Bon, j'aurai enfin glissé le "témoignage" de Dolly. Dans la version originale, elle en faisait un autre plus tôt, mais je trouvais que ça avait plus ou moins sa place lorsqu'il avait été fait, et je préférais attendre ce moment-ci. Pas évident, quand même.

Je m'en veux un peu de faire un Reno-clown comme dans AC, j'essaie de le rendre un peu plus comme dans le jeu, mais c'est pas évident... mais bon, un peu de comic relief, c'est pas plus mal non plus.


Dolly était sortie du bureau où discutaient encore Rufus et Kael, ne se sentant pas du tout à sa place. En plus ils faisaient tous les deux semblant de l'ignorer, rien de bien plaisant. Elle alla donc s'asseoir sur un petit fauteuil, en face de la jolie secrétaire de Rufus, qui lui fit un sourire avant de reprendre le boulot. Comme elle avait l'air plutôt sympathique, et pas trop occupée, et Rufus lui avait dit qu'il n'y avait pas touché comme elle était lesbienne, alors Dolly se décida à l'aborder, pour passer un peu le temps.

-C'est pas trop fatiguant, votre travail ?

-Pas mal, répondit-elle vivement, je dois tout compresser à cause de la condition du Président, et quand je refuse une rencontre ou que je repousse un rendez-vous, si vous saviez ce que les gens peuvent dire en méchancetés !

-Ça doit pas être marrant, dit Dolly en penchant la tête sur le côté. Vous vous appelez comment ?

-Moi c'est Rayela.

-Ça vous dirait qu'on aille prendre un café ensemble un de ces quatre après votre travail ?

-Pourquoi pas, je-

La secrétaire leva soudainement le doigt, recevant manifestement un appel.

-Attendez un instant, dit-elle avant de répondre à la ligne et de se lancer dans une joyeuse discussion qui tourna à l'engueulade.

Dolly attendit quelques minutes, en se disant que Rufus et Kael prenaient bien leur temps, jusqu'à ce que Rayela raccroche et se tourne vers elle.

-Désolée de vous avoir fait attendre…

-Ce n'est pas votre faute, voyons ! Tenez, c'est mon numéro de PHS, ajouta Dolly en lui tendant un bout de papier. Quand l'envie vous en prendra, vous m'appellerez, je n'ai pas beaucoup d'amis à qui parler…

-Moi non plus, soupira Rayela, j'ai un emploi du temps terrible, pire que celui du Président si j'ose dire, alors ça ne laisse pas beaucoup de temps pour les amis…

-Ça vous ferait du bien, des vacances, à vous !

-Pas tant que le Président n'en prend pas, soupira à nouveau la pauvre secrétaire.

-On peut attendre longtemps, alors, pleurnicha Dolly.

-Au moins depuis que vous êtes là, il prend quelques soirées, ça me permet de voir les quelques copines qui me restent… je peux vous remercier pour ça !

-Ah ? De rien…

Kael sortit alors du bureau de Rufus, et Dolly détourna le regard jusqu'à ce qu'il soit hors de sa vue. Elle attendit encore un peu, puis elle salua la secrétaire et décida d'aller traîner du côté du labo de Maboroshi. Celui-ci était en train de tester ses anticorps mutants sur des rats (bonne nouvelle), mais il lui demanda aussitôt s'il ne pouvait pas faire quelques autres prélèvements pour avoir du matériel frais, et ainsi il lui prit une bonne poche de sang (moins bonne nouvelle).

Pendant qu'il faisait de nouvelles analyses, Dolly continua de traîner dans le labo, et vit un tas d'éprouvettes remplies de liquide et portant des étiquettes où il était marqué « soma ». Ah, c'était ce truc qui lui avait fait perdre son boulot à l'Angel Tears, finalement c'était à cause de ça qu'elle était dans la merde… tout ça pour une putain de drogue à laquelle elle n'avait jamais touché de sa vie ! Dolly en prit une discrètement et se dit qu'elle allait tester, tiens… et elle renifla l'éprouvette, puis en avala une gorgée.

Mais elle s'écroula par terre, ses jambes soudain prises de convulsions. Elle vit Maboroshi qui se tournait vers elle en criant, mais sa voix devenait déjà faible à ses oreilles :

-T'as pas été assez bête pour prendre du soma pur ? C'est fait à base de mako, idiote !

Mais déjà elle perdait conscience, et sa dernière pensée fut de se dire « ah merde, j'aurais dû y penser… »

OoOoO

Rufus sursauta en entendant la sonnerie de son PHS. Il vit que c'était Netza'h Maboroshi qui l'appelait. Comme c'était assez rare en dehors de ses rendez-vous, il décrocha, intrigué.

-Oui ? Maboroshi ?

-Monsieur le Président, dit le scientifique, il y a eu un petit incident… avec Victoria…

Le blond sursauta une nouvelle fois en entendant le nom de Dolly et demanda nerveusement :

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Elle a inhalé accidentellement du soma dans mon laboratoire, expliqua Maboroshi, et elle a eu quelques effets secondaires, comme elle a fait une cure de désintoxication au mako, son organisme n'a pas trop apprécié on dirait… elle est à l'infirmerie, là, je pense que ça devrait aller…

-Je peux venir la voir ?

-Oui, elle commence à s'agiter doucement, là…

-J'arrive maintenant.

Mais en arrivant à l'infirmerie quelques minutes plus tard (mais pourquoi les ascenseurs ne sont pas plus rapides ?), Rufus vit que ça n'allait pas du tout, au contraire. Dolly se débattait dans le vide et criait des paroles incohérentes, mais qui pouvaient se résumer par « je ne veux pas retourner dans ce tube ! » Elle se tourna vers lui lorsqu'il arriva, et il vit que ses yeux étaient particulièrement lumineux et ses pupilles étaient très dilatées. Elle hurla à nouveau en le voyant.

-Je ne sais rien sur Sephiroth !!! Arrêtez de me frapper !

Rufus se tourna vers Maboroshi, qui avait l'air de paniquer un peu. Lui aussi.

-Elle fait une crise de panique, le soma lui fait probablement remonter ses mauvais souvenirs sous forme de délire, dit le scientifique. Je vais essayer de lui injecter un calmant…

Et Rufus le regarda s'approcher de Dolly avec sa seringue. Celle-ci se débattit encore plus en voyant l'homme en blouse blanche avec sa seringue s'avancer vers elle, mais il parvint à immobiliser non sans peine son bras assez longtemps pour lui faire son injection, et elle s'endormit assez rapidement. Rufus regardait, et se sentait complètement impuissant et très frustré…

-Elle devrait avoir retrouvé tous ses esprits et s'être réveillée d'ici une heure, dit le médecin. Vous souhaitez la garder près de vous, ou bien je la mets en observation ?

-Je voudrais… rester près d'elle, si ça ne dérange pas…

-Non, bien sûr que non…

Maboroshi déposa Dolly dans un lit d'une pièce adjacente, et Rufus s'installa à côté. Il contacta sa secrétaire pour qu'elle lui amène ses documents – il n'allait quand même pas passer la prochaine heure à ne rien faire non plus, il était quand même au travail… ce qui ne l'empêchait pas de caresser la main ou le front de Dolly de temps en temps, attentif au moindre mouvement.

Elle finit par s'éveiller en sursaut et se redresser péniblement dans le lit. Rufus posa ses papiers par terre et lui prit la main.

-Par Shiva, j'ai mal au crâne… Qu'est-ce qui s'est passé ? J'étais au labo, et puis… J'ai fait une bêtise, je crois…

-Je crois aussi, répondit Rufus avec douceur.

-Comment tu fais pour me supporter ? s'écria Dolly en se jetant à son cou.

Il lui tapota gentiment le dos, et lui répondit, d'un ton juste un peu moqueur :

-Aucune idée, je dois être maso…

Elle resta encore un moment contre lui, et il sentait qu'elle tremblait et retenait ses sanglots. Finissant par se détacher de lui, elle passa le dos de sa main sur ses yeux et renifla.

-Je me souviens que j'ai eu des flashs affreux du passé…

-Si tu en as besoin… tu peux m'en parler…

-Je voudrais que tu saches, Rufus, mais si tu ne veux pas je comprendrais…

-Non, vas-y, ça ne me dérange pas. Je veux savoir.

Ce n'était pas tant qu'il voulait savoir, qu'il voulait exorciser ce sentiment qui l'avait pris depuis un certain temps, et qui lui était revenu intensément pendant la crise de Dolly à peine une heure plus tôt ; il savait qu'il avait été la cause de grands malheurs dans la vie de la femme qu'il aimait maintenant, des malheurs qu'elle voulait oublier, mais il voulait savoir avant qu'elle oublie, pour oublier lui aussi avec elle… Alors il continua de lui caresser la main, et il lui fit un sourire encourageant.

-J'ai été torturée tu sais, j'étais méconnaissable tant on m'a tailladé le visage et le corps. Scarlett s'est bien amusée avec des petits couteaux, et elle m'a brûlé partout sur la nuque et la poitrine avec des cigarettes… Heidegger aussi était là, j'ai été tellement frappée, on m'a brisé les doigts un à un, je ne me rappelle que de la douleur, et puis j'ai dû finir par perdre connaissance… Et j'ai fini par me réveiller dans un tube, immergée dans de la mako avec des aiguilles et des tubes partout.

La gorge de plus en plus serrée, Rufus tenta d'avaler et échoua, mais il finit par articuler :

-Et… ensuite ?

-… Ensuite ça a duré des jours et des jours, je n'ai jamais pu faire le compte, c'était des tests, des tests, toujours plus de tests, Hojo n'était jamais satisfait, j'avais l'esprit qui commençait à entendre des voix, mais mes blessures guérissaient, c'était JENOVA qui commençait à prendre le contrôle. Mais finalement ça a raté… tu connais la suite…

Dolly tordait les draps avec sa main libre, l'air embarrassée. Rufus baissa les yeux, abattu. Il se sentait coupable, il se doutait de tout ce qu'elle avait dit… et c'était à cause des ordres qu'il avait donné à l'époque. Ni la crise de Sephiroth, ni son inexpérience ne pouvaient excuser ce genre de tourments…

-Désolée de ramener cette histoire, dit Dolly au bout d'un certain moment, il n'y a que Dajim qui savait… mais tu dois savoir que je ne t'en veux pas, je t'ai pardonné et je t'aime.

-C'est quand même ma responsabilité… c'est moi le Président…

Elle serra les doigts de Rufus entre les siens et osa un sourire.

-C'est vrai, mais c'est du passé tout ça, je veux laisser ça derrière… comme pour toutes tes conquêtes, c'est ta vie privée et même si ça me rend maladivement jalouse, c'est du passé, alors je vais essayer d'éviter de t'embêter avec ça, promis !

-Pour ça… je n'oserais pas me plaindre après ce que tu viens de me raconter, mais disons que j'avais besoin d'oublier certaines choses et que les femmes, c'est quand même mieux que le soma.

-On noie ses problèmes comme on peut, moi c'est la chanson…

Dolly se raidit soudain, comme si elle se souvenait de quelque chose.

-Tu as eu le temps de voir le médecin, finalement ?

-Non, je t'attendais, répondit Rufus en haussant les épaules.

-Désolée de te faire perdre du temps, dit Dolly en se mordant la lèvre. On va y aller, c'est à quel endroit ?

-À Healin.

-Ok, il faut prendre l'hélico alors… Tseng vient, j'imagine ?

-Non, c'est Reno, Tseng est occupé ici.

Elle poussa son fauteuil, quittant le laboratoire (et saluant Maboroshi qui s'amusait bien l'œil collé sur un microscope) et se dirigeant vers la piste d'hélicoptère. Rufus lui jeta un regard inquiet et lui demanda comment elle allait, après tout elle venait d'avoir une crise assez violente, mais elle lui assura qu'elle allait bien.

-Il le faut bien pour ce soir au gala, ajouta-t-elle, je dois te protéger des fans hystériques !

-Je t'assure, ma cote a beaucoup baissé depuis l'accident, répondit Rufus d'un ton assez embarrassé.

-Sérieusement, tu as eu beaucoup d'aventures depuis ton accident ? Je demande juste par curiosité, par pour me fâcher…

-Pas tant que ça, répondit-il prudemment, ça tiendrait sur les doigts d'une main…

Il n'osa pas ajouter que Kael avait fait partie de celles-là, et il la laissa plutôt frapper à la porte de l'hélico, devant lequel ils étaient enfin arrivés. Comme il n'y avait pas de réponse, elle tapa encore plus fort.

-J'espère que Reno ne dort pas encore, là-dedans, grogna-t-elle.

-Ça ne m'étonnerait même pas…

-Mais qu'est-ce que j'entends, fit la voix amusée de Reno derrière eux, on critique encore mes méthodes de travail ?

-Parce qu'elles sont douteuses, tes méthodes de travail, rétorqua Dolly. Aide-nous, plutôt !

-Pas de problème, ma jolie !

Et Reno ouvrit la porte de l'hélico avec sa clé, puis il s'approcha de Rufus et le souleva dans ses bras comme une princesse. Si Rufus et Dolly avaient été des personnages de dessin animé, ils auraient tous les deux eu de grosses gouttes d'eau sur le côté de la tête…

-Bon, on se dépêche, dit Dolly qui semblait préférer s'abstenir de commentaires. Tu sais piloter, toi, au fait ?

-Vaguement, et toi ? répondit Reno qui installait Rufus sur un siège de passager.

-Ok, JE pilote, tu m'assistes, soupira Dolly.

Rufus savait très bien que Reno était un excellent pilote d'hélicoptère, l'ayant souvent vu à l'œuvre. Il était juste trop paresseux… Mais Dolly avait trop l'air de s'amuser en pilotant, et Rufus décida de ne rien ajouter.

OoOoO

Alors qu'ils étaient sur le point d'arriver à Healin, Dolly décida de profiter du vacarme ambiant pour poser quelques questions à Reno à travers leurs casques sans que Rufus l'entende. Elle venait de promettre de ne plus trop embêter Rufus avec ses anciennes conquêtes, mais ça ne l'empêchait pas de poser des questions aux conquêtes en question, non ?

-Ren', tu le trouves comment, Rufus ?

-Hm ? Je le trouve rufusien, pourquoi ?

-Bon, je vais être plus directe, dit Dolly en fronçant les sourcils, tu as déjà couché avec lui, c'était comment ?

-… meh ? Bah je sais pas trop, je me rappelle m'être réveillé dans le même lit que lui, mais à part ça… putain, mais qu'est-ce qu'on avait bu !

Dolly se tapa le front du plat de la main, puis elle se concentra sur sa manœuvre d'atterrissage.

-Bande de poivrots ! Tu t'es réveillé dans son lit, au manoir ?

-Woh, c'était son lit ou le mien, déjà ? se demanda Reno en ayant l'air de se retenir de rire.

-Mais quel poivrot tu fais, merde !

Inutile de dire que l'atterrissage fut un peu brusque. Dolly se releva aussitôt la manœuvre finie, et donna un petit coup de pied dans les jambes de Reno au passage (ce qui ne l'empêcha pas de se marrer d'ailleurs), avant de se diriger vers Rufus, l'air très aimable.

-Je peux savoir pourquoi tu viens de frapper Reno ? lui demanda Rufus d'un air un peu étonné.

-Pour le réveiller, déclara Dolly, tu ne le paies quand même pas à ronfler, celui-là, non ?

Rufus avait encore l'air dubitatif, mais il s'abstint heureusement de commentaires. Dolly sortit le fauteuil roulant, pendant que Reno soulevait son Président, un peu plus normalement cette fois-ci, et l'y déposait.

-Bon, je peux aller dormir là-dedans, moi ? demanda Reno en blaguant à moitié.

-… Tu ne pourrais pas surveiller le périmètre, plutôt ? répliqua Rufus.

-Oui, Président !

Et il fila aussitôt, laissant Dolly emmener Rufus jusqu'au bureau du médecin, dans la clinique. Celui-ci attendait, avec une infirmière, mais lorsqu'il demanda à être seul avec le Président, le blond lui dit qu'il voulait que Dolly reste. Le médecin jeta un regard à celle-ci et eut l'air de se dire qu'il tenait davantage à sa vie qu'à la déontologie. Dolly se demandait bien quelle tronche elle faisait exactement, mais peu importe, elle pouvait rester, la la lère.

Rufus se fit installer et l'infirmière commença à le déshabiller et à défaire ses bandages. Dolly trouvait que la petite avait l'air d'en profiter un peu trop à son goût, mais elle eut rapidement fini et le médecin commença à examiner Rufus.

-Est-ce que vous trouvez qu'il va mieux ? demanda aussitôt Dolly.

-Mais laissez-moi faire mon travail d'abord, je tiendrai les conclusions après.

Et Dolly trouvait maintenant que c'était le médecin qui prenait un peu trop son temps et en profitait un peu trop à son goût, on sait jamais, c'était peut-être un vieux pervers… Il finit tout de même par se rasseoir à son bureau.

-Alors, alors ? demanda aussitôt Dolly.

-Alors, monsieur Shin-Ra va mieux, mais il faut encore qu'il se repose.

-Bah tiens, lâcha le monsieur Shin-Ra en question.

-J'ai des questions à poser ! s'exclama aussitôt Dolly.

-Posez-les, soupira le médecin.

-On a le droit de faire l'amour à quelle fréquence sans que ça le fatigue trop, exactement ?

Rufus mit aussitôt ses deux mains devant sa bouche pour ne pas éclater de rire. La petite infirmière en fit autant. Mais Dolly était très sérieuse, et le médecin l'était tout autant lorsqu'il lui répondit :

-Une fois par semaine maximum.

-Et j'ai le droit de lui faire des gâteries, ou bien ça le fatigue aussi ?

-Interdiction claire de faire ça.

-Vous êtes sûr que vous êtes médecin, vous ?

-Je ne sais pas si je dois continuer de vous permettre de rester pendant une consultation, mademoiselle.

-Ça va, ça va, intervint Rufus, qui avait l'air particulièrement gêné.

Dolly se sentait un peu boudeuse. Une fois par semaine, et puis quoi encore, elle dormait avec un des hommes les plus beaux et sexy qu'elle ait pu croiser dans sa vie, et il faudrait qu'elle se retienne six jours sur sept ? La torture… Elle tenta de se dire qu'au bout de cette attente, l'acte n'en serait que plus doux et merveilleux… mais bouh…

-Bon, c'est fini la consultation ? Si vous n'avez rien de plus intéressant à dire, c'était bien la peine de venir jusqu'ici, ça, ça le fatigue, par contre…

-C'est qui le médecin, ici ? s'indigna l'homme en blouse blanche.

L'infirmière alla pour remettre les bandages à Rufus, mais Dolly les lui arracha des mains.

-Je vais le faire moi-même, affirma-t-elle, elle a les mains baladeuses, elle…

Le médecin rédigea un papier pendant que Dolly remettait les bandages sur Rufus, puis l'aidait à se rhabiller. Celui-ci avait l'air un peu découragé, et Dolly se demanda si c'était à cause d'elle, ou à cause de l'abstinence six jours sur sept… ou les deux…

-Tenez, dit le médecin lorsqu'il eut fini d'écrire, ce sont les trucs que vous pouvez faire et ceux que vous ne pouvez pas faire, pour ne pas trop vous fatiguer.

Il leur tendit le papier. Dolly leva le nez dessus, mais Rufus le prit sans broncher, avant que Dolly ne l'entraîne hors de cette affreuse salle de consultation.

-Alors, qu'est-ce qu'il t'a marqué comme conneries ? demanda-t-elle.

-La liste habituelle, répondit-il, par contre il a souligné l'abstinence… Ah tiens, il a aussi ajouté le café, hé merde…

Dolly retint un soupir, et souhaita de tout cœur que l'expérience de Maboroshi fonctionne. Revenant à l'hélico, elle appela Reno à voix haute. Celui-ci sauta du toit de la clinique pour les rejoindre.

-Yo ! Je vous ai manqué ?

-Fais ton boulot, toi !

Reno commença à soulever Rufus, cette fois à nouveau en style princesse.

-Pfff, je t'ai pas manqué ?

-Bof, mais il faudrait quand même qu'on aille se prendre un verre en ville un de ces quatre ! proposa Dolly, qui aida à ranger le fauteuil.

-C'est pas de refus, et puis tu peux aussi inviter une ou deux copines chanteuses, ça serait pas mal non plus…

-Bah tiens… On rentre à la Tour, patron ?

-Plutôt au manoir, répondit Rufus, je dois plutôt me changer pour la soirée, et Dolly aussi…

Dolly laissa Reno piloter, cette fois, préférant s'appuyer contre Rufus. Finalement, sa crise de tout à l'heure l'avait un peu fatiguée, nerveusement… et dire que c'était Rufus qui devait se reposer… ah, ce qu'elle aurait voulu prendre des vacances avec lui…


*écoute The Tree Song de l'OST de Kaiba et veut aller dormir*