pressé de rejoindre la tour des Gryffondors et de se glisser dans son lit après une douche brûlante. Selwyn avait multiplié les attaques contre son esprit. Il l'obligeait à se dépasser de plus en plus, le houspillant, le provoquant pour le faire réagir. À la fin de cette première séance, il avait à peine réussi à détourner et à brouiller quelques images de certains de ses souvenirs.
Selwyn avait cependant eu le loisir d'assister à sa crise d'angoisse à Gringott's lorsque le gobelin chargé du coffre-fort des Potter lui avait transmis la lettre de James et Lily lui révélant sa véritable filiation. Cet épisode l'avait tant bouleversé qu'il s'était totalement laissé envahir par ses émotions, rendant le souvenir plus net que jamais.
Même si l'enseignant se réjouissait de cette première séance, Harry se sentait complètement désarçonné, à la fois épuisé et dubitatif. Comment pouvait-il vraiment repousser une telle attaque mentale ? Comment vider son esprit alors que ses souvenirs ne demandaient qu'à déferler et à s'ouvrir à l'assaillant ? Cette forme de magie lui paraissait insaisissable, comme si elle coulait entre ses doigts.
« Harry Jedusor ! »
Sur la défensive, Harry glissa aussitôt sa main droite dans la poche intérieure de sa robe pour attraper sa baguette magique. Il fit volte-face puis se détendit en rencontrant le regard de deux étudiants de l'Institut Durmstrang. Il n'eut pas besoin de réfléchir longuement avant de les reconnaître : Viktor Krum et Nikolaï Yordanov. Igor Karkaroff ne cessait de les brandir comme des trophées depuis leur arrivée à Poudlard, au grand agacement des autres étudiants bulgares qui se sentaient complètement mis de côté !
Harry observa les deux jeunes hommes s'approcher de lui, fébrile. Comme ses camarades, il admirait Krum pour ses talents en tant qu'Attrapeur de Quidditch. Sa dernière prestation à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch avait démultiplié sa célébrité. Harry n'aurait jamais pensé qu'il était encore étudiant !
Nikolaï Yordanov était plus discret mais pas moins célèbre en Bulgarie du fait de son statut de prince. D'ailleurs, il était constamment accompagné d'une autre personne, ne déambulant jamais seul dans les couloirs de Poudlard. Il était plus petit et fin que Krum mais paraissait tout autant athlétique. Son visage pâle était encadré par des cheveux bruns coupés courts sur le côté mais avec une longueur sur le devant, ce qui donnait un certain volume et style à l'ensemble. Ses yeux légèrement en amande étaient d'un brun brillant et quelques tâches de rousseurs s'étalaient discrètement sur son nez et sur le haut de ses joues.
« Bonsoir, » salua Harry d'une voix qu'il espéra ferme. « Vous rejoignez votre bateau ? »
« Oui, nous … avons étiez... avec des élèves de Serrrpentard » répondit Krum avec un fort accent bulgare, cherchant ses mots. « Ils sont sympathiques. »
« Drago Malefoy est ton cousin ? »
L'accent de Nikolaï était encore plus marqué et Harry ne put s'empêcher de s'esclaffer. Bon sang, ça ne devait pas être simple de se retrouver dans un pays sans en maîtriser la langue ! Au moins, il était avec sa famille durant le mois passé en Bulgarie. Il avait appris beaucoup de vocabulaire bulgare durant ces vacances mais il ne s'était jamais retrouvé dans une situation difficile comme celle-ci. Il acquiesça, affirmant que Drago Malefoy était en effet son cousin.
« Un numérrro … étrrrange ! » s'exclama alors Nikolaï, un sourire aux lèvres.
Harry se demanda alors comment Drago et son habituel goût pour la démesure avait accueilli deux célèbres étudiants de Durmstrang au sein de la salle commune de la maison Serpentard ! Il se contenta d'afficher un sourire entendu et les trois garçons reprirent leur route, s'engageant dans les escaliers mouvants de Poudlard. Excité de se retrouver en compagnie de Krum et Yordanov, il était loin de s'imaginer que ceux-ci ressentaient exactement la même chose en sa présence !
« Ton frrrère a fait son école dans la nôtrrre, » poursuivit Krum. « Il est plus vieux. »
« Vous connaissez Adam ? » s'exclama t-il, enthousiaste. « Comment était-il à l'école ? »
Les deux bulgares échangèrent un regard, surpris par l'enjouement du Survivant. Si les événements au Royaume-Uni avaient un impact moins fracassant en Bulgarie, ils avaient tout de même traversé la Manche et secoué l'ensemble de l'Europe ! Tous savaient, qu'un jour ou l'autre, la question du retour de Tom Jedusor dépasserait les frontières anglaises. Notamment à Durmstrang où les questions liées au passé flou de Karkaroff étaient toujours en suspend !
« On peut dirrrre qu'il était … connu ! » répondit Nikolaï.
« Il a toujourrrs eu des ennuis, » ajouta Viktor en riant bruyamment. « Ses amis et lui ont explossserr un salle d'école de potion. »
Harry ouvrit grand la bouche en dévisageant les deux garçons. Sérieusement ? C'était donc ce genre de frasques dont lui parlait Adam la dernière fois ? Il n'espérait quand même pas qu'il profite de sa propre adolescence en faisant exploser un des cachots de Snape ? Même s'il n'était plus le professeur de potions, il le massacrerai ! Même Sirius ne pourrait rien pour lui !
Un sourire étira ses lèvres en songeant qu'il avait face à lui deux sources potentiels d'informations au sujet de son frère ! Il était certain de pouvoir en apprendre davantage sur ses années de scolarité et gagner ainsi certaines anecdotes compromettantes. C'était toujours utile à posséder, non ? Enfin, s'il arrivait à déchiffrer l'anglais bancal des deux étudiants !
« Il était adepte à ce genre de bêtises ? » demanda Harry d'un ton innocent.
« Il avait tendance à fairrre des affronts de duel, » répondit Nikolaï. « Du coup, les professeurrrs surveillaient toujours Adam et ses copains. »
« Tu te rrrapelles quand il a eu... s'est disputé avec le prrrofesseur Karkaroff ? »
En réponse, Nikolaï éclata de rire. Ils émergèrent alors des cachots et la température augmenta sensiblement de quelques degrés. Les deux bulgares s'attelèrent alors à partager cette anecdote avec Harry avec leur anglais boiteux. Le Gryffondor buvait leurs paroles, heureux de voir un nouveau pan de la vie de sa famille se révéler. Il avait l'impression que chaque mot comblait ce trou d'une dizaine d'années qui le séparait d'Adam.
« Et il n'a jamais été renvoyé ? » s'étonna t-il, effaré.
Sa mère et lui avaient déjà évoqué quelques fois l'adolescence compliquée d'Adam mais Harry n'avait jamais imaginé que son parcours scolaire avait été semé de tant de difficultés de comportement.
« Il est dit que le dirrrecteur Karkaroff est proche beaucoup de ton... père, » répondit Viktor en passant une main nerveuse dans ses cheveux bruns. Il jeta un regard autour de lui comme pour s'assurer que personne ne pouvait les entendre. « C'est une rumeurrr, on en sait pas plus ! »
Harry resta silencieux un moment alors qu'ils arrivaient dans le hall d'entrée du château, presque vide à l'approche du couvre-feu. Par Merlin, les Mangemorts étaient-ils partout ? Il ne pensait pas en croiser autant sur son chemin ! Snape. Les Malefoy. Le professeur Selwyn. Igor Karkaroff. Qui serait le prochain sorcier autour de lui à se révéler être un Mangemort ?
« Et il est sorrrrti beaucoup avec ma soeurrr, » ajouta Nikolaï avec un sourire en coin.
« Ta sœur ? » s'exclama Harry. « Qui est-ce ? »
Bon sang, Adam n'avait jamais rien laissé filtrer au sujet d'une ancienne petite-amie ! Et le superlatif « beaucoup » utilisé par Nikolaï était plus qu'intriguant. En tout cas, aucun nom n'avait jamais été prononcé même s'il se vantait régulièrement de séduire de nombreuses jeunes sorcières de bonnes familles !
« Irina Yordanov, princesse du royaume de Bulgarie, » présenta fièrement le jeune homme. « Elle a son âge et ils font toujours que de se... coupler ensemble et de se quitter et se recommencerrr encorrre ! Il t'a jamais parlé d'Irina ? »
« Si, si, bien sûr ! » mentit précipitamment l'adolescent. « Je ne savais juste pas qu'il s'agissait de ta sœur ! »
Maintenant qu'il avait un nom, Harry était bien décidé à en savoir davantage au sujet de cette mystérieuse Irina !
« Messieurs. »
Sirius Black sortit subitement de l'ombre, faisant sursauter les trois garçons qui s'étaient arrêtés près des sabliers comptabilisant les points des maisons pour achever leur conversation. Il était vêtu d'une élégante robe de sorcier noire. Il tenait entre ses mains un épais rouleau de parchemin rempli d'une écriture fine et penchée.
« Monsieur le Directeur, » répondirent-ils en chœur.
Toutefois, l'accent bulgare de Krum et Yordanov rendirent le tout hilarant et Harry se mordit les lèvres pour ne pas éclater de rire. Sirius et lui échangèrent discrètement un coup d'œil complice.
« La soirée est agréable ? »
« Trrrrès Monsieur. Il fait encorrre chaud parrr ici ! » s'exclama Viktor.
Harry grimaça, ne s'accordant pas vraiment aux propos du joueur professionnel de Quidditch. Si les étudiants de Durmstrang étaient arrivés vêtus d'épaisses capes en fourrure, ils les avaient vite rangé dans leurs valises, appréciant « les températures encore agréables » de ce début du mois d'octobre. Sous le regard effaré de tous les étudiants de Poudlard qui commençaient à sortir leur cape d'hiver, ils se baladaient en fin sous-pull.
« Je me réjouis de vous voir apprécier votre séjour à Poudlard ! » déclara Sirius. « Harry, pourriez-vous m'accompagner jusqu'à mon bureau avant que le couvre-feu ne tombe ? »
Le Gryffondor hocha la tête, à la fois surpris et heureux de la proposition de Sirius. Avait-il quelque chose de précis à lui dire ? Il adressa un geste de la main aux deux étudiants, sincèrement heureux d'avoir pu partagé une discussion avec eux. Il se sentait si seul dans la tour de Gryffondor que la moindre occasion d'échanger et de discuter était à saisir ! Ils lui répondirent en souriant. Harry emboîta le pas à Sirius, prenant la direction du bureau directorial.
« Méfaits accomplis. »
Un sourire amusé traversa le visage de l'adolescent, songeant à la carte des Maraudeurs cachée au fond de sa valise. Alors que les gargouilles se mouvaient, dévoilant un escalier en colimaçon, Harry tenta de se rappeler la dernière fois qu'il était entré dans ce bureau. Alors qu'à son arrivée à Poudlard il s'y était rendu plus régulièrement que n'importe quel étudiant, ses visites dans ce bureau avaient disparu au début de sa troisième année !
Un léger choc le traversa en entrant dans le bureau bien plus sobre que celui aménagé par le professeur Dumbledore. Il tourna la tête vers les tableaux représentant les anciens directeurs de l'école, s'attendant presque à voir le vieil homme à la longue barbe blanche. C'était stupide puisque Dumbledore n'était pas mort. À nouveau, il se demanda un instant où se trouvait le puissant sorcier et ce qu'il faisait à présent.
« Assieds-toi, » proposa Sirius d'un ton chaleureux.
D'un mouvement de baguette magique, il fit léviter son siège jusqu'à se retrouver du même côté du bureau qu'Harry. Celui-ci eut un sourire, secrètement heureux de voir Sirius mettre entre parenthèse son rôle de directeur. Ils s'installèrent face à face et Sirius commanda d'une voix forte du thé. Quelques secondes plus tard, une théière fumante et deux tasses apparurent sur un plateau doré.
« Je sais que le professeur Selwyn a commencé à te donner des cours d'occlumancie ce soir, » commença le directeur. Il fronça les sourcils d'un air soucieux et le dévisagea longuement avant de poursuivre. « Comment te sens-tu après cette première séance ? Ce n'est pas l'apprentissage le plus agréable. »
Harry grimaça et toute la fatigue qui s'était envolée au cours de sa discussion avec les étudiants de Durmstrang le frappa de nouveau de plein fouet. Il s'enfonça avec plaisir dans l'énorme fauteuil.
« C'est vrai que c'est... fatigant, » souffla t-il. Il attrapa sa tasse de thé et laissa les effluves l'envahir. « Je ne sais pas si j'y arriverai ! Ça a l'air tellement compliqué ! »
Sirius hocha lentement la tête, comprenant parfaitement les doutes du gamin face à lui. Même s'il était rarement poussé aussi loin que chez des experts comme Snape ou Jedusor, l'apprentissage des bases de l'occlumancie était courant dans les familles Sang-Pur. S'il s'était vaillamment opposé à sa famille au cours de sa jeunesse, Sirius savait également tirer profit d'être issu d'une lignée si importante que les Black. Malgré les nombreux conflits, Sirius avait suivi cet entraînement avec son père, Orion. Tout comme Harry, il avait été persuadé de ne jamais parvenir à protéger ne serait-ce qu'une partie infime de son esprit !
« L'occlumancie est une forme de magie longue à comprendre et à apprivoiser. Elle requiert énormément de travail et de patience, » rassura t-il. « Laisse-toi le temps et suis les conseils du professeur Selwyn. »
« Au début, je ne comprenais pas pourquoi il était essentiel que j'apprenne à protéger mon esprit, » confia Harry. « Mais à présent, je sais que je ne veux plus que quelqu'un soit capable de partir fouiller dans mes souvenirs ! »
« C'est souvent lorsque l'on est confronté à cela que l'occlumancie prend tout son sens, » souffla Sirius avec un sourire. « Aimes-tu la décoration de mon bureau ? »
Harry jeta un regard à la pièce. La décoration était loin d'être affreuse ! Elle était même plutôt élégante et raffinée bien que certaines étagères demeuraient désespéramment vides. Il se tourna à nouveau vers Sirius dont le rire, si semblable à l'aboiement d'un chien, résonna bruyamment dans le bureau. Le personnage d'un tableau grogna dans son sommeil mais ne se réveilla pas.
« Ton goût de la décoration est beaucoup plus moderne et sobre que celui du professeur Dumbledore, » répondit sagement Harry. « Comment c'est d'être directeur de Poudlard ? Je n'avais pas du tout penser à toi. Papa et maman ont refusé de me donner le moindre indice ! »
« Peu de gens ont pensé à moi je crois, » s'amusa Sirius en s'enfonçant confortablement dans le fauteuil, se détendant. « Si j'avais su que ça représentait tant de travail, j'aurais peut-être réfléchi davantage avant de proposer ma candidature. »
L'ancien prisonnier lui fit un clin d'œil amusé. Amusé par ses singeries, Harry pouffa. Même si Sirius paraissait davantage fatigué qu'à la rentrée, son visage rayonnait. Ses yeux pétillants étaient même déstabilisants pour Harry. Il ne se souvenait que trop bien de l'homme qui l'avait accompagné au cimetière de Godric's Hollow et de la souffrance quasi permanente flottant autour de lui.
Pour la première fois depuis longtemps, Harry eut l'impression de ne pas avoir à prétendre être quelqu'un d'autre, ne pas avoir à assumer un rôle, un statut. Il se détendit complètement et avala une gorgée chaude de thé avant de reposer la tasse sur le bureau en chêne. Ses muscles raidis par sa séance avec Selwyn se relâchèrent alors que son corps se fondait dans le coussin moelleux du fauteuil.
« Comment va le professeur Lupin ? » demanda t-il timidement.
Il appréciait grandement le loup-garou. Après tout, c'était grâce à lui que les cours de défense contre les forces du mal s'étaient révélés passionnants pour la première fois depuis son entrée à Poudlard. Lupin lui avait également enseigné le sortilège du Patronus même s'il n'avait pas encore pu lui montrer le cheval argenté qui apparaissait au bout de sa baguette magique !
« Remus va bien, » répondit Sirius en insistant sur le prénom. « Il me demande souvent de tes nouvelles et regrette de ne pas te voir aussi souvent qu'il le souhaiterai. »
Harry hocha la tête en retenant un soupir. Même s'il appréciait le professeur Selwyn, il avait une relation particulière avec Remus. Un lien qui lui manquait particulièrement en cette quatrième année !
« Travaille t-il ? »
« Malheureusement, beaucoup d'emplois sont refusés aux loups-garous, » grimaça Sirius, une pointe de colère faisant vibrer sa voix. « Mais, une place ne devrait plus tarder à lui être offerte au sein du Ministère de la Magie. »
Les yeux du Gryffondor s'écarquillèrent de surprise. Au Ministère de la Magie ? Certes, il s'agissait du premier employeur de la communauté sorcière mais comme le disait Sirius, les loups-garous n'étaient les bienvenus nulle part ! D'un geste empressé de la main, il invita Sirius à en dire davantage.
Cependant, le directeur de Poudlard laissa apparaître un sourire malicieux, lui indiquant ainsi qu'il ne pouvait pas en dire davantage pour le moment. Mais, personne ne pouvait croire qu'il avait accepté la proposition de Jedusor de devenir le directeur de Poudlard sans imposer certaines de ces conditions ?
Aider Remus, et la cause des loups-garous en générale, lui tenait particulièrement à cœur. Son meilleur ami était actuellement en négociation avec le département de contrôle et régulations des créatures magiques pour un poste au sein de la section de gestion des loups-garous afin de travailler pour l'intégration de ces derniers, et non plus être seulement dans une politique répressive de contrôle. Sirius suivait de très près l'avancée de son ami, jouant même de sa position pour faciliter les échanges !
« En parlant du Ministère de la Magie, tes parents m'ont demandé de te transmettre une information importante qu'ils ont préféré taire dans leurs précédents courriers, » ajouta Sirius. « Comme tu le sais, même avec de nombreuses protections, les lettres peuvent être interceptées ! »
Harry se tendit aussitôt et l'état cotonneux dans lequel il s'était plongé disparu. Il se redressa dans son siège, l'inquiétude marquant ses traits. Ses sourcils se froncèrent alors qu'il restait suspendu aux lèvres de l'adulte, attendant d'entendre le message de ses parents. Était-ce grave ? Si c'était le cas, pourquoi ne s'étaient-ils pas déplacés jusqu'à Poudlard ? Leur dernière rencontre lors de l'inauguration de Salazar Street s'était bien déroulée. Depuis, ils avaient seulement échangé un courrier.
Sirius retint un soupir dépité en percevant tous ces signes d'angoisse apparaître. Il se sentit coupable d'en être le responsable même si, rationnellement, Harry n'avait aucune raison de paniquer. Mais... était-ce normal de voir tant d'anxiété chez un adolescent de treize ans ? Non, définitivement, non !
« Ce n'est rien de grave, » assura t-il en prenant sa voix la plus apaisée. « Ton père a déposé un projet de loi au Magenmagot pour créer un nouveau département au Ministère de la Magie, le département de l'Éducation et de l'Enseignement Magique. »
Comprenant le contenu de la conversation, Harry relâcha sa respiration et se détendit. Ce n'était rien de grave. Ses parents lui avaient effectivement touché deux mots sur ce projet de loi leur tenant particulièrement à cœur. Lui-même était convaincu du bien fondé de cette nouvelle institution sorcière ! Si Sirius l'évoquait avec lui, il y avait de fortes chances que ce nouveau département voit bientôt le jour !
« Mon père va diriger ce nouveau département ? » supposa Harry.
Sirius rit légèrement en secouant la tête. Non, évidemment que non. Tom Jedusor se destinait à un poste plus important, plus élevé que directeur d'un département magique du Ministère de la Magie. Celui de Premier Ministre. Même si Sirius avait encore des doutes légitimes à l'idée de le voir accéder un jour à ce poste !
« Suite à un vote des membres du Magenmagot, ta mère a été désigné comme directrice, » corrigea t-il.
« Sérieux ? » s'exclama Harry, surpris.
Ce détail là, ses parents s'étaient bien gardés de l'en informer ! Mince alors, sa mère allait être directrice d'un département magique ? Ce n'était pas rien !
« L'ouverture officielle du département de l'Éducation et de l'Enseignement Magique et la promotion de ta mère sera annoncée dans deux jours dans un communiqué de presse officiel, » poursuivit Sirius. « Ils ne pouvaient pas prendre le risque de t'en informer par courrier et ils sont tous un peu débordés pour venir jusqu'à Poudlard mais ils voulaient quand même que tu l'apprennes avant. »
Harry fut touché par cette attention de la part de ses parents. Il comprenait parfaitement que l'emploi du temps de chacun des membres de sa famille était chargé. Même Adam, débordé par ses cours de droits selon ses dires, utilisait moins régulièrement le Miroir à Double-Sens qui leur permettait de communiquer à distance ! Alors, mêmes si sa famille ne pouvait venir à Poudlard, il était heureux d'être mis dans la confidence et de ne pas découvrir ce fait dans les journaux comme ses camarades.
« De ce fait, Ayeline ou un des employés de ce département sera souvent présent à Poudlard avec le Tournoi des Trois Écoles pour représenter le Ministère de la Magie. Il faut t'attendre à la voir souvent mais dans la peau d'une directrice de département du Ministère. »
« C'est cool ! »
Sa propre spontanéité le fit rosir et il fut embarrassé de se réjouir de voir plus régulièrement sa mère. Heureusement, Sirius eut le bon goût de ne pas se moquer de lui même s'il dut serrer les lèvres pour ne pas laisser apparaître un sourire, attendri par l'enthousiasme du garçon.
« Veux-tu jouer une partie d'échec avant le couvre-feu ? »
La proposition de Sirius, qui brisa le silence apaisant dans le bureau, fit apparaître un large sourire sur le visage du garçon qui s'empressa d'acquiescer vivement. Le directeur attrapa sa baguette magique et fit léviter jusque sur le bureau un magnifique échiquier magique en verre.
« Je prends les noirs ! » s'exclama joyeusement Harry, le cœur léger.
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Quelques jours plus tard, une grande cacophonie régnait au sein de la Grande Salle. Les élèves étaient si bruyants que Sirius, d'un mouvement de baguette, avait fait apparaître des étincelles vertes, rouges, bleues et jaunes pour quémander le silence. Un rappel à l'ordre qui avait été respecté seulement une poignée de minutes avant que l'excitation palpable ne reprenne le dessus.
Le dîner venait de s'achever. Les derniers plats et couverts disparurent, laissant les tables vides. Aussitôt, un silence entrecoupé de murmures excités tomba dans la Grande Salle. Sirius se leva et contourna la table des professeurs. Il se mit au centre de l'estrade sur laquelle était installée la table des professeurs. Son déplacement réduisit au silence les derniers élèves animés. Tous les regards brillaient et étaient rivés sur l'homme qui avait vêtu une tenue de cérémonie très élégante. L'ensemble des professeurs, des étudiants de Poudlard, de Durmstrang et de Beauxbâtons étaient réunis dans la Grande-Salle.
« J'espère que chacun d'entre vous est rassasié après cet excellent repas servi par les elfes de maison de Poudlard, » commença Sirius, un léger sourire flottant sur son visage. Il est vrai que les elfes s'étaient surpassés, leur offrant un repas exquis ! « Je souhaite la bienvenue à nos nombreux invités qui ont tous participé à l'organisation du Tournoi des Trois Écoles. »
Pour appuyer ses propos, il désigna d'un mouvement élégant de la main les nombreuses personnalités s'étant ajoutées à la table des professeurs. Le professeur Flitwich avait d'ailleurs été obligé de l'agrandir à l'aide d'un sortilège. Hagrid et Madame Maxime occupaient déjà à eux deux cinq places ! Une slave d'applaudissements ponctua la fin de la phrase du directeur de Poudlard. Ce dernier inclina respectueusement la tête vers les invités. Harry reconnut entre autre Bartémius Croupton, directeur du département de la coopération magique internationale, Ludo Verpey, directeur du département des jeux et sports magiques et Cornélius Fudge, le Ministère de la Magie.
« Je laisse à présent la parole à Mrs Jedusor, nouvelle directrice du département de l'Éducation et de l'Enseignement Magique.
Harry sentit une grande fierté l'emplir en voyant sa mère se lever de la table des professeurs et rejoindre Sirius sur le devant de l'estrade. Son visage pâle était impassible même si elle adressa un sourire poli à Sirius en s'approchant de lui. Elle était vêtue d'un tailleur noir sérieux et était juchée sur de grandes talons. Son apparence stricte était assouplie par les nombreux bracelets argentés qui habillaient son poignet gauche.
Des applaudissements bruyants l'accueillirent alors que de nombreux regards se tournèrent vers Harry. Ce dernier resta impassible et continua à applaudir, les yeux rivés sur sa mère. Il contrôla l'immense sourire qui menaça de barrer son visage. Il était si fier de voir sa mère tenir un tel statut ! Les applaudissements moururent, laissant un sourire impatient s'étendre dans la Grande Salle. Tout le monde était suspendu aux lèvres de la directrice de ce nouveau département : il s'agissait de sa première visite officielle hors du Ministère de la Magie.
« Chers étudiants de Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang, c'est avec un immense honneur aujourd'hui que je me présente à vous, » commença Ayeline d'une voix forte et posée. Par Merlin, elle était impressionnante. « Comme vous le savez, le département de l'Éducation et de l'Enseignement Magique fait ses premiers pas et s'attelle à tout mettre en œuvre pour vous offrir la meilleure scolarité possible afin de vous guider dans l'entrée du monde adulte. »
Elle marqua un temps de pause, laissant ses mots être imprégnés par son auditoire. Elle balaya de son regard bleu les quatre tables d'étudiants et laissa un sourire éclore sur ses lèvres. Harry, aussi fier qu'un hippogriffe, se redressa sur le banc et continua à ignorer les fréquents coups d'œil jetés par ses camarades.
Il se souvenait encore de leur réaction à l'annonce de la création de ce nouveau département. Un communique officiel avait été publié en une de La Gazette des Sorciers. Certains s'étaient enthousiasmés de voir le Ministère de la Magie se moderniser, d'autres avaient grommelés qu'un nouvel échelon s'était ajouté au labyrinthe administratif de l'institution sorcière ! La plupart s'accordait toutefois pour dire que les Jedusor étaient de plus en plus présents dans la sphère publique.
« Mon équipe et moi-même travaillons durement pour que l'enseignement transmis dans un lieu tel que notre merveilleuse école de sorcellerie Poudlard, mais également hors de ces murs, soit adapté et permette à chacun d'entre vous de s'y retrouver et de s'y construire un avenir épanouissant. »
Harry sourit légèrement, se remémorant la réplique cinglante de Drago qui avait résonné le matin de cette annonce officielle : « Incroyable tout ce que font certaines familles pour notre société tandis que d'autres resteront toujours... invisibles. » Auparavant, Harry aurait trouvé son cousin arrogant et pompeux. À présent, il ne pouvait s'empêcher d'être en accord avec lui. Sa famille était... partout !
« Mais nous sommes réunis ce soir pour lancer officiellement le Tournoi des Trois Écoles et voir les six champions être désignés ! » reprit Ayeline.
Le professeur Mc Gonagall sortit alors de l'ombre, faisant léviter devant elle la Coupe de Feu. Elle posa religieusement l'artefact magique sur le pupitre derrière lequel s'était installée Ayeline. Une vague de murmures traversa la Grande Salle. Tous pouvaient percevoir la puissance magique entourant l'objet ! Ayeline remercia le professeur de métamorphose d'un mouvement de la tête. Elle se tourna vers Sirius qui s'était mis en retrait, la laissant s'adresser aux étudiants et invités de Poudlard.
« Monsieur le directeur, je vous invite à révéler le nom d'un des champions de l'Académie de Beauxbâtons. »
La tension sembla monter d'un cran dans la Grande Salle. Madame Maxime se redressa, ses yeux plissés étaient rivés sur la Coupe de Feu. Harry chercha du regard les étudiants de Beauxbâtons. Leur uniforme bleu ciel détonnait avec les robes noires des étudiants de Poudlard ! Certains étaient attablés à la table des Serdaigles et d'autres étaient à celle des Serpentards.
Un léger sourire traversa son visage en voyant Drago et son meilleur ami, Blaise Zabini, fixer avec une certaine dévotion quelques étudiants françaises. Depuis l'arrivée des invités de Poudlard, son cousin ne cessait de tourner autour de quelques filles de Beauxbâtons, multipliant les tentatives pour les impressionner. D'ailleurs, quelques unes semblaient particulièrement touchées et attendries par les efforts du Serpentard.
« Bien sûr, » répondit chaleureusement Sirius.
L'homme se rapprocha d'Ayeline et les deux sorciers échangèrent un long regard silencieux. Ensuite, l'homme posa une main sur la Coupe de Feu. Aussitôt, une gerbe de flammes bleues jaillit hors de la coupe et une vague de magie traversa la Grande Salle. Harry resta soufflé par la puissance qui se propagea autour de lui et il vit, dans une volute de fumée, une ombrelle en papier sortir de la Coupe de Feu. Sirius la saisit délicatement. Il la déplia, semblant s'amuser à prendre son temps et à voir les étudiants de Beauxbâtons se tendre, le souffle coupé.
« Le premier champion de l'Académie de Beauxbâtons est … Fleur Delacour ! »
Un groupe de filles poussa des cris enthousiastes à la table des Serpentards et des applaudissements retentirent dans toute la Grande Salle. Une jeune femme aux longs cheveux blonds se leva alors du banc. Elle lissa la jupe de son uniforme, un large sourire éclairant son pâle visage puis elle se mit en marche vers Sirius et Ayeline. Harry échangea un regard avec Hermione lorsque l'attraction de la française, aux origines Vélanes, commença à agir sur les étudiants. Depuis son arrivée à Poudlard, la jeune fille ne cessait de faire tourner des têtes ! Le Gryffondor retint un éclat de rire en voyant les joues de Drago s'empourprer alors que son regard gris se fixait sur le postérieur de Fleur. Son cousin était littéralement était subjugué par la marche gracile de la première championne de Beauxbâtons.
« Toutes mes félicitations Miss Delacour, » s'exclama Sirius en lui serrant la main avec douceur. « Mrs Jedusor va à présent appeler votre camarade, le deuxième champion de Beauxbâtons ! »
La nouvelle directrice du département de l'Éducation et de l'Enseignement Magique serra à son tour la main de Fleur dont le visage était resplendissant. La française échangea un regard pétillant avec la directrice, Madame Maxime avant de faire un pas sur le côté. L'attention de tous se concentra à nouveau sur la Coupe de Feu. Ayeline reproduisit les mêmes gestes que Sirius et la magie de la Coupe de Feu se fit à nouveau ressentir dans toute la Grande Salle.
« Sarah Joly ! »
De nouveau, des applaudissements retentirent et une élégante jeune sorcière se leva de la table des Serdaigles, les joues rosies par l'excitation et la fierté. Son teint était hâlé et ses longs cheveux bruns descendaient en cascade le long de son dos. Elle avait de beaux yeux marrons dissimulés derrière de grandes lunettes rondes originales. Même si elle n'avait aucune origine Vélane, elle attirait probablement de nombreux regards ! Elle rejoignit à grandes enjambées sa camarade, Fleur.
Les deux championnes de Beauxbâtons furent une nouvelle fois applaudies. Sirius leur demanda ensuite de se rendre dans la pièce adjacente à la Grande Salle. Elles s'empressèrent de s'y rendre, passant par une porte discrète se trouvant derrière la table des professeurs. Le silence se fit à nouveau dans la Grande Salle et Karkaroff se redressa dans son siège, aux aguets.
« Le premier champion de l'Institut Durmstrang est... Viktor Krum ! » annonça Sirius d'une voix forte.
Cette fois-ci, ce fut des hurlements et des sifflements enthousiastes qui accueillirent la nomination du célèbre joueur de Quidditch. Même les élèves de Poudlard le félicitèrent joyeusement. Depuis son arrivée, Krum suscitait beaucoup d'excitation parmi les étudiants, toutes écoles confondues ! Le jeune homme, installé au bout de la table des Gryffondors près des jumeaux Weasley et d'Olivier Dubois, se leva. Il se dirigea avec sa démarche de canard jusqu'à Sirius et Ayeline, leur serrant la main d'un air émerveillé. Karkaroff émit une sorte de cri animal, littéralement euphorique de voir son célèbre étudiant représenter son école !
Ayeline attendit que le silence revienne dans la Grande Salle avant de faire à nouveau appel à la magie de la Coupe de Feu. Un parchemin jaillit soudainement de l'artefact magique. Ayeline l'attrapa au vol et le déplia lentement, laissant planer volontairement un temps de suspense, d'attente !
« Nikolaï Yordanov ! »
Harry se joignit aux applaudissements enthousiastes, sincèrement heureux de voir Krum et Yordanov représenter Durmstrang. Depuis leur dernière conversation, il n'avait pas échangé de nouveau avec les deux jeunes hommes. Cependant, ceux-ci prenaient toujours le temps de le saluer, même par un simple geste de la main, au détour d'un couloir ! Harry n'avait pas encore interrogé son frère au sujet de la grande sœur de Nikolaï, la princesse de Bulgarie. Il attendait d'être face à Adam pour ne pas lui laisser l'opportunité de se dérober. Il avait hâte d'en savoir davantage concernant sa relation avec cette jeune femme !
Comme Fleur et Sarah, les deux champions de Durmstrang quittèrent la Grande Salle après avoir été félicité par le directeur de Poudlard et la directrice du département de l'Éducation et de l'Enseignement Magique. La tension sembla s'épaissir davantage : Poudlard allait bientôt avoir ses propres champions !
Harry se redressa, tout aussi excité que ses camarades. Il connaissait le nom de quelques étudiants ayant déposé leur candidature dans la Coupe de Feu : Angelina, John Derrick, l'un des batteurs de l'équipe de Serpentard, Olivier Dubois, Cédric Diggory. De leur côté, Fred et Georges n'étaient pas parvenus à contourner le sortilège de limite d'âge malgré leurs multiples tentatives !
« Le premier champion de Poudlard, » commença lentement Sirius, un sourire éclatant étirant ses lèvres, « est... Cédric Diggory ! »
D'un même mouvement, les quatre tables de Poudlard se levèrent en sifflant et en criant. Les applaudissements battirent à tout rompre dans la Grande Salle alors que le Poufsouffle se levait, le rouge aux joues. Harry, participant à l'excitation générale, regarda son récent ami se diriger d'un pas droit et assuré vers sa mère et Sirius.
« Avec Diggory, on peut gagner ! » s'écria joyeusement Ron à quelques places de lui.
« Reste à voir son coéquipier, » rétorqua sagement Neville.
Un coéquipier dont le nom allait bientôt être révélé ! Cédric disparut par la porte, comme ses prédécesseurs. Il marchait légèrement, les yeux brillants, grisé par l'excitation et les encouragements de ses camarades.
« Il te reste encore une chance Angelina, » souffla Fred d'un air encourageant.
Pour la dernière fois, Ayeline posa sa main contre la Coupe de Feu. De nouvelles flammes bleues jaillirent et elle attrapa au vol un bout de parchemin plié en deux. Elle laissa volontairement durer le suspense, faisant s'accroître la tension dans la Grande Salle. Finalement, elle le déplia et...
Le choc marqua son visage ! Elle, qui était restée si calme et souriante depuis le début de la cérémonie, écarquilla les yeux. Son visage devint livide et elle resta quelques secondes figée. Sirius, remarquant son trouble, se pencha légèrement vers elle pour lire. La même incrédulité se peignit sur son visage et les premiers murmures commencèrent à se faire entendre dans la Grande Salle.
« Qu'est-ce qui se passe ? » chuchota Hermione, les sourcils froncés. « Ils ont l'air abasourdis ! »
« Je dirais plutôt sur le cul, » renchérit Seamus.
D'un coup, le visage d'Ayeline se ferma. Tout le monde put voir ses longs doigts fins se serrer autour du parchemin, le froissant. Lorsqu'elle releva la tête et posa son regard sur l'ensemble des étudiants devant elle, aucune émotion ne marquait ses traits. Ses yeux bleus étaient glacials et durs. Harry se surprit à frissonner, se demandant ce qui arrivait à Sirius et sa mère. Pourquoi le nom du deuxième champion de Poudlard provoquait-il tant de réactions ?
« Harry Jedusor ! »
En entendant son nom traverser les lèvres de sa mère, la première réaction d'Harry fut de rire nerveusement. Dans la soudain silence de la Grande Salle, son rire résonna sourdement alors que tous s'étaient retournés d'un même mouvement dans sa direction. Son esprit se vida de toutes pensées et il resta bêtement figé sur le banc de la table de Gryffondor, ses grands yeux bleus rivés sur sa mère.
« Harry Jedusor, » l'appela cette fois-ci Sirius d'une voix puissante.
Le silence fut soudainement brisé par les murmures gonflants dans la Grande Salle. Même la table des professeurs s'agita. Le visage rouge, Madame Maxime se leva brusquement, faisant bouger dangereusement la table en bois qui manqua de s'écrouler. Le professeur Flitwich couina sous la surprise et Mc Gonagall, dégainant sa baguette magique, remit la table sur ses quatre pieds.
« Approchez Monsieur Jedusor. Vous êtes le deuxième champion de Poudlard, » insista Sirius en le dévisageant.
« Allez Harry, lève-toi, » l'incita Hermione à mi-voix.
Sous la table, elle lui serra la main pour l'encourager. Harry sortit de sa torpeur et mit ses jambes en mouvement de manière mécanique. L'esprit obscurci par le choc, il enjamba le banc et fut douloureusement conscient de tous les regards rivés sur lui. Il déglutit bruyamment et perçut le regard hébété de ses camarades.
Alors que les murmures de ces derniers résonnaient bruyamment dans son esprit, bourdonnant dans ses oreilles, Harry s'avança jusqu'à la Coupe de Feu. Son regard flou ne se détacha pas de sa mère. C'était une blague, n'est-ce pas ? Sirius allait soudain s'esclaffer, se moquant d'eux tous d'y avoir cru, non ? Ça ne pouvait être qu'une ridicule blague ?
Pourtant, lorsqu'il atteignit sa mère et Sirius, ceux-ci l'invitèrent d'un geste de la main abasourdi à passer dans la pièce accolée à la Grande Salle. Harry sentit ses jambes trembler et il s'empressa d'obéir. Il poussa la porte lentement, tombant sur les cinq premiers champions du Tournoi des Trois Écoles. La porte se referma derrière lui, étouffant les bruits agités de la Grande Salle.
La pièce était remplie d'objets en or, de fauteuils et d'une bibliothèque débordant de livre. Un feu ronflait dans une énorme cheminée en marbre. Mais Harry était si choqué qu'il ne prêta guère attention à l'endroit, se contentant de rester immobile au pas de la porte.
« Ah, Harry ! » s'exclama joyeusement Cédric en s'approchant de lui. « Il y a un problème ? On ne voit toujours pas arriver le deuxième champion de Poudlard ! »
Le Gryffondor se contenta de le regarder d'un air absent, ne sachant pas quoi répondre à son ami. Son regard bleu coula sur les champions de Durmstrang et Beauxbâtons qui s'étaient approchés d'eux.
« Tout va bien, Harrrry ? » s'inquiéta Viktor, les sourcils froncés.
« T'es tout pâle, » ajouta Fleur Delacour d'un ton pincé.
Il s'humecta les lèvres, cherchant comment formuler ce qui était en train de se passer. Il ne réussit pourtant à émettre aucun son, complètement tétanisé par la situation. La porte s'ouvrit subitement à la volée, laissant apparaître l'ensemble des juges du Tournoi, le professeur Snape, Selwyn, Mc Gonagall et sa mère.
« C'euuu n'est pas possible ! » s'écria Madame Maxime. « C'euuu est encore un enfant ! »
« Que se passe t-il ? » demanda Nikolaï d'une voix soucieuse.
Sentant la colère et la surprise de nombreuses des personnes présentes, Harry recula sagement, s'éloignant du groupe. Son souffle était coincé dans sa gorge et il avait de plus en plus de mal à respirer. Des gouttes de sueur se formèrent sur son front et il passa une main tremblante sur son visage, essayant de recouvrer ses esprits. Alors que Sirius tentait d'apaiser les invectives colériques de la directrice de Beauxbâtons et les questions empressées de Karkarrof, Ayeline s'approcha de son fils à grandes enjambées. Elle se pencha vers lui, serrant ses épaules entre ses mains avec douceur.
« Harry, as-tu mis ton nom dans la Coupe de Feu d'une façon ou d'une autre ? »
Un halètement s'échappa de la gorge de Harry alors que ses yeux bleus s'embuaient. Autour d'eux, la cacophonie se poursuivait mais ses oreilles bourdonnaient toujours autant.
« Non maman, je te le jure, » assura t-il, espérant de tout son cœur la convaincre. « Je n'ai jamais mis mon nom dans la Coupe ! Je ne veux pas être un champion de Poudlard ! »
« Comment est-ce possible ? »
Cédric, le visage marqué par l'inquiétude, s'était approché discrètement d'eux. Harry tourna un regard absent vers son ami alors que sa mère se raidissait, le visage impassible.
« Je ne veux pas être un champion, » répéta t-il d'une voix tremblante. « Qui a fais ça ? Qui a mis mon nom ? »
« Le contrat magique reliant Monsieur Jedusor à la Coupe de Feu ne peut pas être brisé. »
L'intervention soudaine de Snape mit fin aux cris outrés de Madame Maxime et le silence retomba brusquement dans la pièce. Monsieur Croupton hocha vivement la tête, ses doigts se serrant compulsivement dans le vide. À ses côtés, Verpey ne cessait de passer une main dans ses cheveux châtains, se décoiffant. Avec le Tournoi des Trois Écoles, le directeur du département des sports et jeux magiques était sous haute tension : la moindre erreur pourrait ternir sa réputation !
« Mais Severrrus, il n'a que quatorrrrze ans, » intervient Igor Karkaroff, ses épais sourcils broussailleux froncés. « Harrry Jedusorrr ne peut pas parrrticiper ! »
« A vrai dire, Igor, il n'a encore que treize ans, » rectifia Ayeline d'un ton glacial. « Quelle est la nature de ce contrat magique ? »
Ludo Verpey commença à expliquer la magie se cachant dans la Coupe de Feu. Les lèvres d'Ayeline se pincèrent de plus en plus au fur et à mesure que les explications de l'homme rendaient la situation réelle. Harry sentit sa tête commencer à lui tourner et il s'appuya contre une étagère remplie de bibelots.
« C'est une trompeuuurie ! » s'indigna Madame Maxime en reniflant dédaigneusement. « Le fils de Voldeumort est un champion ! C'est pas une coïncidence ! »
Cédric serra avec douceur l'une des épaules d'Harry face à la dureté des mots de la directrice de Beauxbâtons. L'atmosphère se fit encore plus lourde lorsque sa filiation avec Voldemort se fit entendre pour la première fois. Ayeline se tourna violemment vers la demie-géante, prête à bondir et à défendre sa famille.
« Madame Maxime, je vous en prie, » s'interposa calmement Sirius. « Cette situation plus qu'inquiétante doit être pris le plus calmement possible pour comprendre ce qu'il se passe. »
Madame Maxime poussa un grognement féroce, faisant sursauter tout le monde. Elle s'approcha de ses deux étudiantes, Fleur et Sarah. Les deux jeunes femmes étaient debout l'une contre l'autre, observant la scène avec une certaine fascination.
« Le fait que Harry Jedusor soit le fils de Tom Jedusor n'entre en rien dans l'examen de cette situation et de la participation de cet élève dans le Tournoi, » insista le directeur de Poudlard d'un ton imposant.
Tout son visage était dur et fermé. Il ne laissait place à aucune protestation. Madame Maxime secoua la tête, son visage cramoisi par la colère. Viktor et Nikolaï ne cessaient d'échanger des regards inquiets, restant muets.
De son côté, Igor Karkaroff sembla vouloir protester mais il resta muet. Il dévisageait fixement Harry puis se détourna de lui pour jeter un coup d'oeil à Selwyn et Snape. Si aucun ne parla, ils échangèrent de longs regards lourds de sens.
« Harry, es-tu formellement certain de ne pas avoir mis ton nom dans la Coupe de Feu ? » demanda Sirius d'un ton calme.
L'adolescent inspira longuement avant de se redresser, le dos droit, le visage fermé. Il n'allait pas se laisser impressionner par qui que ce soit ! Harry tenta tant bien que mal de ne pas céder à la panique. Ses jambes tremblaient toujours autant mais ses vertiges s'étaient espacés.
« Je vous assure Monsieur le Directeur que je n'ai rien fais de tel, » assura Harry d'une voix ferme. « Je refuse de participer au Tournoi des Trois Écoles. Demandez à la Coupe de choisir un autre champion pour Poudlard. »
« C'est impossible Monsieur Jedusor, » intervient Mc Gonagall doucement, les yeux plissés par l'inquiétude. « Comme l'expliquait Monsieur Verpey, chaque champion est relié par un contrat magique à la Coupe du Feu et ne peut pas se dérober aux différentes épreuves du Tournoi. »
« Tu n'as pas le choix Harry, » souffla sa mère.
A ce moment là, le ton de sa mère lui sembla résonner comme une sentence. Encore une fois, il n'avait pas le choix.
* Alors ?
