Back again ;)
Draco retourna près des siens, abasourdi. Il transpirait la rage et la lassitude par tous les pores de sa peau. Il détestait l'idée qu'une quelconque personne puisse le percer un jour, infiltrer sa carapace pour le rendre vulnérable. Il en était malade. Il observa Narcissa descendre un peu après lui, avec une nonchalance dont elle seule était capable, dans ses bons jours. Elle adressa un regard entendu à son fils, empreint d'une satisfaction à peine voilée. C'est tout naturellement qu'elle se greffa aux bras de son mari, sans que celui-ci n'aie rien remarqué.
À présent, tout le monde était éveillé. Tous discutaient avec animation de la marche à suivre pour retrouver Hermione. Draco s'infiltra dans le cercle, presque indifférent. Il croisa le regard de Rogue, lui aussi fin dissimulateur puisque la lueur qu'il perçut s'éteignit aussitôt lorsque Lucius lui posa une question. Draco sentait le poids qui pesait sur ses épaules, et il savait que, quand celui-ci l'ensevelirait, son assurance flancherait sûrement. Bellatrix, fière dans sa folie, se plaça au centre du cercle en épiant les visages. Disons qu'elle aimait les bains de foule … Elle se livra à certaines imitations d'élèves de Poudlard, soulevant l'hilarité générale. Par la suite, son visage se transforma et gagna en fermeté.
- J'exige qu'on retrouve toutes ces saletés ! Et quand ce sera fait, je leur ferait cracher le morceau ! Et on aura Granger, pour la tuer !
Sa voix se modulait étrangement et prenait des intonations hystériques. Cette annonce fut accueillie par des sifflets enthousiastes et par des cris d'encouragement. L'inquiétude laissait place au conditionnement habituel.
« On aura Granger. Pour la tuer. »
Soudain, la femme se jeta à terre, provoquant l'écartement apeuré de quelques mangemorts, qui voyaient déjà leurs souvenirs défiler sous leurs yeux.
- Je le sens ! Je le sens !
Lucius, habitué aux brusques changements d'humeur de Bellatrix, ne se laissa pas impressionner. Il s'approcha de la femme et lui mit la main sur l'épaule, sans brusquerie. Il écarta une mèche de ses cheveux et lui murmura à l'oreille :
- Qu'est-ce que tu sens ?
Lestrange le regarda avec avidité, comme si elle voulait propager sa violence, ancrée au cœur. Elle posa par la suite ses yeux sur la main de Lucius et l'écarta sans ménagement. Un moustique. Un parasite. Plus rien n'avait de sens. Plus rien. Bellatrix se redressa pour s'adresser à la foule aux yeux gonflés, sagement domestiquée. Elle porta sa main sur son cœur, regarda les têtes aux yeux fuyants. Si elle n'avait pas été si bruyante précédemment, il aurait été aisé de la croire solennelle.
- Nous sommes orphelins. Je le sais. Je le sens. Le Seigneur des ténèbres. Le seigneur des ténèbres n'est plus que poussière !
Le ton était à présent plaintif, presque caricatural. Une enfant manquant d'amour et d'attention, ayant perdu son ancre …
Un mangemort plus téméraire que les autres osa réfuter cette thèse, en faisant un pas en avant. Il se garda bien de regarder Bellatrix dans les yeux, et fixa son oreille gauche.
- Comment le savez-vous ? Votre esprit vous l'a dicté ? Avez-vous des preuves ?
Bellatrix partit d'un de ces rires hystériques, propre aux hyènes et aux petites créatures des forêts. Elle examina l'homme. Petit. Chauve. À présent, il serait muet. La femme sortit sa baguette et la pointa vers la bouche de l'impertinent. Avant même qu'il n'aie pu réaliser ce qui lui arrivait, il avait perdu l'usage de la voix. Il la regardait à présent, incrédule, et tentait de parler, avec l'énergie d'un désespoir qui était amené à se prolonger. Vaines gesticulations des musques faciaux qui ne menaient à rien. Vaincu, il baissa la tête et alla se ranger derrière, pour éviter une exécution rapide.
Plus personne n'osa contester l'affirmation. D'ailleurs, celle-ci commençait même à germer dans les esprits. Des débuts de larmes perlaient au coin des yeux, des murmures incertains. Quelques-uns feignaient la profonde tristesse. Draco, au courant depuis des lustres, peaufinait une attitude désespérée en arquant les sourcils et en habillant ses yeux d'un éclat terne, crée de toutes pièces. Rogue, quant à lui, discutait à voix basse avec Lucius, qui jetait des coups d' oeil anxieux vers Lestrange. En son for intérieur, le père de Malefoy se réjouissait. Il se frottait d'avance les mains, et attendait une ascension fulgurante, un monde fait de pouvoir, d'autorité et d'obéissance. Des petits toutous asservis, prêts à tout pour se faire bien voir …
La comédie dura quelques temps, et les elfes de maison servirent des petits fours, en vue d'adoucir l'impensable. Draco avait très envie de retrouver la pensine et de leur montrer, en guise de preuve. Cela lui permettrait de gagner du temps et de déstabiliser Bellatrix. Néanmoins, il prendrait le risque de se compromettre, et ce serait la fin pour lui. Il ne voulait pas mourir avant d'avoir su le fin mot de l'histoire, avant d'avoir su qui il était. Il voulait simplement écarter le rideau de l'horreur pour entrevoir autre chose. Les mangemorts discutaient à nouveau, Bellatrix et Lucius semblaient donner des instructions pour la marche à suivre, « pour la volonté de leur Seigneur ». À présent, il semblait à Lucius qu'il serait aisé de justifier ses actes en brandissant l'argument Voldemort.
Draco contemplait tout ce petit monde de loin, comme étranger. Extérieur aux événements. Il n'était pas chez lui, et ne le serait jamais. Cet univers n'était rien d'autre qu'une prison aux barreaux rouillés, une cage à oiseaux couverte de fientes. Ridicule. Rogue s'avança prudemment vers le jeune homme, en ayant bien pris soin de montrer au préalable qu'il partait de la conversation en cours. Il feignit des gestes endeuillés, la démarche lourde, le pas incertain et les plis au front.
- Ils veulent que tu partes en éclaireur, en cobaye en somme. Cela pourrait être un avantage pour nous , nous pourrions parler à Dumbledore … Il faudrait seulement que tu fasses très attention à tous ceux qui veulent certainement ta peau, à tout prix … Ils veulent que tu rapportes ce que tu vois là-bas.
Interloqué, Draco regarda Rogue. Ainsi, il pouvait constater la piètre valeur qu'il avait aux yeux de son père … Apparemment, la possibilité de le sacrifier ne l'émouvait pas d'avantage. Pourtant, cela pourrait aussi être une bonne opportunité de revoir Hermione, du moins pour en savoir un peu plus. Il était certain que Weasley n'hésiterait pas à le tuer. Quant aux autres, ils lui cracheraient dessus, ni plus ni moins, y compris les professeurs. Il pourrait fausser les données, s'infiltrer à son aise, se dissimuler. Curieusement, Draco avait presque envie de se confronter à Weasley. Sans doute était-ce là une réaction purement masculine, en vue de lui prouver qu'il était digne d' Hermione.
Lucius, Bellatrix et leur horde de larbins commençaient d'ailleurs à avancer vers les deux hommes. Un troupeau de bêtes sauvages, conditionnées par leur habitat. Rogue poussa un soupir à peine perceptible, quoique très éloquent et donna une légère tape sur l'épaule du jeune homme avant de s'écarter.
Lucius s'avança vers son fils et lui effleura le bras. Piqûre désagréable qui fit tressaillir tout son corps. Bellatrix, veuve noire portant son nouveau deuil avec une gravité qui lui était propre, se tenait à leurs côtés. Elle mangeait un petit four, entre deux hoquets laissant passer des sanglots étouffés. Lucius toussota pour exiger un silence qui régnait déjà.
- Bien. Première mission pour mon fils fraîchement mangemort, mais aussi pour respecter le deuil de notre Seigneur. Nous aurons le temps de nous recueillir avant de poursuivre la lutte …
Draco décrocha à ce moment, et se perdit dans des pensées, dans un dégoût envahissant et omniprésent.
Dis plutôt que tu ne veux pas te mouiller. Tu es mort de peur, alors tu envoies ce que tu crois être ton fils docile. Ce que tu ne sais pas, c'est qu'à l'instar de Rogue, je flotte entre deux … Ne plus vous voir, ne plus vous entendre. Au moins, j'aurais la paix. Tant pis si je récolte la mort, tant pis si on me découvre et qu'on me torture.
- … Nous pourrons ainsi recueillir le maximum d'informations et les prendre par surprise. Ce sera un jeu d'enfant, bien sûr !
À la fin de ce discours écouté d'une oreille par Draco, tout le monde se mit à applaudir distraitement, comme s'il fallait d'emblée revenir au sujet de la mort du Maître des ténèbres.
Narcissa lança une oeillade éloquente à son fils, puis tourna les talons. Elle avait peur pour lui, mais elle savait que, quelle qu'en soit l'issue, celui-ci s'en sortirait. Lucius voulait s'entretenir avec son fils, et chassa les mangemorts du revers de la main. Seule Bellatrix resta avec eux.
- Comment est-ce que je vais faire pour les trouver ? Ils ont certainement mis des protections magiques pour qu'on ne puisse pas les repérer. Leur magie est puissante, et je suis seul. Je devrais me cacher, et si je me fais repérer, ce sera fini pour moi.
Lucius considéra froidement son fils.
- Tu es un Malefoy. Tu as tué des sang-de-bourbe. Tu es bien capable de faire ça … Et puis, de toute façon, les mangemorts sont tous passés par des situations difficiles. Nous pourrons les exterminer, nous aurons la possibilité de les avoir.
- J'accepte, à une seule condition.
Bellatrix haussa les sourcils, pencha la tête de côté et fit un sourire qui s'apparentait plutôt à une grimace. Elle prit la parole, presque en minaudant :
- Laquelle ?
- Je veux avoir Severus avec moi. Je ne veux pas y aller seul.
La lueur de la moquerie dansait à présent dans les yeux de Bellatrix et de Lucius.
- Tu as peur d'y aller seul ? Le petit Malefoy se dégonflerait-il ? Ne voudrait-il pas honorer ce à quoi il est destiné ?
Draco sentit le dégoût précédent s'intensifier, s'ancrer en lui avec une telle violence qu'il en eût presque envie de vomir. Ce ton doucereux, qu'il avait dû supporter toutes ces années, lui était plus qu' insupportable. Il se retint de ne pas sortir sa baguette ou, réaction plus primaire encore, de se jeter sur eux. Il savait pertinemment que ce serait peine perdue, que leur magie était bien plus puissante que la sienne. Ainsi, il prit les modulations d'une voix dure et déterminée.
- Bien sûr que non, je n'ai pas peur. Je voulais simplement savoir, c'est tout. Je vous ramènerais les informations. C'est juste que seul, ce sera certainement un peu plus fastidieux. Je vais y aller. Honorez bien le Seigneur pour moi.
Draco jeta un dernier regard à sa mère, qui hocha gravement la tête. Le jeune homme n'aspirait plus qu'à fuir. Il savait très bien que cette première tâche allait le compromettre, et que lui aussi risquait d'être activement recherché. Le fait que son père ait été capable de lui faire accomplir une tâche risquant de l'amener vers le néant le révulsait. Tout son corps, tout son âme niait Lucius en bloc. Paradoxalement, il l'admirait sans doute secrètement, dans quelques recoins sombres et peu explorés de l'esprit.
Le jeune homme transplana donc, et quitta l'espace anxiogène.
Fuir. Fuir. Il fallait fuir. Il ne savait que faire ni où aller. Ainsi, il laissa le hasard le mener, en faisant confiance à l'incertain.
Il se retrouva dans une allée étroite remplie de sorciers qui le bousculaient tout en l'insultant copieusement. En somme, une parfaite représentation de l'état actuel de ses pensées. Draco fit quelques pas en regardant autour de lui, alerte malgré la cohue. Quelques étals poussiéreux tenus par de vieilles sorcières édentées s'agglutinaient. Des tarentules couraient sans relâche sur les murs, pour disparaître au-dessus des toits ou s'engouffrer dans des cheminées fumantes. L'allée s'effaça peu à peu pour laisser entrevoir un espace circulaire plus ensoleillé. Quelques jeunes sorciers s'amusaient à mâcher des dragées en regardant leurs cheveux changer de couleur. La proximité désagréable laissait place à une certaine respiration. Malgré lui, Draco ne put s'empêcher de mépriser ces gens qui semblaient si insouciants, si heureux. Il ne savait que faire. Il ne savait même pas s'il allait revenir un jour vers les mangemorts. Il prendrait le risque d'être traqué pour protéger une femme, pour protéger un camp qui n'était même pas le sien et qui ne voudrait pas de lui. …
Peut-être pourrait-il se laisser mourir dans un coin, hanté par ses fantômes ? S'évaporer sans laisser de traces, sans revoir personne et garder les visages aimés en tête ? Solutions de lâche.
« Indigne d'un Malefoy »
Le visage d' Hermione s'imposa à lui. Son visage, les jours d'orage. Les questions silencieuses suspendues à ses lèvres le poursuivaient. Il se sentait coupable. De tout. Il l'avait protégée, torturée malgré lui, haïe. À présent, il ne pouvait pas se résoudre à ne plus la revoir.
Draco sortit le diamant et le soupesa pour le rouler ensuite entre ses doigts. Des visages inconnus se superposaient brièvement, laissant échapper quelques paroles indéfinissables. Leurs yeux plats fixaient le jeune homme. Aucune trace de familiarité, simplement des murs. Des murs de silence, des murs qui ne le concernaient pas. Le jeune homme espérait un indice, une quelconque piste à suivre pour se donner d'emblée à la colère de ses adversaires. Au bout de quelques instants, les anonymes furent chassés par un par un, laissant place à une sorte de cabane délabrée de l'extérieur, suitée au milieu d'un champ d'herbes hautes. Sans doute le nouveau quartier général des résistants …
Ce même quartier général, d'apparence insalubre, était en fait spacieux. L'intérieur était tapissé de coussins de couleurs fanées, un peu passées. Des meubles étaient disposés ça-et-là, désordonnés, et une table massive en merisier trônait au milieu. Au sol, des tabourets de bois étaient solidement arrimés. Quelques uns flottaient dans l'air, et tournoyaient quelquefois dans la pièce. Les murs étaient blanchâtres et comportaient de nombreuses coupures de la gazette. Des photos en noir et blanc et en couleur se côtoyaient : innombrables poignées de mains, personnages importants, visages souriants, rieurs ou abattus qui semblaient se battre pour une même cause. Quelques fleurs poussaient au plafond, à l'envers, et des plantes carnivores tentaient de s'emparer de quelques cuirs chevelus qui s'approchaient un peu trop près. Au fond de la pièce principale, derrière un rideau en tissu raccommodé, se trouvait une cheminée immense, aux flammes rougeâtres et légèrement violacées. De larges coussins étaient disposés, et quelques vingt personnes se trouvaient là. Draco se sentait presque coupable de l'intrusion forcée, même visuelle, dans un lieu où il serait chassé à coup sûr. Cette fois, les êtres étaient assis en rond, en tailleur. Draco reconnut Weasley et Lovegood, la tête posée contre son épaule. Il tressaillit. Il vit McGonagall, Dumbledore, Hagrid qui ne cessait de chasser les plantes carnivores qui menaçaient d'engloutir ses cheveux, et quelques autres élèves. Le visage de Weasley était changé, et l'effraya presque. Une détermination qui lui était propre semblait l'animer. Ses yeux s'ornaient de dureté, et la tristesse qui émanait de son être se décelait, à qui était un peu écorché. Certains semblaient discuter avec animation, le visage pétri d'inquiétude ou de confiance, et d'autres somnolaient, bercés par la douce chaleur qui semblait régner à l'intérieur.
Aucune trace de Granger. Sans doute l'avaient-ils placé en lieu sûr. Toujours est-il que la chaleur semblait venir aussi de leurs âmes, et non seulement de l'âtre. Fait inconnu, pour Draco qui avait toujours connu la mesquinerie et la soumission. Spectateur étranger, honteux même sans avoir été surpris. Dépité, il rangea le diamant. Il allait risquer de troubler cette attente pour servir les serpents.
Les mangemorts continuaient leur deuil-apéritif. Il était curieux de s'apercevoir que la parole d'une des mangemorts les plus influentes n'était plus remise en cause. Elle le sentait. Elle le sentait, alors, après tout, il ne pouvait s'agir que de la vérité. Le seul qui aurait encore pu contester avait à présent perdu sa langue, et il tâchait de se rendre le moins visible possible. Le moment d'attaquer était retardé, pour le plaisir de voir comment se débrouillerait le mangemort fraîchement débarqué, mais aussi pour faire durer les suppositions. Bellatrix avait maintenant des raisons d'exploiter la folie qui courait en elle et qui la poussait à tuer. Lucius se sentait important, grandiose. Il savait que son fils marchait sur ses traces et que sa cruauté ne ferait que croître avec les années. Bien sûr, pour le moment, il manquait peut-être d'assurance, et d'expérience … Mais cela viendrait. Le Seigneur des ténèbres lui-même avait débuté doucement, mais il avait vu loin. Très loin. Lucius se frotta les mains et observa sa femme, mondaine en discussion avec la mère de Lily. Lily, prostrée dans un coin, voyait les chances de son futur mariage avec Draco compromises. Elle se tordait les mains, partagée. Après tout, les décisions de Lucius n'étaient pas contestables. Néanmoins, Draco ne pouvait pas mourir, si jeune, promis à un si grand avenir … L'admiration aveugle que la fille vouait aux Malefoy se manifestait dans toute sa splendeur.
Après avoir pris une longue inspiration, Draco pensa à l'endroit du diamant, et décida de transplaner. Il se retrouva à une certaine distance de la cabane, ayant la possibilité de se frayer un chemin parmi les herbes hautes. L'angoisse commençait à le gagner. Il fallait l'admettre : il était terrorisé. Il savait plus que quiconque que le chagrin et la haine pouvaient conduire à des actes désespérés. À présent, Weasley et lui combattaient à armes égales. Cela le tuait de l'admettre, mais il en était ainsi. Draco observa le ciel d'un noir presque irréel, que de minces traînées grisâtres de nuages parvenaient à percer. Pas une étoile. Le jeune homme se jeta à plat ventre à terre, par mesure de précaution. Les herbes lui arrivaient en effet à la taille, et il serait aisé de le repérer, de toute façon. Il savait qu'il se jetait dans la gueule du loup, et il était également conscient qu'il allait plus vers une démarche de suicide conscient que vers une réelle volonté d'obtenir des informations. Draco aperçut deux immenses chiens de chaque côté de la cabane. Ceux-ci commençaient d'ailleurs à renifler à terre. Le diamant avait omis de montrer ce léger détail …
Draco avait la possibilité de se rendre invisible, il pouvait très bien se transformer, mais il n'en éprouvait même pas l'envie. Le jeune homme rampa au sol, en progressant très lentement. Il avait l'habitude de se mouvoir à la manière des serpents. Soudain, sa tête heurta violemment une paroi. Draco encaissa le coup, et posa ses mains sur l'obstacle invisible. Il fut propulsé en arrière, accompagné par des gerbes d'étincelles. Il fallait s'en douter. Le Serpentard sortit sa baguette et murmura :
Lumos.
Une petite source de lumière apparut au bout de sa baguette, et il put lancer aisément quelques sorts, tapi dans les herbes. Ceux-ci ricochèrent, le frôlant à chaque instant.
À l'intérieur, les langues se déliaient. Tous se demandaient quand les mangemorts allaient attaquer. Cette guerre froide semblait un peu contradictoire avec la manière de faire des partisans de Voldemort. Les suppositions allaient bon train.
- Peut-être ont-ils appris la mort de Voldemort ?
Luna se questionnait à ce sujet depuis quelques jours déjà.
- Impossible, ils n'ont pas eu accès à la pensine.
Mc Gonagall fixait les élèves d'un œil perçant, attentive. Elle se tourna vers Dumbledore.
- A t-on eu des nouvelles de Severus ?
L'intéressé sursauta, tant il semblait absorbé par autre chose. Les plis de son front indiquaient qu'il réfléchissait certainement. Observant le manège, Luna et Ron échangèrent un regard complice, reconnaissant bien là l'homme. Dumbledore ne répondit pas de suite. Il caressa sa barbe de ses doigts bagués, puis observa une plante carnivore en train de mâcher une bestiole quelconque. La dernière aile disparut , croquée par le carnassier indélicat. La voix du directeur se fit blanche, presque dépitée. Il avait un mauvais pressentiment.
- Aucune.
Tous se regardèrent mutuellement et blêmirent. Prostrée, bras noués aux genoux, Giny sortit de son mutisme, au bord des larmes, les nerfs à rude épreuve.
- Quand tout cela va t-il finir ? C'est un cauchemar, un cauchemar, vous m'entendez ?
