Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 16 (1ère partie)
Une sorte de folie
Harry déverrouilla la porte de Grimmauld Place et fit un pas de côté pour faire entrer Draco dans le hall. L'air était vicié, la maison était resté fermée plusieurs mois. Pour la première fois, Harry prit conscience qu'il était le propriétaire de cette maison et que renvoyer Kreattur n'avait peut–être pas été son initiative la plus avisée. Kreattur n'avait peut–être jamais gardé la maison propre mais au moins, il lui conférait une sensation de vie. Sans les constantes allées et venues des membres de l'Ordre, la maison était froide et peu attirante… non pas qu'attirante soit un terme que d'aucun aurait employé pour décrire le 12, Grimmauld Place. Mais Harry était sincèrement déterminé à changer cet état de fait. Il fit un geste vers les lumières et le hall d'entrée s'illumina d'un éclat doux.
– Tu dois vraiment être silencieux dans ce hall, chuchota–t–il une seconde trop tard.
Draco avait claqué la porte derrière eux. Les tentures mangées aux mites volèrent en s'ouvrant, exposant le visage écumant et dément de la vieille Mrs Black. Draco fut soudain face à une vision terrifiante.
Il s'éloigna du portrait d'un pas – celui–ci ressemblait tellement à une fenêtre que c'en était effrayant – tandis que la femme ouvrait sa bouche pleine de bave pour se mettre à hurler. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites et elle brandit sa main comme des griffes dans leur direction et beugla encore plus fort.
– Saleté, vermine ! Engeance d'ordures et de vilenie ! Sangs–mêlés, mutants, monstres, hors d'ici ! Comment osez–vous souiller la maison de mes…
Elle se tut brusquement, cligna des yeux et secoua la tête comme si elle essayait d'éclaircir sa vision. Elle haussa un sourcil et son visage changea. Elle cessa de baver, ses yeux roulants se firent soudainement concentrés et aiguisés et sa bouche s'étira en ce que Harry aurait pu décrire comme un sourire plaisant alors qu'elle regardait Draco de haut en bas.
– Si le temps ne s'était pas écoulé, je dirais que tu es Lucius Malfoy.
Elle n'attendit pas de réponse, bien que Draco s'avança pour la lui donner.
– Mais comme il a passé, je ne peux que présumer que tu es Draco Malfoy. Je peux voir ton père en toi… mais si peu de ta mère, quel dommage. Le sang des Black est très noble mais peut–être qu'il fortifie tes veines ?
– Peut–être, répliqua Draco à mi–voix.
– Tu as été un très joli garçon trop jeune, Draco. Approche–toi, que je puisse te voir.
Draco s'avança jusqu'à la peinture et elle l'examina, déterminée à trouver quelque chose d'elle dans ses traits. Harry observait avec répugnance alors qu'elle découvrait quelque chose qui la contenta.
– Tu as les sourcils de ta mère, ses pommettes et visiblement son intelligence.
Même Draco pensa que c'était fameux venant d'une vieille peinture complètement folle et il faillit s'en moquer ouvertement. Harry, résolu à garder la maison calme, le poussant durement du coude et Draco sourit poliment.
– Mais tu ressembles malheureusement à ton père, un excellent homme mais infecté par le sang des Malfoy.
Draco commença par sembler indigné et Harry pensa qu'il serait bien capable de lui rendre la monnaie de sa pièce si elle persistait dans cette voie.
– Elle est française, tu sais, la lignée des Malfoy. Ils ont laissé périr la moitié de la lignée dans la Chasse aux Sorcières avant de déménager dans un pays plus stable. Ils avaient besoin d'une bonne souche britannique pour se préserver mais leur sang a toujours été présent, c'est pourquoi tu leur ressembles. Le sang français.
Elle avait presque craché.
– Pourtant, Lucius était toujours très bon, excellent dans de nombreux sports moldus, bien que sans doute pas aussi fort que son propre père. Alexius Antonin Malfoy était un homme fort, je croyais qu'il éliminerait cette tendance Malfoy hors de la lignée mais Lucius avait ses faiblesses si je me rappelle bien.
Draco avait reculé, ses traits avaient revêtu l'expression hautaine de celui qui est plutôt heureux de sa lignée et assez contrarié que quiconque doute de sa légitimité.
– Je ne me suis jamais vraiment entendu avec mon grand–père, expliqua Draco, crispé. Cependant, je crois savoir que mon père et lui avaient leurs différends. Et comme je ne suis pas disposé à commenter leur relation, je suggère que cesse toute conjoncture à ce propos.
La femme le dévisagea à nouveau, comme si elle le voyait sous un nouvel éclairage. Pendant un instant, Harry crut qu'elle allait se remettre à hurler mais, à la place, elle soupira.
– Ils essaient de détruire les lignées, dit–elle. Les traîtres amoureux des Moldus ont infiltré le Ministère et ils ne restent que si peu d'entre nous maintenant. Sois prudent, jeune homme sois prudent de choisir une épouse de sang–pur. C'est le seul moyen si nous souhaitons survivre.
Draco ouvrit la bouche pour dire quelque chose de cinglant mais Harry s'empressa de saisir l'opportunité de fermer les rideaux.
– Elle est un peu… raciste, déclara maladroitement Harry.
Draco ricana.
– Pourquoi tu ne la décroches pas ?
Draco fixait les tentures d'un œil noir, espérant à moitié qu'elles se rouvriraient, il était chaud pour une bagarre.
– C'est ta maison maintenant, pourquoi est–ce que tu la garderais ?
– Elle ne voudra pas s'enlever du mur, elle est collée là et elle ne partira pas.
Harry sourit largement et caressa la nuque de Draco. Il était encore hérissé par les calomnies qu'il venait d'entendre sur son père et n'était pas disposé à se laisser consoler.
– Alors retire ce putain de mur, merde !
– C'est un mur porteur.
– Alors ensorcelle–le pour qu'il tienne debout !
En toute honnêteté, Harry n'y avait jamais pensé, ce qui était assez embarrassant et il n'arrivait pas trouver une excuse valable à ce fait, ce qui était pire. Il rougit.
– Il y a l'arbre généalogique aussi, Sirius le détestait mais je n'ai pas pu l'enlever du mur non plus.
– Ce que tu peux être bête, parfois, commenta Draco, irrité. Il est où ?
Harry lui désigna l'énorme arbre généalogique de la famille Black et Draco suivit du doigt sa propre lignée avec intérêt.
– Il a besoin d'être restauré, fit–il d'une voix atone. Quelques noms ont été brûlés et je sais que ma mère avait deux sœurs. Une s'est mariée avec un Moldu et a eu une fille.
– C'est pourquoi elle ne figure pas là, expliqua Harry.
– Il serait facile de le restaurer, répéta Draco en reculant pour l'examiner. Si tu le détestes autant, je peux l'avoir ?
Harry le regarda, surpris.
– Heu… bien sûr. Mais pourquoi ?
– J'ai l'arbre de mon père au Manoir, il est aussi gigantesque que celui–ci mais j'adorerais avoir celui de ma mère pour aller avec.
– Eh bien, si tu peux l'ôter de ce mur…
– Il a probablement juste besoin d'une petite câlinerie on pourra essayer cet été.
Harry sourit de plaisir comme toujours quand il entendait Draco mentionner l'été. Il n'y aurait plus d'école et ils démarreraient le reste de leur vie. Draco en parlait comme s'ils seraient toujours ensemble, ce qui n'avait de cesse de réchauffer Harry.
– Tu es fatigué ? demanda Harry à mi–voix.
Brusquement, il en avait marre de rester debout dans le hall de sa maison. Il avait été impatient d'y amener Draco, de lui montrer ce qu'il possédait mais maintenant, il ne voulait qu'une chose, l'amener au lit.
– Oui, un peu. Ça a été une longue journée.
Draco haussa les épaules, il ne s'était pas attendu à passer une nuit hors de l'école et, de retour à Poudlard, il avait étudié jusqu'à tard dans la nuit. Harry semblait fatigué et Draco avait l'air chamboulé.
– Ça va ?
– Ouais, mais comme tu l'as dit, c'était une longue journée et je veux juste monter me coucher.
– C'est ta maison, sourit Draco. Tu me montres le chemin.
oOo
Snape laissa plusieurs flacons reposer pendant la nuit, certain que quelle que soit la potion qui courait dans le corps de Weasley, elle serait analysée le matin. Il fit le vœu silencieux de pouvoir s'asseoir et fixer les fioles toute la nuit mais ça ne servirait à rien, elles avaient besoin de macérer et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour en accélérer le processus. Il n'avait rien d'autre à faire que poursuivre la lecture du journal, pourtant il se surprit à s'asseoir à côté du feu. Là, il se mit à penser à Hermione et se demanda que faire.
Il y avait longtemps que Severus n'avait pas rôdé dans les couloirs la nuit et, maintenant qu'il n'avait plus à s'inquiéter de Voldemort, il avait découvert qu'il était capable de dormir avec bien plus de facilité. Mais, d'une manière ou d'une autre, le sommeil n'allait pas venir ce soir. Et maintenant il était assis près du feu alors qu'il avait toujours considéré ce besoin d'avoir un feu dans la pièce, une espèce de chaud réconfort, comme une habitude propre à Hermione.
À deux heures et demie, il grimpa dans son lit et s'étendit dans le noir, essayant de se convaincre qu'il s'en fichait royalement et que ne pas dormir serait une chose stupide. Mais son estomac se retournait et, malgré l'envie de prendre quelque chose qui l'assommerait, il découvrit qu'il voulait vraiment ressentir cette nausée. Il ne voulait pas l'engourdir. Il voulait la ressentir et alors quoi ? Il apprenait sa leçon ? Il voulait se rendre compte à quel point il avait été idiot ?
Le lit était froid sans elle. C'était une si petite chose, si fragile et pourtant sa présence dans sa vie était devenue dévorante. Il voulait prendre ce stupide contrat et le cacher, prétendre qu'il n'avait jamais existé et s'accrocher à elle pour ne plus jamais la laisser partir.
Mais il devait la laisser partir et il le savait parfaitement.
Ce n'était pas parce qu'elle ne l'aimait pas. Il en était venu à la conclusion, tandis qu'il isolait individuellement les éléments de la potion de Weasley, qu'elle n'avait pas joué avec lui. Severus savait qu'il réfléchissait mieux quand il travaillait, parce qu'il n'y avait aucune place pour l'émotion dans la création d'une potion. C'était de la science, une série d'étapes précises à franchir à un moment précis. Ainsi, quand il travaillait, il n'était plus que logique. Et sa logique lui disait que cette fille magnifique n'était ni stupide, ni une traînée. Elle n'aurait couché avec personne qu'elle trouvait immonde dans le but de gagner un pari et, même si elle l'avait fait (et sa logique lui disait que non parce que ce n'était pas son genre), elle n'aurait certainement pas poursuivi cette mascarade. Quand elle avait été brutalement attaquée, c'était lui qu'elle avait appelé et elle ne l'aurait jamais fait si elle ne l'aimait pas. Alors ce n'était pas un manque d'amour qui les forçait à se séparer.
C'était vraiment stupide, c'était quelque chose qu'il avait cru vaincre mais trouver le contrat qu'ils avaient écrit pendant l'été l'avait ramené à la raison. C'était son âge qui mettait fin à tout. Elle était tout simplement trop jeune.
Il avait pensé que sa force de caractère lui avait conféré une sorte de fermeté mais il avait toujours été un homme mesquin et prendre connaissance du libellé du contrat l'avait vraiment rendu furieux et lui avait fait entrevoir les nombreux problèmes qui pouvaient aussi en résulter. Il avait résolu de ne pas se mettre en colère ou, du moins, de ne pas lui laisser voir qu'il l'était. Le contrat avait été écrit pendant l'été alors qu'elle était insouciante et heureuse… et probablement saoule. Elle était jeune alors et devait le rester et non pas se forcer à grandir dans le but de s'adapter à son monde à lui. Elle devait être libre de faire des erreurs stupides, de boire, de baiser et de faire toutes les choses que les jeunes de dix–huit ans font.
Son estomac se tordit inconfortablement et, une nouvelle fois, la pensée qu'il pouvait se contenter de cacher le parchemin et prétendre qu'il n'existait pas le traversa. S'accrocher à elle, sa toute belle, à jamais.
Mais qui avait dit que ça durerait pour toujours ? Snape n'était pas assez idiot pour le penser. Est–ce qu'il voulait vraiment se voir heureux, établi et amoureux de si écoeurante façon qu'il sourirait aux 1ère année, uniquement pour que tout lui soit arraché ? Ce serait bien plus facile pour son cœur et son âme de redevenir ce qu'il avait toujours été, à savoir un misérable salopard autosuffisant – qui avait toujours été parfaitement heureux comme ça.
Oh, oui, toujours parfaitement heureux. Il n'y a qu'à voir à quel point tu es heureux.
Il fronça les sourcils en regardant le plafond sombre et fit taire son esprit.
Le problème était qu'il pouvait faire aussi bien sans elle. C'était ce qu'il avait fait la plus grande partie de sa vie et ces quelques derniers mois, bien qu'exceptionnels, pouvaient difficilement passer pour une habitude.
Il sentit un involontaire gémissement s'échapper et il martela le matelas avec son pied. Il ne voulait pas se montrer sensible ou logique ou misérable ou autosuffisant. Il voulait être amoureux d'écoeurante manière et sourire aux 1ère année et avoir le cœur brisé quelques années plus tard.
Il roula sur le ventre et frappa son oreiller, vaincu.
Maudite soit–elle !
Qu'elle soit maudite de lui venir maintenant, vingt ans trop tard, alors que tout semblant d'optimisme l'avait quitté. Qu'elle soit maudite pour avoir écrit cette saloperie de contrat et ruiné ses illusions.
Il se remit sur le dos et regarda l'horloge. Trois heures de ce terrible matin à la con. Ça allait être une très longue nuit.
oOo
Harry avait pris la chambre de Sirius parce qu'il se sentait proche de lui dans cette pièce et sa décoration, ou plutôt son absence de décoration, avait très peu changé depuis que Sirius était mort et que Harry y avait emménagé. Ça ne l'avait jamais ennuyé avant mais, brusquement, son côté spartiate semblait écrasant. Il fit un feu dans l'âtre dans l'espoir de la rendre plus accueillante.
C'était bizarre d'être là avec Draco.
Draco regarda avec intérêt les photos des parents de Harry et celles de Sirius et Remus qui encombraient l'endroit. S'il remarqua le manque de décoration, il ne le mentionna pas.
Harry repoussa la literie. Il l'avait changée avant de partir pour Poudlard mais elle sentait le moisi de ne pas être utilisée.
– Tu veux que je change les draps ? demanda–t–il, un peu embarrassé.
Si Mrs Weasley était venue avec eux, elle en aurait fait sa priorité et elle n'allait pas tarder. Tout le monde allait bientôt arriver chez lui et elle avait offert de prendre le médicament de Draco avant de quitter l'hôpital. Harry avait été d'accord parce qu'il voulait amener Draco à la maison et maintenant qu'ils étaient dans sa chambre à coucher, il aurait aimé apprendre quelques sortilèges de base en gestion domestique.
Draco examina les draps et renifla.
– Ils sont propres ?
– Ouais, c'est juste qu'ils n'ont pas été à l'air libre depuis un bon moment.
– C'est bon, ça ira.
Draco sourit.
– C'est toi, le bébé ?
Harry grimaça.
– Ouais. J'étais mignon, hein ?
– C'est gros qui me vient à l'esprit.
– Tous les bébés sont gros.
Harry regarda attentivement sa photo de bébé. Il semblait normal et sa mère n'avait assurément pas de problème à le soulever.
– Juste parce que toi, t'étais qu'un petit avorton maigrelet.
– Un avorton ? rit Draco. Puis–je te faire remarquer que je te domine, Potty ?
Harry le poussa affectueusement puis l'attira rudement et l'embrassa, sentant une sorte d'agressivité grandir en lui. Il mordit la lèvre inférieure de Draco, sentit la chair céder un peu et le goût cuivré du sang couler sur sa langue. Il pensa que Draco hurlerait, dirait quelque chose, l'injurierait peut–être mais Draco gémit doucement et capitula, permettant à Harry de sucer sa bouche en sang, savourant le sentiment que Harry le dominait, peut–être pour la première fois depuis qu'ils étaient ensemble.
– Ôte tes vêtements, murmura Harry d'une voix rauque.
Et comme Draco ne s'exécutait pas assez rapidement à son goût, il se mit à les lui arracher, tirant à bras–le–corps sur son pull, ses doigts meurtrissant et griffant sa maigre silhouette.
Draco poussa un petit cri mais ne fit aucun mouvement pour l'arrêter. Il tâtonna pour enlever son pantalon, essayant de le défaire avant que Harry n'en finisse avec sa chemise. Il fut nu en une minute. Harry se recula, s'assit sur le bord du lit, émerveillé par la vision de son amant. Draco fit un pas vers lui.
– Non, reste là. Je veux te regarder.
Draco se tint debout et, transpercé par le regard de son amant, observa Harry descendre la fermeture de son propre jean et commencer à se masturber.
– Tourne–toi.
Draco rougit maladroitement.
– Je… N…Non.
– Tourne–toi, Draco.
Draco hésita et pivota lentement.
Harry étudia la chair dévastée. Violette, à vif et douloureuse. Quelqu'un avait délibérément causé ceci Fol'Œil lui avait infligé ça et Draco le cachait au reste du monde. Sous la chair tendue et violacée, Harry distinguait la courbe de ses omoplates, les crans de son épine dorsale qui s'inclinait dans le bas de son dos et les deux petites fossettes, au–dessus de ce qui étaient sans nul doute des fesses absolument parfaites. Draco avait été parfait et maintenant…
Et maintenant, il était plus parfait que jamais.
Harry enleva ses propres vêtements en ne prêtant que peu d'attention à ce qui leur arrivait, son propre désir le consumait et, en ce moment, il voulait dévorer Draco tout entier. Il avança vers lui, l'enlaça par derrière et frotta son sexe dur entre ses fesses. Il embrassa un endroit à la base de sa nuque où les cicatrices commençaient et le mordilla gentiment, prenant plaisir au contact de sa peau.
– Tu es si beau… et si parfait.
– Tu ne dois pas les toucher, s'empressa de chuchoter Draco.
Il semblait vulnérable et terrifié, comme s'il s'attendait à une sorte de rejet. Harry l'embrassa encore en faisant glisser sa langue le long de la douce courbe de son omoplate.
– Si beau.
– Arrête… C'est affreux…
– Magnifique.
Harry traça une ligne de baisers le long de sa colonne, écouta son souffle court et discordant tandis qu'il s'agenouillait. Il écarta doucement ses fesses et pressa sa bouche contre l'orifice plissé de son anus. Avec hésitation, il donna une pichenette de sa langue contre la chair, en faisant le tour et la sondant délicatement avec le bout de sa langue. Il entendit Draco haleter, stupéfait de l'intimité de ce contact puis son corps se tendit contre lui un instant, avant de paraître fondre d'émerveillement.
Harry sentit les jambes de Draco s'écarter comme s'il avait besoin de donner à un plus grand accès à la bouche de Harry. Ce dernier l'ouvrit de sa langue, le préparant à ce qui allait suivre, écoutant chacun de ses halètements, chacune de ses inspirations hachées. Il sentit Draco se tordre tandis qu'il se frottait désespérément contre la bouche de Harry comme un chat en chaleur.
– Putain… Baise–moi… je t'en prie.
Draco en sanglotait presque.
– Je t'en prie, je t'en prie… baise–moi…
Harry se redressa, entraînant Draco avec lui afin de pouvoir tourner son visage vers lui. Il lui pilla la bouche avec sa langue, riche de sa propre saveur.
Draco cria dans la gorge de Harry, alors que son sexe semblait grossir encore son extrémité se resserra douloureusement. Harry vit une parfaite goutte de pré–sperme en émerger, il plongea pour la lécher, amenant presque Draco à l'orgasme. Harry repoussa alors Draco sur le sol, lui caressa le dos, les fesses et les cuisses. Il enfonça un doigt profondément en lui et le fit crier à nouveau puis il le retira et se plaça derrière ses hanches, pressant son pénis contre l'entrée de Draco.
Harry n'avait jamais fait ça avant et, pendant un instant, sa témérité l'abandonna alors que Draco criait, une note de douleur à travers le plaisir. Mais Draco le désirait, avait confiance en lui et, lentement, il s'ouvrit pour lui et il sentit son sexe glisser dans la chaleur de son corps.
C'était comme s'il perdait sa virginité encore une fois, une chose étrange, magnifique et nouvelle. Draco était chaud et serré. Harry ne pouvait décrire à quel point c'était merveilleux, pas plus qu'il ne pouvait mettre en mots l'incroyable chaleur de l'intimité du corps de Draco. Il fut doux au début, hésitant dans ses mouvements. Il ne voulait pas le blesser mais il savait que c'était le cas.
Draco pleurait à moitié de douleur et d'extase, frottant ses fesses contre les hanches de Harry, de façon pressante, jusqu'à ce qu'il se mette à bouger plus vite et plus fort. Il observa le corps de Draco, la manière sont ses muscles ployaient tandis qu'il luttait pour garder sa position. Harry était stupéfait qu'il arrive à maintenir le rythme avec lui.
Tous deux gémissaient de façon incohérente et leur respiration était laborieuse. Harry fit courir ses mains le long du dos de Draco, caressant son corps, ses hanches, ses jambes. Doucement, il glissa ses mains autour de ses hanches et commença à le masturber en rythme avec ses poussées, Draco se mit à gémir. Il jouit dans une explosion brusque et féroce qui éclaboussa la descente de lit et la main de Harry.
Harry jouit quand il sentit l'orgasme de Draco s'emparer de lui, le remplissant de semence brûlante en criant contre la chair violacée de son dos.
Plus tard, roulés en boule dans le lit, les membres enchevêtrés, Harry fourra son nez dans la gorge de Draco, le faisant rire doucement.
– Je t'ai blessé ?
– Non.
Draco ne put s'empêcher de rire de son propre mensonge.
– Bon, peut–être, un peu.
– Je crois que je t'ai fait saigner.
– C'est bon, ça ne fait pas mal.
Draco remua inconfortablement et cacha son tressaillement. Il avait déjà fait saigner Harry dans le passé, ça semblait ridicule d'en faire toute une histoire. À dire vrai, il était fatigué et son corps était douloureux. Il est fatigué de parler, il voulait juste dormir. Harry parut le sentir, il se blottit dans le lit, serrant fermement Draco et éteignit les lumières.
– Je t'aime, murmura Harry.
– Je t'aime aussi, répondit Draco en baillant.
– Tu as sommeil ?
Draco bailla encore une fois.
– Ouais.
– Tu veux que je me taise ?
– Ouais.
Harry sourit dans l'obscurité puis pressa un baiser dans la douce chevelure de Draco, content que cette journée soit enfin finie.
oOo
Hermione se surprit à dormir profondément toute la nuit. Cependant, ce fut un sommeil nourri d'une extrême fatigue émotionnelle et physique et, quand elle se réveilla, elle ne ressentit aucun des bénéfices d'une bonne nuit de repos, sans compter qu'elle se demandait où elle était. Ses yeux s'ouvrirent mais la chambre était encore obscurcie. La lumière orange semblait indiquer que la nuit londonienne filtrait à travers l'ouverture des rideaux, c'est ainsi que Hermione sut qu'il faisait encore sombre dehors, bien qu'il fût probablement tôt le matin et pas le milieu de la nuit.
C'étaient des rideaux à volants, sa mère les lui avait donnés pendant l'été pour remplacer les tentures mangées aux mites qui encadraient auparavant la fenêtre. C'était sa chambre à Grimmauld Place, elle avait passé l'été à la décorer. Elle détestait ces rideaux mais, au moins, ils n'étaient ni usés, ni moisis et elle était après tout heureuse de les avoir. C'était bel et bien sa chambre mais pendant un instant, lorsqu'elle ouvrit les yeux la première fois, elle ne put se rappeler pourquoi elle était là.
Ce n'était pas l'été, la pièce était froide et l'absence de chaleur à côté d'elle l'aida à comprendre que Severus n'était pas ici avec elle. Hermione n'était pas à l'école mais elle aurait vraiment voulu que ce fût le cas. Puis un doux gémissement provenant de quelqu'un d'autre dans la chambre la fit se souvenir. Ginny était là. Elle était là mais pas Ron. Il n'était nulle part dans la maison. Ron était à l'hôpital.
Étendue dans le noir, elle fixa le plafond. Elle aurait dû dire quelque chose à Ginny. Elle aurait dû mais n'en avait nulle envie. En dehors de la fête du Nouvel–An, Hermione ne lui avait pas dit grand–chose depuis la fin de la guerre. Ginny avait reproché à tout le monde l'échec de sa relation avec Harry et Hermione avait été la première dans sa ligne de mire. Une jeune femme proche de Harry, n'importe quelle jeune femme proche de Harry était une cible toute désignée et, comme tout le monde le savait, Hermione était la femme la plus proche de Harry. Elle avait subi des mois de froideur et d'injures jusqu'à ce qu'elle cesse de s'en soucier, d'écouter ou de répondre à Ginny.
Après que Harry l'eût quittée, Ginny avait été surnommée le Balai, parce que tout le monde pouvait la chevaucher. Hermione avait supposé que c'était sa façon de faire revenir Harry mais le triste fait était que ce dernier s'en fichait totalement. La seule des conquêtes de Ginny qui concernait Harry était Draco et Harry était joliment tranquille quant à cette relation.
– Hermione ? Tu es réveillée ?
Hermione n'avait pas d'autre choix que de répondre.
– Ouais… Tu vas bien ?
Ginny s'assit sur son lit de fortune et invoqua la lumière à mi–voix.
– Ça va, dit–elle avec un sourire un peu larmoyant. J'y pensais, c'est tout.
Elle fronça les sourcils.
– Tu crois que ça ira pour lui ?
– Mais oui, tu as entendu les guérisseurs, Ron est vraiment fort. Il va s'en remettre.
– Dimanche, je ne lui aurais même pas donné la journée et je continue à penser que si je lui avais parlé, il…
– Je pense qu'on se sent tous coupable de ce qui est arrivé, Ginny. S'appesantir sur ce fait n'aidera en rien. On doit regarder de l'avant, pas en arrière.
Ginny parut sourire d'un air narquois.
– Quelle jolie rhétorique nous avons là.
Hermione blêmit et détourna les yeux.
– Je suis désolée, je n'aurais pas dû dire ça.
– C'est bon, je ne m'attendais à rien de mieux.
Hermione tressaillit et se mordit la lèvre. Ça n'aiderait personne de s'emporter comme ça, pas plus que se disputer avec Ginny. Mais Ginny ne voulait pas laisser tomber. Elle avait passé presque deux ans obsédée par Harry et détestait quiconque était proche de lui, et là, il y avait une opportunité à ne pas manquer pour dire du mal.
– Bien sûr que non, tu n'aurais pas dû, rétorqua Ginny en affectant un ton désinvolte. Mais bien sûr, quand on se met au–dessus des autres…
– Je ne me place au–dessus de personne, Ginny.
– Bien sûr que si, tu as simplement une si haute opinion de toi que tu ne le réalises même pas.
Hermione balança ses jambes hors du lit, décidant que partir était probablement la meilleure chose à faire mais Ginny changea de tactique.
– Alors, Harry et Draco, ils sont pédés, hein ?
Hermione leva les yeux au ciel, elle s'était demandée combien de temps ça prendrait.
– Ouais… Je crois.
Elle se renfrogna.
– Bien que je doute qu'ils apprécient le terme de pédés.
– Je n'aurais jamais cru ça pourtant, continua Ginny. Je veux dire que je suppose que c'est logique pour Harry, parce qu'il n'a jamais été très bon avec les filles.
– C'est juste qu'il ne s'y intéresse pas, Ginny, soupira Hermione. Ça n'a rien à voir avec toi.
– Je n'aurais jamais deviné qu'il était pédé, ajouta Ginny, songeuse.
Hermione en avait assez entendu.
Alors, la contra–t–elle avec raideur, George nous a dit que tu avais le béguin pour Lucius Malfoy ? Draco ne te suffisait pas ?
Ginny sourit d'un air entendu.
– Bien, tu dois admettre qu'il y a un truc chez lui.
– Il est en train de baver comme simplet dans une boîte.
– Il était incroyable entre mes jambes.
– Une chute dans un escalier ne fait pas une relation, Ginny.
– Et il était dur comme un roc aussi, le combat avait dû vraiment l'exciter.
– Tu te fais des illusions.
Ginny sourit largement.
– Vraiment ? Au moins, je sais voir ce qui est beau et le vouloir pour ce que c'est. Dernièrement, j'ai entendu dire que tu baisais avec Snape. Mais quel dernier recours t'a poussé à faire ça ?
Hermione se tourna vers la rouquine, les yeux flamboyants.
– Qui t'a dit ça ? Qui, bordel ?
– Oh, calme–toi, ça ne circule pas dans toute l'école. Remus Lupin l'a répété à maman et papa à la fête et je l'ai entendu. Il a dit qu'il t'avait surpris au lit avec ce vieux machin graisseux. Maman était vraiment dégoûtée et papa en est resté… sans voix.
Hermione retomba sur le lit. Alors, les Weasley savaient et ils n'avaient pas dit un mot.
– Alors, tu baises avec lui ou pas ?
– Ne crois pas tout ce que tu entends, répliqua Hermione d'une voix tremblante. Remus Lupin ne sait pas de quoi il parle.
– C'est amusant parce qu'il avait l'air de savoir. Il marchait dans le couloir en bas de l'escalier quand il vous a vus, Snape et toi, dans l'une des chambres à coucher et, quand il a demandé ce qui se passait, c'est toi qui le lui as dit. Remus a pris Snape à part pour lui faire entendre raison et Snape lui a dit de se casser de là.
Hermione afficha un sourire moqueur, elle doutait que Severus ait dit de se casser de là ; mais au moins, il avait dit quelque chose.
– Oh, mon dieu, tu baises avec lui.
La bouche de Ginny s'ourla de dégoût.
– Hermione, j'ai toujours pensé que tu avais un goût de chiottes mais, waouh, ça, c'est bestial !
– Qu'est–ce que tu en sais ? siffla Hermione. On t'appelle le Balai à Poudlard, une chose sur laquelle que tout le monde peut grimper tu ne sais rien d'une relation adulte.
Ginny se mit à rire.
– Une relation ? Oh, mon dieu, tu as une relation avec lui ?
Hermione se leva à nouveau et attrapa sa robe de chambre.
– Allez, Hermione, gloussa Ginny. Raconte–moi un peu la relation que tu as.
– Va te faire voir.
Ginny rit encore plus fort tendis que Hermione prenait ses affaires de toilettes avec des gestes de colère.
– Je te veux plus dans cette chambre, cracha Hermione. Je vais retourner à l'école après le petit–déjeuner et je me fous que tu dormes dans ce putain de salon mais tu restes plus dans cette pièce.
Elle se tourna pour partir.
– Je suis navrée si quoi que ce soit t'a rendu si amère, Ginny, mais je ne vois pas l'intérêt d'entretenir une relation d'amitié avec toi. J'ai essayé de me montrer compréhensive, j'ai essayé d'être là pour toi mais tu n'es plus qu'un petit esprit mesquin. Tu ne ressembles plus en rien à ce que tu as été. Tu es amère et tordue et tu deviens mauvaise et rancunière !
– Eh bien, c'est de la faute de Harry.
– Non ! C'est de la tienne ! Je ne vais pas entrer dans l'obsession que tu as pour Harry. Il a essayé, vraiment mais ça ne marchait pas. Il est gay, alors dépasse cet état de fait et avance dans ta vie.
Ginny la fixa avec malveillance.
– Je te hais, assena–t–elle à mi–voix. Je le hais aussi et je suppose qu'il y a une part de moi qui hait Ron parce qu'il est resté collé à lui.
Hermione resta muette, pas certaine de savoir quoi dire. Au moins, l'abcès était crevé maintenant au moins, il n'y avait plus de faux–semblants. Elle ne répondit pas, elle se contenta de serrer un peu plus sa trousse de toilette et quitta la chambre.
oOo
Harry se réveilla avec l'odeur du bacon qui cuisait, une odeur qui pénétrait toute la maison. Harry se surprit à sourire, il avait presque l'impression que c'était l'été et qu'il était ici pour rester.
Excepté le fait que Draco était toujours blotti contre lui, dormant paisiblement et que quelque chose de cet été–là lui manquait définitivement. Ça semblait honteux de se lever mais ils devaient retourner à l'école. Il secoua doucement Draco.
– Allez, bébé, c'est l'heure de se lever.
Draco grogna et marmonna avant de se rouler sur le ventre en enfonçant son visage dans l'oreiller.
– Allez, mon cœur, tu dois te réveiller.
– Non.
La voix de Draco était étouffée mais, sans erreur possible, obstinée.
– On doit retourner à l'école, je l'ai promis à Dumbledore.
Draco souleva sa tête et ouvrit des yeux troubles.
– C'est quelle heure ?
– Presque six heures.
– Trop tôt.
– Mrs Weasley prépare le petit–déjeuner.
– Bien. Va manger, ensuite tu viens me réveiller quand tu es prêt à partir.
– Tu prends un petit–déjeuner.
– Je prendrai un morceau dès que je serai à l'école, mentit Draco.
– Non, réfuta Harry, irrité. Tu mangeras là où je peux te voir manger. Mrs Weasley a préparé le petit–déjeuner et elle t'a apporté ton médicament, la nuit dernière, alors tu descends pour le prendre de toute façon.
Draco se renfrogna et roula sur lui–même. Un petit–déjeuner avec les Weasley, juste ce dont il avait besoin. Il y avait aussi le fait qu'il se sentait particulièrement fragile et il se demandait même s'il était capable de prendre place à une table de petit–déjeuner. Il s'assit un peu douloureusement dans le lit et tressaillit. Harry le vit et commença à paniquer.
– Ça va ? Tu as mal ?
– C'est bon, ne t'inquiète pas.
Draco rit, changea de position et essaya sans succès de réprimer une autre crispation.
– Tu veux que je descende prendre ton médicament ? Tu te sens mal ?
– Non, rien de tout ça.
Draco sourit comme s'il était un peu ennuyé. C'était exactement pourquoi il n'avait rien dit à Harry à propos de son dos. Comme Snape, Harry était maintenant convaincu qu'il allait tomber raide mort à la plus petite secousse.
– Tu m'as drôlement pilonné cette nuit, alors c'est un peu douloureux ce matin… Est–ce que ça répond à ta question ?
Harry rougit.
– Oh.
Ils se douchèrent ensemble, profitant de la salle de bain privée et de leur habileté à faire courir leurs mains pleines de savon sur le corps de l'autre, si bien que l'option prendre leur petit–déjeuner en bas avec les Weasley devint rapidement dispensable.
Quand, finalement, ils atteignirent la cuisine, ils trouvèrent les Weasley déjà attablés en train de manger. Mr Weasley était déjà parti faire un saut au Ministère avant de retourner à l'hôpital. Mrs Weasley était encore plus inquiète pour les enfants que d'habitude et quand elle vit Harry, elle se précipita sur lui pour le faire entrer dans la cuisine.
– Ah, tu es là, Harry, mon chéri. J'étais sur le point de monter te réveiller.
Elle le guida vers une chaise à côté de Hermione et pivota inconfortablement vers Draco. Elle n'était pas certaine de savoir quoi faire de lui, le fils de Lucius Malfoy. Tout en elle se rebellait contre l'idée que Harry soit avec lui et pourtant il était là, se tenant gauchement dans l'encadrement de la porte, l'air maigre et un peu perdu. Mais c'était un enfant, tout comme Ron et elle n'allait pas le mépriser à cause des péchés de son père. Elle tira le siège voisin de Harry et lui sourit.
– Bon, Draco, tu t'assieds là. C'est bien. J'ai mis le sérum Navitas dans ton jus de fruit parce que l'apothicaire a dit que le goût était épouvantable.
– Heu… Merci… Mrs Weasley.
Harry lui adressa un large sourire lorsqu'elle plaça un gros verre de jus de fruit devant Draco, suivi d'une assiette pleine de nourriture. Les yeux de Draco s'écarquillèrent et il regarda Harry, affolé. Molly surprit son regard.
– J'ai parlé à l'apothicaire, expliqua–t–elle. Et selon ses instructions, tu as besoin de prendre du poids, mon chéri.
– Je…
Draco jeta un œil sur le plat de saucisses, d'œufs, de bacon, de tomates, de haricots et de toasts.
– Hum… Merci… Puis–je avoir un peu de café ?
– Oh, non, mon chéri, le café, c'est mauvais. Mais tu peux avoir un peu de thé léger.
Hermione ne put réprimer un rire étouffé tandis que Draco la remerciait faiblement encore une fois. Harry avait déjà attaqué son propre petit–déjeuner quand Draco commença le sien, sachant bien que sous l'œil attentif de Molly, il finirait chaque bouchée. Harry remarqua juste que la main de Draco trembla un peu quand il avala rapidement son jus de fruit.
Fred se pencha par–dessus la table.
– Ça, c'est rien, chuchota–t–il.
Mrs Weasley quitta la cuisine et Draco versa une partie de sa nourriture dans l'assiette de Harry.
– Attends qu'elle ramène Ron chez nous. Il va faire la taille d'une maison en un rien de temps.
Harry explosa de rire et remit la nourriture dans l'assiette de Draco. Ce dernier garda la tête baissée et ne dit rien. Il n'avait aucune affection pour Fred Weasley et, après avoir vu la manière dont il avait touché Harry le soir d'avant, il n'avait plus aucun doute quant à ses desseins. Il était certain que si Fred avait connu ses orientations sexuelles plus tôt, il se serait jeté sur Harry comme un vautour sur une carcasse, sans égard pour ce que Harry désirait réellement.
Hermione vit l'expression de Draco et essaya de diriger la conversation dans une autre direction.
– Que s'est–il passé en Métamorphoses hier ?
– Aucune idée, grommela Draco. Je n'y étais pas.
– Quoi ? Pourquoi ? s'exclama Hermione en fronçant les sourcils. Tu ne peux pas ne pas aller en cours ! Qu'est–ce qui te fait croire que tu en as le droit ?
Draco soupira, Hermione avait la terrible habitude de parler comme son père parfois.
– Ecoute, ils en sont encore à comment changer un animal en meuble et, comme je sais déjà le faire, je ne vois pas l'intérêt de regarder des gens comme Neville Londubat essayer et s'en tirer tant bien que mal.
– Tu pourrais les aider, tu sais ?
– Mais pourquoi je ferais une chose pareille ? répliqua Draco en prenant un air supérieur.
Hermione leva les yeux au ciel.
– Tu es vraiment con, tu sais ça ?
– À ton service.
Fred observa l'échange avec intérêt avant de dire joyeusement :
– Alors, tu es tout à fait sociable maintenant ? Les miracles ne cessent jamais.
Draco ne répliqua pas et baissa les yeux sur son assiette.
– Oh, relax, Malfoy. La dernière fois que je t'ai vu, tu n'avais pas pris de bain depuis plusieurs jours et tu as gerbé sur les chaussures de mon frère. Je dois dire que tu présentes bien mieux maintenant – et tu es poli ! Et qu'est–ce qui pourrait bien avoir provoqué ce changement ? Serait–il possible que le grand Draco Malfoy soit…
Il fit semblant d'avoir le souffle coupé.
– … amoureux de Harry Potter ?
– Putain, t'as vraiment un train de retard, Weasley, tout le monde le sait déjà.
– Racontars et rumeurs que tout ça, répondit Fred avec dédain. Je veux l'entendre de ta bouche.
Draco lui lança un regard noir.
– Je suis amoureux de Harry Potter, confirma Draco, impassible. Il y a autre chose que tu veux entendre de ma bouche ? Que penses–tu de touche–le encore une fois et je t'arrache les couilles avec ma baguette ?
Harry s'étrangla avec son café, pas vraiment sûr de savoir s'il devait en rire ou s'en agacer. Fred sourit ouvertement.
– Oh, mais il est jaloux en plus. Tu ferais bien de te surveiller, Harry, il ne te laissera pas t'amuser.
– Bordel, qu'est–ce que c'est censé vouloir dire ?
Harry agrippa Draco par son pull alors qu'il commençait à se lever.
– Arrête, murmura–t–il, il essaie juste de t'énerver.
– Allons, Harry, reprit Fred en riant, il y a tout un tas de clubs pleins d'hommes magnifiques dehors, alors, tu n'as pas besoin que le fils du diable ici présent te retienne.
Harry était furieux maintenant, Draco aussi et, pendant un instant, Hermione craignit que Fred ne finisse à Ste–Mangouste, dans un lit à côté de Ron.
– Et, poursuivit Fred, nullement décontenancé, lequel de vous deux a hurlé comme une Banshee la nuit dernière ? Nous avons dû empêcher maman de se ruer dans votre chambre, elle voulait s'assurer que personne ne vous avait assassinés dans votre lit.
Draco retourna à sa nourriture et Harry en resta bouche bée, profondément reconnaissant que Mrs Weasley n'ait pas fait irruption dans leur chambre. Il ne pensait pas qu'elle était vraiment prête à voir ça.
– Alors pour ce week–end, Harry, sourit largement Fred. On va en boîte ?
– Tu rigoles, là ? répliqua Harry, stupéfait.
– Tu vas t'amuser !
– Oh, ta gueule, merde !
– Il n'est pas nécessaire de parler grossièrement, Harry.
Molly était revenue s'affairer dans la cuisine et Fred explosa de rire. Harry rougit et s'excusa en essayant d'ignorer le froncement de sourcil de Draco.
oOo
Minerva avait déjà vu Severus en colère auparavant et il faisait toujours un peu peur quand il n'avait pas dormi. Habituellement, Severus avait l'air graisseux et négligé mais aujourd'hui, il avait positivement l'allure d'un cinglé.
Minerva regarda nerveusement son compagnon de petit–déjeuner. Ils étaient dans les appartements soignés de Minerva, la lumière entrait par les fenêtres. Elle vivait dans des pièces confortables et spacieuses, au sommet de la tour ouest. Elle les avait choisi à cause de leurs fenêtres françaises qui encerclaient complètement la pièce. Dumbledore était descendu prendre son petit–déjeuner quand Snape était monté, la mine terrible, manifestement désireux d'avoir une épaule sur laquelle s'épancher.
Bien sûr, il n'avait pas pleuré mais il en aurait probablement eu besoin.
Minerva se versa un peu plus de café et termina la lecture du contrat posé devant elle. Severus prit une brioche, la déchiqueta en morceaux puis reprit les bouts pour les émietter. Minerva aurait souhaité qu'il hurle ou tempête… qu'il fasse quelque chose, quoi.
– Ils devaient être ivres, Severus.
– Mmm, acquiesça–t–il d'un air absent en commençant à désintégrer les miettes.
– Je crois que celui–ci est parfaitement mort maintenant, Severus, fit remarquer Minerva en indiquant le petit pain. Tu veux recommencer avec un autre ?
– Hein ?
Minerva lui prit son assiette, y plaça une nouvelle brioche et la replaça devant lui.
– Ils sont jeunes, Severus ils étaient sans doute très saouls et ont fait cette chose grotesque. Ça ne veut rien dire.
– Ça signifie qu'elle me hait.
– Tout le monde te hait, Severus, ne put s'empêcher de rétorquer Minerva en souriant. Si ça a été écrit cet été, avant qu'ils reviennent à l'école, ils avaient probablement la même opinion de toi que tous les autres élèves.
– J'ai sauvé la vie de ce petit merdeux !
– La vie de Harry, par Merlin, appelle–le par son nom.
– D'accord, j'ai sauvé la vie de Harry, ce qui signifie qu'ils auraient dû se mettre à genoux pour me remercier.
Minerva soupira.
– Tu l'as fait de très mauvaise grâce et tu n'en as jamais fait un secret. Comment peux–tu attendre d'eux qu'ils t'apprécient brusquement ?
Minerva roula des yeux.
– C'est totalement hors de propos et tu le sais. Ce n'est pas parce qu'ils ont écrit ce ramassis d'inepties que ça signifie qu'ils ressentent toujours la même chose. Ça signifie simplement qu'ils sont jeunes et stupides et qu'ils ne devraient probablement pas boire autant. Les gens font des trucs dingues quand ils ont bu.
Snape parut sortir brusquement de sa torpeur.
– Oui, oui, c'est ce qu'ils font, n'est–ce pas ? Des trucs dingues.
Il secoua la tête.
– Dis–moi que vous ne vous êtes pas mis ensemble quand tu étais ivre.
Minerva grogna et se pinça l'arête du nez, combattant la migraine qui menaçait.
– Severus, elle t'aime. Laisse tomber ça, ne commence pas à chercher les choses qui ne vont pas.
– Mais tu as raison, elle est jeune. Elle est trop jeune.
– Elle n'était pas trop jeune hier.
– Hier, mes yeux étaient scellés.
– Alors, scelle–les à nouveau, c'est mon seul conseil.
Severus poussa les miettes autour de son assiette.
– Et si je ne peux pas ?
Il fronça les sourcils et poursuivit :
– Quand j'ai vu ça la première fois, j'ai cru que c'était un jeu… mais elle n'aurait pas pu, pourquoi serait–elle assez stupide pour perdre sa virginité avec un homme qu'elle déteste ? Et après Krum, elle était trop fragile pour me mentir. Alors, j'accepte le fait qu'elle est réellement amoureuse de moi.
– Alors quel est le problème ?
– Elle n'a que dix–huit ans. Elle a sa vie entière devant elle. Elle devrait sortir s'envoyer en l'air avec d'autres personnes, s'amuser, se comporter comme une jeune fille de dix–huit ans.
– Peut–être qu'elle ne veut pas s'envoyer en l'air avec d'autres personnes, ou peut–être que s'envoyer en l'air avec toi la comble entièrement ?
En vérité, il voulait aussi s'envoyer en l'air avec elle mais elle avait besoin de vivre. Il soupira et soudainement, se frappa la tête contre la table.
– Severus !
– Ohputaindenomdedieudebordeldemerde ! [1]
– Severus, tout va bien.
– Pourquoi moi ?
– Mais écoute–toi, Severus ! Tout va bien. Elle l'aime et tu l'aimes. Je ne vois vraiment pas où est le problème.
– Je ne veux pas me réveiller un matin dans trois ans et trouver un message me disant qu'elle est partie parce qu'elle a trouvé quelqu'un de plus jeune, plus beau et plus heureux que moi.
– Tu as déjà tout prévu, hein ?
– Oui.
– Alors qu'est–ce que tu attends de moi ?
– De la sympathie ?
Minerva pinça ses lèvres comme s'il était à nouveau son élève.
– Je ne vais t'accorder aucune sympathie si tu es sur le point de ruiner la meilleure chose qui te soit arrivée, uniquement parce que tu t'es convaincu que c'est voué à l'échec.
Severus mordilla l'ongle de son pouce.
– Même pas un petit peu ?
Elle lui jeta un regard noir.
– Non !
– Même si je t'en supplie ?
– Non !
– Et si je pleure ?
– Severus, cesse de vouloir en faire quelque chose d'insignifiant, tu es manifestement très malheureux. Pourquoi ne pas l'interroger à propos de ce stupide contrat, écouter son explication et oublier tout ça ?
Mais l'expression affichée sur son visage lui disait qu'il n'allait rien faire de la sorte. Il était déterminé à ruiner chacune des bénédictions de sa vie et plus que déterminé à voir le mauvais côté des choses.
Minerva soupira.
– Pour un homme intelligent, Severus, tu peux parfois te montrer singulièrement stupide.
oOo
Severus revint affamé de son petit–déjeuner et dans un état pire qu'avant sa rencontre avec Minerva. Il ne savait pas à quoi il s'était attendu, peut–être à une réconfortante tape dans le dos et l'assurance qu'il prenait la bonne décision. Minerva, semblait–il, n'était pas la personne à aller voir pour ça. Elle ne lui aurait même pas accordé le plaisir de faire semblant. Cela le perturbait vraiment de penser qu'il avait besoin de ce genre de réconfort de la part d'un tiers. Il s'adoucissait vraiment avec l'âge. Il entra dans ses appartements avec la ferme intention de s'allonger un peu avant ses cours et, si possible, de briser quelque chose pour apaiser sa colère et de vraiment s'arrêter de pleurer – une chose qu'il considérait comme impardonnable, étant donné qu'il avait vu nombre de ses amis mourir et qu'il n'avait jamais versé la moindre larme.
– Salut !
Il sursauta et rougit sous l'effet de la surprise. Elle n'était pas censée se trouver là, elle devait être à Londres en train de réconforter la douzaine de Weasley qui logeaient dans la maison de Potter. Elle ne devait revenir que le soir, après que plusieurs 4ème année l'aient rendu dingue, après le récurage d'un ou deux chaudrons fondus. Ces conditions réunies, il aurait été dans le bon état d'esprit pour lui briser le cœur.
Elle n'était assurément pas censée être assise sur son lit à sept heures trente du matin, bien avant l'horaire prévu, le visage frais et pimpant.
– Tu n'es pas censée pas être ici, fit–il stupidement remarquer et il sentit son cerveau gifler sa tête.
Hermione fronça les sourcils puis sourit en penchant légèrement la tête sur le côté.
– Et où suis–je censée être ?
– À Londres.
Elle rit tandis qu'il se frappait mentalement encore une fois.
– Tu es craquant quand tu es confus.
Eh bien, au moins elle avait le sens de l'observation. Il remua inconfortablement sur le pas de la porte.
– Tu devrais y aller et te préparer pour tes cours.
– Il est encore tôt, on a le temps, répondit–elle en se couchant pour s'étirer. Tu as une mine terrible. Tu n'as pas dormi cette nuit ?
– J'ai toujours une mine terrible.
– Oh, je ne voulais pas dire ça.
Il n'était vraiment pas préparé pour ça. Il n'avait qu'à ouvrir la bouche et tout lâcher afin d'en finir une fois pour toutes mais les mots s'esquivèrent et il se retrouva à trébucher sur les choses qu'il avait à dire.
– Peut–être que tu devrais partir… Tu as bientôt des cours et tu as sans doute des choses à préparer.
Hermione se redressa et lui adressa un regard interrogateur : ne venait–il pas juste de le lui dire, avec des mots différents ? Elle pensa qu'elle devait parler plus clairement.
– J'ai déjà tout fait, dit–elle en indiquant son sac, posé à côté du lit. Je pensais que je pouvais descendre et me reposer avant les cours. On a Potions en premier et si je suis déjà dans les donjons, je peux rester ici jusqu'à la dernière minute, non ?
– Oh… Bien… Est–ce que quelqu'un t'a vue venir ici ?
– Non, bien sûr que non !
À l'évidence, quelque chose n'allait pas. Severus se tenait dans l'embrasure, l'air d'un rat ahuri mais il était manifestement sur le point de montrer les dents et elle n'était pas d'humeur à discuter des problèmes qu'il pouvait avoir en ce moment. Elle venait de passer les premières heures de cette matinée à se disputer avec Ginny, à réconforter George et à aider Harry à tenir Draco loin de la gorge de Fred. Elle n'aspirait qu'à ce qu'on lui fiche une paix royale, au calme ou à un moment de tendresse.
Elle se glissa hors du lit et se dirigea vers lui, espérant le faire entrer dans la chambre d'une manière ou d'une autre et peut–être l'amener à se détendre. Elle lui prit la main et embrassa doucement chacun de ses doigts. Elle se relaxa quand son autre main se souleva pour lui caresser les cheveux.
– On a le temps, dit–elle à voix basse. On prend un café ?
Elle lui suça le pouce en faisant courir sa langue sur le coussinet de chair.
– Ou on pourrait faire autre chose ?
– Arrête ça, bébé.
Il avait presque sifflé les mots mais il n'était pas très convaincant. Il ne voulait pas qu'elle cesse et elle le savait.
– Je ne vais rien faire de mal, en fait, je crois que tu vas aimer.
Sa voix était devenue plus basse et elle lui sourit. Il ne cesserait jamais d'être stupéfait par ses qualités de séductrice, même ces cheveux qui ne ressemblaient à rien et cette robe d'école sans forme en faisaient une séductrice de première classe. Ça aurait probablement choqué ses plus grands admirateurs. Alors qu'il regardait ses petites hanches se balancer et sa robe s'ouvrir pour révéler une jupe grise et une portion de son genou, il émit un infime gémissement. Elle lui offrit un large sourire et pressa son corps contre le sien.
– On ne peut pas…
Il parut s'étrangler avec les mots.
– … Les cours…
Tous ses doutes s'envolèrent quand elle glissa ses mains sous sa chemise. Il perçut une lueur de satisfaction dans ses yeux une seconde avant qu'elle ne se mette sur la pointe des pieds elle s'appuya de tout son poids contre lui et fourra son nez dans son cou. Il grogna doucement lorsque ses dents éraflèrent sa gorge pâle. Ses paumes étaient fraîches contre la peau chaude de son torse, elles cherchèrent et trouvèrent ses tétons. Puis ses mains descendirent, effleurant son ventre crispé. Quand sa chemise gêna une exploration plus poussée, elle renâcla avec impatience et, à sa plus grande stupéfaction, elle agrippa les deux pans de son vêtement et tira d'un coup sec, envoyant valser les boutons aux alentours.
Il en eut le souffle coupé, momentanément sans voix. Seigneur, Hermione savait comment l'exciter et assurément comment lui plaire. Elle avait été si empressée de découvrir les différentes manières de faire l'amour et Severus s'était parfois surpris de voir à quel point il pouvait se montrer inventif. Elle pouvait aussi se montrer incroyablement agressive, décidant seule de ce qu'elle voulait, refusant toute réponse négative. C'était une autre chose à laquelle il ne se serait jamais attendu venant d'elle mais s'il y réfléchissait logiquement, c'était une vraie Miss Je–sais–tout – certainement pas une craintive petite fleur – alors son agressivité sexuelle n'était vraisemblablement qu'une extension naturelle de sa personnalité. Il adorait ça et il adorait être le bénéficiaire de son désir.
Il secoua la tête pour tenter de s'éclaircir les idées, espérant ainsi recouvrer un peu de maîtrise de soi et de la situation mais son esprit était confus, comme tournoyant sous l'effet d'un filtre de désir.
– 'Mione… Bébé…
Elle le repoussa gentiment jusqu'à ce que ses épaules se pressent contre la solide porte de chêne et, avant qu'il ne puisse émettre le moindre mot, sa bouche couvrit la sienne et elle glissa sa langue entre ses dents. Brusquement, toute idée de la renier ne fut plus que lointain souvenir.
Il se débarrassa de sa chemise et l'attira fermement contre lui, ses mains courant à l'arrière de ses cuisses et sur ses douces fesses. Ses doigts fouillèrent sous l'élastique de son slip et plongèrent pour trouver les boucles humides entre ses jambes.
Elle brisa leur baiser et le repoussa de ses mains, le souffle rapide et saccadé.
– Oh, non, Severus. Je n'en ai pas fini avec toi.
Pas fini ? Mais qu'est–ce qu'elle veux faire d'autre ?
– Je t'aime, lui chuchota–t–elle, et il la crut.
Tendrement, elle plaça un insistant baiser sur son épaule puis descendit jusqu'à ce que sa langue puisse tourbillonner autour de son mamelon. Elle gémit doucement dans sa poitrine et murmura contre sa peau pâle :
– Tu as tellement bon goût.
Puis elle se mit à genoux en face de lui.
Le souffle manqua à Severus, déserta ses poumons et il regarda le plafond, en se demandant si les dieux pouvaient le sauver mais ils n'étaient nulle part. Elle posa ses lèvres sur son ventre plat puis rejeta sa tête en arrière et vit qu'il fixait quelque chose d'invisible au plafond.
– À quoi tu penses ? murmura–t–elle mais il ne répondit pas, effrayé de parler, de peur qu'elle ne s'arrête.
Hermione sourit avant de défaire sa ceinture et déboutonner son pantalon. Elle descendit le tout et il se sentit jaillir à l'air libre, entièrement en érection, douloureusement impatient qu'elle s'occupe de lui. Elle démêla son pantalon de ses pieds et le jeta au loin et tâtonna pour lui ôter ses bottes puis ses chaussettes. Elle adorait faire courir son doigt le long de l'étrange marque dentelée de sa cheville où la maille élastique l'avait serré. Elle embrassa sa jambe maigre en remontant, goûtant la sensation de ses poils noirs contre ses lèvres puis lécha l'os dur de sa rotule avant d'atteindre sa cuisse.
Il baissa les yeux vers elle. Il devait la voir parce que c'était une torture de ressentir ce qu'elle faisait sans l'observer.
Soudain, il réalisa que la porte n'était pas verrouillée et que n'importe qui pouvait entrer et l'empêcher de prendre du plaisir. Il tendit la main derrière lui et se mit à fouiller pour trouver le verrou. Elle ne lui avait même pas laissé le temps de prendre sa baguette pour verrouiller la porte. Pas que ça importe vraiment, personne n'oserait pénétrer dans ses appartements. Sauf Minerva…
Il recommença à tâtonner pour mettre la main sur le verrou.
– Qu'est–ce qui ne va pas ? murmura Hermione vers l'intérieur de sa cuisse.
– La porte…
Hermione sourit encore, tira sa baguette et scella fermement la porte avant d'effleurer ses cuisses tendues de ses mains, se dirigeant vers ses hanches osseuses, frôlant son sexe de ses pouces.
Severus grogna, il voulait qu'elle arrête ça, il voulait sa bouche sur lui plus qu'il ne voulait sa prochaine inspiration. Un instant plus tard, son souhait fut exaucé. Ses doigts encerclèrent sa hampe gonflée et le caressa. Il ferma les yeux et plongea ses doigts dans ses cheveux, il fondait, tant le plaisir le consumait, puis la chaude humidité de sa bouche l'enveloppa, doucement veloutée et redoutable comme un péché. Il grinça des dents, le corps contracté et tremblant, comme un avertissement.
– Arrête, dit–il d'une voix grinçante en la repoussant pour reprendre le contrôle.
Son unique pensée était de l'amener dans le lit. Il l'embrassa en la faisant reculer dans la chambre jusqu'à ce qu'ils y soient. Il la relâcha et elle s'étendit sur la couette moelleuse en soulevant ses hanches pour enlever sa culotte. Elle jeta la petite pièce de tissu sur le sol et ouvrit ses jambes en geste d'invite.
– Aime–moi, chuchota–t–elle d'une voix rauque.
Merlin, comment aurait–il pu s'en empêcher ? Il n'avait jamais connu de femme aussi érotiquement tentatrice et son corps répondait à sa demande, poussé par un impérieux besoin. Il se plaça au–dessus d'elle, il cala ses mains de chaque côté de sa tête et sentit ses jambes s'enrouler à l'arrière de ses cuisses, le pressant vivement contre elle. Elle était brûlante, le souffle court et, étonnamment, encore habillée.
Son corps frissonna et, lentement, il s'introduisit dans son étroite chaleur accueillante. Ils échangèrent un grognement de plaisir mutuel. Elle arqua son dos avec un brusque halètement et souleva ses genoux autour de sa taille afin qu'il la prenne de plus en plus profondément à chaque poussée.
Peu importait le nombre de fois qu'il lui avait fait l'amour, il ne se lasserait jamais d'elle et il ne serait jamais assez plongé en elle. Il voulait devenir une part d'elle dans tous les sens du terme. La vague d'émotions se démêla, se brisant en une onde si puissante que son corps en trembla. Il s'enfonça en elle plus fort et plus rapidement, arrachant un cri essoufflé à Hermione tandis qu'il atteignait son sommet il plana sur la crête et jouit profondément en elle.
Lorsque sa respiration redevint normale, il se dégagea de sa si belle compagne et l'attira contre lui pour la bercer dans ses bras, en sachant que ce serait la dernière fois. Elle enfouit son visage dans son cou et laissa échapper un soupir de contentement.
– Je t'aime, murmura–t–elle doucement.
Severus ferma les yeux et déglutit avec difficulté. Il voulait lui répondre mais il savait qu'il ne pouvait pas.
oOo
Parashat Pinahas avait autrefois été un Mangemort et, par chance, c'était un des plus vieux amis de Severus Snape. Non pas que Snape eut passé beaucoup de temps en sa compagnie ces dernières années mais il lui avait évité Azkaban et le Baiser et Parashat savait qu'il lui devait une très grosse faveur. Jusqu'au lundi soir précédent, Snape ne lui avait jamais rappelé cette dette et Parashat était retourné à ses affaires, l'esprit libre. Il s'était trouvé un boulot respectable au Département du transfert des elfes de maison où il tentait vaillamment d'oublier son sordide passé. Mais, alors qu'il était sur le point de fermer son bureau ce lundi soir, il avait sursauté quand la tête de son vieil ami était soudainement apparue dans la cheminée pour lui parler de la façon dont il pourrait s'acquitter de sa dette.
Le résultat de cette conversation fut que le petit elfe de maison Non arriva au Musée de Arts Magiques et Antiquités en milieu de matinée le mardi et qu'il s'y présenta, muni de ses papiers de transfert, pour son nouveau travail. Il avait nerveusement piétiné sur place pendant un moment, attendant que quelqu'un vienne et lui dise quoi faire, que quelqu'un réalise qu'il n'appartenait pas à cet endroit. Puis il fut conduit vers les caves par un très vieil elfe qui semblait avoir deux fois l'âge de Non et dont il n'y avait aucun doute qu'il servirait le musée jusqu'à sa mort.
Une fois dans les caves, Non se détendit considérablement, il semblait que la majorité des elfes du musée avaient été au Manoir et il les connaissait bien. Les autres elfes se pressaient autour de lui, lui posant des douzaines de questions sur la façon dont il avait été libéré et ce qui l'avait conduit au musée. Non s'en tint au scénario bien répété que Snape avait élaboré. Il s'était opposé à Maître Draco à cause de sa relation avec Harry Potter et Maître Draco l'avait libéré. Il devait aussi s'efforcer de ne plus appeler Draco Maître ou de parler de Lucius dans les mêmes termes.
– Il est ici, tu sais, couina une petite elfe qui, d'après les souvenirs de Non, se prénommait Tess ou quelque chose comme ça. Lucius Malfoy est ici.
Non en trembla presque d'excitation mais il força une grimace sur son visage pour le cacher.
– Vraiment ?
– Oh, oui. Mais le conservateur est très possessif avec lui et aucun de nous n'a le droit de le toucher. Hob l'a laissé dehors sur le balcon un jour et il…
L'elfe s'interrompit et parut un peu atterrée.
– Bref… Il a disparu.
Si Non avait eu des sourcils, il en aurait soulevé un. Il avait toujours cru que les Mangemorts étaient tous exposés en vitrine, alors que faisait Maître Lucius dehors sur le balcon ?
– Plus personne ne veut prendre soin de lui maintenant. Hob était le quatrième elfe à disparaître mystérieusement. Il y en a eu trois autres mais il est possible qu'ils lui aient donné des coups de pieds.
– À qui ? Au conservateur ?
– Non, à Lucius Malfoy.
– Oh ? Mais pourquoi le conservateur est–il possessif avec lui ? demanda calmement Non. Il a reçu le Baiser alors pourquoi le conservateur pense qu'il est spécial ?
Tess regarda autour d'elle d'un air de conspirateur ; elle avait toujours apprécié Non.
– Je ne l'ai pas vu de mes yeux mais on dit que le conservateur l'amène dans sa chambre à coucher. En fait, on dit qu'il dort avec Malfoy dans son lit !
Non ne sut que dire, il ne put que fixer bouche bée la petite elfe qui colportait les ragots et fut reconnaissant au vieil elfe de revenir avec un bloc–notes et les papiers de Non. Il n'était pas au courant de l'arrivée d'un nouvel elfe, ça le rendait perplexe de ne pas savoir que faire du nouveau venu.
– Je pense que le conservateur s'est arrangé pour te faire venir pour surveiller son… jouet.
Il regarda vers Non d'air plein de mépris.
– Tu as déjà été valet chez les Malfoy avant ?
– Tu ne peux pas vouloir faire ça ! siffla immédiatement Tess. Tu vas disparaître comme les autres.
Non l'ignora.
– J'ai été le valet de Lucius Malfoy pendant dix ans.
– Bien, alors on va te préparer pour tes nouvelles fonctions. Tu ne retrouveras pas le Lucius Malfoy que tu connaissais et c'est le conservateur que tu dois servir, pas Malfoy.
Non essaya difficilement de ne pas sourire, Maître Draco allait être content.
oOo
Draco était encore furax contre Fred Weasley quand il atteignit le cours de Botanique, cet après–midi–là. Pire encore, la Botanique était peut–être le cours qu'il aimait le moins et, de plus en plus souvent, il se surprenait à regretter les Runes qu'il avait laissé tomber pour cette classe détestée. Apparemment, le professeur Chourave avait un problème avec le fait de dispenser un enseignement qui n'incluait pas une expérience pratique et, même lors de la séance d'aujourd'hui qui ne devait être que théorique, Draco savait qu'il terminerait probablement sale en dégageant une odeur épouvantable.
Son intuition lui donna raison alors qu'il entrait dans la classe, il vit que ces répugnantes serres de dragon qu'ils avaient mises en pot avaient grandi et qu'elles étaient posées sur leur bureau. Il soupira puis fit courir amoureusement ses doigts sur la couverture de cuir repoussé de son Medicus Botanica et comprit qu'une fois de plus, ils ne l'ouvriraient pas. Alors maintenant il avait Fred Weasley dans la tête et, dans une minute, il aurait de l'engrais jusqu'aux coudes. La conclusion parfaite d'une journée de merde.
Et bien sûr, qui pouvait oublier qu'ils allaient à l'évidence étudier les propriétés de cette série de plantes de dragon… encore une fois. Ce qui bien sûr signifiait que Chourave prenait un immense plaisir à ce que chacun prononce leurs noms latin encore et encore, juste pour – et il en était certain – rendre la vie de Draco plus inconfortable.
Calamus Draco, Periculum Draco, Novus Draco… La liste semblait interminable et, chaque fois qu'ils prononçaient son nom, Harry lui lançait un regard de biche à travers la classe… ce qui aurait pu être mignon si ça n'avait pas été agaçant à en cracher par terre.
Le raisonnement qui l'avait poussé à choisir ce cours lui avait semblé bien fondé. Il avait en commun avec son père une indéfectible méfiance pour les praticiens médicaux et les apothicaires. Son problème était qu'il serait forcé de prendre du Navitas toute sa vie, ce qui voulait dire qu'il devrait soit apprendre à faire confiance, soit apprendre à le faire lui–même. Il s'était décidé pour la deuxième option et s'était donné pour objectif de faire ce qu'il pouvait pour apprendre à faire pousser les ingrédients nécessaires. Par conséquent, les Runes avaient été oubliées au profit de la Botanique.
Oh, comme il détestait ça. Il était d'avis depuis longtemps que la Botanique était un cours pour crétins moyens (secondé dans ce domaine uniquement par la Divination qui avait totalement échappé à son attention). Il soutenait que le fait que Neville Londubat soit l'élève star de ce cours était la preuve de son opinion.
– Maintenant, le Morbus Draco (yeux de Harry sur Draco) sécrète un pus épais comme la sueur de son bulbe qui a de nombreux usages mais il est employé principalement contre la congestion. Sous sa forme pure cependant, il est très corrosif alors j'espère que vous avez vos gants en peau de dragon puisque vous raclerez les bulbes aujourd'hui.
Super.
Draco fouilla dans son sac à la recherche de ses gants, il avait appris depuis longtemps à ne pas prendre le calendrier des travaux théoriques de cette classe trop au sérieux. Il se demandait à quel point ce pus était corrosif et si le mettre en contact avec la gueule de Fred Weasley lui apporterait une quelconque satisfaction. Il décida immédiatement qu'il serait très content de tester cette hypothèse en particulier.
– Maintenant, soulevez le Morbus Draco en le tenant par sa tige épaisse (yeux de Harry sur Draco, encore une fois) et sortez–le du pot.
Beurk, ça empestait et le pus était jaune. Draco faillit vomir. Ouais, en barbouiller la figure de Fred Weasley serait immensément jouissif. Le salaud. S'il avait pu se montrer plus clair dans ses intentions, il se serait assis sur les genoux de Harry, la langue plongée au fond de sa gorge. Draco gratta durement le bulbe avec son strigile [2] et lui ôta un peu plus que le pus.
– Soyez prudent, Mr Malfoy, le bulbe du Morbus Draco est très sensible.
Il y eut une série de ricanements et encore plus d'œillades de la part de Harry.
Seigneur, je veux qu'elle arrête de répéter ce foutu nom.
C'était presque aussi chiant que d'étudier ces saletés de constellations en Astronomie tandis que Harry lui chuchotait : « C'est romantique, hein ? » chaque fois qu'il bougeait cette saloperie de télescope. Une fois de plus, Draco en vint à détester son prénom. Bon dieu, qui pouvait bien lui avoir choisi un nom pareil ?
Lucius et Narcissa Malfoy. C'était eux les responsables.
– C'est la plus magnifique constellation du ciel, lui avait dit Narcissa. Et quand tu es né, je pouvais la voir à travers la fenêtre, brillant pour moi.
– Et c'est fort et unique, avait ajouté Lucius. C'est un prénom dont tu devrais être fier.
Draco ne pouvait que remercier sa bonne étoile de ne pas avoir fait briller Orion cette nuit–là. Orion Malfoy, ça, c'était un nom.
Draco en frémit.
– Alors, comment va mon petit dragon ?
Draco sursauta et jeta un regard noir vers Harry qui s'était faufilé derrière lui.
– Putain, Harry. Ne m'appelle pas comme ça.
– Pourquoi pas ? Tu es un petit dragon. En fait, tu es mon petit dragon.
– Oui et mon père le pensait aussi et avait l'habitude d'utiliser le même terme. Alors, à moins que tu ne cherches à prendre sa place, cesse de m'appeler comme ça.
Harry haussa les épaules et leva les yeux au ciel. Il était joliment évident que son petit dragon était d'une humeur de chien aujourd'hui.
NdT :
[1] Ohshitfuckbuggerarseheadandhole! en vo. tirade prononcée par Bill Nighy dans le film Love Actually
[2] Le strigile est une sorte de racloir en fer recourbé.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
