NB:

1. Les pensées sont en italiques dans le texte.

2. Harry s'appelle désormais Raphael Leonardo Tizianno mais nous continuerons à voir son nom apparaître pour éviter les confusions (ou peut être en rajouter?).

La Chambre:

Harry regarda ce qui semblait être un trou sans fond et rassembla son courage avant de sauter sans un regard en arrière. Il s'attendait à tout sauf au tunnel glissant et incliné d'une largeur conséquente sur lequel il cascada comme sur un toboggan. A mi-parcours il grogna quand des cris mi-effrayés mi-amusés lui rappelèrent qu'il n'était pas tout seul. Tout désireux d'en finir, il en avait oublié de s'occuper de Luna et de Lockhart. Il se baffa donc mentalement pour son attitude irréfléchie. Quelques secondes après, il atterrissait souplement quand le tuyau prit fin. Derrière lui, ses compagnons d'infortune n'eurent pas cette chance et s'écrasèrent lourdement à leur arrivée. Légèrement assommée, Luna se tenait la tête. Inquiet, Harry allait lui demander si elle s'était cognée quelque part quand il remarqua le mouvement de Lockhart à sa droite.

« Vous essayez quoi? Lui prendre sa baguette ne servira à rien! Vous êtes nul! » s'énerva Harry qui néanmoins raffermit sa poigne sur sa propre baguette.

« Expelliarmus! » s'écria Lockhart sans écouter l'autre.

Évidemment, il ne se passa rien. La seule réaction qu'il obtint fut un lever de sourcil (typiquement made in Malfoy) de la part de Harry ainsi qu'un reniflement agacé de Luna qui tendit la main pour récupérer sa baguette que lui rendit un Lockhart dégoûté.

« Vous êtes vraiment une nullité dans tous les sens du terme. Ça va ta tête? ».

« Pas de problème. Avançons! » les exhorta la jeune fille.

La petite troupe, on ne peut plus disparate, se mit donc en route. Le tunnel, dans lequel ils marchaient, était large mais assez bien éclairé par des flambeaux qui apparaissaient à intervalles réguliers. La lumière bleu des feux magiques ne dispensaient cependant aucune chaleur. De la buée sortait même à chacune de leurs expirations. De temps en temps, une porte déjà entrouverte ponctuait leur chemin. Tout le long, les motifs en forme de serpents peints sur les murs semblaient se moquer d'eux. Au bout d'une dizaine de minutes, Harry commençait à s'inquiéter. Il craignait que ce tunnel ne soit un piège (comme un labyrinthe) et qu'ils ne soient perdus. Mais il avait tort car soudain ils arrivèrent dans la Chambre.

La Chambre semblait avoir été conçue pour tous ceux qui avait encore des doutes sur l'ego surdimensionné des Fondateurs après avoir regardé Poudlard. Tout y était gigantesque. Tout le long des murs, d'immenses braseros éclairaient sans chauffer la pièce. A l'instar des temples Égyptiens, deux rangs de serpents encadraient une allée qui menait à une immense statue supposée ressembler au maître des lieux. Harry, qui connaissait l'apparence des Fondateurs depuis peu grâce au Maître, remarqua que ce dernier s'était fort arrangé pour sa représentation. Exit le nez disgracieux et crochu, remplacé par un nez droit et fin. Exit la calvitie partielle et les oreilles en chou fleur, remplacée par une tignasse imposante. Bref, un beau vieux sorcier mais certainement pas Salazar Serpentard.

Aux pieds de la statue reposait Ginny qui semblait en train de se noyer car elle se débattait contre le vide. Soudain, un garçon, qui semblait se cacher derrière la statue apparut à ses côtés. Il était brun et avait l'air pincé de ceux qui sont interrompus dans leur conversation.

Tom Elvis Jedusort!

« Laissez là! » cria Luna qui pointa sa baguette vers lui mais l'autre d'un geste souple, sans parole, fit sauter la baguette de ses mains.

« Que voilà une façon bien cavalière de se comporter! J'aurais cru qu'une Serdaigle... Enfin, les temps ne sont plus ce qu'ils étaient dans cette école, n'est-ce pas Professeur? » fit ironiquement Jedusort.

« Expelliarmus! » cria Harry.

La baguette échappa des mains de Jedusort pour atterrir dans celle de Harry.

« Franchement! Toi, un Serpentard, et doué qui plus est, tu perds ton temps avec ses lavettes... Tu aurais pu faire de grandes choses avec moi... Si seulement s'était toi qui avait reçut le journal... je t'aurai volontiers débarrassé de ta vie dont tu sembles si mal te servir! Au lieu de cette gourde! »

« Quoiqu'elle soit, c'est sa vie! Incendio! » cracha Harry.

Aussitôt la tenue de Jedusort s'enflamma mais les flammes ne semblèrent n'avoir que peu de prises et rapidement s'éteignirent.

« Pas de chance, je ne suis pas encore complètement revenu. Pour cela il me faudrait le journal qui est... dans ta poche! »

Le jeune homme fit un geste de la main et le journal sauta littéralement de la poche de Harry pour voler vers sa main tendue. La baguette de Jedusort prit le même chemin. Voyant qu'il était occupé par sa démonstration de force, Luna se jeta au sol pour récupérer sa baguette. La tactique aurait pu marcher si Lockhart n'avait pas été impressionné par le livre et ne s'était pas déplacé précipitamment sur la droite, c'est à dire entre Luna et sa baguette. Assommée par le choc reçut quand elle percuta les jambes du très peu désiré professeur, Luna se lamentait en tenant sa tête.

« Vraiment pathétique! Tu es toujours sûr de vouloir rester avec eux? Si seulement tu savais qui je suis... tu ramperais à mes pieds comme les autres! ».

« Mais je sais pertinemment qui vous êtes! »

« Vraiment? » fit sarcastiquement Jedusort « Je ne crois pas! Je suis... »

Il leva sa baguette et des lettres dorées apparurent pour écrire:

« Tom Elvis Jedusort » qui se mélangèrent et devinrent « Je suis Voldemort. ».

Impressionné par la découverte, Lockhart eût un mouvement de recul. Malheureusement pour Luna, sa main se trouvait sur le chemin de son pied droit et elle hurla de douleur. Croyant avoir amadoué son auditoire, Jedusort regarda Harry mais s'il s'attendait à de la peur, il en fut pour ses frais car ce dernier se contenta de lâcher:

« Tu n'es Lord de rien du tout! Tu es un orphelin élevé par des moldus... Tu n'es rien et tu n'as rien! Asumptio! » et Harry récupéra le livre.

« Je ne suis rien? JE SUIS VOLDEMORT!! » hurla Jedusort avant de se mettre à siffler en Fourchelangue « Lève-toi, créature de Salazar! Tue! Tue mes ennemis! »

Derrière lui, un serpent d'environ 4 mètres apparut en sifflant. Harry pensa frénétiquement à ce qu'il allait faire. Il pouvait essayer de l'amadouer mais l'animal avait déjà tué par le passé et attaqué des humains. Il y avait donc peu de chance pour qu'il réussisse à le faire redevenir raisonnable. Non, il fallait s'en débarrasser définitivement... Il sortit donc sa dague et patienta.

Quiconque a déjà chassé sait que la patience est la plus grande arme du chasseur. Harry banda donc ses muscles et attendit le moment propice. Rapidement le serpent se louvoyait vers lui. Au dernier moment avant que ce dernier ne se jette tous crocs dehors sur Harry, ce dernier s'élança sur le côté. En un mouvement agile et d'une rapidité surhumaine, il effectua une roulade qui se termina sur la mort du Basilic quand sa tête fut transpercée par la dague.

Trois paires d'yeux regardaient Harry mais exprimaient des sentiments différents. Le premier à se ressaisir fut Jedusort qui cria comme à l'agonie:

« Tu l'as tué! Tu l'as tué! ».

« Je l'ai tué parce que je n'avais pas le choix! Incendio! » répliqua Harry.

« Répulsio! »

Pendant que les deux autres se lançaient dans un duel acharné, Luna récupéra enfin sa baguette et se précipita vers Ginny. Cette dernière continuait de haleter comme un noyé. Le processus s'était même accentué depuis que le duel avait commencé. Incapable de parler, elle s'accrocha à Luna comme une désespérée. Cette dernière cependant se détacha d'elle et hurla à Harry:

« Le livre! Il faut le détruire! C'est le lien! ».

Sans s'arrêter, Harry lança le journal à Luna et se plaça entre elle et Jedusort afin de la protéger durant sa tâche. La jeune fille essaya rapidement tous les sorts qui pourraient détruire l'objet mais n'y parvint pas. A ses côtés, la respiration sifflante de Ginny devint de plus en plus laborieuse.

Pendant ce temps Lockhart réfléchissait à toute allure aux moyens qu'il avait à sa disposition pour s'en sortir vivant. Car, pour la première fois de sa vie, il cherchait d'abord une porte de sortie viable et non pas un moyen de devenir plus célèbre. Soudain, en regardant le serpent, il eut un éclair de génie. La dague! Il allait la prendre et, avant que celui-ci ne se remette du duel, il poignarderait Jedusort. Parce qu'il n'y avait aucune chance pour que ce soit l'autre qui gagne! Il arracha donc l'objet de son écrin de chair et regarda la scène pathétique de Ginny et Luna. Cette dernière, en regardant l'air plus que légèrement cinglé de Lockhart, interpréta de travers ses intentions et lança un sort destiné à le faire tomber. Malheureusement ce fut Harry qui le reçut. Déséquilibré, il tomba en arrière et de tout son poids. Dans sa chute, il percuta Lockhart qui, glissant sur la dépouille du Basilic, tomba sur Luna alors qu'il tenait le poignard droit devant lui. Le regard affolé de cette dernière indiquait qu'elle voyait sa mort approcher mais, n'ayant pas de réflexe vampire, elle ne put éviter ce qu'il advint.

« Nooooooon » hurla le jeune Voldemort alors qu'il semblait brûler de l'intérieur avant de définitivement disparaître.

Au sol, Harry resta interloqué, n'ayant rien compris. Il se tourna vers les autres et vit un spectacle qui lui parut d'abord affolant puis qui le rassura. Luna et Lockhart étaient allongés par terre. La jeune fille avait le journal sur sa poitrine. Plantée dessus, la dague était poisseuse de sang et d'encre. Visiblement Luna s'était protégée instinctivement avec. Un peu plus loin, Ginny respirait à nouveau librement. Alors qu'il relevait Luna puis qu'ils se dirigeaient vers Ginny, Harry expliqua:

« Le sang du Basilic est aussi venimeux que son poison! Ça a détruit le journal et le lien qu'il avait avec Ginny! ».

Jedusort mort, Lockhart repassa en mode célébrité et ramassa la baguette de Luna avec dextérité.

« Que personne ne bouge! » Les trois jeunes se figèrent alors que chacun tenait un bras de Ginny qui n'en menait pas large. « Incroyable, il semblerait qu'un nouveau best seller se profile à l'horizon! Je vois déjà le titre: « Moi contre le Basilic »! Non, mieux: « La Chambre des Secrets Dévoilée »! Rassurez-vous vous aurez un rôle dedans... comme témoins de mon héroïsme... » Harry renifla devant le ridicule de la situation. « Rigolez autant que vous le voulez! Mais s'il y a bien un sort que je maîtrise c'est celui-là! Oubliette! ».

Lockhart lança le sort qui percuta celui, informulé, de Harry. Les deux jets de lumière semblèrent se mélanger et furent dévier vers Luna et Ginny qui tombèrent sous le choc. De rage, Harry lança un Oubliette à l'imbécile et se précipita vers ses amies. Ces dernières, endormies, ne semblaient pas avoir de séquelles.

Il était temps de repartir mais aussi de réfléchir à ce qu'il allait faire car il ne pouvait se permettre de dire à tout le monde son implication dans l'affaire. Pire, si Draco et Blaise apprennent que je suis venu seul... je suis mort!

Il savait déjà que Lockhart n'avait pas dû rater son sort car c'est grâce à lui qu'il avait établit sa notoriété. Il y avait donc de fortes chances qu'elles aient tout oublié. Il restait plus que le problème Lockhart qui à ce moment là décida de se réveiller. Sous les yeux incrédules d'Harry, l'homme arborait un air des plus crétins et lança:

« Il fait froid! C'est ta maison? Comme tu t'appelles? Et moi? Comment je m'appelle? ».

Harry chercha par la suite à le prendre en faute mais n'y parvenant pas en déduisit qu'il avait complètement effacé la mémoire de l'homme. Malgré tout ce qu'avait fait l'autre, il ne put s'empêcher d'éprouver de la pitié pour lui. Il se convainquit néanmoins que cela ne pouvait être que passager puisqu'il avait utilisé ce sort pour la première fois. Il n'en avait pas moins le coeur gros.

C'est donc en faisant léviter les filles et le professeur devenu incapable de même marcher correctement qu'il atteignit le bout du tunnel. Là, il laissa les trois autres pendant qu'il remontait péniblement le tuyau qui l'avait emmené. Arrivé de nouveau dans les toilettes de Mimi Geignarde, il lança un accio pour les récupérer. Voyant que les filles étaient encore endormies, il les laissa dans une salle dans un couloir fort emprunté et dont il laissa la porte ouverte afin que quiconque passerait par là les remarquerait. Il emmena Lockhart jusqu'à sa chambre, le coucha et lui lança un sort de sommeil. Épuisé après les événements de la journée, il se lança alors dans la tâche qui s'avéra la plus ardue de toutes: convaincre Mimi de ne pas hurler sur les toits ce qu'il avait fait. La jeune fantôme se laissa convaincre quand il lui eût promis qu'il lui ferait des rapports détaillés de ses aventures prochaines auxquelles elle semblait être sûre qu'il aurait droit.

Comme s'il allait m'arriver des trucs chaque année! pensa Harry en baillant quand il rejoignit son dortoir.