Je ne possède pas Inazuma Eleven Go.

Chapitre 35

Certains joueurs échangèrent des regards perplexes. Apparemment je n'étais pas la seule à ne pas connaître cet homme. Mais Ever semblait aussi surprise que Mme Hills. Je me penchai vers elle et lui chuchotai :

- Tu sais qui c'est ?

- Il s'agit de Seymour Hillman, m'expliqua t-elle sur le même ton, sans cesser d'observer ce qu'il se passait au niveau des adultes. Il a été le premier véritable coach de Raimon, et aussi l'assistant de M. Travis lors du FFI.

Je la remerciai et reportai mon attention sur les adultes. Maintenant je comprenais mieux la surprise de M. Evans et de Mme Hills. Ils ne pouvaient pas s'attendre à le voir ici.

- C'est donc vous qui deviendrez l'Empereur Sacré si nous remportons le tournoi ? conclut M. Evans quand M. Sharp, M. Travis et M. Hillman eurent fini leurs explications.

De ce que j'avais compris, c'était ce qui allait se passer. Il fallait bien avoir un candidat au poste d'Empereur Sacré que était du côté de la Rébellion, étant donné que le Tournoi de la Route du Sacre servirait également à élire le nouvel Empereur Sacré. L'actuel, Alex Zabel, était bien entendu lui aussi en course. Si jamais nous perdions, il serait réélu et tous nos plans seraient réduits à néant. En revanche, si nous réussissions à gagner tous nos matchs jusqu'à remporter le tournoi, ce serait M. Hillman qui serait élu et qui prendrait donc la tête du Cinquième Secteur. Il pourrait ainsi mettre fin au football régulé, et la Rébellion aurait gagné.

Ce fut à ce moment là que je pris réellement conscience que tout reposait sur nos épaules. Les adultes avaient un plan parfaitement ficelé, et qui marcherait, mais uniquement si nous gagnions. Bizarrement, je ne ressentis pas la panique habituelle à laquelle j'avais droit dans ce genre de situation. Certes, nous avions des responsabilités énormes, mais nous pouvions le faire. Ce n'était pas pour rien que tous les partisans de la Rébellion comptaient sur nous. Nous avions les capacités d'y arriver, j'en étais certaine ! Avec un capitaine comme Riccardo, des attaquants exceptionnels tels que Victor, Ever et Michael, des milieux de terrains aussi déterminés qu'Arion, et une défense plutôt équilibrée comme celle dont je faisais partie, nous pouvions déplacer des montagnes ! Et puis, jusqu'ici je ne me débrouillais pas trop mal en tant que libéro. Les nouveaux joueurs qui arrivaient au fur et à mesure étaient eux aussi doués. Pour la première fois de ma vie, j'avais confiance en moi. C'était une sensation tellement agréable !

Malgré tout, notre gardien titulaire était dans le coma, et il était impossible qu'il ait récupéré d'ici la fin du tournoi. Mais même cette vérité ne ruina pas ma confiance en moi ; Samguk n'était pas en danger de mort, il allait guérir. Et puis, Bella était une excellente gardienne, de ce qu'elle nous avait montré. Avec elle, nos cages étaient bien protégées.

- C'est ça, approuva M. Sharp en hochant la tête.

M. Hillman se tourna vers nous et nous adressa un sourire chaleureux.

- Les enfants, je m'appelle Seymour Hillman, se présenta t-il avant de reprendre un air sérieux. J'ai vu vos matchs à la télévision. Vous vous débrouillez bien. Bien sûr, vous avez encore beaucoup de progrès à faire, mais avec un coach comme le vôtre, je suis sûr que vous allez réussir.

- Nous comptons sur vous, ajouta M. Travis.

- Vous pouvez ! assura Riccardo. Au nom de toute l'équipe, je vous promets que nous allons réussir !

Un murmure d'approbation parcourut toute l'équipe. Je constatai que je n'étais pas la seule à être emplie de détermination. Arion avait l'air tellement prêt à en découdre que des flammes semblaient danser dans ses yeux ; Ever serrait les poings avec un sourire confiant ; Michael et Victor, les plus réservés de l'équipe, souriaient de la même manière qu'elle. Même Eugène semblait confiant.

Les adultes nous donnèrent les derniers détails de leur plan, et nous pûmes rentrer chez nous. Le gardien de buts de la Royal Academy nous attendait toujours dehors, son portable à la main. Il releva les yeux en nous entendant arriver et sourit.

- Vous êtes au courant de tous, ça y est ? demanda t-il.

- Tu l'es toi ? s'étonna Victor en haussant un sourcil.

- Bien sûr, confirma le gardien en haussant les épaules. Maintenant que nous n'avons plus d'impériaux, la Royal Academy est devenue partisane de la Rébellion.

C'était vrai que M. Sharp avait déjà déclaré avoir renvoyé tous les impériaux de son équipe. D'un côté, j'étais contente pour eux : ils étaient redevenus une équipe qui pouvait jouer pour le plaisir de jouer. Mais d'un autre côté, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à ce qui était arrivé à Dracon. Oh et puis zut, ça ne me coûtait rien de demander !

- Est-ce que tu sais comment va Dracon ? lançai-je au gardien tandis que les autres commençaient à se regrouper autour de M. Evans et de Mme Hills.

- Dracon Yale ? vérifia t-il. Oui je sais, répondit-il après que j'eus hoché la tête. Il n'aura pas de séquelles de ce que lui a fait Rex. Par contre, je ne l'ai plus vu depuis que le Commandant lui a demandé de quitter l'équipe. Désolé, je n'en sais pas plus.

- Ce n'est pas grave, merci quand même.

Je suivis mes coéquipiers en direction de notre bus, des tonnes de pensées qui tournaient dans ma tête. Le Cinquième Secteur avait dû lui faire quelque chose après qu'il ait été renvoyé de l'équipe, maintenant qu'il ne leur était plus utile, mais quoi ? Je n'osais rien imaginer, ils étaient tellement cruels que tout était possible, et avec ma tendance à m'inquiéter et à me faire des films pour rien, je refusais de me prendre la tête avec cela. Je devais me concentrer sur la Rébellion.

Nous retournâmes au collège, et je pris la direction de chez moi après être passée récupérer mes affaires. Comme d'habitude, je fus accompagnée de Riccardo, mais cette fois-ci Gabi et Ever étaient avec nous. Quand je demandai pourquoi, Gabi sourit et m'expliqua :

- Ever et moi allons dîner chez Riccardo.

- Tu veux venir ? me proposa ce dernier.

Mon premier réflexe aurait été de répondre oui, mais j'hésitai. N'allais-je pas gêner Ever ? Je n'avais pas oublié qu'elle était amoureuse de notre capitaine, et j'avais peur de la déranger. Mais Gabi était là aussi, donc ils ne seraient pas seuls, que je vienne ou non. Je souris donc à mon tour.

- Bien sûr, avec plaisir ! acceptai-je. Je dois demander à ma mère avant par contre, ajoutai-je en me demandant si elle allait accepter.

- Il n'y a pas de problèmes, nous t'attendrons ici, dit Ever.

Je les remerciai, en particulier Riccardo pour l'invitation, et nous reprîmes notre conversation. Elle tournait en grande partie sur ce que nous avions appris aujourd'hui. Ils avaient la même opinion que moi : gagner serait dur, mais nous en étions capables. Je ne pouvais m'empêcher de sourire, je me sentais tellement bien dans cette équipe, avec des amis comme eux et les autres. Je n'avais jamais été aussi heureuse de toute ma vie.

Quand nous arrivâmes devant chez moi, je pris une grande inspiration et entrai, alors qu'ils m'attendaient devant le portail. J'entendis Ever et Gabi s'extasier sur ma maison, j'avais complétement oublié qu'ils ne savaient pas que j'étais riche. J'espérai qu'ils n'allaient pas m'en vouloir de ne pas leur en avoir parlé...

- Mère ? fis-je en m'avançant dans l'entrée. Tu es là ?

- Oui, me répondit-elle, du salon selon la provenance de sa voix.

J'y allai, et la découvris assise sur le canapé, un livre à la main. Elle leva les yeux en m'entendant entrer.

- Tu veux me dire quelque chose ? devina t-elle avec son habituelle perspicacité.

- En fait, commençai-je en faisant de mon mieux pour ne pas bafouiller devant son regard perçant, un ami m'a invité à dîner chez lui. Est-ce que je peux y aller ? conclus-je en baissant la voix malgré moi.

Mère était tout de même impressionnante. Je ne savais pas du tout ce qu'elle allait répondre, elle était imprévisible. Elle haussa un sourcil.

- Un ami t'a invité à dînez chez lui ? répéta t-elle en insistant sur le mot "ami".

D'accord, je comprenais ce qui la surprenait. C'était la première fois que j'étais invitée quelque part par un garçon. J'espérai juste qu'elle n'allait pas en tirer des conclusions hâtives... Je me mettais le doigt dans l'œil.

- Est-ce que tu as des sentiments particuliers pour ce garçon ?

Elle n'y allait pas par quatre chemins... Le contraire m'aurait étonnée. Je secouai vivement la tête. Moi, amoureuse de Riccardo ? J'appréciais beaucoup notre capitaine, mais pas de cette manière. Je le laissais volontiers à Ever.

- Non, répondis-je. Riccardo est quelqu'un de très bien, mais je ne suis pas amoureuse de lui.

- Riccardo ? s'étonna t-elle en écarquillant les yeux. Tu veux dire, Riccardo Di Rigo ?

Oh non ! Et si elle savait qu'il était le capitaine de l'équipe ? Elle trouverait ça bizarre que je sois amie avec lui, elle mènerait son enquête et découvrirait la vérité ! Comment avais-je pu faire une gaffe pareille ?! Je me retins de me mordre la lèvre inférieure et dit avec un ton que j'espérais naturel :

- Oui, exact. Pourquoi, tu le connais... ?

- Lui, non, répondit-elle à mon plus grand soulagement, mais ses parents très bien. Des gens très respectables, et de notre classe sociale qui plus est. Je suis contente que tu commences à te faire des amis qui en valent la peine, reprit-elle en souriant. C'est d'accord, tu peux aller dîner chez eux. Tu salueras Claire et Alessio de ma part, et soit de retour avant 21 heures 30.

Sur ces mots, elle retourna sur son canapé et reprit sa lecture. Je me précipitai dans l'escalier menant vers ma chambre, le coeur battant. Evidemment, elle connaissait le nom de Di Rigo à cause de leur richesse ! Une vague de soulagement m'envahit tandis que je posais mes affaires et que je redescendais. Je rejoignis mes amis et leur annonçai que c'était bon, et nous nous dirigeâmes vers la maison des Di Rigo, joyeux.

Désolée si les chapitres manquent un peu d'action, à partir du prochain match les choses devraient recommencer à bouger. Bonne journée/soirée/nuit à tous et à toutes ! ^^