Nobody
Chapitre 36: Interrogations
Les « » indiquent les pensées d'un personnage et les tirets (-) indiquent les dialogues.
-Comment ça marche, ce truc ?
Demyx marmonnait, perplexe. Il se trouvait seul dans la petite salle de musculation. Il avait commencé à s'entraîner puis, au bout d'une quinzaine de minutes, il s'était arrêté et, transpirant, s'était laissé tomber sur une des machines de musculation qui n'avait guère apprécié qu'un tel poids lui tombe dessus aussi soudainement. La machine avait bronché et Demyx se retrouvait à présent avec un boulon ou quelque chose qui y ressemblait fortement en main. Si cette pièce s'était détachée de la machine, il valait mieux que Demyx trouve vite comment la remettre en place. Déjà que les plus jeunes membres de l'Organisation n'avaient pas le droit de toucher aux machines de musculation…Et voilà qu'il en fichait une en l'air.
-Bon, c'est pas comme si c'était ma faute, disait à voix basse Demyx pour lui-même. J'ai juste voulu m'asseoir sur la machine, pas l'essayer.
D'accord, il aurait pu s'asseoir plus délicatement, mais il était crevé et à bout de souffle.
-C'est pas solide, leurs machins…
Ça donnait envie de s'entraîner dessus.
Demyx tourna autour de la machine, la pièce fugueuse entre les doigts.
-Peut être ici…non, là…fit-il tandis qu'il cherchait un endroit où coincé la pièce en désespoir de cause.
Il était tellement pris par ces problèmes d'ordre mécaniques qu'il n'entendit pas la porte de la salle s'ouvrir et quelqu'un pénétrer dans la pièce.
-Dem' ?
Le musicien sursauta.
-Oh…c'est toi, Axel.
-Ben ouais, c'est moi. T'attendais qui ? fit le Numéro VIII tout en s'approchant de Demyx. À quoi tu joues, à tourner en rond autour de cette machine ?
-Euh…à rien du tout, dit précipitamment le musicien en se redressant et en cachant la pièce fugueuse dans son poing. Mais au fait, t'es en retard toi ! Qu'est-ce que tu fabriquais ? J'ai dû commencer l'entraînement sans toi.
Axel se gratta la tête, l'air un peu embêté.
-Ouais, je sais. Mais j'avais une bonne raison d'être en retard.
-Ah ? Et c'était quoi, cette bonne raison ? demanda le musicien, curieux.
Axel croisa son regard et ne le lâcha plus, sérieux pour une fois.
-Tu devrais aller jeter un coup d'œil à l'infirmerie.
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-Qu'est-ce qui s'est passé ?
Demyx était penché au dessus d'un des lits de l'infirmerie sur lequel la Numéro XIV avait été allongée. Elle paraissait dormir, mais cette soudaine fatigue n'avait rien de naturel.
-Ôte toi de là, Numéro IX, grogna Vexen avec mécontentement tout en poussant le jeune homme sur le côté.
Demyx se tint tranquille, ne souhaitant pas se faire virer de l'infirmerie. Vexen n'avait déjà pas été ravi de le voir débarquer dans son infirmerie sans prévenir avec un couloir de Ténèbres. « À quoi cela sert-il que je ferme la porte à clé si tous ces néophytes ne se gênent pas pour entrer d'une autre manière ? » s'était plaint le Numéro IV à voix haute tout en s'activant dans la pièce. Avec son entrée ratée, Demyx avait tout intérêt à ne pas rester dans les pattes du scientifique. Mais il avait beau faire preuve de bonne volonté, il brûlait de poser les milles et une questions qui lui tournaient en rond dans la tête. Il ne comprenait pas. On ne l'avait pas mis au courant de ce qui était arrivé à son amie, et ça l'inquiétait. Il réussit néanmoins à garder le silence, planté immobile d'un côté du lit sur lequel reposait la Numéro XIV, tandis que Vexen s'activait tout autour.
Un nouveau portail de Ténèbres s'ouvrit soudainement au milieu de la pièce et le scientifique se tourna vivement dans sa direction, prêt à incendier le ou les nouveaux venus. Il referma néanmoins sa bouche lorsque ce furent Xemnas et Lexeaus qui sortirent du portail.
-Numéro IV, fit Xemnas tout en s'avançant aux côtés de Vexen qui le salua d'un rapide signe de tête.
Les yeux du Supérieur croisèrent ceux du musicien qui se raidit un peu face au regard doré.
-Tu n'as rien à faire ici, Numéro IX, fit sèchement le Supérieur.
Vexen sauta sur l'occasion.
-Ah ! Merci de le faire remarquer, Supérieur. Je trouve d'ailleurs ceci tout bonnement inacceptable: ces néophytes se permettent d'entrer et sortir de l'infirmerie sans permission. Tenez, prenez Numéro VIII, par exemple. Tout à l'heure, il a…
-Suffit, Numéro IV. Nous en reparlerons plus tard, le coupa Xemnas. Pour le moment, je veux savoir ce qui s'est exactement passé, fit-il en désignant d'un signe de tête la Nobody inconsciente.
-Difficile à dire, déclara Vexen. C'est Numéro V qui l'a ramenée ici. Elle avait déjà perdu conscience.
Xemnas se tourna vers Lexeaus, désirant en savoir plus.
-Je l'ai trouvée près des chambres. Elle ne pouvait plus marcher. Elle semblait avoir très mal à la tête.
Le Supérieur regarda Vexen. Celui-ci haussa les épaules.
-Rien n'indique pour le moment qu'elle ait subit un quelconque choc physique. Bien sûr, elle a pu se cogner la tête, mais réussir à se mettre dans cet état ? C'est encore un mystère, pour le moment.
Demyx s'éloigna un peu. Les trois autres ne lui prêtaient plus aucune attention et il semblait clair qu'il n'obtiendrait pas de réponse à ses questions pour le moment. Il sortit lentement de l'infirmerie et ferma doucement la porte derrière lui, coupant court au son des paroles qu'échangeaient les autres dans la pièce, avant de se mettre à marcher dans le couloir. Normalement il aurait dû retourner continuer son entraînement, mais c'était chose tout à fait impensable actuellement. Il n'avait pas du tout la tête à aller faire ses exercices quotidiens. Pas après les avoir vues dans cet état. Il décida donc de retourner dans sa chambre. Une fois arrivé il s'allongea sur son lit, dos contre le matelas, un peu perdu. Il se dit qu'il allait écouter un peu de musique pour se changer les idées, mais il n'en eut pas le courage. D'habitude il lui suffisait de se visser les écouteurs sur les oreilles et écouter quelques notes pour que la musique l'emporte. Cette fois, ça ne marcherait pas. Il était trop tourneboulé par les derniers évènements.
Il s'était donc contenté de rester allongé sur son lit, ruminant ses sombres pensées.
Voir la porte de sa chambre s'ouvrir peu après avait été une surprise, surprise légèrement teintée d'appréhension: il avait cru que c'était le Supérieur qui, après s'être rendu compte d'une manière ou d'une autre qu'il n'était pas allé s'entraîner, était venu lui passer un savon. Mais ce n'était qu'Axel.
Demyx se redressa sur son lit, regardant le Numéro VIII fermer la porte derrière lui et s'avancer dans la pièce avant de tirer la chaise du bureau du musicien et de s'asseoir dessus. Il avait l'air fatigué et transpirait un peu.
Demyx ne savait pas pourquoi il était venu le voir. De toute manière, il fallait l'avouer, pour le moment, ça lui était un peu égal. Le musicien ne pipait mot, se contentant de regarder dans le vague, couché sur son lit, et ce fut Axel qui parla le premier.
-Tu vas bien ?
Tiens ? Serait-ce l'ombre de l'inquiétude que Demyx avait perçu dans le ton du Numéro VIII ? Assez improbable. D'habitude, Axel ne montrait guère de véritable intérêt pour les états d'esprit des autres.
-Ça va. Pourquoi ?
-Parce que t'es pas revenu à l'entraînement. Je m'demandais où t'étais passé.
Demyx se retourna sur le ventre et répondit, sa voix un peu étouffée car il avait le visage enfoncé dans son oreiller.
-J'avais pas la tête à aller faire des pompes.
-Ouais…je vois ce que tu veux dire.
Le Numéro VIII croisa les bras derrière la tête et, les pieds prenant appui sur le bureau du musicien, se balança sur sa chaise.
-T'as été les voir ?
-…Oui.
-Et alors ?
-Alors rien. J'ai rien pu savoir. Le Supérieur n'avait pas l'air ravi que je me trouve à l'infirmerie.
Demyx poussa un profond soupir.
-Dis moi…comment ça se fait que t'aies été au courant de ce qui s'était passé ? demanda le Numéro IX en tournant sa tête posée sur l'oreiller en direction d'Axel.
Ce dernier laissa s'étirer un sourire sur ses lèvres.
-J'emmerdais Vexen.
Ces paroles détournèrent quelques instants Demyx de ses sombres pensées.
-C'est-à-dire ?
-J'étais entré dans l'infirmerie sans son accord, en empruntant un couloir de Ténèbres. Je cherchais du sparadrap, et franchement, selon moi, pour un bout de sparadrap, je crois pas qu'il faille l'autorisation d'un des « supérieurs ». Pas de bol, lui, il est arrivé entre temps et il a commencé à m'engueuler. J'en ai profité pour lui dire ce que je pensais de ses histoires de néophytes et de soit disant supérieurs hiérarchiques. Puis Lexeaus est arrivé en portant Alix ou Lixae. Après ça, je suis parti et je t'ai rejoint dans la salle d'entraînement.
-Mais elles étaient comment, Alix et Lixae ?
-Comment ? Dans les vapes. Évanouies, il me semble. Quant à savoir ce qui a bien pu leur arriver, j'en ai aucune idée.
Demyx garda le silence. Lui pensait savoir ce qui avait pu se passer. D'après ce qu'il avait entendu dire par Lexeaus et d'après ce qu'avait déclaré Vexen, il lui semblait tout à fait probable de penser que le Mur avait fait des siennes. Et cette fois ci, les conséquences risquaient d'être dramatiques. Le pire dans tout cela étant que Demyx ne pouvait rien faire pour arranger ça.
Axel sembla sentir le tourment du Numéro IX.
-T'en fais pas, lui dit-il. Ça va s'arranger.
-Comment tu peux en être sûr ? Ce n'est pas un simple évanouissement, c'est certain.
-Ben, si elles dorment deux jours de suite, c'est pas la mer à boire. Xigbar nous a bien fait le coup, une fois.
-Oui, mais lui c'était parce qu'il cuvait son vin.
-Je sais. J'essaie juste de te distraire un peu.
-Merci, mais…
-Mais quoi ?
Rien. Axel avait beau y mettre du sien, Demyx ne pouvait pas se sortir de la tête l'image de son amie inconsciente, allongée sur le lit. Cela semblait ne pas convenir au Numéro VIII.
-Écoute, Dem', fit le roux en cessant de se balancer sur sa chaise et en replaçant ses pieds au sol, ça sert à rien de te prendre la tête avec ça. Pour le moment tu peux rien y faire, alors oublie.
-Facile à dire, se plaignit le musicien. Si Roxas était mal en point comme ça, tu crois pas que ça te perturberait ?
Demyx savait à quel point les deux Nobodys étaient proches et, en disant cela, il savait qu'il devait s'attendre à une vive réaction. À sa surprise, Axel ne répondit pas directement à sa question.
-Tu penses pas si bien dire, en parlant de lui.
-Hein ?
-Roxas. Il est bizarre ces jours.
Le Numéro IX s'assit à genoux sur son lit, intrigué.
-Comment ça, « bizarre » ?
Axel croisa les bras.
-Je sais pas. Il me semble pas très…présent. J'ai l'impression qu'il a tout le temps la tête ailleurs: je lui parle et il ne me répond pas. Comme s'il me prêtait plus attention.
-C'est juste une phase, proposa Demyx en haussant les épaules. Ça lui arrive de se montrer un peu distant. C'est pas la première fois.
-Peut être, mais c'est vraiment gonflant. En plus, comme il me parle pas, je peux pas savoir pourquoi il est comme ça.
-Vous vous êtes pas disputé ou quelque chose du genre ?
Axel le regarda l'air de penser: « non mais vraiment, Demyx… ». Jamais les Numéros VIII et XIII ne se disputaient. Ils étaient bien trop liés pour ça. Ou il semblait en être ainsi, du moins.
-Y a rien eu de particulier. Pas de sujets de discussion qui fâchent, ni rien…C'est un vrai mystère.
Et il se remit à se balancer sur sa chaise, bras croisés derrière la nuque, regard dirigé vers le plafond. Demyx pensa qu'il n'avait plus envie de s'attarder sur le sujet. Il était rare qu'Axel dise ce qu'il avait sur le cœur (façon de parler), et là, cette histoire avec Roxas, bien que sûrement sans importance, avait l'air de le travailler sérieusement. Ne sachant pas trop quoi dire, le musicien changea de sujet de conversation, cela lui permettant aussi de penser à autre chose qu'à ses amies en mauvaise posture. Il s'assit confortablement sur son lit et commença à parler.
-L'autre jour, avec Alix, on est allé à la Cité du Crépuscule. Là bas, on a…
Il s'interrompit en voyant l'air amusé et un peu moqueur qu'affichait Axel.
-Quoi ? fit-il, ne comprenant pas.
-La Cité du Crépuscule, hein ? Sympa le rendez vous. Tu t'es bien débrouillé, sans mon aide, Demyx.
Ce dernier pris un air exaspéré.
-Arrête avec ça ! On était là bas pour lui acheter des chaussures de sport et lui montrer comment passer d'un monde à l'autre grâce aux couloirs de Ténèbres.
-Bon, bon, t'énerve pas. Allez, vas-y…Raconte ce que vous avez fait, puisque ça semble si important.
Demyx reprit.
-…donc…on est allé à la Cité du Crépuscule et on s'est posé un moment du côté des collines. On a discuté un peu, et on en est arrivé à parler de nos conditions de vie en tant que Nobodys.
-Sympa les conversations.
-Oh, ça va…On en a donc parlé et on en est venu à penser que, au final, on n'aurait pas besoin de rester vivre au Manoir.
En entendant cela, Axel perdit l'air amusé qu'il avait affiché jusqu'à présent. Le voir redevenir sérieux de cette manière n'étonna pas vraiment Demyx. Ce qu'il venait d'annoncer était après tout assez surprenant.
Le musicien continua sur sa lancée, pas mécontent que le Numéro VIII l'écoute attentivement pour une fois.
-On s'est dit que en fait, rien ne nous oblige vraiment à rester ici, coupés du reste des mondes. Si on le voulait, on pourrait aller vivre ailleurs, dans un monde un peu plus accueillant. Qu'est-ce qui nous en empêche vraiment, hein ?
-Dans l'immédiat ? Xemnas, répondit Axel avec une grimace.
-Oui, bon, d'accord, Xemnas est un obstacle vu que c'est lui qui décide de tout ce qu'on fait. Mais à part lui ? Qu'est-ce qui nous empêcherait d'aller nous mêler aux habitants des autres mondes et de vivre parmi eux ?
-Notre nature de Nobodys.
Demyx secoua a tête négativement.
-Non, pas à mon avis. C'est comme je l'ai dit à Alix. Elle et moi on a passé des heures à côtoyer les autres - ceux qui ont leur cœur - et à aucun moment ils ne se sont doutés de quoi que ce soit concernant notre condition particulière. Ils ne savent sans doute même pas que les Nobodys existent ! On peut passer inaperçus parmi eus… Ça vaudrait pas la peine d'essayer de vivre avec les autres ? Pourquoi on reste de notre côté ? On n'a pas à s'isoler comme ça.
Axel lâcha un petit rire et le fixa d'un air condescendant.
-Quoi ? Tu veux fuguer ? Parce que Xemnas ne vous laissera jamais aller vous mêler parmi ceux qui ont des cœurs. Le seul moyen que t'aurais de vivre ailleurs qu'ici, ce serait de te casser discrètement du Manoir. Je te souhaite bien du courage. Et si tu te fais chopper en pleine fuite, autant te le dire tout de suite, t'es cuit.
-J'ai pas parlé de fugue, marmonna Demyx.
-Alors pourquoi tu divagues là-dessus ? Te prends pas la tête avec ça. Tu sais pourquoi ?
Axel se pencha en avant sur sa chaise et soutint le regard de Demyx.
-Parce que Xemnas n'est pas tant que ça dans le faux, quand il décide de nous faire rester ici. Alors d'accord, on est loin des autres mondes et on a assez rarement des contacts directs avec les habitants de ces mondes. Et peut être que, comme tu l'as dit, si on en venait à cohabiter avec eux, peut être bien qu'ils ne remarqueraient rien, qu'ils ne verraient pas qu'on n'a pas de cœur….Mais tu parles comme s'ils seraient capables de nous accepter. Et bien tu sais quoi ? Ils accepteraient peut être ce que nous sommes à l'extérieur, mais peut être - sans doute - pas ce que nous sommes à l'intérieur. Notre apparence est la même que la leur, nous ne les dérangeons donc pas à ce niveau là…Mais s'ils venaient à apprendre que nous ne sommes pas des êtres humains normaux, je crois pas que ça se passerait aussi bien.
-On n'est pas obligé de leur dire qu'on n'a pas de cœur, se défendit Demyx.
-Alors dans ce cas ce ne sera jamais vraiment nous qu'ils accepteront parmi eux. Pour véritablement accepter quelqu'un, tu dois tout connaître de lui. Si tu arrives à passer au-delà de ses défauts ou de sa différence, alors oui, on peut dire que tu l'acceptes entièrement. Mais si les habitants des autres mondes savaient ce que nous sommes vraiment, s'ils étaient au courant de nos différences, nous serions mis de côté. Regardés comme des bêtes de cirque. Nous ne sommes pas comme eux, Demyx. Et ils n'acceptent vraiment que ceux qui leurs sont semblables. Le reste n'est qu'une façade, une apparence, un semblant de tolérance. Alors ne te fixe pas trop sur cette idée de cohabitation. On est mieux ici, entre nous…Entre Nobodys. Vaut mieux pas trop penser à ce que pourrait être notre vie ailleurs. Peut être bien qu'elle serait meilleure si on cachait aux autres ce qu'on est vraiment. Mais je sais pas si vivre avec des gens qui ne nous acceptent qu'en ignorant qui nous sommes au fond est l'idéal. Ça ne me tente pas, à vrai dire.
Axel se tût pendant quelques instants, son regard perdu dans le vague, comme si il avait trop de pensées qui lui tourbillonnaient en même temps dans la tête.
Demyx, lui, était assez déçu par les dires du Numéro VIII. Quoique « déçu » n'était peut être pas le terme le plus approprié. « Surpris » conviendrait sans doute mieux. Il n'aurait pas pensé qu'Axel réagirait de cette manière. Il avait imaginé que le Numéro VIII se montrerait favorables aux idées qu'il allait lui présenter. Bizarre…
-Tu…tu penses vraiment ce que tu viens de dire ? demanda la musicien qui voulait s'assurer qu'Axel ne le menait pas en bateau.
Le Numéro VIII garda le silence pendant quelques instants et Demyx lut sur son visage l'hésitation et le doute pendant une fraction de seconde (à moins qu'il ne l'ait imaginé ?)
-Oui, je le pense, répondit finalement le roux. Crois moi Demyx, mieux vaut pas trop espérer. La déception serait trop grande.
Le Numéro IX ne dit rien et Axel se renfonça contre le dossier de sa chaise, un air neutre sur le visage.
-T'as raison, finit par déclarer le musicien bien qu'au fond il ne perdait pas espoir. Mieux vaut ne pas trop y penser. De toute manière, notre situation actuelle n'est pas si mal que ça. Enfin, ça pourrait être franchement pire.
Axel laissa s'échapper un petit rire sans joie.
-En parlant de changement de situation…Va y avoir du nouveau d'ici peu. Et je crains que ça ne soit pas forcément pour le meilleur.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
Axel jeta un coup d'œil derrière son épaule comme s'il voulait vérifier que personne ne s'était faufilé dans la chambre à leur insu pendant qu'ils discutaient. Puis il se pencha en avant sur sa chaise et parla.
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Trois petits coups frappés doucement à la porte.
Vexen poussa un soupir exaspéré.
Il tourna ses feuilles de notes qu'il était en train d'examiner et qu'il avait éparpillées sur un des rares postes de travail de son labo qui n'était pas recouvert de tubes à essais. Ne pouvait-il pas être laissé en paix pendant dix minutes ?! Il venait de quitter les Numéro XIV dans l'infirmerie (comment avaient-elles fait ces deux là pour réussir à se mettre dans un état pareil ? Ces néophytes, quelle plaie !) et était retourné à son laboratoire dans l'espoir de pouvoir continuer ses propres expériences au moins un petit moment. Mais à en juger par les coups contre sa porte, on avait d'autres projets pour lui.
Vexen se dit d'abord qu'il n'allait pas répondre et laisser croire qu'il n'était pas dans son laboratoire. Puis il se dit que ce serait une mauvaise idée: son visiteur risquerait d'insister et, s'il y avait bien quelque chose que le scientifique n'aimait pas, c'était qu'on tambourine à sa porte non-stop alors qu'il essayait de travailler.
Il grogna de mécontentement, résolu à l'idée qu'il lui faudrait subir une nouvelle fois l'interruption de son travail. Avec un peu de chance, la personne s'en irait vite. Soyons optimistes.
-Entrez.
Vexen ne regarda pas immédiatement son visiteur, se contentant de relire distraitement ses notes. Lorsqu'il sentit la présence de l'autre dans son dos, il se retourna sur son tabouret et tomba nez à nez avec le Numéro IX. Nouveau petit soupir d'exaspération de la part du scientifique.
-Que me veux-tu, Numéro IX ? Je te préviens, j'ai beaucoup de travail et guère de temps à t'accorder, déclara Vexen avec froideur.
Demyx hocha la tête, montrant qu'il avait compris.
-Je suis venu prendre des nouvelles d'Alix et de Lixae.
Tiens donc.
-Il n'y a rien de nouveau à signaler, Numéro IX. Pas de changements ni quoi que ce soit d'intéressant.
-...comment vont-elles ? Enfin, je sais qu'elles vont mal, oui, mais sinon ? C'est...grave ? Quand est-ce qu'elles vont reprendre conscience ? insista le musicien.
Le scientifique se détourna et se remit à jeter de brefs coup d'oeil à ses feuilles de notes.
-Difficile à dire. Leur état semble s'être stabilisé. Quant à savoir quand est-ce qu'elles reprendront conscience...Impossible à dire. Je n'en sais pas assez sur ce qui leur est arrivé pour pouvoir fournir un diagnostic complet et exact. Je ne peux que supposer, pour le moment.
Demyx déglutit avec difficulté.
-Oh...fut tout ce qu'il trouva à dire.
Il n'avait pas imaginé que Vexen puisse ne pas avoir de réponse véritable à lui donner.
-Au fait, Numéro IX...
Le scientifique se tourna vers le jeune Nobody et ne le lâcha plus du regard.
-...Tu n'aurais pas une idée de ce qui a bien pu leur arriver pour qu'elles se retrouvent dans cet état ? Il me semble que vous vous entendez bien, avec Numéro XIV...Elles ne t'auraient pas fait part d'un quelconque problème de santé ou autre ennui de ce genre ?
Le musicien sentit la pression monter un peu pour lui, et le regard inquisiteur de Vexen n'arrangeait rien.
-Euh...non. Non, elles m'ont rien dit de...de particulier, balbutia le musicien, la gorge sèche. Je ne sais pas ce qui a pu leur arriver...Je n'étais pas avec elles quand ça s'est...passé.
-Hum...
Vexen continua de fixer Demyx du regard pendant un moment, le jeune Nobody mal à l'aise et tentant de regarder ailleurs. Finalement, le scientifique lâcha:
-Bon. Puisque tu ne sais rien...Y a-t-il encore quelque chose ou pourrai-je enfin me mettre à mon travail ?
Le ton de Vexen indiquait clairement qu'il estimair avoir assez donné de son temps. Demyx se dépêcha donc de demander:
-Est-ce que je peux aller les voir un moment à l'infirmerie ?
-Que veux-tu y faire ? Que tu ailles les voir ne changera rien à leur état.
-Je sais bien. Je veux juste...tenir compagnie.
-Elles n'auront pas conscience de ta présence.
-Ça ne fait rien. S'il te plait, Vexen...fit le musicien avec un petit air suppliant qui, il l'espérait (sans grand espoir), attendrirait le scientifique.
Le Numéro IV garda le silence pendant quelques instants, semblant peser le pour et le contre. Après tout, pourquoi ne pas laisser le gamin aller les voir un moment ? Du moment qu'il n'allait pas fouiller dans les armoires pleines de médicaments, ça ne poserait guère de problème...et en plus, ça lui permettrait de pouvoir enfin se remettre à son travail.
-Très bien, dit enfin Vexen. Tu peux y aller. Mais pas plus de dix minutes. Gare à toi si je te surprends encore là bas une fois ton temps dépassé.
Le visage de Demyx s'éclaira d'un large sourire.
-Merci beaucoup !
-Allez, fiche moi le camp maintenant.
Le musicien obéit et partit moitié marchant moitié courant sous le regard de Vexen qui priait pour qu'il n'heurte aucune de ses expériences au passage. Une fois dans le couloir, Demyx ne se retint plus et courut aussi vite qu'il put jusqu'à atteindre sa destination. Une fois devant la porte de l'infirmerie, il l'ouvrit avec mille précautions, comme s'il craignait de déranger les patientes endormies. Il pénétra dans la chambre en silence, l'excitation qu'il avait ressentie quelques instants plus tôt ( lorsque Vexen lui avait donné la permission d'aller les voir) retombant.
Il s'approcha lentement du lit où se trouvaient ses amies et s'assit sur le bord, n'ayant nulle part ailleurs où se poser, et rester debout alors qu'elles étaient allongées le laissant bizarrement mal à l'aise. Il se pencha un peu pour examiner le visage de la Nobody. Vexen avait raison: rien n'indiquait qu'elles aient pu subir un quelconque choc physique assez puissant pour les mettre dans cet état. Pas un bleu, pas une marque. Certes, elles avaient pu se cogner violemment l'arrière de la tête et s'évanouir, mais Demyx savait de toute manière - il en était sûr - que ce n'était pas un simple accident qui les avait mises dans cet état.
-Excuse moi Alix. Excuse moi Lixae, fit-il, sa voix lui semblant porter bien trop fort dans la pièce silencieuse alors qu'il s'était exprimé doucement. J'ai menti. Je n'ai pas dit à Vexen que je pensais savoir ce qui vous était arrivé. Je ne lui ai pas parlé du Mur, ni à lui ni au Supérieur, comme on avait dit qu'on le ferait.
Oui, Demyx n'en avait pas parlé alors qu'il aurait dû. Pourquoi n'avait-il rien dit ? Sans doute parce qu'il craignait la réaction du Supérieur lorsqu'il apprendrait que les trois étaient au courant de la menace que représentait le Mur mais qu'ils avaient décidé de n'en faire part à personne. Il risquait d'y avoir de sévères réprimandes. Mais malgré tout, Demyx devrait aller voir Xemnas et tout lui dire. Il savait qu'il n'y avait pas à hésiter: s'il voulait pouvoir aider à Alix et Lixae, c'était en allant tout révéler au Supérieur qu'il y arriverait.
« Demain, j'irai, se promit-il. Si elles ne se sont pas réveillées d'ici à demain, j'irais voir le Supérieur. »
Il poussa un petit soupir puis se remit à parler, ne lâchant pas des yeux la Numéro XIV.
-Je sais pas si vous pouvez m'entendre, les filles, mais si c'est le cas…
Il fit une pause, se trouvant un peu bête de continuer à parler comme ça à quelqu'un qui ne pouvait probablement pas l'entendre. Mais on ne savait jamais…
-Il faut vite vous réveiller. Nous allons bientôt être séparés. Axel me l'a dit. Sora se rapproche. Il sera bientôt là, et certains d'entre nous vont devoir quitter le Manoir. D'après Axel, il y a de bonnes chances pour que je sois parmi ceux qui seront envoyés dans notre second QG. Si vous vous réveillez pas, vous allez devoir rester ici. Alors ne tardez pas trop, sinon on risque de ne pas se revoir avant un bon bout de temps. J'préférerais qu'on en arrive pas là.
Le musicien se tut et fixa du regard le visage pâle de la Nobody, tentant de discerner un quelconque changement dans son expression. Rien de nouveau. Demyx soupira à nouveau, maussade et inquiet. Les dix minutes que Vexen lui avaient accordées étaient presque écoulées. Il allait bientôt devoir partir. Il serait volontiers restés plus longtemps, mais il se disait que si le Numéro IV le surprenait à dépasser le temps imparti il risquait de ne plus avoir le droit à l'accès de l'infirmerie. Il se leva donc doucement du lit et, après un dernier regard en direction de l'inconsciente, se détourna et sortit de la pièce.
Les jours à venir risquaient de ne pas être de tout repos.
Fin du chapitre !
Et ben voilà, ça en fait un de plus…(air nostalgique)
Bon alors…chapitre très lent, assez court, le suivant devrait être plus…palpitant. Enfin, c'est pas comme si y allait y avoir la scène d'action du siècle, mais comparé à ce chapitre là, la moindre action passerait pour le summum de l'excitant. Donc, ce chap' 36 (my God, 36 chapitres…) était plein de blabla (et n'était plein que de ça, en fait) mais le chap' suivant sera très important et vous fera peut être pardonner la lenteur de ce celui-ci^^
Au fait, j'ai galéré pour trouver un titre à ce chapitre, je vous dis pas XD En plus, le résultat est minable (ça vaut la peine de se creuser la tête !)
Je remercie une fois de plus tous mes lecteurs et revieweurs pour leur patience, et j'espère que ma fic continuera à plaire !
…le mot de la fin ? A la prochaine !! (hum…j'ai déjà distribué des cookies la dernière fois, qu'est-ce que je vous donne cette fois ?XD…ah, je sais ! Des petits lapins en chocolat..pour fêter Pâques^^ *distribue plein de petits lapins en chocolat…attention aux carries XD*)
Bye bye !
Réponses aux reviews anonymes
- Soanne 5.9: Et ouais, le chtis Roxy sèche, c'est un mauvais élève XD Mais comme tu dis, au moins il séchait pas pour aller faire n'importe quoi mais pour se plonger dans ses pensées de nature hautement philosophiques (ça y est, je commence à dire des bêtises, c'est la fatigue sans doute XD).
C'est vrai que la peur du sang est quelque chose de bien embêtant…Lixae a peur du sien comme celui des autres, donc c'est pas terrible pour elle XD Mais je comprends qu'on puisse ne pas avoir peur de son sang et uniquement de celui des autres. Quand j'étais petite (3615 my life bonjour), j'ai eu pendant un tout petit moment peur du sang, mais pas du mien: seulement de celui des autres. Ça m'est passé avec le temps, mais je me souviens bien de cette période de ma vie.
Ce qui se trouve derrière la porte ? Hahaa comme tu dis XD Vous en saurez bientôt plus^^
Tant mieux si les cookies t'ont fait plaisir…cette fois, j'ai distribué des lapins de Pâques en chocolat, j'espère que c'est bon aussi lol
Et je suis ravie de voir que tu attends toujours autant la suite de ma fic !
Merci beaucoup pour ta review très sympathique^^
À la prochaine ! (j'dis au revoir aussi de la part d'Alix et Lixae vu qu'elles sont trop dans les vapes pour le moment pour répondre elles même XD)
-wing sephi : (ouvre des grands yeux) Yaaah !!! Wing Sephiiii ! Comment que ça me fait trop plaisir de te revoir ici !^^ C'est vrai que c'est peut être même plus agréable de lire des fics sur ce site qui est fait pour plutôt que sur le forum ! En tout cas je suis super contente de voir que tu continues de lire ma fic et de voir qu'elle te plaît^^ J'espère que ça continuera comme ça, malgré la petite baisse de régime dans ce chapitre 36.
Oui, finalement le combat Larxene VS Alix/Lixae eu lieu. Il aura mis un moment à venir, mais il est là XD En effet, l'histoire prend ici un tournant et le chapitre 37 va en rajouter une couche à ce niveau là^^ Faut juste que je le réecrive sur l'ordi, et il sera tout à vous !
Merci beaucoup pour ta review, ça m'a fait super plaisir (de un parce que je vois que tu continues à me lire et de deux parce que ça me permet de prendre un peu des nouvelles comme ça^^)
À la prochaine !!
