Titre : La Ligue
Auteur : Ruth Dedallime
Disclaimer : Harry Potter est à Rowling, pas à moi. Vous reconnaîtrez facilement mes apports à l'univers pré-cité.
Spoilers : Tome V (ne tient pas compte du tome VI, donc pas d'Horcruxes, pas de Reliques de la Mort, etc.)
Rating : T
Et oui, vous ne m'attendiez pas et me voilà ! Après deux ans de hiatus, La Ligue revient plus fort que jamais avec un solide chapitre de plus de 20.000 mots.
Déjà, je ne pouvais pas manquer l'année 2015 qui marque les dix ans d'écriture de La Ligue. Le temps passe, mes amis, le temps passe. Je n'aurais pas cru en me lançant dans cette fic en 2005 qu'elle prendrait cette proportion... Elle m'a bien eu, la traîtresse ! Bien entendu, cela ne fait pas dix ans que j'écris La Ligue, puisqu'il y a eu deux hiatus de deux années, donc ça ne fait que six ans. Mais bon, ce n'est pas rien tout de même.
Petit rappel (ou pour plus d'info, allez faire un tour sur la Liguopédia) :
Henri Bellamie : journaliste, directeur de l'Haxonaute, père des jumeaux Bellamie
Axelle Messidor : Sénéchale de France, chef des Aurors et mère de Junon
Belladone Boudreaux : professeur d'alchimie à Beauxbâtons
Stanley Flint : Ambassadeur du Royaume Uni en France
Marin Constan : homme politique français. Ministre de l'Education et alter d'Olympe Maxime
Et toujours nos chers Beauxbâtonneurs...
Miranda Ducratère : déléguée de 1ère A, apporte son aide aux Gryffindors
Simon Jarnac : son alter
Sophie Charoux : déléguée de 1ère B, le genre dévoué
Ralph Iverness : français d'orgine écossaise, a fraternisé avec Morag McDougal
Gisèle Anarcil : sa petite amie et alter.
Rapahela Wlosretzic et Vivane Doxis : alters, punks.
Altaïr Castel-Dajax : le boute-en-train de service, petit ami de Miranda
Hippolyte Ravier : alter d'Altaïr, intellectuel et cultivé
Wotan Crèvecoeur et Marie-Céleste Otéane : alters, membres de la Guilde de la Rose, excellents duellistes
Suzanne Martin : psychométriste, alter de Sirène Piccolo
Sirène Piccolo : alter de Suzanne Martin, le genre pas commode
Alexis Bombaste : alchimiste de génie, délégué de 1ère A
Martial Bernou : son alter, le spécialiste des relations humaines
Titus Hamory : délégué de 1ère B, sérieux et respecté de tous
Olivier Nestor : le fameux... alter de Sophie Charoux
Aldo de Villarmé et Irène Galvowska : alters et animateurs de Radio Beauxât
Marc-Horus Volauvent : la star de Beauxbâtons, alter de Ron
Et bien entendu, Junon Sorlimus : tuteur de Harry, fille de la Sénéchale de France
(oui, on voit du monde dans ce chapitre !)
Mais c'est un couard !
"Samedi 27 septembre, Little Whinging, Surrey,
Ma chère Hermione,
Je ne sais par quoi commencer tellement la situation est tendue en Angleterre. Je pense que la poste moldue est encore sûre, et tant que les mangemorts ne m'ont pas repérée, nous pouvons continuer à communiquer ainsi. Etes-vous également certaine de votre contact sur Paris ?
Première chose, vous trouverez dans l'enveloppe une lettre de Remus Lupin pour Minerva McGonagall. Il faut la lui remettre au plus vite, avant même de poursuivre la lecture de cette missive.
Ceci fait, je tiens tout d'abord à vous rassurer : Alastor Moody a fait ce que vous avez suggéré pour vos parents. A l'heure qu'il est, ils sont en Australie. Vous n'avez donc pas à vous inquiéter pour eux.
Maintenant, je dois vous parler de quelque chose de terrible concernant la famille de Harry. Les Dursleys ont été tués tout début septembre, peut-être même avant votre arrivée en France. Ils ont probablement été les premières victimes de la guerre. Je vous laisse libre d'en informer Harry ou non, comme cela vous semble préférable. Merlin sait qu'ils n'ont jamais été une famille aimante pour lui, mais c'était néanmoins sa famille.
Ensuite, pour vous résumer la missive de Lupin au professeur McGonagall, le gouvernement sorcier est noyauté. Rufus Scrimgeour a été tué il y a presque deux semaines et son vice-ministre est sous imperium des Mangemorts. C'est donc un pantin qui nomme des sympathisants Mangemorts à tour de bras à des postes clés du Ministère. Toutes les méthodes sont bonnes : corruption, accidents, départs en retraite anticipée... Dans quelques semaines, plus aucuns poste à responsabilité ne sera entre les mains des sorciers de notre bord.
Depuis que Hogsmead a été ravagé, les Mangemorts y ont installé une arrière base et ils empêchent Hogwarts de communiquer avec l'extérieur, même s'ils ne l'ont finalement pas attaquée. Aux dires de Remus Lupin, c'est un scénario que Dumbledore n'avait pas anticipé et l'isolement total de Hogwarts nous a beaucoup affaibli stratégiquement. Quoi qu'en dise Lupin, je trouve préférable que l'école et ses élèves soient hors de danger. Si seulement Dumbledore pouvait communiquer avec nous ! Mais c'est désormais impossible. Les tableaux qui passaient les messages jusque-là sont étroitement surveillés et certains d'entre eux ont été isolés dans des coffres Mangemorts de Gringotts.
Nous avons également perdu le Square Grimmaurd : à la mort de Sirius Black, ce sont ses cousines qui en ont hérité. Andromeda Tonks a tenté d'en prendre le contrôle pour nous, mais Narcissa Malfoy a obtenu que le Sceau du Secret soit brisé. Sans cette protection, Square Grimmaurd n'était plus d'aucune utilité à l'Ordre, nous l'avons donc laissé aux mains de Madame Malfoy. Nous pensons qu'il a peut-être abrité les échappés d'Azkaban avant l'attaque d'Hogsmead, mais n'en avons jamais obtenu la preuve.
En apparence, la crise est apaisée et le gouvernement fait tout pour rassurer la population. Nous tentons d'alerter le maximum de personnes, mais c'est peine perdue face au Ministère, qui prétend qu'il va bientôt venir à bout du siège d'Hogwarts. Le vice-ministre encourage une union sacrée de tous les sorciers derrière lui pour lutter contre "Vous-Savez-Qui" et en profite pour faire passer toutes les mesures qu'il souhaite. De fait, tout parait calme depuis près de deux semaines et la seule menace apparente sont les Détraqueurs, qui se sont échappés d'Azkaban en même temps que les Mangemorts.
Moody et Lupin sont officieusement recherchés, ils se cachent de temps à autres chez moi, ce qui me permet d'avoir des nouvelles. D'autres que vous connaissez espionnent pour nous au sein du Ministère. De mon côté, je m'occupe principalement de cacher des enfants d'origine moldue et de leur trouver des familles d'accueil loin des villages et des quartiers sorciers.
La consigne donnée par Lupin et Moody est que vous demeuriez autant que possible en France. Harry doit rester à tout prix hors de portée de Voldemort. Je connais ce garçon et je sais qu'il a à coeur de lutter pour la justice, mais dans l'état actuel des choses, s'il rentrait, il serait immédiatement aux mains des Mangemorts. Il faut donc que vous soyez tous très prudent.
En toute hâte,
Arabella Figg"
Neville rendit la lettre à Hermione.
« Merlin, que de mauvaises nouvelles ! » dit-il à son alter.
« Et surtout, une lettre qui date déjà de six jours ! Va savoir ce qu'il en est aujourd'hui ! » s'exclama la jeune fille en réponse. « Tant de choses ont pu se passer depuis... Mais je suis soulagée que mes parents soient hors d'atteinte des Mangemorts. »
« Surtout quand on voit ce qui est arrivé à la famille de Harry... » fit Neville, en hochant la tête, avant d'ajouter d'un ton pensif : « ... Je m'inquiète pour ma grand-mère. J'espère qu'elle n'a pas fait quelque chose de dangereux. »
« Elle fait partie de l'Ordre du Phoenix ? »
« Je crois, mais je n'en suis pas sûr... Elle déteste les Mangemorts, mais parfois j'ai l'impression qu'elle tient l'Ordre pour responsable de ce qui est arrivé à mes parents. Enfin, quand elle n'accuse pas tout simplement ma mère... »
Hermione leva la tête de la lettre à cette remarque.
« Neville, je ne veux pas être indiscrète, mais je m'interroge depuis que nous avons déjeuné chez les Ducratère. C'est vrai que ta mère est la soeur du Mangemort Evan Rosier (1) ? »
« Je n'en sais guère plus moi-même. Grand-mère ne parle de Maman que pour la maudire, alors je ne l'interroge pas outre mesure. J'aimerais bien connaître mieux ma mère, mais même le professeur Dumbledore ne m'a jamais dit grand-chose... hormis que c'était une grande Auror et une femme d'un courage digne de Gryffindor, avec la ténacité, le talent et l'ingéniosité des meilleurs Slytherins. »
« Un portrait élogieux... » remarqua Hermione d'une voix douce. « Tu n'as pas à avoir honte de ta mère. »
« Je n'ai pas honte ! » s'écria Neville avec force. « Je sais que les Slytherins ne se résument pas à Malfoy, à Parkinson ou à Snape. »
« En parlant de Malfoy, » rebondit Hermione, « je me demande ce qu'il trame avec Bombaste. Ils ne se quittent plus ces deux-là. C'est troublant ! »
« Aucune idée. Mais Luna est souvent avec eux. Peut-être qu'elle pourra nous apprendre quelque chose... »
« Cet après-midi, ils doivent aller se faire tatouer sur Paris... Je pense que Malfoy a fait exprès de ne pas accepter les tatouages quand Monsieur Quin était à Beauxbât pour avoir une occasion de quitter l'Académie ensuite, » supputa Hermione. « Va savoir ce qu'il va faire une fois là-bas ! »
« Peut-être quémander de l'argent aux Gobelins, comme Parkinson et Zabini l'ont fait... » hasarda Neville.
« Sans doute, sans doute... En tous cas, Luna a eu de la chance d'échapper à la sanction du professeur McGonagall, » remarqua Hermione. « Je ne pensais pas qu'elle aurait le droit de sortir de Beauxbâtons ce week-end. »
Neville frissonna au souvenir de la colère de leur responsable de maison suite à la parution du numéro spécial de l'Haxonaute. McGonagall les avait interdit de sortie, Hermione, Ron et lui jusqu'à nouvel ordre. Luna avait, elle, été épargnée...
« Il n'y avait aucun témoignage de Luna, » remarqua-t-il, « même si nous la citions parmi les présents au Ministère. McGo ne pouvait pas la punir pour cela. »
« Mais avec tout ça, nous sommes coincés ici. Heureusement que Miranda a eu la gentillesse de repasser par Beauxbât pour nous apporter la lettre dès qu'elle l'a récupérée chez ses parents. »
« Elle savait que c'était important ! Attendons-nous à nous faire cuisiner ce soir... » fit Neville d'un ton fataliste.
« Et sans doute même avant. Je ne doute pas qu'elle doit être en conciliabule avec Simon à l'heure qu'il est. On les verra peut-être à la séance de l'AD... »
Neville ne put s'empêcher de sourire. Simon, comme Miranda, les avait beaucoup aidé, que cela soit à Beauxbât même ou au cours du rallye mondain auquel Neville avait assisté. Nul doute que l'édition de l'Haxonaute avait eu plus d'impact, après qu'ils aient parlé des Mangemorts à plusieurs personnes pendant cette soirée. En tous cas, Simon l'avait laissé entendre. Pas à pas, Neville sentait que leur cause progressait dans les esprits français.
Il avait été très facile en définitive de rencontrer Henri Bellamie. Profitant que tous les autres journalistes aient été accaparé par la présence de Harry Potter aux Vendanges aux côtés de la Sénéchale et du Premier Ministre, le directeur de l'Haxonaute avait pu consacrer deux bonnes heures à Hermione, Ron et Neville. Bellamie avait parfaitement compris qu'il valait mieux chercher l'information auprès des proches de Potter plutôt que tenter de braver le courroux de la Sénéchale. Le journaliste avait nié avec assurance avoir le moindre conflit avec Axelle Messidor, mais Hermione n'avait pas été dupe de ses belles déclarations vertueuses.
Henri Bellamie n'avait d'ailleurs pas été avare de questions embarrassantes. Il avait ressorti du chapeau (2) les articles de Rita Skeeter lors du Tournoi des trois sorciers, les avait longuement interrogés sur Sirius Black, qui passait encore aujourd'hui pour l'ennemi public n°1, s'était étonné de la facilité avec laquelle ils avaient infiltré le ministère, avant d'essayer de les coincer sur les raisons de cette même infiltration. Les trois amis en étaient sortis littéralement lessivés, mais néanmoins heureux que leur message soit passé.
Quoiqu'il en soit, la publication de l'édition spéciale avait eu l'effet espéré, réactions du professeur McGonagall incluses. La décision officielle de l'asile politique était tombée moins de 48 heures plus tard, confortant les anglais à Beauxbâtons.
Ensuite, la semaine avait été riche en événements, depuis les déclarations ahurissantes de Stebbins et Faucett pour justifier certaines idées de Voldemort, jusqu'aux incidents répétés contre Nott par Altaïr et ses amis, et enfin l'annonce de la disparition de Crabbe et Goyle. Hermione avait du mal à croire à l'argument de la fugue. On ne s'enfuyait pas comme ça de Beauxbâtons ! Ses soupçons se tournaient naturellement vers McDougal. Bien entendu, elle n'avait rien de concret à reprocher à la Slytherin, mais elle avait entendu une fois ou deux Bulstrode lui recommender de se calmer et de ne "pas faire de bêtise", puis elle l'avait vu en conciliabule avec Sirène Piccolo, qui n'avait jamais caché son aversion pour les Mangemorts. Avec une alliée comme Piccolo, beaucoup de choses devenaient possibles. La disparition de deux élèves entre autres. Heureusement que Neville s'entendait bien avec Piccolo et que la soirée d'Altaïr arrivait à point nommé pour que le jeune Longbottom tente de lui tirer les vers du nez. Si elle avait une part dans la disparition de Crabbe et Goyle, ils le sauraient bientôt.
On parlait de "soirée d'Altaïr", parce que c'était lui qui avait eu l'idée, mais hormis l'apport de bouteilles de Nectar, Neville ignorait s'il entendait s'investir un tant soit peu dans l'organisation. Sans surprise, c'était plutôt Sophie Charoux qui se démenait comme un farfadet dans un pot de poix (3) depuis deux jours pour que la fête soit un succès. Elle avait ainsi déboulé dans la classe C à l'inter-cours de la matinée, interpellant les participants, pour que chacun apporte quelque chose, notant soigneusement les réponses sur un calepin :
« Tu fais un gâteau au chocolat, Gisèle ? Ok, c'est noté. Ralph ? »
« Euh... Je peux aller acheter des jus de fruits cet après-midi. Ca t'irait ? » avait répondu le garçon un peu pris au dépourvu.
« GE-NIAL ! » s'était exclamé Sophie d'une voix forte, avant de s'écrier : « Hola ! Excuse-moi... Raphaela, Viviane, attendez ! Vous venez ce soir, n'est-ce pas ? Vous vous occuperez de la musique ? »
Et elle était partie à la poursuite des deux punks qui s'éloignaient déjà dans le couloir. Altaïr avait rigolé sans retenue : « Sainte Sophie Miséricordieuse, priez pour nous ! »
« Tu ne devrais pas la laisser faire tout le boulot, Altaïr ! » l'avait réprimandé Hippo.
« Et tu fais quoi, toi, au juste ? »
« J'ai promis de venir une heure avant pour l'aider avec la déco. J'ai appris quelques sorts sympas qui seront du plus bel effet... »
Dans le milieu de l'après-midi, alors qu'Hermione et Neville rejoignaient les autres membres de l'AD, ils retrouvèrent Luna qui leur montra son tout nouveau tatouage. Elle était rentrée sans Draco, qui était invité à prendre le thé par la grand-mère d'Alexis. Les deux Gryffindors échangèrent un regard. Que mijotait donc Bombaste ? Ils n'eurent guère le temps de s'interroger davantage, Ron et Marcus avaient déjà mis en place les boucliers autour du périmètre d'entraînement de l'AD. La session du jour était consacrée à certains sorts conseillés par Wotan Crevecoeur et son alter, Marie-Céleste Otéane. Les deux français s'étaient en effet dévoué pour aider Hermione et Neville à progresser. Si Crevecoeur était en apparence rigide, sa technique de duel était tout en souplesse, et la fluidité avec laquelle il maniait les sorts, les combinant sans cesse, faisait l'admiration de la jeune anglaise. Marie-Céleste Otéane, son alter-at, était elle d'une précision redoutable et nul n'aurait pu se douter qu'une jeune fille aussi délicate d'apparence puisse être si puissante. Ils formaient un duo incroyable qui tenait systématiquement en échec les imprévisibles Piscies. Miranda et Simon, eux-mêmes, les battaient rarement.
Lavender les quitta juste à la fin de la session :
« Je vous rejoins tout à l'heure, » leur dit-elle, « Anthony s'est encore fait un truc. Je crois que c'est son bras ce coup-ci... »
« Quoi ? Encore ? Mais ça fait combien de jours qu'il est à l'infirmerie ? » demanda Hermione, surprise.
« Trois jours. C'est pire qu'une potion de malchance. Il ne se fait pas des trucs graves, mais qui nécessitent toujours d'aller passer une journée complète chez le Marcou. »
« Ok, souhaite-lui un bon rétablissement de notre part, » fit Ron.
« A force d'aller tout le temps à l'infirmerie, on va finir par croire que quelqu'un l'a pris pour cible, comme c'est arrivé à Faucett et Stebbins, la semaine dernière... » remarqua Neville.
« Ce n'est pas la même chose, » fit Mandy Brocklehurst, qui était dans leur classe. « Eux, ils se sont clairement faits tabasser en représailles, alors que Goldstein semble juste être malchanceux avec ses propres sorts ou avec ses potions. »
« Je ne l'ai jamais connu ausi maladroit... » intervint Lisa Turpin, qui assistait à la discussion. « Il a toujours été plutôt bon en sortilèges. »
« Oui, » renchérit Sally-Ann Perks, « c'est toujours lui qui aide les plus jeunes dans cette matière. Il faut croire qu'apprendre que son père avait été un sympathisant Mangemort l'a rudement perturbé... »
D'autres Ravenclaws hochèrent la tête.
Tandis que chacun repartait de son côté, Hermione saisit le bras de Neville :
« Cette histoire avec Goldstein me fait un drôle d'effet... » lui souffla-t-elle d'un ton préoccupé.
« Tu ne crois pas à l'explication de Perks ? » demanda Neville. « Tu veux qu'on mène une petite enquête ? »
« Non. Ce n'est sans doute qu'une vague impression... » fit Hermione en secouant la tête.
Le jeune Longbottom nota l'air soucieux de son alter. Au contraire de Ron et Harry, qui s'étaient trouvés entraînés malgré eux dans des considérations toutes françaises, Hermione n'avait fait que penser à la situation en Grande-Bretagne. La fatigue et l'inquiétude se lisaient sur son visage.
« On pourrait peut-être en parler à Ron ? » insista-t-il.
« Il est trop occupé avec Volauvent, leur entraînement, l'AD et tout ça ! » répondit Hermione d'un ton un peu sec. Elle poussa un soupir avant de reprendre : « Non. Et même si les blessures de Goldstein sont le fait de McDougal, je dois reconnaître que ce n'est pas bien méchant. »
« Bon, si Piccolo a sa part là-dedans, je l'apprendrai peut-être tout à l'heure ! » répondit-il.
« Tu as raison. Allons nous préparer pour cette fameuse soirée... » dit-elle avec un faible sourire.
Neville naviguait adroitement entre les groupes avec deux verres dans une main et un troisième dans l'autre. Il évita l'embûche que représentait Aldo de Villarmé et Justin Bellamie, causant avec animation de Radio Beauxbât. La censure de Madame Maxime arrivait en effet à son terme et ils avaient à coeur de faire une émission spéciale sur les derniers événements. Neville pour sa part aurait plutôt tendance à parler d'absence d'événements : seules leurs propres interviews dans l'Haxonaute au lendemain des Vendanges avaient apporté quelques éléments nouveaux.
Quoi qu'il en soit, il n'allait certainement pas s'arrêter et mettre en péril l'équilibre précaire de ses verres pour leur faire part de sa pensée. Il rejoignit plutôt Siri Piccolo et son alter Suzanne Martin.
« Merci Neville ! » s'écria la première en s'emparant d'un des verres. Suzanne en fit autant avec un petit sourire de gratitude.
« Il y a tellement de monde au buffet... » dit-elle comme pour s'excuser.
« Ca me fait plaisir ! » répondit aussitôt Neville, ce qui lui valut un des rares sourires de Sirène.
Il s'installa à sa gauche, se demandant comment il allait pouvoir aborder la question Morag McDougal.
« Tu sais, on a lu l'article de l'Haxonaute... » commença Suzanne, orientant drastiquement la conversation. « Ca donne une idée assez effrayante sur ce qui doit se passer chez vous en ce moment... »
Neville fit très attention de ne rien mentionner du contenu de la lettre de Mrs Figg : les jumeaux Bellamie n'étaient jamais très loin.
« C'est surtout la facilité avec laquelle Voldemort et ses sbires ont envahi le ministère qui m'a choqué. S'il est si facile de pénétrer dans le département des Mystères, qui est censé être le département le plus secret, le mieux gardé, alors qui est véritablement à l'abri ? » répondit-il.
« Mais votre école, elle est incartable, non ? Comme Beauxbâtons ? » demanda Siri.
« Non, elle ne l'est pas. Tout le monde sait que Hogwarts est juste à côté d'Hogsmead - la ville qui a été attaquée. Ce n'est un secret pour personne. Mais l'école est protégée par la Forêt Interdite, et puis, Dumbedore et les professeurs sont sur place. Je refuse de croire que Hogwarts ait pu tomber ! »
« Et qu'allez-vous faire quand les frontières vont réouvrir ? » demanda Suzanne avec effroi.
« Je pense qu'il faut que nous soyons un maximum préparés, mais qu'on aura besoin de l'aide de votre gouvernement. Jusqu'à présent, nos différents ministres de la magie ont été incapables de lutter correctement contre la menace Mangemorts, alors que nos Aurors sont compétents. Cela fait trop longtemps que cette situation dure... Mais peut-être que c'est aussi l'opportunité de changer les choses en profondeur, afin que ça ne se reproduise plus, » conclut Neville d'un ton inspiré.
« Quoi qu'il en soit, il y a surement des choses qu'on peut faire dès maintenant... » insinua Siri.
« Quoi par exemple ? » demanda Neville.
« Et bien... Vous aider à vous entraîner, par exemple ou vous apporter des soutiens politiques. C'est pas ce que tu faisais pendant le rallye des Nestor ? » reprit la petite Piccolo, avec sa vivacité habituelle. « Je t'ai bien vu racoler auprès de certaines de mes tantes ! »
« C'est... C'était une idée de-de Simon... » bafouilla Neville, mal à l'aise.
« Je suis pas en train de te faire un procès, » remarqua Siri d'un ton plus sérieux. « Personnellement, la politique, ça me prend le chou, mais c'est vrai que vu votre situation... »
« On n'a pas vraiment le choix... » termina Neville avec une pointe de soulagement.
« Si tu veux t'en donner à coeur joie, c'est ma famille qui organise le rallye d'octobre. Je veillerai à ce que tu sois invité. »
« Merci. Mais tu sais, je suis pas très doué pour la politique. »
« Crois-moi, l'important c'est de faire de la figuration ! » fit Siri, avant de se tourner vers son alter : « Suz, tu dis rien ? Ca va ? Tu es fatiguée ? »
« Un peu. L'entraînement d'aujourd'hui était crevant et je n'arrive pas à grand chose avec votre Susan. »
« Susan Bones ? » demanda Neville. « Quel est le problème ? »
« Je comprends pas bien. Par moment, elle arrive à rien et tout à coup, ça se débloque mais elle devient incapable de trier et de choisir les informations » expliqua Suzanne. « C'est très étrange. Elle a pas du tout une progression régulière, ou par étape. Elle arrive à faire des trucs super avancés, mais elle semble incapable de les refaire et même de retenir comment elle a fait... C'est... compliqué, » acheva-t-elle.
« Si encore Finnigan faisait un effort, » grogna Siri, en regardant le garçon en question qui rigolait avec Dean Thomas. « peut-être que son alter y arriverait mieux, s'il arrivait à créer un environnement stable autour d'elle, dans lequel elle se sente bien. »
« Je suis sûr que Seamus fait de son mieux... » fit Neville.
« Tu plaisantes ? » fit Piccolo sans aucun humour dans la voix.
Neville préféra s'abstenir de répondre.
« Tu as vu le cirque qu'il a fait quand il a fallu le tatouer ? » reprit-elle d'un ton agacé. « On a dû lui lancer les nains de jardins aux trousses ! »
« C'est vrai... » reconnut Neville, qui revoyait Seamus dérapant devant lui sur un tas de feuilles mortes, trois nains de jardins sur ses talons.
« Il a fallu que je le course moi-même dans le Grand Hall ! » continua Sirène. « Il faudrait qu'il comprenne que protéger son alter, c'est son devoir ! Un psychométriste, c'est inespéré pour n'importe quel gouvernement, pas vrai Suzanne ? »
« Et puis, il faut pas oublier que vous êtes en guerre... » intervint Suzanne. « Si "Vous-savez-qui" apprend l'existence de Susan, il va tout faire pour essayer de la capturer. Honnêtement, elle a tout intérêt à rester en France. En Angleterre, elle serait en très mauvaise posture. »
« Quand je pense que certains de vos "camarades" sont des enfants de Mangemorts ! Avec eux, ça va vite se savoir que Susan Bones est une psychométriste ! Pff... On me laisserait faire, aucun d'eux ne remettrait un pied en Angleterre avant TRES longtemps... »
« Tu crois que ce serait la meilleure solution ? » fit Neville d'une voix qui se voulait la plus innocente possible.
Sirène haussa les épaules, sans répondre.
« Vous ne devriez pas plaisanter avec ça ! » fit Suzanne d'un ton plein de reproche. « Il y a quand même deux mecs de notre classe qui ont disparu ! »
« Tu sais, tout porte à croire qu'ils ont fugué... » répondit Sirène, en haussant un sourcil. « Les nains ont ratissé les jardins et les Aurors ont fouillé les batiments avec l'aide des profs, hier. J'ai essayé de parler à Junon pour en savoir plus, mais tu sais comment elle est : "tu n'es pas habilitée", "laisse les Aurors faire leur travail" et elle a terminé par "fiche-moi la paix maintenant !" » termina la jeune fille en imitant la voix dédaigneuse de Sorlimus.
Neville croisa le regard un peu exorbité de Suzanne qu'il interpréta comme la nécessité urgente de devier la conversation.
« Est-ce que vous avez faim ? » demanda-t-il très vite. « Je peux vous apporter quelque chose. »
« Oh oui ! J'ai envie de goûter la quiche que Sophie a apporté, » répondit aussitôt Suzanne.
Et Neville s'empressa de se lever pour aller jusqu'au buffet.
« Tu as pu en tirer quelque chose ? » lui demanda Hermione au passage.
« Pas formellement. Elle clame qu'il faudrait empêcher les enfants de Mangemorts de rentrer chez eux, mais c'est un peu mince pour lui imputer la disparition de Crabbe et Goyle... » lui répondit-il en découpant les parts de quiche.
« Si elle pense cela, elle reste définitivement sur la liste des suspects. »
Neville allait répondre quand de la musique aux accents discordants envahit brusquement la pièce.
« Raphaela ! Moins fort ! » crièrent deux-trois voix.
« Mais nous, on veut danser ! » répondit Procris Aconit, en commençant à bondir sur place.
« Mettez de la musique pour danser alors ! » cria Olivier. « Ca se danse pas, ce truc ! »
« Très trop has been, Olivier ! » rigola Raphaela.
« Mets Daft Punk ! » demanda Irène.
« Non, les Spice Girls ! » renchérit une autre.
« Si on pouvait éviter les tubes de l'été, ce serait cool tout de même... » répondit Raphaela avec une moue mécontente.
Neville échangea un regard avec Hermione. La plupart des français restait très nonchalants vis à vis de la situation en Angleterre et n'avait rien changé à leurs habitudes et à leur insouciance. Heureusement que certains comme Miranda et Simon, ou même Sirène et son alter, semblaient davantage concernés.
« Quoiqu'il en soit, je vais continuer à discuter avec Siri et Suzanne, » déclara Neville à Hermione. « Je suis sûre que Suzanne ne sait rien, mais peut-être que Siri... »
« Ne te la mets pas à dos, » recommanda la jeune fille, en répondant de la main à un geste d'Hippolyte Ravier. « Tu es le seul à bien t'entendre avec elle... »
Neville acquiesça en repartant avec ses parts de quiche.
De l'autre côté du buffet, Altaïr contemplait les bouteilles de jus de fruits d'un air morose :
« C'est vraiment la loose que Alexis soit pas là ! » se plaignit-il, profitant du fait que Hippo s'était éloigné en direction d'Hermione. « Une soirée sans cocktail, c'est comme un jour sans soleil ! »
« C'est que notre Alexis avait autre chose à faire ce week-end... » fit Irène avec un grand sourire.
« Ne commencez pas... » soupira Martial.
« Parlons-en, au contraire ! » le coupa Altaïr. « Passer sa soirée avec Draco Malfoy alors qu'il pourrait être avec nous... Enfin, chacun ses goûts comme on dit ! » conclut-il en vidant cul-sec son verre de Nectar.
Il s'éloigna vers le bar pour se resservir un belle rasade.
« N'empêche, j'aurais jamais imaginé qu'Alexis swinguait de ce côté... » remarqua Olivier d'un ton pensif. « J'ai toujours pensé qu'il fantasmait sur Boudreaux. »
« C'est ce que je pensais aussi ! » approuva Aldo, en passant son bras autour des épaules d'Irène. « J'étais tellement sûr qu'il avait une collection secrète de photos d'elle ! Si la chambre d'Alexis n'était pas aussi remplie de produits nocifs et dangereux, je l'aurais déjà fouillée de fonds en comble ! »
Altaïr, qui en était à son cinquième verre de nectar, renchérit aussitôt en rigolant :
« A mon avis, l'un n'empêche pas l'autre ! Il peut y avoir Boudreaux et il peut y avoir... » Il s'arrêta net comme s'il cherchait la bonne expression : « Alexis est p'tet ben à plume et à écaille (4) ! Et c'est sûr que l'aut'e blondinou n'est pas vraiment répulsif ! Hein ? » insista-t-il en mettant un coup de coude dans les côtes de Titus qui se trouvait là.
« Je crois quand même que vous vous plantez... » fit Martial d'un ton hésitant.
« C'est comme ça, Mars... On croit connaître son alter et puis tout à coup, on se rend compte qu'on se trompait sur toute la ligne ! » insista Altaïr, en tentant de prendre un air inspiré.
« On se trompait sur quoi ? » répéta Olivier, intrigué.
« Sur toute la ligne... On se trompait complètement. Travaille ton moldu, Olivier ! » remarqua Martial avant de reprendre sur le sujet initial : « Mais je continue de penser que... »
« Mais t'as bien dit qu'Alexis ne ramenait jamais personne à la maison, hein ? Même toi, t'y vas quasi jamais chez les Bombaste ! Alors, le jour où il y a une exception, on est bien en droit de se demander pourquoi, nan ?! » exclama Altaïr en prenant les trois quarts de la pièce pour témoin.
« Quelle commère tu fais, Altaïr... » intervint calmement Titus. « Je ne vois ce qu'il y a de si surprenant au fait que Alexis se soit fait un pote... Un pote doué en potions. »
« Faut bien reconnaître que Titus marque un point... » approuva Olivier. « Alexis dit toujours qu'il t'apprécierait davantage, Altaïr, si tu faisais des efforts pour suivre en Potions. »
« Merci bien. Aussi sympa soit-il, j'ai pas envie de me taper Alexis ! » beugla Altaïr, en courant se réfugier dans les bras de Miranda qui se contenta de soupirer.
Hermione, qui s'était rapprochée du groupe entre temps, choisit d'intervenir à ce moment-là :
« Altaïr, je pense que tu te trompes. Malfoy n'a jamais qu'une chose en tête : son propre intérêt. Et je ne le vois pas se lancer dans une histoire avec qui que ce soit... Ou alors il faudrait que ça lui rapporte quelque chose ! »
« Tu veux dire qu'Alexis le paye !? » s'écria Dajax d'un ton strident.
« Laisse tomber Hermione. C'est pas la peine d'essayer de faire entendre raison à ce crétin quand il est dans cet état... » grommela Miranda en fronçant les sourcils.
« T'es méchante, Randa ! Personne ne m'aime ! » pleurnicha faussement son petit copain, la tête dans le creux de son cou.
Miranda leva les yeux au ciel.
« Personne ne t'aime quand tu bois, Altaïr, » fit Hippo, avec un petit soupir. « Prends plutôt un peu de degrisevite... »
Altaïr saisit le verre que lui tendait son alter :
« Heureusement, toi, t'es un vrai copain, Hippo, » hoqueta-t-il en se laissant entraîner vers l'un des fauteuils, sans prêter attention à la voix de fille qui lançait « Tu t'es vu quand t'a bu ? ». Il valait mieux être assis avant d'avaler du degrisevite.
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Les rumeurs persistèrent au retour de Malfoy et Bombaste, le lendemain après-midi. Le fait qu'ils soient beaucoup plus amicaux l'un envers l'autre ne fit que conforter l'opinion générale. Si Hermione ne se laissait pas influencer, Neville ne pouvait pas s'empêcher de glousser à intervalles réguliers. Ce n'est pas qu'il croyait réellement les rumeurs, mais le fait que Mafoy en soit victime, sans en avoir la plus petite idée, l'amusait au plus haut point.
Luna était juste inquiète. Elle se précipita sur Draco à son retour, telle une louve sur son louveteau perdu. Ses attentions irritèrent Malfoy, comme d'habitude, mais il ne chercha pas trop à la repousser, ce qui était surprenant en soi.
Les deux alters ne semblèrent d'ailleurs pas se quitter de toute la semaine suivante. Luna était ravie que Draco s'intéresse à ses recherches sur les Sombrals et ils passaient de longues heures ensemble à la bibliothèque, et même dans les Arènes. Bombaste les accompagnait de temps à autres, mais paraissait davantage occupé par un nouveau projet d'alchimie.
Martial tenta de parler à Alexis dans le courant de la semaine. Il attendit que Draco et Luna soient partis s'entraîner, puis alla frapper à la porte de la salle de travail de l'alchimiste.
« Je suis occupé ! » entendit-il, mais il entra néanmoins.
« Qu'est-ce que tu veux, Mars ? Et sois bref, » fit Bombaste en guise de salut.
« Dis-moi, Alex, tu passes vachement de temps avec Draco. Tu sais que les autres commencent à se poser des questions... » essaya Martial avec tact.
Alexis ne répondit pas. Il comptait avec attention le nombre de gouttes d'extrait de salamandre qu'il versait dans son chaudron.
« Tu m'écoutes, Alex ? » insista le jeune Bernou.
« Pas vraiment... » répondit son alter. « Les autres posent des questions, tu dis ? » répéta-t-il, en refermant soigneusement la fiole. « Quel genre de questions ? ... Tu sais que ce projet de potion est confidentiel ? Je ne réponds pas aux questions à ce propos, » termina-t-il en fronçant les sourcils.
« Alex, tout le monde s'en fout de ta potion. »
L'alchimiste se détendit aussitôt, même s'il avait l'air un peu outré aussi :
« Et ben, quel est le problème alors ? »
« Ils se posent des questions sur toi et Draco... Sur vos... rapports. Ils... jasent, » termina-t-il avec difficulté.
Les sourcils d'Alexis montèrent d'un bon centimètre, puis son front se plissa d'impatience.
« Ce qu'on fait ensemble, ça ne regarde que nous ! » répondit-il finalement d'un ton irrité. « C'est tout aussi confidentiel que cette potion, alors viens pas m'emmerder ! Au cas où tu ne t'en rendrais pas compte, je suis débordé, là ! »
Il lui tourna le dos. La discussion était close. Martial n'était pas sûr qu'Alexis ait vraiment compris ses allusions, mais il n'avait pas le courage d'être plus explicite. Le jeune homme rougit. C'était vraiment trop gênant, cette affaire.
Et il ne pouvait pas nier que Alexis avait effectivement l'air fatigué. Il avait des cernes sous les yeux et dormait presque, pendant certains cours. Draco n'avait pas l'air très en forme non plus. Seule Luna pétillait d'activité et d'excitation, toute à ses recherches.
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Deux lettres
"Hello Irrimo,
Cela fait quelques temps que je ne t'ai pas croisé, les aléas des cours et bien entendu les anglais qui nous prennent sans doute plus de temps que prévu. Mais tu me manques vraiment. Tu vois que je le dis aussi de temps en temps ! La semaine a été bien chaotique avec les disparitions, les bagarres et autres réglements de compte. Je n'aurais pas cru nos Sans-Pouvoirs si chatouilleux, sans doute une idée de PA et de RD. Car je vois mal CR lâcher son éventail pour tabasser qui que ce soit. Quoi qu'il en soit, la Guilde de la Rose a déjà pris faits et causes pour la bande de HP, comme je te le disais dans une de mes lettres précédentes.
Je peux d'ores et déjà t'annoncer que les jumeaux B et AdV vont bientôt reprendre du service à Radio Beauxbât, dont l'interdiction a été levée. Cela devrait les occuper prochainement.
Peu de choses d'autres, si ce n'est des rumeurs sur les rapports entre AB et DM. Il seraient en couple ! Je sais que tu t'intéresses peu aux bêtises proférées par certains, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit d'une diversion. Un paravent qui cache quelque chose. Garde un oeil sur ces deux-là. Ils sont louches.
Je pense bien à toi,
FELTER.
There's so much I had to mention
But it seems to slip my mind ;
Still, I swear that my intentions
Never left my hopes behind " (5)
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"Cher Felter,
Je te suis gré de tes déclarations d'affection. Si elles sont rares, elles n'en sont que plus précieuses. Et Merlin sait que j'en ai besoin en ce moment. La disparition de GG et VC m'inquiète, bien plus que l'orgueil chatouilleux de nos Cracmols ou les petits incidents dont sont victimes certains anglais. Tout porte à croire qu'ils ont quitté Beauxbât, mais tu sais qu'il existe une autre possibilité... Cependant cette hypothèse sous-entend une mise en oeuvre française ou tout du moins un complice français. Si elle s'avère la bonne, les deux anglais finiront par réapparaître, mas cela reste préoccupant qu'un (ou plusieurs) de nos condisciples soit mouillé dans cette affaire.
Merci de me mettre en garde pour DM et AB. J'ai néanmoins du mal à croire que DM pourrait forcer AB à faire quoi que ce soit. Sorti de l'alchimie, rien ne l'intéresse et il n'est pas du genre à se laisser influencer. Mais je l'ai peu vu ces derniers temps, je suis donc moins informé que toi.
Après étude régulière du parchemin et des Arènes, j'ai découvert que S et RP se sont davantage investis dans la formation de HP. Sans doute une recommandation de JS. Je les ai aussi aperçus une fois ou deux, tous les quatre, au réfectoire, même si SP faisait l'essentiel de la conversation. C'est amusant de voir les P. s'attacher à quelqu'un d'autre que JS, mais je ne suis pas convaincue que HP apprécie...
Ne te fais pas de souci pour moi,
IRRIMO.
Abundans cautela non nocet " (6)
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Hermione trouvait décidément que Malfoy était très bizarre depuis une semaine. Qu'il passe sa vie à la bibliothèque, c'était normal, elle en avait l'habitude. Mais qu'il se mette à hanter les Arènes de Duel avec Luna, ça c'était nouveau. La Ravenclaw était particulièrement enthousiaste car ils travaillaient enfin ensemble. D'après elle, Draco, en bon défenseur, se concentrait sur les boucliers, sur les barrières, et les différents sorts pour les briser. Mais quand Hermione tenta d'en savoir plus, Luna secoua la tête, arguant qu'elle ne pouvait pas donner à un adversaire potentiel le détail de leurs techniques de duel. Hermione ne pouvait pas nier que cela faisait sens, mais ce brusque intérêt pour le Duel lui paraissait tout de même très fumeux. Quoi qu'il en soit, elle ne pouvait que continuer ses propres recherches avec l'aide de Neville et d'Hippo, qui dépouillait toujours les journaux pour elle, et s'esquinter la vue en lecture diurne comme nocturne. Luna saurait bien garder un oeil sur Malfoy et tirer la sonnette d'alarme s'il le fallait.
Le samedi arriva et avec lui le dépeuplement hebdomadaire de Beauxbâtons. Neville avait fermement insisté pour qu'Hermione lève un peu le pied et prenne réellement du repos. Même si une part d'elle-même se lamentait sur son oisiveté, l'autre était reconnaissante à son alter pour cette pause bien méritée. Ils étaient présentement tout deux au bord du plan d'eau de Beauxbâtons et Neville lui montrait les premiers progrès qu'il avait fait en magie aquatique. Le sujet fascinait Hermione, même si elle savait que c'était hors de sa portée. Neville travaillait sur les courants, qu'il inversait ou dont il changeait le cours ou la puissance, forçant les poissons et autres créatures aquatiques à s'y soumettre. Cela paraissait tout à la fois incompréhensible et fascinant pour Hermione, qui, pour une fois, en oublia ses préoccupations et même l'heure du dîner.
En milieu de soirée, ils furent rejoint par Luna, qui avait l'air préoccupé. Comme le samedi précédent, Malfoy s'était éclipsé avec Bombaste dès le début de l'après-midi, laissant la jeune fille à ses propres ressources. Il ne fallut pas dix minutes après leur rencontre pour que la Ravenclaw fasse part de ses préoccupations aux deux Gryffindors.
« Tu t'inquiètes pour rien, Luna. Malfoy va sans doute encore passer le week-end chez Bombaste... Il n'y a pas à s'inquiéter, » sourit Neville en ne pouvant s'empêcher de penser aux allusions d'Altaïr.
« Je l'ai mouchardé et il n'est pas du tout chez Alexis... » commença Luna.
« Tu l'as mouchardé ? Tu veux dire un "sort de mouchard" ? » s'écria Hermione. « Mais c'est terriblement compliqué à lancer ! Surtout sans que la personne concernée ne s'en rende compte ! » Il y avait une bonne dose d'admiration dans sa voix.
« Ah bon ? Pourtant je ne crois pas que Draco s'en soit rendu compte. »
« Et où se trouve Malfoy s'il n'est pas chez Bombaste ? » demanda Neville.
« Non, il est à Paris. Ca fait des heures qu'il y est, » le renseigna Luna.
« Paris ne doit pas manquer de distractions, cela dit... » répondit-il.
« Il commence à se faire tard tout de même... » remarqua Hermione d'un ton pensif. « Malfoy est un couard et le contexte n'encourage pas vraiment les Slytherins à se séparer les uns des autres... Tu dis qu'il est à Paris, tu sais où exactement ? » demanda-t-elle à Luna.
« Il faudrait que nous soyons sur place pour avoir une localisation plus précise. Plus nous sommes loin, plus c'est approximatif, » répondit-elle.
« Peut-être pourrions-nous demander à Ron de nous faire passer sur Paris pour vérifier ? » proposa Hermione, qui avait très envie d'enfin voir l'appartement du jeune Weasley.
« Tu crois que notre punition est levée ? » demanda Neville.
« Ron a réussi à obtenir de rentrer à son appart tout à l'heure. Si la punition est levée pour lui, elle l'est aussi pour nous ! »
« Appelons-le ! » fit Luna avec conviction.
« On ne prévient pas Harry ? » demanda le jeune Longbottom, alors qu'ils se dirigeaient tous trois vers l'âtre de Beauxbâtons, leur carte de transport en mains.
« Il est aux Arènes... Encore une fois... » soupira Hermione, après avoir consulté le parchemin.
« Sorlimus ne le lâche vraiment pas. Pauvre Harry... » fit Neville sur le même ton.
« De toutes façons, je doute qu'elle accepterait de le laisser aller à Paris. Vous vous souvenez de ce que disait l'Haxonaute à propos des mesures de protection mises en place pour Harry par la Sénéchale. A mon avis, il n'a même pas le droit de respirer sans l'assentiment de Sorlimus ou de sa mère ! » conclut Hermione sans parvenir à masquer son irritation grandissante vis à vis des Messidor, mère et fille. « Quand je pense que je n'ai même pas réussi à trouver l'occasion de lui parler des Dursley... » ajouta-t-elle d'un ton triste après un petit silence.
« Tu crois vraiment qu'il faut lui en parler ? » demanda le jeune Longbottom. « Il a tellement de choses à gérer, ici... »
« Il finira par l'apprendre tôt ou tard... Je préfère que ce soit de notre bouche, » dit-elle avant de lancer le numéro de l'appartement de Ron dans l'âtre. Après quelques explications, ce dernier leur ouvrit sa cheminée.
Il ne fallut pas plus de deux minutes à Hermione pour inspecter l'appartement de Ron sous toutes ses coutures. Et pas plus de trois minutes pour qu'elle ne se mette à émettre des critiques sur ceci ou cela, au grand amusement de Marcus qui se trouvait là.
« Bon, alors ? Il est où, ce Slytherin de malheur ? » lança Ron, qui voulait en venir aux faits et souhaitait mettre fin au plus vite à l'inspection des moindres recoins de son appartement.
« Attends, je le localise... » fit Luna, en lançant un sort. Une carte de Paris se matérialisa devant ses yeux avec un petit point rouge.
Marcus s'approcha :
« Il est à Saint Martin, » dit-il aussitôt. « C'est un quartier sorcier de Paris avec beaucoup de magasins et de touristes. Rien d'étonnant à ce qu'il soit là, » expliqua-t-il envoyant leurs mines interrogatrices.
« Pas d'inquiétude à se faire alors ? » conclut Neville.
« Mais il est 22h30 passé, » insista Luna. « Je l'ai appelé tout à l'heure, il m'a dit qu'il rentrait plus tard et maintenant, il ne répond plus. »
« Il en a peut-être marre que tu... » commença Ron, aussitôt coupé par un coup de coude d'Hermione.
« On peut attendre un peu, si tu veux, Luna... Il sera sans doute rentré avant minuit, » proposa-t-elle.
« De toutes façons, Malfoy est un couard ! » s'exclama Ron, bien persuadé que Malfoy n'était pas du genre à se balader en pleine nuit dans une ville inconnue.
Luna lui lança un regard de reproche qu'il ignora consciencieusement.
Une petite heure s'écoula en discussions diverses, tandis que Luna vérifiait son sort à intervalles réguliers. Tout à coup, elle bondit littéralement du coussin où elle était assise.
« Il a bougé ! » s'écria-t-elle.
Marcus vint regarder sa carte de Paris et très surpris, constata que le point rouge était en mouvement en direction du sud.
« Ca n'a aucun sens ! » dit-il brusquement. « Où va-t-il ? Il est sur la 4 ou quoi ? »
« La 4 ? »
« La ligne de métro n°4, » expliqua Marcus. « Mais ce n'est pas possible, le point bougerait beaucoup plus vite s'il était dans le métro... »
« Essayons de le rattraper ! » lança Ron, en activant sa cheminée pour le quartier Saint-Martin.
Mais il n'y avait nul part trace de Malfoy à Saint Martin. Ils explorèrent tout le quartier, avant de passer à l'étage inférieur, nettement plus mal famé, toujours sans résultat. Luna regardait la carte avec Marcus.
« Selon toute vraisemblance, il a franchi les limites du quartier sorcier, » expliqua Marcus. « J'ai l'impression qu'il... marche en direction du sud. »
« Tu veux dire qu'il est dans le monde moldu ? »
« Oui. Les quartiers sorciers ne couvrent qu'une toute petite partie de Paris. Si on se fie à la carte de Luna, il a l'air d'avoir juste passé la rue Réaumur... »
« C'est loin d'ici ? » s'enquerra Ron.
« Non, à dix minutes à pied environ. »
« On le suit ? » demanda Hermione.
Tout le monde s'entre-regarda, indécis.
« Moi, j'y vais ! » lança Luna. « Je ne sais pas ce qu'il fait, mais je veux m'assurer qu'il va bien et que personne ne le force à faire quoi que ce soit. »
« Oui, on doit vérifier qu'il n'est pas dans un rassemblement mangemort ou un autre truc du même acabit ! » renchérit Ron.
Avec un grand sourire, Marcus les mena à l'ascenseur qui permettait de sortir côté moldu. Ron et lui échangeaient des regards amusés, se rappelant l'un l'autre leur escapade du mois dernier.
Bientôt, ils débouchèrent à l'air libre. Neville fut le premier à se sentir dépaysé, il n'avait pas l'habitude des voitures, du bruit et de la musique forte qui s'échappait des bars. Sans leur laisser le temps de faire des commentaires, Marcus les entraîna dans la rue Saint-Martin qui descendait vers le Centre de Paris. Au bout d'un moment, ils passèrent devant le Conservatoire des Arts et Métiers. La rue à ce niveau était déjà nettement plus tranquille. Ils se regroupèrent autour de Luna qui activa discrètement son sort et ils se penchèrent sur la carte.
« On dirait qu'il arrive vers le Centre Pompidou... » remarqua Marcus. « Ok, il y a une bibliothèque à moitié sorcière à l'intérieur, mais elle n'est pas ouverte en pleine nuit ! Vraiment, je ne vois pas ce qu'il viendrait faire ici... »
« Ce que je regrette, personnellement, » fit Hermione, « c'est que le sort de mouchard n'indique pas avec qui se trouve Malfoy. On serait nettement plus à même de décider quoi faire, si on savait s'il est seul, avec Bombaste ou avec d'autres personnes... »
« C'est sûr que la carte des Mauraudeurs est vachement mieux pour ça ! » fit Ron.
« C'est la carte qui permet de voir tout ce qui se passe à Hogwarts ? La carte dont tu m'as parlé, Ron ? » demanda Marcus.
« Oui. Harry en quittant Hogwarts l'a laissé à ma soeur Ginny. »
Hermione fronça les sourcils, mais ne fit pas de commentaires.
« Mais pourquoi Draco ne rentre-t-il pas à Beauxbâtons ? » se lamenta Luna.
« Continuons, » fit Marcus. « Nous le saurons bientôt. »
Une pluie fine les accueillit sur l'Île de la Cité. Ils s'empressèrent de remonter la rue en direction de la cathédrale. Ils débouchèrent sur le parvis, leurs regards scrutant les abords, puis la place elle-même. Quelques touristes sous des parapluies prenaient des photos nocturnes du monument et de ses alentours.
« Mais il est où, par Merlin ? » s'écria Ron au bout de quelques minutes.
« Exactement où nous nous trouvons, si on en croit le sort de mouchard, » répondit Hermione.
« Tu es sûre que le sort fonctionne correctement, Luna ? » demanda Neville.
« Je crois, oui. »
« On est en plein milieu du parvis de la cathédrale Notre-Dame. On ne peut pas le manquer, normalement, » fit remarquer Marcus.
« A moins qu'il n'ait une cape d'invisibilité ? » suggéra Hermione.
« En ce cas, il doit bien se marrer en nous regardant ! » pesta Ron de mauvaise humeur. La prise en chasse de Malfoy n'avait strictement rien donnée et cela l'énervait au plus haut point.
« Il a pu aussi prendre une potion d'invisibilité... » avança Neville. « Je suis sûr que Bombaste sait les faire. »
Luna relança le sort. Malfoy s'était déplacé de quelques pas vers la gauche. Elle leva les yeux de la carte et regarda dans la direction où il devait se trouver.
« Il n'y a rien en dessous ? » demanda-t-elle.
« Ah si ! Il y a la crypte de la cathédrale ! » s'écria Marcus. « C'est un endroit moldu, je suis sûr qu'on doit pouvoir ouvrir la porte avec un simple Alohomora. »
« Attention qu'aucun touriste ne nous repère... Faites ça discrètement, » recommanda Neville.
« C'est bon, il n'y a presque personne... »
La grille qui fermait la crypte s'ouvrit sans difficulté.
« Gardez la porte. Marcus et moi, on va y jeter un oeil... » commença Ron.
« Absolument pas ! » coupa Hermione. « Tout l'intérêt d'avoir un alter est de pouvoir communiquer à distance. On doit donc constituer deux groupes, l'un avec Neville et Marcus, l'autre avec nous deux. Luna peut aller avec le groupe qu'elle souhaite. »
« Ok, ok, » céda Ron. « Tu nous accompagnes, Luna ? » ajouta-t-il en direction de la Ravenclaw qui essayait une nouvelle fois de contacter Malfoy, toujours sans résultats.
La jeune fille acquiesça et emboita le pas aux deux Gryffindors qui avançaient prudemment. Mais la crypte n'était que silence. Un sort de Lumos leur permit d'arpenter tous les recoins, de voir tous les vestiges historiques, mais les convainquit également que personne n'était venu cette nuit-là.
Soudain, Luna poussa une exclamation et toucha aussitôt son tatouage :
« Draco ?! Où es-tu ? Je ne t'entends pas ! Draco ? Tu m'entends ? » La voix de la jeune fille montait au fur et à mesure, trahissant son angoisse.
« Il essaye de t'appeler ? » murmura Hermione en lui agrippant le bras.
« Je sens qu'il m'appelle ! » s'écria Luna, d'un ton désespéré. « Mais la communication ne passe pas ! »
« Fais voir... » Hermione approcha sa baguette du tatouage de la jeune fille et poussa un soupir de soulagement. « Je crois que tu te trompes, Luna. Ton tatouage n'a pas changé de couleur et il ne chauffe pas... »
« Marcus ? » fit Ron à son tour, en portant la main à son propre tatouage. « ... Non, c'est Luna qui a crié, mais c'est une fausse alerte. Vous nous avez entendu de l'extérieur ? ... Désolé. Les moldus n'ont rien entendu ? ... Ouf... Non rien de notre côté. Il n'y a personne ici... Oui, bonne idée, on va le relancer... Merci. A plus. »
Le Gryffindor se tourna vers les deux filles qui se disputaient à voix basse :
« Marcus suggère qu'on relance le sort de mouchard. Histoire de voir si Malfoy a bougé... »
« Je te dis qu'il a appelé ! » fit Luna, en ignorant l'intervention de Ron.
« Peut-être que c'est juste ton inquiétude qui t'a donné cette impression, Luna... » répondit Hermione. « J'ai aussi un tatouage, je sais comment il fonctionne : s'il ne chauffe pas, s'il ne change pas de couleur, il n'est pas en cours d'utilisation. »
Luna lança un regard peiné à Hermione, comme si elle lui reprochait de ne pas lui accorder davantage de crédit.
« Les filles... » intervint à nouveau Ron d'un ton diplomate. « Vous pourriez relancer le sort de répérage du mouchard ? C'est ce qu'on a de plus concret pour le moment, n'est-ce pas ? »
Luna en convaint et elle relança le sort. Le point qui représentait Draco n'avait, semblait-il, pas bougé. Ils tentèrent de s'en approcher le plus possible, puis cherchèrent une échelle, une trappe ou quelque chose qui descendrait à un niveau inférieur. Mais ils ne trouvèrent rien de tel.
« Il y a quoi encore en-dessous ? » demanda Ron.
« Je ne sais pas. Sans doute les égouts... » répondit Hermione.
« Je ne vois pas Malfoy aller à une réunion Mangemorts dans les égouts, » fit le premier.
« Peut-être qu'on fait fausse route ! » suggéra Luna brusquement. « Il est peut être au-dessus de nous et non pas en-dessous ! »
Ils levèrent le nez au plafond.
« Tu veux dire dans le ciel ? Quelque part sur un balai ? » tenta de rationaliser Ron.
« En plein Paris moldu ? » renchérit Hermine, hautement sceptique.
« Tout est possible Luna... » dit gentiment Ron, « mais je parierais plus volontiers sur une cape ou une potion d'invisibilité, vu qu'on ne le trouve nul part ! »
« Sortons, nous ne trouverons rien de plus ici ! » décida Hermione, en entrainant ses deux camarades avec elle.
Ils retrouvèrent Neville et Marcus à la sortie et refermèrent soigneusement l'entrée de la crypte. Luna, pendant ce temps, observait le ciel à la recherche d'une trace de son alter.
« Et si on demandait à une gargouille ? » proposa-t-elle tout à coup. « Il y en a plein sur la cathédrale. Elles ont une vue très perçante et ne dorment jamais la nuit. Si Draco est passé par là, elles l'auront forcément vu ! »
« Les gargouilles sont essentiellement ornementales, Luna. Celles de Hogwarts... » commença Hermione.
« Pas du tout. Ce sont de vraies créatures magiques ! » la contredit la Ravenclaw avec aplomb. « Ce sont des gardiens qui protègent les lieux sacrés, les entrées secrètes ou les trésors, exactement comme les griffons ! Rien ne leur échappe la nuit ! »
« Peut-être que rien ne leur échappe, mais elles peuvent ne pas s'être intéressées à lui, Luna... Ce n'est pas comme si la place était déserte, » remarqua Ron, en désignant les petits groupes de touristes épars, qui restaient là, malgré la pluie.
« Et comment comptez-vous monter jusqu'à elles ? » intervint Marcus, en regardant la cathédrale d'un air embêté. « J'aurai mon balai, ce serait vite réglé... Encore qu'on est en plein monde moldu, » ajouta-t-il en faisant une grimace.
« Oui, c'est sans doute pas une très bonne idée... » l'approuva Neville.
« Pourquoi vous vous compliquez la vie ? Il suffit de les appeler ! » fit Luna avec simplicité.
« Ce ne sont pas des animaux de compagnie, Luna. Elles ne viennent pas si on les siffle ! » remarqua Hermione, d'un ton impatienté.
« On pourrait monter dans les tours de la cathédrale ? » suggéra Ron. « De là, on aurait facilement accès à toutes les gargouilles... »
« Mais non, enfin ! » fit Luna en claquant la langue d'impatience. « Il suffit d'en appâter une avec une proie. »
« Ca mange quoi ? » demanda Neville en se tournant vers Luna.
« Des rats, non ? » répondit Marcus.
« J'aurais plutôt dit des pigeons... » renchérit Hermione.
« Exact ! » fit Luna. « Si on attache un pigeon à un arbre, une ou plusieurs gargouilles viendront forcément. »
« Ca me parait un bon plan, » fit Marcus, qui était assez curieux de voir une gargouille de près. « Malfoy n'a toujours pas bougé, Luna ? »
La jeune fille relança le sort : « Non, il n'a pas bougé. »
« Bon, le premier qui chope un pigeon a gagné ! » lança Ron.
Et chacun partit de son côté. Il ne fallut pas plus de trois minutes à Ron pour discrètement saucissonner un pigeon d'un coup de baguette.
« Bien joué ! » lança Marcus.
Muni de leur appat, ils contournèrent la cathédrale et allèrent vers un petit parc attenant, où il y avait de nombreux arbres. D'un sort, Hermione attacha soigneusement le pigeon à une branche basse.
« On fait quoi maintenant ? » demanda Neville.
« On attend, j'imagine... » répondit Marc-Horus.
Luna sortit de sa poche des lunettes, dont les verres étaient si épais qu'on aurait dit des culs de bouteilles. Elle se les posa sur le nez et regarda en direction des gargouilles.
« Il y a en a deux qui bougent. Je crois qu'elles jouent à Dryade-Farfadet-Troll (7) pour savoir qui a gagné le pigeon. »
Hermione profita qu'elle se trouvait derrière la Ravenclaw pour secouer la tête et hausser les épaules d'un air incrédule. Mais au bout de deux minutes, une gargouille descendit de son promontoire de pierre et vola d'étage en étage, en se cachant dans les ombres de la cathédrale. Bientôt, elle fut assez proche pour qu'ils puissent lui parler.
« Excusez-moi, » fit Hermione, d'un ton hésitant, « nous voudrions vous poser une question... »
Des yeux jaunes s'ouvrirent paresseusement et se posèrent sur le petit groupe.
« Longues jambes sorcières ! Jamais venir ici. Jamais faire attention gargouille. Jamais remercier gargouille. Cette lune, question ? » fit la créature en découvrant ses canines pointues. Elle n'avait pas l'air de bonne humeur.
« Le pigeon, c'est en guise de remerciement, » intervint Luna, qui essayait de sauver la situation.
« Pigeon. Bon pigeon, » fit la créature en saisissant l'oiseau saucissoné dans ses mains aux longs doigts osseux. « Pigeon donné. Ecoute question longues jambes. »
« Nous voudrions savoir si vous avez vu un sorcier blond à peu près de notre taille venir aux alentours et disparaître ? » demanda Marcus.
« Longues jambes sorcières jamais venir. Juste longues jambes moldues. Beaucoup longues jambes moldues. Jamais donné pigeon. Gargouille protéger cathédrale. Longues jambes sorcières malfaisantes, venues six-cent-quarante-une lunes. Malfaisantes. Malfaisantes. »
« Qu'est-ce qu'elle raconte ? » maugréa Ron à voix basse.
Luna observait intensément la créature. Complètement fascinée, elle regardait le soin avec lequel elle déballait son pigeon. Avec sa couleur de muraille, couverte de lichens et de mousses, la créature se fondait parfaitement dans son environnement. Luna se demanda si les gargouilles étaient invisible aux moldus ou si leur capacité de camouflage était telle que nul ne les avait jamais vues.
« Malfaisantes. Malfaisantes, » répéta la créature. « Longues jambes, âmes noires. Ames malfaisantes. Six-cent-quarante-une lunes. Chassées. Tuées. Jamais revenues. Cathédrale libre. »
« Cinq ? » demanda soudain Luna. « Cinq longues jambes sorcières malfaisantes venues six-cent-quarante-une lunes ? »
La gargouille grogna un assentiment avant d'ajouter : « Tuées. Chassées. Cathédrale libre. Jamais remercié. »
« Tu comprends ce qu'elle veut dire ? » demanda Marcus à Luna.
« Elle parle d'un groupe de Faust, » répondit Luna, toute excitée, tandis que le français blêmissait. « Et... »
« Hmm-hmm... » l'interrompit Hermione, avant d'insister en montrant la lune : « Si je comprends bien, ce soir, sous cette lune, vous n'avez pas vu de sorcier, hormis nous ? »
La créature planta ses canines pointues dans la gorge du pigeon, faisant dégouliner du sang sur ses doigts. Elle poussa un petit gémissement et se lécha les doigts. Puis, elle secoua la tête, son regard jaune dardé sur Hermione.
« Pas longues jambes sorcières. Cette lune, pigeon. »
« On n'en tirera rien de plus... » soupira Neville. « Luna, il vaudrait mieux que tu relances le sort. Peut-être que Malfoy a bougé ? »
La jeune fille semblait hésiter à ajouter quelque chose, l'attention toujours concentrée sur la gargouille, qui désossait maintenant son pigeon avec des petits gestes précis.
« Luna ? » insista Neville, sortant la jeune fille de ses réflexions.
Elle secoua la tête et relança le sort. Ses yeux s'agrandirent d'horreur :
« Il n'est plus là ! Il repart vers le nord ! » s'écria-t-elle, paniquée.
« Il a combien d'avance ? » demanda Marcus.
« Au moins 800 mètres, » répondit Neville. « Olala ! Qu'est-ce qu'on fait ? On repart en métro pour Saint-Martin et on le cueille à l'arrivée ? »
« Ce serait l'idéal, mais on va être courts du balai (8) pour le dernier métro ! » fit Marcus en regardant sa montre
« Ne perdons pas de temps alors ! » s'écria Ron.
Ils coururent jusqu'au métro Cité qui se trouvait non loin et dévalèrent les innombrables marches quatre par quatre.
« Plus vite ! » cria Marcus, qui était en tête de cortège. « Je crois que j'entends un métro ! »
Mais arrivés sur le quai, ils furent accueillis par une annonce décourageante : "Mesdames, Messieurs, nous vous informons que le service est terminé sur la ligne 4"
« Merde ! » jura Ron.
« Désolé. Je nous ai fait descendre ici pour rien... » s'excusa Marcus déconfit.
« Bon, ben... Pas d'autre choix que de continuer à pied, » fit Neville d'un ton résigné.
« Est-ce qu'il a gagné beaucoup d'avance, Luna ? » demanda Hermione.
« Non, pas beaucoup, » répondit cette dernière.
Ils coururent en direction de la rive droite, en tentant de s'orienter dans la direction qu'avait prise Malfoy. Sa progression n'était pas particulièrement rapide, ni en droite ligne, mais il conservait une petite avance sur ses poursuivants. Ils arrivèrent cependant à peu près au même moment à Saint-Martin.
Les Gryffindors, Luna et Marcus se précipitèrent dans l'ascenseur, qui était désert. Luna en profita pour relancer le sort.
« Il est un peu sur la gauche à une cinquantaine de mètres, » annonça-t-elle, en peinant à retrouver son souffle.
« Ron, garde l'ascenseur, au cas où il ne serait pas à cet étage, » fit Marcus.
« Ok. »
Dès que les portes s'ouvrirent au Haut Saint-Martin, ils se ruèrent sur la gauche. Personne. Ils rejoignirent aussitôt Ron et descendirent d'un niveau. Le Bas Saint-Martin était moins éclairé que le niveau supérieur, mais ils distinguèrent cependant nettement la chevelure blonde de Malfoy avant qu'il ne disparaisse dans la cheminée.
« Meeeeeeeeerde ! » jura Ron. « On le tenait presque ! J'aurais dû descendre direct sans vous attendre ! »
« Sais-tu où il a filé, Luna ? A Beauxbâtons ? » demanda Hermione.
« Ou chez Bombaste ? » ne put s'empêcher d'ajouter Neville avec un sourire en coin.
« Beauxbâtons, » annonça Luna avec soulagement. « Merlin soit loué, il est enfin rentré ! »
« Je le retiens, quand même ! » s'énerva Ron. « On lui court après toute la soirée et Monsieur finit par rentrer peinard à son dortoir ! »
« Il n'y a plus qu'à espérer maintenant qu'il est en un seul morceau... » reprit la Ravenclaw, en ignorant Ron.
Ils sortirent leur carte de transport et Luna la première s'engouffra dans la cheminée, sans doute dans l'espoir de rattraper Malfoy avant qu'il n'atteigne son dortoir.
Elle fut accueillie par le spectacle d'Alexis Bombaste, proprement saucissonné dans un coin de la pièce. Le garçon ne semblait pas conscient. Etait-ce Draco qui l'avait attaqué ? Non, Luna refusait de croire cela. Elle entendit un bruit dans le Grand Hall et s'y précipita en entraînant silencieusement Ron qui venait d'arriver. A leur grande surprise, ils aperçurent Morag McDougal qui descendaient les grands escaliers, le corps inerte de Malfoy lévitant devant elle. Ron aggripa le poignet de Luna :
« Je la suis. Va prévenir les autres et rejoignez-moi au plus vite. Elle ne peut pas aller très vite en remorquant un corps comme ça ! »
Luna se rua vers l'âtre. Marc-Horus et Neville étaient penchés sur Alexis. Ils avaient déjà défait les liens magiques. Marc-Horus resta auprès de lui, tandis que les autres cavalaient à la suite de Luna dans les escaliers. Ron était embusqué en bas. Il leur fit signe de se taire et désigna d'un geste McDougal qui s'éloignait dans les jardins arrières. Ils sortirent leurs baguettes.
Quand il fut évident qu'ils avaient mis McDougal hors d'état de nuire, Neville et Hermione lui confisquèrent sa baguette et celle de Draco, et l'emmenèrent dans une salle de cours. Luna était restée s'occuper de Malfoy, tandis que Ron rejoignait Marcus. Ce dernier était en pleine discussion avec Alexis, tentant de l'entraîner vers les jardins :
« Mais enfin, viens ! » fit Marcus avec un peu d'exaspération dans la voix. « Tu veux pas savoir pourquoi cette fille vous a attaqué ? Tu veux pas savoir si Malfoy va bien ? »
« J'm'en fous de cette fille… » commença Alexis, bougon. « Et je voudrais aller me coucher. J'en ai plein les pattes ! »
« Malfoy va bien puisque tu t'en inquiètes, Bombaste, » le coupa Ron. « On peut dire qu'il a les amis qu'il mérite… »
Alexis ne répondit pas. Marc-Horus se tourna vers son alter :
« Tout va bien ? »
« Oui. Hermione et Neville ont enfermé provisoirement McDougal dans une salle de cours. Ils nous attendent. Et Malfoy est sain et sauf. Ce qui n'est un soulagement pour personne, hormis Luna... Deux heures ! Deux heures à lui cavaler après ! » fulmina Ron. « Et faut encore lui sauver la vie par la suite ! C'est quoi ce mec ? Une princesse ? »
Le jeune Weasley marcha droit sur Alexis et lui vissa un doigt dans la poitrine : « Tu étais avec lui, hein ? Vous étiez où, bon sang de Méduse ? »
Alexis fit tout son possible pour rester impassible ce qui sembla encore plus louche aux yeux de Ron : « De quoi tu parles ? » demanda-t-il enfin.
« Ne fais pas l'innocent, Bombaste. Je ne suis pas d'humeur ! »
« Moi non plus. Je suis d'humeur à aller me coucher ! » répondit Alexis sur le même ton.
« Ok, ok… Calmons-nous, » intervint Marcus. « Alexis, si tu étais avec Malfoy cette nuit, dis-nous juste ce que vous faisiez. On t'en demandera pas plus. »
« Boudreaux… » commença Alexis. « Boudreaux voulait qu'on fasse une récolte d'ingrédients pour elle. »
Et pour illustrer son explication, il releva sa chemise pour montrer sa ceinture à potion, et plus particulièrement quelques plantes drapées dans un linge qui y était accroché.
« Elles sont complètement sèches, tes plantes, » fit Ron suspicieux. « Ne va pas me faire croire qu'elles ont été cueillies il y a une heure ! »
« Qu'est-ce que t'y connais, toi ? » répondit Alexis d'un ton hautain.
« Bon, bougez pas. Je vais chercher Junon, » intervint Marcus. « Ca commence à devenir vraiment sérieux, cette affaire ! »
De son côté, Hermione pensait exactement la même chose. L'affaire était sérieuse. Elle en était sûre maintenant. McDougal avait clairement tendu une embuscade à Malfoy. La disparition de Crabbe et Goyle était probablement de son fait également.
« On l'interroge tout de suite ou on attend que Ron et Marcus nous rejoignent ? » demanda Neville, la tirant de ses réflexions.
Elle allait répondre quand Marcus lui-même les rejoignit :
« Alexis fait des histoires. Je vais chercher Junon, » expliqua-t-il rapidement.
« Hein ? Comment ça ? »
« Il prétend que Malfoy et lui cueillaient des plantes pour Boudreaux, mais même si c'est vrai qu'il y a des jardins sur l'Île de la Cité, ça parait pas très crédible... Ca me coûte de mêler Junon à ça, mais je crois que c'est préférable... »
« Est-ce qu'il vaudrait pas mieux qu'on interroge Malfoy ? » hasarda Hermione, qui n'avait pas très envie que la tuteur de Harry ne mette son nez dans leurs affaires.
« Une élève anglaise qui attaque d'autres élèves anglais et français, c'est grave, tu sais ? Bien sûr, on peut cacher ça à tout le monde, mais s'il y a des conséquences qu'on arrive pas à anticiper, qu'est-ce qu'on fera après coup ? »
« Mais si on implique Sorlimus, qui te dit qu'elle n'en parlera pas à sa mère ? Et je ne donne pas cher de notre statut de réfugié politique si ça se sait que McDougal a attaqué un élève français, » contra Hermione.
« Non. Je connais bien Junon. Elle fera ce qu'il faut pour que le statu quo demeure. »
Hermione expira entre ses dents, puis finit par approuver de la tête. Elle n'était pas exactement convaincue, mais quoiqu'elle dise, Marcus ferait probablement comme il le voudrait.
« Bon, interrogeons McDougal de notre côté, » fit Neville, après que Marcus ait disparu en direction des dortoirs.
Cela faisait quinze minutes que les Gryffindors avaient enfermé Morag dans une pièce et elle menaçait de devenir folle. Folle de rage qu'ils aient fait échoué son plan, folle d'impatience à l'idée d'enfin sortir de là et enfin folle d'inquiétude qu'ils n'aient compris son implication dans les différents événements des jours passés. Elle nierait tout en bloc bien sûr. Avoir capturé Malfoy et saucissonné Bombaste ne représentaient pas des preuves suffisantes, mais c'était tout de même gênant. C'était surtout rageant de s'être fait prendre si près du but ! Elle réprima entre ses dents un juron sorcier particulièrement vulgaire, puis s'assit pour réfléchir. Que pouvait bien faire les Gryffindors en plein milieu de la nuit dans le Grand Hall de Beauxbâtons ? Sans doute surveillaient-ils Malfoy, eux aussi... Peut-être que Morag pourrait essayer de jouer sur ce plan-là, si tout le reste échouait... Ils détestaient le prince des Slytherins autant qu'elle, après tout.
« J'aimerais savoir de quoi je suis accusée au juste ? » fit Morag, en dévisageant d'un air hautain Neville et Hermione quand ils la rejoignirent enfin. « Je ne vois pas en quoi les affaires internes des Slytherins vous regardent... »
« Tu veux dire que tu as le droit d'attaquer en pleine nuit un élève parce qu'il est de ta maison ? » demanda Hermione d'un ton sarcastique. « Que fais-tu de Bombaste alors ? »
« Bombaste soutient Malfoy. Je devais juste l'écarter de mon chemin. Et le fait que nous soyons en pleine nuit n'est pas de mon fait, uniquement du leur... Je ne suis pas celle qui se balade on-ne-sait-où à des heures indues. »
« Ecoute, McDougal, tu ne veux pas que nous allions réveiller McGonagall et Madame Maxime, hein ? » intervint Neville. « Si tu nous dis ce que tu cherches à faire, nous pourrons peut-être t'aid... »
« Je vous ai déjà demandé votre aide ! » coupa Morag. « Et vous m'avez tous envoyé bouler ! On a des enfants de Mangemorts sous la main. On a un levier, un moyen de pression sur ces salopards masqués, mais vous, bien sûr, avec votre grandeur d'âme et votre idéalisme, vous ne voulez pas vous en servir. Si on tient Draco Malfoy, on contrôle Lucius Malfoy, le premier lieutenant de Voldemort ! On a un poignard qu'on peut lui enfoncer dans le dos, vous comprenez ça ?! Le temps presse. Les frontières peuvent réouvrir n'importe quand. C'est maintenant qu'il faut agir, » acheva-t-elle avec toute sa force de conviction.
« Tu as peut-être un plan, McDougal, mais ce serait une erreur de croire que nous restons les bras croisés... » fit Hermione.
« Vous voulez parler du plan où vous attendez que Potter fasse tout le boulot comme d'habitude ? » La voix de la Slytherin dégoulinait de sarcasmes.
Hermione bénit le fait que Ron ne se trouvait pas dans la pièce. Il aurait probablement hurlé. Neville à côté d'elle avait l'air particulièrement retourné.
« On sait ce que faisaient Malfoy et Bombaste sur Paris. On les a suivi, » dit-elle pour temporiser. « Et c'est pas ce que tu crois, McDougal. Ils recueillaient des ingrédients sur ordre de Boudreaux, » dit-elle en reprenant la fable servie par Alexis. « Il y a des jardins sorciers avec certaines plantations spécifiques sur l'Ile de la Cité et, si tu as posé un mouchard sur Malfoy, tu sais parfaitement qu'ils sont allés là... »
« Et Bombaste, interrogé par Marcus et Ron, a donné la liste complète de ce qu'ils avaient été chargés de cueillir, » ajouta Neville, agrémentant librement les propos de son alter. « Tout ce qu'il nous manque c'est le témoignage de Boudreaux et nous l'aurons demain matin. »
« Quoi que vous en disiez, Malfoy est un apprenti mangemort et vous ne me ferez pas changer d'idée ! Pour l'instant, il se cache derrière Bombaste, mais il montrera vite ses vraies couleurs, croyez-moi ! Je suis d'ailleurs sûre que c'est lui qui a ordonné à Crabbe et Goyle de fuguer pour lui préparer le terrain. »
« Peut-être bien... » admit Hermione. « Mais en attendant, tu ferais mieux de te calmer avant de te faire arrêter par les Aurors français. Si la Sénéchale de France apprend que tu menaces des élèves, français ou anglais, elle risque de prendre des mesures. »
« Genre, quoi ? Me renvoyer en Angleterre ? Mais je n'attends que ça qu'on me renvoie en Angleterre ! »
« McDougal, tu vas te faire tuer si tu rentres... Au moins, viens t'entraîner avec l'AD, » dit Neville. « Ca te sera utile et tu sais qu'on est plus fort à plusieurs, n'est-ce pas ? »
x-x-x-x-x-x
Junon avait l'habitude d'encaisser sans broncher pas mal de choses. L'insatisfaction permanente de sa mère. La frustration de ne pas réussir à faire un patronus. Les patronus parfaits de Potter. Les rallyes mondains sans fin. Les cours sans intérêt. L'éternelle tronche de Fontaine-A-Pleurs (9) de Potter. La médiocrité de la plupart de ses camarades. La bande à Potter, qui refusait de comprendre que ce dernier avait autre chose à faire que de traîner avec eux. La flagornerie de certains condisciples, qui espéraient entrer dans ses bonnes grâces. L'intérêt de sa mère pour Potter. Le manque de nourriture quand son emploi du temps était trop chaotique pour prendre le temps de manger. Et le manque de sommeil pour la même raison.
Il y avait peu de gens à qui elle accordait sa confiance. Marc-Horus Volauvent en faisait partie. Aussi, fut-elle particulièrement déçue et fâchée quand ce dernier la réveilla de la première véritable nuit qu'elle arrivait à s'accorder en deux semaines.
« Marcus... J'espère que tu as conscience qu'il est presque deux heures du matin, » dit-elle d'une voix mesurée, mais très menaçante.
« Je suis navré, Junon. Mais c'est pour une affaire qui risque de remonter au Sénéchalat, si tu ne prends pas les choses en main. »
Elle ne sourcilla même pas, se contentant de passer devant lui et de marcher en direction des escaliers. Volauvent n'ajouta rien avant d'avoir atteint le couloir des salles de classe.
« Explique-toi, » ordonna-t-elle enfin après avoir insonorisé une pièce.
Après que Marcus lui ait résumé la situation, Junon poussa un sifflement mécontent :
« Mélusine toute puissante ! Vous ne pourriez pas juste dormir la nuit, tous autant que vous êtes ! Bombaste va m'entendre ! »
Et elle dévala les escaliers jusqu'à l'âtre principal où se trouvaient toujours Alexis et Ron.
Le spectacle de Weasley dégoulinant d'un liquide malodorant non identifié fit presque sourire Junon.
« C'est quoi ce bordel ? » lança-t-elle aussitôt, en avisant Alexis à nouveau saucissonné dans un coin de la pièce.
« A ton avis !? » grinça Ron, en montrant la ceinture à potion de Bombaste qu'il venait de confisquer. « J'en peux plus d' ce mec, je vais me changer ! » ajouta-t-il en tournant les talons.
« On s'occupe de tout, Ron, t'en fais pas. Je te contacte par tatouage dès qu'on en sait plus... » fit le jeune Volauvent au passage.
Junon désensorcela Alexis, qui s'assit par terre en se massant les poignets.
« J'allais pas me laisser faire non plus... » maugréa-t-il, le visage renfrogné.
Junon darda sur lui son regard le plus noir et eut la satisfaction de le voir pâlir. Parfait. Il serait sans doute plus bavard avec elle qu'il ne l'avait été avec Marcus ou son alter. Avec un peu de chance, il serait même bref et concis.
Deux minutes plus tard, Junon refusait d'en croire ses oreilles. Non seulement Alexis lui mentait de manière éhontée, mais en plus il avait le culot de la regarder dans les yeux en le faisant.
« En gros, tu planifies une expédition nocturne à Paris avec un fils de Mangemort et tu refuses de m'en expliquer la raison... Tu te moques de moi, Alexis, » fit-elle, d'un ton froid.
« Je viens de tout t'expliquer ! Envoie un pneu à Boudreaux, elle confirmera ce qu'on faisait. »
« Tu veux dire ta fable sur les fameux ingrédients à cueillir en pleine nuit. Vous n'avez rapporté en toute évidence aucun ingrédient et tu n'as même pas l'air de savoir que vous étiez sur l'Ile de la Cité, » grinça Junon.
Alexis s'enferma dans un mutisme têtu. Marcus soupira :
« Alexis, on se connait depuis des années et on sait tous les deux que parfois tu peux faire des trucs dangereux sans t'en rendre compte... Dis-nous juste, est-ce que Draco Malfoy t'a poussé à faire quelque chose ? »
« On a des legilimens au Sénéchalat. Tu veux vraiment que je te livre à ma mère ? Ca va faire un joli scandale... » renchérit Junon, avec une moue méchante.
« Putain, fais pas ça, Junon ! » cria Alexis, son teint était devenu livide. « Ma mère va me tuer ! »
« Et ben, accouche ! »
Alexis se frotta la tête, il semblait très ennuyé. Marcus vint aussitôt à la rescousse :
« Tu n'es pas forcé de tout nous raconter en détail... On peut se contenter de généralités. »
L'alchimiste poussa un soupir en réflechissant à ce qu'il allait dire :
« Euh... En fait, il faut bien que vous compreniez que c'est une affaire de famille... »
« Une affaire de famille ? Quelque chose qui concerne les Bombaste ? » demanda Junon.
« Oui, aussi. Mais surtout les Malfoy... La branche française des Malfoy. »
Marc-Horus hocha la tête, mais il semblait peu convaincu :
« Je vois ce que tu veux dire, mais ça n'explique pas votre petit périple de cette nuit... »
« On pourrait pas en rester là ? » tenta Alexis, d'un ton implorant qu'il n'employait pourtant jamais.
« Bombaste, si tu ne craches pas ta chocogrenouille, les legilimens le feront, » menaça Sorlimus.
« C'est pas interdit sur les mineurs ? » hasarda Bombaste.
« Sur toi, sans doute... Mais sur un fils de Mangemort ? Ma mère aura peu de scrupule. Et je crois que l'Ambassadeur de Grande Bretagne ne couvrira pas Malfoy sur un truc de ce genre. »
Alexis se frotta la tête, maudissant intérieurement Malfoy et ses idées à la con :
« Si je parle, ça reste entre nous, ok ? Ca ne quitte pas les murs de cette pièce ? »
Junon s'apprêtait à acquiescer quand Marcus la devança :
« Tu te rends bien compte que je vais devoir en parler à mon alter et à ses amis, l'alter de Malfoy compris. On vous a coursé pendant deux heures, ils vont vouloir des réponses. Mais je te promets que ça ne sortira pas de ce petit cercle de personnes et on n'en dira pas un mot aux profs. »
L'Alchimiste grimaça, soupira, se passa une main sur la figure, tentant de retarder au maximum le moment des aveux, puis d'un seul coup se lança :
« Euh... Disons qu'on a fait un truc... pas super légal... » avoua-t-il.
« Pas légal ? Dans quel sens ? »
« Magie noire ? » marmonna Alexis, en ayant bien conscience de ne pas arranger son cas.
Junon et Marcus échangèrent un regard ébahi.
« Dis-moi que vous n'avez pas mis des filles sous Imperium pour les violer... »
« Hein ?! T'es fou ou quoi, Volauvent ?! Pour qui tu me prends ? » glapit Alexis.
« Alors quel genre de magie noire ? » coupa Junon.
« ... Nécrospiritisme. »
« Ça existe encore, ça ? » demanda Marcus à Junon.
« Ecoutez, on a juste voulu communiquer avec un esprit décédé et on a même pas réussi, alors... »
« Et vous avez fait ça en plein milieu de l'Ile de la Cité ? Comment se fait-il qu'on vous ait pas vu ? » demanda encore Marcus.
« Parce qu'on était dans les Catacombes. Impossible de savoir exactement où on était... »
« Je ne sais pas ce que vous trafiquez, toi et Malfoy, mais j'aime pas ça... » intervint Junon d'un ton mauvais. « Aujourd'hui, vous fricotez avec la magie noire et les morts au fin fond des catacombes, et demain, hein ? On va vous retrouver avec une cagoule de Mangemorts sur la tête ! »
« Ah ça, jamais ! » cria Alexis.
« Et Malfoy ? Tu te portes garant de ce fils de Mangemort ? » fit-elle.
« Si c'est le cas, je m'occuperai de Malfoy. »
« Ne dis pas des choses comme ça, Alexis. T'es flippant, » remarqua Marcus mal à l'aise.
Alexis se passa la main sur le visage.
« Ecoutez, je vous ai dit tout ce que vous vouliez savoir. On a fait appel à un nécrospiritiste pour une raison familiale qui concerne les Malfoy et les Bombaste. Merde ! Croyez-moi, quoi ! Je le jure sur l'Alchimie ! » ajouta-t-il d'un ton convaincu.
Ce n'était pas tous les jours qu'Alexis jurait sur l'alchimie.
« On pourrait en toucher un mot à nos Généalogistes... » remarqua Marcus. « Elles se feront une joie de nous répondre, j'en suis sûr. »
« Elles n'auront pas de mal à trouver des liens entre les Malfoy et les Bombaste. Ca, je vous le garantie ! » répondit aussitôt Alexis, voyant que Sorlimus commençait à se laisser fléchir.
« Ok, ok. On va cuisiner un peu Malfoy pour recouper les informations, mais officiellement, on en reste à votre première explication : la cueillette des ingrédients pour Mme Boudreaux. On n'a pas besoin d'un scandale à Beauxbâtons en ce moment ! » conclut Junon, d'un ton irrité.
« Ok, je suis désolé, » finit par dire Bombaste du bout des lèvres. « De toutes façons, c'était une idée à la con ! »
Marc-Horus et Junon allaient quitter la pièce quand Alexis reprit la parole :
« Euh... Une dernière chose... »
« Oui ? » fit Junon, exaspérée.
« C'est pas que je m'inquiète outre mesure, mais il y a un truc qui a merdé pendant le rituel et Malfoy en a peut-être fait les frais. Je suis sûr que ça n'aura pas de conséquence, mais dans le doute... Est-ce qu'il faudrait pas l'emmener passer une nuit en observation chez le Marcou sous un prétexte quelconque ? »
« Je m'en occupe, » le rassura Marcus. « Je dirais aussi à son alter de garder un oeil sur lui ces prochains jours. Maintenant, va te reposer Alexis. Tu as un air de déterré ! »
« Ahah, super marrant... » grimaça Alexis pour toute réponse.
x-x-x-x-x-x
Malfoy avait refusé net d'aller se coucher sans savoir ce qui s'était exactement passé et surtout sans avoir récupéré sa baguette. Il avait convaincu Luna d'attendre le retour des Gryffindors qui étaient partis on-ne-sait-où, sans doute interroger McDougal. A un moment, il avait bien aperçu Weasley se dirigeant vers son dortoir, mais au premier mot qu'il lui avait adressé, le Gryffindor lui avait lancé une bordée d'insultes, assortie d'un "c'est pas le moment". Au vu de son odeur, Malfoy en avait convenu. Il ne restait plus qu'à prendre son mal en patience. Luna, pour sa part, s'était plongée dans un de ses bouquins d'hermétisme.
Draco se mordilla un ongle en attendant que Weasley ne sorte de sa chambre. Il devait absolument découvrir si Morag était à l'origine de la disparition de Crabbe et Goyle. En tant que préfet, c'était tout de même sa responsabilité et il ne pouvait supporter une telle rébellion au sein de sa maison. Millicent avait eu raison de pointer les dissidences au sein de Slytherin. C'est ce qui avait mené à son agression de cette nuit. Dès qu'il aurait un coupable, ce serait plus simple de faire à nouveau front commun.
Malfoy grogna en regardant l'heure. Il était presque 2h00, nom d'une Méduse décapitée ! S'ils traînaient encore longtemps ils allaient tous se faire choper par les goules de Dencour et alors, adieu baguette ! Que faisait donc cet imbécile de Gryffindor ? Il lui fallait un quart d'heure pour se changer ou quoi ? Il hésitait à tambouriner à sa porte quand Longbottom, Granger, Volauvent et - stupeur - Weasley en personne, débarquèrent dans le couloir.
« Ah ! » s'écria Luna, en levant le nez de son livre. « Tu vois bien qu'ils sont revenus ! »
« Et bien, ce n'est pas trop tôt ! » répliqua Draco sur le ton d'un seigneur irrité par la négligence de ses serviteurs. Il foudroya tout particulièrement Ron du regard, avant d'aller au plus pressé : « Alors ? Qu'a dit McDougal ? C'est elle, hein ? Je sais que c'est elle qui est derrière les disparitions et les accidents qui nous sont arrivés ! »
« Du calme, Malfoy ! » fit Neville en fronçant les sourcils. « Nous avons interrogé McDougal pour avoir sa version des faits. »
« Parce que vous avez besoin de son temoignage !? Vous êtes aveugles ou quoi ? Vous avez bien vu qu'elle m'a agressé ? Qu'elle a saucissonné Bombaste ? Lui et moi, on est les victimes ici, je crois que c'est une évidence ! »
« Oui, oui... » intervint Marc-Horus. « On a aussi écouté la version d'Alexis. »
Malfoy se détendit aussitôt.
« Et en fait, puisque l'on parle d'Alexis, vous faisiez quoi au juste cette nuit à Paris ? » demanda Hermione d'un ton trop poli pour être honnête.
« Rien de particulier. Tourisme nocturne, » répondit-il d'un ton désinteressé. « Je pourrais avoir ma baguette ? » ajouta-t-il en faisant un effort considérable pour faire une demande aimable.
« Plus tard, Malfoy, » fit Ron.
« De quel droit ? C'est de la spoliation de bien caractérisée ! » s'insurgea le Slytherin.
« Mais oui, mais oui... » dit Hermione, avec un petit geste négligent de la main. « Revenons à votre programme de la soirée... »
« On ne pourrait pas en parler à un autre moment ? L'heure du couvre-feu est passée, là ! » fit Draco d'un ton impatienté. « Je ne sais pas vous, mais je n'ai pas envie de croiser une goule de Madame Dencour. »
« Oh, on a bien cinq minutes... » fit Hermione. Draco aurait pourtant juré que Miss-Préfète-Parfaite était la première à obéir aux règlements.
« Donc ? Ton programme de la soirée ? » reprit Ron.
« Je ne vois pas en quoi ça vous regarde ce que nous avons fait de notre soirée... » maugréa Draco.
Neville ne put s'empêcher de laisser échapper un gloussement.
« On peut savoir ce qui te fait rire, Longbottom ? » fit Draco, irrité.
« C'est juste que... ça me rappelle ce qu'a dit Altaïr ! » répondit Neville, qui peinait à contenir son hilarité.
Ron et Hermione se mirent à rire aussi. Draco avait la nette impression qu'on se moquait de lui, mais était bien trop fier pour demander des explications. Il s'occuperait de ça plus tard. Une fois que ces emmerdeurs de Gryffindors lui auraient rendu sa baguette. Et qu'il aurait dormi quinze heures d'affilée. La fatigue commençait à sérieusement l'attaquer et il sentait que son corps allait bientôt réclamer son dû.
« Allons, allons, » fit Marcus, « ce n'est pas sympa de colporter des rumeurs, surtout celles dont Altaïr est à l'origine. Vous devriez savoir depuis le temps qu'elles sont loin d'être fiables... »
« Quelles rumeurs ? » ne put s'empêcher de demander Malfoy.
« Laisse tomber, Malfoy... » Le sourire de Neville ne rassura pas vraiment Draco.
« Tu n'apprécierais pas ! » renchérit Hermione, en tentant tant bien que mal de reprendre son sérieux.
« On va attendre l'annonce officielle ! » gloussa Ron.
« S'il vous plaît, restons-en là ! C'est pas cool... » intervint Marcus, en fronçant les sourcils. « Pourrais-tu plutôt nous dire où vous étiez, Malfoy ? Je voudrais recouper la version d'Alexis... »
Draco se renfrogna, mais Volauvent venait de mentionner Bombaste, indiquant par là-même qu'il en savait sans doute pas mal sur leurs activités de la soirée. C'était le moment d'utiliser l'excuse proposée par l'alchimiste.
« A Saint Martin, ce n'est pas un secret... » répondit-il finalement.
« Mais vous n'avez pas été que à Saint-Martin ! » accusa Hermione avec fougue.
« Qu'en sais-je ? On cueillait des plantes pour le professeur Boudreaux, » expliqua-t-il de sa voix traînante.
« Mais bien sûr. Vous étiez en train de cueillir des plantes sur l'Ile de la Cité, c'est ça, hein ? » attaqua Ron.
« L'Ile de la Cité ? » répéta Draco, en plissant les yeux. Ca, c'était sans doute une improvisation de Bombaste. « Euh... Oui, sans doute... Je ne faisais pas vraiment attention. »
« Tu veux dire que tu n'as pas remarqué que vous avez franchi un pont ? » ironisa Hermione.
« On vous y a suivi, Malfoy, alors ne nous mens pas. Qu'est-ce que faisiez, là ? Une réunion de Mangemorts peut-être ? A moins que tu n'aies repris contact avec Crabbe et Goyle à l'insu de tout le monde ? » continua Ron.
« Quoi ?! Crabbe et Goyle sont à Paris ? » s'écria Draco. « Ils n'ont pas été enlevés par McDougal ? Vous les avez vus ? »
Quelque chose dans la voix de Malfoy faisait très authentique. Il avait tout à coup l'air sincèrement soulagé de savoir où se trouvaient ses camarades de classe.
« Non, Malfoy. Tu nous as mal compris. Nous ne savons pas où sont Crabbe et Goyle... » précisa Neville.
Le masque dédaigneux reprit aussitôt sa place sur le visage de Draco.
« Ecoutez, il est tard et je suis fatigué, » dit-il. « Je ne sais pas non plus où se trouvent Crabbe et Goyle et franchement ça m'inquiète. Tout ce que je voudrais maintenant, c'est ma baguette, au cas où McDougal déciderait de s'en prendre à nouveau à moi ou aux autres Slytherins. Si le fait de me voir attaqué ne vous suffit pas, ça n'a pas d'importance. Je n'ai pas besoin de vous pour assurer ma défense. »
« Raconte-nous juste ce que tu as fait ce soir et on te la rend, ta baguette ! » lança Ron qui commençait à perdre patience.
« On cueillait des plantes pour Boudreaux ! Combien de fois faut-il que je m'escrime à vous le répéter ? Est-ce qu'il faut que je jure sur la magie pour que vous me laissiez tranquille !? »
« Marcus ? » fit Ron, en se tournant vers son alter.
« Et ben, disons qu'Alexis a été nettement plus prolixe, » Volauvent ne souriait plus. « Pas qu'il m'ait décrit les Catacombes en détail, mais suffisament pour que je comprenne ce que vous étiez venu y faire... »
Les yeux de Draco semblèrent vouloir jaillir de leurs orbites :
« Qu... Qu'est-ce qu'il vous a raconté, cet idiot ? »
« Il a commencé par parler d'une affaire de famille, puis il a obliqué vers le Nécrospiritisme... Un domaine de la magie noire particulièrement fascinant... » fit Hermione d'une voix mêlée de désapprobation et de curiosité.
Il y eut un long silence, pendant lequel Malfoy resta parfaitement de marbre.
« Si vous savez tout, ce n'est pas la peine de tourner comme ça autour du chaudron... » finit-il par dire. « Qu'est-ce que vous voulez ? »
« Dans l'immédiat, que tu ailles à l'infirmerie, » dit Marcus, « car d'après Alexis, le rituel a mal tourné. On trouvera une excuse pour le Marcou. »
« Dans un second temps, tout ce que tu peux savoir sur "Tu-Sais-Qui", sur ton père, sur les Mangemorts et tout le reste ! » lança Ron.
« Et ce que tu as tiré de tes lectures depuis que tu es ici. J'ai bien vu que tu passais ta vie à la bibliothèque ! » renchérit Hermione.
Draco plissa les yeux, mais il n'avait guère de marge de manœuvre.
« Et ben, vous doutez de rien ! Vous ne voulez pas la clé de mon coffre à Gringotts, aussi ? » fit-il d'un ton dédaigneux. « Mais je vous préviens, » ajouta-t-il, « quand on rentrera en Angleterre, je n'irai pas espionner pour vous ! N'allez pas croire que je suis dans votre camp ! »
« Quand on rentrera en Angleterre, ce sera la guerre, Malfoy. Plus personne ne se souciera de ton expédition dans les Catacombes et de tes expérimentations avec les âmes mortes ! »
Draco poussa un gros soupir et se dirigea vers Marc-Horus.
« On peut aller à l'infirmerie tout de suite ? Je suis fatigué, » lui dit-il.
Marcus prit la baguette de Malfoy des mains de Ron et ils sortirent de la pièce, laissant les Gryffindors et Luna qui n'avait pas pipé mot.
« Je ne vous laisserai pas faire intentionnellement du mal à Draco, » leur déclara-t-elle, finalement.
« Nous le faisons juste chanter, Luna, » expliqua Neville. « Si Malfoy avait voulu coopérer avec nous depuis le début, nous n'aurions pas eu besoin d'avoir recours à ce procédé... »
« Il reste un fils de Mangemort, » continua Hermione. « Nous avons une chance aujourd'hui de le faire changer de bord. Peut-être pas de son plein gré pour le moment, mais les meilleures décisions ne sont pas toujours volontaires... »
« Si Malfoy se déclare officiellement contre les Mangemorts, il ne sera sans doute plus menacé par McDougal. Et donc nettement plus en sécurité, Luna, » intervint Ron. « C'est la stratégie la plus appropriée au contexte. »
« Bref, nous ne faisons que lui donner un coup de pouce dans la bonne direction ! » conclut Hermione.
x-x-x-x-x-x
Le dimanche fut particulièrement improductif. Les Gryffindors se levèrent fort tard et ils végétèrent dans les jardins pendant la majeure partie de l'après-midi. Luna, de son côté, ne quitta pas l'infirmerie où se trouvait toujours Malfoy.
Alors qu'ils allaient commencer la séance de l'AD, Morag McDougal déboula complètement hors d'haleine.
« Attendez ! » cria-t-elle d'une voix hachée. « C'est... C'est incro...yable ! ... Ecoutez-moi ! ... Vous allez... pas me croire ! »
Tout le monde se figea. Si McDougal était dans cet état, c'est qu'il se passait sans doute quelque chose de grave. Boot se crispa comme c'était souvent le cas quand la Slytherin était dans les parages. Visiblement, il n'aimait pas beaucoup son alter. Bulstrode fonça dans la direction de sa camarade de maison et enroula son bras autour de ses épaules.
« Que se passe-t-il, Morag ? » demanda-t-elle d'une voix anxieuse.
Marcus conjura un verre d'eau qu'il tendit à la jeune fille, le temps qu'elle reprenne contenance et qu'elle trouve ses mots.
« C'est à propos de Pansy, » commença-t-elle. « J'avais chargé deux amis français de la moucharder, car je ne la voulais pas dans mes pattes hier soir. Or, hier, elle aussi était à Paris. C'est ce qu'ils m'ont assuré. Seulement, elle est jamais rentrée à Beauxbât ! Mais c'est pas le plus grave ! Si le mouchard ne ment pas, elle vient de pénétrer en Angleterre ! »
« QUOI !? »
« Comment elle a fait ? »
« Ça veut dire que le blocus est tombé ? »
« Qu'est-ce qu'on va faire ? »
« Alors, on va avoir des nouvelles de nos parents ? »
« Putain, Thomas, fais attention à c'que tu dis ! » cria Bulstrode en indiquant de la tête McDougal.
« Mais comment Parkinson a pu le savoir ? »
« Tu crois pas qu'elle avait ses propres sources d'informations ? »
« C'est possible... »
« Je trouve pas ça très crédible... »
« Et nous, qu'est-ce qu'on va faire ? »
« Calmons-nous, calmons-nous... » tenta Hermione d'une voix qui se voulait mesurée. « On va déjà prévenir le professeur McGonagall et Madame Maxime. Neville, peux-tu leur envoyer un pneu ? »
« J'y vais ! »
« Et envoie un pneu à Harry aussi ! » cria-t-elle après lui.
Ron se tourna vers Bulstrode.
« Est-ce que tu peux annoncer la nouvelle aux Slytherins, Bulstrode ? Avec toutes les précautions nécessaires. Et si tu veux bien nous faire un retour après... »
« Cela va sans dire, Weasley ! » s'exclama Bulstrode, en tentant d'entraîner McDougal avec elle.
« Attendez ! » intervint cette dernière qui n'avait plus aucun scrupule à exposer ses plans en public. « C'est le moment de neutraliser Malfoy ! Si on attend, il fera comme Pansy et ce sera trop tard ! »
« Et que comptes-tu faire ensuite ? » demanda Ron d'un ton irrité. « Rentrer en Angleterre, avec la baguette sous la gorge de Malfoy et réclamer des comptes à son père et à Voldemort ?! »
« Sans compter que Lucius Malfoy est en cavale comme tous les mangemorts échappés d'Azkaban... » renchérit Hermione. « Tu n'arriveras jamais jusqu'à lui. »
« Je me demande pourquoi j'essaye encore de vous parler ! » grogna Morag, en leur tournant le dos et en partant vers le bâtiment principal. « De toutes façons, dès que je peux je fous le camp d'ici ! »
« Morag ! » cria Bulstrode en lui courant après. « C'est trop dangereux ! Je ne te laisserai pas... »
La voix de la Slytherin s'évanouit peu à peu.
Ron et Hermione échangèrent un regard avec le reste de l'AD.
« Vous croyez vraiment qu'elle va rentrer en Angleterre comme ça ? Sans savoir ce qui l'attend ? » demanda Hannah Abbot d'une voix inquiète.
« C'est une fille intelligente. Quoi qu'elle fasse, je suis sûre qu'elle se préparera soigneusement... » répondit Hermione. « Mais je préférerais qu'elle s'abstienne de prendre Malfoy en otage. »
« Il va falloir dire à Luna de redoubler de vigilance et de jouer les maléfices de glue perpétuelle... » conclut Ron,
avant de se tourner vers son alter : « Marcus, en dehors de Madame Maxime, qui doit-on prévenir d'autres, ici ? »
« Junon. Je vais lui écrire un pneu au cas où elle ne serait pas avec Harry en ce moment. Elle se chargera de se renseigner auprès du Sénéchalat, » répondit Marcus en s'éloignant à son tour. « Ce sera probablement notre meilleure source d'information dans les jours à venir. »
« De mon côté, je vais prévenir Goldstein ! » lança Lavender, en s'éloignant. Boot hésita une seconde, puis décida de l'accompagner, tout comme Padma Patil.
« Qu'est-ce qu'on fait pour Stebbins et Faucett ? » demanda Perks d'une voix timide.
« Alors, eux, on s'en fiche ! » fit McMillan d'un ton assez sévère. On sentait que la "trahison" d'une personne de sa maison le perturbait au plus haut point. « Qu'ils rentrent en Angleterre s'embrigader avec les Mangemorts si ça les chante, ce n'est pas notre affaire ! »
« Calme-toi, Ernie ! » s'exclama Abbot en lui posant une main sur le bras.
Les Hufflepuffs se rassemblèrent autour de leurs préfets.
« Susan doit être avec Piccolo et Martin. Finnigan doit aussi être avec elles. On va les prévenir, » décida McMillan.
« Et Moon ? » demanda Ron.
« Frederick est sur Paris ce week-end. Il est chez Yvon Chapeler. Je ne sais pas s'il rentre ce soir ou demain matin... » précisa Finch-Fletchley.
« Qui manque-t-il d'autres ? » demanda Hermione.
« Luna ? » fit Lisa Turpin.
« Elle est probablement avec Malfoy. Il faut d'ailleurs lui envoyer un pneu pour lui recommander de ne pas le quitter des yeux. »
« Mais tu crois pas qu'il y a un risque qu'il fugue de Beauxbâtons pour rentrer en Angleterre ? » demanda Perks.
Ron renifla d'un ton méprisant :
« Malfoy ne rentrera que lorsqu'un camp aura gagné de manière définitive, afin de se ranger du coté des vainqueurs. Il ne rentrera certainement pas dans un pays en guerre. C'est un couard ! »
« Mais si son père le lui ordonne, il rentrera, non ? » intervint Parvati.
« Ce n'est pas si facile de rentrer ! » fit remarquer McMillan. « Depuis qu'on a le statut de réfugié politique, on ne peut plus rentrer si facilement. »
Tout le monde se tourna vers lui, interloqué. Il poursuivit son explication :
« En fait, j'ai été déjeuné samedi dernier chez Titus Hamory et sa mère est directrice de cabinet du Ministre de l'Intérieur et elle m'a expliqu... »
« De Bruno Desruelles ? » le coupa Hermione.
« Oui, ça doit être ça... Donc, elle m'a expliqué qu'un individu mineur ayant le statut politique est sous l'autorité d'un tuteur français. Le nôtre n'a pas encore été choisi, mais il est très probable que ce sera Madame Maxime. C'est donc elle qui décidera quand nous pourrons rentrer. Bien entendu, McGonagall et notre Ambassadeur auront aussi leur mot à dire. »
« Et si il y a des fugueurs qui profitent d'un week-end sur Paris pour tenter le retour en Angleterre, comme t'as fait avec Marcus, Ron ? » demanda Parvati.
« A mon avis, les Aurors vont nous surveiller comme une colonie de vampires au crépuscule (10) ! » s'exclama Lisa Turpin. « Ils ne prendront pas de risques... »
« C'est sûr que la presse n'épargnera pas le gouvernement si un élève anglais se fait tuer parce que ledit gouvernement n'a pas été capable de le retenir, » remarqua Hermione, en pensant à la prose au vitriol de Henri Bellamie.
Hermione se demanda ce qu'ils devaient faire à présent. Continuer la séance de l'AD ? Chercher Harry ? Appeler Miranda chez elle ? Oui, elle allait appeler Miranda. Etant sur Haxo, elle pourrait sans doute plus facilement se renseigner sur ce qui se passait. Sans compter que la tombée du blocus pouvait signifier plusieurs choses. Hermione se doutait que les Mangemorts tenaient en grande partie les rênes du gouvernement anglais. Est-ce que ça voulait dire qu'ils avaient abattu Hogwarts ? Que l'ordre du Phoenix était totalement balayé ? Et surtout est-ce que le gouvernement mangemort allait réclamer Harry ? Et qu'allaient faire les politiques français ? Et la Sénéchale ? Elle s'excusa rapidement auprès des autres et fila en direction des escaliers.
Elle faillit entrer en collision avec Harry qui les descendait à grande vitesse, Neville sur les talons.
« Harry ! » cria-t-elle. « Tu as eu les nouvelles ? »
« Oui, j'ai bien reçu le pneu de Neville. J'étais avec Junon et elle vient de partir à l'instant au Sénéchalat pour en savoir plus. »
« Maintenant que tout le monde est prévenu, rejoignons les autres de l'AD, » conseilla Neville.
« Mais j'aurais aimé dire un mot à Miranda et Simon, » fit remarquer Hermione.
« Envoie-leur un pigeon alors, » recommanda Harry. « Je n'ai pas trop confiance dans la grande cheminée de Beauxbât, niveau confidentialité. Je préfère qu'on soit extra-prudent. »
« D'accord ! » répondit la jeune fille en partant en direction du pigeonnier.
Quand elle rejoignit les autres anglais, une quinzaine de minutes plus tard, elle les trouva en plein conseil de guerre.
« L'important, » disait Ron, « c'est de faire en sorte que Malfoy reste en France. »
« Sans vouloir entrer dans les détails, » continua Neville, « on a des éléments qui nous permettent d'avoir de l'influence sur Malfoy, mais s'il rentre, nous perdrons cette avantage. »
« Quels éléments ? » demanda Perks.
« Il a fait quelque chose d'illégal dont nous avons été témoin... » intervint Hermione. « Mais, on peut pas trop vous en dire plus. »
« De toutes façons, comme je le disais tout à l'heure, » fit Ron, « Malfoy n'est pas du genre à s'engager dans un camp. Il attend plutôt qu'un camp soit vainqueur et se range aussitôt du bon côté. C'est un opportuniste et un couard ! »
« Cela veut dire qu'on doit confier la sécurité de Malfoy à Luna ? » demanda Turpin.
« D'après le pneu qu'elle nous a envoyé en réponse, Malfoy doit rester à l'infirmerie jusqu'à ce soir, mais pas cette nuit, » fit Neville. « Je propose donc de les accompagner jusqu'à leurs dortoirs, histoire d'être sûr que McDougal ne fera pas un mauvais coup... »
« Ok, merci Neville, » approuva Harry.
« Et toi, Harry ? » fit Abbot, « Quelles sont tes intentions maintenant que les frontières sont ré-ouvertes ? Tu ne vas pas faire de bêtises, n'est-ce pas ? »
Le jeune Potter sourit :
« Non. Je n'ai pas l'intention de rentrer pour me mettre entre les mains de Voldemort. J'ai l'impression que je ne serais qu'un fardeau si je rentrais. Le directeur Dumbledore a sans doute bien d'autres soucis que de s'occuper de moi et de ma sécurité. Je suis d'ailleurs persuadé qu'il ne m'a pas envoyé ici par hasard... » termina-t-il en se remémorant sa conversation avec le tableau de Nicolas Flamel.
« Alors, que fait-on maintenant ? » intervint Eloise Midgen.
« Nous devons en parler au plus vite avec le professeur McGonagall et Madame Maxime. Peut-être devrions-nous également essayer de contacter notre ambassadeur, » répondit Harry d'une voix décidée. « Demain, nous aurons sans doute par Junon des nouvelles du Sénéchalat et alors, il sera plus facile d'analyser la situation. »
Tout le monde sembla convaincu par le discours de Harry et le petit groupe se sépara plus uni que jamais.
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Le Sénéchalat était en émoi quand Junon y arriva. Claude Messidor l'accueillit aussitôt d'un ton surpris :
« Junon !? Tu es là ? Comment as-tu su la nouvelle ? La Séné... »
« Quelle nouvelle ? » demanda-t-elle d'un ton neutre. « J'étais juste passer pour demander quelque chose à ma mère concernant l'entraînement de Potter et comme elle n'était pas à la maison... »
« Les frontières anglaises ont ré-ouvertes, » expliqua Claude rapidement. « Tu ne risques pas te voir ta mère aujourd'hui ou demain. Elle est partie voir le Ministre de la Magie dès qu'elle a su la nouvelle. »
« Oh, merde ! » jura Junon, faisant comme si elle apprenait la nouvelle. « Ca fait combien de temps ? »
« Une demi-heure à trente-cinq minutes. C'est difficile à dire exactement... »
Junon cacha avec soin sa surprise. Comment la bande à Potter, confinée à Beauxbâtons, pouvait-elle avoir été informée si vite de la fin du blocus ? Junon regarda sa montre. Potter avait reçu le pneu un quart d'heure auparavant, ce qui signifiait que ses amis étaient au courant depuis au moins vingt-cinq minutes. Cinq à dix minutes après le Sénéchalat qui surveillait activement les frontières. Y avait-il une fuite d'informations ? Non, ce n'était pas envisageable. Ils devaient avoir leur propre réseau. Junon se rendait compte maintenant qu'elle avait sans doute sous-estimé les amis de Potter. Aujourd'hui, ils étaient informés de la réouverture des frontières et hier, ils avaient aussi été au courant que Malfoy et Alexis préparaient quelque chose et ils les avaient poursuivis à travers Paris. Ils avaient également réussi à faire passer une interview dans l'Haxonaute, qui avait grandement frappé l'opinion française. La décision qu'elle mûrissait de laisser Potter reprendre la direction de l'AD, son groupe informel de combat, était définitivement la bonne décision. Et de son côté, il était temps que Junon se mette à les surveiller de plus près.
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Après le dîner, comme convenu, Neville rejoignit Luna et Malfoy à l'infirmerie. Luna les abandonna quand elle atteint sa porte au tout début du couloir, mais elle fit promettre à Draco d'attendre qu'elle vienne le chercher à sa chambre le lendemain. Mais arrivés dans le dortoir des Slytherins, seul Zabini répondait à l'appel.
« Où est Nott ? » demanda aussitôt Draco.
« Je ne sais pas, Malfoy... » répondit Blaise d'une voix mal assurée. Pour la première fois depuis qu'il le connaissait, Draco sentait que son condisciple était effrayé. « Il était avec nous quand Millicent nous a annoncé que Pansy était rentrée en Angleterre et que le blocus était tombé. Mais ensuite, je l'ai pas revu après le dîner. »
« Mais pourquoi vous vous êtes séparés ? » demanda le préfet, en faisant son possible pour ne pas sonner trop réprobateur. « Tu savais bien pourtant qu'il fallait que vous restiez groupés ! »
« On a discuté un moment avec les filles - Morag dit d'ailleurs beaucoup de bien de toi, tu ferais mieux de t'en soucier - et ensuite on est tous descendu dîner. Quelques français étaient rentrés et comme je voulais des nouvelles fraîches, je suis allé leur parler. Au bout d'un moment, j'ai vu que Nott n'était plus là et j'ai supposé qu'il était parti à la bibliothèque ou qu'il était remonté en même temps que les filles. »
« Et qu'en disent les filles ? » demanda Draco.
« Elles disent qu'il a quitté le réfectoire seul. »
« Mais Millicent n'a pas quitté Morag des yeux ? »
« Ca m'étonnerait, Malfoy. Elles se sont disputées avant le diner à propos des Gryffindors et de leur groupe de défense... Millicent proposait de les rejoindre, mais Morag était contre... Millicent a cédé à la fin parce qu'elle ne voulait pas laisser Morag seule. Un vrai drame en direct ! » "Ah, c'est pour ça qu'on n'a pas revu Bulstrode ensuite..." remarqua Neville pour lui-même, alors que le jeune noir poursuivait : « ... Alors, qu'est-ce qu'on fait ? » insista Zabini.
Malfoy se passa une main sur le visage :
« Il n'est que dix heures. On a encore le temps de chercher Theodore. Il n'est peut-être pas loin... »
« Je n'en ferais rien si j'étais vous... » intervint Neville. « C'est beaucoup trop risqué ! »
« Crabbe et Goyle ont disparu, Longbottom ! Ils n'auraient jamais fugué sans rien me dire ! » s'énerva Draco. « Alors, je ne vais pas en plus laisser disparaître Nott sans rien faire ! »
« Mais il est très possible que Nott soit juste sorti pour digérer la nouvelle ou envoyer des lettres, maintenant que les frontières ont ré-ouvertes. Et même si on l'avait enlevé, c'est peut être justement pour en faire un appât, et que tu perdres ton calme comme tu es en train de le faire en ce moment, » argumenta le Gryffindor.
« Que je sois ou non la cible, Nott a disparu lui aussi, peut-être kidnappé, et ça, c'est intolérable, Longbottom ! »
Neville regarda le Slytherin en se demandant où était passé le couard qui ne prenait jamais aucun risque et envoyait ses laquais faire le boulot à sa place.
« Si ça se trouve, » intervint Zabini d'une voix plus optimiste, « il s'est juste absorbé dans sa lecture, comme ça lui arrive tout le temps et il a tout simplement oublié l'heure ! »
« C'est très possible, » rebondit Neville à la suggestion. « Ce qu'on peut faire immédiatement, c'est envoyer un pneu à Madame Maxime et à Madame Dencour. Ses goules auront vite fait de retrouver Nott s'il s'est absenté de son propre chef. »
Malfoy acquiesça devant la sagesse de la suggestion. Même Zabini ne trouva rien à redire et il s'occupa lui-même d'envoyer les messages.
Mais une heure après, il n'y avait toujours aucune nouvelle de Nott. Madame Maxime avait envoyé un pneu en réponse, leur disant qu'elle se chargeait de tout cela et leur recommandant de rester calme. Neville appela Hermione par le biais de son tatouage et lui demanda s'il était possible d'informer Moon, l'alter de Nott. Peut-être que lui parviendrait à le contacter ?
« Ils ne sont pas tatoués, » intervint Malfoy, qui se rongeait inconsciemment les ongles, assis au fond de son lit.
Neville fit part de la remarque à Hermione et écouta ses recommandations avant de mettre fin à la communication.
« Au fait, Zabini, tu arrives à contacter Parkinson par ton tatouage d'alter ? » demanda-t-il avec une soudaine curiosité. « Est-ce que ça marche de deux pays différents ? »
« Pansy et moi ne nous sommes pas fait tatoués non plus, Longbottom, » répondit Blaise comme si c'était une évidence.
« Tu veux dire que, hormis Malfoy, personne ne s'est fait tatoué à Slytherin ? »
« Hmm... Je crois que Millicent et Midgen le sont, » répondit Zabini après un moment de réflexion.
« Bon, comme nous n'avons toujours pas de nouvelles de Nott et qu'il est possible que quelqu'un vous ait pris pour cible, » reprit Neville quelques minutes plus tard, « je vais m'installer provisoirement dans votre dortoir. »
Blaise lui lança un regard surpris, presque choqué :
« Pourquoi tu ferais ça ? »
« C'est ce que nous avons décidé avec les autres. C'est sans doute la meilleure solution pour... »
« Non. On va se débrouiller, » le coupa Zabini. « Ce sont nos affaires après tout ! »
« Tu crois pas que ce serait opportun que les Slytherins ravalent un peu leur orgueil et demandent enfin de l'aide aux autres maisons ? » rétorqua le Gryffindor, impatienté.
Zabini ne répondit pas et se tourna vers Draco pour obtenir son soutien, mais Malfoy haussa les épaules. Sa petite expédition de la veille et le chantage que les Gryffindors exerçaient sur lui l'avaient physiquement et mentalement épuisé. La disparition de Nott était sans doute l'ingrédient qui faisait tourner la potion (11).
« Du moment que Weasley ne s'incruste pas... » répondit-il finalement en se pinçant l'arête du nez entre deux doigts.
Sur ces mots, il commença à se préparer pour la nuit. Mais Zabini ne désarma pas.
« Ca te dérange pas de dormir au milieu des Slytherins ? » demanda-t-il un moment plus tard à Neville, comme s'il souhaitait lui faire comprendre qu'il n'avait pas sa place ici.
« Pas vraiment. Ma mère en était une, » répondit le Gryffindor du tac-au-tac, en tirant les draps de son lit. Les Slytherins lui tapaient vraiment sur le système par moment avec leur fierté mal placée.
« Ah oui ? » répondit le jeune noir avec un étonnement non feint. « On peut savoir de quelle famille ? »
Neville poussa un soupir même s'il savait que cela ne lui épargnerait pas de répondre.
« Rosier » dit-il enfin.
Blaise ouvrit des yeux comme des soucoupes :
« Sans déconner ? »
« Je ne connais pas vraiment ma mère, alors est-ce qu'on pourrait en rester là ? » fit Neville d'un ton sec.
« Ok, désolé... » fit Zabini en lui jetant un dernier regard perçant. Puis il se tourna vers Draco, sans doute pour jauger sa réaction, mais le jeune Malfoy était étendu sur son lit et il semblait ne pas avoir suivi l'échange. Bientôt, on n'entendit plus que le bruit régulier de sa respiration. Zabini soupira, surpris de voir son préfet s'endormir si facilement, mais il ne dit plus rien. Neville tourna trois-quatre fois dans son lit, mal à l'aise de ne pas être avec ses camarades habituels, avant de s'endormir à son tour.
Un pneu déboula au petit matin dans le dortoir des Slytherins et heurta Malfoy dans les côtes, le tirant abruptement de son sommeil. Son cri éveilla les deux autres.
« Que se passe-t-il, Malfoy ? » demanda Neville aussitôt.
« Je déteste ces pneus ! » maugréa ce dernier, en déroulant le message qui lui était adressé.
Blaise regarda l'heure.
« 6h38, » dit-il. « Qui peut bien t'envoyer un message à cette heure indue ? »
« McGonagall évidemment ! » répondit Malfoy, en ignorant Neville. « La vieille chouette ne doit sans doute pas dormir la nuit ! »
« Et que veut-elle ? » insista le Gryffindor, qui sentait bien que le Slytherin était inquiet.
« Elle me convoque pour, je cite, "m'informer de nouvelles circonstances". Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'elle veut dire par là, mais c'est sans doute à propos de Theodore. Mieux vaut ne pas traîner, » conclut-il en repoussant sa couverture pour se lever.
« Je t'accompagne jusqu'au bureau de Madame Maxime, » fit Neville, en l'imitant.
Draco se sentait un peu nauséeux. Sans doute que la fatigue alliée à la disparition de Nott était à blamer pour cela. Il devait se reprendre. Maintenant que les frontières étaient ré-ouvertes, il devait réfléchir sérieusement à ce qu'il allait faire. Pansy était rentrée en Angleterre par ses propres moyens, ce qui était surprenant en soi. Mais peut-être avait-elle eu un contact avec ses parents, un portauloin ou quelque chose dans ce goût-là. Avec un peu de chances, McDougal suivrait son exemple et disparaîtrait de l'immédiate proximité de Draco. Restait le problème de Crabbe et Goyle. Et maintenant de Nott.
Draco jeta un coup d'oeil dans le miroir de la chambre pour voir s'il était présentable et sortit de la pièce, accompagné de longbottom. Quoi qu'ait à lui annoncer McGonagall, s'effondrer n'était pas une option.
Arrivé devant la porte du bureau de la directrice de Beauxbâtons, Longbottom se mit aussitôt en faction :
« J'attends que tu aies terminé, » annonça-t-il au Slytherin.
« Et si ça s'éternise ? » demanda Draco avant de frapper.
« Si ça s'éternise, je demanderai à Luna ou à quelqu'un de l'AD de venir me remplacer... » répondit l'autre, en activant son tatouage pour parler à son alter.
Draco hocha la tête et frappa. Le professeur McGonagall l'attendait seule de l'autre côté du bureau monumental de Madame Maxime et le pria de s'asseoir. Il leva les yeux vers le grand tableau qui lui faisait face. Un homme âgé y buvait un verre de Nectar tout en le regardant avec intérêt. Le professeur se racla la gorge :
« Je ne sais pas trop comment vous annoncer cela, Mr Malfoy... » commença-t-elle avant de s'interrompre. « Je suis au regret de devoir vous annoncer une triste nouvelle. »
« Que se passe-t-il ? Il est arrivé quelque chose à Theodore ? »
« Il s'agit de votre père, Mr Malfoy. »
« Mon père ? » répéta Draco comme un automate.
« Votre père est décédé, Mr Malfoy, » déclara enfin le professeur. « Il a été retrouvé mort cette nuit au Manoir Malfoy... »
« Père est... Quoi ? »
« Votre père est décédé, » répéta McGonagall.
« Père est... mort ? ... Mais... Et Maman. Et ma mère ? Ma mère va bien ? » La voix de Draco sortit presque comme un cri.
« D'après ce que nous avons compris, c'est votre mère qui a appelé les Aurors. Je suppose qu'elle doit donc être saine et sauve. »
Draco ne répondit pas. Il se sentait vidé de toute émotion, incapable de réagir. Comme un vieux jouet désenchanté. Sa mère était sauve. N'était-ce pas le principal ? Mais comment son père... ?
« Je vous présente mes condoléances, Mr Malfoy, » reprit le professeur d'un ton guindé qui devait probablement masquer son malaise.
Les yeux de Draco montèrent vers le portrait peint. Le personnage avait posé son verre sur un petit muret, mais le regardait toujours avec le même intérêt.
« Mr Malfoy ? Draco ? » insista le professeur, comme il ne réagissait pas. « Nous aurions besoin de votre baguette pour quelques contrôles de routine. »
Il la lui tendit sans rien dire. Le professeur se leva et l'envoya avec un court message par pneu à Olympe Maxime.
« Nous allons être rejoint par la directrice, le Ministre de l'Education Marin Constan, ainsi que l'Ambassadeur de Grande Bretagne qui a tenu à être là pour vous soutenir, » expliqua-t-elle. « Ils vont vous expliquer les circonstances exactes du décès de votre père. »
Il hocha la tête. McGonagall hésita un instant mais n'ajouta rien en définitive. Bientôt, Marin Constan et Olympe Maxime entraient dans le bureau, suivi de l'Ambassadeur et d'une quatrième personne.
Draco avait un bon peu d'imagination, mais la personne qui se trouvait maintenant en face de lui était bien la dernière qu'il s'attendait à voir. Laura Parkinson, la mère de Pansy. Pâle, les yeux cernés, la dame paraissait l'ombre d'elle-même. Draco la regardait sans comprendre.
« Mrs Parkinson ? Que faites... Est-ce que Pansy... »
« Que lui avez-vous fait ? » demanda la femme d'une voix tremblante, un mouchoir pressé au coin de sa bouche.
« Mrs Parkinson, s'il vous plaît, » intervint l'Ambassadeur. « Vous avez promis que vous me laisseriez mener cette discussion. »
La dame serra les lèvres et inspira profondément comme si elle cherchait à reprendre une emprise sur elle-même. Olympe Maxime l'entraîna près de la fenêtre et lui servit un verre probablement rempli de Nectar.
« Je... Je ne comprends pas... » fit Draco, qui sentait confusément que la situation était encore plus terrible qu'elle ne le paraissait.
« Mr Malfoy, » commença l'Ambassadeur, avant de reprendre : « Draco. Comme vous pouvez vous en douter, votre père n'est pas décédé de circonstances naturelles. Je sais qu'il va être difficile pour vous d'entendre les faits, mais j'ai confiance en votre courage. »
Le regard de Draco allait de Sanley Flint à la mère de Pansy. Quelque chose, peut-être les mains de Morag, le saisissait à nouveau à la gorge. Il toussa instinctivement comme pour faire partir la sensation. L'Ambassadeur lui tendit un verre d'eau qu'il vida machinalement.
« Ce matin aux alentours de 3h00, les Aurors ont reçu un appel paniqué et presque incohérent de votre mère Narcissa, » raconta l'Ambassadeur. « Elle mentionnait une attaque et son mari. Les Aurors se sont aussitôt rendus sur les lieux. Votre mère avait disparu et le... »
« Dites plutôt qu'elle se cache pour protéger son rejeton ! » s'exclama Madame Parkinson d'une voix venimeuse.
« Mrs Parkinson, ce n'est pas le propos pour le moment, » lui reprocha McGonagall.
Draco regardait Mrs Parkinson. Mais pourquoi était-elle là ? Etait-il aussi arrivé quelque chose à Pansy ? Mais quel rapport avec lui ? Et que reprochait-on à sa mère ? Qu'était-il arrivé à son père ? Pourquoi personne ne lui donnait de réponses ?!
« Mr Malfoy, vous devez maintenant comprendre une chose, » reprit Stanley Flint. « Vous m'écoutez, Draco ? Votre père a été assassiné. Lorsque les Aurors sont arrivés, ils ont trouvé son cadavre, mais aussi Miss Pansy Parkinson en train d'aviver l'incendie qu'elle avait déclenché dans le Manoir. D'après les propres déclarations de votre mère, Miss Parkinson a tué votre père d'un Avada Kedavra. L'examen de sa baguette l'a confirmé. »
« Comme si mon enfant avait pu faire une chose pareille ?! » gémit Mrs Parkinson, des larmes pleins les yeux. « Elle a été manipulée. Mise sous Imperium. Ou empoisonnée. Et c'est vous Malfoy qui l'avait fait ! Et votre mère ment pour vous couvrir ! »
Draco ne parvint même pas à répondre, mais McGonagall s'en chargea :
« Mrs Parkinson, l'enquête ne fait que commencer... Vous ne pouvez pas porter de telles accusations ! »
« Vous pouvez faire semblant de ne pas comprendre, Malfoy ! » cria Mrs Parkinson en ignorant les autres personnes se trouvant dans la pièce. « Mais je ne suis pas dupe. Savez-vous dans quel état se trouve ma fille ? Je l'ai perdue ! Elle est devenue complètement folle. Ne se souvient de rien. Même pas de son propre prénom. Des legilimens ont fouillé sa mémoire et son dernier souvenir, c'est vous, Malfoy. Vous errant dans un quartier mal famé de Paris. Ma petite fille dans les bas-fonds de Paris ! La dernière personne qui l'a vu, c'est vous, Malfoy ! Et c'est à vous que profite ce crime ! C'est le moyen que vous avez trouvé pour hériter de la fortune de votre père ! »
« Madame Parkinson ! » intervint Marin Constan. « Calmez-vous, je vous en conjure... La directrice a chargé Vulcain Faerie, notre armurier, d'analyser les sorts de la baguette de Draco Malfoy. Soyez sûre que si le moindre Imp... »
Mais la mère de Pansy n'était pas état d'être raisonnable et elle reprit avec autant de venin que précédemment :
« Ca ne se passera pas comme vous l'avez prévu, Malfoy. Maintenant que j'ai perdu ma fille unique, je n'ai plus rien à perdre et je ferai tout mon possible pour vous remettre à la justice de notre pays. Attendez-vous à avoir très bientôt de mes nouvelles, Malfoy ! Et quand tout sera terminé, le seul manoir qu'il vous restera sera Azkaban ! »
Elle pressa à nouveau son mouchoir sur ses lèvres, ses yeux ne reflétant plus qu'un seul sentiment : la vengeance.
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1 : Pour plus d'éléments relatifs aux parents de Neville, veuillez vous reporter à mon autre fic "La Rose d'Argent"
2 : ressorti du chapeau : expression sorcière pour "remis sur le tapis".
3: se démener comme un farfadet dans un pot de poix : expression sorcière pour "se démener comme un beau diable"
4 : être à plume et à écaille : expression sorcière pour "être à voile et à vapeur"
5 : "Il y a tant que je dois te dire, mais il semblerait que ça me sorte de la tête ; cependant, je jure que mes intentions n'ont jamais abandonné tout espoir". Extrait de Palinurus (Castaway), chanson de Peter Hammill de l'album "The Future Now"
6 : locution latine signifiant L'excès de prudence ne peut nuire
7 : Dryade-Farfadet-Troll : jeu sorcier qui correspond à Pierre-Feuille-Ciseaux
8 : courts du balai : expression sorcière pour "être ric-rac"
9 : Tronche de Fontaine-A-Pleurs : expression sorcière pour "tronche de trois pieds de long"
10 : Comme une colonie de vampires au crépuscule : expression sorcière pour "comme du lait sur le feu"
11 : L'ingrédient qui fait tourner la potion : expression sorcière pour "la goutte qui fait déborder le vase"
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Et voilà, nous sommes arrivés au point le plus dramatique de l'Arc Malfoy, l'un des scénarios parallèles de La Ligue. Le pauvre garçon, il n'est pas au bout de ses peines...
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre !
Ruth (en son dédale... toujours)
