Merci à RubieLove et YellowStar pour leurs encouragements, ainsi que tous ceux qui continuent à suivre cette fic !
Je sais, c'est longuet, les accouchements se font attendre, je commence moi-même à me lasser des sentiers tortueux que j'ai fait prendre à cette histoire, mais je n'ai pas envie d'expédier les derniers chapitres non plus. Je reste donc dans ma trame narrative lente (je n'arrive pas à faire passer 6 mois en trois chapitres), mais j'espère, cohérente, et vous promets que les accouchements seront amorcés dans deux chapitres maxi.
En espérant que vous lirez tout de même ce chapitre-ci avec plaisir…
- Ca va, Henry ?
- Hum ? Oui oui, Jennifer.
Dans le hangar, ils attendaient tous les deux leur tour pour entrer dans les Jumpers. Le regard insistant de Keller finit par faire parler l'Anglais.
- Je suis allée voir Leia. Vous aviez raison, elle n'allait pas très bien.
- Vous lui avez parlé ? Elle va mieux maintenant ?
- Oui. Oui, elle a l'air d'aller un peu mieux.
Il restait pensif.
- Il s'est passé quelque chose, quand vous étiez avec elle ?
- Hein ? Pourquoi ?
- Vous êtes sur la défensive. Ca vaut pour un « oui », fit fièrement l'Américaine.
Il soupira.
- Ce n'est sans doute rien… Sa façon d'exprimer ses sentiments ne correspond pas encore à nos usages.
- « Sentiments » ? Tiens tiens…
- Ne vous faites pas d'idées, Jennifer.
- Je ne dis rien, je ne dis rien. Bon, quand est-ce qu'on embarque, c'est pénible de rester debout, ils le savent.
- Et puis, vous êtes mal placée, hein, pour me parler de sentiments alors que vous n'arrêtez pas de parler de McKay, et que, hein… Que vous vous contentez de parler.
- De toute façon, Katie a refait son apparition, et elle joue au pot de colle.
Elle se retourna pour regarder, plus loin, la botaniste discuter avec le grand génie de la Cité. Il avait l'air de ne pas spécialement s'amuser à papoter avec elle, et jeta même un coup d'œil vers Keller, en faisant un signe de la main, mais ça ne devait pas suffire à Jennifer.
- L'accouchement en angoisse plus d'une, remarqua Hoacks. Savoir que vous aurez quelqu'un pour vous tenir la main, ça permet de se rassurer un peu.
- Et c'est moi qui n'aurait personne, soupira Keller.
- … Ca ira, Jennifer. Personne ne vous laissera tomber.
Le silence se fit tout d'un coup dans la salle, et les deux médecins se tournèrent vers l'entrée, où se trouvait la raison du mutisme ambiant. Ford se tenait sur le seuil, menotté, encadré par deux soldats et Ronon. Ils le poussèrent plus ou moins vers le Jumper le plus éloigné, où se tenaient les trois officiers supérieurs de la Cité. En chemin, il se fit insulter en russe et cracher dessus par une anonyme aux hormones déréglées, mais il ne quitta pas son air triomphant – qui n'avait pourtant pas forcément lieu d'être. Son air sûr ne faiblit que quand son regard croisa celui de Hoacks, et le psychiatre cru bien voir un frisson parcourir l'échine de l'ex-lieutenant.
Ronon le poussa presque pour le placer face à Carter, Sheppard et Lorne, et le sourire du prisonnier s'agrandit :
- Alors, finalement on a encore besoin de moi ?
- Vous êtes là, on va en profiter pour vous exploiter, lança Sheppard. Une bande de loques a traversé la Porte pour se rendre au champ de force, il y a deux heures. Renseignements pris, il s'agissait de vos hommes.
Ford fronça les sourcils. Il ne comprenait pas.
- Ils pensaient que ça allait leur permettre de vous libérer.
- Leur plan était aussi construit que ceux que vous montez quand vous tentez d'infiltrer des vaisseaux-ruches, railla Ronon.
Sheppard ouvrit la porte du Jumper, et, à l'intérieur, Ford put apercevoir deux gardes tenant en joue un homme menotté, et à vrai dire pas très fier d'être là.
- Ils ont du faire cent mètres une fois la Porte passée. On les a arrêtés.
- Ca relevait de l'entraînement de la jeune recrue, remarqua un des deux gardes.
- Zolek !
- Je suis désolé…
- Qui s'est fait prendre ?
- Heu… Toute la bande.
- TOUTE ?!
- Ca nous a pris quarante-sept secondes, fit le deuxième garde. C'était amusant.
Ford s'amusait nettement moins.
- C'est pas une libération, ça, c'est un carnage. Où ils sont ?
- Encore sur la planète.
- Mais qu'est-ce que vous faisiez là-bas ? Comment vous y êtes arrivés ?
- Expliquez-lui, enjoint Sam.
- Ben, heu… On a voulu vous libérer, mais comme on n'avait plus les moyens de faire appel aux Ru-Weniens pour contacter Atlantis, il a fallu trouver autre chose. On s'est dit qu'ils seraient sûrement sur la planète au champ de force, avec vous. On voulait monter un guet-apens. On a pas eu le temps.
- Qu'est-ce qui vous faisait dire que Ford serait sur cette planète ? demanda Evan.
- Heeeu… Une intuition.
- Pas la moindre idée, quoi.
- Mais comment vous avez su ses coordonnées ? fit Sam. Vous ne les connaissiez pas quand vous nous avez contactés la première fois.
- En fait, on est allé sur la planète aux plages. C'est un endroit où on se réfugie quand ça ne va pas très bien.
- Ahem, abrège, fit Ford, gêné.
- On a consulté la jolie dame qui habite dans le coin, vous nous aviez dit qu'elle avait fait l'Ascension, alors on pensait qu'elle connaissait les coordonnées du champ de force.
- La jolie dame qui a fait…
- Il parle de Chaya, Sheppard, expliqua Aiden.
- Vous avez des contacts avec Chaya ! fit John, abasourdi.
- Ben… Oui. C'est un havre de paix, chez elle. Et y'a la mer…
- Elle a dit qu'elle nous donnait les coordonnées, parce qu'elle savait qu'on en ferait bon usage.
Les trois officiers se regardèrent, sceptiques.
- Vous en pensez quoi ? demanda Sam. C'est vous qui la connaissez le mieux…
- Je pense qu'elle savait dans quelle mouise on était, et qu'elle s'est doutée de ce qui allait arriver aux hommes de Ford. Dans un sens, elle n'avait pas tort : ces gars-là vont nous servir.
- Quoi ?
- Maintenant je vous explique, Ford : nous sommes en sous-effectifs pour parer à une attaque de Michael. Et comme vos hommes se sont pointés gentiment, on a conclu un accord avec eux : ils nous aident à protéger la planète pendant deux jours, ils nous obéissent bien gentiment, et en échange ils vous récupèrent à la fin.
- Et vous m'avez amené ici pour leur prouver que je suis bien vivant, c'est ça ?
- Et pour que vous leur disiez de bien m'obéir, surtout.
- Et aussi parce qu'on vous emmène, fit Ronon.
Aiden tiqua :
- … Quoi, je combats aussi ?
- Non, dit John. Vous allez accompagner les femmes dans le champ de force. Si Michael arrive et que ça tourne mal pour nous, alors nous lui proposerons une trêve en échange de… vous.
Les yeux du jeune homme s'écarquillèrent.
- Mes… mes hommes interviendront !
- Allons, Ford, ils restent au sol et on ne leur prête que quelques armes : si Michael fait un carnage, ils seront les premiers à être désagrégés…
Cette fois ce fut Zolek qui paniqua.
- Mais aucun de nous n'a envie que cela n'arrive, n'est-ce pas ?
Ford finit par hocher la tête, montrant son accord avec la phrase de Sam.
- Un accord de circonstance, alors, résuma-t-il.
- Oui, fit John. Je rappellerai juste que vous ne croiserez jamais vos hommes, puisque vous serez toujours avec les femmes entre le champ de force et la Cité, ce qui rendra impossible toute évasion. Je vous apprends aussi que vos hommes ne pourront pas espérer se faire la malle avec nos armes, vu que la Porte sera toujours ouverte vers Atlantis. Et qu'il y aura des Jumpers en vol au-dessus d'eux, histoire de… les couvrir.
- On pourra garder les armes ?
- Vous ne perdez pas le Nord. Mon colonel ?
- On verra. Pour le moment, suivez le major Lorne, vous montez dans un Jumper qui va dans le champ de force.
Les gardes le poussèrent à la suite d'Evan, qui s'éloigna.
- … Vous pensez qu'ils vont être sages ? murmura Sam à l'adresse de son second.
- Aucune idée. J'espère surtout qu'il ne leur viendra pas à l'esprit de se mettre du côté de Michael, et de lui expliquer que nous sommes vulnérables maintenant.
Sam fit la moue. Il tenta de la rassurer :
- Ils ont l'air trop bête pour y penser.
- De toute façon le mal est fait. Filez, on établit le contact quand vous êtes de l'autre côté.
- Entendu. Et croisez les doigts pour qu'on n'ait pas d'autre visite…
vVv
- Schön !
Elle émit un petit rire et poussa le dessin sur le côté, avant de reposer sa tête sur son épaule. Allongés sur un lit de fortune, le major Lorne tenait dans ses bras l'infirmière Eva. Petit moment de calme en amoureux, isolés du reste du dortoir par des simples draps, tendus de part et d'autre du lit.
Même s'il ne pouvait pas voir son visage, collé au sien, il la sentit prise d'une vague de mélancolie : elle venait de soupirer.
- Ce sera bientôt fini. Ende. Heu…
Il utilisa avec un peu d'hésitation les gestes « bientôt » et « fini » en langage des signes, et elle hocha la tête.
- Ja…
Elle reprit la feuille et lui fit comprendre, par des signes et un dessin représentant une femme énorme devant une assiette débordante, qu'elle allait être très contente de ne plus avoir à se forcer à manger les repas composés par le Furling. Ils sourirent à nouveau.
Elle reprit le crayon, plus grave, pour esquisser l'image sommaire d'une femme, toujours énorme, installée sur ce qui ressemblait à une table d'accouchement. Au-dessus de sa tête, elle fit une croix d'hôpital et, pour être sûre de s'être faite comprendre, ou pour ajouter un détail à la scène, elle dessina un homme avec un stéthoscope, placé devant la patiente, et quelques flèches partant du ventre de celle-ci.
Puis elle posa le crayon pour faire le signe « peur », en désignant le dessin. Il la serra plus fort.
- Je sais…
Il prit la plume à son tour pour ajouter un homme débout, à côté de la femme allongée. Il fit se tenir la main aux deux êtres de papiers, et lui montra le résultat en l'embrassant. Elle se blottit contre lui avec un sourire un peu plus rassuré.
- Je t'aime Evan.
- Ich liebe dich, meinEva.
Il posa sa main sur son ventre proéminent, et leurs doigts s'enlacèrent. Comme il caressait distraitement la bosse, elle soupira :
- Sie verrücken nicht. Das ist enttäuschend.
- Entoch…
- Enttaüschend.
- Mm, attends.
Il attrapa un petit dictionnaire posé à côté de l'oreiller, et elle le lui prit des mains pour chercher le mot à traduire. Elle tournait encore les pages, quand une voix à sa gauche le fit se retourner.
- Heu, major Lorne ?
Evan étendit un bras pour écarter le drap et voir celui qui l'appelait : un de ses hommes, à peu près dans la même position que lui, sur le lit voisin, une jolie brune entre les bras.
- Sergent Lagerfeld ?
- Je, heu… Vous pourriez lui dire que je dois reprendre mon service, fit-il en désignant celle qu'il enlaçait. Je voudrais lui demander si elle voudrait bien m'accompagner un bout de chemin, je la laisserai à la salle de détente, et puis je reviendrai la chercher dans deux heures.
Lorne hocha la tête et traduit en espagnol la tirade du sergent, à l'adresse de sa compagne. Cette dernière hocha la tête et se redressa pour se lever.
- Merci.
- Hey, sergent, puisqu'on y est : qu'est-ce que ça veut dire, heu… Eva, was hast du sagen ? Gesagt ?
L'infirmière avait arrêté de chercher sa traduction lorsqu'ils avaient été interrompus, et elle répéta sa dernière phrase à l'adresse du sergent, attentif.
- Elle a dit qu'ils ne bougeaient pas, et que ça la… que c'était décevant. Elle parlait des bébés Furlings, je pense.
- Oui, elle parlait d'eux. Je vous remercie.
C'était vrai qu'avoir un ventre aussi rempli, mais ne sentir aucune vie le parcourir, cela ternissait encore plus leur situation de « mères »- porteuses. Selon le Furling, c'était normal, et il assurait que les petits être étaient parfaitement sains. Il n'empêche que ça inquiétait les Terriennes.
La montre du major sonna. Eva passa une main sur sa joue.
- Du gehst ?
- Je reviens à sept heures. Ich komme um Sieben.
- Hier will ich warte auf dich, mein Lieblingsmajor.
- Elle a dit qu'elle vous attendrait ici, et que vous étiez son major préfér…
- J'avais compris, je vous ai pas demandé de traduire, Lagerfeld ! Ni d'écouter !
Le sergent s'esquiva.
- Je crois que ça va être difficile de rétablir autorité et distance auprès de certains, quand tout ceci sera finit, maugréa Lorne.
vVv
- « Ils se tiennent bien. Rien de spécial. Sans Ford pour les guider, ils ont l'air un peu paumés, à vrai dire. »
- Surprenant. Je vous remercie, lieutenant. Fin de communication.
John coupa sa radio et s'enfonça dans son siège. Devant lui s'étendait le vide de l'espace, et un petit bout de la planète au champ de force, qui apparaissait dans un angle de la vitre du Jumper. Comme tous les autres vaisseaux autour de lui, il était occulté. Ils n'avaient qu'à attendre. Et espérer que rien ne se passe…
- Combien de temps on doit rester en orbite comme ça ?
Il se tourna vers Ronon, à sa droite, qui avait posé la question, mais il savait que les huit marines inconfortablement installés sur les banquettes derrière eux se demandaient la même chose.
- Pas longtemps. Il y a déjà quatre jours qui se sont écoulés pour eux. Dans moins de deux minutes, ils baissent le champ. Une fois qu'ils seront passés, on redescendra, si Michael ne s'est pas pointé entre-temps.
- Et les gars de Ford ?
- Ils rentrent avec nous sur Atlantis. S'ils se tiennent bien, on leur donnera un endroit où s'installer. Tandis que Ford restera en cellule.
- Hum.
Le Satédien avait émis un grognement qui aurait aussi bien pu dire « bon choix » que « de toute façon je m'en contre-fiche » ou « quand est-ce qu'on mange ? »
Le silence retomba dans le Jumper. Pendant un très bref instant.
- « Colonel ? »
Ca, c'était la voix de Zelenka, qui était dans un Jumper, quelque part au-dessus d'eux, avec pour mission de ne pas quitter le vaisseau de Michael des yeux, petit point rouge sur son radar amélioré.
Le cœur de John s'accéléra en prenant la communication.
- Radek ? Un problème.
- « Michael s'est arrêté. »
Comme Sheppard jetait un coup d'œil vers lui, Ronon leva les épaules en signe d'ignorance.
- Il ne vient plus vers nous ?
- « Non. Apparemment, il est sorti d'hyperespace, et il fait du surplace. »
Il avait arrêté la balise… Peut-être que, sachant qu'à présent il n'était plus tellement détectable, il allait décider de ne pas aller sur P4X669 ?
- C'est pas mauvais pour nous, ça, remarqua John. Vous avez une idée précise de l'endroit où il s'est arrêté ? Une planète particulière ?
- « Il faudrait comparer avec la base de données d'Atlantis. »
- On verra ça en rentrant alors. Ce sera pour dans deux minutes. Meyer ? appela John dans sa radio. Vous allez avoir un message à faire passer dans le champ de force…
vVv
Rodney donna un dernier coup de rasoir, puis quitta le miroir des yeux pour s'asperger la figure. Devant lui se trouvait Ford, assis sur un tabouret, qui effectuait la même opération que lui il y avait quelques secondes : un rasage de près, mais avec une petite pression en plus puisque deux gardes en armes suivaient scrupuleusement ses mouvements. Tout ce petit monde, plus quelques autres hommes à demi-habillés, se trouvait devant des lavabos de fortune, sous une tente militaire embuée. Derrière eux, une rangée de douches individuelles crachait sa vapeur.
Ford se rebella :
- Je vous dis que je vous rendrai le rasoir quand j'aurai fini. Vous avez peur de quoi, que je me suicide ? Que je vous attaque avec ?
Aucun de ses deux gardiens ne lui répondit, et il soupira simplement en continuant sa tâche, échangeant un regard rapide avec un Rodney qui, à vrai dire, ne voyait pas pourquoi on portait tant d'attention à un détenu de toute façon prisonnier d'un champ de force.
- Lâchez-le un peu, les gars, fit une voix à l'accent mexicain à côté de lui. De toute façon c'est pas dans son intérêt de nous faire du mal, il est à un contre soixante.
- Tu oublies dans quelle merde il nous a foutus, Gomez.
- Ohohoh, calma un petit maigrichon qui sortait de la douche. Jouez pas aux deux durs, les gars, on sait tous que vous ne le lâchez pas parce que sinon vous seriez obligés de donner un coup de main pour le démontage. Alors, hein…
Les deux types armés eurent l'air moins fier d'un coup, et l'un d'eux tenta de se rattraper par un « c'est Lorne qui nous l'a demandé » qui lui valut des railleries.
- Bonsoir messieurs.
- Salut, doc.
- Hoacks, salua Rodney.
Ford regarda le nouveau venu avec un éclair de panique dans les yeux.
- Ah non ! Vous m'avez déjà piqué pour ce soir !
- Je ne viens pas pour vous, Ford, mais pour moi. Vous avez encore besoin de ce miroir, Rodney ?
Le Canadien le lui passa, et l'ex-lieutenant expira de soulagement, à l'hilarité de plusieurs spectateurs.
- Ne cherchez pas à le brancher, Hoacks », fit Rodney en voyant le psychiatre sortir un rasoir électrique de sa trousse de toilette. « J'ai coupé le courant dans toutes les tentes, pour commencer à ranger le matériel électrique. Il n'y a plus que les néons qui fonctionnent.
- Et l'eau chaude, fit un grand Afro-Américain.
- Encore heureux.
Un grand « bam, vlouch » vint interrompre l'échange d'informations : un technicien venait de se vautrer juste devant l'entrée. Il se releva, couvert de boue, et brandit une radio :
- Le major Lorne est là ?
- Heu…
- On m'a dit qu'il était là !
- Major ? appela le Mexicain. Major Lorne ?
- Hum ?
Derrière l'une des portes des douches, l'eau cessa de couler et la voix d'Evan se fit entendre :
- On m'appelle ?
- Il y a quelqu'un qui vous cherche, fit Rodney. C'est, heu… Oliver… je crois.
- Non, vous, c'est Briggs, me semble-t-il, corrigea Hoacks.
- Non, Hallifax, annonça celui qui tenait la radio, un peu vexé.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
Rien qu'à la voix, on pouvait deviner que Lorne était crevé et légèrement agacé de devoir interrompre un (court) moment de détente.
- J'ai une communication de Meyer, monsieur.
- Meyer ?! Bon sang…
Le technicien fit un pas dans la salle, et recula aussitôt sous les aboiements de ceux qui se trouvaient déjà là :
- Hééé !
- Les chaussures, PAS DE CHAUSSURES DANS LES SANITAIRES !
- Rhaaa mais c'est pressééé.
- Attendez je sors, fit Lorne.
Hallifax hésita :
- Heu… Si vous n'êtes pas seul, je peux lui parler à votre pla…
- Si si je suis seul, mais… C'est quoi cette question ??
- Heuu…
- Bon, deux secondes. Demandez-lui si c'est urgent.
L'homme boueux s'exécuta – tout en tentant de retirer ses rangers - tandis que le Mexicain se tournait vers les autres :
- Meyer ? Mais il est pas à l'extérieur ?
- Si, fit l'infirmier Kalinga. Il l'était.
- Là s'il nous parle à la radio, c'est qu'il est rentré dans le champ, fit un petit blond. Et qu'il n'a même pas voulu attendre d'arriver au camp pour nous parler.
- Ca veut dire que dehors ils veulent nous dire quelque chose. Et de toute urgence.
- Merde.
Un silence lourd suivit l'échange, et Hallifax le brisa, au moment où Lorne apparaissait, une serviette autour des hanches et l'air un peu inquiet :
- Il dit que tout va bien dehors !
- Quoi ? Sheppard nous envoie un type pour dire que tout va bien ?
- Passez-le moi.
Le major prit la radio alors que le petit technicien parvenait justement à retirer ses chaussures et, à la suite d'un mouvement malheureux, à mettre ses deux chaussettes dans la flaque de l'entrée.
- Bien. Merci Meyer. Rejoignez-nous alors.
Lorne coupa la radio en rassurant tous ceux qui attendaient son annonce avec inquiétude :
- Tout va bien dehors. Michael s'est arrêté en cours de route, apparemment on ne le croisera pas cette fois.
- Alors on ne démonte pas le camp ? demanda Rodney.
- Si. Rien ne dit qu'il ne va pas reprendre sa course. Par contre, les Jumpers hors du camp vont pouvoir nous aider à transporter quelques choses.
- C'est maintenant qu'ils nous le disent ? se plaint le petit maigrichon. On vient de balancer toutes les étagères et la moitié des tables à la flotte, à votre demande, pour ne pas qu'il les trouve !
- Sans parler des fosses qu'on a creusées cet après-midi pour pouvoir enterrer les tentes et le matériel de cuisine.
- Et bien tant pis. C'est déjà une bonne chose de pouvoir partir tranquilles. Merci Hallifax, je vous charge d'accueillir Meyer et de lui trouver un lit pour les deux nuits qui restent.
Il lui lança la radio et le technicien dût à son grand malheur lâcher ses chaussettes pour la rattraper.
- Et sinon puisque le sujet vient d'être abordé, je m'adresse à tous : c'est quoi cette histoire de ne pas être seul dans les cabines de douches ?
Le silence qui suivit et les quelques têtes qui se baissèrent lui suffirent.
- Bordel, maugréa Lorne entre ses dents… Il va y avoir un GROS effort de discipline à faire à notre retour…
vVv
- « Meyer vient de rentrer, monsieur ».
- Parfait, merci. Il ne devrait pas tarder à réapparaître, ils doivent bientôt baisser le champ.
vVv
- Mesdemoiselles, mesdemoiselles, je sais qu'on a dit qu'on aurait finalement quelques Jumpers de plus, mais ça ne suffira pas pour ramener TOUTES vos affaires. Je sais que les tables de chevet que les Russes vous ont fabriquées sont très jolies, mais on ne va pas pouvoir les ramener.
- …
- Elles me regardent bizarrement…
- Vous parlez aux Québécoises et aux Belges, major.
- Je me disais aussi. 'pouvez traduire, docteur Cauvin ?
vVv
- Bien, plus que trente secondes avant qu'ils n'abaissent le champ. Radek, rien de neuf ?
- « Rien, colonel. »
- Parfait.
John reprit la radio pour ordonner :
- Bowers, coupez le vortex venant d'Atlantis : on fait le chemin inverse, on rentre.
Il entendit l'acquiescement du sergent, mais ne fut rassuré que lorsque celui-ci lui assura que la Porte était rouverte vers la Cité.
Plus d'intrusion possible. Encore quelques minutes, et ils pourraient considérer cet avant-dernier séjour comme une réussite.
