XXXIV

The hunters

Note de l'auteur : Voici le moment où moi je jubile derrière mon écran en attendant vos commentaires qui ne manqueront pas de pleuvoir, j'en suis certaine. Essayez de ne pas casser votre "caps lock", votre clavier ne le mérite pas le pauvre XD Ne vous inquiétez pas, des explications sont prévues, bien entendu.

Bonne lecture!

Fannibal : Quand cette fiction sera finie, je m'engage à te payer une cure de désintox XD
J'aime quand ils ont des discussions à cœur ouvert comme celle-ci. J'aime leur manière de s'exprimer. Toujours dosé, jamais un mot plus haut que l'autre, les paroles incisives de Will, les sarcasmes d'Hannibal...
J'adore que Will prenne le contrôle, je crois. Au début, je tenais à écrire un Will dominant, justement parce que je ne voyais pas Hannibal se soumettre et que ça m'énerve quand j'ai des a priori. J'ai donc mis ça en place par paliers, petit à petit.

China : Ne t'inquiète pas, je n'exige de personne d'avoir un commentaire à chaque chapitre. Tu le fais quand tu peux et surtout quand tu veux.
Paris est un théâtre parfait pour eux. J'aime tellement les imaginer dans cette ville alors que j'y vis moi-même (enfin, pas loin, parce que moi, je n'ai pas les moyens de vivre à Montmartre hein XD)
Quelles idées ? Certaines que tu aimerais que j'écrive ? Dis-moi tout.
Celle d'Hannibal initiant Will au néoclassicisme est intéressante. À voir ;)
Chiyoh est là pour une très bonne raison, malheureusement.


Nous entrâmes dans le salon partiellement éclairé par la lumière de la cuisine et Chiyoh jeta un œil critique à la salle à manger.

« Vous vous êtes battus dans cette pièce ? » Demanda-t-elle, perplexe.

« Pas exactement. » Répondis-je, en enfilant mon pantalon, avant d'aller chercher trois verres propres dans un placard.

« Vous avez finalement trouvé un moyen d'influence autre que la violence, n'est-ce pas ? C'est du moins ce que j'ai cru constater. »

Hannibal ramena une bouteille de rosé, sans faire le moindre commentaire et nous nous installâmes autour de la table basse.

« Nous allons dire ça. Alors, pourquoi es-tu là ? » Enchaînai-je, alors qu'Hannibal nous servait en nous observant.

« Tu n'as pas l'air ravi de me voir, Will. »

« Devrais-je ? Ou vas-tu encore me tirer dessus ou me pousser d'un train en marche ? »

« Pas si tu ne comptes pas poignarder Hannibal de nouveau. »

Hannibal savourait son verre de vin dans un des fauteuils, son regard voyageant entre elle et moi, visiblement amusé par la situation. Buster apparut, curieux, et monta sur ses genoux quand Hannibal l'y invita. Le petit chien tourna sur lui-même deux ou trois fois, en cherchant position confortable, avant de se mettre en boule, ses petits yeux braqués sur Chiyoh.

« Comme tu peux le voir, il est suffisamment protégé. » Raillai-je, ironiquement.

« Malheureusement non. Vous n'êtes pas conscients de la menace qui est sur le point de frapper. » Dit-elle très sérieusement, tout à coup.

« De quoi parles-tu ? » Intervint Hannibal, beaucoup plus sombre.

« Je pense qu'il est nécessaire que vous le voyiez de vos propres yeux. »

« Raconte-nous tout depuis le début. » L'invita Hannibal.

Je savais la confiance qu'il portait à la Japonaise. Ce n'était juste pas mon cas. Après tout, sa loyauté allait à Hannibal, pas à moi. Elle avait raison. Je ne me réjouissais pas spécialement de la voir débarquer ici, tel un oiseau de mauvais augure qui sort de l'ombre quand la situation est sur le point de vraiment mal tourner. Je bus une gorgée de vin pour me calmer.

« Ta psychiatre est à Paris. » Débuta-t-elle.

« Nous avons appris cela aujourd'hui. Elle représente une menace tout à fait gérable, Chiyoh. » Précisa Hannibal.

« Le danger ne vient pas d'elle. »

La lame glacée de l'angoisse me poignarda dans l'abdomen. Alana fut la première personne qui me vint à l'esprit.

« De qui, alors ? » Demandai-je, dans un murmure.

« Habillez-vous et suivez-moi. Vous le saurez bien assez tôt. »

Il ne nous fallut que quelques minutes pour nous élancer tous les trois dans l'obscurité. L'air était moite, une brise tiède soufflait. Paris prenait un autre visage la nuit. Les rues se teintaient de jaune et de noir sous l'éclairage des réverbères. C'était une de ces villes qui ne dormait jamais vraiment, dont les habitants foulaient les trottoirs en petits groupes, profitant des températures plus clémentes que la journée et de ces heures tardives où la soirée débutait à peine et où tout semblait possible, marchant vers un club, un bar, l'appartement d'un ami ou d'un amant.

Hannibal héla un taxi, nous nous engouffrâmes à l'arrière et Chiyoh, dans sa tenue aussi sombre que ses cheveux qui tombaient librement sur ses fines épaules, demanda au chauffeur de nous déposer en bord de Seine, au Pont Neuf, dans un français approximatif. Et alors que la berline filait à travers les boulevards, nous reprîmes notre conversation.

« Comment nous as-tu trouvés ? » L'interrogeai-je, toujours sur mes gardes.

Hannibal, assis entre nous deux, prit ma main et la serra dans un geste d'apaisement.

« Je ne vous ai pas trouvés, Will. Il serait plus exact de dire que je ne vous ai jamais vraiment quittés. À part quand vous êtes montés sur ce bateau. Je savais qu'il débarquerait au Havre, alors j'ai pris un avion et attendu patiemment votre arrivée, pour ne pas vous perdre de vue. J'ai promis de te protéger dans l'ombre, Hannibal. C'est ce que je fais. Et tu es suffisamment malin pour que je n'aie pas eu à intervenir jusqu'à maintenant. »

« Mais quelque chose a changé. » Conclut Hannibal.

« Quand j'ai compris que le Docteur Du Maurier était à Paris, il y a peu de temps, je me suis d'abord contenté de la suivre, pour connaître ses intentions. Mais, son comportement n'ayant rien de suspect, j'avais décidé de simplement vous prévenir et de vous laisser gérer la situation. Partir, rester et la tuer, la décision vous appartenait. Excepté que, quand on surveille quelqu'un, il est aisé de finir par remarquer que nous ne sommes pas seuls à le faire. »

« Bedelia est sous surveillance ? » M'étonnai-je.

« Il est probable qu'elle n'ait jamais cessé de l'être depuis son départ des États-Unis. Après tout, elle s'était déjà enfuie pour l'Europe avec toi par le passé et certaines personnes soupçonnent que vous êtes vivants, sans aucune preuve cependant. »

« Qui ? » Demanda Hannibal.

« Le Docteur Du Maurier aime se promener le long des quais, le soir. » Dit-elle mystérieusement, en ignorant la question.

Comme pour étayer ses propos, le taxi, qui venait de contourner le Louvre, s'arrêta devant les marches menant sur le Quai des Tuileries à la demande de la jeune femme. Hannibal paya la course et nous la suivîmes dans l'escalier escarpé, puis sur les pavés irréguliers où quelques rares passants marchaient tranquillement dans la quiétude du soir. Ici, les bruits de la circulation au-dessus de nos têtes étaient atténués. Une péniche pleine de touriste coupa la surface lisse de l'eau, où se reflétaient les lumières de la ville. Le léger remous vint mourir contre le rebord où des jeunes étaient assis à même le sol, buvant, fumant, riant.

L'endroit était dangereusement à découvert et manquait d'issues. Et si cela ne sembla inquiéter Chiyoh, mes muscles se tendirent, mon regard s'aiguisa, scrutait chaque visage. Mais, comme si elle savait parfaitement ce qu'elle faisait – ce qui était probablement le cas – elle nous mena sans hâte jusqu'à un banc plongé dans l'ombre d'un énorme buisson. En prenant garde que personne ne nous prête attention, nous nous accroupîmes derrière les planches de bois usées. De là, nous voyions clairement le flot des riverains, tout en restant invisible. Je me préparai à attendre patiemment, même si j'avais les nerfs à vif. Qu'est-ce qui pouvait bien justifier que nous nous exposions ainsi ? Qu'est-ce qui était si aberrant pour que nous devions le voir de nos yeux, comme si nous ne l'aurions pas crue si elle s'était contentée de simplement nous le dire ?

Mais je fis taire mes questionnements intérieurs, quand Hannibal se tendit à côté de moi. Je relevai les yeux et vis la silhouette gracieuse de Bedelia habillée d'une robe légère, vaporeuse. Ses talons claquaient sur les pavés à intervalles réguliers, résonnaient contre le haut mur du quai. À son bras, pendait une petite pochette assortie à sa tenue, ainsi que le sac en carton noir brillant d'une enseigne où elle avait fait des achats. Quand elle passa sous un lampadaire, je pus y lire les mots Potel & Chabot.

Ma main se referma sur le bras d'Hannibal. Mon corps prêt pour l'action était remonté comme un ressort sur le point de bondir. Mais Chiyoh nous intima au calme et nous restâmes immobiles. Bedelia disparut de notre champ de vision et durant d'interminables secondes, rien d'autre ne se passa. Puis, de nouveaux pas se firent entendre. Au moins de paires. Beaucoup plus lourds et certainement pas féminin. Puis deux hommes apparurent. L'un d'entre eux, grand, blond, musclé, m'était totalement inconnu. Cependant, je reconnus immédiatement l'autre, même si je dus y regarder à deux fois pour être certain que mon subconscient ne me jouait pas des tours. Mais comment aurais-je pu ne pas identifier instantanément la peau sombre, les yeux perçants, la carrure imposante et le profil si familier de Jack Crawford ? Mon souffle se bloqua dans ma poitrine et ma main trouva instinctivement celle d'Hannibal, pour ne plus la lâcher.

Comment était-ce possible ? La question buta contre mes dents serrées, nous n'avions pas le temps pour cela. Les deux hommes disparurent à leur tour et je m'autorisai à respirer de nouveau.

« Ils ne la surveillent pas. » Dis-je à voix basse. « Ils la protègent. »

« De quoi ? » Me demanda Chiyoh.

« De nous. » Comprit Hannibal.

« Pas dans son propre intérêt, bien entendu, mais dans l'espoir de nous prendre en flagrant délit. Jack est probablement indifférant au sort de Bedelia. »

« Il est donc persuadé que vous êtes ici. » Ajouta la Japonaise.

« Peut-être pas. Peut-être espère-t-il seulement qu'Hannibal tiendra sa promesse de la tuer, avant de disparaître de nouveau. C'est pour cette raison qu'il ne la lâche pas des yeux. »

« Nous devons la faire disparaître, si nous ne voulons pas être obligés de quitter le pays. » Dit Hannibal.

« Il y a des agents postés en permanence autour de sa maison. » Nous informa Chiyoh.

« Impossible donc de la cueillir chez elle. Mais il doit bien lui arriver de se rendre dans des endroits où ils ne peuvent pas la suivre sans se faire repérer. »

Hannibal avait raison. Nous tenions une idée.

« Comme un institut de beauté ? » Proposai-je.

« Exactement. »

« Ils se posteront certainement à la sortie pour l'attendre. Comment entrer à sa suite sans qu'ils ne vous voient ? » Demanda la jeune femme.

« La redondance du schéma. » Répondis-je. « C'est un vieux truc de flic, pour les surveillances sur de longues durées. Les gens ont tendance à toujours prendre leurs rendez-vous, hebdomadaires ou mensuels, le même jour et à la même heure, parce que c'est commode. Cela évite d'oublier et permet de s'organiser. Si nous arrivons à trouver les répétitions dans son emploi du temps, nous pourrons éviter les risques de la filature. Nous n'aurons pas à enter à sa suite, puisque nous serons sur place avant elle, et donc, avant les agents. »

« Ne crains-tu pas justement que Jack ait les mêmes pratiques ? » Me questionna Hannibal.

« C'est fort probable. » Admis-je. « Et il sait très bien que j'étais dans la police avant. Il est donc aussi possible qu'il nous attende sur ce terrain. Mais nous n'avons pas beaucoup d'autres choix. »

Je croisai le regard d'Hannibal dans l'obscurité et nous partageâmes une unique pensée. Nous n'allions pas laisser Crawford nous priver de notre liberté.

Bien plus tard, cette nuit-là, alors que nous étions rentrés depuis longtemps, je ne trouvais pas le sommeil. Hannibal était couché contre mon flanc, son bras serré autour de mon torse. Ses cheveux tombaient devant ses yeux fermés, il semblait toujours si paisible quand il dormait, sauf quand il rêvait des scènes horribles de son enfance.

J'avais soif et envie de prendre l'air. À regret, je me libérai de son étreinte pour m'asseoir sur le bord du lit. Il remua légèrement, puis passa son bras autour de ma taille.

« Où vas-tu ? » Marmonna-t-il.

« Je ne voulais pas te réveiller. J'allais juste boire un peu d'eau et m'aérer sur la terrasse. » Répondis-je, en caressant sa joue.

Dans une de ces attitudes félines qu'il avait parfois, il frotta sa pommette contre ma main.

« Insomnie ? »

« Je n'arrive pas à m'ôter cette histoire de la tête. Je sais que nous allons faire le nécessaire et que Jack ne sait pas où nous vivons… »

« Mais tu ne peux pas t'empêcher de rester alerte. » Compléta-t-il.

« Ça vire à la paranoïa. Et savoir Chiyoh dans la chambre d'ami ne me rassure pas. »

« Elle est de notre côté. » Trouva-t-il utile de préciser.

« Je sais. » Soupirai-je, pour ne pas m'étendre sur le sujet. « Rendors-toi. Je vais juste me rafraîchir un peu et je reviens. »

Il resserra sa prise et déposa un baiser dans le creux de mes reins, avant de me relâcher.

« Ne sois pas trop long. »

Je l'embrassai doucement, amusé, comme toujours quand il se montrait un tant soit peu sentimental. Puis je me levai et enfilai mon boxer, sans allumer la lumière, familiarisé avec les contours de la pièce. Hannibal se rallongea sur le ventre, glissa ses bras sous un oreiller, après avoir rejeté le drap qui devait lui tenir trop chaud. La vue qu'il m'offrit fit remonter le souvenir de notre dernière étreinte à la surface et je dus me faire violence pour m'arracher à cette vision pour entrer dans la salle de bain.

L'eau fraîche que je bus au robinet soulagea ma gorge sèche. Je m'en aspergeai le visage et la nuque. J'essayais de rester rationnel, calme et pragmatique. Mais mon esprit semblait décidé à inventer les pires scénarios. Je fermai les yeux et vis Jack nous arrêter. Je nous imaginai séparés, dans des cellules différentes, peut-être même dans le couloir de la mort, sans espoir de nous revoir un jour. Je rouvris mes paupières et croisai mon reflet dans le miroir au-dessus du lavabo, mon regard teinté de peur et d'angoisse. Je soupirai lourdement, avant de quitter la pièce et de sortir sur le balcon.

Une brise fraîche fit frissonner mon corps couvert d'une fine couche de sueur, dégagea mes boucles brunes de mon front humide et je pris une profonde inspiration en m'appuyant sur la rambarde.

« Tu ne dors pas non plus ? »

Je sursautai en entendant la voix de Chiyoh à l'autre bout de la terrasse communicante avec l'autre chambre.

« Non. » Répondis-je simplement.

Nous restâmes dans un lourd silence durant de longues minutes. Son regard glissa sur mon corps dénudé et, l'espace d'un instant, je me souvins avec une extrême clarté de la sensation de ses lèvres sur les miennes. Encore une chose qu'il valait mieux qu'Hannibal ignore.

« C'était une étrange demande en mariage. » Dit-elle soudainement.

« Je te demande pardon ? » M'exclamai-je.

« J'avais tort. » Enchaîna-t-elle en ignorant mon air indigné. « Vous n'êtes pas des nakama, mais des sōrumeito. »

Je lui lançai un regard interrogateur.

« C'est le mot japonais pour âme sœur. »

C'était tellement cliché, mais je ne pus empêcher le mot de se graver sur les murs de mon palais mental.

« Je suppose que nous le sommes. » Approuvai-je. « Tu as dit que tu ne nous avais jamais vraiment quittés. Permets-moi de te dire que tu fais un piètre garde du corps dans ce cas. Où étais-tu quand la moitié des autorités du pays était à nos trousses ? Ou quand Alana nous a trouvés ? » Lui lançai-je, sans pouvoir me retenir.

« Je ne suis pas votre garde du corps, Will. Je me considère plus comme un ange gardien. J'interviens dans la mesure de mes moyens ou seulement quand j'estime cela nécessaire, comme ce soir. Mais, même moi, je ne peux rien contre une armée d'agents de police. Et la dame en rouge n'était pas une très grande menace. À aucun moment elle n'a montré l'intention de prévenir les autorités locales avant de s'introduire dans votre maison. Peut-être est-elle stupide, suicidaire ou avait-elle un plan qui ne s'est pas déroulé comme prévu, je n'en sais rien. Cependant, vous êtes tout à fait capable de vous occuper d'une femme seule que personne ne serait venu sauver. »

Je devais avouer qu'elle avait raison. Sauf que je ne le fis pas. Car cela ne changeait rien au fait qu'elle se rinçait l'œil depuis des mois. Contrairement à Hannibal, je ne trouvais aucun réconfort à l'idée de la savoir dans notre ombre en permanence. Mais, elle s'était engagé à le protéger et je ne pouvais pas nier son efficacité avec un fusil à lunette. Alors je ne dis rien et laissai mes yeux se perdre sur Paris qui s'étendait à nos pieds. Puis je sentis une présence derrière moi, un regard brûlant sur ma nuque, le parfum particulier de la peau d'Hannibal. Deux mains se posèrent doucement sur ma taille et il se colla à mon dos en déposant un baiser sur mes cheveux.

« Désolé si nous parlons trop fort. » M'excusai-je en me tournant pour me blottir contre son torse nu dans aucune gêne.

Il avait pris la peine d'enfiler un pantalon de pyjama.

J'avais dormi seul durant de nombreuses années, si l'on ne comptait pas les trois ans que j'avais passés avec Molly, mais je ne me voyais plus passer une nuit sans lui, à présent. Je croisai son regard et vis dans ses yeux qu'il ressentait le même manque.

« Reviens te coucher. » Murmura-t-il.

Je hochai la tête, avant d'embrasser une de ses clavicules saillantes.

« Bonne nuit, Chiyoh. » Ajouta-t-il, avant de retourner dans la chambre.

Je la saluai d'un signe et suivis Hannibal dans notre lit.