Aucune review sur le précédent chapitre, mon discours de Lornaddict vous aura sans doute rebuté...

Quoi qu'il en soit, voici un nouveau chapitre !


- C'est une très mauvaise idée

Elena soupira à la plainte d'Evan et stoppa net leur marche claudicante. La jeune femme avait quelques difficultés à marcher seule, et elle avait prit appui sur Evan durant le trajet qui la mena de son fauteuil à la table où séjournait dors et déjà le Sergent Cardin, à qui elle jeta un bref regard avant de se tourner vers Evan.

- Au moindre mouvement...

- Je t'interdis de faire quoi que ce soit Evan ! Tu es suffisamment dans le pétrin comme ça, n'en rajoute pas inutilement

- Très bien, je n'interviendrais que si c'est vraiment nécessaire

- Tu es têtu comme une mule ma parole !

- Je te retourne le compliment...Bon...Vas-y doucement, ok ?

- Tu auras un rapport détaillé à mon retour de mission, promis !

Après un petit sourire, Evan relâcha son étreinte et fit quelques pas en arrière, veillant à ce qu'Elena soit bien assise avant de s'en retourner auprès des observateurs – la délégation entière ainsi que ses supérieurs.

Elena prit une grande inspiration et parcourut avec prudence les derniers mètres qui les séparaient de son futur passé, qui la fixait du regard avec cette caractéristique lueur narquoise au fond des yeux.

- Bonjour Elena, salua Elliot lorsqu'elle fut assise

- Bonjour Elliot

- Comment te sens-tu aujourd'hui ?

- Ne me dis pas que tu as perdu la vue en plus de la raison ? J'ai mal physiquement et je me sens comme quelqu'un dont la vie vient d'être brisée en mille morceaux

- Si tu m'as demandé de venir pour que je puisse t'entendre te plaindre...

- Non Elliot, je ne suis pas là pour 'geindre'. Je veux que l'on parle de nous

- Il y a donc encore un 'nous' ?

- Justement, non. Je...Je viens te rendre ceci

Elena plongea la main dans la poche intérieur de sa veste et en sortit sa bague de fiançailles. Elle la tendit à Elliot, mais fut déstabilisée de ne pas le voir la prendre.

- C'est fini Elliot, se reprit-elle. Je ne veux plus t'épouser...Je ne t'aime même plus. Et ne crois pas que je changerais d'avis, tu perdrais ton temps

La linguiste posa la bague sur la table et la fit glisser vers Elliot. Celui-ci réagit enfin, et se pencha sur la table pour repousser l'anneau vers son ex-fiancée.

- Garde-la. Cadeau

- « Cadeau » ?, s'étrangla Elena. As-tu entendu ce que je viens de te dire Elliot ?

- Je t'ai entendu oui, pas la peine de hausser le ton comme ça

- Comment peux-tu croire que je garderais un 'souvenir' de ses jours infernaux ? J'en aurais déjà des traces physiques et psychiques, je ne veux pas porter un fardeau de plus !

- Je te signale que tu en portes déjà un

- Cet enfant est tout sauf un fardeau ! Le fait que son père soit une ordure ne m'empêche pas de l'aimer. Au contraire ! C'est même la seule chose dont je sois fière à l'heure actuelle

- J'espère bien que tu es fière de porter mon gosse. Il te sera encore plus difficile de m'effacer de ta vie comme tu essaies de le faire

- « Ton gosse » ? Comment peux-tu parler ainsi de ce petit être innocent ? Ce n'est pas une chose que l'on peut manipuler impunément, c'est un bébé !

- Je suis son père ; j'ai tous les droits sur lui !

- Non ! Ses 'droits' tu les as perdu en manquant de le tuer ! Et je ferais mon possible pour que plus jamais tu n'aies de 'droit' sur cet enfant. Tu n'avais pas le DROIT de me traiter comme tu l'as fait Elliot ! Je m'en veux horriblement d'avoir été trop amoureuse pour voir qui tu étais vraiment : un homme malsain ! J'ai été trop longtemps aveugle...

- Mais maintenant que tu as ouvert les yeux...Pardon, c'est vrai ! Qu'on t'a ouvert les yeux !

- T'en prendre à Evan pour m'atteindre est aussi détestable que ce que tu m'as fait

- Mais je vois que ça ne vous empêche pas de vous coller. C'est dégoûtant. Tu me blâmes Elena, mais tu n'es pas mieux

- Je t'interdis de dire ça ! Tu ne sais rien du tout ! Evan est le meilleur ami que j'ai jamais eu. Lui il se préoccupe sincèrement de moi. Il ne m'a pas abandonné quand il a vu que je tentais bêtement de m'accrocher à notre couple. Il était auprès de moi quand j'en avais le plus besoin, et même quand je ne pensais pas que c'était nécessaire. Il m'apportait et m'apporte toujours la tendresse dont tu es incapable

- Tu te rends compte que tu parles de lui comme si tu en étais amoureuse Elena ? Alors que tu cries haut et fort le contraire ?

- Je parle comme une femme qui ne cessera jamais d'être reconnaissante à Evan

- Ce sale profiteur ?

- Tout cela est dans ta tête Elliot !

- Oh non, je ne crois pas. Je vous ai vu quand vous pensiez être seul. Il bave littéralement sur toi et toi, tu ne dis rien, tu le laisses faire

- De toute façon, ce qu'il peut se passer entre Evan et moi à présent n'est plus de ton ressort – et ne l'a même jamais été !

- Tu es ma fiancée !

- J'étais ! Tu ne t'imagines tout de même pas que je vais rester une seconde de plus attachée à un homme qui m'a fait autant souffrir ! J'ai essayé de t'aider, mais je crois que ton cas est incurable. Tu n'as que ce que tu mérites Elliot. Et j'espère de tout mon être que tu iras pourrir en enfer

Elena se leva de sa chaise, mais d'un geste rapide, Elliot agrippa son poignet et le serra avec force.

- Oui, mais j'aurais la satisfaction de ne pas y aller seul Elena

- Lâche-moi, espèce de monstre !

Elena paniquait. Les images de toutes ses fois où Elliot l'avait battu et humilié assaillaient son esprit et la paralysaient. Elle avait beau tirer sur le bras d'Elliot pour dégager sa main dont elle perdait de plus en plus la sensibilité, son incapacité à y parvenir cette fois encore ne faisait qu'accentuer sa détresse. Les larmes brouillèrent peu à peu sa vision, mais pourtant, elle vit nettement Evan se précipiter à ses côtés.

Le Major délogea brutalement la main d'Elliot du poignet de sa belle pour la plaquer sur la table, tout en attrapant l'autre militaire par la gorge pour le forcer tout aussi violemment à se rasseoir sur sa chaise. Lorsqu'Elena leva les yeux pour regarder Evan, elle fut estomaquée de le voir aussi enragé. Ses pupilles étaient dilatées sous la colère, sa respiration était plus rapide que la normale, et elle sentait bien qu'il luttait avec lui-même pour ne pas finir Elliot sur le champ.

Elle murmura doucement son prénom, posant une main tremblante sur son épaule. Evan quitta un instant Elliot des yeux pour lancer un regard confus à Elena, mais revint rapidement à l'ennemi qu'il tenait à sa merci.

- Touche-la, regarde-la encore une fois Cardin, menaça Evan, et c'est par petits bouts qu'on retrouvera ton corps

Elena comprenait mieux maintenant comment Evan en était arrivé à tabasser Elliot. Il serrait son avant-bras avec une telle force...comme s'il cherchait à tatouer sa peau en faisant passer à travers ses doigts la rage qui couler dans ses veines. Et tout ça, tout ça, parce qu'il était tellement amoureux d'elle qu'il ne supportait pas de la voir souffrir. Il l'aimait avec une telle passion qu'Elena en fut frappée et s'en sentit soudainement oppressée.

- Evan, je t'en prie, lâche-le

Evan cligna des yeux quelques instants, pencha la tête avec une grimace, et lentement, desserra ses poignes.

- Dégage, ordonna-t-il à Elliot

Une lueur de terreur traversa une microseconde les pupilles d'Elliot, avant qu'il n'obtempère, reprenant son air supérieur et narquois. Evan gémit faiblement et se pencha sur la table, tentant de reprendre son souffle. Elena ignora la délégation qui s'approchait et câlina délicatement les cheveux et le dos de son ami.

- Je suis désolé princesse. Mais il...quand il t'a attrapé, j'ai perdu mon sang-froid...Encore...Hen ! Si j'avais été armé et moins pressé...

- Chhh...

- Il doit vraiment être atteint pour oser s'en prendre à toi devant autant de gens ! Je sais, on pourrait dire la même chose de moi

- Non !

Elena passa son bras autour de l'épaule d'Evan et glissa son autre main vers la joue du Major, qu'elle caressa à travers les larmes qu'elle n'avait pas vu couler.

- Ce que tu as fait était différent Evan. Elliot a voulu me faire mal, tu m'as simplement défendu. Je ne t'en veux pas et personne ne dira rien

La linguiste jeta un regard explicite aux personnes qui les regardaient avec curiosité, mais les oublia bien vite lorsqu'Evan se tourna enfin et la prit dans ses bras. La joue humide du jeune homme frôla sa tempe et elle frissonna doucement lorsque son souffle chaud vint caresser son cou et ses cheveux. Elle resserra son étreinte, la main dans son dos se refermant sur le tissu de sa veste alors que celle qui reposait sur sa nuque se faisait plus douce. Elle ferma les yeux, tant pour échapper aux regards inquisiteurs que pour taire la petite voix qui lui soufflait « Il t'aime. Il t'aime. Il t'aime d'un amour vrai » en une douce litanie qui faisait battre son cœur.