DaPlok remercie LoloVoldy, BellatrixSnape92, TheWorldOfMagic, MiniMichael3 et Mrs Elizabeth Darcy 31 pour leur review.


Chapitre. 35

— A trois, on devrait pouvoir trouver une solution pour te renvoyer à ton époque.

— Tu te connais assez pour savoir que j'ai retourné le problème dans tous les sens.

— Manifestement, un élément t'a tout de même échappé.

— Ce qui ne t'arrivera pas à toi puisque tu es un insupportable-monsieur-je-sais-tout !

— Qu'est-ce que tu me fais là, au juste ?

— Désolé, je pensais que tu venais de lancer un concours d'évidences.

— C'est que tu serais presque drôle si tu n'étais pas aussi lourd.

Réveillée par ces voix tellement semblables qu'à l'aveugle, il lui semblait qu'un seul homme était en train de parler, Hermione ouvrit lentement les yeux. Elle se découvrit ainsi allongée sur un sofa, les jambes étendues et la tête reposant sur les cuisses de son Rogue, assis à une extrémité et en pleine discussion avec celui du futur, installé dans le fauteuil d'en face.

— Deux Severus pour moi toute seule… s'extasia-t-elle en se redressant en position assise contre le sien, sur l'épaule duquel elle appuya sa joue.

— On parlait de comment lui faire reprendre sa place, l'informa celui du présent.

— Oh, et dire que je pensais que vous vous disputiez…

— On peut très bien faire les deux en même temps, fit celui du futur.

— Je vais vous laisser « faire les deux en même temps » et retourner à l'infirmerie avant que Madame Pomfresh ne retourne tout le château, leur dit-elle dans un bâillement.

— On s'est occupé de ça, répondirent-ils d'une même voix assurée.

— Je crois que je préfère ne pas savoir comment.

— Tu aurais tort : comme il ne peut pas faire de magie, il m'a expliqué un sort brillant qu'il a développé pour dupliquer des personnes ! Je l'ai utilisé pour créer un double de toi et moi afin qu'ils nous remplacent là-bas jusqu'à ce qu'on ne soit plus sensés y être. Quoi ?

— C'est juste que tu as la même lueur dans les yeux quand tu parles de ta découverte que quand tu me découvres moi, et je ne sais pas très bien comment je dois le prendre…

Tandis que le Rogue du futur dissimulait son sourire moqueur derrière sa main, l'actuel le fusilla du regard. Puis embrassa longuement Hermione à qui il coupa littéralement le souffle.

— On pourrait s'y remettre avant que vous finissiez par vous envoyer en l'air sous mes yeux ?

Ainsi passèrent-ils la convalescence du couple cloîtrés tous les trois dans les appartements du maître des potions. Les deux versions ne se glissant à l'extérieur qu'au milieu de la nuit pour se faufiler à la bibliothèque récupérer des ouvrages dans la réserve avec interdiction formelle pour la Gryffondor de les y suivre. « On est des espions » avaient-ils argué en chœur pour justifier ce droit qu'ils s'autorisaient en le lui refusant. Seulement, malgré des heures et des heures de lecture de livres tous plus complexes les uns que les autres et un nombre incalculable de sorts lancés, ils n'aboutirent à aucun résultat.

— Vous nous avez beaucoup parlé de ce qu'il s'était passé avant que l'autre moi ne meure mais jamais après… fit-elle un matin remarquer au Rogue du futur.

— Quoi ? s'écria le sien, les traits déformés par une inquiétude soudaine qu'elle ressentit en elle de plein fouet.

Elle ne lui répondit néanmoins rien, trop concentrée sur le bref tirage de manches de son autre lui et qui avait automatiquement suivi la remarque qu'elle lui avait faite. Elle quitta lentement l'accoudoir du fauteuil sur lequel elle était assise pour être près de son Rogue et alla s'asseoir à côté de celui du futur sur le sofa. Avec délicatesse, elle lui retroussa lesdites manches pour avoir accès à ses poignets, qu'elle n'eut pas besoin d'examiner après les avoir saisi, le relief qu'elle sentit alors sous ses doigts ne faisant aucun doute.

— Oh, Severus… soupira-t-elle dans un mélange de tristesse et de compassion.

— J'étais seul dans la salle de bains… il y avait cette lame de rasoir posée sur le lavabo… les enfants venaient de repartir à Poudlard après l'enterrement…

La jeune femme jeta un œil en direction de son Rogue dont elle surprit le regard catastrophé. Mais n'ayant pas quatre bras, dut renoncer à le prendre dans les deux seuls qu'elle avait, pour y accueillir l'autre, qui sanglota dans son cou tandis que lui caressant les cheveux, elle prononçait des paroles apaisantes.

— Ce n'est pas possible, je ne peux pas devoir encore connaître le malheur…

— Maintenant qu'on est prévenu, on pourra faire en sorte que ça n'arrive pas. Vous pourriez me dire comment je vais mourir ?

Tuée par un mangemort, sur le chemin de traverse, le 14 avril de l'année de rentrée des jumeaux.

— Très bien, donc je ne sortirai pas ce jour là.

— Et tout le mois pour être sur. Peut-être même toute l'année.

— Si tu veux.