Salut, vous tous! Il va falloir un peu se rappeler le début de la fic (ça remonte loin, hein?)


Chapitre trente-trois: Une tache de moutarde sur Líma

Ron, Draco, Hermione Hal arrivèrent à l'hôpital Asakumo et demandèrent à la réception après le Dr Clara. On leur expliqua bien que bien que Psychomage, elle ne travaillait pas ici et qu'elle était venue s'occuper d'un patient particulier, d'origine anglaise, interné au Japon mais qu'elle aiderait à rapatrier. On leur indiqua le numéro de la chambre et ils s'y rendirent. Ils eurent une surprise.

—Evelinaaaaaaaa ! S'écria Hal en guise de salut, puis, il se figea en apercevant le patient, couché sur le lit, et les trois autres l'imitèrent :

—Mais c'est…C'est Hélium, Maugréa Draco.

Evelina se leva de sa chaise et entreprit de leur sourire.

—Bonjour, Dit-elle, Je suis contente de vous revoir, Ronald et Draco, je le suis un peu moins de revoir Hal —il est déjà en train de me baver dessus !

—Faudra que vous le soigniez un jour celui-là, Dit Draco, parlant de Hal mais fixant Hélium.

—Quant à toi, tu es…

—Hermione Granger, l'amie de Ron.

—Enchantée Hermione, je suis Evelina Clara. J'ai entendu parler de toi au cours des séances avec Ronald et Draco…

—Oui, j'imagine…mais…

—Je suppose que vous vous demandez pourquoi je vous ai fait venir ici, et pourquoi le Dr Hélium est avec moi ? Il est devenu fou. Je sais, c'est un comble pour un Psychomage, mais avant qu'il ne perde la boule, j'ai pu lui arracher une série d'éléments qui, j'en suis sûre, vont beaucoup vous intéresser.

Elle leur désigna une boîte en carton.

—J'aimerais aussi savoir pourquoi vous n'êtes pas à Azúcar Culebra, Evelina mía, est-ce que c'est parce que je vous manquais ?

—Non, Hal. Asseyez-vous tous les quatre, je vais tout vous expliquer, mais dans l'ordre, soyez patients, d'accord ?

Ils hochèrent la tête et prirent place sur les chaises qu'elle avait préparées pour eux.

—Tout a commencé peu après le départ de Hal avec la fille de Xenophilius Lovegood. Satin est dans une période très positive, elle veut resserrer les liens avec sa famille, même si Hal et Rocío sont tout ce qui lui reste en la matière. Elle rend souvent visite à cette dernière, et je l'y accompagne de temps en temps. Ce fut lors d'une de ces visites que j'ai trouvé par hasard, sur la table basse de Rocío, une lettre en provenance de Grande-Bretagne, en la retournant, j'ai constaté que l'expéditeur n'était autre qu'Albus Dumbledore !

—Il serait mêlé à ça ? S'étonna Hermione.

—Ça m'étonnerait pas, Dit Ron, Il a toujours l'air de savoir quelque chose à propos de tout, et il ne le dit pas aux autres…

—Je n'allais pas pousser ma curiosité jusqu'à ouvrir un courrier qui ne m'était pas destiné, Poursuivit Evelina, Mais j'ai quand même questionné Rocío sur pourquoi un homme comme lui pouvait bien écrire à quelqu'un comme elle…Satin m'a d'ailleurs avoué que ce n'était pas la première fois qu'elle voyait des lettres de lui chez elle…

—Ben il nous avait déjà écrit pour dire que Ron et Draco allaient venir chez nous et qu'il leur fallait un bungalow, Dit Hal.

—Mais…justement, Dit Draco, Pourquoi s'est-il tourné vers elle ? Je me suis toujours demandé pourquoi il nous avait envoyé en Espagne, si je comprends son initiative de nous éloigner de Poudlard pour qu'on n'ait pas à combiner nos études avec notre rôle de pères, je ne vois pas pourquoi il avait choisi ce pays, ce village et cette logeuse en particulier…

Evelina soupira et les regarda à travers ses lunettes rectangulaires.

—Non, ce choix n'était pas innocent. Il voulait vous mettre en contact avec elle, espérant qu'elle vous aide, mais elle s'est révélée trop bornée. Et pour couronner le tout, il a laissé trainer une brochure pour Azúcar Culebra dans le bureau de Severus Rogue pour que celui-ci (qui venait récemment de lui donner sa démission) ait l'idée d'y prendre des vacances. Comme ça, non seulement, il ferait la connaissance de la correspondante de sa mère, mais en plus, il allait malgré lui servir d'espion à Dumbledore (ce qu'il aurait refusé de faire, n'étant plus sous ses ordres).

—Ça, c'était le rôle de Sirius, Remus et Tonks, Dit Hal, Je m'en rappelle, la veille de l'arrivée de Ron et Draco, on les a reçus, ils ont dit qu'ils étaient venus espionner, Abuela leur a confié le bungalow où le plan des passages secrets est accroché au mur et Sirius a failli descendre toute notre Agua de Valencia !

—Comment vous savez tout ça ? Demanda Hermione à la psy.

—Rocío m'a dit qu'elle avait bien voulu accepter de dépanner Dumbledore, mais qu'elle ne voulait plus tremper dans « ces histoires de sablier », qu'elle était trop vieille pour ça. Comme elle ne voulait pas m'en dire plus alors qu'elle semblait être vaguement mêlée à tout ça, j'ai écrit moi-même à Dumbledore qui, sans doute ravi que je m'y intéresse, m'a accordé une entrevue avec lui par cheminée, et c'est là qu'il m'a expliqué tout ça. Il m'a aussi révélé que Tonks, Black et Lupin avaient continué à vous espionner, même une fois démasqués, et qu'encore maintenant ils lui envoyaient régulièrement des rapports…

—Quoi ?

—Oui, c'est comme ça qu'il se tient au courant de la manière dont évoluent les choses, il m'a permis des les lires, et c'était très intéressant. Ceux rédigés par Tonks ou Lupin sont très corrects, mais ceux de Black mentionnent la date et l'heure de chacun de vos rapports intimes…

—Je vais définitivement faire piquer ce clébard, Dit Draco.

—C'est comme ça que j'ai appris pour le procès et pour Hélium…

Elle jeta un œil à l'homme sur le lit, celui-ci fixait le plafond d'un œil vide, les bras attachés par une camisole magique.

—Il m'avait envoyé un dossier sur toi, Draco, lors de ma deuxième séance avec toi, j'ai essayé de te poser des questions sans le mentionner, et j'ai bien remarqué qu'il y avait chez toi une blessure secrète, mais qu'en aucun cas tu n'étais malade comme il le prétendait…Jobberknoll, non mais, je n'ai jamais entendu parler de ça! Bref, pour en revenir à Dumbledore, s'il a accepté de me dévoiler une partie du mystère, il m'a laissée dans l'ombre pour le reste, prétextant que je devais le découvrir toute seule…

—Rassurez-vous, venant de lui, c'est normal, Dit Ron, Il fait toujours comme ça…pas vrai, Hermione ?

—Oui, demandez à notre ami Harry de quelle manière Dumbledore lui a révélé tout ce qu'il devait savoir : au compte-gouttes. Après, c'est vrai que Harry avait sans doute besoin d'une préparation mentale et qu'il était trop jeune pour tout découvrir d'un coup, mais quand même…

—Dumbledore est vraiment lourd avec ses devinettes, Conclut Draco.

—Et le pire, c'est qu'on ne peut jamais dire à quel point il sait…Dit Ron. Mais continuez !

—Il m'a juste dit qu'Hélium, Rocío, ainsi que le père de Draco étaient des bonnes pistes. Alors j'ai enquêté sur eux comme je pouvais, en tentant de faire le lien avec un certain Sablier, ou encore avec le mystère des Portoloins bloqués,…

—Et vous avez trouvé ?

—Le seul point commun apparent entre ces trois personnes, c'est qu'elles ont un jour participé à des échanges linguistiques entre écoles de sorcellerie.

—Rocío Machaca correspondait avec Eileen Prince, Rappela Hermione, Mais pour Lucius et Hélium, je ne vois pas…

—Mon père ne m'en a jamais parlé, Dit Draco.

—Mais au fait, Reprit Hermione, Pourquoi n'avons-nous jamais entendu parler de ces échanges à Poudlard, alors que cela continue avec les autres pays ? Neis avait cette Nao…qui n'existe pas, mais enfin, du moins, on peut dire que l'échange se pratique chez elle aussi.

—Je me suis octroyé une petite période de congé pour mon enquête, Continua Evelina, Je me suis rendue à Poudlard, désert pendant les vacances scolaires, et j'ai consulté les archives de la bibliothèque, j'y ai découvert que le dernier échange de ce genre avait eu lieu quand Lucius et Hélium étaient tous deux en avant-dernière année, soit en 1970.

—Un an juste avant que Rogue et les Maraudeurs n'intègrent Poudlard, Souffla Ron, Voilà pourquoi eux ne savent pas non plus. Et mes parents n'y étaient plus. (1)

—Le jour de la rencontre entre les élèves de Poudlard et leurs correspondants étrangers, il s'est passé un incident (non détaillé dans le document) qui a amené Dumbledore à annuler ces échanges suite à des lettres de parents indignés. En poussant mes recherches, j'ai appris que Rocío, bien que trop âgée pour être étudiante, étant présente en tant que marraine de l'événement.

—Abuela m'a caché des trucs, alors…

—Attends d'écouter la suite, tu ne le croiras pas tout de suite…Enfin, la bibliothèque ne m'en a pas appris plus, alors, il ne me restait qu'à interroger Rocío, elle a bougonné encore une fois que ça ne la concernait plus, et que « Le Sablier, je l'ai expédié en Amérique Latine, et je ne veux plus en entendre parler ! » a-t-elle déclaré.

—En Amérique Latine !

—Mais comment Abuela sait ça ? Et pourquoi elle ne l'a pas dit ?

—C'est donc sur ce continent qu'il faut chercher ? Fit Ron.

—Je ne crois pas, Dit Hermione, Sinon, Manu l'aurait su et le problème aurait été réglé. Je viens de comprendre pourquoi il été mis sur le coup : Luna a raconté ce qu'il nous arrivait à son père, Xenophilius a interrogé Dumbledore et a mené lui aussi son enquête. Et sachant que Manu avait souvent visité l'Amérique du sud, il devait bien y avoir croisé le Sablier…mais il dit que non, donc, c'est qu'il a été déplacé ailleurs…

—J'ai effectivement rencontré Mr Lovegood, Poursuivit Evelina, Celui-ci m'a expliqué ce que tu viens de comprendre, Hermione, et m'a appris que vous étiez partis au Japon maintenant que les Portoloins étaient fonctionnels. Et que Lucius Malfoy et Hélium avaient disparu après le procès. Et pourtant, ils étaient ma dernière piste. Je me suis alors rappelé cette histoire de Jobberknoll, cela me fournissait un excellent prétexte pour prendre contact avec Hélium : je voulais m'occuper du cas Draco Malfoy et je voulais qu'il m'en apprenne plus sur cette maladie qu'il avait découverte, moi, la petite jeunette en psychomagie, je ne demandais qu'à recevoir sa sagesse d'ancien. Je me doutais qu'il ne devait plus être très l'aise depuis le procès, mais mon plan a marché, il devait être heureux que je m'intéresse aveuglément à lui, et j'ai fini par lui faire cracher qu'il avait filé au Japon (pas par Portoloin, ceux-ci ne fonctionnant toujours pas, mais par avion). Je ne suis empressée d'aller le rejoindre, il n'était pas à l'adresse qu'il m'avait donnée, mais en interrogeant les gens (j'ai eu un peu de mal à me faire comprendre des Nippons dans mon anglais hispanisant), mais j'ai fini par trouver Hélium dans une benne à ordures près du Laboratoire Taitô, et il avait commencé à sombrer dans la folie.

—Taitô ? Vous voulez dire que cette Marisu a bien un lien avec tout ça ?

—Et l'enlèvement de Neis et d'Alita aussi ?

—Pardon ? S'éberlua Clara, Vous connaissez Marisu ? Alita a été enlevée?

—Euh…on expliquera plus tard, continuez !

Evelina s'empressa de ramasser la boîte en carton qu'elle leur avait désignée en début de conversation et l'ouvrit, elle contenait une pile de lettres vieillies et un flacon rempli d'un liquide argenté qu'ils identifièrent comme les fameux filaments de pensées qu'on versait dans les Pensines.

—Qu'est-ce que c'est ? Demanda Hermione.

—C'est ce que j'ai pu arracher à Hélium avant qu'il ne devienne fou. Je ne sais pas qu'ils lui ont fait dans ce labo, mais quand je l'ai trouvé, il était encore assez lucide, a compris qui j'étais et m'a confié tout ce qui restait de sa santé mentale. Il m'a rapidement expliqué qu'après le procès, Lucius l'avait viré…comme il ne lui restait plus rien à faire maintenant que sa réputation était fichue, il a entrepris de démêler lui aussi cette affaire, il a donc tenté de reconstituer cette correspondance…Car le Sablier, Lucius Malfoy et Hélium, ce n'était pas la première fois qu'ils en avaient entendu parler ! Vous n'y avez sans doute pas fait attention, mais quand Hélium est venu au Manoir, ils n'ont pas discuté uniquement de Jobberknoll…non, ils ont aussi évoqué quelque chose qui avait eu lieu durant leur scolarité…vous pensiez que la venue d'Alita n'avait provoqué chez eux qu'un sentiment de dégoût du à l'homophobie ? Et bien, il y a autre chose, quelque chose qui a remué le passer. Je vous invite à le découvrir grâce à ça :

Evelina désigna le paquet de lettres.

—En réalité, il y a deux correspondances dans le tas, je les ai classées par ordre chronologique. Je vous invite à les lire. Comme vous le voyez, il y a quatre personnes, ayant chacune choisi une couleur de papier. Comme vous êtes également quatre, je propose que vous les lisiez tour à tour : Draco, tu vas lire les vertes, de la main de ton père Ron, tu liras les bleues, écrites par Hélium. Hermione, les roses sont de Marisu Taitô, et Hal, les blanches sont d'un personnage que vous devez connaître mieux que moi. Allez-y.

~Draco déplia la première lettre verte~

« Chère mademoiselle japonaise ou cher monsieur japonais,

J'espère d'abord que tu n'es pas un(e) Sang-de-bourbe car je déteste ça, et que tu comprends l'anglais, parce que je n'ai aucune intention d'apprendre ta langue !

Je suis un élève du collège Poudlard, en Grande-Bretagne, sang-pur et fier de l'être, j'appartiens à une lignée noble de sorciers. Mon école organise des échanges linguistiques, et malgré le fait que cela ne m'intéresse pas du tout, tout le monde est obligé d'écrire une lettre à un étudiant étranger dans une autre école de sorcellerie. Je ne me suis plié à cet exercice à contrecœur, alors, je suis désolé pour toi qui dois trouver cette lettre froide, mais c'est tout ce dont je suis capable.

En espérant ne plus avoir affaire à toi,

Lucius »

~Lettre bleue, lue par Ron~

« Ma chère ou mon cher,

Tu dois êtres étonné que ton hibou t'ait apporté une lettre en anglais, je suis désolé, je ne parle pas russe, même si je n'exclus pas d'un jour m'y mettre. Je parle allemand par contre, alors, si tu es germanophone, fais-le moi savoir pour mes prochaines lettres. Je m'appelle Camille et suis élève au collège de Poudlard, en Grande-Bretagne. Ne te fie pas à mon prénom, je suis un garçon ! Notre école participe à des échanges linguistiques avec les autres instituts magiques, et on m'a dit que j'allais correspondre avec un(e) élève de Durmstrang, mais j'ignore encore tout de toi, et j'espère en apprendre plus dans tes réponses.

Bien sûr, je vais me présenter moi-même. Je suis donc Camille, un élève anglais de Serpentard, une des quatre « classes » de mon école, baptisée par le nom d'un des Fondateurs. Je suis quelqu'un de très curieux, j'adore analyser les gens et les situations. Après mes études à Poudlard, je me destine à la Psychomagie. A l'école, mon cours préféré, c'est l'étude des Runes, celui que j'aime le moins, ce sont les Potions. Physiquement, je ne suis pas très beau, surtout que j'ai une particularité : bien que je sois jeune, mes cheveux sont blancs et noirs, comme ceux des hommes entre deux âges, « poivre et sel » comme on dit.

Je ne sais pas quoi te dire d'autre sur moi pour l'instant. J'attends de tes nouvelles.

Amicalement,

Camille »

~Lettre rose, lue par Hermione~

« Cher Lucius,

Pour commencer, c'est « mademoiselle la Japonaise », je suis une fille et je m'appelle Marisu.

Ensuite, ne t'inquiète pas, mon sang est pur, bien que j'aie des Elfes et des Vélanes dans mes ascendants, mais je suis bien une sorcière de souche, pas de Moldus, j'ai un grand potentiel magique, et tout le monde me dit que je suis un génie. Je suis également métamorphmage, ce qui fait que mon physique peut varier, mais généralement, j'ai des yeux violets en amande et des cheveux blonds-roux-bruns-noirs-argentés. Tout le monde me trouve très belle. Et je suis parfaitement anglophone, comme tu peux le constater. D'ailleurs, je suis une véritable polyglotte, je parle aussi chinois, français, espagnol, italien, portugais, allemand, néerlandais, russe, roumain, arabe, swahili, yiddish, espéranto, klingon, la langue des Trolls et celle des sirènes.

Pour finir, le ton de ta lettre m'a fait sourire, tu n'as pas l'air très heureux de cette histoire d'échanges scolaires, mais je pense sincèrement que tu y vas un peu vite, j'espère que tu vas y réfléchir à deux fois avant de me juger.

En attendant, je t'offre un baiser…

Marisu »

Avant de poster la lettre, Marisu avait beurré ses lèvres avec son rouge à l'amortencia —encore une invention de son cru— et imprimé sa bouche au-dessus de sa signature. Tous s'en rendirent compte car le papier embaumait un subtil mélange de fragrances qui correspondaient aux odeurs qu'ils adoraient.

Quand Lucius avait ouvert l'enveloppe, il avait donc été dans les meilleures dispositions pour lire avec délice, et écrire une réponse à sa correspondante.

~Lettre blanche, lue par Hal~

« Cher Camille,

Je suis heureuse d'avoir reçu ta lettre, ça m'a fait un grand plaisir !

Je m'appelle Sacha et je suis une fille russe, je comprends un peu l'allemand, car oui, il y a pas mal de Schleu à Durmstrang, même si pas autant que de Slaves. Mais je préfère que nous continuions en anglais, je suis plutôt mauvaise à l'oral, mais à l'écrit ça va, et je demande à ma copine Elena de corriger.

Tu as l'air d'être quelqu'un de très intéressant, et je trouve que tes cheveux poivre et sel, ça devrait être joli (puis-je avoir une photo ?). Moi non plus, je suis loin d'être un canon, ne te fies pas à l'image stéréotypée des femmes slaves super jolies, des petites poupées qui font de la danse classique ou du patinage artistique, je n'y corresponds pas.

Sinon, c'est dommage que tu n'aimes pas les Potions, moi, c'est ma matière préférée. Si tu veux me demander un conseil n'hésite pas.

Avec mon amitié,

Sacha »

~Lettre verte~

« Chère Marisu,

Ta lettre m'a rendu plus heureux que je ne l'aurais pensé. Il est vrai que je connais trop mal les sorciers japonais pour me douter qu'il y avait parmi eux des gens de ta qualité. Dis-moi, dans ton école, il y a-t-il aussi des Sang-de-Bourbe ? La mienne en compte des dizaines, c'est dégoutant !

Maintenant que nous allons faire plus amples connaissance, je suis Lucius Malfoy, peut-être as-tu entendu parler de ma famille, elle est très puissante, nous sommes la crème du gratin de la communauté magique de mon pays ! Ma mère affirme que je suis un bon parti. Je t'envoie une photo de moi, que tu puisses juger que je suis loin d'être laid. J'espère recevoir la tienne en échange, je te devine belle à se faire damner les anges.

Noblement,

Lucius »

~Lettre bleue~

« Chère Sacha,

Je serais ravi que tu me donnes des cours de Potions, quand nous nous rencontrerons en chair et en os, car cela est possible, le sais-tu ?

Je t'envoie ma photo, comme demandé, tu peux constater que je ne t'ai pas menti sur ma laideur, quand à la tienne, ou plutôt, celle que tu prétends avoir, je pense que tu te sous-estimes, puis-je avoir ta photo ? Je serai délicat et ne te jugerai pas, promis juré !

Si tu me racontais comment ça se passe chez toi, à Durmstrang ?

Ici à Poudlard, tout le monde échange des impressions sur son correspondant. J'ai parlé de toi à Lucius, mon seul ami —enfin, si on peut appeler ça un ami— mais à chaque fois qu'il évoque sa correspondante (une Nippone apparemment exceptionnelle) c'est comme si j'étais transparent. Peu de gens m'accorde de l'importance, sans doute parce que je suis insignifiant, mais un jour, je leur prouverai ma valeur, en devenant un grand Psychomage, je deviendrai indispensable dans toutes les familles de sorciers !

Et toi, à quoi te dédies-tu ?

Avec mon respect et mon amitié,

Camille »

~Lettre rose~

« Cher Lucius,

Voici ma photo, j'avais envie d'avoir des cheveux couleur turquoise-aigue-marine ce jour-là. Et je me suis fais pousser des oreilles de neko (« chat » en japonais), parce que c'est trop kawai (« mignon »). J'espère que tu apprécies ma tenue de soubrette. Ta photo est géniale, j'adore les hommes aux cheveux longs, surtout blonds. Les Européens me font craquer, même si je trouve que vous avez généralement mauvais goût et que vous n'avez aucun sens de l'honneur. Mais toi, tu as la classe, il faut le reconnaître.

Dans mon école aussi, c'est plein de Sang-de-Bourbe, et tu as raison, c'est dégoutant ! Pourquoi tous les sorciers ne sont-ils pas comme nous ?

Affectueusement,

Marisu

PS : As-tu une petite amie ? »

—Matez-moi cette photo ! Dis Hal en lorgnant la photo de Marisu, photo sorcière animée et ensorcelée pour montrer en continu la même séquence, c'est-à-dire montrant la demoiselle à quatre pattes exhibant ses dessous sous sa jupe trop courte et secouant ses seins de manière à les faire rebondir.

—Cius m'a dit qu'on appelait ça du « fan-service », Grommela Draco, Et maintenant, lis ta lettre !

~Lettre blanche~

« Cher Camille,

Tu n'es pas aussi laid que tu ne le dis, en tous cas, comparé à moi, tu es tout à fait potable. Je suis monstrueuse, vraiment. C'est pourquoi je ne t'envoie pas ma photo, j'ai trop honte. Je me sens affreuse, surtout, je ne suis pas à l'aise dans mon corps, comme si c'était celui d'une autre personne. Et je le déteste, comme je déteste mon visage qui ne me convient pas non plus. Je suis vraiment navrée, peut-être que je t'ennuie avec mes soucis.

J'accepte de t'aider pour les Potions, si tu as une question, tu n'as qu'à me la poser et je ferais de mon mieux pour y répondre. D'ailleurs, je pense un jour enseigner cette matière. Mais sache un truc, les Potions, c'est une affaire de muscles : les élaborer, c'est un combat énergique entre le sorcier et les ingrédients ! Si je suis laide, je peux me vanter d'avoir une forme physique excellente, de gros biceps et des abdos en béton. Je suis la seule qui tourne la cuillère dans mon chaudron avec suffisamment de tonus, les autres sont obligé d'ensorceler les leurs pour qu'elles tournent toutes seules, et la qualité de la potion s'en fait ressentir.

Aujourd'hui, une peste appelée Greta m'a collé son chewing-gum dans les cheveux, mais dès que j'ai vu mon hibou apporter ta lettre, tous mes soucis se sont envolés. Tu es mon seul ami, même Elena me boude, elle dit que je suis folle, elle ne veut plus m'aider à corriger mes fautes d'anglais, mais je crois que j'ai fait des progrès. J'ai d'ailleurs peur du jour où nous nous rencontrerons, je suis certaine que tu seras déçu par ce que je suis. Mais en attendant, je te dis un grand merci pour tes gentilles lettres.

Avec toute mon amitié,

Sacha »

~Lettre verte~

« Chère Marisu,

Cette photo m'a donné faim !

Comment une simple humaine peut-elle être aussi belle ? Tu ne dois pas être humaine, en plus d'Elfes et de Vélanes, n'y a-t-il pas de dieux grecs dans ta famille ?

J'ai hâte que nous nous rencontrions, tout compte fait, ce n'était pas une mauvaise idée, cette histoire d'échanges, en tous cas, moi, je suis bien tombé !

A Poudlard, je m'ennuie fermement. J'avais acheté quelques « joujoux » chez Barjow et Beurk, un magasin amusant, pour me divertir, mais le concierge n'arrête pas de me les confisquer. L'autre jour, alors que je cherchais une cachette pour dissimuler de ce mufle ma dernière trouvaille, j'ai découvert une pièce étrange dans un couloir, et je suis certain qu'elle n'était pas là avant ! D'ailleurs, quand des gens que j'avais mis au courant ont tenté de la trouver, ils n'y sont pas parvenus…Pour moi, elle est pourtant toujours là. Suis-je un élu ? Il y a aussi tout un bric-à-brac là-dedans, c'est rempli d'objets insolites, tel un diadème serti, un drôle de miroir, un gros sablier doré avec du sable bleu,…

L'andouille de directeur nous a annoncé que nous allions bientôt nous rencontrer, et j'ai hâte d'y être, je meurs d'envie de palper tes petites fesses rebondies !

Avec tout mon amour et tout mon désir,

Lucius

PS : Je n'ai pas de petite amie ! »

—J'ai du mal à y croire, Dit Draco, Enfin, je me doute bien qu'il a du en aimer d'autres avant ma mère, mais là, je trouve qu'il tombe amoureux un peu vite, ce n'est pas du tout son genre, et puis Lucius Malfoy qui écrit des lettres d'amour, je n'y crois pas, il n'aime que lui !

—C'est parce qu'elle a aspergé ses lettres d'amortencia en y mettant la double-dose ! Répliqua Hermione en humant son tas de lettre (à moitié enchantée par ce qu'elle sentait et à moitié écœurée en sachant de qui ça provenait et à qui c'était adressé), Ton père était probablement en train de planer quand il lisait et écrivait…

—Ron, lis la suivante, Poursuivit Evelina.

~Lettre bleue~

« Chère Sacha,

Ma seule déception est de ne pas avoir reçu ta photo.

Je sais que dans la mesure où nous ne sommes que correspondants, nous ne sommes pas des « amis » à proprement parler, mais je suis certain que nous le deviendrons quand nous nous rencontrerons. Dumbledore, le directeur de mon école, a annoncé ce matin que la date avait été arrêtée, c'est le 12 avril. Tu manques de confiance en toi, mais ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Je crois qu'au contraire, nous sommes faits pour nous entendre : nous sommes laids, nous n'avons pas d'amis à part ceux qui nous prennent en pitié —mon Lucius et ton Elena— mais nous sommes très intelligents. Ta manière d'appréhender les Potions est intéressante, mais je ne pense pas être capable de la mettre en application tout de suite : je suis un vrai gringalet, il va falloir que je fasse de la musculation !

Je veux devenir Psychomage, ce sera donc mon boulot d'aider les gens à se sentir mieux. Tu seras ma première patiente, si tu veux.

Avec toute ma sympathie et mon amitié,

Camille, ton ami »

~Lettre rose~

« Cher Lucius,

Je suis heureuse que nous nous entendions si bien.

Et cette salle dont tu m'as parlé m'intéresse beaucoup. Pourras-tu me la montrer quand je viendrai à Poudlard ? Tu serais un chou !

Pour la peine, je t'offre une autre photo de moi, oui, je ne porte rien du tout, et je m'amuse avec mon petit doigt. Je pensais à toi quand je l'ai prise. J'ai coloré mes cheveux et mes yeux en vert, je crois que tu aimes beaucoup cette couleur, non ?

Je frétille d'impatience en attendant le 12 avril.

Sexuellement tienne,

Marisu »

—Je peux avoir un sac pour vomir ? Demanda Draco.

—La photo n'est pas avec ? Questionna Hal.

—Non, Dit Evelina, Je devine que Lucius l'a gardée autre part…

~Lettre blanche~

« Cher Camille,

J'ai failli pleurer, personne ne s'est jamais montré aussi gentil avec moi.

J'ai tabassé Elena et Greta, devenue amies pour parler dans mon dos, je leur ai décalié la mâchoire à coup de chaise, bien fait pour elles !

Tu as raison, je ne devrais pas être complexée, j'ai décidé de surmonter ma peur et de venir à Poudlard, même si je sais que tu vas être très surpris quand tu me verras.

Je t'adore,

Sacha »

~oOo~

—Alors, qu'en pensez-vous ? Demanda Evelina après cette dernière lecture.

—Je ne sais pas quoi commenter en premier, Dit Draco.

—Lucius a mentionné le Sablier, Dit Ron, Madame Taitô est une grosse cochonne et Hélium avait l'air plutôt gentil…

—C'est vrai, Dit Draco, Je l'ai toujours considéré comme une bête noire, mais dans ces lettres, il avait l'air d'être bien sympathique…

—Les gens ont souvent plus de facettes qu'on ne le pense, Dit sagement Evelina.

—Pareil pour Sacha Vilen, Dit Hermione, Oui, je suis sûre qu'il s'agit de cette Sacha là, sa manière de parler des Potions l'indique. Elle est venue enseigner à Poudlard pour remplacer le Pr Rogue, sous le nom de Marouchka Petrova, et elle nous a flanqué la frousse à tous…Moi, elle m'a même fait cirer ses chaussures ! Mais là, elle a l'air si fragile à l'intérieur…elle a du bien s'endurcir depuis ! Je devine que Greta et Elena étaient loin d'être les seules à lui faire des misères, elle a été toute seule pendant longtemps…

—Dumbledore l'aurait engagée à cause de son implication là-dedans, vous croyez ? Dit Ron.

Hermione hocha la tête.

—C'est vrai qu'aussi bien Hélium que Petrova ont simplement l'air d'adolescents mal dans leur peau…même si beaucoup d'ados sont comme ça, eux, ils appartiennent vraiment à la catégorie qui aurait tous les droits de déprimer…

—Il est d'ailleurs amusant d'observer la différence entre les deux correspondances, Dit Evelina, D'un côté, Lucius et Marisu, les nantis, rayonnant de bonheur et admirés. Et de l'autre : Camille et Sacha, complexés par leur physiques et seuls sans amis et sans reconnaissance de leur pairs.

—Hélium me fait penser à Peter Pettigrow, Dit Ron : Au départ, c'était un brave type, puis, il a mal tourné, le destin en a fait un opportuniste qui vivait en aidant les parents sang-pur à endoctriner leurs gosses en leur racontant des mensonges !

—Le pire, Ajouta Draco, C'est que je suis en train de me dire que s'il m'a traité comme il l'a fait, C'est peut-être parce que je suis le fils de Lucius Malfoy, le mec qui se fichait de lui !

Ils levèrent tous les cinq les yeux vers l'ex-Psychomage. Hélium s'était rendu compte de leur présence mais ne semblait pas les reconnaître, il les reluquait d'un air vitreux.

—En fait, c'est triste pour lui, Murmura Hal. Triste et ironique.

—Après le procès, il a filé au Manoir Malfoy, Dit Evelina, Vous étiez en train de fêter votre victoire dans un pub, Alors, il en a profité pour aller voler les lettres de Marisu dans les affaires de Lucius. Il y a ajouté celles qu'ils avaient reçues de Sacha. Il a trouvé l'adresse de celle-ci grâce à un papier sur lequel elle était écrite, je suis un peu sceptique sur cette partie, mais bon…

—C'est l'écrivaine Emy Douçamère qui a du le laisser tomber, Dit Hermione, Sacha est amoureuse de son petit ami et avait essayé de l'assassiner le matin même en lui envoyant des fleurs carnivores —originaires des jardins de Marisu si je ne me trompe pas— et Emy avait passé la matinée à la poste du Chemin de Traverse pour obtenir son adresse. Hélium a eu de la chance de trouvé ce papier.

—D'accord. Après, les seules lettres qu'il lui manquait étaient celles que Lucius avait envoyées à Marisu, qui devaient être au Japon, c'est pour ça qu'il s'y est rendu, je suppose qu'il comptait rassembler un dossier très important sur l'affaire et sans doute espérait-il que cette bonne action rachèterait ses agissements, mais il s'est heurté à Marisu, et là, je ne sais pas ce qu'elle lui a fait avant de le balancer à la poubelle comme un vulgaire déchet. Il m'a transmis les lettres après m'avoir expliqué tout ça, pour que je continue sa tâche, et en utilisant ses dernières forces, il a extrait ce souvenir de sa mémoire —Evelina brandit le flacon qui était dans la boîte aves les lettres— et il a perdu connaissance, pour se réveiller dans l'état dans lequel vous le voyez.

Hélium leur sourit et leur fit « coucou » de la main, heureux comme un enfant de trois ans. Evelina se pencha soudainement sur Draco et le scruta d'un regard perçant.

—Mais juste avant de sombrer, il a murmuré…

Draco fronça les sourcils.

—« Dites à Draco Malfoy que je lui demande pardon ».

Le jeune-homme fit silence, il tourna à nouveau la tête vers Hélium qui le fixait toujours d'un air niais. Le Dr Clara quant elle regardait toujours Draco avec des yeux émus.

—Vous avez examiné ce souvenir ? Coupa Hermione.

—Oui, Se reprit-elle alors que Ron caressait affectueusement la main de Draco et que Hal donnait une tape amicale dans le dos de celui-ci (qui ne broncha même pas), Oui, je le situe le 12 avril 1970.

—Quoi ? Le jour de la dernière rencontre avec les correspondants étrangers ?

—Oui, et je vous invite à y faire un tour juste maintenant, tout de suite, qu'en dites-vous ?

Tous quatre approuvèrent, bien que Draco regardait toujours Hélium comme dans un état second. Evelina alla chercher une bassine près de l'évier et y déversa le contenu du flacon. Elle plaça la bassine sur une table et ils s'attroupèrent tout autour.

—Vous êtes prêts ?

~oOo~

C'était la Grande Salle de Poudlard, décorée comme pour les grandes occasions. Les élèves étrangers étaient déjà présents et rassemblés devant les portes, comme les premières années avant qu'on ne les répartisse. Ils étaient dévisagés par les collégiens de Poudlard dont certains tendaient le cou pour apercevoir leur correspondant(e) dans le groupe.

Marisu Taitô n'est pas difficile à repérer, pour tout dire, on ne voyait qu'elle, elle changeait de couleur toutes les cinq secondes. Elle portait un ravissant kimono et devait user de son charme de Vélane, car tous les mâles présents la reluquaient avec l'expression intelligente d'un escargot mort mais bavant quand même.

Evelina croisait les bras, après tout, elle avait déjà vu ce souvenir. Hal faisait des tours sur lui-même, examinant Poudlard sous toutes les coutures, et sans doute le comparait-il intérieurement avec l'école andalouse où il avait fait ses propres études. Quant aux trois autres, ils regardaient instinctivement vers la table des Serpentards, où Lucius adolescent se faisait remarquer autant que Marisu, mais c'était surtout par son attitude de m'as-tu-vu qui ne cessait de jeter des regards hautains autour de lui. Hélium fut plus difficile à localiser, petit être recroquevillé à un bout de table, ses cheveux bicolores avaient quelque chose d'étonnant sur sa jeune tête.

—Votre attention, s'il vous plait ! Dit une vieille voix, annonçant que Dumbledore s'apprêtait à faire un discours.

Le directeur portait une robe-globe terrestre, décorée avec les pays colorés chacun dans une teinte différente et le nom des capitales écrit dedans. Il y avait une tache de moutarde sur Líma. Derrière lui, la table débordait de mets originaires de toutes les nations représentées dans la pièce, et Pomona Chourave, trop affamée pour attendre, s'était jetée sur un plat de fêta.

—Hello, guten tag, gooiedag, bonjour, buenos dias, buon giorno, bom dia, kalistala, zdrazvouïti, jonapót, konichiwa, nihao,…

—Hem…Excusez-moi, Interrompit Marisu, En chinois, on prononce plutôt « nǐ hǎo » ! Voilà, merci…

Tout le monde la dévisagea, comment pouvait-elle avoir le culot d'interrompre Dumbledore ? Mais il lui suffit de papillonner des cils pour que tous soient conquis. Dumbledore sourit d'un air malicieux, l'air de trouver son intervention tout juste amusante, alors qu'à ses côtés, McGonagall semblait outrée. Le directeur poursuivit son introduction polyglotte débouchant sur le fameux discours de bienvenue qui concernait des détails sur le déroulement de la soirée.

—Et pour conclure, Dit-il, Notre marraine de cette année est une ancienne étudiante espagnole qui avait participé à cette échange quand elle avait votre âge, je vous demande d'applaudir Miss Rocío Machaca y Juez !

Rocío arriva, jeune, vêtue d'une robe rouge à pois, la poitrine avantageuse, coiffée d'un élégant chignon de cheveux noirs et portant aux oreilles de grands anneaux dorés sans doute piqués à Esmeralda. Draco fut étonné de constater qu'elle était capable de sourire.

—Dios mío, pelirrojo, tu peux te mettre à parler en continu pour me rappeler que cette femme méga-sexy est ma grand-mère ? Parce que sinon, je vais bander !

—Euh…

Rocío prit la parole, salua l'assemblée et baragouina pour exprimer son émotion d'être là, et du bon souvenir qu'elle avait de sa chère Eileen, dont elle n'avait plus eu de nouvelles depuis que celle-ci s'était mariée avec un…(elle voulut dire « hijo de puta » mais préféra s'abstenir de terminer sa phrase).

Alors qu'elle était sur le point d'en finir, un petit garçon très brun qui devait avoir l'âge d'Alita monta sur l'estrade et alla tirer sur sa jupe d'un air impatient :

—Mamá, tengo hambre…(2)

Rocío rougit et vociféra en castillan quelque chose qui rappela à Draco quand elle lui apprenait à cuisiner. Le môme sembla indifférent aux aboiements de sa mère et continuait à demander quand il allait pouvoir manger. La salle était hilare.

—Papá…Murmura Hal, C'est mon papa…Je ne l'ai jamais connu, c'était un « client » de ma mère et il ne sait même pas que j'existe !

Il accourut subitement sur l'estrade, entre sa grand-mère et son père, tentant de les toucher.

—Ils ne peuvent pas te voir, abruti, c'est un souvenir ! S'impatienta Draco.

—Je sais bien mais…

Soudain, Rocío flanqua une baffe au Manu enfant qui se mit à pleurer tout en continuant à mentionner l'état de son estomac sans se préoccuper des élèves qui rigolaient de ce spectacle grotesque.

—Excousez-nous, c'est món fils, il n'é pas trrés calme et pas trrés póli…voy a matarte si no dejes de hacer eso!(3)

—Hal, c'est quoi « matarte », c'est le seul mot que j'ai pas compris ?

—Le verbe « matar », « tuer ». Le pronom complément d'objet est accolé à la fin de l'infinitif, pelirrojo, mais…c'est drôle, moi aussi, elle m'engueulait comme ça quand j'étais petit !

—Elle était tellement triste quand son fils est parti que quand elle a appris que tu étais son petit-fils, elle a essayé de recommencer avec toi ce qu'elle n'a pas pu terminer avec lui, Expliqua Clara.

Dumbledore regardait la scène d'un œil amusé, quand Marisu, sans doute mécontente que personne ne la regardait depuis un bout de temps, se manifesta :

—On ne pourrait pas faire taire ce sale gosse ? Je ne suis pas venue pour faire du baby-sitting, j'aimerais qu'on passe directement au moment où je rencontre mon correspondant !

—Et bien, c'est ce qui était prévu de faire, si Miss Machaca n'a rien à ajouter…

Celle-ci fit signe que non et alla se placer à table en tirant Manu par la main. Celui-ci ne manqua pas d'aussitôt s'empiffrer un plat français qui cessa de ressembler à quelque chose dès qu'il se mit à poigner dedans à mains nues.

—Quel horrible gamin ! Grommela Marisu, s'attirant un regard noir de Rocío.

Les élèves se levèrent pour aller accueillir leur correspondant(e), une fille japonaise s'avança en souriant, mais Marisu marcha sur son kimono pour la faire trébucher. Lucius l'accueillit à bras ouverts, et Draco crut un instant qu'ils allaient s'embrasser à pleine bouche en public. Hélium fut un peu plus surpris quand il découvrit Sacha. Il pensa d'abord qu'il s'était trompé de personne, mais quand ils se retrouvèrent être les seuls à ne pas avoir regagné la table, il ne douta plus.

—Mais…une minute…

—Da…euh…oui, voilà, Dit Sacha de sa grosse voix, Je t'ai menti : jé suis oun garrrçon !

—Alors c'est pour ça… ?

—Mais si jé mé souis fais passer pour oune fille, c'est parce que…j'ai toujourrrrs senti que dans mon âme, j'étais oune fille…

—Je…je comprends, eum…mais…

Hélium semblait anéanti. Il fallait dire qu'à force de lui écrire, il était tombé amoureux de Sacha. Mais être amoureux d'un autre garçon, ce n'était pas possible.

Le décor changea brusquement pour laisser place à un couloir vide.

—Hélium a zappé le repas et l'installation des élèves étrangers, Commenta Evelina, Il a du juger que rien d'important ne s'y était passé…

Des pas se firent entendre et Hélium apparut, normal, c'était son souvenir après tout. Il parlait, et sa voix était dure, comme celle que Draco avait connue, alors que quelques minutes avant, elle trahissait une certaine timidité.

—Je suis vraiment désolé, Sacha, mais nous ne pouvons pas être amis…

—C'est parrrrcé qué jé t'ai dit que j'étais amoureuse dé toi ?

—Oui, et arrête de parler de toi au féminin !

—Mais, jé mé sens fille !

—Non, tu es un garçon qui aime les garçons, et ça c'est contre-nature !

—Mais jé souis oune fille prisonièrrrre dans oun corrrps dé garrrçon, mais j'aime lé garrrçons, comme les filles norrrmales !

—Ce n'est pas possible…Tu as un problème…tu as besoin d'un traitement…l'homosexualité est une maladie et…

—Tou né comprrrends pas mon rrraisonement ? Jé souis hétérrro !

Draco soupira.

—Dire que j'étais prêt à lui pardonner, parce qu'il m'avait ému avec ses lettres…mais même à l'époque, c'était un crétin homophobe !

—Bah, il y a pire, Dit Hermione, Quand j'étais à l'école, j'ai connu un gars qui n'arrêtait de m'adresser des insultes racistes : « Sang-de-bourbe » par-ci, « Sang-de-Bourbe » par-là, ça te dit quelque chose ?

—Ce n'est pas pareil ! Répliqua Draco.

—Bien sûr que si !

—Moi, j'ai changé, je ne suis plus comme ça, alors que lui, trente ans après, il est toujours intolérant et borné ! Or, les cons, passé un certain âge, ils sont irrécupérables !

—Hélium n'a pas eu ta chance, c'est tout !

—Quelle chance ?

—Celle d'avoir Pelirrojo ! Dit Hal en serrant Ron dans ses bras, C'est lui qui t'a fait changer, car il rayonne d'énergie positive et rend les autres meilleurs par sa simple présence !

Ron rougissait, incrédule, alors que Hal continuait à le cajoler.

—Toi, pas touch…

—Il a raison, Dit Hermione, Bon, il exagère amplement, mais dans le fond, il a raison : Ron a eu une bonne influence sur toi, c'est à son contact que tu as changé ! Hélium n'a pas eu un Ron pour le remettre sur les rails, lui !

—On voudrait tous avoir un Ron ! Dit joyeusement Hal.

—Je pense que l'expérience avec Voldemort qui voulait l'obliger à tuer Dumbledore a joué aussi, Glissa timidement Ron.

—Granger, si tu…

—Taisez-vous ! Gronda Evelina, Il va se passer quelque chose !

Hélium et Sacha s'étaient figés, ayant entendu des bruits s'approchant d'eux.

—Apollon Picott, le concierge ! Fit Hélium, On n'est pas supposé traîner ici si tard…il faut se cacher !

Il ouvrit la première porte qui se présenta à lui.

—Tiens, curieux, je ne connais pas cette pièce, Dit-il en écarquillant les yeux, Mais c'est un vrai bric-à-brac !

—La salle sur demande ! Dit Hermione, En particulier la pièce où on cache les objets…je vois le diadème de Rowena Serdaigle !

Sacha poussa Hélium dans la pièce et referma la porte sur eux. Une seconde après, Lucius et Marisu arrivaient en rigolant, sa main à lui sur sa hanche à elle, comme un petit couple.

—Beurk ! Prévenez-moi quand c'est fini ! Dit Draco en se cachant les yeux dans les mains.

—Voilà, Dit Lucius, C'est cette porte ! Je suis le seul à ma connaissance, à avoir accès à cette pièce.

—Apparemment, moi aussi, Susurra Marisu alors qu'il ouvrait la porte, Moi aussi je suis une élue !

—C'est sans doute parce que nous sommes des êtres supérieurs !

—Quand on sait comment fonctionne cette salle, on ne peut pas s'empêcher de les trouver ridicules et prétentieux ! Dit Ron, sourire en coin.

—Voilà, et donc, pourquoi tenais-tu temps à voir cette pièce ? Demanda Lucius à sa correspondante.

—A cause d'un objet que tu as mentionné dans ta dernière lettre, Expliqua Marisu en inspectant les lieux, Ah, tiens, le voilà ! Aide-moi à l'extirper de là !

Lucius se pressa derrière elle, et à eux deux, ils soulevèrent un immense sablier doré rempli de sable bleuté…

—Mais qu'est-ce que…Qui c'est ces deux-là ?

Apparemment, Hélium et Sacha s'étaient dissimulés derrière le Sablier, ils sortirent de la salle-sur-demande alors que Lucius fulminait à l'idée que deux « profanes » puissent aussi y avoir accès.

—On n'a cru que c'était Picott, on se cachait !

—Faites pas de trace de doigt sur mon Sablier ! Tempêta Marisu.

—Qu'est-ce que c'est ?

—Ce que c'est ? C'est un puissant artefact magique qui provient du Pérou, pas étonnant que vous l'ignoriez, vous des êtes garçons, donc, plus stupides que moi !

—En rrréalité, jé sousi oune fille prrrisonièrrre dans oun corrrps des garrrçon !

—Oh, tais-toi ! Grogna Hélium.

—Ah ouais ? S'étonna Marisu, Je vois…il te faudrait mes pilules magiques qui font changer de sexe !

—Quoi, tu as des pilules qui font ça ? Fit Lucius.

—Oui…enfin, non. Disons que je viens d'avoir l'idée d'en inventer, mais il faut encore que je le fasse, et ce n'est pas ma priorité.

—Mais, tu es sûre que tu vas y arriver ?

—Bien entendu, parce que je suis…(elle rejeta ses cheveux noirs ébène en arrière dans un geste calculé)…tout simplement merveilleuse !

—Et qu'est-ce qu'il fait ce Sablier ? Coupa Hélium.

—Inculte ! C'est un Retourneur de Temps, THE Retourneur de Temps ! C'est le seul d'assez puissant pour transporter les gens sur plusieurs années, voir plusieurs siècles ! Les autres sont trop petits, vous savez, les trucs rikiki qu'on met en pendentif !

—Hey ! Fit Hermione.

—D'ailleurs, celui-là est en deux pièces, Poursuivit Marisu en détachant le socle du Sablier, Cette partie amovible s'appelle le Réceptacle, et c'est là où elle se trouve que le voyageur atterrit…dans l'espace, je veux dire, mais bien évidemment, il est préférable de le laisser sur le Sablier, pour apparaître au même endroit dans l'espace.

—Pourquoi veux-tu voyager dans le temps ? Demanda Hélium en sourcillant.

—Pour être immortelle.

—Hein ?

—Elle commence à devenir voldemortienne, Commenta Ron.

—L'immortalité à toujours fasciné les humains, Dit Marisu, Et certains ont trouvé des combines pour plus ou moins y parvenir, comme de boire des élixirs et autres pratiques qui altèrent la physiologie…Moi, je refuse d'abîmer mon corps, alors, j'ai décidé de m'empêcher de vieillir, grâce à la formule suivante :

-Je (M1, pour Marisu 1) vis la première année (A1)

-M1 remonte le temps de 1 an

-M1 transfert ses souvenirs grâce à un système de Pensine à son moi du passé (M2) et puis ce suicide

-M1 revit la même année (A1), en recommençant les mêmes actions, car je consigne tout dans un journal de bord

-M2 vit la seconde année (A2) à la place de M1, et M1 se suicide

-M2 remonte d'un an et échange avec M3 (le temps fonctionne en boucle)

-M3 vit A3 et M2 revit A2 puis se suicide à la fin

-etc.

Du coup, il y a toujours une Marisu qui reste éternellement âgée de 16 ans la première fois qu'elle vit l'année, puis de 17 ans la seconde fois

—J'ai mal au crrrâne !

—Et tu comptes vivre chaque année en double ?

—Oui.

—Et te suicider à chaque fois ?

—Oui, je vais me suicider des milliers de fois et ne jamais mourir, c'est un paradoxe amusant, non ?

—Tu es folle, Dit Lucius, soudain refroidi.

—Quoi ? Dit Marisu en battant des cils, pour le séduire à nouveau.

—Je pense que tu es atteinte du syndrome de Crucheporeuse, Dit Hélium, Ce que tu dis est complètement vide de sens !

—Pardon ? Et t'es qui pour oser me dire ça ? Tu es jaloux de mon talent et de mon ingéniosité je parie !

—Je m'appelle Camille Hélium, je suis un futur Psychomage et je ne t'envie rien, car tu es complètement dérangée du ciboulot !

—Fais gaffe, si tu me cherches, je ne suis pas une gentille, et je vais te le faire regretter…En attendant, je vais vous faire une petite démonstration des incroyables pouvoirs de ce Sablier…je vais me téléporter dix minutes dans le futur…

Elle régla la date au 12 avril 1970, puis régla l'heure.

—Je vais disparaître et vous n'aurez qu'à patientez dix minutes pour que je réapparaisse…et là, vous verrez que ça marche ! Bon, maintenant, il ne reste plus qu'à l'actionner, en le retournant, je suppose…

Elle fit basculer l'immense sablier pour le mettre à l'envers, et attendit qu'il se passe quelque chose. Le sable s'écoula lentement, mais dès qu'il eut fini de remplir le compartiment du bas, rien ne s'était produit.

—On dirait qu'il y a des ratés, Railla Hélium.

—Attendez, il doit être un peu rouillé de n'avoir plus été utilisé depuis des siècles…

—Non, il ne se passe rien…il est bidon ton truc !

—Mamá, tengo sed… (4)

—Shhhh !

Tous quatre se figèrent.

—On nous espionnait, Maugréa Lucius.

Rocío sortit de sa cachette, derrière une statue de Borbog le Boîteux, en pestant sur Manu qui l'avait suivie et l'avait faite repérer.

—Aha ! Triompha Marisu avec un sourire cruel, Mademoiselle Maracas voulait écouter une conversation qui ne la regardait pas, mais son horrible moutard a tout gâché…c'est pour ça que je hais les enfants, une source de problèmes ! Vous êtes pathétique, mademoiselle, je ne comprends pas comment vous pouvez aim….wouaaaaïe !

Le talon aiguille de Rocío était à présent enfoncé dans la narine droite de Marisu. Cela rappela à Manu qu'il devait absolument se curer le nez, ce qu'il ne manqua de faire. Rocío poussa la tête de Marisu contre le mur d'une impulsion de cuisse et la foudroyant du regard.

—Né t'avise plous d'insoulter mon fils, perra sucia (5)!

Marisu se dégagea et toutes deux saisirent leurs baguettes, se toisant comme si elles s'apprêtaient à s'étriper. Les trois autres reculèrent.

—Abuela va se battre contre l'affreuse geisha, Murmura Hal.

—Et Cius est bien plus mignon quand il se déguise en Miss Sakura ! Dit Draco d'un ton dédaigneux alors qu'Hermione roulait des yeux.

—Né touche pas cé Sablier, il né t'appartient pas ! Rugit Rocío.

—Comment ça ?

—Y'a pas ton nom marqué déssous !

—Et alors, ça fait des années que je le cherche, depuis que j'ai appris son existence, et je ne vois pas pourquoi une pauvre fille comme toi va m'empêcher de l'avoir !

—Ce qué jé fais né té regarde pas, mais jé dois lé renvoyer à ses origines, al Perú !

—De quoi ?

—Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Dit Hal, Pourquoi Abuela doit s'occuper de ça ?

—Je crois que sa présence ici ce jour-là n'était pas un hasard, Dit Hermione, Marraine du jour des échanges, ce ne serait pas une couverture ?

Evelina hocha de la tête.

Les deux jeunes femmes commencèrent à se battre, et il fallait admettre que les deux avaient un certain talent pour les duels de magie. Elles tournaient en cercle en se jetant plusieurs sortilèges violents. Manu lorgnait sa mère, commençant à s'inquiéter pour elle. Il essuya ses doigts pleins de crottes de nez sur Lucius, ce qui ne plut guère à celui-ci, qui saisit le gamin par le col et le menaça de sa baguette. Alertée par son instinct maternel, Rocío tourna la tête, prête à délaisser Marisu pour secourir son petit. Son adversaire profita bien sûr de la diversion pour lui lancer un sort qui l'envoya voler sur plusieurs mètres et elle s'écrasa au pied du Sablier, sans savoir que sa tête avait heurté les commandes manuelles et que les dix minutes programmées par Marisu étaient à présent dix années. Elle se releva en s'agrippant à ce qu'elle put et plaça sa paume sur le verre du Sablier, le faisant basculer alors qu'elle retrouvait l'équilibre.

Et là, ça se produisit. Le décor se mit à gondoler et à tournoyer.

—Euh…ce n'est pas ce qu'Alita avait décrit quand elle racontait son saut dans le temps depuis chez Hermione ?

—Je crois que si : le Sablier est en train d'entrer en action !

Rocío semblait avoir perçu le danger, car elle tenta de fuir. Marisu se jeta sur elle à main nues mais parvint seulement à lui arracher une touffe de cheveux. Rocío prit Manu dans ses bras et somma Lucius, Hélium, Sacha et Marisu de la suivre. Les trois premiers ne se firent pas priés et filèrent jusqu'à l'étage précédent, se précipitant dans les escaliers. Marisu resta plantée là, respirant lourdement, fustigeant les fuyards d'un regard vengeur, les cheveux arrachés à Rocío dans son poing serré. Comme Hélium n'était plus là, les cinq visiteurs ne virent plus ce qui se passa dès que celui-ci n'eut plus Marisu dans son champ de vision, mais ils la devinèrent emportée dans un vortex temporel en hurlant de rage.

Rocío et les autres réapparurent, accompagnés de Dumbledore et de McGonagall.

—Elle a disparu ! Dit Lucius.

—Alita va subir ça ! Dit Ron d'une voix blanche.

—Elle a été envoyée dix ans dans le futur, Dit Hermione en examinant la programmation sur le Sablier. Mais elle réapparaîtra ici, puisque le Réceptacle est toujours là.

—Pas forcément, Dit Draco, en dix ans, on peut l'avoir déplacé.

Dumbledore marcha en arc de cercle pour inspecter les lieux. Lucius semblait sonné : privé de charme amoureux de Marisu qui n'était pas encore capable de le faire fonctionner à travers le temps, il ne semblait savoir où il en était bien qu'une chose lui paraissait claire : sa correspondante avait disparu et les parents d'élèves allaient moyennement apprécier que leurs chères têtes blondes risquent la même chose, et ça, c'était une nouvelle bonne idée pour discréditer Dumbledore et faire interdire les échanges linguistiques avec Poudlard !

Dumbledore examina le Sablier, tripota les commandes.

—Tiens, on dirait qu'il est bloqué…seule la commande « passé/futur » peut être changée, mais la date est bloquée sur le 12 avril et la distance sur dix années…

Rocío lâcha un juron.

—Vous lé saviez, qué cé sablier était ici ?

—Non, Répondit Dumbledore, Et je ne pense même pas avoir déjà vu cette pièce…cette école est décidément pleine de mystères que même moi je ne connais pas…Mais vous, señorita, qu'avez-vous avoir avec ça ?

Elle se renfrogna, comme si elle ne voulait pas cracher le morceau.

—Cela aurait un rapport avec votre métier ? Susurra le directeur.

Elle leva un sourcil.

—Vous saviez pourtant qu'Eileen ne serait pas là…et si je ne me trompe pas, son fils ne commencera sa scolarité que l'année prochaine, ce n'est pas pour lui que vous êtes venue…

Elle crispa la mâchoire.

—Rocío Machaca y Juez, la petite étudiante valencienne qui était venue il y a des années…je ne sais pas tout sur votre destin, mais j'ai entendu dire que vous étiez devenue…une femme très mystérieuse…et j'ai souvent entendu le mot « inominável »…

Cette fois, Rocío ouvrit grand les yeux.

—Je crois connaître la traduction de ce terme, Poursuivit Dumbledore.

—Yé souis désolée, señor, mais yé né peux rien vous dire, ni pourquoi yé souis ici, ni comment yé savais pour lé sablier, ni cé qué yé vais en faire…

—Naturellement, ça ne me regarde pas, ça regarde les gens de votre « corporation » et je n'ai pas à m'en mêler, je suppose.

—No.

—Allez vous coucher ! Lança McGonagall aux trois élèves restants.

Hélium dut s'en aller et le souvenir s'arrêta là.

~oOo~

De retour à l'hôpital, les cinq visiteurs tâchèrent de retrouver leurs esprits et d'y mettre de l'ordre. Evelina regarda tour à tour ses quatre jeunes compagnons, et il était difficile de dire lequel d'entre eux avait l'air le plus perturbé : Ron était convaincu que Marisu avait souffert durant le transfert et qu'Alita allait vraiment être traumatisée quand ça lui arriverait; Draco se demandait si son père avait vraiment éprouvé des sentiments pour la Nippone; Hermione, en future spécialiste de la Magie du Temps, était secouée par ses nouvelles découvertes sur le Sablier; et Hal était à la fois décontenancé d'avoir vu son père et d'avoir découvert que sa grand-mère était…

—Ça veut dire quoi « inominável » ? Demanda Ron.

—Ça veut dire « Langue-de-plomb », Répondit Clara, Enfin, c'est plus ou moins la même fonction, mais au Ministère de la Magie espagnol…

—Mais pourquoi elle ne l'a jamais dit ? Explosa Hal, Ni à moi, ni à ma mère, ni à vous Evelina mía, ni au mec qui fait des tortillas du coin de la rue (elle a un faible pour lui !) ?

—Ben, le but du métier de langue-de-plomb, c'est de ne rien dire sur ses activités, discrétion totale, même la famille et les amis les plus proches, on ne leur dit rien, Expliqua Draco, Mais ça explique les passages secrets entre ses bungalows, je savais qu'il y avait un truc louche là-dessous, mais ça…

—Mais…mais pourquoi même pas à moi ? S'entêta Hal.

—Parce que c'est une bonne langue-de-plomb, elle prend ça très au sérieux et elle est aussi muette qu'une tombe !

—C'est pour ça que Dumbledore lui a écrit, Dit Evelina, L'arrivée d'Alita a réveillé cette vieille histoire, alors, il a voulu savoir si elle savait quelque chose. Mais apparemment, elle ne peut rien dire de plus que d'assurer que le Sablier a été rendu au Pérou.

—Qu'est-ce que Marisu est devenue ? Demanda Hermione.

—Elle est partie vers le 12 avril 1980, Dit Ron, Le 12 avril…c'est amusant, c'est aussi un 12 avril qu'Alita est partie…

—Et il s'agit de la même distance : dix ans, Ajouta Draco, En même temps, il l'a dit: le truc est bloqué, sauf la commande « passé/futur »…tant mieux, parce que sans ça, on ne pourrait pas renvoyer Alita dans son époque…

—Dans ce cas, Marisu n'avait qu'à actionner le Sablier en sens inverse…

—Mais elle ne l'a pas fait, Dit Evelina, D'après mes recherches, elle a vraiment disparu pendant dix ans, elle n'a pas pu revenir à son époque. D'abord, parce que le Réceptacle avait bel et bien été déplacé (Dumbledore ignorait qu'il faisait partie du Sablier et a cru qu'il s'agissait d'un autre objet bizarre tombé du bric-à-brac de la salle-sur-demande, n'a pas fait le lien, et a demandé au concierge de le faire garnir devant le bureau du professeur de Potions), mais aussi parce que le Sablier était revenu au bercail, et qu'elle avait tout le Pérou à fouiller pour le retrouver.

—Et aussi parce que ça ne fonctionnait pas avec elle, Fit remarquer Hal, D'ailleurs, ça aussi c'est bizarre : Abuela et Lilita y arrivent, mais avec l'autre vilaine, ça marche pas !

—C'est peut-être parce qu'il faut avoir le cœur pur ? Suggéra Ron.

—Abuela n'est pas vraiment pure…

—Euh…il faut être élu ? Comme avec Excalibure ?

—Je ne crois pas…

—Eh bien, alors…euh…il faut avoir un prénom qui sonne espagnol ? Ce serait pour ça qu'elle s'appelle Alita, pour pouvoir actionner ce machin ?

—Là, Ronald, tu touches le fond !

—Ben, cherche, si t'es si maligne !

—Ou alors, ça marche avec les gens qui ne le font pas exprès, Dit Draco, Alita et Rocío, c'était par accident, alors que Taitô, elle essayait de le faire marcher…

—Mouais…

—Et maintenant, pouvez-vous me résumer ce que vous avez trouvé de votre côté ? Demanda la Psychomage.

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Manu & Narcissa Adventures, épisode 3

A Budapest, il n'y avait plus d'essence dans la voiture. Narcissa voulut régler le problème elle-même, et autant dire que c'était tout sauf une bonne idée quand on n'y connaissait rien en trucs moldus. Bien que Manu s'était déjà arrêté pour faire le plein lors de leurs précédentes étapes, sa compagne n'avait pas compris l'objectif de ces haltes et pensait qu'il s'agissait d'autre chose. Mais à présent, comme le bonhomme était parti en quête de goulasch à se mettre sous la dent, elle avait voulu lui faire plaisir et avait naïvement cru qu'un sortilège pourrait aider le véhicule à redémarrer. Le résultat fût que l'engin décolla carrément en pétaradant et en vomissant des flammes violettes par son pot d'échappement, et fit un magnifique vol plané de cinquante mètres pour finir par s'écraser au fond du Danube. Manu ne l'engueula même pas, arguant qu'il avait déjà fait des conneries plus grosses, mais qu'il valait mieux filer avant que les Moldus n'établissent un éventuel lien entre elle et le phénomène peu commun d'une voiture volante et plongeante. Et puis, c'était quand même une voiture volée, c'était pas plus mal de s'en débarrasser.

Alors qu'ils s'étaient clandestinement glissés dans un wagon postal en partance pour Moscou, Narcissa songea, en buvant une bouteille de tokay volée, qu'elle aimait sa nouvelle vie, même si elle n'était pas certaine qu'un jour elle n'aspirerait pas à nouveau au calme. Elle culpabilisait de tous les méfaits qu'ils avaient commis, mais en même temps trouvait cela si grisant ! Manu avait l'alcool joyeux, et elle-même se sentait sur un petit nuage, les neurones embrumés dans les vapeurs éthyliques. Les mains de l'aventurier se firent baladeuses. Elle repensa soudainement à Lucius, et à sa vie avec lui. Une vie en demi-teinte, elle ne se rappelait même plus si elle avait été heureuse ou pas. L'avait-il aimée, au moins ? Et Draco. Son bébé. Elle était partie le rejoindre. Lucius. Envie de l'envoyer paître, celui-là ! Après tout, il était parti sans rien lui dire ! Il méritait bien une punition, et puis, elle avait déjà failli à sa promesse conjugale avec Hal. Un adultère de plus ou de moins, qu'est-ce que ça change ?

Va te faire voire, Malfoy !

Du point de vue de Manu, il avait juste envie parce qu'il n'avait pas eu le temps d'aller voir les professionnelles hongroises.

Arrivés à Moscou, une surprise les attendait au pied du kremlin.

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De retour dans la maison cachée de Keiko, Ron, Draco, Hermione et Hal furent assaillis par une Tonks pleine d'interrogations.

—Alors, comme ça, vous continuez à envoyer des rapports à Dumbledore ! S'exclama Draco, empêchant la jeune-femme de parler par la même occasion.

—Mais…euh, il nous a obligés ! Minauda-t-elle, Petit cousin…

—Que vous a raconté le Dr Clara ? Demanda Remus, aux côtés de sa femme.

Il semblait légèrement malade.

—On vous le dira uniquement après que Sirius ait reçu un coup de journal sur le museau ! Annonça Draco qui n'avait pas digéré que l'animagus mentionne ses ébats sexuels dans ses compte-rendu à Dumbledore.

Sirius était justement sous sa forme canine, offrant un coussin chauffant, moelleux et fourré aux pieds de Severus qui s'était endormi sur les plantes qu'il analysait.

—On n'a retrouvé Hélium ! Dit Ron, Et on a appris plein de trucs sur le passé de Taitô, et devinez qui était son amoureux quand elle avait dix-sept ans ?

—Je donne ma langue au chat, Fit Remus.

—Installez-vous, on va vous expliquer tout ça, Dit Hermione, Comment vont Ginny et Emy ?

—Beaucoup mieux ! Keiko les a bien soignées, maintenant, elles nous reconnaissent !

—Vous pensez que Taitô aurait pu leur faire la même chose qu'à Hélium ? Demanda Ron.

—Je ne crois pas, sinon, y'aurait plus qu'à envoyer Keiko à l'hôpital pour faire son miracle, si c'était si simple, Dit Hermione.

—Elles ont subi un gland nomble de soltilèges, Dit Keiko, Cela a momentanément blouillé leul mémoile, mais avec du lepos, elles ilont mieux !

—Et Alita et Neis ?

—Là, on n'a pas de nouvelle. Par contre, nous avons envoyé un hibou à Xéno et à Dumbledore, comme ça, ils iront interroger le pharmacien de Londres sur son rôle dans Aubin & Marie.

Remus s'approcha de Severus, toujours endormi, et lui secoua l'épaule.

—Severus…

—Grmmllll…?

—Désolé de te déranger, mais…est-ce que tu as pensé à préparer ma potion ? Je sais que tu as beaucoup de boulot, mais c'est bientôt la pleine lune et si la potion n'est pas prête, je constituerai un danger pour tout le monde ici présent…

Rogue sembla émerger d'un rêve.

—Merde ! Grommela-t-il, J'ai la liste des ingrédients ici…

Il retomba aussitôt endormi. Sirius reprit sa forme humaine.

—Il a veillé toute la nuit, Dit-il en lui caressant les cheveux, Je vais aller acheter les ingrédients, ça lui fera gagner du temps.

—Merci Sirius, Dit Remus.

—Je viens avec toi, Dit Cius, Tu auras besoin d'un guide.

—Et de quelqu'un pour tenir la laisse, Ajouta méchamment Draco.

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Sirius et Cius se mirent en route après qu'Hermione ait résumé l'entrevue avec Evelina. Après ce récit, Ron eut la furieuse envie de retourner dans le laboratoire de Marisu pour trouver des indices qui les mèneraient à Alita, à Neis, ou au Sablier. Surtout après que Ginny, dans un accès de lucidité, eut marmonné quelque chose à propos d'un ascenseur secret dans un vide-linge. Draco, Hermione et Hal se joignirent à lui, et Harry voulut être également de la partie, ce qui fit râler Draco qui n'appréciait pas le fait que Monsieur le Héros se sente obligé de participer à toutes les aventures sans en laisser aux autres. Ron dut le convaincre avec un argument scandaleux:

—Harry est le plus kamikaze d'entre nous, et quelqu'un qui va toujours de l'avant sans crainte peut être utile...

—Ah ouais...par exemple, si on tombe sur un champ de mines, on le laissera se précipiter dedans, comme ça, il les fera toutes exploser et nous on pourra passer après sans danger!

—C'est pas exactement ce que je voulais dire!

A ce moment-là, Sirius et Cius achetaient les ingrédients pour la potion de Remus. Aucun des deux ne remarqua une présence inopportune, planquée derrière des bocaux de foie de crapaud cornu, qui utilisa habilement sa baguette pour échanger la purée de cervelle de triton par du wasabi...

—Tiens, Dit Cius, Ça me fait penser...il fait quoi encore comme métier, le père de Neis?

—Je ne m'en rappelle pas, Répondit Sirius.

Il aurait du.


(1) Lucius est né en 1954 (et j'ai décidé que Hélium aussi), Arthur en 1950, Molly en 1949, les Maraudeurs et Rogue en 1960. Si les parents de Ron ne lui ont jamais parlé des échanges scolaires, c'est qu'ils ne devaient pas juger ça important.

(2) Maman, j'ai faim…

(3) Je vais te tuer si tu n'arrêtes pas de faire ça !

(4) Maman, j'ai soif…

(5) sale chienne