Comme prévu, de retour après deux semaines, je vous poste un chapitre un peu plus long que d'habitude (pour vous remercier de votre patience... non pas que vous ayez eu beaucoup le choix ;-))

J'espère qu'il vous plaira, je dois dire que c'est un de mes chapitres préférés (enfin, que j'ai préféré écrire)

Pour ne pas faillir à la courume, un énorme merci à Zaika (j'espère que l'attente n'a pas été trop dure :-)), Ewiliane (arg, désolée, mais tu as vu, 15 jours tout juste ! la beuglante sera pour une autre fois...), Sylnaruto (bien vu, j'espère que sa description va te plaire), Arwenn Snape (alors, dans l'ordre ça donne : merci, dans le Finistère, il n'y a pas de problème, si tu veux tout savoir j'ai 20 ans, après deux ans de fac de physique, je suis en première année d'école d'Educateur de Jeunes Enfants... ça ne te rappelle rien ? en fait je suis parisienne et fière de l'être mais j'adore Londres même si je n'y vais pas aussi souvent que je le souhaiterais), Aelwing (merci et j'espère qu'elle est bien... du moins à ton goût ;-)), Moony (je suis flattée et merci) et à Luffynette (qui d'après ce que j'ai compris s'attache à mettre une review à chaque chapitre... mais enfin j'imagine que tu vas te lasser, non ? c'est très gentil en tous cas) pour toutes leurs adorables reviews.

XXX


oxoOoxo

16 juillet 2005

Megan frissonna, malgré le soleil qui illuminait cette chaude journée de juillet, alors que la sensation familière et désagréable de l'apparition se diffusait dans tout son être. Les yeux fermement clos et confortablement blottie contre le torse ferme et chaud de son amant dont l'odeur boisée et masculine lui faisait tourner la tête, elle songea vaguement que cette manière de voyager n'était peut-être pas si terrible en fin de compte…

- « Tu peux ouvrir les yeux maintenant » fit la voix de velours de Severus, dans laquelle elle pouvait discerner une pointe d'amusement, à son oreille.

La jeune femme aux yeux de jade s'exécuta machinalement et retint avec peine une exclamation émerveillée. Le maître des potions les avait fait transplaner au sommet d'une colline d'où la vue sur la vallée en contrebas était époustouflante. Là où sa mère préférait la beauté calme et tranquille de la campagne anglaise, elle avait toujours eut un faible pour les paysages sauvages d'Ecosse avec ses reliefs changeants, ses étendues luxuriantes, ses lochs aux eaux turquoise et sa flore aux tendres couleurs pastelles. Et le paysage qui s'offrait à eux était superbe. Tout en bas, le lac reflétait les éclats du soleil, pareil à un joyau dans son écrin de verdure, tandis que de part et d'autre s'élevaient de hautes collines boisées dévoilant toute une palette de verts et de d'ocre parsemée ça et là de touches parme qui laissaient deviner un parterre de fiers chardons ou de fougères graciles.

- « C'est magnifique… » murmura la sorcière, éblouie, tandis que la douce brise faisait danser ses boucles ébène.

- « Je suis heureux que ça te plaise » répondit le beau brun ténébreux dont les bras puissants encerclaient toujours sa taille dans une étreinte affectueuse.

Sa cadette détourna son regard de l'incroyable tableau qui s'étalait à ses pieds pour le poser sur son compagnon dont le visage aux traits aristocratiques s'était adouci d'un sourire tendre. Il semblait soulagé de quelque chose, satisfait et, quelque part, réellement touché par la réaction spontanée de la jeune femme. Il replaça gentiment une mèche ébène que le vent avait faite voler puis déposa un baiser chaste sur les lèvres de Megan avant de la prendre par la main et l'inviter à le suivre sur un sentier qui semblait se perdre dans les herbes folles. Ils ne marchèrent pas plus de quelques minutes à travers les joncs et les fleurs sauvages avant de rejoindre une sorte de clairière où le terrain était plus régulier.

Au centre de ce petit plateau de verdure se dressait un charmant cottage entouré d'une clôture de bois brut qui semblait assez illusoire au milieu de nulle part mais donnait un certain cachet à l'ensemble. Un élégant 4x4 garé devant l'habitation attisa tout d'abord la curiosité de la descendante de Merlin avant qu'elle ne songe que, par ici, avoir un véhicule motorisé était essentiel, même pour un sorcier, ne serait-ce que pour se rendre en ville et ne pas attirer les soupçons des commerçants moldus. Toutefois l'idée de Severus à l'idée de cet engin la fit sourire. La maison en elle-même, typique avec ses murs blancs et son toit de tuiles noires, ne semblait pas très grande mais l'ex-professeur de DCFM ne s'y fia pas, c'était à ça que servait la magie après tout…

- « Tu viens ? » l'interpella son aîné, déjà quelques pas devant elle.

- « J'arrive » s'exclama t'elle en sortant de ses réflexions avant de le suivre – à une distance toute fois assez respectable pour lui permettre de contempler la délicieuse chute de reins de son amant moulée dans un pantalon de lin noir.

Il l'attendit sur le seuil de la porte et la lueur taquine dans son regard d'onyx indiqua à la jeune femme que son manège n'était pas tout à fait passé inaperçu. Non pas que cela ne la troubla le moins du monde. Elle prit un air canaille puis lui renvoya un adorable sourire plein de promesses qui le fit déglutir et s'éclaircir la gorge avant d'ouvrir le battant et de s'effacer pour la laisser entrer. Megan pénétra tout d'abord dans un petit hall clair au plafond haut, aux murs ocre, percés de deux fenêtres, et au sol de pierres rosées. Sur la droite, un portemanteau et une console de bois sombre encadraient une porte qui s'ouvrait sur un petit dressing. En face, une plante verte et une autre console gardaient la porte qui menait à la cuisine, ainsi que lui apprit son hôte. Enfin, la dernière, qu'ils empruntèrent, conduisait au salon.

La pièce, de belles proportions et aux murs couleur sable, était éclairée de deux baies vitrées drapées de rideaux de soie carmin. Les meubles étaient faits de bois sombre et les sièges tendus de velours rouge foncé. Couleur que l'on retrouvait dans les motifs exotiques de l'épais tapis persan où trônaient un canapé et deux fauteuils à l'air antiques mais confortables. Ceux-ci faisaient face à une imposante cheminée de pierres claires dont le manteau supportait deux chandeliers d'argent et au dessus de laquelle était accroché une superbe représentation de la vallée de Glencoe. La table basse, quant à elle, était surmontée d'un superbe bouquet de tulipes rouges autour duquel s'égayaient, pêle-mêle, un morceau de parchemin, une plume qui avait fait son temps, un bougeoir en étain et un exemplaire du Cercle des poètes disparus.

La jeune femme reconnut le piano à queue comme étant celui qui se trouvait, en temps normal, dans les quartiers du ténébreux professeur à Poudlard et il en allait de même pour la plupart des livres qui recouvraient les étagères. En tout état de cause, la pièce, très agréable à vivre, était meublée avec goût et élégance. Voyant qu'elle avait satisfait sa curiosité, Severus invita son invité à passer dans son bureau. Celui-ci reflétait la même atmosphère, chaleureuse et paisible avec une touche studieuse apportée par la montagne de parchemins qui gisaient sur la table de bois sombre et les hautes étagères qui, cette fois, couvraient l'intégralité des murs. De ce bureau, on accédait à un laboratoire de potions d'une taille très appréciable mais dans lequel Megan ne s'attarda pas.

Repassant par le selon, l'ex-espion guida sa cadette dans la salle à manger qui, bien que de taille plus réduite, était agréablement agencée et décorée dans les mêmes tons que les pièces précédentes. La cuisine était simplement pratique et légèrement dépaysante pour la jolie anglaise qui avait davantage l'habitude des ustensiles moldus, d'abord chez ses parents, puis dans son propre loft… La visite touchait à sa fin lorsqu'ils arrivèrent devant la porte qu'elle devina être celle de la chambre du maître de maison. La sorcière aux yeux émeraude s'amusa de la légère trépidation qu'elle ressentit en s'apprêtant à pénétrer dans cette pièce. Ce n'était pas comme si elle ne s'était jamais retrouver dans un lit avec Severus. Et pourtant, il y avait quelque chose de spécial, de symbolique dans ce geste, même si elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

- « Tu comptes juste admirer la porte ou est-ce que tu vas te décider à la pousser ? » fit le séduisant professeur de potion, juste derrière elle, mi-amusé mi-moqueur.

- « Je fais monter le suspense » rétorqua la jeune femme avec espièglerie tandis que son amant haussait un sourcil dubitatif. « Quoi ? Tu es pressé ? » s'enquit-elle, un brin séductrice.

- « Petite peste… » gronda affectueusement le brun ténébreux en glissant ses mains sur les hanches de sa compagne aux boucles ébène.

- « Oui, mais ta petite peste » le contra Megan, taquine, alors qu'elle se retournait dans ses bras, adossée à la porte.

- « Ma petite peste… » approuva l'homme aux yeux d'onyx d'une voix sensuelle avant de capturer les lèvres rouges tentatrices de sa cadette dans un baiser tendre qui se fit rapidement passionné, rallumant en eux ce brasier dévastateur qui couvait depuis leur dernière rencontre.

Severus se pressa davantage contre la sauveuse du monde sorcier, ses bras encerclant sa taille fine, sa bouche dévorant la sienne avec une fièvre toujours plus intense alors qu'elle passait ses mains autour de sa nuque et le laissait contrôler le baiser avec délice et abandon. Le maître des potions chercha fébrilement la poignée, à l'aveuglette, derrière la ravissante sorcière tandis que ses lèvres descendaient le long de sa gorge, goûtant, mordillant la peau blanche avec délectation, savourant chaque gémissement qu'il lui arrachait. Il retint un cri de triomphe quand il trouva le manche de fer et l'abaissa. Le couple pénétra dans la chambre en titubant sans jamais se séparer et les amants tombèrent sur le lit dans un enchevêtrement de bras et de jambes, abandonnant derrière eux diverses pièces de tissu…

Ce n'est qu'une bonne plus tard que Megan, épuisée mais comblée, trouva enfin le temps d'observer la pièce dans laquelle elle se trouvait. Confortablement lovée contre son amant, ses doigts jouant distraitement avec les fins poils qui parsemaient le torse d'albâtre et bercée par les battements réguliers du cœur sous sa joue, elle laissa son regard émeraude errer autour d'elle. Le large lit tout d'abord, à baldaquin, était fait en bois d'ébène. Ses colonnes, délicatement sculptées de motifs floraux, remontaient vers le plafond jusqu'à un large dais de velours bleu roi brodé de fil d'argent d'où retombait de lourds rideaux assortis. Il était flanqué de deux tables de chevet du même bois sur chacune desquelles était posé un simple bougeoir d'argent à la poignée finement travaillée.

Sur celle de gauche, visiblement le côté où dormait Severus, se trouvait également un exemplaire relié de l'Enfer de Dante et une esquisse encadrée représentant le parc de Poudlard dont la jeune femme se souvenait avoir fait cadeau au maître des potions peu avant de quitter le château. Le fait qu'il conserve ce dessin, pourtant inachevé, si près de lui, fit naître des papillons dans l'estomac de la jeune femme et une délicieuse sensation de chaleur au creux de son cœur. En face du lit se dressait une cheminée semblable à celle du salon surmontée d'une gravure représentant les superbes vestiges de l'abbaye de Saint-Andrews. Le mur à la gauche du lit était percé d'une baie vitrée encadrée de deux fauteuils tendus du même velours bleu roi et sur le dossier de l'un deux était étendue la sévère robe professorale de Severus.

Une porte sur la droite menait sans doute à la salle de bain et à un dressing puisque la chambre était dépourvue d'armoire. Megan se rappela de la sensation moelleuse de la laine sous ses pieds et supposa qu'un tapis recouvrait le sol au pied su lit mais n'eut pas le courage de vérifier. Elle était définitivement trop bien où elle était, tout contre son amant, sous les fins draps de coton bleu… Ledit amant émit un léger rire qui résonna dans tout son torse et parvint jusqu'à la sorcière aux boucles ébène qui releva son regard vers lui, l'air interrogatif.

- « J'espère que ma maison a passé ton inspection » fit Severus d'une voix chaude aux accents taquins alors que ses longs doigts caressaient la chevelure soyeuse de sa cadette.

- « Mmm… oui » déclara cette dernière après avoir fait mine de réfléchir alors qu'elle s'étirait langoureusement. « Pour l'instant, ma pièce préférée est celle-ci » annonça t'elle, malicieuse.

- « Ah oui, vraiment ? » s'enquit l'ex-espion en haussant un sourcil ironique alors qu'il toisait sa compagne d'un air prédateur qui la fit frémir d'anticipation. « Mais je crois que je pourrais te faire apprécier les autres tout autant… » déclara t'il avant de la renverser brusquement sous lui, lui arrachant un petit cri de surprise.

- « J'aimerais bien voir ça » chuchota la jeune femme, rieuse, alors qu'elle tentait, sans grande conviction, d'échapper à son emprise.

- « C'est un défi, mademoiselle Potter ? » l'interrogea le brun ténébreux, le nez enfoui dans son cou, respirant son odeur avec délice.

- « Pa… parfaitement, pro… professeur Snape » articula tant bien que mal la descendante de Merlin, tentant de conserver une pensée cohérente – ce qui s'avérait plutôt difficile sous les assauts, au combien agréables, de son amant – avant de succomber.

Finalement, il faisait déjà presque nuit lorsqu'ils quittèrent la chambre pour grignoter quelques sandwichs avant d'aller faire un tour dans les collines afin d'admirer le coucher du soleil. Bien sûr Severus avait râlé pour la forme, argumentant qu'il n'était pas romantique et que se promener au clair de lune main dans la main n'était pas dans ses habitudes, merci bien. Mais Megan l'avait efficacement réduit au silence d'un fougueux baiser. Il avait été bien plus accommodant après ça. Ainsi les deux amants se retrouvaient à contempler les étoiles, enlacés au somment de la colline sur laquelle ils avaient transplané plus tôt dans la journée.

- « C'est réellement superbe » fit la sorcière à mi-voix comme si elle avait peur de briser la magie de l'instant.

Le maître des potions resserra son étreinte autour d'elle et posa son menton sur ses boucles ébène, les yeux clos, savourant simplement la présence de la jeune femme qu'il avait appris à aimer et qui comptait, pour lui, plus que tout au monde à présent. Elle était avec lui, dans ses bras, ici, dans son jardin secret. C'était irréaliste. Merveilleusement irréaliste.

- « Merci d'avoir partagé ça avec moi, Severus… » reprit doucement l'éducatrice de jeunes enfants en se blottissant davantage contre lui.

Elle avait souvent peur des sentiments, trop forts et trop violents, qu'elle lui portait et qu'elle n'osait pas nommer. Mais à cet instant, cela semblait tellement naturel et tellement simple qu'elle en oubliait, momentanément, tous ses doutes et toutes ses appréhensions.

- « Non, merci à toi » murmura l'homme aux yeux d'onyx avant de déposer un tendre baiser sur sa tempe. « Nous devrions y aller maintenant » proposa t'il gentiment en s'écartant de sa cadette tout en conservant un bras autour de sa taille.

Ils reprirent le chemin du cottage dans un silence confortable, la douce brise nocturne caressant doucement leurs visages et les bruits étouffés de la nuit accompagnant leurs pas.

- « Si tu veux, demain nous irons à Crail » reprit le professeur Snape tandis que son pouce dessinait de petits cercles sur la hanche de Megan. « C'est un petit village de pêcheurs, je suis sûr que tu l'adorerais… Ou nous pourrions passer à Saint-Andrews si tu préfère, ce n'est qu'à une dizaine de kilomètres » suggéra t'il, soudain nerveux devant le mutisme de sa compagne.

- « J'aimerais beaucoup ça » fit la jeune femme en levant vers lui un regard brillant d'émotion qui exprimait toute son affection et sa gratitude.

Elle leva une main tremblante pour retracer du bout des doigts la pommette rugueuse de l'homme avant de se hisser sur la pointe des pieds et déposer un baiser sur le nez de son amant. Il arrivait toujours à la surprendre… Il avait beau être sarcastique, froid, voire même insensible en apparence mais en réalité il était tellement attentif et tendre qu'elle avait souvent l'impression de ne pas le mériter. Pourtant, il était avec elle. Et elle remerciait Merlin pour ça. Enfin, c'était une façon de parler parce que Merlin, le vrai, n'avait rien à voir avec ça.

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20 juillet 2005

- « Je pense aller étudier aux Etats-Unis l'année prochaine » annonça soudainement Grace alors qu'elle parcourait les allées du jardin de l'hôtel Biron, plus connu sous le nom du musée Rodin, en compagnie de Megan. « Je viens de finir mes études de médicomage et je voudrais continuer pour devenir guérisseuse mais je préfèrerais m'éloigner un peu, voir autre chose » expliqua t'elle en s'arrêtant un instant devant la galerie des marbres avant de se retourner vers sa grande sœur. « Il y a une très bonne école à San Francisco et je pourrait faire mon internat là-bas » continua la jeune femme, non sans une pointe de nervosité.

Pour la cadette des Potter, rien n'important plus que l'avis de cette aînée qu'elle avait idolâtrée une bonne partie de son enfance avant de s'en rapprocher d'une manière plus saine. A présent les deux sorcières étaient liées par de forts liens fraternels, un respect mutuel et une profonde affection. Elles s'adressaient souvent l'une à l'autre pour des conseils à propos de décisions importantes qu'elles devaient prendre. Quelque part, Megan se sentait plus proche de Grace que d'Amber. Sans doute parce que sa jumelle avait une relation très complice avec leur mère. Pourtant la jeune médicomage avait plus de points communs avec Lily Potter que la professeur de Runes Anciennes. De part son caractère et son choix de profession. Mais, aux gens qui félicitait la future guérisseuse pour avoir choisi de suivre les traces de sa mère, elle répliquait que ça n'avait rien à avoir, merci bien, et que si elle avait effectivement un modèle en tête, il s'agissait de sa sœur aux boucles ébène.

- « Si c'est vraiment ce que tu veux, » répondit finalement la sauveuse du monde sorcier avec un sourire sincère, « alors c'est parfait. Je crois également que cela se révèlera une expérience très enrichissante. Et puis, ce n'est pas comme si nous étions des moldus » ajouta t'elle à voix basse avec espièglerie. « De Paris à San Francisco, on en a pour 30 secondes en portoloin » fit remarquer la sorcière plus âgée, son regard de jade pétillant de malice.

- « Oh, merci, merci ! » s'exclama sa cadette en lui sautant au cou avec ravissement.

Megan lui rendit son étreinte en songeant, un soupçon nostalgique, à ses propres 19 ans. Elle avait toujours du mal à réaliser que six années la séparaient de Grace, en tous cas depuis que cette dernière avait quitté Poudlard. Mais c'est lors de moments comme celui-ci qu'elle prenait conscience de la véritable influence qu'elle pouvait avoir sur sa jeune sœur et sur les doutes, pas si différents des siens, que celle-ci pouvait avoir. Elles étaient devenues très fortes, toutes les deux, à dresser des barrières invisibles entre elles et les autres, à cacher leurs véritables émotions. Il y avait quelque chose de triste là-dedans…

- « Ce n'est rien » déclara l'ex-professeur de DCFM alors qu'elle s'écartait légèrement de la jolie rousse avec un air taquin. « C'est papa et maman que tu devras convaincre » lui rappela t'elle, amusée par la mine boudeuse qu'adopta sa cadette.

- « C'est injuste, je suis majeure maintenant ! » râla cette dernière alors qu'elles se dirigeaient vers l'hôtel Biron.

- « Tu n'auras qu'à passer après moi » suggéra la jeune femme aux boucles ébène avec une légère grimace, rieuse. « Quand ils auront appris pour Severus, je doute que quoi que se soit puisse les choquer davantage… » élabora t'elle, mi-sérieuse mi-ironique.

- « Meg'… » fit doucement Grace, toute trace d'amusement envolée, en saisissant l'angoisse et l'appréhension que son aînée tentait de dissimuler derrière cette façade enjouée. « Je suis sûre que tout ira bien. Maman apprécie Severus et papa, eh bien, il ne le déteste pas. »

- « Ce n'est pas particulièrement encourageant… » souligna Megan alors qu'elle arquait un sourcil, en signe de scepticisme, dans une réplique parfaite du célèbre maître des potions.

Toutefois les affirmations de sa sœur l'avaient momentanément déridées et c'est le sourire aux lèvres qu'elle se laissa mener à l'intérieur du musée. Les deux sœurs venaient si souvent ici qu'elles ne s'embarrassaient plus à faire mine d'observer les autres œuvres alors qu'elles se dirigeaient d'un bon pas vers 'Le Baiser'. Il s'agissait de la magnifique statue d'un couple enlacé. La pièce de marbre était une merveille de réalisme, d'émotion et de sensualité mais ce qui plaisait surtout aux jeunes sorcières c'était l'histoire derrière la sculpture. Ainsi, les amants représentés, Paolo et Francesca, étaient des personnages de l'Enfer de Dante qui avaient effectivement existé au Moyen Age en Italie. Couple adultère, Francesca ayant épousé le frère de Paolo, ils avaient été assassinés par le mari trompé, Gianciotto Malesta, puis, dans le livre, condamnés au deuxième cercle des enfers.

Cet amour interdit rappelait à Megan la légende, moins cruelle, de Psyché et l'œuvre de Canova qu'elle adorait. D'ailleurs, Rodin avait également étudié le mythe en question et la jeune femme aimait beaucoup la petite Psyché qu'il avait produite dans un style plus épurée. Enfin, après un passage rapide par l'étage, les visiteuses se retrouvèrent dans le jardin. Elles flânèrent parmi les allées de roses odorantes qui rejoignaient le penseur de Rodin, imposant comme jamais, caressé par les rayons du soleil alors que derrière lui se dressait la silhouette élégante du dôme des Invalides. Elles discutèrent de tout et de rien, de leurs projets pour les vacances, de leurs amis, de leurs amours, des chansons à la mode et de la dernière saison de Desperate Housewives en passant par les derniers films qu'elles avaient vus et les dernières chaussures qu'elles avaient achetées.

Alors que les jeunes femmes prenaient place à une terrasse de café et commandaient des fraises melba à se partager, la descendante de Merlin s'interrogea, pour la énième fois, sur la pertinence de révéler, ou non, à Grace le projet sur lequel elle travaillait. Elle savait que sa sœur n'hésiterait pas. Elle l'aiderait de bon cœur et s'investirait autant que possible dans cette entreprise. Mais, paradoxalement, c'est ce qui Megan freinait. Elle ne voulait surtout pas que sa cadette renonce à ses rêves à la faveur des siens. Et si elle lui parlait de ça maintenant, il y avait fort à parier que sa petite sœur déciderait de rester en Europe pour lui faire plaisir. Alors non, elle ne lui dirait rien. Pas pour l'instant. Pas à ce sujet du moins.

- « Dis-moi, Gracie, est-ce que la mère de ton amie Eve travaille toujours dans cette maison d'édition ? » s'enquit l'éducatrice de jeunes enfants entre deux bouchée de glace vanille et coulis de fruit rouge.

- « Hum, oui » répondit son interlocutrice, sa cuillère à la main. « Pourquoi ? »

- « En fait il y a ces livres que j'ai écrit… des livres pour enfants… ça fait un moment que je travaille dessus et j'aurais voulu savoir si, eh bien, ils valaient quelques choses et si, peut-être, je pourrais envisager de… les publier » expliqua Megan, rosissante, en triturant nerveusement sa serviette en papier.

C'était la première fois qu'elle avouait à quelqu'un ce secret. Un secret qui lui tenait particulièrement à cœur. Une part d'elle, enfantine, douce et créative, riche en mots tendres et en couleurs pastelles, qu'elle était souvent obligée de réprimer... Sauf lorsqu'elle travaillait avec les enfants songea la jeune femme avec un léger sourire.

- « Vraiment ? » s'écria Grace, l'air ravi et l'œil brillant, avec trépidation. « Oh, c'est génial ! Tu pourras me faire lire ? Je suis sûre que c'est merveilleux ! Bien sûr, je vais te donner son numéro ! Ce serait super si tu étais publié ! Elles parlent de quoi tes histoires ? Quand est-ce que tu as commencé ? » enchaîna la sorcière aux boucles auburn dans une tirade qui la laissa le souffle court.

- « Respire » la taquina son aîné, soulagée par sa réaction. « Je vais t'expliquer tout ça mais d'abord il faut me promettre que tu n'en parleras à personne » la prévint-elle, faussement menaçante et le regard rieur.

- « Parole de scout ! » fit la médicomage avec un air espiègle. « Allez, raconte… »

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23 juillet 2005

Megan, ravissante dans une petite robe de coton rouge assortie au bandeau qui retenait ses cheveux et aux ballerines qui chaussaient ses pieds, était actuellement perchée sur l'un des bras du canapé dans salon du cottage de Severus, les jambes élégamment croisées. Son compagnon lui avait annoncé le matin même qu'il avait préparé une 'surprise' afin de fêter à l'avance les 25 ans de la jeune femme aux boucles ébène. Ils avaient en effet décidé, d'un commun accord, qu'il ne se rendrait pas avec elle à la réunion de famille qui aurait lieu la semaine suivante pour célébrer l'anniversaire des jumelles Potter. L'ex-professeur de DCFM allait en effet profiter de l'occasion pour annoncer leur relation à ses parents et ils avaient convenu qu'il était peut-être plus sage d'user de diplomatie et de ne pas les mettre devant le fait accompli.

- « Où est-ce qu'on va ? » s'enquit la sorcière en question avec curiosité, la tête légèrement penchée sur le côté alors qu'elle observait son amant rassembler divers objets dans un sac de toile blanche.

- « Si je te le disais ça ne serait plus une surprise… » répondit l'homme aux yeux d'onyx en esquissant un sourire.

Il observa avec amusement et ravissement le joli nez de sa compagne se froncer et ses lèvres former une adorable petite moue. Une écrasante vague de tendresse, d'adoration et de possessivité le submergea et il ne put résister à la tentation d'embrasser ce nez mutin et ces lèvres si tentantes. Megan répondit volontiers à son baiser avant de lever vers lui un regard voilé de désir.

- « Oh, et à quoi dois-je ce traitement de faveur ? » fit-elle en passant ses bras autour de la taille du brun debout devant elle.

- « Rien de particulier… juste le fait que tu sois là » murmura t'il contre ses boucles ébène.

La jeune femme sourit alors qu'elle appuyait sa joue contre le torse de l'ex-espion avec un soupir satisfait.

- « Pourquoi on ne resterait pas là, à la place ? » suggéra t'elle, les yeux clos, tandis que les doigts habiles de Severus massaient sa nuque d'une façon tout à fait délicieuse.

- « Absolument pas » répliqua le ténébreux professeur, faussement sévère, avant de l'aider à se relever. « Allez, il est temps qu'on y aille à présent » ajouta t'il en jetant un bref coup d'œil à sa montre.

Il attrapa le sac de toile, et le réduit de manière à ce qu'il tienne dans sa poche, puis tendit à sa cadette ce qui semblait être une vieille plume usagée.

- « Un portoloin » expliqua t'il devant son air perplexe, un brin moqueur.

- « Je le savais… » mentit la sorcière aux yeux de jade avec un air effronté.

Son amant ne commenta pas mais le sourcil qu'il arqua élégamment en dit long et elle lui tira la langue en représailles. L'homme se contenta de secouer la tête avec amusement puis glissa un bras autour de sa taille et lorsque sa montre indiqua onze heures juste, le portoloin s'enclencha, amenant avec lui la sensation familière et désagréable du voyage. Lorsqu'ils atterrirent, Megan dut se retenir à son aîné pour ne pas tomber alors que celui-ci ne semblait pas perturbé le moins du monde. Elle le gratifia d'un regard noir avant de se rendre compte de l'endroit où ils étaient arrivés.

- « Est-ce que c'est… ? » commença la jeune femme, incrédule et fascinée.

- « Bienvenu à Olympie » fit simplement Severus, visiblement très fier de lui-même, mais guettant tout de même la réaction de sa compagne avec une certaine appréhension.

- « Mais comment ? » balbutia la sauveuse du monde sorcier alors que son regard parcourait le paysage autour d'eux.

Ils se trouvaient au milieu d'une vaste étendue d'herbe parsemée d'arbuste en tout genre et de ruines plus ou moins bien conservées. Le site en lui-même était splendide. A perte de vue s'élevaient des colonnes travaillées, se dressant solitaires ou en groupe, des stèles, des pans de murs et des autels… Autant de vestiges, merveilles d'architecture, qui témoignaient de la magnificence de ce qu'avait du être ces temples à l'époque des rois légendaires de la mythologie grecque. Ça et là, leurs ombres traçant des figures fantasmatiques sur les pierres antiques, des arbres en fleurs égayaient ce superbe tableau de touches de rose et de jaune.

- « Eh bien, je sais que tu aimes l'Antiquité et je me suis dit qu'une journée dans un ancien sanctuaire grec te ferais plaisir… ai-je eu tord ? » s'enquit-il en suivant des yeux la charmante sorcière qui s'était éloignée de quelques pas et qui se retourna vers lui un radieux sourire aux lèvres avant de lui sauter dans les bras avec exubérance.

- « Je ne peux pas croire que tu sois aussi… aussi prévenant et attentionné » souffla t'elle en s'écartant légèrement de lui afin de pouvoir voir son visage.

- « Merci pour ce vote de confiance » répliqua le beau brun ténébreux, l'air pincé, visiblement froissé par le ton quelque peu incrédule de sa cadette.

- « Oh, non, ce n'est pas ce que je voulais dire » s'empressa de rectifier Megan, affolée. « Je suis désolée. Je sais que tu peux l'être, c'est juste que… personne n'a jamais fait ça pour moi auparavant et je… je suis vraiment très touchée, Severus. C'est merveilleux ! » déclara t'elle, sincère, avant de déposer un baiser chaste mais plein d'émotion sur les lèvres de l'homme.

- « Non, c'est moi qui suis désolé, je savais que tu l'entendais pas de cette façon » s'excusa son amant et l'attirant de nouveau contre lui. « Pour être honnête je n'ai pas l'habitude de faire ce genre de choses et ça me rend un peu… nerveux » confia t'il tout en songeant que nerveux était un euphémisme.

- « Eh bien, il ne faut pas, tu es très doué » lui certifia la sorcière aux boucles ébène avant d'initier un nouveau baiser, beaucoup, moins chaste celui-là, qui sembla s'éterniser pendant de délicieuses minutes. « Merci » murmura t'elle finalement, la respiration saccadée.

Le maître des potions sourit en enlaçant ses doigts aux siens, ses yeux d'onyx brillant de cette lueur chaude que Megan adorait. Ils se promenèrent ainsi pendant des heures sur le site désert – l'ex-espion ayant confirmé que l'accès en était normalement interdit aujourd'hui mais qu'il avait certaines relations… La jeune femme était aux anges et ce simple fait suffisait au bonheur de Severus dont le regard suivait plus souvent les mouvements gracieux de son elfe qu'il ne s'attardait sur les monuments.

- « Est-ce que l'année prochaine j'aurais le droit aux pyramides d'Egypte ? » demanda la jeune Potter avec un air mutin alors qu'elle était perché sur les genoux de son amant, lui-même assis sur un banc devant ce qui restait de l'hippodrome.

La question prit de court le sombre professeur dont le cœur de gonfla de tendresse à la suggestion, pourtant innocente de sa cadette. Elle ne se rendait peut-être pas compte de ce que signifiait pour lui ses paroles… Mais ça, le fait qu'elle puisse faire des projets pour eux deux et envisager l'avenir avec lui à ses côtés, le remplissait d'une joie secrète. Cela le rendait fier et humble à la fois. 'Oui' se promit-il intérieurement, 'l'année prochaine, si Merlin le veut, je t'emmènerais voir les pyramides'. Il ne répondit donc rien, se contentant de la serrer un peu plus contre lui, savourant la douce chaleur du soleil sur sa peau et la fragrance subtile qui se dégageait de sa compagne, plus serein qu'il ne l'avait jamais été.

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26 juillet 2005

- « Cette place est prise, mademoiselle ? » fit une voix charmeuse aux accents rieurs alors qu'une ombre venait s'immiscer entre la jeune femme assise à la terrasse du café, et le soleil.

- « Darian ! » s'exclama cette dernière avec délice en reconnaissant l'homme qui venait de l'aborder.

Megan se leva vivement de son siège et se retrouva aussitôt soulevée dans les airs par les bras puissants du vampire. Lorsque ce dernier la reposa, il prit un moment pour observer la sorcière au regard de jade qu'il n'avait pas revu depuis ce qui lui semblait être une éternité – en effet, ils avaient exclusivement communiqué par courrier ces trois derniers mois. Son amie était ravissante, comme toujours, avec son élégant pantalon de lin blanc, son petit haut en soie du même vert que ces yeux et ses escarpins noirs un brin excentriques… Ses boucles ébène, piquées d'une fleur blanche, étaient séparées en deux nattes épaisses qui retombaient sur ses épaules en deux masses soyeuses. Ses pommettes étaient rosies par le plaisir de le voir et son teint avait pris un léger hâle qui lui allait à merveille.

- « Chaton, tu es plus rayonnante que jamais » déclara t'il alors qu'ils s'asseyaient autour de la petite table.

- « Merci » répondit doucement la jeune femme, gênée pour elle ne savait quelle raison.

Le fait est qu'elle ne savait pas trop comment agir avec Darian. La dernière fois qu'ils s'étaient vus, des mois auparavant, ils étaient encore amants. A présent elle était avec Severus et même si son amitié avec le vampire lui était chère, elle trouvait la situation délicate. Il était facile de correspondre avec lui et de prétendre que tout allait bien dans le meilleur des mondes mais les choses avaient définitivement changé. Le fantôme d'Aliénor et l'image du maîtres de potions semblaient flotter entre eux comme un barrage invisible mais bien présent que rien ne pouvait surmonter. Il ne s'agissait pas de jalousie ni même de culpabilité ou de ressentiment mais d'une émotion plus vague, plus lointaine, plus confuse. Moins cernable donc et quelque part plus inquiétante.

C'était sans doute pour ça que Megan avait choisi de le rencontrer dans un lieu public. Et qu'elle avait jugée nécessaire de prévenir Severus de cette rencontre. Son amant n'avait rien dit, il s'était contenté de déposer un tendre baiser sur son front lorsqu'ils s'étaient quittés ce matin, sa manière de lui faire comprendre qu'il lui faisait confiance. Elle avait été touchée. Mais en toute franchise, si il avait tenté de la décourager, elle y serait allée quand même – et elle aurait été extrêmement déçue.

- « Alors, comment vas-tu ? » s'enquit l'homme au regard orage et au sourire chaleureux en reposant la carte qu'il avait brièvement parcouru.

- « Bien, je vais bien » l'assura la sorcière aux boucles ébène avec sincérité.

Elle n'avait rien de spécial à annoncer et Darian savait de quoi avaient été faits ces mois de séparation. Après tout, les longues lettres qu'ils avaient échangées les avaient tenus au courant des évènements rythmant la vie de l'autre presque aussi bien que si rien n'avait changé. Sauf pour certaines choses évidemment…

- « Je dois dîner avec Narcissia, ce soir, » continua l'ex-professeur de DCFM, de plus en plus à l'aise alors qu'elle touillait distraitement son coca light à l'aide de sa paille, « pour revoir les dernières modifications des instructions et des plans que nous fournirons au paysagiste pour le parc du manoir » expliqua t'elle avec un radieux sourire et cette animation qui illuminait tout son visage dès qu'elle abordait ce sujet. « Et d'ailleurs je voulais encore te remercier pour ton soutien et ta participation à ce projet, c'est vraiment… »

- « Non, » l'interrompit gentiment le vampire en posant une main sur la sienne, « ce n'est pas la peine. Je l'ai fait parce que je savais combien c'était important pour toi et que ça me faisait plaisir, voilà tout. Ne me prends pas pour une sorte de philanthrope… » ajouta t'il, malicieux.

- « Bien sûr que non ! » répliqua Megan, en faisant mine d'être outragée par l'idée, les yeux rieurs.

- « Tant mieux » fit son interlocuteur avec un sourire espiègle. « On dirait que ça se précise, alors… » glissa t'il après lui avoir lancé un clin d'œil complice.

- « Oui, c'est un peu irréaliste d'avoir à choisir entre des rosiers 'Annapurna' ou des rosiers 'Princesse de Monaco' à ce stade alors que rien n'est encore fait » lui confia la jeune femme au regard de jade avec une adorable grimace. « Mais c'est génial, j'adore faire ça… » ajouta t'elle, l'air radieuse.

- « Je suis content pour toi » souffla Darian, sincère, un léger sourire flottant sur ses lèvres. « Et si il y a le moindre problème, à propos de quoi que se soit, n'hésite surtout pas à me contacter » lui rappela t'il, faussement menaçant.

- « Je le ferais » promit la descendante de Merlin, touchée par son offre qu'elle savait sincère.

Ils se sourirent et de là, la conversation s'enchaîna le plus naturellement du monde. Ils retrouvèrent peu à peu cette tendre complicité et cette aisance qui avaient toujours teinté leurs échanges. Ils passèrent plusieurs heures à discuter, d'abord autour d'un verre puis le long des quais de Seine, savourant à leur juste valeur ces trop courts instants passés ensemble. Entre silences mélancoliques, échanges animés et éclats de rire… Ils s'étaient assis sur un banc du jardin du Luxembourg, se partageant un cornet de frites quand le vampire posa une question qui prit de court sa cadette et la laissa un instant sans voix.

- « Et… comment ça se passe avec l'autre ? » avait-il lancé avec une nonchalance bien trop appuyée par être honnête.

Il fallut plusieurs secondes à Megan pour interpréter sa question et plusieurs autres secondes pour se remettre du choc. Elle ne pensait pas que son ex-amant aborderait un jour – volontairement – ce sujet. D'ailleurs elle était sûre qu'elle ne voulait pas qu'il l'aborde. Pas avant plusieurs années en tous cas… Il était beaucoup trop tôt pour qu'elle puisse évoquer, sereinement, Severus devant Darian. Techniquement elle n'avait rien à se reprocher. Elle n'avait pas trompé le vampire et près d'un mois s'était écoulé entre leur séparation et le premier baiser qu'elle avait échangé avec le maître des potions mais cela n'ôtait rien à la culpabilité latente qui la rongeait depuis lors. Elle était heureuse avec Severus – du moins autant qu'elle pensait pouvoir l'être.

Et elle savait, confusément, qu'elle ne s'était pas trompée lorsqu'elle avait pris la décision de mettre fin à sa liaison avec l'aristocrate centenaire. Mais, parfois elle ne pouvait s'empêcher de se demander 'et si… ?'. Enfin, même si elle avait conscience de ne pas avoir 'brisé' le cœur de cet homme, qui ne lui avait jamais réellement appartenu, la jeune femme était consciente qu'il l'aimait, à sa façon, et que la situation lui était douloureuse.

- « Je… » commença t'elle donc, incertaine, avant de s'interrompre, cherchant ses mots. « Je préfèrerais ne pas en parler » avoua t'elle finalement le regard résolument fixé sur le bout de ses escarpins.

- « Je sais que ça peut paraître étrange mais j'ai vraiment besoin de savoir » lui demanda le vampire d'une voix vacillante et éraillée, comme chargée d'une émotion trop intense.

- « Eh bien, » reprit Megan la gorge nouée, « nous… c'est à dire Severus et moi… »

Elle s'interrompit une nouvelle fois, hésitante. Elle ne savait pas trop si elle devait être honnête – l'adjectif qui lui venait à l'esprit était 'cruelle' – avec Darian en lui jetant à la figure les moments merveilleux qu'elle vivait avec l'ex-espion. Ou si elle devait plutôt ménager la susceptibilité de son ex-amant en prétendant que leur relation n'était pas si idyllique que ça. Mentir lui posait définitivement un problème de conscience mais elle ne tenait vraiment pas à faire souffrir son ami. C'est le vampire qui, semblant lire dans ses pensées, coupa court à son dilemme en posant une main sur son bras nu, la faisant inconsciemment frissonner.

- « La vérité, chaton, s'il te plaît… » fit-il doucement, un tendre et triste sourire flottant sur ses lèvres. « Je pense que je le mérite » ajouta le vampire, un brin taquin.

La sorcière aux boucles ébène acquiesça silencieusement avant de prendre une grande inspiration et de se lancer.

- « Cet homme, » murmura t'elle, comme si le fait de s'exprimer à voix basse minimiserait l'impact de ses paroles, « l'homme avec lequel je… suis, » elle avait bien pensé à utiliser le terme 'sortir' mais il ne semblait pas correspondre à la relation adulte et sérieuse qu'elle entretenait avec Severus, « il s'agit du maître des potions à Poudlard, tu t'en souviens ? »

- « Oui » souffla Darian après un instant. « Le grand brun ténébreux aux traits aristocratiques et à l'air sévère qui s'était éclipsé quand j'étais venu au château… »

Cela ressemblait davantage à une affirmation qu'à une question et la jeune femme se contenta d'hocher la tête.

- « Je ne peux pas dire que je ne m'y attendait pas » déclara l'homme au regard orage d'un ton que Megan jugea résigné.

- « Tu… tu t'y attendais, depuis tout ce temps ? » ne put s'empêcher s'enquérir la sauveuse du monde sorcier, sincèrement surprise.

- « Eh bien, je savais qu'il y avait quelque chose » admit Darian avant de se corriger devant l'air offensé et vaguement blessé de sa compagne. « De son côté seulement » ajouta t'il donc précipitamment. « Et encore, ce n'était qu'un vague pressentiment. En fait, je pense… Non, je sais que tu ne te rendais compte de rien à l'époque, que tu n'imaginais pas qu'il puisse… Oh, ma chère, chère Megan, si innocente… » fit le vampire en caressant la joue pâle de sa cadette avec révérence et une profonde tendresse, se régalant de son petit air perdu.

- « Hey ! » s'indigna la ravissante sorcière, le nez froncé et les bras farouchement croisées sur sa poitrine.

- « Chaton, tu dois admettre que tu es un peu… paumée en ce qui concerne genre de choses » la taquina t'il avant de déposer un baiser sur sa tempe.

L'ex-professeur aux boucles ébène lui tira puérilement la langue, amusée malgré elle. Elle devait admettre qu'il n'avait pas tout à fait tord sur ce point.

- « Alors ? » reprit l'homme au regard orage, soudain plus sérieux.

- « Je suis bien avec lui » répondit Megan, comprenant immédiatement où il voulait en venir et décidant qu'il ne lui servirait à rien de tourner autour du pot. « Vraiment. Il n'a peut-être pas l'air très… abordable, mais il est tendre et drôle et terriblement intelligent » ajouta t'elle, ses yeux de jade fixés dans ceux de son interlocuteur, un léger sourire aux lèvres.

- « Et c'est tout ce qui compte, chaton » déclara Darian en souriant également.

Mais la jolie sorcière sentait bien que quelque chose s'était brisé en lui, une dernière illusion, un dernier espoir peut-être… Et elle ne savait pas quoi faire pour le soulager de cette peine qui émanait de lui en vagues douloureuses qu'il ne parvenait pas à maîtriser.

- « Je suis heureux pour toi, pour vous, sincèrement » lui certifia t'il comme si il percevait sa propre détresse et l'effet de celle-ci sur sa cadette.

Il l'attira contre lui et elle se laissa faire, bercée par l'odeur familière et rassurante.

- « Si il te fait du mal, je le tuerais » fit encore le vampire, mi-plaisantant mi-sérieux, contre les boucles ébène de la jeune femme qu'il serrait dans ses bras.

- « Ça n'arrivera pas » murmura la jeune femme, dans son cou.

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31 juillet 2005

Pour l'évènement, on avait ouvert la salle de bal du manoir Potter et elle avait été décorée avec soin par la maîtresse de maison en personne. Ainsi la pièce, éclairée par de nombreuses baies vitrées donnant sur un luxurieux jardin, regorgeait à présent de superbes bouquets d'orchidées et de lys blanc. Une table avait été dressée d'une nappe verte et d'une dizaine de plats, tout plus appétissants les uns que les autres, à l'extrémité droite de la salle, tandis que l'extrémité gauche semblait avoir été réservée pour la danse. Un groupe d'adultes était rassemblé autour de la table et échangeait des plaisanteries tout en grignotant alors que les plus jeunes invités étaient dispersés dans toute la pièce et discutaient avec entrain en se balançant doucement au rythme d'une chanson à la mode.

Megan observait tout cela depuis le seuil de la salle, restant dans l'ombre pour ne pas être vue. Elle n'avait pas vraiment envie de se joindre aux autres. Pas tout de suite. Merlin savait pourtant que les personnes présentes lui étaient chères… Mais une dose d'amertume teintait cette réunion et bien que sachant ce sentiment complètement déplacé, elle en voulait un peu à ses parents pour l'absence de Severus aujourd'hui. C'était d'autant plus ridicule que la décision venait d'elle, que la journée qu'elle avait passée à Olympie avec son amant avait été parfaite et que le maître des potions n'aurait pas été à son aise ici. Cela viendrait plus tard. Du moins, elle l'espérait. Chassant ses pensées pour le moins négatives, la jeune femme songea avec un sourire tendre au cadeau que l'homme au regard d'onyx lui avait offert le matin même.

Il s'agissait d'un exemplaire unique d''Orgueil et préjugés' relié de cuir et truffé de notes manuscrites de l'auteur ainsi que de petits croquis des personnages, des toilettes ou des paysages évoqués. Le précieux ouvrage avait été enveloppé avec soin dans de la mousseline écrue puis noué d'un ruban de satin bordeaux et accompagné d'une botte de tulipes assorties. Quelque part, ce geste l'avait plus touché, et surtout lui avait davantage fait plaisir, que la magnifique parure en or blanc et émeraude dont Darian lui avait fait cadeau quelques jours auparavant. A vrai dire c'était surtout l'air gêné et incertain de l'ex-espion, lorsqu'il lui avait tendu le paquet, qui l'avait faite fondre. Il avait eu l'air si peu sûr de lui et si effrayé d'avoir mal choisi…

- « Alors, Megan, on boude sa propre fête d'anniversaire ? » souffla une voix chaude et rieuse quelque part derrière elle, la faisant sursauter.

Elle n'eut pas besoin de s'interroger sur l'identité de celui qui l'avait ainsi surprise car il n'y avait qu'une seule personne capable d'un tel exploit.

- « Rémus ! » gronda t'elle à voix basse avant de se jeter au cou de son parrain qui lui rendit son étreinte avec affection. « Ça fait tellement longtemps… » reprit la sorcière dont les yeux de jade pétillaient d'une lueur mutine.

- « Trop longtemps » ajouta le loup-garou dont le regard ambré s'était fait tendre en se posant sur sa filleule préférée – et unique comme elle aimait le lui rappeler fréquemment.

La descendante de Merlin n'hésita qu'une brève seconde avant d'entraîner son aîné à l'opposé des lieux où se tenait la réunion, jusque dans le petit jardin de roses, un peu à l'écart. Rémus ne protesta pas, conscient que sa jeune protégée avait besoin de lui parler, et se laissa guider jusqu'à un banc de pierre à l'ombre d'un chêne centenaire et d'où leur parvenaient les délicates effluves des roses du Bengale. Comme Megan restait muette, le doux lycanthrope se décida à rompre le silence qui n'était troublé que par le chant lointain des oiseaux.

- « Il y a quelque chose qui ne va pas, poussin ? » s'enquit-il diplomatiquement, usant sans s'en rendre compte du surnom qu'il lui avait donné lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant.

Surnom contre lequel elle s'était toujours insurgée mais qu'elle ignora. Rémus fronça les sourcils. Ce n'était définitivement pas bon signe.

- « C'est au sujet… d'un homme » lâcha abruptement la jeune femme, au bout de quelques secondes, alors qu'elle triturait nerveusement ses doigts.

Elle avait la désagréable impression d'être redevenue l'adolescente maladroite, naïve et timide qu'elle n'avait jamais été. Et surtout elle aurait tout donné pour que la terre s'ouvre et l'engloutisse. Seulement elle ne pouvait pas le souhaiter trop fort parce qu'avec sa chance – et sa puissance magique – ça risquait bien d'arriver. C'est le rire clair et mal contenu de son compagnon qui lui fit relever les yeux.

- « Désolé, poussin, » fit l'ancien maraudeur en tentant de retrouver son sérieux, « c'est juste que je n'aurais jamais imaginé avoir ce genre de conversation avec toi » élabora t'il avec une grimace contrite devant le regard mi-furieux mi-malicieux de sa cadette. « Est-ce qu'il t'a fait du mal ? » demanda soudain le loup-garou, ses pupilles se rétrécissant dangereusement à l'idée que quiconque ait pu faire du mal à sa chère filleule.

- « Quoi ? » balbutia Megan, un peu perdue, avant de le détromper. « Oh, non. Ce n'est pas… Severus ne ferait jamais rien qui… »

Elle s'interrompit brutalement, consciente d'en avoir trop révélé, alors que Rémus ouvrait de grands yeux, partagé entre stupeur et amusement.

- « Severus, hein ? » répéta t'il avec un sourire espiègle qui fit rougir la jolie sorcière aux yeux émeraude. « Tu as un faible pour notre ténébreux maître des potions et tu voudrais des conseils ? » supposa, assez légitimement le lycanthrope.

Cette fois c'est l'ex-professeur de DCFM qui éclata d'un rire mélodieux en secouant ses boucles ébène, le regard rieur. Il faut dire que le simple fait de suggérer qu'elle puisse… Enfin, même si ça avait été le cas, son parrain n'aurait sûrement pas été son premier choix. Et puis elle pensait que c'était assez mesquin de la part de son parrain de penser qu'elle avait besoin de conseil sur ce sujet. Mesquin mais terriblement amusant.

- « Pardon, Rémus, » fit-elle quand elle se fut calmée, « mais la simple idée que… bon, je vais juste prétendre que tu n'as pas dit ça, t'imaginer entrain de me donner ce genre de conseil est trop… dérangeant » continua l'éducatrice de jeunes enfants, son petit nez froncé, visiblement perturbée par l'idée. « Non, Rem', en fait Severus et moi, nous sommes… amants » annonça l'éducatrice de jeunes enfants le plus diplomatiquement possible.

- « Amants ?!? » répéta de nouveau l'homme au regard d'ambre en s'étranglant à moitié. « Tu veux dire comme… comme… »

- « Des amants Rémus » confirma t'elle, taquine, plus qu'amusée par les pommettes rouges et l'air sidéré qu'affichait son aîné. « Je suppose qu'à ton âge tu n'as pas besoin que je te fasses un dessin… » sous-entendit la jeune femme en prenant un plaisir certain contempler la lente décomposition du visage du loup-garou. « … à moins que Nymph' et toi n'ayez pas encore dépassé le stade platonique » l'acheva t'elle, les yeux pétillant de malice.

Le lycanthrope la gratifia d'un regard outré mais il ne put empêcher les coins de ses lèvres se soulever légèrement en un sourire mi-amusé mi-irrité. L'homme reprit rapidement une contenance et observa un moment le visage de sa filleule, avec attention, comme pour tenter de déterminer si elle plaisantait ou non. Il sembla décider que non puisque son front se barra d'une ride vaguement soucieuse même si son air était plutôt… satisfait.

- « Alors, c'est vraiment sérieux ? » s'enquit finalement le sorcier aux boucles brunes d'un ton calme et posé. « Toi et Severus ? »

- « Oui, ça l'est » acquiesça solennellement sa cadette en repoussant une mèche ébène derrière son oreille. « En fait, nous sommes ensemble depuis plus de deux mois maintenant » élabora t'elle, plus confiante devant la réaction, somme toute plutôt positive, de l'une des personnes qui comptaient le plus pour elle. « Et je suis bien avec lui » ajouta l'ex-professeur de DCFM avec un petit sourire tendre.

- « Le moins qu'on puisse dire c'est que je ne m'y attendais pas… » déclara Rémus, un brin taquin, après un instant de réflexion. « Mais je trouve que c'est un très bon choix. Severus est un homme droit, cultivé, honnête, qui a fait de grands sacrifices pour assurer notre victoire durant la guerre contre le seigneur des ténèbre et qui, bien que parfois un peu trop sarcastique à mon goût, possède un humour certain » conclut-il en se retournant vers sa filleule, souriant.

Megan le fixa avec une incrédulité qui se lisait visiblement sur ses traits. Son parrain venait-il réellement de la féliciter et d'approuver, en des termes peu sujets à interprétation, sa relation avec Severus. Elle s'était préparée à défendre son amant bec et ongles et était plutôt décontenancée face à l'attitude compréhensive et encourageante de son aîné. Décontenancée et très touchée.

- « Donc tu… tu approuves ? » fit la sorcière aux yeux de jade, encore hésitante.

- « Oh, poussin, que j'approuve ou non ne change rien mais… oui, je pense que vous serez parfaits l'un pour l'autre » répondit son interlocuteur en posant sur elle un regard affectueux. « Ce pendant j'avoue que j'ai été surpris… pensais-tu que je le prendrais mal ? » s'enquit-il alors qu'il pressait doucement la main fine de la jeune sauveuse du monde sorcier.

- « J'espérais que non, » lui confia la jeune femme aux boucles ébène, taquine, « parce que si ça avait été le cas, je n'osais imaginer la réaction des autres » expliqua t'elle avec une légère grimace malicieuse.

- « Tu n'as pas à t'inquiéter, poussin, Lily apprécie beaucoup Severus et James, eh bien, il ne le déteste pas » fit Rémus, un brin moqueur, visiblement très amusé par la situation une fois passé choc initial.

- « C'est amusant, c'est précisément ce que m'a dit Amber » remarqua Megan avec une pointe de sarcasme et un petit sourire espiègle. « En fait, c'est surtout à propos de Sirius que j'ai des appréhensions… » avoua t'elle, pâlissante, alors qu'une vague d'angoisse montait en elle.

- « Il va sans doute grincer des dents et tempêter pendant un moment à propos de serpentards vicieux et d'autres noms d'oiseaux, lui promettre milles tortures si il te faisait du mal, etc.… Mais il n'a rien de personnel contre Severus et il t'adore trop pour dire ou faire quoi que se soit susceptible de te blesser » lui assura son parrain en déposant un baiser sur sa tempe.

Et il eut raison. James prit la nouvelle avec stoïcisme, voire même une certaine dose d'amusement en imaginant sa fille mener le sombre maître des potions par le bout du nez. Sirius frôla l'attaque cardiaque mais il avait trop peur de perdre la complicité encore fragile qui le liait à la jeune sorcière pour se montrer trop vindicatif. Et, sans surprise, Lily se révéla ravie par la nouvelle. Cependant, Megan soupçonnait sa mère de penser que c'était elle qui avait de la chance d'avoir pu s'attacher Severus et non le contraire. La jeune Potter était du même avis mais le fait que sa propre mère le lui fasse – subtilement mais explicitement – remarquer la mettait singulièrement mal à l'aise…

oxoOoxo


Juste un petit mot, que je préfère placer à la fin parce que Merlin sait que je m'énerve si il y a trop de blabla avant un chapitre que j'attends avec impatience ;-) Lisez-le ou pas, ça ne concerne pas directement cette histoire. Donc, mes chers lecteurs (je trouve ça assez étrange d'utiliser cette expression mais je suppose que c'est ce que vous êtes après tout…) je suppose que la parution du dernier tome d'Harry Potter ne vous a pas échappé (voui, voui, c'est une réflexion idiote, je sais). Dans ce cas j'imagine que les plus anglophones d'entre vous vont (ou ont) acheter le livre et que les autres se sont jetés sur les spoiler qui ne manquent pas de foisonner sur Internet ou ont décidé d'attendre jusqu'en octobre (ce qui est très noble de leur part…). Vous vous demandez sans doute où je veux en venir avec ça. Eh bien voilà, n'achetant jamais un livre avant de savoir si la fin va me plaire, j'ai demandé à une amie (merci Isa ;-)) de me le résumer… Pour ceux qui ont déjà lu le livre vous comprendrez mon profond traumatisme (bon, peut-être que j'exagère un peu, ça aurait pu être bien pire) et pour les autres, vous comprendrez en temps voulu. Bon, tout ce petit blabla ne vous a certes pas servi à grand-chose mais ça m'aura au moins permis d'exorciser Juste une dernière chose, j'avais déjà une idée pour cette histoire, une idée qui se retrouve plus ou moins dans le livre (et dans une quantité d'autres fictions) mais pas de cette façon… Enfin, vous verrez, je ne peux pas être plus claire sans révéler des choses que certaines personnes préfèreraient ne pas savoir. Si vous voulez commentez ça, envoyez plutôt un message perso.

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Au fait, il vous a plu ce chapitre tant attendu :-) ?