Seigneur Dieu, l'histoire continue et je vais devoir me contenir pour que ça ne parte pas dans du grand n'importe quoi ( ma spécialité, arrivée à un certain moment dans mes histoires...) Ceci étant dis, je suis toujours aussi contente de recevoir vos reviews, et je vous en remercie vraiment ! Je sais que le chapitre précédent n'a pas fait l'unanimité, mais promis, il y aura confrontation. A un moment donné. =D Bonne lecture !

Léna Devans, Las Vegas, Nevada 12 h 43

Je le laissais emmener l'homme en salle d'interrogatoire tandis que j'emmenais Lucie manger dans une pièce adjacente. Lucie. C'était un joli prénom décrétais-je. Et il allait bien avec ses cheveux bruns et ses prunelles chocolat immenses.

« Qu'est-ce que tu veux ? Interrogeai-je. Dis-moi et je verrais si je peux trouver.

- Est-ce que mon papa va aller en prison ?

- Je ne sais pas, il devrait ? Je savais très bien ce qu'elle devait vivre chaque jour, je l'avais senti dès que je les avais vus. Elle haussa les épaules comme si ça n'avait pas d'importance. D'accord. Tu veux une pizza ? Silencieuse, elle hocha affirmativement la tête. J'interpellais un agent qui s'empressa d'agir. Tu veux quelque chose d'autre ?

- Pourquoi vous êtes gentille avec moi ? Mon papa il dit que les femmes sont toutes méchantes.

- Ah oui ? Peut être que je ne suis pas comme celles là alors. Je lui souris tendrement. Je tirais sur ma boucle d'oreille et finis par l'enlever. Elle te plaît ? Elle acquiesça. Je te la donne alors. Et je vais te dire un secret. Tu ne le répéteras pas ?

- Non ! Je sais garder les secrets. Dit-elle en la prenant.

- Quand j'étais petite, j'étais comme toi. On me l'a offert pour que je puisse lui raconter tout ce qui se passait. C'était mon porte bonheur. A nouveau, mes lèvres se soulevèrent. Je vais te donner mon numéro de téléphone et si tu as… Envie de parler ou de me dire quelque chose, tu m'appelles quand tu veux.

- D'accord. »

Je lui griffonnais mon numéro avec un féroce envie de pleurer, là maintenant, tout de suite. Spencer revint bientôt et je dus lui sembler pitoyable, avec mes yeux humides et mon nez un peu rouge. Mais il ne dit rien et il posa uniquement sa main sur mon épaule en la pressant doucement.

Je me serais écoutée, j'aurais fondu dans ses bras. Lucie sembla comme émerger d'un long sommeil et se leva pour serrer mes jambes. Je la saisis et l'enserrais fortement contre moi, un nœud dans la gorge. Je ne sais pas combien de temps je la tins ainsi, mais je n'avais pas envie de la lâcher.

Aaron croisa brièvement mes yeux et il sut. Aucun mot n'était nécessaire. Pourtant, la faim me força à la laisser partir et je mangeais difficilement. J'avais une envie de tuer son père comme une très ancienne vengeance.

« Léna ? Est-ce que ça va ? Me demanda Derek en sortant de l'interrogatoire.

- C'est lui ?

- Je ne sais pas. Il correspond au profil, mais il n'y a aucune preuve.

- Alors il va rentrer bien tranquillement chez lui ?

- Un problème ? Il avait l'air étonné. Je n'étais pas profiler, mais moi je savais.

- Je crois que j'ai un problème avec le fait de laisser repartir un père violent avec sa fille. Ne me demande pas comment je sais. Je sais, c'est tout. »

Je me focalisais sur la fillette qui mâchonnait sa part de pizza sans conviction. J'avais été comme elle un jour. Avec une envie de me transformer en meuble pour qu'enfin on fasse attention à moi.

« Je ne peux pas Derek. Je ne peux pas. »

Je me redressais et sortis vivement de la pièce, dès qu'il franchit la porte de la salle. Je lui envoyais une droite qui s'écrasa sur sa pommette, soufflais et quittais le poste sans qu'aucun cri ne puisse me retenir.

Je pensais en avoir fini avec tout ça, que ça ne me rongeait plus de l'intérieur depuis un moment, mais il fallait croire que j'avais tord. Ca m'arrivait un peu trop souvent d'ailleurs en ce moment. Je me laissais tomber sur un banc et lâchais enfin toutes les larmes que je retenais.

J'avais froid, je reniflais et des torrents de larmes coulaient sur mes joues. En quelques semaines j'avais fais face à plus de chose que durant tout le reste de ma vie. Combien de temps tiendrais-je encore à ce rythme ? Un passant me tendit un mouchoir et je me dis que je devais décidément les attirer.

« Tu lui as fracturé la mâchoire. Je relevais les yeux sur Spencer, qui avait l'air très sérieux.

- Ne compte pas sur moi pour aller m'excuser.

- On va faire passer des examens à la petite et le garder plus longtemps. Je penchais la tête.

- Merci.

- Allez, viens. »

Il m'attira à lui et je pus me moucher allègrement dans son gilet sans qu'il ne me fasse la remarque. Je devrais peut être songé à arrêter de me montrer toujours si faible alors qu'il était là, près de moi. Dans ses bras, c'était comme si je disparaissais du regard des autres.

De longues minutes plus tard, il prenait ma main et me ramenait au poste, complètement inconscient des commentaires que nous provoquions sur notre passage. Il était si… lui-même que je me demandais combien de temps il mettrait à se rendre compte que j'étais complètement folle.