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CHAPITRE XXXV. SACRIFICE

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Pierre-François se dirigea vers le groupe des représentants du conseil de l'Europe, il les avait peu vus depuis le début de la soirée. Ils l'accueillirent avec le sourire. Cloud était assis avec eux, tenant Sarah, sa petite amie, par la main. Il fut surpris de le voir là. Passant derrière lui pour aller s'asseoir près de Michel, il posa amicalement sa main sur son épaule pour l'encourager. L'adolescent sursauta, se dégagea violemment et fusilla le jeune homme du regard.

- Lâche-moi! c'est ta faute!

- Ma faute?

- C'est pour toi que Harry l'a fait, j'en suis sûr.

- Pourquoi crois-tu qu'il ait tenu à te sortir de ce milieu?

- Je ne voulais pas faire partie de la loge, c'est tout!

- Et qui t'y a enrôlé de force?

- Il le faisait parce qu'il y croyait.

- Même mon frère ne voulait pas t'y impliquer parce que tu étais trop jeune. Il a bien des défauts mais il ne veut que des partisans capables de choisir en toute connaissance de cause.

- C'était mon père!

- Je sais et tu ne l'as pas choisi, comme je n'avais pas choisi le mien. J'avais des raisons moi de souhaiter ce qui s'est passé, Harry aucune. C'était un affrontement, ils étaient face à face, ton père n'aurait pas hésité. Sache que malheureusement il avait mérité ce qui lui est arrivé.

- Pierre-François! reprocha Pierre.

- Cloud, tu sais qui était ton père, même avec toi il se conduisait comme un monstre! intervint Harry que Aymeric était allé chercher dès le début de la discussion. Arrête d'essayer de trouver un responsable, tu sais bien des choses sur lui, il n'y a d'autre coupable que ton père lui-même, c'est lui qui a fait ses choix!

- Qu'est-ce que je vais devenir?

- Tu vas continuer tranquillement ton année à Poudlard. Tu peux choisir de la continuer sous ton apparence actuelle ou sous la tienne, avec ton nom actuel ou pas. Légalement il te faut un tuteur et Pierre-François est le mieux placé pour ça étant ton parent.

- Pourquoi pas toi?

- Si tu n'avais pas eu de famille, j'aurais joué ce rôle avec plaisir, je sais qu'avec lui tu auras tout ce dont tu as besoin.

- ...

- Nous en parlerons tous les trois ensemble si tu veux.

- Ne crois-tu pas Harry qu'un tuteur en Angleterre et étant plus disponible que Pierre-François serait plus indiqué? demanda Pierre.

- Il reprend sa place parmi nous et, dès septembre, assumera les fonctions de professeur de métamorphoses et de directeur à Poudlard. Le problème ne se pose pas!

- Tu le savais? fit Pierre au garçon.

- L'annonce a été faite à tous les élèves mercredi, l'informa Harry. Il y était tout comme moi. C'est pour ça que Pierre-François a été beaucoup du côté sorcier ce soir, il se devait de discuter avec les parents de ses futurs élèves, de les informer du changement de direction, de leur expliquer les réformes qu'il va introduire.

- Pourquoi ne pas nous avoir dit ça? Tu nous as fait croire qu'il ne s'intéressait pas à ton sort et que pire il était responsable de la mort de ton père.

- Il n'a pas tort! Si j'en avais eu l'occasion, je ne suis pas sûr que Mac Dowell en serait sorti vivant! J'avais assez de raisons que pour souhaiter cent fois sa mort. Quant à son sort... Le problème de Jonathan c'est qu'il acceptera plus difficilement mon autorité que celle de Harry qu'il admire. Je m'attends à ce que nous soyons souvent en conflit.

- J'aimerais vivre avec Harry et Jim!

- Ça tombe bien, fit ce dernier qui venait d'arriver, nous ne sommes jamais très loin de Pierre-François.

- Et quand vous en aurez assez de coucher ensemble?

- Coucher ensemble? demanda Jim avec un air ahuri.

- Je ne suis pas aveugle, vous êtes tout le temps tous les trois... et tout le monde sait que c'est ce qu'il voulait!

- Cloud, tu devrais éviter d'écouter les rumeurs et de juger d'après elles, fit doucement Harry. Nous sommes en effet souvent ensemble, nous le serons encore pour un très long moment et ce qui se passe derrière les portes fermées de nos chambres c'est privé et ça le restera!

William regardait son fils avec inquiétude, il ne pouvait que souffrir de partager celui qu'il aimait plus que tout, mais Jim avait passé son bras autour du corps de Harry, sa main reposant sur sa hanche, et il souriait d'un air moqueur en regardant Cloud.

- Je dois avouer que comme conclusion pour nos fiançailles ça s'imposait! ne put-il s'empêcher de lancer. Quel respect pour nous, Cloud, c'est touchant.

- Il est perdu, Jim, fit Pierre-François, il a peur de se retrouver seul aussi.

- Tu as raison, pti loup, être déplaisant, agressif, c'est en effet la meilleure manière de se retrouver entouré.

Le petit loup le fixa interdit puis s'esclaffa. Jim, un peu perdu, réfléchit puis se rendit compte que, devant tout le monde, il l'avait appelé par le surnom qu'il lui donnait, ce qui ne pouvait que les conforter dans l'idée qu'ils se faisaient de leur relation. Il rougit et lança un coup d'œil désespéré à Harry qui se retenait à grand peine de rire. La tension de la journée, le comique de la situation, la gaité de Pierre-François et de Harry firent qu'il éclata de rire lui aussi alors que l'adolescent s'en sentait mortifié.

- Je suis désolé Cloud, c'est nerveux!

- Vous avez eu une journée difficile émotionnellement, nous pouvons comprendre, fit Jan toujours indulgent pour le jeune couple.

- Mais il faudrait régler le problème de cet enfant, poursuivit Pierre.

- Nous en discuterons ensemble à tête reposée, fit Pierre-François. Pour le moment il est en sécurité à Poudlard. Ce week-end , il le passera à Astor's Lodge, puis à Paris dans mon appartement ou à l'hôtel Saint-Maur si Sylas l'y invite. Il n'est pas seul de toute façon.

- Pourquoi attendre?

- Il faut qu'il comprenne que chaque chose a une place bien définie dans notre monde. Des amis sont des amis, un tuteur est une autorité à respecter. C'est ainsi que je conçois les choses et il faudra qu'il s'y fasse. L'attitude qu'il a pour le moment avec les adultes ne me plait pas.

- C'est un garçon calme! le défendit Pierre.

- Je n'en doute pas mais c'est aussi un manipulateur, jugea le futur tuteur. Il n'a pas hésité à vous mentir pour que vous voyiez les choses du même point de vue que lui, il n'est pas à serpentard pour rien.

- Pierre-François, tu peux venir un moment, demanda Draco. Le docteur Berlesh voudrait te voir au sujet de son fils.

- J'arrive.

Un silence embarrassant suivi le jugement et le départ du sorcier.

- Tu es sûr de ce que tu fais Harry?

- Oui, c'est gentil de vous inquiéter mais nous savons très bien ce que nous faisons et si Cloud est honnête il admettra que c'est la meilleure solution. Il sait pourquoi Pierre-François haïssait son père et il est sûr qu'il ne reportera pas ce sentiment sur lui. Sa façon de le dire vous a peut-être choqués mais si Mac Dowell avait dû répondre de ses crimes devant le mangenmagot, il ne serait jamais plus sorti d'Azkaban. Cloud a choisi de rester avec nous plutôt que de repartir vers ce dernier, ce n'est pas sans raisons non plus. Je n'irai pas plus loin dans mes explications, c'est trop personnel. Il faudra que vous me fassiez confiance.

- Tu en as déjà dit beaucoup, fit Michel. Nous nous fions entièrement à toi.

- De toute façon, nous nous voyons souvent... N'oubliez pas que je compte sur vous demain soir!

- Nous y serons Harry! Certains parmi nous restent ici et viendront avec Lucius et Narcissa demain. D'autres seront déjà à Paris chez Pierre.

- Nous serons là vers vingt deux heures. Je sais ce que Pierre-François a prévu et je crois que vous serez assez surpris!

- Ça ne peut être qu'original il ne peut rien faire comme tout le monde, railla Jim.

Il échangea un sourire complice avec son fiancé. Il était las, il avait envie de se retrouver seul avec lui, de s'endormir serré dans ses bras... Harry sembla s'apercevoir de son état d'esprit, il s'assit et l'attira sur ses genoux. Jim posa sa tête sur son épaule, fermant les yeux pour quelques minutes. C'est ainsi que les vit Pierre-François quand il revint. Autant le premier soir, à la discothèque, son visage exprimait un désir intense et même cru, autant maintenant il reflétait une tendresse sans bornes laissant ses sentiments à nu pour qui le contemplait. Il posa devant eux les boissons qu'il avait demandé aux elfes de maison, un soda pour Harry et un café pour Jim et s'assit à côté d'eux. Aymeric vint s'installer à proximité.

- Harry? et moi qui va devenir mon tuteur?

- Ce sera moi comme prévu, mon grand.

- Je vais vivre avec vous?

- Je crois bien que c'est ce que ça veut dire! se moqua Harry.

- Jim? tu es d'accord?

- Mais oui, bien sûr Aymeric.

- Nous allons habiter où?

- Je ne sais pas encore. Il y a plusieurs possibilités. Il y a la maison de Londres, l'appartement à Cambridge ou peut être à Poudlard...

- ...

- Oui Aymeric? Je vois que tu as encore une question...

- Tu habiteras avec nous Pierre-François?

- Nous n'avons pas encore parlé de ça, lui répondit doucement le sorcier évitant de regarder les deux autres et le reste de la tablée dont certains devaient être à l'écoute de leur conversation. Nous avons tous des obligations auxquelles nous devrons faire face. Puisque je reviens en Angleterre, j'aimerais assez acheter une maison à Godric's Hollow.

- Quelle idée bizarre, fit Hermione étonnée.

- ...

- Nous avons nos pires souvenirs de cet endroit, Harry encore plus que nous.

Pierre-François regarda Harry d'un air interrogatif. Celui-ci semblait perdu dans ses pensées. Avait-il seulement entendu leur conversation?

- Je sais pourquoi il t'est cher. C'est l'endroit où mes parents vécurent heureux, c'est aussi celui où ils furent assassinés, murmura-t-il.

- Nous avons failli servir de dîner à Nagini dans la maison de Bathilde Tourdesac, sans parler du guet-apens d'Ombrage pour la clef de Cambridge, rappela Hermione.

- C'est vrai Mione! Mais à chaque fois nous en sommes ressortis vivants...

- C'était notre première mission ensemble! Notre première dispute aussi, tu te rappelles, Dray? fit Sylas avec un sourire tendre.

- Oh oui, je me rappelle! Vous m'en avez fait voir tous les deux!

- Tu regrettes?

- Non Sy! A aucun moment! Je ne sais pas pourquoi tu me poses la question d'ailleurs.

- Juste pour entendre ta voix me le dire.

Ils échangèrent un regard complice. Leur groupe s'agrandissait petit à petit, Erwin et Jimmy furent les premiers à les rejoindre, puis ce fut au tour de Charlie et Bill accompagnés de Fleur, ensuite se succédèrent George avec Angelina, Neville avec Luna, Liam et Ginny... Les amis sorciers de Harry se mêlaient peu à peu à ses amis moldus et lui qui aurait voulu se retirer avec Jim, changea d'avis ne voulant pas rater une si belle opportunité de rapprochement.

oOoOoOoOoOo

Il fallut quelques instants à Harry pour se rappeler ce qu'il faisait dans cette chambre et dans ce lit inconnus. Le corps chaud serré contre lui remua doucement quand il changea de position. Il passa une main tendre dans les cheveux blonds s'attirant un petit grognement mécontent qui le fit sourire intérieurement.

- Il va être l'heure de se lever, mon grand. Il faut manger quelque chose puis aller chercher Lily pour arriver à Poudlard avant l'heure du match.

- Nous sommes allés dormir à sept heures du matin avec toute cette histoire, je voudrais encore dormir...

- Je sais que tu es fatigué, mon cœur... Je vais prendre une douche puis aller chercher des croissants, du pain pour déjeuner et je viens te réveiller à nouveau... Jim? tu as entendu?

- Oui, Amour, vas-y...

Harry embrassa le bout de son nez avant de se lever avec un soupir. Après une douche, il passa un jean's et un tee-shirt que Pierre-François lui avait apprêtés le matin avant d'aller dormir et sortit discrètement de l'appartement pour ne pas réveiller Cloud qui dormait dans le canapé du salon. Il n'était pas loin de l'hôtel des Saint-Maur, il connaissait une bonne boulangerie dans le quartier, celle où travaillait le mari de Françoise. Tout en parcourant les rues, il se rappelait la fin de leur nuit.

Ils étaient restés encore un long moment à discuter sorciers et moldus mélangés, anecdotes d'école ou de bureau, discussions sportives sur les mérites du football et du quidditch, projets de vacances chez l'un ou chez l'autre, échange d'invitations... des moments très agréables même si ils étaient fatigués...

Ensuite avant de rentrer à Astor's Lodge, il avait fallu transplaner à Paris pour aller chercher des vêtements pour Pierre-François et c'est là que tout était devenu compliqué. Assis par terre sur le pas de la porte, endormi contre celle-ci, ils avaient trouvé un André pas très frais. Le sorcier n'avait pu faire autrement que de le faire entrer et de l'écouter. Il s'était disputé avec Dominique et celui-ci, après avoir fait ses bagages, avait pris la porte.

Cloud s'était endormi dans le sofa et Harry, constatant que les explications allaient être longues, lui avait retiré doucement ses chaussures, son jean's et mis une couverture sur lui. Ensuite c'est Jim qui s'était endormi blotti dans ses bras.

Voyant cela, Pierre-François leur avait proposé de passer la nuit là, il les avaient conduits à leur chambre, avait dit à André de prendre la chambre d'amis qui deviendrait bientôt celle du jeune serpentard et était allé dormir dans la sienne non sans avoir embrassé ses agneaux et adressé une grimace d'impuissance à Harry.

Il se rappela ses paroles c'est votre chambre. Mort de fatigue il n'avait pas réalisé ce que ça signifiait... En se levant, il n'avait pas ouvert les rideaux et avait laissé la pièce dans la pénombre, il se demandait maintenant à quoi elle ressemblait. Il déposa les sachets de viennoiseries et les ficelles sur la table, avant de s'y diriger.

Jim dormait toujours. Il se pencha, le câlina doucement pour le réveiller, puis se montra plus persuasif.

- Jim, mon amour, lève-toi, maintenant tu n'as plus le choix... autrement je vais jouer le match sans toi!

Le dormeur ouvrit un œil avec une expression indignée.

- Sans moi?

- Si tu ne veux pas sortir du lit...

- J'arrive, je suis déjà sous la douche!

- Je vois ça, railla Harry. Je vais réveiller Pierre-François, je ne sais pas ce qu'il va faire d'André...

- Je n'aime pas ce mec larmoyant.

- Moi non plus! mais c'est son ami, il l'a beaucoup aidé.

- Je me demande comment il a été son amant pendant six mois...

Avant de sortir, il ouvrit les persiennes et illumina la chambre. Des murs ivoire, une moquette à hauts poils laineux, des rideaux de même couleur mettaient en valeur le noir du fer forgé du lit à baldaquin et un tapis artisanal marocain à dominance rouge très lumineux. Une garde robe, un grand coffre et une commode anciens, d'un bois patiné presque noir, des lampadaires et des lampes de tables d'un blanc translucide en forme de cubes complétaient ce mariage parfait de l'ancien et du moderne. Sur la commode, un album photo tout semblable à celui de leur hôte contenait toutes les photos que Harry avait vues de ses parents. Le plus extraordinaire était pourtant le seul tableau qui occupait le mur face au lit, il représentait Poudlard avec en arrière plan un visage encadré de cheveux roux foncé avec des yeux vert émeraude, le tableau qui l'avait tant ému au vernissage. Il caressa avec amour la toile... Son cœur se gonfla de tendresse pour Pierre-François, non seulement il avait très bien cerné leur personnalité, cette chambre leur ressemblait mais cette peinture...

Encore sous le coup de l'émotion, Harry entra dans la chambre de leur hôte. Il se dirigea vers les rideaux tout en l'appelant doucement...

- Mon loup, il faut te lever autrement nous serons en retard au match, il faut aller chercher Lily avant...

Il ouvrit un peu les rideaux pour éclairer la chambre mais pas trop pour ne pas le gêner quand il se réveillerait et se retourna vers le lit... il eut un sursaut en voyant qu'il n'y était pas seul. Pierre-François ouvrit un œil, vit l'air glacial de Harry et suivit son regard.

- André! mais qu'est-ce que tu fais là? s'écria-t-il furieux.

- Pas envie de dormir seul! J'avais envie d'être près de toi!

- Mais bon sang t'es vraiment con! je te rappelle qu'on n'est plus ensemble depuis des années et que tu n'as rien à faire dans mon lit! fit le sorcier en se levant précipitamment. Il enfila le premier pantalon qui lui tombait sous la main et suivit Harry qui avait quitté la chambre en claquant la porte.

Celui-ci avait entendu la première exclamation de Pierre-François et se doutait de ce qui s'était passé mais pourtant il mettait la table avec des gestes tremblants de colère. Son cœur tout empreint de tendresse lui avait éclaté au visage en voyant André aux côtés du sorcier. Pourquoi la pensée de ce qui s'était passé à Toulouse, vint-elle se rappeler à lui à ce moment là, lui, sortant des bras de Jim, et le sorcier blessé de ce qu'il voyait sur son visage... Il avait fait bien pire ce jour là. Il sentit le poids d'un regard et se retourna. Son amour le regardait d'un air interrogatif, il lui sourit avec une grimace.

- Il n'était pas seul? demanda-t-il en prenant Harry dans ses bras.

- ...

- Nous savions qu'il ne se satisferait pas uniquement de notre tendresse, c'est peut-être mieux comme ça, je ne sais pas où nous allions. soupira-t-il.

- Tu te trompes Jim, je n'ai rien à voir là dedans. André s'est glissé dans ma chambre et dans mon lit pendant que je dormais, intervint une voix calme.

- Tu ne m'en as pas chassé, intervint le peintre qui était arrivé sur ses talons.

- Et pour cause, je le redis, je dormais. Tu es venu parce que Dominique est parti ou parce que tu ne supportes pas que je sois heureux?

- Heureux? Avec deux gosses qui ne veulent pas de toi! fit le peintre qui regardait Jim faire du café en habitué des lieux sans avoir besoin de chercher pour trouver le nécessaire.

Indifférent à la remarque de son ami, Pierre-François assis sur un des hauts tabourets entourant la table-bar de la cuisine, les regardait amoureusement s'affairer dans sa cuisine.

- Tu cherches la marmelade d'orange? Je l'ai terminée, il faut prendre un nouveau pot dans l'office.

Quand il passa à côté de lui, il l'attira vers lui et plongea dans les yeux assombris, doucement il caressa son poignet où luisaient les pierres presque noires comme son regard. Harry poussa un soupir et le loup le laissa s'éloigner en souriant. On l'entendit réveiller Cloud et celui-ci aller dans leur salle de bain. Jim s'assit en face du jeune sorcier qui tendit la main pour effleurer son visage d'une caresse légère et pleine de tendresse.

- Nous nous sommes trompés, notre place n'est pas ici! fit-il d'une voix sourde.

- Tu sais que je n'y suis pour rien!

- ...

- Ça va aller, il est calmé maintenant. Sa réaction a été instinctive, puis il a réfléchi.

- ...

- André, tu déjeunes avec nous puis nous devons partir, nous avons une journée et une soirée chargées. Nous ne pouvons pas nous permettre d'arriver en retard.

- Tu me jettes pour eux?

- Si tu veux voir les choses comme ça, libre à toi. Ne me fais pas ce genre de plan, il va se retourner contre toi, lui répondit-il sèchement.

Cloud embrassa son futur tuteur qui l'accola franchement.

- Tu as bien dormi malgré le sofa?

- Oui, sans problème!

- Je t'aménagerai ta chambre cette semaine.

- C'est laquelle?

- Celle au bout du couloir, elle est plus petite que celle de Harry et Jim mais elle donne sur la terrasse et il y a une superbe vue sur Paris. De toute façon, nous ne serons plus ici très souvent.

- Que veux-tu dire? interrogea André.

- Je rentre en Grande-Bretagne définitivement.

- Voyez-vous ça, c'est toi qui suis les gamins que tu choisis de plus en plus jeunes soit dit en passant...

- Cloud est mon pupille, son père est mort il y a deux jours, tu deviens vraiment déplaisant André, le chagrin ne te donne pas tous les droits.

- La jalousie non plus, termina Harry en défiant le peintre du regard.

- Qu'est-ce que tu peux savoir de la jalousie, toi...

- C'est un spécialiste en la matière, rétorqua Jim avec un sourire tendrement moqueur.

- Tu n'es pas en reste non plus!

- Je confirme vous l'êtes tous les deux! s'esclaffa Pierre-François qui récolta une moue dédaigneuse et un regard indigné...

- ...

- Tu joues au petit sang-pur maintenant? fit-il à Harry.

- Dis tout de suite que nous sommes possessifs! fulmina Jim.

- Tout doux mes agneaux, je vous adore comme ça! Quand toi tu me fais une scène pendant tes fiançailles et toi quand tu claques les portes en te levant...

- ...

- Dis-le Harry... fit-il en le regardant hésiter à répondre.

- Hier quand tu as dit que c'était notre chambre, j'étais tellement fatigué que je n'y ai pas prêté attention, ce matin je me suis levé dans la pénombre pour ne pas déranger Jim, ce n'est qu'en revenant de la boulangerie que ça m'est revenu. En rentrant, je l'ai réveillé, puis j'ai ouvert les rideaux et j'ai regardé autour de moi. Tu as très bien cerné nos personnalités, la chambre nous ressemble à tous les deux, j'ai trouvé l'album, puis je l'ai vue... et je suis allé te réveiller...

Pierre-François devina ce qu'il ne disait pas, le moment qu'il avait voulu partager, la déception lorsqu'il avait vu André, le sentiment d'avoir été trompé, il regardait les larmes couler sur le visage pourtant tellement fier... Il se leva et le prit dans ses bras pour la première fois pour une étreinte toute dénuée d'arrière-pensées.

- Ils me manquent aussi, tu sais. Ils ont été les seuls à m'apporter un peu d'amour dans mon enfance, quand ils sont morts j'ai eu l'impression de perdre toute joie, tout bonheur. Tu avais disparu aussi... Il n'y avait plus que les ténèbres par lesquels je me suis laissé envahir! Je me suis réveillé de ce cauchemar presque dix ans plus tard. Entretemps mon père m'avait rappelé de la plus cuisante des façons que je devais être un Vassier, donc forcément hétérosexuel et perpétuer le nom de la famille. Je m'étais marié, j'avais vécu cinq ans avec ma femme, j'avais essayé qu'elle n'aie pas à se plaindre de sa vie. Il y a eu Henri-James et la joie est revenue puis repartie... J'ai su par les journaux que tu avais intégré Poudlard à onze ans et j'ai suivi tes aventures de loin, tu étais bien leur fils et j'étais fier de toi. J'ai essayé de reconstruire une autre vie ici en France loin de tout ce qui me rappelait mon petit ange et je pouvais paraître satisfait de ma vie à défaut d'être heureux. Puis il y a eu Lily que je voyais à peine. Et une nuit, à "L'Aigle Noir", je suis tombé amoureux fou de deux jeunes gens qui avaient l'air de s'adorer, je les ai désirés férocement mais pas seulement! J'ai souhaité plus que tout partager un peu de cet amour! avant que je comprenne ce qui arrivait la joie m'était revenue et je ferai tout pour qu'elle ne me quitte plus!

- C'est mon père qui t'a battu cette nuit là pour t'apprendre à être normal, n'est-ce pas? fit Cloud.

- Oui.

- Je suis désolé, fit le garçon en baissant la tête ne sachant ce qu'il devait regretter le plus, que son père l'ait fait ou qu'il s'en soit vanté à maintes reprises devant des amis.

- Tu n'es pas responsable de ses actes, Cloud. Il obéissait aux ordres de mon propre paternel. Mon frère était présent aussi et il n'a pas bougé.

- ...

- Je vais me changer pour aller à Poudlard autrement nous serons en retard et prendre aussi une tenue pour ce soir, fit-il en adressant un discret coup d'œil à Jim et en relâchant son étreinte autour des épaules de Harry. Je ne crois pas que la septième bis puisse se passer d'un de ses joueurs.

Harry se détacha de lui, les yeux secs et le visage fermé. Il le regarda surpris et baissa les yeux vers le bracelet, les pierres bleues brillaient d'un bel éclat vif et profond. Il dissimulait ses sentiments. Regrettait-il déjà d'avoir montré une faiblesse quelconque? Il se rappela qu'il avait eu la même attitude à l'exposition après avoir pleuré devant le même tableau, il s'était repris très vite. Jim qui le connaissait mieux que personne se contenta de lui resservir un café et de poser sa main sur sa cuisse en dessous de la table.

- Mange encore un peu, tu en auras besoin pour le match, lui souffla-t-il.

- Ça va mon amour, arrête de t'inquiéter, fit-il mais il reprit un croissant pour lui faire plaisir.

Une demi-heure plus tard, ils transplanaient à Astor's Lodge pour y retrouver les autres et y prendre Lily que son père voulait emmener avec lui.

oOoOoOoOoOo

Pierre-François et Lily étaient assis sous le saule pleureur devant le lac... Un pas léger s'approcha et Erwin s'adossa à l'arbre.

- Harry m'a dit que je te trouverais ici. Je dois t'avertir qu'ils sont partis pour le terrain.

- Merci, petit page! lui répondit le futur directeur en souriant.

- ...

- Tu ne savais pas que c'était comme ça que t'appelait Harry? Son petit page? fit-il en voyant son air étonné.

- Non.

- Aïe...

- Je ne dirai rien, fit l'autre complice. Dis-moi, pourquoi notre survivant est-il arrivé avec la tête de quelqu'un qui a une gueule de bois phénoménale? Que s'est-il passé chez toi?

- Quand nous sommes arrivés ce matin devant ma porte, André Letellier m'attendait. Il venait de se faire larguer par son compagnon. Impossible de s'en débarrasser. Finalement tout le monde a dormi à la maison et André s'est faufilé dans mon lit pendant que je dormais. C'est Harry qui est venu me réveiller. Il a bien entendu cru que j'avais repris mon ancienne relation avec André et il a quitté la chambre en claquant la porte.

- Vous avez eu une explication?

- Oui.

- Vous n'êtes pas ensemble?

- Non bien sûr! Harry adore Jim.

- Alors pourquoi est-il dans cet état? Et pourquoi me le racontes-tu?

- Parce que tu me le demandes...

- Moi je crois que tu te mens! tu me le racontes parce que tu en as besoin, parce que ça t'a marqué comme Harry, comme Jim...

- Peut-être que trop de choses ont été dites et trop vite...

- Je ne les ai vu se disputer qu'une seule fois, on a tous cru qu'ils allaient se quitter. Jim lui avait avoué que pendant toute la durée de leur liaison il avait trompé son ex-petit ami avec des femmes. Harry a pensé qu'il ferait la même chose avec lui, il a fallu un moment pour que notre moldu arrive à le convaincre du contraire. Il a été pendant presqu'une semaine comme il est aujourd'hui. Pourtant il n'y a jamais eu de porte claquée ou de pleurs, j'ai rarement vu un couple aussi uni. A vrai dire je n'ai jamais vu Harry verser une larme sauf la soirée du vernissage devant le tableau représentant sa mère.

- Je ne sais pas, il avait pourtant retrouvé sa sérénité.

Ils arrivaient devant le terrain de quidditch et les vestiaires. Pierre-François hésita à voir Harry de suite puis il se dit que les commentaires iraient de nouveau bon train ce qui ne pouvait arranger leurs affaires. Il se dirigea vers les gradins cherchant Jim.

- Tu me cherches, pti loup?

- Oui.

- Je t'attendais. Alors ma poupée, tu viens un peu sur tonton Jim?

- Harry va bien?

- Nerveux depuis tantôt.

- Pourquoi Jim?

- Je ne sais pas exactement! l'ensemble de la situation... Harry, il lui faut toujours du temps pour s'habituer à un changement et là ça va très vite. Je crois que nous avons tous les deux eu envie d'être à des milliers de kilomètres de là, même après nous être rendu compte que tu n'y étais pour rien.

- ...

- Je me suis disputé une seule fois avec lui. J'ai préféré lui dire moi-même avant qu'on l'en informe que j'avais toujours été infidèle à mon ex, il a voulu rompre. Je lui disais que je l'aimais et que c'était là une fameuse différence, il ne voulait même pas essayer de peur de souffrir. Je crois qu'en te voyant avec André, il a réalisé le mal qu'il éprouvera si demain tu rencontres quelqu'un que tu aimes et qui te paye en retour.

- Vous allez partir?

- Non! Pas après ce que tu nous as dit tantôt de tes sentiments.

- Vous restez pour ne pas me blesser?

- Mais non pti loup, tout simplement parce que nous savons qu'il est déjà trop tard pour éviter de souffrir alors puisque tu dis nous aimer nous allons essayer... finit-il en s'asseyant aux côtés de Pierre-François, Lily sur les genoux.

Ils furent interrompus dans leur introspection par la voix du commentateur et les applaudissements autour d'eux.

- Voilà qu'entre sur le terrain l'équipe de serdaigle applaudie par un public de choix. Vous remarquerez que nous avons dans la tribune d'honneur notre directrice Madame Mac Gonagall mais aussi dans les gradins notre futur directeur Monsieur Vassier venu encourager ses joueurs préférés. Et voici justement qu'entre l'équipe de la septième bis sur une ligne unie comme à leur habitude, elle est menée par son capitaine du jour Draco Malefoy. Il sera également l'attrapeur dans cette rencontre. Harry Potter qui, rappelons le aux demoiselles, s'est fiancé officiellement hier, devient poursuiveur aux côtés de son ex petite amie Ginny Weasley et de Hermione Granger sa meilleure amie, au poste...

- Un de ces jours je vais lui tordre le cou à ce Dean Thomas de malheur... fit Jim avec humeur. Je ne sais pas pourquoi c'est lui qui commente le match, d'habitude c'est Luna...

- Luna s'est retrouvée avec une extinction de voix vingt minutes avant le début de la rencontre, elle est allée à l'infirmerie voir Madame Pomfresh, l'informa Cloud qui s'asseyait à leurs côtés.

- Quelle coïncidence! railla Pierre-François.

Madame Bibine libéra les balles et, au bout des secondes réglementaires, les joueurs s'élancèrent au coup de sifflet. L'équipe de Serdaigle annonça de suite la couleur, ils avaient minutieusement étudié le jeu de leurs adversaires et ils étaient rapides. Cela obligea les joueurs des deux équipes à prendre quelques risques. Les poursuiveurs n'avaient pas une minute de répit. Hermione avait supplié ses hommes de la laisser participer à ce match qui serait le dernier pour elle mais leurs regards épiaient ses moindres mouvements. Au détriment du jeu?

Harry s'élança vers le souaffle puis l'ayant subtilisé au poursuiveur adverse s'élança une fois de plus vers les cercles de Serdaigle, la balle y pénétra pour la cinquième fois. Dans les gradins les élèves s'enthousiasmaient, au micro Dean, emporté par l'action du match, répétait pour la deuxième fois que Harry Potter était aussi bon poursuiveur qu'attrapeur.

La figure suivante faillit bien tourner mal, Harry une fois de plus était parti à l'assaut des cercles opposés quand il sentit que son balai ralentissait de façon notable, persuadé qu'un de ses adversaires tout proches avait saisi la queue de son balai pour le ralentir, il attendit que Madame Bibine siffle une faute de hochequeue mais celle-ci manifestement n'avait rien vu. Il s'élança donc pour marquer encore et ne vit pas le cognard qu'avait laissé passer Corneille. Quand il sentit l'impact de la lourde balle sur son balai, il était bien entendu trop tard pour faire quoi que ce soit, il se sentit tournoyer et tomber inexorablement.

Dans les gradins, Jim regardait la descente vertigineuse les yeux agrandis d'horreur. A ses côtés le sorcier blond s'était levé la baguette sortie et récitait une incantation, la chute se ralentit et Harry se posa doucement au milieu du terrain. Le public réagit immédiatement en applaudissant à tout rompre l'intervention rapide et efficace du directeur. Dean au micro rappela l'exploit similaire de Dumbledore alors que des détraqueurs survolaient le terrain lors de leur seconde année.

Toutefois, le balai était cassé. Madame Bibine discuta quelques secondes avec le joueur avant d'opiner. Quelques instants plus tard l'ancien balai d'Harry fendait l'air appelé d'un "accio", l'attrapeur l'enfourchait et reprenait sa place au milieu du jeu sous les hurlements d'encouragement. Le score en faveur de la septième bis était de 50 à 30.

- Ce n'est pas vrai, gémit Jim, il y est retourné.

- C'est son dernier match pour Poudlard, mon agneau, essaye de comprendre.

- Pour Poudlard? que veux-tu dire?

- Il y a une coupe inter-universités et je suppose que Harry voudra y participer.

- Oh! non! se lamenta Jim.

- Il adore ça. Il faudra toujours à Harry une certaine prise de risques pour qu'il se sente vivant. Il est habitué au danger depuis son enfance.

Le match reprit plus rapide que jamais. Les buts se succédaient et les deux gardiens étaient très sollicités. Bientôt Sylas dut consacrer toute son attention à ses cercles et Draco à chercher le vif d'or. Pierre-François partageait la sienne entre Hermione et Harry. Quand un cognard faillit atteindre la jeune femme, debout une nouvelle fois dans les gradins, il le dévia d'un geste de sa baguette sans aucune difficulté. Madame Bibine siffla et se tourna vers le jeune homme avec cette fois une lueur coléreuse dans le regard.

Nullement impressionné, après un "sonorus", le futur directeur prit la parole.

- Cette jeune femme attend un heureux évènement, Professeur. Le gagnant de la coupe de quidditch de cette année est déjà connu. L'équipe de serdaigle se bat pour l'honneur et nous offre un superbe match mais il est inutile de mettre la vie d'un enfant en danger avant même sa naissance!

Le stade croula sous les applaudissements des élèves définitivement conquis par ce directeur qui s'imposait avant même le début de ses fonctions et montrait qu'il aurait à cœur le bien-être de ses élèves avant tout. Le match reprit une fois de plus.

Les points se succédaient d'un côté comme de l'autre, le score serré était de 110 à 100 en faveur de serdaigle. C'est la première fois que Sylas était autant inquiété devant ses cercles. Les poursuiveurs bleus et or, rapides, précis ne lui laissaient pas un moment de répit. De l'autre côté, Ginny se démenait, attentive à prouver qu'elle, l'élément étranger rapporté à la septième bis, avait sa place à leurs côtés. Hermione semblait presque timorée depuis l'intervention de Pierre-François pour la sauver du cognard. Harry multipliait les prises de risques pour aller rechercher le souaffle presque dans les mains adverses. Si son ancien balai était moins rapide, il lui était tellement familier qu'il semblait ne faire qu'un avec lui.

Il était clair que la victoire dépendrait des attrapeurs.

Draco en hauteur par rapport aux autres joueurs scrutait le stade, guettant le moindre éclair doré volant. Cette petite balle il voulait la gagner pour son anniversaire et savait déjà à qui il allait l'offrir. Ils jouaient depuis plus de trois heures et le score était de 150 à 140 en faveur de la septième bis, quand Dray vit le vif d'or sur sa droite, il était pratiquement de l'autre côté du terrain, beaucoup plus loin de lui que de Justin, l'attrapeur des serdaigle. Il bougea rapidement vers la gauche attirant l'attention du joueur adverse vers lui, celui-ci crut qu'il avait vu le vif d'or de ce côté et fonça vers le même endroit. Draco sourit intérieurement, on a beau être intelligent chez les bleus, un peu de la ruse des verts leur éviterait bien des déboires. En choisissant d'aller chercher la balle ailée par le chemin le plus long il risquait de perdre celle-ci de vue mais allongeait le chemin du serdaigle et lui faisait perdre l'avantage de sa position plus rapprochée. Il jeta un coup d'œil vers l'endroit où devait se trouver le vif, il avait de nouveau disparu! Il en était là de ses réflexions quand la petite balle ailée passa à même pas un mètre de lui allant vers son adversaire qui le suivait. Il fit un virage tellement serré qu'il sentit son balai vibrer, repartant dans le sens contraire, il tendit la main au maximum pour saisir une balle décidément capricieuse car c'est le moment qu'elle choisit pour descendre presqu'à la verticale et l'on put craindre un moment que Draco et Justin qui la suivaient en piqué s'écrasent sur le sol en la poursuivant. Si ce dernier remonta quelques mètres avant d'atteindre le sol, le serpentard ne redressa qu'à la dernière minute frôlant le terrain et volant à l'horizontale à quelques centimètres du gazon mais la main victorieusement dressée.

Madame Bibine siffla la fin du match, Dean s'égosillait dans son micro, ne tarissant plus d'éloges devant la prouesse. Le stade retentit des vivats des élèves enthousiastes devant cette belle victoire, la septième bis venait de gagner par 300 à 140. Fièrement, Draco faisait le tour du terrain, il vola vers les gradins et s'arrêta devant le groupe de Pierre-François, Jim et Cloud.

- Nous vous dédions cette victoire. Soyez le bienvenu à Poudlard, Monsieur le Directeur, fit-il en lui tendant le vif d'or.

Pierre-François resta tétanisé un moment, avant de se lever et de tendre la main pour prendre la petite balle qui provoqua la curiosité enthousiaste de Lily sur les bras de son père.

- Merci Draco Malefoy! Ainsi qu'à toute l'équipe! c'était une très belle victoire! c'est un honneur de la recevoir! fit-il manifestement ému.

oOoOoOoOoOo

Les spectateurs s'éloignaient vers l'école en commentant le match pendant que Pierre-François et Jim attendaient les joueurs, un joueur plus exactement... Lily était fascinée par la petite balle ailée que le sorcier fixait.

- Pti loup? Il y a un problème? finit par demander Jim.

- Non, fit-il d'une voix sourde.

- ...

- Quand je doute et que je pense à m'éloigner de vous, il y a quelque chose qui me ramène.

- Ne fais pas ça, Pierre-François.

- Ecoute moi et sans m'interrompre pour une fois. Je fais tout ce que je peux pour me rapprocher de vous, je change de vie et abandonne une occupation que j'aimais, je me réinstalle dans ce pays qui m'a tourné le dos il y a plus de quatre ans et où j'avais dit que je ne reviendrais jamais, je vous ouvre mon cœur en vous livrant mes sentiments, moi, le solitaire, je me retrouve dans un environnement où vous n'avez pas une minute d'intimité, je suis maintenant tuteur d'un adolescent qui me supporte à peine, je suis devenu l'ennemi de mon propre frère mais plus que tout j'ai l'impression que vous êtes moins heureux maintenant qu'avant. Perpétuellement j'ai peur d'avoir un geste de trop pour l'un ou pour l'autre et de provoquer une dispute entre vous, je crains de vous blesser le jour où j'irai chercher ailleurs mon plaisir alors je ne bouge pas mais ça ne pourra pas durer éternellement. Votre possessivité m'effraye parce qu'elle ne s'appuie pas sur un sentiment d'amour. Et malgré tout, vous doutez de moi, tellement! Si j'avais voulu continuer mon aventure avec André, il ne demandait que ça, je n'aurais pas attendu votre présence dans ma vie. Je...

- Arrête, pti loup! arrête! Si nous sommes tellement possessifs c'est que nous savons que tu attends autre chose que nous ne te donnons pas et nous avons peur de te perdre. Je crois que Harry ne sais pas plus que moi ce qu'il éprouve réellement pour toi! Mais je te l'ai dit tantôt, il y a déjà un moment que nous savons que nous ne pouvons plus faire marche arrière. Quand tu n'es pas là nous sommes avec toi en pensées et tu nous manques.

Nous tenons beaucoup à toi, n'en doute pas.

- ...

- Viens Harry va nous attendre!

- Harry, vous attend déjà depuis un moment et il aurait préféré ne pas entendre certaines choses, fit-il en poussant un soupir en voyant deux regards étonnés se tourner vers lui.

Tu as raison sur certains points, mon loup, tu changes pour nous, mais à aucun moment nous ne t'avons demandé de faire ces efforts d'autant plus si tu ne le désires pas. Nous aimons Lauzun autant que Vassier. Ton arrivée modifie aussi bien des choses dans notre vie. Tu avais peu d'attaches donc changer ne dépendait que de toi. Après Jim viennent mes amis, ils sont mon univers et je l'ai partagé avec toi mais ça n'a pas suffit, dès que cette prophétie sera réalisée, si tu le désires, nous prendrons un peu nos distances avec eux pour te laisser plus d'espace. Nous avions envisagé, Jim et moi, une vie calme dans l'appartement de Cambridge mais nous sommes prêts éventuellement à remettre ça en cause pour vivre tout au moins une partie du temps avec toi d'ici la rentrée. Comment le solitaire que tu es envisage-t-il une vie avec deux autres adultes, deux adolescents et un bébé sous le même toit? Ce n'est pas à nous que cette vie en commun posera des problèmes... Notre possessivité ne s'appuie pas sur un sentiment d'amour? Tu sais que c'est faux, on ne pense pas à vivre avec quelqu'un et partager sa vie quotidienne si il n'y a pas un sentiment très fort. Tu nous mets la pression pour tout! Je n'avais pas encore admis que tu allais devenir directeur de Poudlard que déjà des dizaines de petites groupies bavaient sur le passage du merveilleux-trop beau-trop chou nouveau directeur. Quant à ce matin, j'ai été plus en colère de ne pas pouvoir partager l'émotion ressentie grâce à toi devant le visage de ma mère que de trouver André dans ton lit. Nous nous connaissons à peine et déjà nous en sommes aux projets. Tout va vite, trop vite! Il y a quatre semaines qui sont passées depuis notre première rencontre. Tu peux choisir ta manière de voir les choses, Pierre-François, mesurer le chemin fait en aussi peu de temps ou celui qui ne l'a pas été... Apparemment tu préfères ne voir que le côté négatif des choses!

Jim avait appuyé sa poitrine et contre le dos de son amour pendant qu'il parlait, il l'entourait de ses bras et essayait de modérer la rage qu'il sentait en lui, mais le ton montait et Harry lâchait la rancœur qu'il n'avait pas exprimée le matin. Pierre-François, aussi en colère que lui, lança à ses agneaux enlacés un regard glacial et commença à tourner les talons pour les planter là quand son regard accrocha au passage les saphirs qui brillaient d'un insolent éclat lumineux bleu vif au poignet de l'Elu. Ainsi, il n'avait jamais été aussi proche de lui que maintenant, aussi proche de l'amour... pierres soyez bénies pour cette indiscrétion! Il s'arrêta net et au contraire fit les deux pas qui le séparaient d'eux tout en posant Lily par terre, il les saisit dans ses bras, les serra contre lui et caressa doucement les deux nuques raidies. Harry fut le premier à pousser un soupir et à murmurer une excuse pour ses cris. Jim se laissa aller contre le sorcier soulagé de voir que l'orage était passé.

- Je suis désolé mes agneaux, fit-il d'une voix rauque, mais j'aurais certainement encore d'autres moments de doute et de découragement.

- Draco va nous attendre.

- Tu viens avec nous, pti loup?

- Je vous suis.

Harry lui lança un regard interrogatif avant de baisser les yeux sur les doigts qui frôlaient son poignet d'une caresse sensuelle. Pierre-François lâcha son avant-bras sans une parole.

- Il faudra que tu me parles plus en détails de ce bracelet, mon loup, murmura-t-il avant de passer un doigt sur celui qui ornait le bras du sorcier, frère de celui qu'il portait mais sans les pierres. Il m'apaise à chaque fois et il en fait de même avec toi, je le sens, comme si notre bon côté devait prendre le dessus.

- Quand tu le verras, je répondrai à ta question. fit-il énigmatique.

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Ils se faufilèrent dans la chambre de Harry pour se changer. Les deux fiancés fouillaient l'armoire pour trouver de quoi s'habiller en harmonie... Le sorcier souriait en les entendant discuter tout en jouant avec Lily, il avait le cœur tellement plus léger depuis leurs explications.

- Vous allez mettre longtemps encore? Draco sera dans la salle dans vingt minutes.

- Tu as mis quoi pti loup?

Le sorcier déboutonna sa robe, l'enleva et apparut en chemise et jean's noirs. Les garçons filèrent dans la salle de bain pour réapparaître quelques minutes plus tard avec chemise blanche portée manches retroussées et ouverte sur un tee shirt moulant de même couleur, le tout au dessus d'un jean's noir délavé. Le sorcier les regarda sans mot dire pensant qu'ils n'avaient pas intérêt à tomber la chemise.

La salle commune de la septième bis était bondée quand ils arrivèrent. Un silence relatif se fit quand le futur directeur entra puis le brouhaha reprit. Ils se dirigèrent de suite vers la table qui devait servir de bar improvisé et qui semblait à l'abandon.

- Où est Seamus qui devait s'occuper d'arranger un bar?

- Je l'ai vu disparaître avec Lavande, l'informa Neville en rougissant.

- Mais c'est pas vrai! il a bien choisi son moment! râla Harry.

- Calme-toi... Je vais m'en occuper! fit Pierre-François en lui adressant un sourire complice.

- Mais...

- Toi, donne un petit air de fête à cet endroit...

En quelques coups de baguette, les décorations prévues furent installées, les elfes de maison apportèrent les plats variés d'un buffet et un énorme gâteau.

- Tu m'avais bien dit un pot est prévu... »... se moquait tendrement le sorcier tout en disposant les verres fournis par la cuisine.

- Il faut bien qu'on mange... et le sport ça creuse!

- Tu as toujours faim Amour, répliqua Jim.

- Si vous êtes deux contre moi, soupira Harry.

- Ce n'est pas le cas mais on peut arranger ça, fit, avec un air taquin, Pierre-François en l'attirant contre son corps et en tendant la main vers Jim qui s'appuya sur Harry, celui-ci se retrouvant serré entre les deux blonds qui le narguaient.

- Me cherche pas, mon loup, autrement tu vas très vite le regretter, menaça Harry à voix basse.

Seul un sourire railleur lui répondit. Le Survivant pensa alors que ce n'était peut-être pas la meilleure idée qu'ils avaient eue de le provoquer comme ils l'avaient fait à Toulouse, cela semblait lui donner des idées de vengeance et il se sentit soulagé lorsqu'il retrouva un peu plus d'espace vital.

- Harry, ils arrivent! prévint Neville.

Ernie fit démarrer la musique et la salle retentit du "Happy Birthday" traditionnel. Le prince des serpentards entra sous les applaudissements. Il se dirigea vers les deux fiancés enlacés, notant au passage la présence à leurs côtés de Pierre-François. Après un sortilège d'amplification de la voix, il se lança dans un petit discours de remerciements avant d'inviter tout le monde à profiter de la fête organisée. Les trois complices servirent les boissons, jusqu'à ce qu'un Seamus légèrement débraillé vienne les relayer, un air un peu honteux sur le visage. Harry le foudroya au passage tandis que Jim et Pierre-François avaient du mal à retenir leurs rires. Le fautif lança un regard inquiet au directeur qui lui fit un clin d'œil moqueur avant de lui laisser sa place et d'aller récupérer Lily qu'il avait confiée à Luna. Il la fit manger. Une jeune fille blonde avec de longs cheveux bouclés aidait maintenant Seamus, certainement la Lavande en question. Il alla donc retrouver le trio installé dans un des petits îlots de fauteuils et s'assit avec eux. Lily, blottie contre lui, luttait pour ne pas s'endormir dans ses bras, le pouce en bouche.

- Papa?

- Oui ma puce?

- Veux tonton Harry!

- Il est occupé chérie, il va venir après!

- Il a crié tantôt...

- Je sais, soupira son père. Tu as eu peur?

- Non! Veux tonton Harry!

- Je suis là, ma poupée! fit le tonton en se laissant tomber sur le fauteuil et en lui tendant les bras.

Quelques minutes plus tard, l'enfant dormait blottie dans ses bras.

- Où est Jim?

- Aux dernières nouvelles, il nous prenait à manger mais il y avait du monde au buffet.

- Tu le laisses seul avec un Dean en liberté? Si il a les deux mains occupées par les assiettes, il fait comment pour défendre ses fesses? ironisa Pierre-François.

Harry leva les yeux au ciel, étendit la petite dans un fauteuil et partit à la recherche de son fiancé avec le rire moqueur du sorcier dans les oreilles. Ils revinrent quelques minutes plus tard, Harry tendit une assiette et un verre de vin à Pierre-François, avant de s'installer devant la sienne copieusement remplie.

Draco examinait surpris cette fête d'après match qui lui paraissait bien étrange. Lors des précédentes, la musique incitait à la danse, là elle était un simple bruit de fond, petit à petit la salle commune se vidait au lieu de se remplir et ceux qui restaient mangeaient ou discutaient calmement. C'était ça sa soirée d'anniversaire? il avait envie de s'éclater... de sentir le sang pulser dans ses artères, de s'épuiser sur des rythmes latinos et finir la nuit en s'exténuant dans la jouissance avec ses amours. Il surprit le regard moqueur de son meilleur ami posé sur lui. Où était donc la surprise qu'il pressentait et que lui promettait ce coup d'œil? Il sentit l'impatience et l'excitation monter en lui! Harry blotti dans les bras de Jim le narguait ouvertement et Pierre-François les couvait des yeux avec tendresse. Ils se levèrent, parlèrent à voix basse avec leur loup qui prit Lily dans ses bras. Tous les trois leur adressèrent un sourire avant de sortir sans un mot. De plus en plus bizarre... Il se tourna vers son homme et plongea dans son esprit.

- Moi aussi je t'aime, Sy, soupira-t-il.

- Et si tu te laissais faire tout simplement? D'ailleurs il n'y en a plus pour bien longtemps avant d'y aller, fit Hermione.

- Tu fais partie du complot aussi, Mia ma douce...

- Eh, oui, moi aussi! même si c'est une idée de ces fous qui viennent de partir.

- Oh oh! intéressant! fit Draco qui se demanda ce que pouvait bien produire les trois ensemble.

Ils avaient transplané à Astor's Lodge et couché la petite fille. Harry avait été chercher Teddy au manoir Malefoy pour que Lucius et Narcissa puissent se joindre à la fête, il dormait maintenant dans sa chambre. Valis et sa femme Balta veilleraient sur leur nuit sans les quitter. Ils atterrirent peu de temps après dans la ruelle derrière la discothèque avec Violaine, Jareth, Jimmy et Joshua.

oOoOoOoOoOo

Quatre portiers filtraient les entrées, deux s'occupaient des clients habituels, deux des invités de la soirée privée qu'organisait ce soir là le propriétaire. Dès que le mot de passe était murmuré, ils conduisaient ceux-là en sous-sol, là après avoir fourni un second mot de passe, ils étaient enfin introduits dans le saint des saints par deux jeunes filles en uniforme sexy inspiré vaguement de celui de serpentard, mini-jupe taille basse plissée noire, un chemisier blanc largement ouvert sur le haut d'une poitrine généreuse et noué sur le ventre laissant une partie de celui-ci nu mettant en évidence un percing représentant un serpent vert, cravate vert et argent lâchement nouée. Jim lança un coup d'œil appréciateur sur leur plastique ce qui lui valu une tape sèche à l'arrière du crâne. Il lança un regard amusé à son amour qui le rappelait à l'ordre sous l'œil goguenard de Pierre-François.

Ils entrèrent dans un espace aussi grand que celui du rez-de-chaussée. Entièrement décoré en vert en argent, il reproduisait très bien le concept des célèbres cachots poudlardiens. Des serpents faits de lumière argentée couraient sur des murs de pierre foncée, brute et brillante d'où émanait une glauque lueur verte, Pierre-François, par un sort d'illusion, avait reproduit sur la voûte la faune du lac comme si elle évoluait au dessus d'eux, on y voyait le calamar géant, les strangulots, les sirènes batifoler en eaux troubles... Un sol noir brillant, des lampes et des fauteuils verts complétaient l'atmosphère de ces sombres cachots serpentard quelque peu psychédéliques. Des filles dans la même tenue sexy que celles de l'entrée se promenaient parmi la trentaine d'invités déjà arrivés avec les boissons commandées.

- Je n'avais jamais vu les filles de serpentard sous ce jour, lâcha Jimmy. Quand tu y étais, elles étaient comme ça Pierre-François?

- Je dois t'avouer que je regardais plutôt les garçons, mais je crois que si elles avaient eu le même charme j' aurais eu moins de succès avec ceux de ma maison.

- Tu es sorti avec des serpentards pendant tes années à Poudlard?

- Pas que des serpents, mon petit lion... Je n'ai jamais fait de fixation sur le vert.

- Mais Severus ne m'a pas parlé de ça!

- Il ne devait pas penser que ça t'intéresserait. C'est le passé, fit le sorcier en haussant les épaules.

Ils se mêlèrent aux invités pour les saluer puis Pierre-François saisit ses agneaux par la taille et les conduisit vers un coin un peu reculé ou des fauteuils formant un grand angle droit permettaient d'accueillir au moins quinze personnes. Il avait aménagé cet endroit en pensant au groupe habituel gravitant autour de son Elu. Il les découvrait tellement différents. Jim qu'il aimait chaque jour davantage était sensible, posé, réservé, attentionné, profondément aimant, ils partageaient la même complicité et la même indulgence quant à Harry. Il adorait découvrir son Survivant plein de petits défauts, gourmand, possessif, autoritaire, colérique... il savait que l'altercation de tantôt ne serait pas la dernière. Il était impulsif et prenait souvent ses décisions sur un coup de tête, il n'aimait pas ce qui traînait, vite et bien aurait pu être sa devise, ce serait loin de plaire au griffon tout comme le fait qu'il ne reste jamais en place. Justement, il les laissa pour aller donner les derniers ordres avant l'arrivée des élèves de la septième bis, inutile qu'ils sachent que le propriétaire de "L'Aigle Noir" et le directeur Vassier ne faisaient qu'un.

Une jeune fille vint prendre leur demande de boissons, que Jim s'amusa à suivre des yeux avec un air gourmand pour voir son amour réagir au quart de tour. Harry comprit la manœuvre, se mit à rire en l'attirant contre lui.

- Envie que je m'occupe de toi, mon cœur?

Il caressa doucement son visage puis sa nuque et l'attira à lui pour un baiser d'abord doux puis passionné, ils restèrent enlacés savourant la présence de l'autre. Quand Pierre-François revint plus tard un sourire moqueur aux lèvres, il était évident qu'il jubilait.

- Tout est prêt il ne manque plus que l'invité d'honneur. Le spectacle débutera dès que tout le monde sera arrivé. Je vais chercher à boire!

- Pierre-François!

- Oui?

- Tu vas jouer les courants d'air toute la soirée?

- ...

- ...

- Je tiens à ce que tout soit parfait et si je n'y veille pas moi-même... J'arrive dans un instant!

En effet, quelques minutes plus tard il s'asseyait près d'eux avec des boissons. Jimmy voyait avec étonnement la place indéfinie que tenait dans la vie de ses amis, ce personnage difficile à saisir qu'était le nouveau directeur de Poudlard. Harry et Jim regardaient la salle se remplir. Enfin Erwin, Neville et Luna vinrent s'asseoir à leurs côtés. Tous les élèves de la septième bis et certains septième ainsi que Cloud étaient arrivés entourés par Fleur, Bill et Charlie. Enfin salué par des applaudissements, le héros du jour arriva, accompagné de Mia et de Sylas. Ils vinrent s'asseoir aux côtés de leurs amis. Dire que Draco était stupéfait serait très inférieur à ce qu'il éprouvait. Il attendait une surprise, elle était de taille, les cachots de Poudlard en version discothèque, c'était dingue mais il adorait! La jeune fille qui vint leur demander ce qu'ils buvaient ne semblait pas le rebuter non plus. Un jeune homme brun aux traits fins et aux grands yeux de miel, au look excentrique, au physique très androgyne et jouant manifestement de cette ambivalence, s'approcha d'eux.

- Pierre-François, je peux commencer? demanda-t-il après avoir salué Jimmy et lancé un coup d'œil curieux sur Harry et Jim.

- Oui tu peux y aller. Il s'appelle Kevin, il est le disc-jockey que j'emploie quand il y a un évènement particulier, expliqua-t-il.

Quelques minutes plus tard, une musique envoûtante remplaça la musique de fond et le DJ transformé en présentateur pour l'occasion apparut micro en main au milieu d'un cercle lumineux argenté. C'est à ce moment qu'ils se rendirent compte que l'éclairage avait baissé et qu'ils étaient dans la pénombre.

- Ce que vous allez voir maintenant est un spectacle unique, certains parmi vous les connaissent, d'autres en ont entendu parler, les derniers vont les découvrir aujourd'hui mais je suis sûr que nul ne les oubliera plus car elles sont uniques. Mesdames tenez vos maris. Messieurs rappelez vous que si vous entrez dans le cercle de lumière vous leur serez enchaînés à tout jamais! Je vous présente les vélanes de Sofia.

Le cercle de lumière s'élargit et révéla six superbes créatures vêtues de robes aériennes à genoux, leurs longs cheveux d'or blanc ondulaient alors qu'il n'y avait pas le moindre vent, leur peau diaphane semblait scintiller sous les rayons d'une lune par nuit de beau temps. La musique s'amplifia, langoureuse, envoûtante et avec une grâce féline, elles se mirent à onduler puis à danser tous les gestes empreints d'une sensualité infinie, d'une grâce à nulle autre pareille... et le sortilège doucement se mit à opérer.

Pierre-François qui s'attendait à des réactions de la part de ses agneaux s'était placé entre eux, les avait attirés contre lui et ceinturait chacun d'un bras. Jim avait été un peu étonné mais lui avait fait confiance. Si Harry eut envie de bouger, il se maîtrisa parfaitement, pour le faire comprendre à son loup, il se laissa aller contre ce dernier qui desserra sa prise et profita de l'occasion pour se familiariser avec son odeur, pour caresser ses cheveux de sa joue... Harry appréciait le spectacle des vélanes, mais n'en ressentait pas moins l'attention sensuelle dont il était l'objet de la part de Pierre-François mais il ne dit rien.

Si les sorciers connaissaient tous au moins de réputation les vélanes, il n'en était pas de même des moldus et Jim, après l'effet de surprise, était maintenant sous l'emprise de leur attraction, le sorcier avait fort à faire pour l'empêcher de rejoindre le cercle où évoluait les créatures. Il essayait de le faire discrètement pour ne pas éveiller la jalousie irrationnelle de Harry et fut soulagé quand le rond lumineux diminua pour ne plus laisser apparaître que le jeune présentateur. Un groupe originaire de Toulouse et très à la mode dans le monde moldu succéda aux vélanes, pour un mini concert. Zebda interpréta sa version du "Chant des partisans", "Le bruit et l'odeur" puis "L'essence ordinaire" avant de terminer par "Tomber la chemise" qui promettait de devenir le tube de l'été (1) et que le chanteur fit reprendre en cœur par le peu nombreux mais motivé public.

Pour la troisième fois, le cercle de lumière se rétrécit, le DJ souhaita un joyeux anniversaire à Draco et annonça qu'ils allaient maintenant les faire danser jusqu'aux première lueurs du matin. L'éclairage augmenta légèrement d'intensité et les filles se mirent à nouveau à circuler parmi les invités pour leur servir des boissons.

- Je ne sais comment vous remercier tous les trois de cette soirée! Vous avez fait des folies mais je dois avouer que c'est une expérience unique!

- Remercie Pierre-François, c'est à lui que tu dois tout ça. répondit Harry.

- Ne le crois pas, ils m'ont aidé et tous les choix ont été faits à trois même si nous n'avions pas tout expliqué à Jim au sujet des vélanes!

- ...

- Elles ont un pouvoir d'attraction auquel les hommes ne résistent que difficilement, expliqua Hermione à Jim. Quand nous avons assisté à la coupe du monde de quidditch avec Ron, elles étaient les mascottes de l'équipe bulgare, si je les avais laissé faire ils auraient été les rejoindre sur le terrain. Leur chant comme celui des sirènes est irrésistible et asservit les hommes.

- Et quand Ron n'a pu se retenir et a demandé à Fleur de l'accompagner au bal de Noël, tu te rappelles?

- Je ne risque pas de l'oublier, après il m'a accusée de pactiser avec l'ennemi parce que j'y ai été avec Viktor Krum.

- Il était déjà jaloux, fit Harry en haussant les épaules.

- Assez parlé! maintenant il est temps de mettre le feu jusqu'à l'aube! Vous venez mes agneaux? fit-il en les entraînant vers la piste.

Les moldus ainsi que les quelques adultes sorciers présents s'étaient groupés d'un côté et les élèves de Poudlard de l'autre. Certains jeunes sorciers n'avaient jamais été en monde moldu, encore moins dans ses discothèques et ils n'osaient pas bouger. Ils virent arriver sur la piste le groupe du survivant avec soulagement, même si apercevoir Harry et Jim serrés contre le futur directeur en tenue moldue en stupéfia plus d'un. Une fois de plus Harry se déhanchait en rythme, se laissait emporter par la musique et le plaisir de la danse oubliant tout ce qui l'entourait, oubliant les soucis et la bataille imminente, les aspics et les examens de Jim, les décisions à prendre et un trop séduisant sorcier blond qui lui n'avait pas envie d'être occulté. Quand les premières mesures d'une musique latino se firent entendre, il ne fut pas surpris de sentir la prise ferme de ce dernier sur sa taille, il commença à le guider, tandis que la main de son amour serré tout contre son dos se posait sur son ventre. Tous les trois dansèrent ainsi perdus dans leur monde pendant un long moment.

Quand le rythme changea pour un slow, Pierre-François eut la surprise de se retrouver dans les bras de Dean tandis que Harry et Jim continuaient à danser ensemble. Il prit congé de son danseur dès la fin du morceau et s'éloigna.

La série de slows finissait, Harry s'était empli de la présence douce et sensuelle de son fiancé. De sa main posée sur la nuque de Jim, il attira celui-ci pour un baiser tendre puis pour des mots d'amour fou murmurés contre son oreille. Le rythme changea et main dans la main, les deux jeunes gens dansaient en parfaite symbiose. Toutefois, manifestement ils cherchaient du regard quelque chose ou quelqu'un. C'est Jim qui le premier vit leur loup dans la cabine du DJ située un peu en hauteur par rapport à la piste, Kevin se collait à lui sans aucune retenue.

Harry suivit le regard de Jim, aperçut Pierre-François et sa sangsue, il détourna rapidement les yeux mais non sans voir le défi sur le visage du DJ. Il soupira et décida d'ignorer la situation. Il avait trente cinq ans, à lui de savoir ce qu'il faisait et surtout ce qu'il voulait. Il fit non de la tête à Jim qui haussa les épaules et ils continuèrent à danser. Pierre-François avait suivi tous les regards entre eux, toutes les expressions sur les visages aimés... Ils le laissaient prendre sa décision, cette fois ils ne viendraient pas le chercher. Il repoussa Kevin.

- Que fais-tu?

- Ils m'attendent.

- Ils sont bien! Comme nous sommes bien tous les deux.

- Nous sommes sortis ensemble à plusieurs reprises, nous avons baisés et c'était bien mais il n'a jamais été question de sentiments entre nous. Parfois nous restons sans nous voir des semaines et tu ne me manques pas, si je ne les vois pas pendant deux jours, ça me rend fou.

- Ils ne t'aiment pas!

- Plus que tu ne le crois... Je suis désolé!

- Tout le monde est au courant de ta folie pour eux! Tu vas devenir la risée de tous!

- Dis plutôt que je vais faire l'envie de tous! ironisa-t-il. Mais ce n'est pas l'intérêt! Je rentre en Angleterre créer une vraie famille avec eux et c'est la plus belle des choses.

Harry vit Pierre-François s'approcher de sa démarche élégante, le sourire aux lèvres, sûr de lui. Une fois de plus il l'admira d'être devenu, malgré son passé, cet homme à la fois fier, fort et sensible. Il les prit contre lui et les serra, poussant un soupir de satisfaction en retrouvant leur odeur et la chaleur de leurs corps découverts précédemment dans la danse. Doucement, brièvement, il posa sa bouche sur celle de Harry puis sur celle de Jim pour un baiser qui était non pas l'expression d'une envie charnelle mais une promesse, un engagement.

Jim avait posé sa tête dans le creux de son cou et Harry caressait doucement son bras du coude à l'arrondi de l'épaule. Pierre-François s'aperçut qu'ils étaient le centre d'intérêt des danseurs les plus proches, le trio s'était même arrêté pour les regarder.

- Allons boire quelque chose avant d'être le point de mire de tous.

Et les deux malheureux agneaux suivirent le vilain grand méchant loup au plus profond des mystérieux cachots serpentards...

Draco et Mia les regardaient interloqués, Sylas eut un sourire tendre et moqueur vers ses amours qui n'avaient pas suivi les échanges, un coup d'œil compatissant aussi vers l'exentrique jeune homme qui avait présenté la soirée et qui les regardait s'éloigner les mains de Pierre-François posées sur la taille des plus jeunes. Lorsqu'il rompit la série pour passer un slow qui devait avoir une signification bien précise, il devina une dernière tentative pour rappeler à lui le sorcier blond.

La situation entre les fiancés et leur prédateur le perturbait énormément, car si Draco n'avait pas fait abstraction de sa jalousie, il serait toujours comme Pierre-François en attente d'un signe, d'un sourire, d'un geste tendre et ça il n'aurait voulu le revivre pour rien au monde. Pierre-François voyait peut-être les choses différemment, il n'hésitait pas à s'imposer dans la vie de ses agneaux, ceux-ci l'acceptaient tout en sachant son amour et tout étant prêts à lui donner seulement ce qu'ils voulaient. Combien de temps cela irait-il ainsi? Les trois s'aimaient trop pour que ce soit longtemps.

Il chassa ces pensées tristes pour revenir à ses amours. Il les enlaça, Dray, son âme sœur de plus en plus proche, de plus en plus chéri, sa mie et son petit ventre qui semblait toujours plat mais dont le corps s'arrondissait jour après jour sous leurs mains qui en connaissaient chaque courbe... Il savait, il sentait l'impatience de Draco qui attendait de savoir si Mia portait leurs enfants à tous les deux. Pourtant il savait que si il n'y en avait qu'un, il n'y aurait ni rancœur ni jalousie, ils étaient devenus tellement proches. Pour son mari, c'était plutôt partager ensemble les mêmes choses, les vivre parallèlement qui était séduisant.

Il leur avait fallu un certain temps pour arriver à l'harmonie présente et l'avenir leur faisait un peu peur. Pierre-François, encore lui, l'avait éclairé d'un jour nouveau. Peut-être pourraient-ils finalement devenir dans un premier temps médicomages lorsque tout serait fini, mais cela finirait-il un jour? Après un mégalomane, un second, un troisième... les apprentis maîtres du monde cesseraient-ils un jour de vouloir l'asservir?

- Tu rêves mon amour?

- Je pensais à notre avenir tendre ami.

- Tu es sûr que c'est le bon moment pour te poser des questions existentielles?

- C'est que tu deviens très âgé, chéri, il est temps d'organiser notre vieillesse!

Draco sourit tendrement de la boutade de son homme.

- Il est tout tracé notre avenir, vivre heureux ensemble avec notre équipe de quidditch.

- C'est bien comme ça que je le vois aussi, fit Sylas. Et toi ma mie?

- Je suis déjà heureuse entre vous deux, je veux seulement que ça continue...

oOoOoOoOoOo

Harry se réveilla en ayant l'impression de s'être couché quelques minutes auparavant. Il essaya de bouger mais Jim le serrait dans ses bras et ne comptait pas le laisser s'en aller si facilement. Il caressa doucement son visage du revers de la main, il ne se lassait pas de le découvrir chaque matin à ses côtés.

- Harry tu ne vas pas déjà te lever? fit-il mécontent d'être dérangé.

- Ce n'est pas de gaîté de cœur. Je ne sais pas si quelqu'un est réveillé pour les petits. Je voulais aller voir!

- Mais ce ne sont pas les nôtres, ils ont des parents! On n'a dormi que quelques heures hier, après je dois étudier, il faut que je sois reposé pour ça et pour passer demain mes examens encore plus! Le trio est là et Pierre-François aussi!

- Je sais mon amour, je sais que tu n'as pas assez récupéré ces jours-ci. Je suppose qu'il n'y a pas de problème, soupira-t-il avant de se blottir à nouveau contre lui.

Il était presque quinze heures quand ils descendirent dans la cuisine déserte. Jim fit du café pendant que Harry cherchait les autres habitants de la maison. Il découvrit le trio et Erwin en train d'étudier dans le bureau. Hermione lui tendit un petit billet sans un mot avant de se replonger dans son livre d'histoire de la magie. Une fois dans la cuisine il lut la petite note avec Jim. Pierre-François avait profité de la sieste de Lily pour transplaner à "L'Aigle Noir" et s'occuper de remettre en ordre les changements et dégâts éventuels occasionnés par la fête. Il avait pris Cloud avec lui et reviendrait le plus vite possible.

Harry fit entendre un petit borborygme agacé avant de monter chercher le portable qu'il régla sur la fréquences voulue, aussitôt le petit point représentant leur ami s'afficha, il était toujours à la discothèque. Il continuait à vivre comme si rien ne les menaçait et Harry se sentait un tantinet agacé! Deux heures plus tard, il venait les chercher ainsi que sa fille pour terminer leur week-end à Paris.

Le majordome et le chef avaient repris leur travail et devaient s'accommoder de quatre personnes et une enfant au lieu de François-Marie seul. Cela ne semblait pas les contrarier outre mesure d'avoir un peu d'animation dans l'appartement. Après un délicieux dîner, la soirée les vit, dans le bureau, plongés dans leurs cours. Jim était absorbé par l'économie politique et Pierre-François faisait travailler à Harry ses sortilèges d'apparition du cours de métamorphose, niveau des A.S.P.I.C. Cloud était resté dans le living devant le poste de télévision. Une soirée calme et paisible comme tous les trois en désiraient parfois.

Le lendemain en se levant, ils réalisèrent mieux la façon de vivre de Pierre-François. Attiré par l'odeur des scones qui cuisaient pour le thé, Harry découvrit la table dressée par le majordome dans la salle à manger pour un petit déjeuner anglais très complet. Il pensa qu'il pourrait très bien devenir du matin si c'était comme ça chaque jour. Ils déjeunèrent ensemble puis Harry transplana devant Poudlard avec Cloud qui n'avait pas encore son permis et Pierre-François déposa Jim à Cambridge avant d'aller voir un client en Sologne chez qui il avait promis de faire un devis pour l'aménagement d'un ancien pavillon de chasse. Jim avait décidé d'étudier à la bibliothèque universitaire pour ne pas obliger Harry à quitter Poudlard au milieu des cours, c'est donc seulement en fin de journée que ce dernier revit sa moitié. Il trouva celui-ci en compagnie de deux filles discutant des sujets possibles du lendemain. Une fois de plus, l'une d'elles, qu'il reconnut pour être celle qui avait prêté ses notes la dernière fois, lui lança un regard moqueur. Ce n'était pas le premier depuis qu'il était arrivé et certains avaient été beaucoup moins discrets allant jusqu'à se retourner sur lui en riant. Il embrassa doucement Jim sur les lèvres.

- J'ai l'impression que ton arrivée avec Pierre-François n'est pas passée inaperçue!

- En effet, je suis désolé, Amour. Jamais, je n'avais pensé qu'ils supposeraient que je te trompais.

- Tu atterris devant le bureau du recteur dans les bras d'un très séduisant jeune homme à qui tu dis A ce soir pti loup », tu veux qu'on en pense quoi? fit la seconde fille. Si ce n'est que Spencer a encore changé d'amour.

Harry lança à la fille un regard noir avant de laisser tomber devant elle la Gazette des Sorciers dont la une était une très grande photo de Jim et lui échangeant leurs vœux.

- L'article est bien? demanda son homme.

- Dix huit pages consacrées à nos fiançailles ce n'est plus un article! C'est un roman ... fit-il avec humeur.

- Tu es le Sauveur...

- Je suis sûr que je vais trouver des tas de choses qui ne vont pas me plaire quand je vais lire plus avant soupira-t-il. Tu as fini?

- Oui! On y va!

Dès que les deux filles eurent fini de jeter un coup d'œil sur le journal, il le récupéra, prit Jim contre lui et transplana à Astor's Lodge. Ils trouvèrent les autres réunis autour de la table de la cuisine et absorbés dans la lecture d'un autre journal. Un troisième, "Le Chicaneur", attendait son tour.

- C'est le nouveau?

- Oui.

- Ils couvrent tes fiançailles mais d'une façon un peu particulière. fit Hermione avec une grimace.

- Il fallait s'y attendre.

- L'auteur a trempé sa plume dans du vitriol. constata Dray.

- Il fait ressortir que ton entourage n'est peut-être pas celui qu'il te faudrait... qu'après avoir réclamé l'héritage de serpentard tu ne t'entoures plus que de d'anciens serpentards proches de Voldemort ou de Grindelwald. Que de plus en plus il tend vers la magie noire! dit Sylas avec une grimace explicite.

- Pti loup avait dit que c'était le plus dangereux.

- Qu'est-ce que j'ai dit, mon agneau? fit Pierre-François qui sortait de la cheminée venant de Poudlard.

- Que le faire passer pour un futur mage noir c'était la pire des choses...

- Ah! vous avez lu le torchon de mon frère!

- En ce qui me concerne, pas encore! fit Harry.

- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose que tu le fasses! mais tu le feras de toute façon. fit-il avec tendresse.

- Il faut le savoir pour se défendre, nous avons nous aussi deux journaux dont nous pouvons nous servir.

- Toute la question est de savoir si il est préférable de se défendre ou pas.

- Que veux-tu dire?

- Peut-être est-il tout simplement préférable d'attaquer le journal en bloc en faisant ressortir que c'est un torchon créé par la Loge pour perturber la vie politique sorcière qui va vers une ouverture nécessaire au monde extérieur et pour te nuire, sans répondre à l'article.

- Mais pourquoi? fit Hermione.

- Parce qu'ils ont raison! Tout ce que tu pourras dire et faire ne pourra pas aller contre ça. Si vous répondez à l'article ce sera l'escalade, chaque familier de Harry sera jeté en pâture aux lecteurs et ils vont trouver ça très amusant, j'en suis sûr.

- Je vois que tu dis vous répondez », pas nous répondons »! continua Mione.

- En effet puisque je ne suis pas d'accord! Que ferez-vous quand ils vont détailler le parcours de Lucius, de Narcissa, de Draco, le mien... Quand ils vont ressortir les anciens articles de Skeeter sur Harry et sa soi-disant instabilité ou se servir de ton unique baiser avec Krum qui a été le champion de Durmstrang et qui maintenant y enseigne une magie loin d'être blanche.

- Mais il y a mes fiançailles avec Jim, ça ne cadre pas!

- Tout dépend comment on les présente! Mon frère te connait bien Harry, il sait où te faire mal! acheva-t-il tristement.

- Il parle de toi?

- Juste une allusion ou l'autre.

- Apparemment assez pour te blesser, mon loup.

- Pourquoi est-ce qu'il ne dit pas que tu es le propriétaire de "L'Aigle Noir"? demanda Hermione.

- Si il le faut je suppose qu'il y viendra mais salir mon nom c'est aussi salir le sien!

- Qu'est-ce qu'il attend d'après toi? poursuivit Harry.

- Je crois qu'il s'attend à une intervention du groupe masqué pour tenter de faire fermer le journal! il pourra alors prétendre que c'est toi, ce que beaucoup pensent déjà, et que tu as voulu les faire taire de la même façon que l'aurait fait un Voldemort... ou si tu préfères que tu agis en mage noir voulant la domination à tout prix.

- Il n'y a pas de solution n'est-ce pas?

- Non! Et il risque fort par ce biais d'avoir la collaboration d'Ombrage car ce journal, pour elle, c'est une aide inespérée. Pour une fois, il a bien préparé les choses.

- Espérons qu'elle sache qui est derrière.

- Je ne crois pas que ça la gêne si ça peut la faire avancer elle saisira l'occasion et se retournera contre la Loge après. analysa Sylas.

Harry s'était plongé dans la lecture du quotidien par-dessus l'épaule de Mione. Pierre-François sortit un second exemplaire réduit de sa poche et le lui tendit. Jim posa une tasse de café devant chacun. Le silence envahit la cuisine pour un bon moment. Le loup de son côté s'était plongé dans la lecture du Chicaneur. Harry avait donné à Neville l'exclusivité de certains moments la préparation du manoir, un essayage, quelques scènes des fiancés à Poudlard, à Cambridge, en privé au manoir... Le journal se démarquait donc de ses concurrents, on sentait dès le début de la lecture que c'était un journal ami.

Il savait que Lucius avait revu la copie des dix-huit pages de la Gazette avant la parution. Très mécontent de ce que ses contacts ne l'aient pas prévenu de l'essai de débauchage du personnel du journal, il leur avait fait comprendre qu'ils avaient là une unique façon de se racheter. Le nom de Malefoy inspirait parfois le respect, parfois la haine, parfois la méfiance mais toujours la crainte. L'éditorial était donc favorable à l'Elu même si il n'était pas dithyrambique.

Un léger reniflement attira son attention, des chuchotements de Jim l'alertèrent, il regarda son voisin et ses yeux verts trop brillants. Il posa la main sur le bracelet à son poignet et doucement Harry reprit son calme.

- Merci.

- Jamais tu ne les as reniés Harry! Ils seraient fiers de toi! Tu sais ton père était un peu arrogant mais c'était avec tout le monde. Ta mère était très amie avec Severus et c'est en partie pour ça que James ne le supportait pas, mais autrement ils n'avaient rien ni eux ni les maraudeurs contre les serpentards, par contre contre les mangemorts si. Comme je te l'ai dit mon frère sait très bien comment tu fonctionnes et sait aussi comment t'atteindre.

- Et comment sait-il tout ça? demanda Hermione.

- Mon frère est obsédé par Harry depuis qu'il a survécu à l'avada kedavra de Voldemort. Il connait ses points faibles, mais comme tout le monde beaucoup moins ses limites, heureusement... Il a cherché les moyens les plus sûrs de provoquer sa rancœur et si il a vu l'amour de Harry envers sa mère au vernissage, c'était tout simple. Il ne fallait pas être grand stratège pour savoir que ça le blesserait. Il n'a glissé que quelques allusions à mon sujet et toutes m'ont blessé alors qu'à d'autres elles paraîtraient de banales remarques mais il savait que toutes me rappelleraient un souvenir pénible ou honteux. Il est très fort pour ça.

- Toi aussi tu sais très bien où le frapper... fit Harry se rappelant sa discussion avec son frère et sa façon de le provoquer.

- Oui! admit Pierre-François avec un petit sourire en coin. Je le connais bien aussi! Malheureusement dans ce cas ci, ça ne sert pas à grand chose car on ne peut pas l'attaquer ouvertement.
Si tu lisais un peu ce que ton ami Neville a fait?
Jim, mon agneau, il y a encore du café?

- Je vais t'en faire.

- Vous rentrez à l'appartement ce soir?

- Si tu restais plutôt ici avec nous?

- Nous avions l'intention de faire venir des pizzas fit Hermione d'un air gourmand.

- Des pizzas? fit Pierre-François incrédule.

Draco et Sylas éclatèrent de rire en voyant l'expression horrifiée du sang-pur.

- Ce n'est pas toi qui vis en monde moldu depuis cinq ans? railla Dray.

- Il faudra que tu t'y fasses, ils adorent ça! Tes agneaux se régalent et Mia aussi. continua Sylas moqueur.

Le sorcier les regarda d'un air incertain, c'est l'attente qu'il vit sur les deux visages qui fut le déclencheur.

- Allons-y pour les pizzas! fit-il en pensant qu'il n'en mourrait pas.

Il n'était pas au bout de ses peines car manger des pizzas c'était tout un cérémonial... Non seulement ça se mangeait plié en deux au dessus des tables basses du salon en regardant un film à la télévision mais avec des canettes de soda ou de bière! Heureusement Sylas avait eu pitié de lui et avait été lui chercher une bonne bouteille de vin. Après deux ou trois verres, il considéra l'aventure sous un jour plus favorable. Ils semblaient tous joyeux et même Lily semblait dans son élément, préférant à son morceau de pizza ceux des autres. Elle grimpait sur les genoux de son père ou de ses tontons et se faisait donner la becquée, bien entendu Teddy suivait l'exemple. C'est donc dans un joyeux tumulte que se déroula le repas. Quand Pierre-François enleva sa robe sorcière pour être plus à son aise et se retrouva en tee shirt et jeans, les jeunes échangèrent des regards complices.

Ils se plongèrent ensuite dans leurs cours. Le trio étudiait les runes anciennes, Jim préparait ses deux derniers examens du lendemain et Harry révisait son cours de potions avec son loup. Sylas les trouvait tous les trois très complices, trop peut-être... A la fin de la soirée, Pierre-François refusa de rester avec eux et rentra à Paris. Le serpentard se rappela les soirées qu'il passait trop proche d'Hermione et qui faisaient qu'il sortait ensuite chercher l'oubli de son désir dans d'autres bras. Manifestement ils avaient eu le même raisonnement que lui car ils échangèrent un regard soucieux et Harry alla chercher le portable sur lequel il chercha le petit point lumineux. Celui-ci apparut de suite.

- Il a laissé le tracker à l'appartement.

- Peut-être que finalement il n'est pas sorti?

- Non! il est dehors et sans qu'on puisse savoir où il est! le genre d'occasion que son frère attend. Par Merlin, je vais lui faire sa fête! fulmina Harry.

- Qui le surveille aujourd'hui?

Il n'eut même pas le temps de répondre que Liam et son collègue atterrissaient dans la cheminée. Ils étaient tous les deux blessés et tenaient à peine debout. Draco se précipita, avec l'aide de Sylas, il les étendit. Il commença par Liam qui avait l'air le plus touché.

- Ils ne voulaient pas nous tuer, juste nous blesser, raconta l'autre.

- Que s'est-il passé? fit Harry calmement.

- Ils étaient quatre avec des capes et des masques, Liam m'a dit qu'il n'y avait pas de problème. On les a donc laissé approcher, Vassier a fait la même chose. Ils se sont mis à deux sur lui et lui ont envoyé deux doloris en même temps, même si il est puissant, il ne pouvait pas faire grand chose, quand les effets se sont atténués, il a répliqué par un avada kedavra, un des deux est tombé, le second lui a lancé un expelliarmus, suivi d'un troisième doloris. Pendant ce temps les deux autres nous ont stupéfixés. Puis un des masques s'est un peu amusé mais sans vouloir nous blesser gravement plutôt pour nous impressionner je dirais. Les deux autres s'occupaient de Vassier beaucoup moins gentiment, quand ils ont transplané avec lui, il était ligoté et à moitié inconscient. En quelques instants, il a ramassé autant de doloris que moi dans toute ma carrière. Il a soufflé quelque chose à Liam mais je ne sais pas ce que c'est je crois l'avoir entendu parler de crapaud rose...

- Peux-tu mettre ce souvenir dans une pensine?

- Oui.

Quelques minutes plus tard, ils revoyaient la scène. Pierre-François parlait bien de crapaud rose. Harry et Jim appuyés l'un contre l'autre étaient pâles et bouleversés, voir Pierre-François se tordre de douleur les avaient remués au plus profond d'eux-mêmes.

- Ce sont donc les sbires d'Ombrage et ce qu'elle veut c'est certainement ne pas perdre sa fonction au mangenmagot. Où est sa baguette?

- Liam l'a ramassée.

- Merci.

Harry s'approcha de Dray pour voir l'état de l'auror. Il le vit lui administrer deux gouttes de somnifère, il ne fallait donc pas compter sur des renseignements de sa part avant au moins deux heures. Il se tourna vers Jim, il le serra contre lui et même si il avait la peur au ventre, il le rassura en caressant tendrement les boucles blondes.

- Sylas essaie de trouver Jareth, Jimmy et Erwin. Demande à Violaine de venir surveiller les deux blessés.

- Que veux-tu faire?

- Aller l'attendre au Square Grimmaud, mais peut-être ne sera-t-il pas seul.

- Il n'a plus de baguette, il ne peut pas transplaner, Harry, fit doucement Hermione.

- Il a un portoloin de secours qui l'amènera au quartier général et il fait assez de magie sans baguette que pour l'actionner sans problème.

- Pourquoi ne l'a-t-il pas activé avant?

- Il n'en a pas vraiment eu la possibilité au début et après il était maintenu. Qu'aurait-il fait, une fois arrivé, lui seul, sans baguette, avec deux sbires pendus à ses basques? Maintenant il sait que nous y serons. Pour le moment il va bien!

- Comment le sais-tu?

- Le bracelet, mon cœur!

Jim poussa un soupir de soulagement avant de se serrer contre lui. Draco et Sylas échangèrent un regard stupéfait. L'entente de ces deux là les étonnerait toujours, tout comme ce que savait Harry du monde sorcier.

- Quel bracelet? demanda Hermione.

- Un très vieux bracelet elfique qu'on ne trouve que dans certaines très anciennes maisons de sorciers qui ont eu en leur temps des relations privilégiées avec les Sindars, les elfes gris. Cela remonte donc très loin dans le temps. Pierre-François a le même bracelet mais sans pierre, les couleurs et la brillance des saphirs du mien le renseigne sur mon humeur, sur ma santé. Il a d'autres pouvoirs que je ne connais pas encore, il m'apaise souvent. Par contre si lui est faible ou blessé les pierres pâliront et se terniront. Seul lui et moi pouvons voir et sentir le bracelet, seul lui peut l'ouvrir. Si il s'ouvre seul, c'est qu'il ne sera plus. Vous êtes prêts?

Ils passèrent toute la nuit à attendre, Lucius vint remplacer Harry quand il conduisit Jim à Cambridge. Il lui avait fallu bien des arguments pour que son fiancé aille passer ses examens. Quand il alla le rechercher dans le courant de l'après midi, il n'avait pas plus de nouvelles.

oOoOoOoOoOo

Il essayait d'ouvrir les yeux. Il ne savait pas depuis combien de temps il était étendu là sur de la pierre froide. Pas un endroit de son corps qui ne souffrait. Ils n'avaient pas apprécié l'avada kedavra lancé sur l'un d'eux et si ils devaient apparemment le garder vivant, ce n'était manifestement pas dans le meilleur état possible. Il avait difficile de respirer, il avait certainement plusieurs côtes brisées. De sa langue, il tenta de mouiller ses lèvres qui lui faisaient mal, elles avaient un goût de sang séché. Il essaya de remuer ses mains, ses bras, ses jambes... Il était attaché et même si il n'avait aucune liberté de mouvements, quand il essayait de remuer le bras et la jambe droits, la douleur était telle qu'il les pensa cassés. Il renouait avec une vieille ennemie, la souffrance. Heureusement, il n'était pas enchaîné au mur, c'eût été nettement plus ardu.

Il n'était qu'une vulgaire marchandise d'échange. Un peu de pouvoir contre une vie humaine. Ils se contenteraient de le garder vivant le temps de la transaction. Il ne lui restait qu'à attendre qu'on vienne lui libérer les mains pour manger ou faire ses besoins pour activer le portoloin et retourner vers eux. Il imaginait déjà les yeux verts furieux et les yeux bleus inquiets qui se poseraient sur lui. Ils devaient être fous d'angoisse tous les deux. Il espérait que Harry avait envisagé qu'il risquait de ne pas revenir seul. Liam et son collègue lui avaient certainement fait leur rapport, mais que savaient-ils?

Sans le tracker, ils ne savaient rien faire, il pouvait être n'importe où. Par Merlin qu'il avait été stupide! Il avait voulu épargner à Harry le fait de l'imaginer dans d'autres bras, là il devait l'imaginer à moitié mort. Il fit le vide dans son esprit et se concentra sur le bracelet, peut-être cela marcherait-il et ainsi pourrait-il le rassurer?

oOoOoOoOoOo

Lucius avait reçu la proposition d'Ombrage une heure plus tôt. Ils étaient réunis autour de la table du quartier général de l'Ordre du Phénix devant quelques sandwichs. Ils n'osaient plus tourner la tête vers Harry et Jim de peur d'apercevoir leur regard hagard et leur visage fermé. Les coups d'œil fréquents de Harry à son poignet n'annonçaient rien de bon. Pierre-François avait disparu depuis plus de vingt quatre heures. Une nouvelle nuit de veille et d'angoisse s'annonçait.

Au matin, Kingsley, Arthur et Minerva viendraient discuter de la demande du crapaud. Il savait déjà quelle serait l'opinion de Harry, de Jim et certainement de ses enfants. Ils ne sacrifieraient pas le sorcier et Ombrage avec ce coup de maître deviendrait le prochain ministre de la magie. Les autres nominations n'auraient plus de sens avec elle au pouvoir.

Harry serra la main de Jim qui leva les yeux vers lui.

- Les pierres sont redevenues plus bleues et plus brillantes, murmura-t-il.

- Tu es sûr?

- Oui, il n'y a pas l'ombre d'un doute.

- Tu crois qu'il va mieux?

- Non! Je crois qu'il nous fait passer un message. Si ils l'ont attaché ou enchaîné, il ne peut pas activer le portoloin. Il faut attendre encore. Je suis sûr maintenant qu'il est conscient.

oOoOoOoOoOo

Il avait essayé de se libérer en prononçant diverses formules, il fallait bien admettre qu'ils l'avaient attaché de manière moldue. Il laissa retomber la tête en arrière, ça ne servait à rien de s'épuiser. Il lui fallait garder assez de force pour activer le portoloin. Il avait soif et chaud, il avait mal la tête... Il avait certainement de la fièvre, pourvu qu'il ne perde pas conscience ou c'en était fait de lui.

Il entendit crier et supplier, il n'était pas le seul prisonnier. Personne ne vint et la voix continua épisodiquement à pleurer et gémir. Après un temps qui lui parut interminable, la porte de sa geôle s'ouvrit sur deux sorciers à l'air peu engageant.

- Pete, surveille le bien pendant que je le détache pour manger et boire.

- Il n'a pas de baguette, il a les pieds attachés et il est dans un tel état qu'on se demande si il va tenir jusqu'à cet après-midi où ils doivent prêter les serments sorciers, alors dépêche toi.

- Les serments? Tu veux dire qu'ils ont accepté?

- Le Survivant semble tenir plus à son amant qu'au monde sorcier

- Quand il le récupérera dans cet état là, je ne suis pas sûr qu'il en veuille encore! railla le second en se penchant pour libérer les mains du prisonnier.

Celui-ci porta la main à sa gorge comme si il avait mal et, en une fraction de seconde, il n'était plus là!

oOoOoOoOoOo

Ils étaient arrivés tôt le matin avant leurs occupations respectives. Ils avaient écouté les faits retracés par Lucius et le marché d'Ombrage. Les discussions avaient été animées mais bizarrement Harry n'y avait pas participé il s'était contenté d'écouter les arguments des uns et des autres. Enfin ils s'étaient tournés vers lui demandant son arbitrage, lui le plus jeune du groupe, l'Elu, le Survivant ne serait pas une fois de plus le sauveur du monde sorcier, il refusait de le sacrifier.

- Je propose d'accepter mais de fixer le rendez-vous le plus tard possible. Nous allons demander à la Gazette et au Chicaneur de préparer un faux article annonçant la nomination d'Ombrage, elle y a certainement ses espions, ça la rassurera sur nos intentions. Il faut gagner du temps pour permettre à Pierre-François de rentrer.

- Harry, c'est utopique maintenant, si il avait été en mesure de le faire il serait là, fit Hermione de sa voix patiente.

- Tu ne connais ni sa puissance, ni sa force mentale, laissez-lui le temps. Jamais il ne restera passif à attendre l'échange, sachant ce que ça représente pour notre monde. A vous de tourner votre réponse de telle façon à vous engager à ratifier l'accord seulement en échange de Pierre-François vivant et non victime d'une manipulation quelconque du cerveau. Je me méfie de ce crapaud! C'est une sadique et elle me déteste. Si ils n'ont plus Pierre-François l'accord sera caduque.

- Bien! qui est contre cette suggestion? Bon! décision adoptée avec seulement trois voix contre, fit Lucius.

Harry grava dans sa mémoire les traits des personnes qui avaient voté contre Arthur, Kingsley et Minerva.

Au rez-de-chaussée l'attente avait repris. Ils étaient une fois de plus devant une tasse de café et des sandwichs, quand Harry sursauta en jetant un coup d'œil au bracelet, il se leva nerveusement, ses deux baguettes en main.

- Jim, reste derrière moi! Il doit avoir activé le portoloin. Lucius, il va avoir besoin de toi! Il est très faible!

Avant que ce dernier ait répondu, Pierre-François était devant eux couché sur le sol inconscient. Lucius se précipita pour l'examiner.

- Plusieurs côtes cassées, un bras et une jambe brisés, une épaule démise, toutes les séquelles des multiples doloris, une déshydratation importante et il ne doit rien avoir mangé non plus. Tu sais le monter dans une chambre?

- Oui.

Harry prononça le sort "mobilicorpus" et transporta lentement le corps inanimé jusqu'à une chambre du premier étage. Il s'assit dans un fauteuil au chevet du blessé attirant Jim sur ses genoux. Lucius mais aussi Draco s'affairaient autour du corps du grand sorcier. Pour la première fois, ils le voyaient sans défense. Au bout de deux heures, les membres étaient ressoudés, l'épaule remise, les côtes réparées, les ecchymoses et écorchures diverses soignées, ainsi que la lèvre fendue.

- Voilà soupira Lucius, je vais devoir le mettre en coma magique pour qu'il récupère des forces. Il est très faible. Il a beaucoup de fièvre à cause du manque de soins mais aussi à cause des séquelles des doloris.

- Il est en danger?

- Oui. Les prochains jours seront difficiles et déterminants. Je vais chercher la potion au manoir, il vous entend sûrement même si il n'arrive pas à vous répondre, incitez le à se battre!

- Tu crois qu'il ne veut pas se battre mais pourquoi... commença Harry avant de sentir une main qui remuait contre la sienne.

Harry ne termina pas sa phrase toute son attention rivée à cette main qui semblait vouloir parler. Il plaça son bracelet contre le sien sans savoir si ce serait d'une aide quelconque, le rassura, lui demanda de lutter puis laissa parler Jim au bord des larmes qui vint joindre sa main aux leurs. Lucius lui fit prendre les remèdes puis enfin plusieurs gouttes de la potion noire de sommeil. Il sortit pour aller au Chemin de Traverse à la Gazette puis au Chicaneur.

Une nouvelle attente commençait.

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(1). Tomber la chemise de Zebda fut bien entendu la chanson de l'été 1999.


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