DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les personnages et l'univers de Downton Abbey appartiennent à Julian Fellowes et Carnival Film.

Rating : M+

Genre : romance / slash / Yaoi


Bonjour à tous !

Merci pour vos reviews. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion d'y répondre car le temps m'a cruellement manqué cette semaine, comme de plus en plus souvent :-(

Que cela ne vous décourage pas d'en laisser car je les lis toujours avec le plus grand bonheur.

Bonne lecture !


Chapitre 34

26 avril 1913 – St James Park, Londres

Gregory marchait lentement sur une allée de St James Park, Hermione accrochée à son bras.

-Veux-tu t'asseoir un moment ? demanda-t-il.

Pour toute réponse, Hermione hocha la tête. Ils bifurquèrent et s'installèrent sur un banc à proximité.

La cheville d'Hermione allait beaucoup mieux, mais elle était toujours bandée et elle devait rester prudente quand elle marchait.

Après deux semaines de repos complet, elle avait pu reprendre son travail et sa formation à l'Hôpital St Thomas. Bien qu'elle ait manqué plusieurs cours, elle n'avait pas accumulé trop de retard grâce à ses grandes facultés d'apprentissage et au fait que Gregory lui apportait ses devoirs à domicile. Quant à son travail d'infirmière, Madame Pomfrey avait fait preuve de beaucoup de compréhension et avait aménagé ses horaires afin qu'elle ne soit pas contrainte de rester debout trop longtemps et de marcher de trop longues distances. Ainsi, depuis son retour cinq jours plutôt, elle avait été affectée à la surveillance des salles communes et à l'inventaire des réserves.

Pour autant, Gregory s'inquiétait pour elle. Elle n'avait presque plus de séquelles physiques de son accident, mais elle était constamment morose et déprimée. Elle parlait peu et ne se nourrissait pas assez. Elle ne délaissait pas ses cours, mais Gregory sentait bien que le cœur n'y était plus.

-Mademoiselle Trelawney m'a fait des biscuits à l'avoine, dit-il.

Il sortit de sa poche les biscuits enveloppés dans une serviette blanche.

-Tiens, prends-en un, exigea-t-il. Je sais que tu les aimes beaucoup.

Sans protester, Hermione prit un biscuit. Elle en cassa un petit morceau qu'elle porta à sa bouche et le mâcha sans enthousiasme.

Ils restèrent là, pendant plusieurs minutes, sans dire un mot.

Gregory soupira. Cela aurait dû être une magnifique journée de printemps, inondée d'un soleil doux, du chant des oiseaux et des rires des enfants qui jouaient dans le parc. Une journée idéale où l'humeur est légère et les soucis remisés bien loin dans la tête.

- Hermione, je…

- Il ne reviendra pas, n'est-ce pas ?

Hermione avait parlé d'une voix calme, presque résignée. Gregory ne lui fit pas l'injure de prétendre ne pas comprendre de qui elle parlait.

- Il… il pense que c'est pour le mieux, répondit-il seulement.

- Pourquoi ? Parce qu'il n'a pas été en mesure de me venir en aide à Gibson Hall ?

- Eh bien… oui, il y a de ça.

Hermione leva les yeux vers les grands arbres nouvellement vêtus de leur feuillage vert, tendre et lumineux.

-Les hommes sont tellement ridicules, dit-elle. Pourquoi pensent-ils toujours que les femmes ont besoin d'être protégées ? Secourues ? Pourquoi pensent-ils que c'est ce que nous cherchons en eux ?

Elle avait dit tout cela d'un ton morne et dépité.

- Je ne pense pas que ce soit ridicule, répondit Gregory. Je suppose seulement que c'est une disposition naturelle chez nous… et cela ne veut pas dire que nous pensons que vous êtes faibles.

- Alors, il a eu raison selon toi ?

- Non. Je le lui ai dit, mais…

- Il ne t'a pas écouté.

- Non. Il est assez… têtu dans son genre.

Hermione secoua la tête en soupirant.

- C'est mieux comme ça, dit-elle.

- Quoi ?

- C'est mieux comme ça. J'ai agi bêtement en lui courant après de la sorte et en acceptant de l'épouser. C'était une erreur. Cela ne me ressemble pas.

Gregory restait dans l'expectative. Il ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait dire sans paraître opportuniste. Il s'éclaircit légèrement la gorge.

-Hum… tu… tu as fait ce que tu croyais bien. Il faut pouvoir suivre son cœur de temps à autre.

- Eh bien, regarde où cela m'a menée ! Je refuse de dépérir plus longtemps pour un homme qui a si peu d'estime de lui-même et qui est toujours amoureux d'une morte !

Elle avait élevé la voix si fort que plusieurs promeneurs s'étaient retournés sur leur passage.

- Vous avez un problème ? s'emporta-t-elle en direction d'un homme à moustache qui la dévisageait avec désapprobation.

L'homme se détourna en pressant le pas.

- Pourquoi dis-tu qu'il est toujours amoureux d'une morte ? questionna Gregory.

- Lily Evans, jeta Hermione avec humeur. La mère de Harry. Ils étaient fiancés.

- Snape était fiancé à la mère de Harry Black ? s'exclama Goyle, abasourdi.

- Oh bon sang, souffla Hermione en se rendant compte de l'impair qu'elle venait de commettre.

- Harry est-il au courant ?

- Justement, non ! Et il ne doit rien savoir. Je l'ai promis à Severus.

- Mais…

- Gregory, s'il te plait ! Promets-moi de ne rien dire à Harry ! Ni à qui que ce soit !

- D'accord, d'accord ! accepta Gregory. Je ne dirai rien. Tu as ma parole.

- Merci.

Gregory soupira et se pencha pour appuyer ses coudes sur ses cuisses.

- Mais tu te trompes au sujet de Snape, dit-il en fixant ses chaussures. Il t'aime vraiment.

Hermione resta stoïque.

- Cela n'a plus d'importance maintenant, dit-elle finalement. Ma convalescence m'a donné l'occasion de réfléchir à ce que je voulais vraiment. Et plus rien ne me distraira de mon objectif.

- Quel est-il ?

- Revêtir la cape rouge du corps des infirmières impériales.

- Les… les infirmières impériales ? Mais… tu…

- Sitôt ma formation terminée, je vais entrer dans l'armée, Gregory. Je serai une infirmière militaire à part entière.

Disant cela, elle fixa Gregory d'un air résolu, le défiant de dire quoi que ce soit. Mais Gregory ne dit rien. Il se contenta de hocher la tête.

-Tu sais que je ne suis pas un grand supporter de cette institution, mais… si c'est ce que tu souhaites, alors je te soutiendrai, dit-il.

Hermione lui répondit par un sourire. Elle prit sa main dans la sienne et la serra fort.

- Veux-tu bien me raccompagner à l'hôpital ? demanda-t-elle. Je dois bientôt reprendre mon service.

- Bien sûr.

Il lui tendit le bras pour qu'elle puisse s'y appuyer. Ils firent le chemin vers l'hôpital dans un silence étrange.

Une fois de plus, Gregory avait le cœur brisé mais il prit soin, comme toujours, de ne rien laisser paraître. Il savait ce que la décision d'Hermione impliquait : aussi longtemps qu'elle porterait la cape rouge, le mariage lui serait interdit.

O°O°O°O°O°O°O

Manoir Malfoy

Lucius savait qu'il faudrait du temps à Gregory Goyle pour obtenir des informations sur Voldemort. Il n'empêche qu'après une semaine, il commençait à s'impatienter. Il songeait sérieusement à lui téléphoner quand Carson entra dans le bureau.

-Lord Black demande à vous voir, Monsieur le Comte.

Lucius haussa un sourcil. Que lui voulait-il ? Ils ne s'étaient plus revus ni reparlé depuis la démonstration agricole. Harry Black venait-il le relancer au sujet du partenariat concernant l'achat d'autres machines ? Si tel était le cas, il s'était déplacé pour rien car il n'avait encore pris aucune décision.

-Monsieur le Comte ?

Lucius prit conscience que son majordome attendait toujours une réponse.

-Heu… oui. Faites-le entrer.

Carson s'inclina respectueusement tout en se demandant ce qui avait bien pu se passer entre les deux hommes. Il avait toujours eu le sentiment que Lord Malfoy et Lord Black s'appréciaient beaucoup. Or, depuis quelques semaines, Lord Black ne venait pratiquement plus au Manoir. Alfred lui avait évidemment rapporté l'incident, quand Lord Black, au mépris de la bienséance, s'était imposé dans les appartements de Sa Grâce. Lord Malfoy avait été excessivement contrarié et avait dit à Lord Black qu'il ne voulait plus le voir chez lui. Certes, l'attitude de Lord Black avait été cavalière mais Carson doutait que ce soit la seule raison du mécontentement de son maître.

Quoi qu'il en soit, il finirait bien par le savoir un jour ou l'autre. Tout finissait toujours par se savoir.

En attendant, il fit entrer Lord Black dans le bureau et referma la porte derrière lui.

- Bonjour Lucius, dit Harry en s'avançant prudemment. Je suis désolé de vous déranger.

- Vous ne me dérangez pas, répondit Lucius poliment. Qu'est-ce qui vous amène ?

Harry se dandina légèrement d'un pied sur l'autre.

- Eh bien… à vrai dire… je voudrais vous demander un service.

- Lequel ? demanda Lucius en fronçant les sourcils.

Il n'avait pas l'habitude de voir Harry Black aussi embarrassé.

- Je suppose que vous êtes au courant pour Ginny Weasley et Matthew Greengrass, continua Harry.

- Si je suis au courant ? ricana Lucius. Mon Dieu, Harry, toute l'aristocratie anglaise est au courant que votre petite protégée a fui comme une gourgandine avec un bon à rien de journaliste ! J'espère pour vous et votre propre réputation que vous avez pris vos distances avec cette jeune fille parce que, sans quoi, je…

Lucius s'interrompit en remarquant le visage crispé de Harry.

- Juste Ciel, souffla-t-il. Ce service que vous voulez me demander… ce n'est pas pour elle, tout de même ?

- Je crains que si, admit Harry.

Voyant que l'autre homme allait protester, il prit les devants.

- Ecoutez, Lucius. Je sais ce que vous pensez, et je me doute que vous n'avez pas envie de lui venir en aide…

- Je n'ai pas envie que mon nom soit associé de près ou de loin à celui de Ginevra Weasley ! coupa Lucius.

- Vous n'avez rien à craindre de ce côté-là. Tout ce que je vous demande, c'est d'obtenir une information auprès du Foreign Office.

- Le Foreign Office ? répéta Lucius en plissant les yeux. Que voulez-vous savoir au juste ?

Harry soupira.

- Le… le jeune homme avec lequel Ginny s'est enfuie, Michael Corner, est journaliste, comme vous le savez. Il devait se rendre à Vienne pour… je ne sais quoi en relation avec son travail.

- Et ?

- Ginny est inquiète, continua Harry. Elle a voulu appeler Michael à son hôtel à Vienne mais on lui a dit qu'il n'était jamais arrivé. Et il ne donne aucune nouvelle.

- La belle affaire. Il a très bien pu changer ses plans. Ou bien, il lui a menti sur sa destination pour se débarrasser d'elle.

- C'est ce que j'ai pensé aussi, mais Ginny soutient que Michael ne lui ferait jamais une chose pareille.

Lucius leva les yeux au ciel.

- Et bien sûr, Mademoiselle Weasley nous a déjà démontré à de multiples reprises combien son jugement était fiable !

- Lucius, plaida Harry, tout ce que je vous demande, c'est d'appeler le Foreign Office afin qu'ils se renseignent sur un citoyen britannique qui aurait disparu en Autriche.

- Pourquoi pensez-vous que je suis en mesure de vous aider ?

- Draco… Draco m'a dit que vous aviez gardé des contacts là-bas, du temps où votre père était ministre des affaires étrangères.

- Draco. Bien entendu.

Lucius se tendit imperceptiblement. Il lui faudrait encore du temps pour ne plus réagir à l'idée que son fils et Harry Black étaient… Bref. Il lui faudrait du temps. Beaucoup de temps.

Pour autant, il devait admettre que le Comte de Gryffindor était plutôt courageux. Il aurait pu passer par Draco pour lui demander cette faveur, au lieu de quoi, il s'était présenté en personne. Il avait du mal à ne pas l'apprécier pour cela.

Il fit une moue agacée. Décidemment, ce jeune homme lui inspirait beaucoup trop de sentiments contradictoires.

Lucius soupira ostensiblement.

-Ne pensez-vous pas que j'ai suffisamment aidé les Weasley pour le reste de ma vie, Potter ?

Harry sourit largement. Draco usait toujours de son nom de famille sur le même ton quand il était agacé mais néanmoins disposé à obtempérer à ce que Harry disait ou demandait.

-Je crois bien, oui, confirma-t-il en riant. Mais acceptez-vous tout de même de le faire ?

Lucius lui lança un regard noir mais, contre toute attente, décrocha le téléphone qui se trouvait sur son bureau et demanda une ligne à l'opératrice. Quelques instants plus tard, il entendit Lucius dire :

-Evan Rosier, je vous prie. De la part de Lord Malfoy.

Il fallut encore quelques secondes avant que Lucius obtienne son interlocuteur.

- Rosier ? Lucius Malfoy à l'appareil… Oui, je vais bien. Et toi ?... Et comment se porte Druella ?... Oh, parfait… Oui, je t'appelle pour une raison précise. J'aurais besoin de renseignements à propos d'un certain Michael Corner. Il est journaliste…

- Il est propriétaire du London Weekly, glissa Harry.

- Propriétaire du London Weekly, répéta Lucius. Il devait se rendre à Vienne mais il semble qu'il n'est jamais arrivé là-bas. Peux-tu te renseigner pour moi ?... Oui, il est citoyen britannique… Quand a-t-il été vu pour la dernière fois ? Oh…

- A Milan, il y a un mois et demi, précisa Harry.

- A Milan, il y a un mois et demi… Non, ce n'est pas un ami à moi. C'est une connaissance… d'une connaissance qui s'inquiète d'être sans nouvelle depuis tout ce temps… Hm… hm hm… d'accord… parfait, merci pour ton aide, Rosier. Et salue Druella de ma part… Oui, bien sûr… J'en parle à Narcissa et elle appellera Druella pour fixer une date. A bientôt.

Lucius raccrocha.

- Il va se renseigner et il me tiendra au courant, dit-il.

- Merci, Lucius. Merci beaucoup.

Harry allait prendre congé quand Lucius consulta sa montre.

- Pourquoi ne pas rester déjeuner avec nous ?

- Je… je… heu… oui… oui, certainement, balbutia Harry.

- Bien. Dans ce cas, je vais prévenir Carson.

Lucius se leva et sortit du bureau, laissa Harry encore abasourdi par cette proposition.

O°O°O°O°O°O°O

Le temps que le déjeuner soit servi, un valet vient chercher Harry pour le conduire dans le petit salon. En traversant le hall, il croisa Ariana.

-Harry ! s'écria-t-elle joyeusement. Quel plaisir de vous voir !

Elle s'avança et l'embrassa sur la joue.

- Bonjour, Ariana, répondit Harry. Je suis très heureux de vous voir également. Cela faisait longtemps.

- Bien trop longtemps ! Comment allez-vous ?

- Très bien. Et vous ?

- Fort bien. Je m'apprêtais à me rendre à la nurserie passer un peu de temps avec Charlotte. Voulez-vous m'accompagner ?

- Avec plaisir. Charlotte doit avoir terriblement changé depuis la dernière fois où je l'ai vue.

- Oh, vous n'avez pas idée ! Je suis sûre que vous peineriez à la reconnaître.

Ils montèrent ensemble le grand escalier et prirent le chemin de la nurserie.

- Qu'est-ce qui vous amène au Manoir ? Si vous voulez voir Draco, il s'est rendu au village. Il devrait être de retour dans peu de temps.

- En fait, j'étais venu voir Lord Malfoy.

- Oh, vraiment ? Rien de fâcheux, j'espère ?

- Rien de fâcheux pour moi. J'avais un service à lui demander à propos de Ginny Weasley.

- Oh, oui, souffla-t-elle. Draco m'a dit qu'elle était sans nouvelle de son soupirant. La pauvre. J'ai de la peine pour elle.

- Lord Malfoy m'a assuré qu'il tâcherait d'obtenir des informations.

Ariana sourit.

- Je suis heureuse que Lucius soit revenu à de meilleurs sentiments à votre égard.

- Oh, je ne me fais pas d'illusion. Je sais qu'il désapprouve ma relation avec son fils de toutes les fibres de son être, et que sa cordialité ne tient qu'à la crainte de le perdre.

- Je ne sais pas, Harry, dit-elle pensivement. Lucius n'est pas un parangon de vertu. Il n'a jamais accordé beaucoup d'importance à la religion. Quant à ses valeurs morales, elles sont à géométrie variable suivant ses intérêts.

- Que voulez-vous dire ?

- Je veux dire que les… préférences de son fils ne lui importent peut-être pas tant que ça, du moment que les apparences sont sauves.

- Dans ce cas, pourquoi s'en est-il pris à Thomas Barrow ?

- Lucius n'aimait pas Barrow. Contrairement à vous.

- Quoi ?

- Lucius vous aime beaucoup, Harry. Il vous respecte.

- Mais…

- Vous l'avez déçu, évidemment, continua Ariana. Il n'imaginait pas une seconde que vous puissiez partager la nature de Draco. Je suppose que c'est ce qui l'a mis tellement en colère… Mais il vous apprécie vraiment, croyez-moi.

Harry fixa Ariana, un peu éberlué. Avant qu'il ait pu répondre quoi que ce soit, elle ouvrit une porte devant laquelle ils s'étaient arrêtés.

A l'intérieur de la nurserie, la nounou venait de replacer Charlotte dans son lit à barreaux. La petite fille se tenait debout, ses petites mains potelées serrant fermement la barre. Quand elle aperçut sa mère, elle gigota en faisant de grands sourires.

-Bonjour ma petite chérie ! chantonna Ariana en se dirigeant vers elle pour la prendre dans ses bras.

Charlotte gazouilla de plus belle.

- Elle a bien mangé ? demanda Ariana à la nounou.

- Beaucoup mieux qu'hier. Apparemment la petite demoiselle préfère les carottes aux petits pois, répondit la nounou en souriant.

- Si ça ne vous ennuie pas, j'aimerais lui donner son repas du soir.

- Bien sûr, Madame. Nous vous attendrons. Charlotte sera ravie.

- Tu entends ça ? Tu vas manger avec Maman ce soir ! dit Ariana en posant un petit baiser sur le front de sa fille.

Puis se tournant vers la nounou :

- Vous pouvez nous laisser, Nanny. Je vais rester un peu avec elle.

- Bien Madame. Faites-moi appeler quand vous le voulez.

- Merci Nanny.

La nounou partie, Ariana s'approcha de Harry.

-Regarde qui est venu te voir, ma chérie. C'est ton oncle Harry.

Harry écarquilla un peu les yeux.

- Oncle Harry ?

- Bien sûr. Vous faites partie de notre famille, Harry.

Il se sentit étrangement ému. Du bout du doigt, il caressa la joue dodue de la petite fille.

-Bonjour Charlotte.

La petite fille n'était pas avare de sourires. Elle attrapa le doigt de Harry avec une rapidité surprenante et le serra de toutes ses forces.

- C'est incroyable ce qu'elle a grandi, murmura Harry.

- N'est-ce pas ? dit fièrement Ariana. C'est un bébé merveilleux. Elle est calme et toujours joyeuse. Nanny Smith ne tarit pas d'éloges sur son caractère.

- Elle vous ressemble énormément.

- C'est ce qu'on me dit souvent. C'est une chance. Mais moi, je vois surtout la ressemblance avec son père…

Ariana s'assit sur une chaise à bascule, prit un hochet et l'agita devant Charlotte pour l'amuser. Harry observa la mère et la fille avec un mélange de tendresse et de mélancolie. Il prit soudainement conscience que cette femme tenait entre ses bras tout ce qui lui restait de l'homme qu'elle avait aimé. Cette pensée lui serra le cœur et il se prit à songer à ce qu'il ressentirait si Draco devait lui être enlevé. Cette idée lui était tout simplement insupportable.

-Comment avez-vous fait ? murmura-t-il après un temps. Je veux dire… pour… après…

Harry n'acheva pas sa phrase, se rendant compte de son indiscrétion.

- Pour continuer après la mort d'Edward ? acheva Ariana à sa place.

- Je vous prie de m'excuser, dit Harry. Ce n'est pas…

- Il n'y a pas de mal, Harry. Pour tout dire, je n'avais pas le choix. J'étais enceinte de Charlotte. Je me devais de me battre pour elle.

- Et s'il n'y avait pas eu Charlotte ?

Ariana soupira.

- Sincèrement, je n'en sais rien… mais je ne crois pas qu'Edward aurait voulu que je dépérisse à cause de lui.

- Il vous manque ?

- Oui. Je pense à lui tous les jours. Mais aujourd'hui, ça ne fait plus mal. Et je me dis que, là où il est, Edward doit être heureux pour moi. J'ai une magnifique petite fille, un mari qui me respecte et qui me soutient. Et j'ai Blaise.

- Il doit aussi vous manquer énormément.

- Oui. Il n'a pas l'occasion de m'écrire souvent mais aux dernières nouvelles, il va bien.

- Il va bientôt rentrer en Angleterre ?

- Il pense être de retour en juin. C'est tout ce que j'espère ! Nous pourrons…

Elle s'interrompit car la porte venait de s'ouvrir sur Draco.

- Harry ! Carson vient de me dire que tu étais venu voir mon père et qu'il t'avait invité à rester déjeuner ?

- Heu… oui. J'en suis le premier surpris.

Draco se contenta de sourire et sans se soucier de la présence de son épouse, il se pencha pour embrasser Harry.

-Je suis heureux que tu sois là, souffla-t-il.

Puis, il se tourna vers Charlotte.

-Comment va ma petite princesse ? dit-il en soulevant la petite fille dans ses bras.

Il la fit tournoyer au-dessus de lui, la faisant rire aux éclats.

Quand il la reprit contre lui, Charlotte agita ses petits poings, comme pour l'inciter à recommencer.

-Pa… pa !

Draco resta interdit un instant.

- Vous… vous avez entendu ?

- Oui, sourit Ariana. Je crois qu'elle a dit… Papa.

- Papa ! répéta Charlotte avec entrain. Papa !

- Oh, mon Dieu. Elle… elle a…

Draco semblait transfiguré. Tout son visage était comme illuminé de l'intérieur.

- Papa !

- Oui, ma princesse, murmura-t-il. Je suis ton papa.

Ariana s'approcha de son mari.

-Elle vient de prononcer son premier mot, dit-elle avec émotion. Et c'est « papa »… je crois que je suis un peu jalouse, rigola-t-elle.

Draco rit également en serrant la petite fille contre lui.

Harry observait la scène avec beaucoup de tendresse mais aussi un peu de gêne. Il se sentait un peu de trop dans ce tableau familial si parfait.

Comme s'il avait lu dans ses pensées, Draco tendit le bras et lui prit la main.

- Tu viens d'assister à un grand moment, Harry, lui dit Draco en souriant. Le premier mot de Charlotte Malfoy ! Ma fille est formidable !

- Certainement, dit Harry en riant. Tu peux être fier d'elle.

- Tu entends, ma princesse ? Oncle Harry a raison… je suis très fier de toi.

Une douce chaleur se répandit dans le cœur de Harry. Oui, il pourrait s'y faire à être Oncle Harry.

O°O°O°O°O°O°O

Le déjeuner fut plutôt agréable. Narcissa était ravie d'avoir Harry à table et le monopolisa durant pratiquement tout le repas. Bien entendu, chacun fit en sorte d'éviter les sujets fâcheux. On parla beaucoup de Charlotte et de son premier mot, et on fit des pronostics sur le temps qu'elle mettrait à dire « maman ». Harry nota avec un certain étonnement que Lucius semblait plutôt attendri par la conversation.

Après le repas, Lucius annonça qu'il avait du courrier à écrire et quitta directement la salle à manger. Ariana et Narcissa devaient se rendre ensemble au village pour assister aux préparatifs de la foire de printemps et prirent congé de Harry avec beaucoup d'effusion.

- Que dirais-tu d'une promenade à cheval ? Nous pourrions nous rendre à la clairière, proposa Draco.

- C'est une excellente idée, approuva Harry.

- Parfait !

O°O°O°O°O°O°O

Primrose Hill

Une demi-heure plus tard, Draco était juché sur Nimbus et Harry sur Thunder, un hongre de six ans qui, après avoir fait remporter plusieurs grands prix à Lucius, jouissait maintenant d'une retraite bien méritée.

Arrivés à la clairière, ils laissèrent leurs chevaux attachés à un buisson et descendirent le sentier qui menait à la rivière.

Draco s'assit par terre, adossé à un large tronc d'arbre. Harry s'installa entre ses jambes, le dos contre son torse et la tête posée sur son épaule. Ils restèrent ainsi quelques minutes, silencieux, profitant seulement du bruissement du feuillage, du gazouillis des oiseaux et du clapotis de l'eau.

- Tu te rends compte que cela fait un an que nous nous sommes rencontrés ici ? murmura Draco au bout d'un moment.

- Un an, soupira Harry. J'ai l'impression qui c'était hier et pourtant… tellement de choses se sont passées, entretemps.

- De merveilleuses choses, ajouta Draco en l'embrassant sur la tempe.

- Que ce serait-il passé si nous ne nous étions pas rencontrés ? Si je n'avais pas trouvé cette clairière ? Si tu n'avais pas essayé de me retrouver le lendemain ?

- Je n'y ai jamais vraiment réfléchi. Tu occupes toutes mes pensées depuis ce jour où je t'ai surpris en train de te baigner, répondit Draco en riant.

Il entoura plus étroitement Harry de ses bras et se pencha à son oreille.

- Mais je ne crois pas que cela aurait changé grand-chose. Nous aurions fini par nous rencontrer un jour ou l'autre et je serais invariablement tombé amoureux de toi.

- Tu crois ? Tu m'aurais détesté immédiatement et tu n'aurais rien voulu avoir à faire avec moi !

- C'est ce que j'ai fait. Le jour où tu m'as avoué qui tu étais vraiment. Et ça ne m'a pas empêché de tomber amoureux de toi ensuite.

- Tu… tu veux dire que… je croyais pourtant…

- Que j'étais tombé amoureux de James Evans ? Le bel inconnu qui se baignait dans la rivière ? Non, sourit Draco. Je l'aimais bien. Il… il m'attirait, évidemment. Mais l'amour, le vrai… il est venu après. Quand j'ai su qui tu étais.

- Pourquoi ne m'as-tu jamais rien dit ?

- Je ne pensais pas que cela avait de l'importance.

Draco appuya sa tête contre le tronc d'arbre, admirant les rayons printaniers qui jouaient dans les frondaisons.

- Ce n'est pas un hasard, dit-il. A cause de ce que j'ai subi à Azkaban, j'ai des trous de mémoire quant à certains moments de mon existence. Par exemple, bien qu'on ait passé plusieurs étés ensemble à Godric's Hollow, je ne parvenais pas à me remémorer ton visage ou le son de ta voix…

- Oui, je sais… c'est pour cela que tu ne m'as pas reconnu lorsqu'on s'est rencontrés ici…

- Je n'avais peut-être pas de souvenirs de ton visage mais mon cœur se souvenait de ce qu'il ressentait pour toi…

- Quoi ? s'exclama Harry en se redressant brusquement et en se retournant pour lui faire face.

Draco s'amusa de son air complètement ahuri.

- Tu as bien entendu. J'avais déjà des sentiments pour toi, à l'époque, confirma-t-il.

- Mais… c'est impossible ! Tu…

- Je voulais être ton ami, Harry. Et tu as refusé.

- Je sais… et je croyais que tu me détestais pour ça.

- Il faut croire que je suis un bon comédien.

Il eut un petit rire sans joie.

-J'ai vraiment eu de la peine quand tu es parti pour la Colombie, dit-il en lui caressant distraitement le bras. Je pensais que je ne te reverrais plus jamais. Puis, il y a eu Azkaban… et rien n'a plus été pareil. Jusqu'à ce que tu reviennes. Jusqu'à ce que tu me dises que tu m'aimes. Et là…

Draco ne put achever sa phrase car Harry l'embrassait possessivement.

- Tu te souviens de la dernière fois où nous nous sommes trouvés ici tous les deux ? demanda-t-il en s'écartant.

- Oui… je crois… c'était le lendemain de mon mariage.

- Tu allais partir en voyage de noces. Tu m'as pris dans tes bras et tu m'as dit que tu aurais voulu que les choses soient différentes. Et je t'ai répondu…

- Qu'elles étaient peut-être comme elles devaient être, acheva Draco.

- C'est ce qu'elles sont, Draco. Peu importe comment nous en sommes arrivés là, peu importe ce qui aurait pu se passer. Nous sommes là. Ensemble.

Draco sourit et enlaça ses doigts à ceux de Harry.

-Ensemble, répéta-t-il avant de l'embrasser à son tour avec tout l'amour dont il était capable.

Puis sans crier gare, il les fit rouler au sol tous les deux avant de se mettre debout et de tirer Harry par le bras pour qu'il se relève aussi. Avec un large sourire, il enleva sa veste et commença à dénouer sa cravate.

- Qu'est-ce tu fais ? demanda Harry.

- Ça se voit, non ? Je me déshabille.

- Mais… que…

- On va aller se baigner !

- Quoi ?

- Où est le problème ? N'est-ce pas ce que tu faisais il y a un an ?

- Oui… mais…

Draco terminait de déboutonner sa chemise, une lueur malicieuse dans les yeux.

- Effrayé, Potter ?

- Dans tes rêves, Malfoy, répondit aussitôt Harry en ôtant sa veste.

Quelques minutes plus tard, ils entraient dans l'eau en poussant de grands cris.

- Bordel de Dieu ! cria Draco. Cette eau est glacée !

- C'était ton idée ! répondit Harry en lui envoyant une grande gerbe d'eau.

Draco cria de plus belle mais ne demeura pas en reste. S'en suivit une bagarre où se mêlaient des cris et des rires… puis davantage. Il ne fallut pas longtemps avant que les mains ne se fassent plus pressantes, que la peau ne s'échauffe au contact de l'autre, que les bouches se trouvent et que les corps ne deviennent brûlants en dépit de la température de l'eau.

- J'ai eu envie de toi à l'instant où je t'ai vu, debout dans cette rivière, complètement nu, murmura Draco en mordillant la peau tendre du cou de Harry.

- La première fois où… où nous nous sommes baignés… ensemble, haleta Harry. Je… je t'ai... espionné… derrière un buisson… Bon sang, j'ai bandé comme un cheval rien qu'à te voir de dos…

- Je constate que je te fais toujours autant d'effet, dit Draco en prenant le sexe de Harry à pleine main.

Il le caressa lentement et fermement. Puis il poussa doucement Harry jusqu'à ce qu'il s'appuie contre un rocher. Il embrassa son torse, suça ses tétons, et descendit le long de son ventre.

-Draco, murmura Harry qui savait ce qui allait se passer.

Draco lui lança un regard un peu lubrique puis s'agenouilla dans l'eau et commença à sucer son membre avec gourmandise. Harry soupira d'aise. Il n'y avait rien au monde de plus divin que d'avoir son sexe dans la bouche de Draco… sans parler de la vision de pure débauche qu'il avait sous les yeux.

-Nom de Dieu, Draco ! Si seulement tu pouvais te voir, là, en train de sucer ma queue… mon Dieu… c'est… c'est tellement…

Draco leva les yeux vers lui, comme pour lui dire « tu n'as encore rien vu ». Et de fait, Harry n'avait encore rien vu. Draco détendit sa gorge au maximum et l'avala tout entier, si bien que son nez frottait dans ses poils pubiens.

-Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu, psalmodia Harry, submergé par la sensation de son sexe enfoncé si loin dans la gorge de son amant.

Draco inspira lentement par le nez et déglutit à plusieurs reprises, emprisonnant sporadiquement le gland de Harry au fond de sa gorge.

Harry crut bien défaillir. Jamais Draco ne l'avait sucé comme ça. Comment y arrivait-il, il n'en savait rien et pour tout dire, il n'en avait rien à faire. Tout ce qui comptait en cet instant, c'était que cette bouche continue à le sucer jusqu'à la fin des temps.

Draco recommença cette chose incroyable qu'il faisait avec sa gorge, et cette fois, Harry dut rendre les armes.

-Je vais jouir… Draco, mon Dieu, je vais…

L'instant d'après, Harry se répandait à longs traits dans la bouche de son amant, s'écroulant presque tellement ses jambes tremblaient de l'orgasme qu'il venait de ressentir. Les bras de Draco le retinrent tandis que des lèvres impérieuses se posaient sur les siennes. Ils partagèrent un baiser lent et profond, au goût intime, mélange de sel et d'amour.

- Seigneur, c'était incroyable, souffla Harry quand il s'écarta. Tu es absolument incroyable.

- Je sais, dit Draco avec un air suffisant. Et ce n'est pas fini…

- Tu veux que…

- Je veux te baiser, Harry, murmura Draco à son oreille, d'un ton pressant. Dis-moi que tu vas me laisser te baiser, ici et maintenant…

- Par tous les saints, oui…

Harry se retourna et prit appui sur le rocher pour mieux tendre son derrière vers Draco.

- Je n'ai rien pour me lubrifier, s'excusa Draco, alors ça risque de…

- Peu importe, ça va aller. J'ai trop envie de toi… Baise-moi.

Draco émit un son guttural tandis qu'il crachait dans sa main, empoignait son sexe et faisait quelques va-et-vient. Avec toute la maîtrise dont il était capable, il pénétra Harry le plus délicatement possible pour ne pas le blesser.

- Est-ce que ça va ? demanda-t-il.

- Ça ira mieux quand tu m'auras tout donné, grogna Harry. Je veux ta queue tout au fond de moi.

- Nom de Dieu, c'est toi qui es incroyable, souffla Draco en s'enfonçant plus profondément.

Il donna de vigoureux coups de rein que Harry recevait avec le plus grand bonheur.

- Je ne me lasse pas de toi, Harry, murmura Draco. Je ne me lasserai jamais de toi…

- Moi non plus…

Draco ralentit le rythme. Il entoura le corps de Harry de ses bras pour le tenir plus près de lui, le visage niché tout contre son cou.

-Je t'aime tellement. Mon Dieu, si seulement tu savais combien je t'aime…

Il y avait quelque chose de terriblement douloureux dans la voix de Draco qui ébranla Harry au plus haut point.

-Draco, dit-il dans un souffle. Draco, regarde-moi.

Draco releva un peu la tête pour croiser le regard de Harry.

-Je le sais, dit Harry. Je le lis dans tes yeux, je le sens dans tes gestes. A chaque fois que tu prends ma main, que tu m'embrasses… à chaque fois que nous faisons l'amour. Je le sais, Draco. Et je t'aime tout autant.

Harry pencha la tête en arrière pour pouvoir s'emparer de la bouche de Draco. Ils s'embrassèrent avec paresse, ondulant lascivement l'un contre l'autre. Draco glissa ses mains sur le torse de Harry. L'une d'elle s'aventura jusqu'à son sexe, redevenu complètement dur. Harry se cambra un peu plus, pour s'offrir plus intensément à la caresse de son amant et pour le sentir encore plus profondément en lui.

- Oh, mon Dieu, c'est tellement bon…Ta queue est faite pour mon cul, marmonna Harry-t-il, perdu dans le plaisir.

- Tu es toujours tellement romantique, Potter…

- N'ai-je pas raison ?

- Si, tu as raison.

Draco accéléra à nouveau. Il était proche de la délivrance et regarder son sexe entrer et sortir du postérieur divinement rond et ferme de Harry lui fit dire que oui, définitivement, ce cul était fait pour lui.

Ils jouirent tous les deux avec force, avant de tomber à genoux dans la rivière et de laisser l'eau rafraîchir leurs corps et leurs esprits.

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7 mai 1913 – Résidence Black, Grosvenor Square, Londres

-Je serai de retour vers cinq heures, annonça Ron en coiffant son chapeau.

Ginny se contenta de hocher la tête.

- Tu es sûre que ça va ? demanda Ron avec inquiétude. Tu es plus pâle que d'habitude.

- Tout va bien. Je suis seulement un peu fatiguée. Je ne dors pas très bien ces derniers temps.

- J'imagine pourquoi, mais tu ne devrais pas t'en faire autant. Harry nous donnera des nouvelles dès qu'il en aura.

- Tu as raison.

Cela faisait quelques jours que Ginny avait renoncé à argumenter avec son frère à propos de la disparition de Michael Corner. Rassuré, Ron lui sourit.

- Tu as prévu quelque chose aujourd'hui ?

- Je comptais aller faire une promenade.

- Bonne idée ! Il fait beau et l'air frais te fera du bien.

Sur ces mots, il embrassa sa sœur sur le front et quitta la maison.

Ginny soupira. Elle doutait que l'air frais change quoi que ce soit à ce qui était en train d'arriver.

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Hôpital St Thomas, Londres

Hermione terminait de ranger les compresses dans le casier prévu à cet effet quand une de ses collègues entra dans la réserve.

- Hermione, quelqu'un demande à te voir. Une jeune femme.

- Qui cela ?

- Elle ne m'a pas dit son nom. Je lui ai dit que tu n'étais pas de service aujourd'hui, mais elle insiste. Elle ne veut parler qu'à toi.

- Où est-elle ?

- Dans la salle d'attente.

Fronçant les sourcils, Hermione abandonna sa tâche et sortit dans le couloir. Prudemment, elle marcha jusqu'à la salle d'attente où une jeune femme était assise.

-Ginny ? s'exclama-t-elle en reconnaissant la visiteuse. Mon Dieu, Ginny, tu es rentrée !

Ginny se leva, lui sourit et se dirigea vers elle pour l'embrasser.

- Hermione, je suis tellement contente de te voir.

- Et moi donc ! Ça fait si longtemps !

- Je… je suis désolée de te déranger sur ton lieu de travail mais…

- Que se passe-t-il ?

Ginny tritura un petit mouchoir qu'elle tenait en main.

- Y a-t-il un endroit où nous pouvons parler ?

Hermione réfléchit un instant puis l'emmena avec elle dans une salle de consultation inoccupée.

- Ginny ? Est-ce que ça va ? demanda-t-elle en refermant la porte.

La jeune femme baissa les yeux.

-Honnêtement ? Je ne crois pas.

Hermione la fit asseoir à une petite table et lui prit la main.

- Dis-moi de quoi il s'agit.

- Je… j'ai… j'ai du retard.

- Tu as… oh.

Les yeux de Ginny s'emplirent de larmes.

- Ecoute, raisonna Hermione. Cela ne veut pas forcément dire que…

- Mes seins me font un mal de chien, j'ai des étourdissements et cela fait trois jours que je vomis matin, midi et soir !

- Oh. D'accord.

Hermione gigota sur sa chaise, mal à l'aise.

- Quand as-tu… je veux dire…

- Il y a deux mois. C'est arrivé une seule fois.

- Est-ce que… le père… est au courant ?

- Non.

- Je suppose qu'il ne s'agit pas de ton fiancé, sans quoi tu ne serais pas dans cet état.

- Harry ne t'a rien dit ?

- Je n'ai plus vu Harry depuis des mois.

Ginny s'essuya les yeux et entreprit de raconter son histoire à Hermione. A l'issue de son récit, comme cette dernière ne disait rien, Ginny redressa la tête en croisant les bras sur sa poitrine.

-Je sais ce que tu penses… cette petite gourde de Ginny Weasley qui a abandonné son fiancé et sa position sociale pour se faire engrosser par un petit journaliste sorti de rien et qui l'a laissée tomber à la première occasion !

Hermione haussa un sourcil face à la vindicte de Ginny.

- Je ne pense absolument rien de tout cela, répliqua-t-elle calmement. Tu devrais savoir que je suis la dernière personne qui te ferait le reproche d'avoir mis fin à un engagement qui ne te rendait pas heureuse. Quant à… ton état, je ne te juge pas. De toute façon, rien n'est encore certain.

- Sincèrement, Hermione… y a-t-il une chance que ces symptômes puissent avoir une autre explication ?

Hermione secoua doucement la tête.

- Non, je ne crois pas, admit-elle.

Ginny soupira lourdement.

- Que comptes-tu faire ? demanda Hermione.

- Comment cela ?

- A propos de ta grossesse.

- Que veux-tu dire ?

- Ginny… comme je te l'ai dit, je ne te juge pas. Et je ne doute pas non plus de la sincérité des sentiments de cet homme, Michael, ni de la fermeté de son engagement envers toi, mais… il y a une chose dont je suis sûre, c'est qu'en dépit de tout cela, cette grossesse n'est pas désirée.

- C'est vrai, souffla Ginny.

- Dans ce cas, je te repose la question. Que comptes-tu faire ?

- Es-tu en train de me suggérer… d'y mettre un terme ? murmura Ginny. Tu es… favorable à ce genre de choses ?

Hermione eut une moue embarrassée.

-Non, pas vraiment. Pas pour des raisons philosophiques ou religieuses, mais tout simplement parce que c'est très dangereux. Alors… si tu envisages une telle… intervention, je veux m'assurer que cela se fasse dans les meilleures conditions possibles.

Ginny soupira à nouveau.

- Je n'en sais rien, dit-elle. Je n'y ai pas réfléchi. Je crois qu'une part de moi espérait naïvement que tu me dises que tout va bien, que je ne suis pas enceinte et que je peux reprendre le cours de ma vie.

- Tu vas devoir passer un examen pour…

- Je sais. Est-ce que tu peux t'en charger ?

- Non. Il doit s'agir d'un médecin.

- Est-ce que je peux prendre rendez-vous sous un autre nom ?

- Eh bien, je suppose que c'est possible, oui.

- D'accord, faisons cela.

- Ginny, si le résultat des examens est positif, il ne faudra pas attendre trop longtemps avant de te décider sur… ce que tu sais.

Ginny hocha la tête.

- Si je décide… enfin, de… tu vois… tu… tu voudras bien m'accompagner ?

- Bien entendu.

- Et si je veux le garder tout de même ?

- Je t'aiderai. Quelle que soit ta décision, affirma Hermione en lui prenant la main.

Ginny sentit monter ses larmes une nouvelle fois. Hermione la prit dans ses bras dans un geste de réconfort et la laissa donner libre cours à son chagrin.

A suivre...