Bonsoir à tous! Tout d'abord bonne nouvelle, ce soir je vous mets deux chapitres car jje n'ai pas eu le temps de poster jeudi.
la-petite-folle : Merci pour ce centième commentaire :) et de ton enthousiasme toujours aussi présent pour cette histoire. Et merci pour les reveiws pour les deux autres de mes fictions que tu as lues . ( L'OS : 20 ans après est la suite de "Le Pacte)et je te suite une bonne lecture pour les suivantes.
Et maintenant la suite! Dans quel état sont nos deux pauvres "héros"? A vous de le découvrir.
Chapitre 36 : Le déni.
Lundi 18 juin, hôpital Bellevue, 7h21.
Castle émerge doucement de son sommeil, il ouvre les yeux, veut s'étirer mais quelque chose l'en empêche. D'abord surpris, il réalise alors qu'il n'est pas dans leur chambre et tout lui revient en mémoire : leur départ précipité du manoir, l'attaque à l'aérodrome, sa fuite, l'accident, les paroles du capitaine Gates, celles du Dr Harper et la vision de Kendra allongée sur la table d'autopsie recouverte jusqu'au épaules d'un drap blanc. Et puis plus rien, le trou noir, il se redresse en position assise et voit ce qui le retient, ses poignets et ses chevilles sont maintenues par des sangles.
- Salauds ! Ils m'ont menti !
Il regarde autour de lui et c'est sans surprise cette fois qu'il découvre son environnement. C'est bien une chambre d'hôpital mais avec quelques particularités comme la serrure à la porte et le grillage fixé à l'extérieur devant la fenêtre. Une commode, une petite table et une chaise pour tout ameublement, il porte une tenue blanche semblable aux tenues des médecins. Fou de rage, l'écrivain tire de toutes ses forces sur les attaches, hurlant comme un forcené pour qu'on le détache, qu'on le laisse partir, affirmant qu'ils n'ont pas le droit de le retenir contre son gré. Il continue ainsi pendant des minutes peut-être des heures il n'en sait rien, puis épuisé, il se laisse retomber sur les oreillers. Le désespoir, l'incompréhension prennent le pas sur la colère et il éclate en sanglots.
Il se sent si impuissant, il sait qu'ils ne le laisseront jamais sortir d'ici et il est persuadé que son internement a été demandé par Gates. Elle se couvre mais elle protège aussi Beckett, Esposito et Ryan ses anciens amis, mais ont-ils jamais été véritablement des amis ? Il en doute. Ce qui lui fait le plus mal, est que ce Logan va gagner sans même avoir à le tuer lui aussi. L'écrivain est sûr qu'il est derrière tout ça, que c'est lui qui a fait en sorte que Kendra soit accusé de meurtre pour ainsi se servir de la police pour terminer son sale boulot. Il avait du prévoir qu'avec les tentatives d'assassinat contre sa femme, elle se défendrait contre toutes les personnes qui viendraient pour elle.
En fait il avait même fait d'une pierre deux coup en se débarrassant de lui par la même occasion, il semble évident à Castle que son internement va jouer en sa faveur, jugé certainement mentalement irresponsable, il ne pourra avoir aucune influence au Conseil d'Administration. Kendra n'étant plus là, plus personne ne pourra empêcher le membre le moins fiable de vendre ses actions et d'autres le suivront certainement. Logan va s'approprier l'entreprise de sa femme et il est incapable de faire quoi que ce soit contre. Rick est conscient que tant qu'il continuera à parler de complot contre sa femme, ils le garderont enfermé. Seulement il ne peut pas non plus revenir subitement sur ce qu'il a dit, cela ne paraîtrait pas crédible. Alors Castle fixe un point du faux plafond de sa chambre et se met à réfléchir sur la meilleure façon de leur faire croire qu'il est normal. Et la première chose à faire est de trouver comment ne pas prendre les médicaments qu'ils vont forcément lui donner.
Le Dr Kapoor, regarde à travers la petite vitre de la porte, elle est étonnée du calme de Castle. Elle se pousse pour que l'infirmier puisse la déverrouiller.
- Depuis combien de temps est-il comme cela ?
- Je dirai une bonne demi-heure. Quand il s'est réveillé il a hurlé et tenté de se détacher pendant presque une heure avant de s'arrêter et de pleurer, maintenant il reste immobile en fixant le plafond. Vous êtes sûre que ça va aller docteur ?
- Oui, il est attaché, je ne risque rien.
Castle ne réagit lorsqu'elle entre dans la pièce, il ignore totalement alors qu'elle prend la chaise, l'amène près du lit et s'y assoit. Le médecin aussi reste silencieuse, elle ouvre le dossier qu'elle tient et relit ses notes. Au bout de quelques minutes, elle entend un rire amer avant d'entendre la voix de l'écrivain.
- J'ignorais que les psys utilisaient les mêmes techniques d'interrogatoire que les flics, dit-il sarcastique.
- Que voulez-vous insinuer Mr Castle ?
- Je connaissais une personne qui fait exactement comme vous, quand elle entre dans une salle d'interrogatoire, elle s'installe tranquillement sans rien dire et ouvre calmement le dossier sur l'affaire en cours sans prêter attention au suspect assis en face d'elle. C'est fait pour le rendre nerveux, lui faire perdre contenance.
- Et ça fonctionne ?
- Oui, la plupart du temps. En ce qui vous concerne vous êtes loin de m'impressionner.
- Vous pouvez me parler de cette personne.
- Elle n'a plus aucune importance, elle fait partie de mon passé.
La psychiatre voit immédiatement l'expression de Castle changer, d'une quasi indifférence, elle passe de la tristesse à la haine. Elle n'insiste pas, préférant laisser l'initiative du dialogue à l'écrivain pour évaluer son état d'esprit.
- Alors docteur…
- Dr Surya Kapoor et vous êtes dans mon service.
- Eh bien Dr Kapoor, combien de temps comptez-vous me garder enfermé contre mon gré ?
- Tout dépendra entièrement de vous Richard.
- Oh, on utilise nos prénoms, ça ne vous gênera pas si je vous appelle Surya dans ce cas, n'est-ce pas ?
- Si vous voulez.
- Hum… si je vous comprends bien, mon départ dépend donc de ma guérison, note-t-il.
- Tout à fait et je suis là pour vous aider.
- Amusant… encore faudrait-il que je sois vraiment malade ou dérangé de la cafetière comme l'on dit. En tout cas je constate que le Dr Harper et le capitaine Gates ont fait très fort pour réussir à me faire interner aussi rapidement. Ils ont dû se montrer extrêmement persuasifs. Bizarrement cela ne m'étonne pas tant que ça, c'est tellement plus facile de me faire enfermer que de m'arrêter, affirme-t-il d'un ton acerbe.
- Vous avez montré un comportement irrationnel et violent en tirant sur des officiers de police. Vous en avez presque étranglé un et assommé un autre avant de vous enfuir.
- C'est pas vrai ! Ils ont même réussi à vous vendre leurs salades ! Nous n'avons fait que nous défendre ! Crie-t-il, la colère reprenant le dessus.
- Pour l'instant je ne connais effectivement que leur version, mais je ne demande qu'à écouter la vôtre.
- A quoi cela servirait-il ? Personne ne me croit ! Tout ce que vous allez faire, c'est m'abrutir avec vos médicaments et lorsque je sortirai d'ici je ne pourrai rien faire pour laver le nom de ma femme ! Aucun avocat ne voudra prendre le risque d'aider un homme avec l'étiquette malade mental collée à lui comme un rémora à un requin.
Castle reporte son attention vers le plafond, tout se passe exactement comme il a imaginé et il se sent seul, si seul qu'il en pleurerait. Il est sur le point de craquer, mais hors de question qu'il le fasse devant cette femme, cela n'apporterait que de l'eau à son moulin et elle ajouterait dépressif sur son dossier. Il serre les poings et se focalise sur un souvenir heureux avec Kendra, ils sont à cheval et parcourent les sentiers qui sillonnent le bois. Dans le même temps le Dr Kapoor observe l'écrivain, outre le fait qu'il est encore mentalement prisonnier de son conditionnement, il est dans un état dépressif évident. Son problème majeur en tant que thérapeute c'est qu'elle ne peut pas pour l'instant lui donner le moindre traitement, cela reviendrait à lui faire subir ce qu'il a connu pendant sa détention.
- C'est vraiment ce que vous croyez Richard, que la police couvre ses arrières en vous faisant taire par ce moyen ? Et que je vais être son instrument en vous assommant avec des tranquillisants ?
- …
- Et si je vous disais que ce n'est pas la police mais votre mère qui a signé la demande d'internement.
- C'est faux ! Ma mère ne me ferait jamais une chose pareille ! Hurle-t-il en se redressant brusquement. Comment osez-vous me dire ça ?
Castle est fou de rage, il n'en revient pas que ce médecin implique sa mère dans cette machination. Il est perdu, pourquoi lui fait-elle ça ? Veut-elle vraiment le rendre dingue ? Il ne regarde même pas la feuille que le Dr Kapoor pose devant lui, sur la couverture et enchaîne, prêt à tout pour se débarrasser de sa présence.
- Vous pensez que je vais accepter tout ce que vous allez me dire ou me montrer comme la vérité ? Allez-y à votre tour, débitez-moi vos conneries ! Crache-t-il, agressif.
Le Dr Kapoor n'hésite pas une seule seconde, l'attitude de Castle lui facilite la tâche en quelque sorte. Le risque de tout lui dire, outre le fait que cela le mettrait forcément en colère, était de le voir se plonger dans un état de prostration. Or, son patient était demandeur et même si le déni, la rage et bien d'autres émotions allaient être des réactions prévisibles, cela lui ouvrait plus facilement et rapidement la porte pour la méthode thérapeutique qu'elle avait envisagée.
- Très bien puisque c'est ce que vous voulez, mais êtes-vous prêt en l'entendre ?
- Ne vous inquiétez donc pas Surya, je m'attends à de nombreux coups bas de votre part, mais comme ce seront forcément des mensonges que voulez-vous que ça me fasse ?
- Nous verrons ça Richard.
Alors elle lui raconte tout, depuis son enlèvement le jour de sa journée de promotion. Ne donnant aucun détail sur ses conditions de détention, lui expliquant seulement qu'il était drogué régulièrement et influencé pour finir par faire exactement ce que Kaylee désirait. Le Dr Kapoor le voit se crisper régulièrement, serrer la mâchoire et les poings mais il reste obstinément silencieux. Elle omet sciemment certaine partie, comme les messages envoyés et reçus. La psychiatre lui précise que son comportement lui a été induit par son conditionnement et qu'il vient de passer dix jours dans un sommeil artificiel pour être sevrer sans douleur. Il ne dit toujours rien, se contentant parfois de secouer la tête ou d'émettre un rire mauvais. Cependant lorsqu'elle commence à lui parler de la vraie personnalité de Kaylee, de son trouble de dissociation de l'identité en disant que Kendra et Katiana n'étaient que deux d'entre elles, Castle commence à trembler et explose lorsqu'elle pose une deuxième feuille devant lui en lui disant que c'est une partie du compte rendu du médecin légiste qui certifie que «sa femme» n'était pas enceinte.
- Ça suffit ! Arrêtez avec vos mensonges ! Quel genre de médecin êtes-vous pour me torturer ainsi ! Ce que vous faites est immonde ! Sortez ! Foutez le camp d'ici !
Soudainement Castle arrête de vociférer, il a un hoquet qui le fait tousser puis vomir sur la couverture et les papiers devant lui, les spasmes durent plusieurs minutes. Il retombe en arrière à bout de force, vidé de toute énergie, ferme les yeux et essaie de retrouver une respiration régulière. Lorsque le Dr Kapoor pose sa main sur son épaule il a un geste de recul mais ne dit rien. L'écrivain de prête pas attention à ses paroles, il cherche désespérément à mette un mot sur le malaise qu'il ressent, en plus de la colère, de la haine et de la peine qu'il éprouve.
Le médecin quitte la chambre et retrouve l'infirmier qui attend toujours dans le couloir.
- Avec un collègue amenez-le se doucher et vérifiez sa blessure à l'épaule.
- Très bien docteur. Doit-on l'attacher quand nous le ramènerons dans sa chambre ?
- Oui pour l'instant. Je repasserai le voir dans l'après-midi.
15h10.
Avant de rendre dans la chambre de Castle comme prévue le médecin s'informe auprès du même infirmier.
- Comment ça s'est passé ?
- Très bien, il n'a absolument rien dit mais a fait ce qu'on lui demandait. Par contre il a refusé de manger son repas.
- Je vais voir ça. Préparez une seringue de sédatif et dites à un de vos collègues de venir avec vous. Vous resterez derrière la porte, je vais le détacher, s'il se montre violent vous intervenez immédiatement.
- Bien docteur.
Cinq minutes plus tard elle entre dans la chambre, les deux infirmiers à leur poste. Dans un premier temps elle va poser ce qu'elle tient sur la table puis s'approche du pied du lit où elle défait l'une des attache et la deuxième, libérant ainsi les chevilles de Castle qui l'observe en silence.
- Avant de vous libérer les poignets je vais vous expliquer ce que j'aimerai que vous fassiez. J'ai apporté un bloc-notes et des crayons, c'est pour vous. Puisque vous ne me croyez pas et que vous êtes persuadé que nous avons monté cette machination, comme vous l'appelez, pour vous mette hors d'état de nuire, je vais vous laisser l'occasion ne me prouver que j'ai tort.
- Comment ?
- Vous allez écrire votre histoire avec Kendra. Comment vous l'avez rencontrée, ce que vous avez fait ensemble, décrire votre mariage, où vous avez été en lune de miel. Tout, je veux absolument tout savoir.
- D'accord, si ça peut me faire sortir d'ici plus vite, accepte Rick.
- Bien, et il faut que vous mangiez, ce n'est pas en vous laissant mourir de faim que vous obtiendrez gain de cause.
- C'est bon je mangerai. Vous verrez Surya en me lisant vous comprendrez que vous vous êtes faite avoir. Seulement il me faudra plus d'un bloc, ça risque d'être long.
- Vous n'aurez qu'à en demander au personnel soignant et vous les aurez. Dit-elle en lui détachant le poignet droit. Et comment va votre épaule ? Demande-t-elle en libérant l'autre.
- Ça va, l'infirmier a dit que ça cicatrisait bien.
- Vous avez mal ?
- Non, pas vraiment, j'ai juste l'épaule comme engourdie.
- Je dirai au kiné de passer vous voir. Je vous laisse maintenant, je reviendrai vous voir demain sauf, bien évidemment, si vous voulez me parler.
- Je ne pense pas dit-il en se levant et en se dirigeant vers la table. Il faut que je couche la vérité sur papier.
Mercredi 20 juin, 16h28.
Beckett arrive à l'heure à son rendez-vous et le Dr Burke l'a fait entrer directement dans son bureau. Kate répond machinalement et va s'installer sur le canapé. Le psychiatre n'a pas le temps de lui poser la moindre question qu'elle s'effondre, en larmes.
