Chapitre 34 : Séverus Rogue

Jamais Harry n'aurait cru qu'une fois Voldemort hors d'état de nuire, mort, tué par lui-même, le cauchemar recommencerait, que tout ce qu'il avait entreprit, au péril même de sa vie, serait remis au pont mort par le biais d'une simple lettre. Il pensait qu'en tuant Voldemort, il débarrasserait la communauté magique de la Magie Noire, leur plus grand fardeau jusqu'à maintenant. Mais c'était sans compter sur les quelques Mangemort restant, ceux que le Ministère n'avait pas rattrapé, fautes de preuves, ou des familles trop puissantes, comme les Malefoy, ou les Black, la famille de Sirius.

Jamais Harry n'aurait cru que son professeur de Potions, son professeur de Défense Contre les Forces du Mal en sixième année, l'assassin de Dumbledore, le Mangemort le plus recherché depuis cet évènement, pourrait un jour prendre la place de Voldemort.

Certes, il savait que Rogue était un parfait imbécile, pour rester poli, qu'il était du coté obscur autant que lui était dans le coté du bien, mais jamais il n'aurait pensé que Rogue serait assez stupide pour refaire ce que lui et Dumbledore, avaient mis autant de temps à mettre en pièce quand l'Autre était encore de ce monde.

Le chemin rendant au château lui paru long, il ne le faisait plus depuis qu'il savait qu'il pouvait transplaner directement, mais ce n'était pas le cas de son père, de son parrain, et de Rémus, qui avaient voulu l'accompagner. Le trajet se déroula dans le silence, tous se demandant comment cela était possible, sauf Harry qui, lui, en voulait à Dumbledore d'avoir accorder sa confiance absolu en un assassin, et il n'avait absolument pas l'intention de garder son calme, Dumbledore savait que quand il était question du coté obscur, Harry était à prendre avec des pincettes, tant ce sujet était synonyme de Voldemort, Rogue, Mangemorts, etc…

Ils arrivèrent enfin dans l'immense hall d'entrée du château, ils ne mirent pas plus de temps pour gagner le bureau du Directeur, enfin, sa Gargouille. A la seule différence près, c'est que Harry, en tant que professeur, même en vacances provisoire, possédait le mot de passe, ce qui leur éviterait d'essayer toute sorte de mots autant futiles qu'inutiles.

- Joies éternelles.

Personne ne savait à quel point ce mot de passe paru incohérent à Harry, la joie qu'ils avait éprouver en apprenant la fin de Voldemort, s'éteindrait aussitôt quand ils sauraient qu'un autre prenait la relève. Mais Harry ne le laisserait pas faire, et cette fois, il avait ses parents avec lui, il avait Sirius, Rémus, Dumbledore, sa Ginny et ses amis, les personnes auxquelles il tenait le plus.

Ils frappèrent à la porte du bureau qui s'ouvrit seule, un sort de son occupant sans doutes. Le visage de Dumbledore semblait rajeuni, les cernes avaient disparues, signe qu'il n'avait aucune idée de la raison pour laquelle Potter, père et fils, Sirius et Rémus débarquaient en trombe de son bureau un beau matin, alors qu'ils étaient sensé se reposer tranquillement au manoir.

- Et bien alors ! s'exclama-t-il, se levant de derrière son bureau. Que me vaut l'honneur de votre visite ? Il se passe quelque chose au Terrier ? Comment va Mrs Potter ? Enfin, comment va Ginny, plutôt ? se reprit-il souriant. Sourire qu'il perdit bien vite quand il vit la mine sombre de ses interlocuteurs.

- Que se passe-t-il ?

Sa voie n'était plus aussi joyeuse qu'il y a quelques secondes, elle avait perdu toute sa joie même.

- Il se passe que vous avez accordé votre confiance à une personne qui n'en était absolument pas digne, fit froidement Harry.

- Harry… essaya son père.

- Non, papa, j'ai essayé de vous prévenir que Rogue n'était pas une personne bien, mais qui m'a écouté ? Personne ! Et où cela nous mène-t-il ?!

- Cela ne nous mène nulle part, Harry, coupa Dumbledore, alors que Harry allait continuer. Je sais que j'ai fait une erreur en accordant ma confiance à Severus, mais je ne regrette pas, il nous a apporté plus d'une fois des plans de Voldemort, et ils nous furent plus qu'utiles.

- Vous ne regrettez pas ?

- Je ne regrette pas.

- Vous ne regrettez pas d'avoir permis à votre propre assassin d'étudier dans les moindres recoins Poudlard ? Vous ne regretter pas de lui avoir permis de lire les livres de la réserve, alors que celle-ci regorge de livre sur la Magie Noire ? Vous ne regrettez pas de lui avoir confier le poste de professeur de Défense, le poste qu'il convoitait depuis son arrivée ? Vous ne regrettez pas d'avoir aidé Rogue –il cracha son nom avec une haine sans bornes- à devenir le nouveau Voldemord ?!

Et il accompagna le geste à la parole, lançant sur le bureau de Dumbledore la lettre qu'il avait reçu quelques heures plus tôt, quelques heures plus tôt, quand il ne s'attendait absolument pas à voir le petit monde tranquille qu'il avait permis s'effondrer à nouveau.

Le visage du vieil homme n'avait cesser de pâlir, depuis le début du discourt bien senti de Harry, depuis le début de la lettre, son visage avait retrouvé ses traits tirés, il était plus tendu, tous le sentaient, ses yeux, sous ses lunettes en demi lunes, n'avaient plus la petite étincelle qui y brillait quand ils étaient entrer dans le bureau. Il venait de comprendre la gravité de son geste, et il savait maintenant, bien plus que la première fois qu'il s'était disputé à ce sujet avec Harry, que la faute reposée entièrement sur ses épaules.

- Je suis désolé, finit-il par dire, j'aurai du t'écouter, Harry.

Au plus grand étonnement de tous, Harry ne prit pas la mouche, mais répliqua d'une voix calme :

- Les excuses ne servent pas à grand-chose désormais, ce qu'il nous faut savoir, c'est si oui ou non Rogue sait pour les Horcruxes. Si oui, nous ne sommes pas prêts de dormir tranquilles…

Ils passèrent une bonne partie du reste de la matinée dans le bureau du Directeur, angoissé par ce qui allait se passer dans les temps à venir. Mais Harry plus encore, comment dire à Ginny que tout allait recommencer ? Elle qui était encore si fragile, elle qui l'inquiétait ? Elle qu'il aimait plus que tout, par-dessus sa vie ? Tant de question auxquelles il ne trouvait aucunes réponses…