Des excuses, par ce que je vous en dois beaucoup, pour le retard, pour le temps que je mets à écrire, j'espère que ça va s'arranger. J'ai peu d'espoir car je suis en train d'acheter une maison, faire des travaux et déménager d'ici octobre. Mais la bonne nouvelle c'est que le chapitre suivant soit le 34 est déjà écrit sur papier comme à mon habitude et que le 35 est en cours d'écriture.

Pour répondre à une question, je publiais toutes les semaines, puis tous les quinze jours et maintenant, c'est fonction de ma vie, de ma disponibilité à écrire sur pc, vu que ms chapitres sont écrits dans mon cahier ff ;)

Viens le temps des merci, et le premier va forcément à Claire, mon Tigrou, toujours là, toujours présente, on traverse nos galères en se serrant de coudes, alors merci pour beaucoup, beaucoup de choses.

Merci à toutes celles qui vont lire la suite sans me hurler dessus, aux autres aussi ;), merci aussi à Fanny, Ousma et à toutes celles qui viennent de rejoindre mon histoire.

Voilà, je vous laisse au chapitre, j'espère qu'il ne reste plus de coquilles, symbole de ma galère tablette/PC.

Au plaisir de lire vos reviews, Nane.

Chapitre 33 : Il suffit d'y croire

Parfois dans la vie, pour que quelque chose prenne vie, il suffit d'y croire. Certaines fois, il faut y croire longtemps, très longtemps, si longtemps... qu'on finit par se dire que ce n'est pas pour nous. Et puis un matin on se réveille et c'est devant nous, plus merveilleux que jamais. C'est un peu cet état d'esprit que Jasper avait sous sa couette ce matin là. Lili était venue les rejoindre, comme souvent, Alice avait sa main dans ses cheveux et le caressait.

Sa sœur et son beau-frère avaient tenu bon les premiers mois des filles, elles avaient presque quatre mois et faisaient leur nuit depuis près d'un mois, du coup, ils avaient repris leur travail au centre, en alternance, organisant des groupes de musique pour les enfants, composant, faisant de la cuisine avec eux. Ils étaient en quelque sorte encore plus à l'écoute des petits et des grands. Carlie et les garçons les aidaient souvent pour les garder lors des siestes afin qu'ils puissent sortir un peu ou alors venaient se balader avec eux.

Emmett commençait aussi à respirer, les trois premiers avaient été éprouvants. Jane ne donnait aucun signe de vie, n'envoyait aucune nouvelle et ne demandait rien. Seth avait du mal avec l'attention que réclamait Benjamin. Souvent il s'endormait en pleurant dans les bras de son père qui n'en pouvait plus. Ce dernier se demandait souvent comme il allait tenir. Mais la présence de son frère et de sa belle sœur fut déterminante de même que la présence de Lili, Alice et Jasper. Seth faisait beaucoup de progrès verbal et moteur. Lili qui avait traqué ses propres défauts défaut de langage le motivait à parler correctement, à dessiner aussi. Elle jouait au ballon aussi pour qu'il puisse bouger sans rien casser dans la maison et doucement un rythme de vie s'était installé. Les soirs étaient plus calmes, les journées plus tranquilles et ils purent reprendre le chemin du supermarché à pied comme au début. Souvent les passants étaient de scènes cocasses entre Emmett, ses garçons et son chien. Comme ce jour-là.

Emmett avait installé une tablette à roulette pour Seth afin qu'il puisse rester debout mais l'aller retour le fatiguait beaucoup et comme il refusait la poussette à quinze mois, les solutions restaient faibles. Les courses avaient atterri sous la poussette Cookie marchait à côté et Seth ce jour-là ronchonnait fatigué.

-Papa, ma fatigué...

-Seth, dit Emmett en s'agenouillant devant lui, il faut rentrer à la maison d'abord.

-Mais, ta peut po'ter ma ?

-Tu veux que je te porte ?

-Vi.

-Mais je ne pourrais pas poussette de Benjamin et porter les courses !

-Papa fo't co' ça ! Ma sur dos papa !

-Tu veux que je te prenne sur mon dos ?

-Vi ! Ma dodo sur dos papa et Ben dodo dans 'sette !

-Heureusement que papa a pris le porte-Seth, hein ! Allez vienslà bandit ! Voilà... t'es bien installé ?

-Vi... Ma a Patouche pou' dodo... 'ci papa !

-De rien allez en route.

-'se t'oupe !

-C'est ça « en route, mauvaise troupe », qu'est ce que je ne ferais pas pour mes deux fils... soupira Emmett tout sourire. Allez Cookie, à nous deux mon grand, tu veux un goûter avant de rentrer ? Parce qu'on va en avoir besoin, pour pousser et garder le sourire et la tête haute !

Ce qu'Emmett ne remarqua encore pas, c'est Rosalie qui s'était transformé en statue avec Fangio en laisse. Elle avait entendu Emmett parler de ses deux fils, pourtant elle savait Emmett célibataire, sans compagne, ni femme autour de lui en dehors des Cullen. Il semblait fatigué, mais heureux. Elle aurait tant souhaité lui parler, l'aider pour Seth et le porte-Seth, comme il disait. Pour porter les courses aussi. Mais il semblait se débrouiller seul. Elle eut un mouvement de recul lorsqu'elle constata qu'il rejoignait Edward et Bella avec, ce qui semblait, une double-poussette. Elle entendit Em les complimenter sur leurs filles et recevoir aussi des louanges sur ces garçons qui dormaient tous les deux du sommeil du juste. Tranquillement, ils décidèrent de rentrer à pied avec leur chien. Elle se retrouva seule et un peu stupide au milieu du trottoir quand un commentaire d'une dame à sa voisine lui parvint :

-Tu te rends compte ! Il est courageux l'aîné Cullen, il est vraiment digne de son père ! Adopter un bébé à la naissance car sa mère l'abandonnait... Il y a cinq ans, jamais je ne l'aurais pensé !

-Tu l'as dit, Lucette. A se pavaner au bras d'une fille à moitié habillée et maquillée comme un camion volé. Pauvre Charlie, il a dû s'arracher les cheveux avec celle-là, elle était si jolie...

-Oui tiens, un peu comme la jeune dame avec son chien, son Sharpeï. Elle a tellement de classe habillée d'un jeans et d'un pull. La fille Swan, on aurait dit qu'elle portait sur son front des choses pas belles à dire.

-Pas comme la fille naturelle de Charlie... qu'est ce qu'elle est douce et gentille. Et tu as vu quelles adorables jumelles elle a eu avec le jeune Cullen... Comment elles s'appellent déjà ?

-Ma pauvre Mireille... attends voir... Hope et Haley je crois...

-Oui c'est ça ! Et t'as entendu que le fils Swan et la jeune Cullen étaient fiancés ? Rho que je suis contente ! Ils allaient si bien ensemble il y a des années...

-Moi je dis, qu'elle est bien plus jolie et plus gentille sans la fille Swan. Elle a le cœur sur la main... Tu sais qu'elle aurait pu faire une carrière en haute couture mais elle n'a pas voulu, elle a préféré rentrer aider aussi !

-Oui c'est vrai...

Excédée et attristée par le babillage des deux vieilles dames, Rosalie fit demi-tour et s'en retourna chez elle. Ainsi son frère était fiancé, et elle n'était pas au courant. A quoi pouvait-elle s'attendre ? Il l'avait prévenu ! Mais depuis qu'elle avait son chien, qu'elle avait gardé et qu'elle bichonnait, elle ne pouvait s'empêcher de réfléchir à son comportement. Mais elle avait fermé tant de portes qu'elle ne voyait pas comment faire un pas vers eux. Son père répondait à ses appels, mais jamais il ne donnait de nouvelles des autres. Renée avait complètement disparu de la circulation, elle avait entendu une de ses vieilles amies dirent qu'elle faisait la cougar sur la côte et qu'un jeune idiot était tombé en pâmoison devant elle. Mais c'était tout. Elle aurait pu aller à l'hôpital aussi voir Jasper ou Carlisle mais elle ne se donnait pas le droit de le faire. En clair, en plus de toutes les portes qu'elle s'était fermée, elle s'en laissait peu d'ouvertes.

Elle rentra tristement, quand elle eut l'idée la plus folle qui soit, prendre la direction qu'Emmett avait prise avec sa famille. Elle les retrouva dans le parc plus de trente minutes plus tard, ils se promenaient doucement, les chiens en laisse devant, ravis d'avoir un peu de liberté malgré tout. Elle vit aussi arriver un couple accompagné d'une petite fille et de trois chiens, qu'elle reconnut vite en s'approchant derrière les arbres. C'était Jasper et Alice et des paroles lui parvinrent :

-Memett Tontonward et Tatibella ! Je suis là avec papa et maman ! N'a même pris les chiens ! Mais n'est où Seth...

-Salut Chipette ! Il dort sur mon dos !

-Nini !

-Ben Memett il dort plus, sourit Lili... Tu crois que j'ai fait crop de bruit en venant ?

-Je trouve surtout que tu parles de mieux en mieux, jeune fille.

-Mais c'est Nalice qui m'aide !

-Et bien en plus de rendre le sourire à Jasper...

-Mais moi ne trouve qu'ils ont le sourire tous nes deux !

Tout le monde éclata de rire à la réflexion de Lili, même les concernés. Rosalie ne pouvait même pas dire le contraire. Son frère et son ex-meilleure amie rayonnaient, Emmett était épuisé mais la lueur qui brillait dans ses yeux, il y a longtemps qu'elle ne l'avait vu. Même avec elle, dans les dernières semaines, il n'y avait plus cet éclat dans son regard. Et là, entouré d'Alice et Jasper, de Bella et Edward, des chiens et surtout de leurs enfants, il respirait la joie de vivre. Elle le regarda descendre Seth de son porte-bébé, et le déposer sur une couverture que Bella avait étendue pour que les enfants jouent Seth y fila en prenant ses jouets sous la poussette en faisant

-Shhhhhht !

-Pourquoi tu parles à la poussette, Seth !

-Pake shtt...

-Elle a bougé c'est ça ? Et tu ne veux pas réveiller Baptiste ?

-Vi...

Très concentré, il fit les quelques pas qui l'amenèrent sur la couverture où il se laissa tomber. Edward s'assit aussi en prenant appui sur un arbre, Emmett sortit une autre couverture pour y prendre place avec sa sœur et Jasper. Bella sortit une des filles et commença à la nourrir appuyée contre Edward qui discutait tranquillement en lui massant les épaules. Il n'y avait pas de tension, pas de question de pouvoir entre eux, juste un échange égal d'idées, de points de vue, de souvenirs et des moments vécus. Ils taquinèrent aussi les fiancés pour connaître la date mais à nouveau Lili coupa le sifflet à tout le monde :

-Mais euh... vous z'êtes pas patients ! Rho vous n'aurez une lettre ! Faut d'abord que ze finisse un cruc avec Mamismée... Pis n'avec Tatibelle c'était court alors... vous verrez ! On laisse mon papa et ma maman cranquille !

-Tu savais que la plus pressée il y a quelques années c'était Alice, sourit Emmett.

-Vi je sais, Memett, mais là... c'est pu pareil... te plaîttttt... ?

-Oh punaise... comment elle a fait pour attraper la moue « qui fait craquer » des Cullen ? S'exclama Emmett.

-Je ne sais pas, rit Edward, mais elle y arrive très bien. Lili comment tu fais ?

-Moi … demande à Papou... il fait pareil avec moi quand ze veux pas manzer !

Tout le monde éclata de rire, ce qui réveilla Baptiste et Halay qui furent pris par Emmett pour le nourrir et Alice pour la faire patienter.

Rose ne put s'empêcher de les envier, d'espérer vivre la même chose avec eux, parmi eux. Elle sourit à la complicité de Seth et Lili, mais sursauta lorsque son téléphone vibra

C PA BO D'ESPIONNER LES GENS ET LEUR BONHEUR

Surprise, elle leva la tête et scanna les environs, quand elle reconnut Jacob qui tenait celle qui devait être sa petite-amie contre lui. Il croisa son regard, embrassa la tête de Carlie en souriant doucement, tout en regardant son téléphone. Rosalie se sentit coincée et répondit avant de quitter sa place :

TU AS RAISON JE DEVRAIS PAS

Elle retourna chez elle, le moral en berne et réfléchissant à beaucoup de choses...

De son côté, Emmett passa l'après midi avec ces amis, il tenta avec succès, vraisemblablement, et ce, malgré les regards de Jake, à cacher le fait qu'il avait pense avoir repéré Rosalie plusieurs fois autour de lui aujourd'hui. Elle était à la sortie du supermarché mais aussi dans le parc. Ce qui le surprenait c'est le fait qu'elle possède un chien. Il savait qu'elle n'en souhaitait pas, parce qu'elle trouvait que ça prenait trop de temps faisait des bêtises et surtout qu'il fallait s'en occuper. Mais elle semblait avoir une certaine relation avec son animal alors il ne savait pas trop quoi penser...

Avait-elle changé ou essayait-elle d'une manière ou d'un autre se rapprocher de lui ? Et elle n'aurait trouvé que cette situation ? Emmett avait bien du mal à faire la part des choses et surtout à garder la face devant ces amis. Jacob et Jasper n'étaient pas dupes, eux aussi avaient vu Rosalie, mais personne ne dit mot. Emmett finit par rentrer chez lui avec ces garçons qui étaient assez agités.

Rien ne s'organisait ce soir là et Emmett décida de les prendre avec lui dehors sur le perron. Il avait installé un fauteuil à bascule afin qu'il puisse aussi se reposer.

Épuisé par les jours passés et désireux de faire dormir ses garçons, Emmett les baigna, les fit manger et enveloppés dans leurs gigoteuses, il s'y installa avec une grande couverture. Les garçons s'endormirent rapidement bercés par le rythme cardiaque de leur papa et par le balancement tranquille du fauteuil, Emmett, incapable de fermer l'œil, appela son père.

-Papa ?

-Emmett ? Tu vas bien mon grand ?

-Tu as le temps de passer... je...

-J'arrive !

-Pas besoin de sonner je suis dehors avec les garçons...

-J'ai compris je ne sonne pas et je prends une couverture...

-Merci papa...

-Crois-moi pas besoin de me remercier! Allez, je file sinon je ne viendrais jamais! Je ramène de quoi boire?

-Café ça serait bien, oui, souffla Emmett la voix étouffée.

-Tiens bon bonhomme, j'arrive...

Carlisle se hâta de prendre une Thermos de café qu'Esmée avait préparé en entendant la tournure de la conversation, elle l'embrassa, lui demanda de prendre soin de leur fils aîné et le mit à la porte.

C'est donc avec le sourire que Carlisle conduisit les cinq minutes de trajet. Il surveillait la douceur de son arrivée afin de ne pas réveiller ses petits fils. Il prit le de temps de prendre la mesure de son fils et de son état d'esprit de loin, de par son attitude et la façon dont il était sur le perron. Il fut décontenancé de le trouver se balançant avec ses deux garçons sur lui.

Doucement, il sortit de sa voiture, poussa sa portière pour la verrouiller. Il monta les quelques marches, remarqua les joues brillantes de son fils, qu'il embrassa alors sur le front:

-Tu es le plus merveilleux des papas... Personne ne peut dire le contraire... Je t'admire tu sais : il m'a fallu avoir deux enfants fabuleux avant d'avoir le courage d'adopter ton frère, et de vous élever, avec mes manquements et mon incapacité àa remarquer que vous souffriez avec Alice et sans voir ce qu'Edward vivait. Alors que toi, tu ne t'es pas posé de questions pour épouser Leah pour adopter son fils, pour adopter Benjamin.

-Elle me manque papa... Leah me manque, elle saurait me rassurer, elle comprenait mon manque de Rosalie, ma souffrance due à son absence... Le fait que j'ai l'impression de m'être trompé sur elle. Je me pose des questions, je pense l'avoir vu plusieurs fois depuis quelques jours, quand je vais au parc. J'ai l'impression d'être observé mais pas de façon mauvaise juste observé, simplement comme si elle cherchait à savoir comment je vis. Tu sais, je ne lui ai pas dit pour Benjamin, je ne sais même pas comment pas lui dire ni quand!

-Emmett... Rosalie a perdu le droit d'être au courant de ta vie, tu le sais...

-Oui... Souffla son fils.

-Mais tu voudrais l'inclure dans ta vie.

-Je n'ai jamais voulu la faire disparaître de ma vie, elle est sortie toute seule, elle s'est fait des films et a trouver ses propres réponses, sans chercher à avoir mes réponses. Elle... Elle... Merde... Je...

-Calme-toi, mon garçon tu vas faire une crise de panique et réveiller tes enfants. Essaie de respirer plus calmement... Bien... Tu y arrives... Voilà... Tu vas mieux?

-Oui merci papa... J'ai l'impression de perdre pied, que ma vie part dans tous les sens, que je fais n'importe quoi, que je n'arriverais jamais à gérer mes enfants.

-Emmett, en quoi est ce que tu t'égares? Tu te remets en question, tu ne tiens rien pour acquis, tu doutes de ce que tu fais, tu crains que tes enfants découvrent que tu n'es pas leur père biologique alors tu leur parles tous les jours de leurs mamans de leurs papas, pas le vrai puisque c'est toi qui t'occupes d'eux comme personne. Tu les soignes, tu les nourris, tu prends soin d'eux, qu'est ce qui te fais peur?

-Ils ont besoin d'une maman, tu sais, je peux faire ce que je veux, être leur papa mais je ne peux être leur maman... Ils vont avoir besoin d'une maman...

-Emmett, tu ne peux pas souhaiter te remettre avec Rosalie pour tes garçons... Il faut attendre que tu rencontres la femme qui aura cette place et ce rôle, même si ça doit être Rosalie, je n'ai rien contre, mais elle doit d'abord faire passer tes enfants avant elle et puis... Punaise je dépasse mes droits, alors je peux te donner des conseils mais pas t'ordonner quoique ce soit, après ça reste ta vie et tes choix. Mais je resterai là à chaque fois que tu auras besoin... Qui que tu choisisses mon grand! Affirma Carlisle ému.

-Je ne veux pas me mettre avec elle, je ne supporte pas ce qu'elle est devenue... Mais elle reste celle avec qui j'aurais voulu faire ma vie... Leah est passé par là, elle ne m'a rien demandé, n'a rien attendu de moi, mais elle m'a tout donné, un fils, sa vie et puis je me suis mis à l'aimer, mais c'était trop tard... Elle est partie... Mais elle ne m'a pas fui... Je me suis senti respecté avec elle, aimé... Mais je suis de nouveau seul, avec Jane c'était différent, je le savais dès le départ, mais je suis seul, au final, donc le résultat est le même, mais j'ai un fils fabuleux en fait deux... Mais j'en peux plus... Qu'est ce qui va pas avec moi chez moi? Je suis si nul que ça, pour que personne ne veuille rester avec moi? Est-ce que c'est parce que j'ai été méchant avec Edward, que je suis puni maintenant, parce que je n'ai pas su le comprendre? Je ne sais plus papa... C'est juste tellement difficile, sanglota Emmett.

Rapidement Carlisle prit la mesure de la situation, il prit Seth qu'il porta dans son lit et fit de même avec son autre petit-fils. Puis il se hâta vers son fils, qu'il parvint à mener à sa chambre, il était plus de vingt deux heures, il réussit à le faire s'allonger. Les sanglots de son fils lui tordaient le ventre. Il réussit à le prendre dans ses bras, tout en le laissant sortir toute la douleur qu'il contenait depuis le mariage de son frère. Qu'il puisse croire que sa solitude puisse être une punition quant à son enfance était terrible. Mais il savait qu'Emmett avait beaucoup souffert, il savait que Leah lui aurait apporté un peu de confiance, mais il n'aurait jamais imaginé qu'ils développeraient des sentiments mutuels et autres qu'amicaux. Mais les révélations de son aîné lui avaient apporté les dernières explications nécessaires. Aider les autres et surtout les enfants, permettait à Emmett de faire ce qu'il n'avait pas fait avec son frère, et surtout il était courageux, humble, généreux, si généreux. Les sanglots commençaient à décroître, se calmant doucement.

-Papa...

-Je te tiens, mon grand, tu ne tomberas pas, je te tiens... Fais-moi confiance!

-C'est de moi dont je n'ai pas confiance...

-Fais-toi confiance!

-Papa...

-Dors

, Emmett je ne te lâche pas...

-Merci, papa... Je t'aime papa... Si fort de ne pas me laisser tomber même quand je ne tiens pas la route, quand je n'assure pas, murmura le jeune papa épuisé.

-Je t'aime aussi, parce que tu es mon fils, alors je t'aime sans condition.

Doucement, leurs souffles ralentirent et le père comme le fils sombrèrent dans un sommeil profond et enfin réparateur pour le second. Emmett passa une nuit agitée, entrecoupée de cauchemar, et ce n'est qu'au petit matin qu'il finit par sombrer dans un sommeil paisible. son père se leva aux premiers bruits de Benjamin, qu'il nourrit changea et recoucha. Puis Seth finit par se réveiller aussi et Carlisle décida de se lever, il alla chercher son petit fils, qui se réjouit de le voir, mais il cherchait aussi son père alors, son grand-père décida de lui montrer son papa qui dormait.

-Regarde, Seth papa dort. Chuchota son Daddy C.

-'a dodo papa? Demanda le garçon à voix haute

-Chuttt, faut pas réveiller papa, il est fatigué. Viens,viens je te faire à manger, poursuivit le grand père.

-Vi... Sssshut, papa dodo, ma pas 'eiller papa... Daddy... Mam 'ma!

-Alors allons nourrir ton ventre.

Tranquillement dans la cuisine, ils préparèrent le petit déjeuner, Seth sortit le lait du réfrigérateur, Carlisle le fit chauffer, et alors que ce dernier buvait son café, Seth vidait son biberon calé dans les bras de celui-ci. Repus, ils allèrent dans la salle de bain pour s'habiller et comme Benjamin se réveillait à nouveau, il eut droit aussi à son repas et Carlisle décida de leur faire faire une bonne promenade. Seth courait après les oiseaux et les papillons, alors que son frère dormait dans son landau. Au bout d'une heure, il fut l'heure de rentrer et surtout l'heure de la sieste pour Seth qui s'endormit dans son lit sans difficulté mais non sans avoir vu son père, toujours en train de dormir dans sa chambre. Carlisle s'octroya aussi une sieste et ce sont les babillages de Seth qui le réveilla deux heures plus tard. Il alla le chercher pour qu'il puisse jouer sur le tapis du salon, Cook les regardait évoluer, l'air surpris de ne pas voir son maître. Carlisle lui caressa le crâne avant de passer dans la cuisine, afin de se laver les mains et préparer le repas.

Emmett avait un rythme assez routinier pour les repas ce qui arrangeait son père, les menus étaient affichés sur le tableau magnétique. Cette solution avait fait sourire la famille, mais elle avait eu l'avantage de donner confiance à son fils quant à l'organisation de la maison, la lessive était affichée à côté, de même que les courses, et plus spécifiquement les besoins en couches, lait, eau et légumes. Donc il lui suffisait de faire réchauffer les lasagnes, préparées en cas d'urgence. Il prépara malgré tout une salade verte avec quelques tomates et des olives noires, ce qui le fit sourire.

C'est Esmée, qui dans les premiers mois de leur mariage qui l'avait doucement converti à la salade du midi plutôt qu'un morceau de pain avec quelque chose d'indéfinissable dedans. Depuis, il pouvait difficilement se passer de ce plat, et préférait de loin se priver de pâtes ou autre que de ceci. Edward avait été pareil, son goût pour la cuisine venait de son plaisir à mélanger les aliments, les couleurs et les goûts dans les plats et Esmée se plaisait à remplir les armoires et le réfrigérateur de denrées à accorder. Emmett n'y avait jamais accordé la moindre importance mais l'arrivée de Leah avec ses besoins particuliers puis ceux de Seth et de Benjamin avait rendu les données toutes autres. Il avait appelé sa mère et avait fabriqué les menus et les tableaux de conservations des légumes étaient affichés, plastifiés, afin de pouvoir écrire la date d'achat dessus et surtout la date de consommation à prévoir clair, faute de savoir faire, il s'était organisé et surtout avait utilisé la rigueur de ces entraînements pour gérer les repas. Quand tout fut prêt et qu'il se tournait pour aller chercher Seth qui jouait tranquillement sur le tapis, il fut surpris de le trouver debout la main posée sur son pantalon qui le regardait.

-Je crois qu'un grand garçon à faim! Allez, viens-là, dit-il tout sourire.

Tranquillement il donna à manger à son petit fils, tout en mangeant lui même, Seth essaya bien de prendre la cuillère pour manger seul, mais Carlisle avait l'expérience de trois enfants et pas question qu'il instigue quelque chose qu'Emmett n'avait pas encore fait avec son fils. Il termina le repas par une compote et un biberon de lait tiède qui lui permit d'atteindre la sieste sans difficulté, puis ce fut au tour du petit de se réveiller. Cette fois, le grand-père prit son temps pour le changer et jouer un peu avec avant de le faire manger de le poser dans son parc afin qu'il puisse découvrir quelques objets autour de lui.

C'est finalement l'odeur du café qui fit sortir Emmett de dessous sa couette. Il arriva, les yeux gonflés de sommeil et de larmes qui avaient coulées, les cheveux en bataille, en survêtement et en chaussettes de sport, Cook lui fit la fête et Em le laissa sortir afin qu'il puisse jouer un peu dehors vu qu'il était debout maintenant. Il n'osait malgré tout pas regarder son père, qui finit par faire le premier pas, afin d'alléger la tension.

-Tu as bien dormi, en final?

-Vers la fin oui, mais pas cette nuit...

-Tu as fait beaucoup de cauchemars, tu...

-Je suis désolé, papa...

-De quoi, mon fils?

-De ne pas réussir à être celui que tu voudrais que je sois, de ne pas être aussi fort qu'Edward. Tu sais, pourtant j'essaie, je te promets que j'essaie de tout mon cœur, mais ce n'est juste pas possible, je n'y arrive pas, il a mis la barre si haute...

-Emmett... Regarde-moi, s'il te plaît. Je n'ai jamais souhaité, que tu sois comme ton frère, car ça voudrais dire que tu serais passée partant de douleur! Je te veux pour ce que tu es, fils, et rien d'autre. Tu es courageux, tu as un cœur gros comme ça, tu es généreux, tu assumes deux enfants en bas âge et c'est énorme, tu es seul, alors ne diminue pas tes mérites qui sont énormes. Tes cauchemars sont justifiés, tu parles très peu, alors il faut que tes peurs, tes craintes, sortent d'une manière ou d'une autre...

-Tu n'as pas honte de moi, alors?

-Pour quelle raison, je devrais avoir honte de toi?

-Parce que j'ai pleuré!

-Écoute moi bien, je ne sais pas quel est l'imbécile qui t'as fait croire qu'un homme ça ne pleurait pas... Mais il mérite de prendre mon pied aux fesses. Tu n'as pas à avoir honte de montrer tes émotions, ta souffrance, ta douleur, ta joie. Je ne dis pas que tu dois t'asseoir et pleurer sur ton sort mais faire sortir ce trop plein de souffrance que tu as en toi, ce n'est en rien honteux, Emmett Cullen.

Et je te garderais dans mes bras autant de jours, de nuits ou de fois qu'il faut afin que tu pleures, si ça te permets d'aller mieux et d'avancer dans la vie, ou si simplement tu en as besoin! Tu as fait des erreurs, mais tu as su les affronter, les assumer et les corriger. Personne ne peut se vanter d'avoir une vie parfaite, sans erreur. Même ceux qui ne font rien, font des erreurs. Justement ils ne font rien! Toi tu fais, tu te trompes mais plus beaucoup depuis le mariage de ton frère, tu as appris de tes erreurs et tu est devenu un papa est un homme respect et respectable. Lève la tête et le regard, tu n'as pas à rougir de tes erreurs. Et ceux qui veulent te pointer du doigt, tu as le droit de les remettre en place, même si tu ne te sens pas légitime dans cette démarche, crois-moi, tu en as le droit. Bon assez discuté, tu as faim?

-Oui, un peu et je ne dirais pas non à une bonne tasse de café.

-Je me suis permis de faire réchauffer de tes lasagnes, mais j'ai fait une salade.

-Ce sont les lasagnes que Bella m'a préparées ou alors ce sont ceux que Jasper m'a aidées à faire. Je veux bien alors, pas parce que ce n'est pas toi qui a préparé, mais si je mange pas, je ne vais pas tenir.

-On va dire ça comme ça, rit son père.

-Au fait, où sont les garçons, je ne les ai pas entendus de la matinée, ils ont mangé et dormi?

-Oui, ils vont bien, ils ont mangé, dormi, ont déjà fait une balade. Benjamin s'est réveillé deux fois cette nuit, et je n'ai pas trop perdu la main alors je m'en suis occupé.

-Merci papa, car moi je n'ai rien entendu... Même pas fichu d'entendre mes garçons!

-Emmett, tu avais grand besoin de repos, et je suis venu parce que je savais que tu avais besoin de dormir, sinon tu aurais géré comme un chef. Arrête de te rendre minable comme ça.

-Mais tu as tes gardes à l'hôpital!

-Pas pendant la prochaine me suis arrangé avec l'hôpital. Ta mère est au courant, elle ne viendra pas ici t'aider sauf si tu as besoin d'un coup de main pour démarrer et organiser les choses. Beaucoup de jeunes parents ont besoin de cette aide, mais peu peuvent se l'offrir ou la recevoir. C'est à toi de voir. J'ai malgré tout dormi pendant la matinée, j'ai réussi à grappiller ma sieste malgré tout... J'ai pas la capacité de dormir et souvent, les charmes de mon métier, ne t'inquiète pas

-Huhummm, mhummmmm, oh punaise que ça fait du bien de manger et d'avoir un café chaud, merci papa. Pour l'aide de maman... Je veux bien, mais je veux qu'elle me montre comment je peux faire pour m'en sortir et mieux organiser. Et je veux bien qu'elle m'aide pour la lessive parce que là, j'avoue que je ne suis pas doué, je pense que je vais devoir investir dans un appareil magique qui aide au séchage.

Carlisle ne pût s'empêcher d'éclater de rire en entendant le commentaire de son fils et ne puis s'empêcher de dire:

-Je te conseille d'y aller avec Edward et Bella ou Bella seule, car je crois qu'ils en ont besoin aussi. Débrouille-toi avec ta sœur... Qui sait elle aura peut être convaincu jasper d'investir au du coup vous aurez peut être un meilleur prix, surtout que vous pouvez tout mettre dans la voiture de ton frère, sourit-il.

-Je vois que tu as pensé à tout...

-J'ai surtout eu du temps cette nuit pour y réfléchir ou pendant que tes fils dormaient. Je ne fais pas la tête, je ne regrette pas de m'être occupé de mes petits enfants, alors on va gérer les nuits avec Esmée et toi pendant ce temps tu vas te retaper! On aura le temps de se reposer plus tard mais toi tu dois dormir la nuit, Seth et Baptiste iront et toi aussi, et inversement. Alors je te propose de te doucher et puis appelle ta belle-sœur, je suis sûre qu'elle sera ravie de prendre deux heures maximum de pause. Et ne t'inquiète pas pour ton frère, Alice et Jasper y sont.

-Tu as tout prévu si je comprends bien, papa?

-Un peu oui, sitôt son père indulgent.

Convaincu, Emmett partit acheter le sèche-linge avec sa belle sœur. Ils en profitèrent pour parler de tout, de leurs enfants, des jumelles qui, à plus de deux mois, faisaient quasiment leur nuit. Malgré tout, Bella se sentait très fatiguée et le partageait avec son beau-frère, le fait aussi qu'elle était incapable d'en parler à Edward car il s'inquiéterait de trop et elle ne le supporterait pas. Si Emmett tendit une oreille attentive à sa belle-sœur, la maladresse du vendeur eut le don de la faire sortir de ses gonds, et de faire honte à son beau-frère comme jamais.

Alors qu'ils circulaient en riant des produits, ils cherchaient en fait le produit que Bella avait repéré sur le site internet. Elle souhaitait juste le prendre en trois exemplaires ce qui, dans les faits, ne devait pas représenter un gros défi.

-Excusez-moi Messieurs, Dame, je peux peut-être vous renseigner?

-Bonjour Monsieur..., clama haut et fort Bella.

-Gigandet, Laurent Gigandet pour vous servir, Madame.

-Bien, bonjour Monsieur Gigandet, insista Bella. Nous voudrions prendre trois appareils, en fait trois fois ce modèle.

-Si je puis me permettre, je doute qu'il soit utile de prendre trois fois le même modèle. Peut-être faudrait-il porter votre choix vers un autre modèle?

-Ne vous inquiétez pas c'est bien ce modèle que nous souhaitons, réaffirma Bella lasse mais bouillonnante.

-Je me permets d'insister, Madame, enfin Monsieur, pouvez-vous convaincre que votre épouse d'un autre choix?

-Vous avez des enfants? Demanda Bella mielleuse, qui vit Emmett pâlir, alors qu'il refusait de prendre part à la discussion. Vous êtes mariés? Vous vivez chez votre papa et maman? Vous faites votre lessive? Parce que j'ai des jumelles qui ont un peu plus de deux moi, mon beau-frère qui m'accompagne aujourd'hui, frère de mon époux, a deux enfants de moins de quinze mois et mon frère a une fiancée, styliste, et une fille de cinq ans, alors vu que vous semblez être un vendeur en cours de formation, je vous propose de venir faire notre linge, une fois que j'aurais discuté avec votre patron. Parce que vous avez quoi... vingt pour cent de marge et la livraison gratuite? Et bien je ne veux pas de la livraison gratuite, mais je veux les vingt pour cent. Ce ne doit pas être complique a comprendre, si? Ah Ben si! Emmett, le monsieur devant nous, il ne comprend pas, tu peux m'aider? Ah toi, non plus! Nan parce que si je ne les demande pas, le suivant il les aura! Alors autant les demander, hein, parce que tu ne veux pas souffler sur ton linge pour le sécher? Ou alors tu veux le porter mouillé ? Excusez-moi, ce n'est pas votre patron que je vois arriver? Si, bien... Bonjour monsieur!

-Bonjour Madame...?

-Cullen et voici mon beau-frère, Emmett Cullen et je crois qu'il désespère tout comme moi, de pouvoir acheter trois fois ce sèche-linge. Mon frère en a besoin aussi. Mais vu que vous écoutez depuis le début l'humiliation de votre vendeur, je vous conseille de le garder, votre vendeur, pas le sè de nous faire votre meilleur prix, afin de ne pas vous faire perdre de la clientèle, sourit Bella angélique.

-Faites-lui les vingt pour cent, à enlever de suite, décida le responsable.

-Merci monsieur, et jeune homme, passez au centre, je vous présenterai correctement mes excuses. Je ne mords pas, mais j'ai beaucoup d'humour.

-Bella, on paie et on libère ce pauvre gars de son calvaire, gémit Emmett.

Ils chargèrent, aidés de deux autres personnes, avant de partir faire leur livraison familiale alors que la jeune femme chantonnait gaiement dans la voiture. Emmett lui proposa de s'arrêter prendre un café. Alors qu'ils sirotaient un thé glacé, Emmett se lâcha et partit dans un fou rire, il finit par complimenter sa belle-sœur mais refusa tout net de le revivre une seconde fois.

-Je ne te connaissais pas comme ça, Bella, mais quelque part ça ne m'étonne pas trop vu ce que tu as traversé. Je t'apprécie et t'admire encore plus.

Ils discutèrent encore un moment, avant de partir livrer Jasper et Alice qui finirent d'installer la machine seul, puis ils passèrent chez Bella, l'installer. Cette dernière resta s'occuper des filles alors qu'Edward partit aider son frère.

Il rentra en vélo, pouffant de rire, de temps à autre, en repensant à ce que son frère lui avait raconté de son épouse, mais inquiet de la fatigue qu'elle lui cachait.

A son retour, Bella repassait déjà les machines qu'il avait lavées. Il soupira, mais plutôt que de râler, il alla l'embrasser et leur prépara une tisane. Alors qu'elle allait ranger le linge et la planche, il lui mit la tasse dans les mains, la conduisit au divan et lui demanda de profiter de l'instant. Il porta alors les vêtements à l'étage, les rangea ainsi que le reste et rejoignit son épouse. Il la prit dans ses bras, les recouvrit d'une couverture, la fit taire d'un baiser, alluma le baby phone et ferma les yeux.

Exceptionnellement, les filles dormirent plus de six heures cet après-midi-là et cela leur permit de récupérer. Edward fit un repas rapide, pendant que Bella les allaitait, et elle mangea pendant qu'il les changeait. Ils couchèrent les filles qui décidèrent de poursuivre leur bonne action et commencèrent leur nuit. Les jeunes parents purent enfin dormir une nuit complète, soit plus de huit heures, fait exceptionnel depuis plus de six mois.

Mais au réveil, Bella dût s'expliquer sur sa fatigue, et surtout sur le fait qu'elle l'avait cachée à son mari.

-Bella, je ne peux pas t'aider, si tu me caches ce genre de choses...

-Mais tu es tellement inquiet, protecteur et aux petits soins, qu'il faut que l'un de nous se repose afin de pouvoir tenir. Je pensais que tu avais plus besoin que moi de dormir!

-Bella, tu ne peux pas prendre ce genre de décisions pour moi. Tu allaites encore nos filles, tu as donc besoin de te reposer aussi. Je me rends compte de ta fatigue et de tes angoisses. Mais si tu ne m'en fais pas part, j'ai juste l'impression d'être inutile.

-Je suis fatiguée, de ma grossesse, des nuits courtes, du rythme de vie que nous avons en ce moment, le linge, le rangement, les chiens, le centre. Je suis inquiète de me révéler être une mère aussi négligente que ma génitrice et de finir par n'être que ça pour mes enfants. Rajoute à ça les paroles de Carlie qui m'ont profondément blessée. Quelque part elle n'avait pas tort, c'était comme un appel a l'aide, personne ne vient sans nous donner un coup de main, je ne peux plus recevoir mon frère, ni le tien, sans leurs enfants sans qu'ils nous aident. Anthony et Gabriel sont plus que souvent présents et ne rechignent pas à nous aider, tous les jours presque. Malgré ça, je ne pensais pas qu'elle puisse être jalouse, je ne me plains de ce que je vis, mais je ne comprends juste pas et ça me blesse, c'est irrationnel je le sais mais je ne peux m'empêcher de le penser. Et puis je m'inquiète pour ton frère. J'ai vraiment senti Em au bord du gouffre, de la rupture. Je sais que, vu notre situation il ne va nous demander de l'aider à assumer sa double adoption mais je suis certaine qu'il souffre. Jasper va mieux, mais il semble se battre comme ses démons ses peurs et trouver un équilibre avec Alice, pour ne pas se laisser dépasser tout en avançant. Mais je ne suis pas sûr que ce soit simple de gérer les besoins de tous sans oublier Lili. Je suis sûr que je m'épuise à tout vouloir contenir dans ma tête et à l'y ordonner. Et même si je me rends compte que cela ne sert a rien, c'est plus fort que moi. Et puis avec la grossesse et l'allaitement, je me suis laissée aller et ma garde-robe me déprime. Ma tête est un chantier à l'image de notre maison et je déteste ça!

Edward, soulagé quelque part de la confession de son épouse, la prit dans ses bras.

-Viens-là la, n'es pas seule. Je sais que parfois, je pourrais t'aider plus, ou sortir plus avec les filles, mais tu ne dois pas oublier de te reposer, tu es une battante, Bella, mais je ne veux pas que tu ailles au-delà de tes capacités, je ne veux pas te perdre.

Émue, Bella se laissa aller dans les bras de son chéri et réussit à fermer les yeux pour dormir. Edward, soulagé, finit par fermer les yeux, pour récupérer.

Quelques temps après, un après-midi, alors que Tony et Gab se reposaient sur les transats dans le jardin de Bella et Edward, ils se sourirent complices, en repensant aux six derniers mois.

-Tu sais à quoi je pense?

-Aux derniers mois passés?

-Oui, complètement fous... On dirait qu'Em, Bell et Ed ont dérouillé la machine à bébé. Ça ne m'étonnerait pas que de nouveaux arrivent.

-Sérieux, Gab?

-Yep, tu as vu comment Bella est fatiguée? Elle a récupéré de la naissance de ses filles, mais je ne sais pas, depuis sa gastro, elle n'est pas bien.

-Tu as raison. Et Ed est inquiet à son sujet.

-Par contre, Em, lui, va mieux.

-Faut dire qu'avec Seth qui commence à parler, mais qui écoute Lili comme s'il adorait, ça aide.

-Ouais, c'est cool de la part de Jasper et Alice de la laisser venir aussi souvent. Tu crois qu'ils vont bientôt se marier?

-Au départ, je pensais que Jasper attendrait le retour de Rosalie, mais ça pourrait durer ou prendre encore un moment. Elle ne reviendra pas, pas de suite, en tout cas.

-T'as raison... Ils ne vont pas tarder... Et toi, tu as des nouvelles de Carlie?

-Non, pas depuis qu'elle a fait sa garce avec Bella. Elle m'a trop déçu. Je sais que son histoire n'est pas facile mais s'en prendre à Moustique, c'est trop! Et toi?

-Rien à part les trucs classiques. Elle m'a appelé pour discuter mais comme tu ne vas pas bien, je ne l'ai pas fait...

-Tu sais, tu peux revenir vers elle, ce n'est pas comme si j'allais te perdre!

-Nan c'est bon, elle nous parle à tous les deux ou pas, mais tu vois, je sais qu'avec Jacob, ça n'a pas été toujours facile, mais j'ai juste l'impression de ne plus être assez bien. Alors qu'elle reste avec son chéri et qu'elle nous oublie.

-C'est juste nul comme situation!

-Et sinon, tu as rencontré quelqu'un au conservatoire?

-Han han... Tu sais moi les filles, ça ne m'intéresse pas trop là... Et toi?

-Arrête, avec les cours par correspondance pour rattraper mon retard nd tous les livres que Carlisle me laisse lire chez lui, comment je ferai? Et puis comme toi, moi les filles, ce n'est pas mon truc en ce moment...

-C'est vrai que moi, j'ai le conservatoire, si tu veux, tu peux venir assister à mon cours quand tu en auras envie. J'ai cours les après-midi quand les filles dorment, Bella ou Edward sera là. Seth est à la crèche avec son frère donc... Enfin c'est comme tu veux...

-Cool, merci.

-De rien, sourit son ami. Et pis je vais arrêter de me faire accoster par toutes les ballerines. On dirait qu'elles n'ont jamais vu un mec de leur vie.

-Hey, tu joues du piano. J'ai des frissons à chaque fois que tu joues, alors...

-Tu les comprends?

-Oh ouais!

-Mais tu viendras quand même?

-Sans soucis! Avec plaisir, même!

Quelques jours plus tard, au retour du conservatoire:

-Punaise t'exagérais pas! Elles sont barrées ces filles!

-Ah, tu vois! Tu veux plus venir alors?

-Si je viens! Je vais pas te laisser seul là-bas!

-T'es mon sauveur!

-Ça me plaît assez, je vais te protéger et si pour ça, je dois te pisser dessus, je le ferais...

-Argh mec, t'es... nannnn! Tiens-moi par la taille ou l'épaule, ça devrait le faire... L'urine viendra plus tard.

Ils éclatèrent de rire et les jumelles et Baptiste rirent sur le tapis de jeu.

-Au fait, faudrait qu'on parle avec Carlie... Ah... Nan... Nan...

-Nan! Pfff comment tu casses l'ambiance...

-Quoi?

-Tu as raison mais j'ai pas envie... Elle... Tu sais Carlie c'était un peu comme ma grande sœur et...

-Un peu...? C'était notre grande sœur. Elle savait tout de nous. Je suis sûr qu'elle ne nous avait pas tout dit mais, elle se protégeait. Là, j'ai juste l'impression d'être autant trahi que toi, et je n'ai pas envie de la voir mais on vaut mieux qu'elle! Ed et Bella nous ont élevé mieux que ça!

-Tu as raison! Pour eux, on doit le faire et puis peut-être pour nous aussi.

-D'accord, je lui envoie un message, genre "Je crois qu'il est temps qu'on parle"?

-Excellent, ça fait juste super policier : genre c'est la taupe ou l'indic et elle doit justifier de ses actes.

-Quelque part, je me sens trahi alors c'est à moitié vrai.

-Je te taquine, vivement qu'elle réponde.

-Bon! Nos loustics ont faim, dit Anthony Ga les voyant commencer à râler. En piste pour les transats, les amis, et la compote.

-Elles sont super grandes, n'empêche...

-Ce qui fait peur c'est qu'à neuf mois, elles se mettent assises, debout aussi alors que Baptiste arrive tout juste à la position assise.

-Il est pépère que veux-tu! Et puis regarde Hope l'aide ou lui apporte des jouets...

-Oui mais moi je crois que quand mademoiselle va courir le jardin ou le salon avec sa sœur, ça va le booster un peu le tranquille.

-Elle me fait rire... On dirait Lili avec Seth, attentive, attentionnée ou discrète. Alors Haley est plus discrète. Elle s'occupe avec sa sœur, mais elle ne va pas aller vers les autres.

-Tu sais quoi, on dirait Moustique et l'Artiste. J'ai parfois l'impression que si elle n'avait pas été vers lui...

-On ne serait pas là. Et en plus de ça, Haley et Hope, jumelles, ont leur équilibre sans les autres mais Haley cherche souvent sa sœur pour jouer ou pour lui donner un câlin, elles se regardent et ça suffit.

-Bon on va arrêter de philosopher car ça fait peur, rit Tony.

-Ouais on va revenir à l'urine, pouffa Gabriel.

Ils terminèrent le goûter en donnant un biscuit aux trois petits et prirent un soda, en attendant de les changer pour un tour de poussette pour Baptiste qu'ils ramenaient chez Emmett, alors que les deux filles iraient se promener avec leurs parents.

Le jour de la confrontation avec Carlie arriva, passa et leurs amis, inquiets, les regardaient, silencieux, renfermés.

Alors qu'Edward allait parler, Gab se leva :

-Je peux utiliser ton piano, s'il te plaît? J'ai un morceau à travailler.

-Oui bien sûr, tu le sais? Mais merci de demander.

Alors qu'il s'éloignait, Tony demanda:

-Gab... Je peux...

-la question ne se pose même pas! Bien sûr!

Sans un mot, Tony rejoignit son ami et rapidement des mélodies de piano résonnèrent. Bella regarda son époux :

-Tu crois qu'ils vont bien? Je sais qu'ils ont vu Carlie et je m'inquiète pour eux.

-Ils le savent, ne t'inquiète pas. C'est sûrement pour ça qu'ils viennent aussi souvent, sourit Edward rassurant.

-Oui je les sens à l'aise. Mais je ne veux pas qu'ils se sentent redevables. Même si au début, c'était professionnel, ça ne l'est pas resté! Ils font partie de cette famille entre mes mes frères et mes enfants.

-Je ne pense pas qu'ils se sentent obligés... Ils ont envie, mais sinon je te comprends.

-Je les sens unis, tous les deux. On dirait toi et moi au même âge! Il n'existe rien hors de leur bulle.

-Sauf qu'ils ont la musique, la médecine, deux domaines bien différents. Sinon tu as raison, ils sont leur pilier mutuel.

-Je suis contente qu'ils trouvent chez nous cette paix ou ce refuge.

-Bon ce n'est pas tout mais à ton avis, à leur âge, ils ne vivent pas d'amour et d'eau fraîche?

-Edward?! Mais enfin! Toi, tu as fréquenté ton frère, ce que j'adore, mais par pitié, laisse ces réflexions loin, rit Bella.

-Mais non...

-Edward, crois-moi, je sais, j'ai des yeux, je vois, regarde, observe, même si je ne dis rien!

-Tu vois?!

-Oui Edward, de la même manière que je t'ai vu quand nous étions à l'école! J'ai vu derrière ton absence de paroles, ton renfermement!

-Comment tu fais? Tu vois ce que les autres ne voient pas!

-Et toi tu ressens ce que je ne dis pas, ce que les enfants ne disent pas!

-Oui mais toi, tu vois chez les autres, tous les autres! Alors que moi...

-Tu réconfortes par ta musique! Tu as atteint, touché beaucoup d'enfants grâce à elle. Tu leur as permis de voir une lumière, une main solide et douce tendue vers eux. Tu n'as jamais su mentir avec et dans la musique. Avec des mots, on peut mentir et beaucoup d'enfants le font. Ce ne sont que des mots, il faut des actes, des preuves et ta musique fait tout ça en une fois. Alors à nous deux, on fait ce qu'on sait faire de mieux, on tend inlassablement nos mains, en espérant que ceux qui en ont le plus besoin les saisissent. Jasper les aide à trouver le courage, Emmett les aides à évacuer et tous ensemble, on balise leur chemin.

-Je sais, mais malgré tout...

-Malgré tout, tu es celui qui s'inquiète pour Gabriel et Anthony, parce qu'ils font écho à ton histoire mais ils doivent faire leurs armes et vivre leurs batailles, même si j'étais celle qui angoissait. Mais, le faire à leur place ne les aidera pas à grandir et à devenir adulte. Tu ne protégeras pas le futur médecin et le futur concertiste! Ils ont choisi des domaines difficiles. Et tu fais partie des personnes qui leur ont donné ce courage! Ne le vois-tu pas?

Edward, ému, se blottit dans le cou de son épouse et murmura :

-Ne doute jamais de ta capacité à être une super maman! Pas après tout ce que tu viens de dire.

-Promis, sourit-elle en l'embrassant tendrement. Allez nos filles jouent encore un peu avant le bain. Après on les fera manger et on les couchera. En attendant, je te propose de préparer le repas.

-D'accord et on cuisine quoi?

-ados donc je dirais lasagnes , salade verte... Je sais ce n'est pas trop leur truc mais pourquoi tu ne nous ferais pas une crème et une salade de fruits?

-D'accord et tu as pensé ça quand? Rit Edward.

-Euh... La de suite! Je me suis dit qu'ils vont avoir faim après Carlie, le piano, les cours, les révisions enfin tu sais... Tout quoi!

-Tu sais qu'ils ne sont qu'au lycée.

-Oui et ça mange beaucoup à cet âge! Maintenant, en cuisine avant que nos filles pensent différemment.

C'est un raclement de gorge qui interrompit leur moment, Tony se tenait derrière Gab, les mains sur ses épaules, le menton sur une de ses mains.

-Écoutez, on ne veut pas vous déranger plus, vous faites tellement...

-Si vous participez, l'un a la cuisine et l'autre à la salade de fruits, et puis il y aura les filles à gérer, proposa Bella.

-On aide jusqu'au bain. Il est pour nous aussi, s'exclama Gabriel.

-Mais on aide avant, suggéra Tony de peur d'un refus.

-Ne vous inquiétez pas, rit Edward. Depuis quand Bella aurait envie de vous mettre à la porte? Nous sommes juste ravis de vous voir autant, et vous ne nous gênez pas... J'aime entendre le piano et puis les filles vous adorent, elles sont à la fois plus calmes et plus éveillées. Un peu comme Seth avec Lili, et c'est génial!

-Si c'est cool pour vous, ça l'est pour nous. Et merci de faire de votre maison, une maison pour nous!

-Et on sait que quand on sera prêt à parler de Carlie, vous serez là, les rassura Tony. Mais tout de suite, c'est juste trop tôt... Trop frais, trop... Douloureux...

-Alors tout ira pour le mieux, je l'espère, avec le temps, sépara Bella.

-Ouais, répondit Gabriel, allez la viande pour Tony, y'a rien à couper! Moustique, tu lui coupes les oignons, hein? Il a bientôt une audition!

-Gab?!

-Ose dire quelque chose? Le provoqua son ami.

-Ouais, merci! Rit Tony. À toi le danger des couteaux avec l'Artiste! Mais lui aussi, il coupe et tu ne dis rien.

-Mais lui, il a Bella et puis il est majeur et vacciné! Toi il faut te protéger!

-En m'urinant dessus ou autour?

-Quoi? S'exclame rient les mariés.

-Longue histoire, pour après le repas! Ou vite fait! Tony se fait harceler au conservatoire, du coup je suis allé avec lui pour vérifier. Et les danseuses sont de vraies "psychopathes"... Elles ont jamais vu un mec de leur vie, ou je sais pas. Bref on a décidé que si ça continuait je lui pisserais autour pour marquer mon territoire mais Tony préfère que je le tienne par l'épaule, la taille ou la main...

Ils éclatèrent tous de rire et se mirent à leur tâche. Dans la soirée, alors que le sommeil gagnait les grands, Tony lâcha l'information.

-On est des gamins, elle est adulte, elle a Jacob, va se marier avec lui et avoir des enfants avec. Nous, on va encore à l'école. On ne l'intéresse plus. Elle nous voit comme des gosses et plus des frères. Alors ben ça fait mal. J'ai promis à Gabriel que je ne le laisserai jamais tombe. C'est mon frère, la famille que j'ai choisie avec toi et Bella. Ça va mettre du temps pour être à niveau, à l'école mais on travaille dur. Gabriel a quasi rattrapé son retard et Carlisle pense qu'il peut entrer en médecine, peut être même avec un an d'avance, moi je travaille comme un fou pour avoir une place là ou il ira faire médecine! On va se prendre un appart et pis on fera notre vie.

-Mais et vos petites amies? Demanda Edward.

-Edward... Pur le moment ce sont leurs projets! Ils ont le temps de voir ce que l'avenir leur réserve : petites amies ou pas, ou... N'est-ce-pas les garçons?

-Merci Bella, sourit Tony.

-Sans soucis! Bon la chambre d'amis vous attend et nous notre lit.

Les jours passèrent, les filles firent leurs premiers pas bancals, Baptiste s'asseyait seul, mais Tony finit par s'inquiéter pour Bella.

-Écoute, il faut que tu arrêtes tes sottises, Bella, tu es épuisée, ultra-sensible, tu te sens mal, alors la gastro qui dure trois semaines, moi je n'y crois pas! Je sais qu'avec Ed, vous vouliez attendre mais avec Gab on est passé à la pharmacie... Tu en fais ce que tu veux!

-Comment vous avez...?

-Tu m'as appris à regarder les gens et Gab veut être médecin...

-Ça expliquerait beaucoup effectivement... Merci a tous les deux.

-De rien, je te laisse. Gabriel m'attend pour l'aider à réviser.

Le jeune homme partit et une fois seule, Bella ne peut attendre le retour d'Edward, elle devait savoir. Elle se tortura pour trouver une bonne manière de lui annoncer.

Quand il rentra, il la vit, pâle et s'inquiéta :

-Ma Bella, tu es malade?

-Aussi... Oui.

-Qu'est ce qui t'arrive?

-Pfff, je ne sais pas comment te le dire.

-Les filles?

-Non! Non, elles vont bien, c'est... Moi!

-C'est grave?

-Non! Écoute cette gastro qui dure ce n'en est pas une... Je suis enceinte et avec ma chance, on sera six dans moins de neuf mois.