Hello! Voici le chapitre suivant, je promets qu'il n'y a plus de gros cliffhanger jusqu'à la fin de cette fiction! Le chapitre est un peu plus cours que les autres, et les deux qui suivent sont comme ça aussi, simplement parce que ça me semblait un bon endroit pour couper. J'espère que vous aimerez! :)
Junilopomiu : Je suis contente que tu aimes le fait que ce soit une petite fille! Je les ai toujours vu avoir une petite princesse :) Et pour Emma... Tu verras dans ce chapitre, mais je dirais juste que Emma est mon personnage fictif préféré, et que j'aurais vraiment beaucoup, beaucoup de mal à la faire mourir! :) J'espère que tu aimeras!
Sissi1789 : Désolée pour la fin cruelle, mais c'était la dernière, promis! Et voilà le chapitre suivant, j'espère que l'attente en valait le coup et que tu aimeras! :)
Juju Green : En ce qui concerne Zelena, on en saura plus sur ses motivations dans le chapitre 39, mais je pense qu'elle a officiellement rejoint le good side :) Je suis heureuse que tu aimes le fait que le bébé soit une fille, et comme je le disais, tu verras pour Emma dans ce chapitre, mais je ne suis pas assez cruelle que pour la faire mourir :) J'espère que tu aimeras ce chapitre!
virginie06 : oh, je suis désolée si le chapitre précédent ne t'as pas trop plu, c'est fort différent de ce que j'écris d'habitude, et je pense que ce chapitre-ci revient plus dans mes habitudes. j'espère que tu ne sera pas déçue et que tu l'aimeras mieux que l'autre! :)
Athena Skywriter : Pardon, je ne pouvais vraiment pas publier plus tôt à cause des cours et de tous les projets que je mène en même temps, mais voilà la suite! J'espère que l'attente n'a pas été trop longue, et que tu aimeras ce chapitre! :)
Swan2015 : Au niveau de Zelena, comme je le disais, tu verras toute ses motivations et plans pour le futur dans le chapitre 39. Ce chapitre-ci est moins intense, mais nos Charmants vont encore devoir affronter quelques obstacles... J'espère que ça te plaira! :)
Ce furent des picotements dans mes membres qui me tirèrent de mon sommeil de plomb, et je tentai de bouger pour chasser la sensation désagréable, sans pour autant ouvrir mes paupières qui me paraissaient sur lourdes qu'elles en étaient douloureuses. Je fus surprise de constater que mes jambes étaient d'une faiblesse étonnante, et, le cerveau embrumé par mon mauvais état de santé et par la fatigue, je ne me souvins pas tout de suite de ce qui s'était passé un peu plus tôt dans la journée.
C'est lorsque j'ouvris finalement les yeux quelques secondes plus tard que tout se remit en place. Je sentis mon cœur se serrer, mon ventre se noua, et je compris que ma faiblesse venait sûrement du fait que j'avais perdu beaucoup de sang. Je sentais une main serrée dans la mienne et me retournai lentement vers Hook, qui se tenait à mes côtés, m'apprêtant à lui demander comment allait notre fille.
- Killian… Dis-je d'une voix si rauque qu'elle en était méconnaissable
Il ne me laissa pas le temps de continuer ma phrase. Il avait tout de suite remarqué que j'étais réveillée et, dans un élan d'affection, il se jeta sur moi pour m'embrasser un peu partout sur le visage. Je le serrai contre moi, comprenant sa réaction : il avait cru me perdre, et j'étais plutôt soulagée de le savoir à mes côtés, moi aussi. Le contact de ses lèvres contre ma peau était réconfortant. Il finit par se détacher de moi, et je remarquai les énormes cernes qui lui creusaient le visage, et ses yeux rouges d'avoir trop pleuré. J'enlaçai mes doigts aux siens, voulant le rassurer alors que le voir dans un tel état me faisait littéralement mal au cœur, et il dit d'une voix tremblante en posant doucement son crochet contre mon avant-bras :
- Comment tu te sens, ma belle ? Mon dieu, j'ai eu si peur…
- Comment elle va ? Demandai-je avec anxiété sans répondre à sa question. Comment va le bébé ?
- Je ne sais pas exactement, répondit-il d'un air attristé. Je voulais rester près de toi au cas où tu… (Il ne termina pas sa phrase et déglutit péniblement comme si cette pensée lui faisait physiquement mal, et je resserrai un peu plus mon emprise sur ses doigts pour l'apaiser). Mais tes parents et Henry sont dans la salle d'attente, ils sont allé la voir plusieurs fois. Ils m'ont dit qu'elle était stabilisée pour l'instant, mais qu'elle était son assistance respiratoire.
Mon cœur manqua un battement, et ma tête se mit à tourner. Mon bébé, ma petite fille, avait besoin d'assistance pour respirer. J'aurais dû m'en douter : ses poumons n'étaient certainement pas encore complètement formés, mais la pensée de ma petit princesse incapable de respirer par elle-même rendait mon ventre douloureux de détresse. Je voulais la voir plus que tout, je devais savoir comment elle allait, je devais m'assurer qu'elle allait s'en sortir. Je dis donc précipitamment sans attendre que Killian ajoute quelque chose :
- Je veux la voir.
- Emma, tu as perdu beaucoup de sang, dit-il avec douceur, détachant doucement sa main de la mienne pour la passer tendrement mes cheveux, des larmes brillants au fond de ses yeux. Il faut que tu te reposes. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée...
- Killian, notre bébé est en train de se battre pour vivre en ce moment même. Elle a besoin de ses parents, contrai-je d'une voix rauque mais décidée. Je veux la voir. J'ai besoin de la voir.
Il sembla réfléchir durant quelques instants, mais finit par hocher la tête. Il était si inquiet pour moi, mais il savait aussi que j'avais raison : notre bébé avait besoin de notre aide, et il n'était pas question que nous restions ici sans rien faire. Il ferma les paupières durant une seconde, et je remarquai à quel point il avait l'air épuisé, comme si le poids du monde reposait sur ses épaules. Enfin, il reprit la parole pour dire à voix basse :
- D'accord, tu as raison. Je vais demander à une infirmière si on peut t'amener une chaise roulante, il ne faut pas que tu marches pour le moment. Je vais envoyer tes parents dans la chambre, je… je ne veux pas que tu restes toute seule.
Il ne partit pas tout de suite et prit le temps de se pencher vers moi pour me déposer un baiser sur le front, comme s'il avait peur que je disparaisse s'il s'éloignait de moi. Ressentant sa détresse, et malgré ma propre angoisse, j'eus envie de le rassurer. Tendrement, je posai ma main au-dessus de la sienne, qui était placée tout contre ma joue, et murmurai :
- Je t'aime. Ça va aller.
Je vis ses lèvres remuer dans l'esquisse d'un sourire qui disparut cependant bien vite. De nouveau, il se pencha pour m'embrasser, sur les lèvres cette fois, et lâcha ma main en se dirigeant à reculons vers la porte, comme si mes quitter des yeux le terrifiait. Enfin, il finit par sortir de la chambre, non sans m'avoir observé une dernière fois comme s'il risquait de ne plus jamais me revoir.
La porte se referma en silence. Je comprenais terriblement bien son angoisse et cette envie qu'il avait de rester auprès de moi. J'étais moi-même plutôt angoissée de ne plus sentir sa présence rassurante à mes côtés. D'après ce que j'avais compris à demi-mot, j'avais vraiment failli y rester. Mais, pour le moment, le bébé était le plus important. Il avait besoin de nous. Et nous étions ses parents, notre rôle était de le protéger. Je passai au second plan.
La pièce était plongée dans l'obscurité, ce qui me fit comprendre qu'il faisait nuit. J'avais perdu toute notion du temps et de lieu et, maintenant que Hook était parti, je n'en menais pas large non plus. A présent que je me retrouvais toute seule, j'avais l'impression que ma terreur me dévorait toute entière. Mon bébé était entre la vie et la mort, tout ça parce que je n'avais pas réussi à garder mon calme. Si je n'avais pas paniqué, je serais toujours enceinte, et ma fille ne serait pas en danger de mort. C'était de ma faute, encore une fois. « La Sauveuse », qu'on m'appelait. Ils avaient bien tort, parce que tout ce que j'arrivais à faire, c'était faire souffrir les gens que j'aimais.
La porte de la chambre s'ouvrit de nouveau pour laisser passer mes parents et Henry alors que j'étais plongée dans mes sombres pensées. Ils se précipitèrent vers mon lit et, malgré ma faiblesse, je parvins à m'asseoir pour les prendre dans mes bras dans une intense étreinte collective. Aucun mot ne fut prononcé pendant plusieurs secondes : j'étais juste soulagée que ma famille soit saine et sauve, et qu'ils aient réussi à survivre la prise d'otage sans blessure importante.
- On a eu tellement peur, finit par murmurer ma mère en prenant mon visage entre ses mains, les yeux inondés de larmes.
- Vous avez vu le bébé ? Demandai-je en gardant la main de Henry serrée dans la mienne.
Sentir la présence d'un de mes enfants me rassurait beaucoup. Il était en bonne santé et, même s'il allait sûrement lui falloir pas mal de temps pour se remettre des derniers événements, il était sain et sauf. Mon père hocha la tête avec tristesse, et répondit d'une voix douce :
- Oui, Hook nous a dit que tu voulais la voir, toi aussi.
- Comment elle va ?
- On ne va pas te mentir, admit doucement ma mère, elle est vraiment très petite. Ne sois pas étonnée en la voyant, d'accord ?
Je hochai lentement la tête. Ils étaient tous aux bords des larmes, mais je ne songeai pas une seule seconde à pleurer. La peur prenait le pas sur tout, et tout ce qui comptait, pour le moment, c'était de savoir que ma fille allait bien. Je n'avais pas le temps de ma laisser aller. Je devais être forte, pour elle.
- Liam va bien ? Demandai-je faiblement en me recouchant, ressentant le besoin de savoir si mon fils était lui aussi en bonne santé.
J'étais soulagée qu'il n'ait pas assisté à tout ça. Il n'avait vécu ni la prise d'otage ni le fait de me voir souffrir, et c'était très bien comme ça. Il était encore si petit et avait déjà été confronté à tellement de dangers, j'étais heureuse qu'il soit en sécurité pour le moment.
- Il va parfaitement bien, assura mon père, sa main posée dans mes cheveux. Il passe la nuit chez Ashley, avec les autres enfants. On lui a menti en disant qu'il participait à une petite fête. On n'a pas voulu lui dire que tu étais à l'hôpital, ni que tu avais accouché. Ça ne servait à rien de le tracasser avait qu'il aille se coucher. On lui dira tout demain, on l'amènera pour que tu puisses le voir.
- Merci, murmurai-je avec reconnaissance. Vous avez bien fait. La situation est bien assez compliquée comme ça, et il est encore si petit. Je voudrais bien le protéger, même si c'est difficile à cause de tout ce qui se passe…
- On comprends, dit mon père en hochant la tête.
- A propos de Zelena... se crut bon d'ajouter ma mère.
Je hochai la tête pour l'encourager à continuer. Je n'avais pas demandé ce qui s'était passé après mon départ pour l'hôpital parce que, pour le moment, tout ce qui existait était de savoir si ma famille proche et mon bébé allait bien. Mais de toute façon, je savais très bien que ma mère allait continuer sa phrase, avec mon accord ou non. Je la connaissais bien, maintenant : quand elle était effrayée, elle ressentait toujours le besoin de parler, peu importe le sujet. Et, si ça l'aidait, je n'allais certainement pas l'empêcher de me donner les informations qu'elle détenait.
- … Regina est avec elle au commissariat. Zelena lui a enlevé le bracelet qu'elle lui avait mis autour du poignet, et l'a laissé la priver de ses pouvoirs sans broncher. Elle a l'air complètement abattue, maintenant que son plan est tombé à l'eau. Elles sont en train de discuter, pour le moment. Regina pense que si elle continue à bien se comporter et si on ne lui rend pas sa magie, elle pourra arranger des horaire pour qu'elle voit sa fille. Elle veut lui donner une énième chance, parce qu'elle sait à quel point c'est difficile d'être privée de son enfant. Et puis elle voudrait bien que Robyn ait la chance de connaître sa mère sans que cette-dernière soit un danger pour elle. Donc tout ça est en négociation pour le moment.
Je m'apprêtai à acquiescer d'un nouveau mouvement de tête, mais la porte de la chambre s'ouvrit de nouveau, et je me redressai sur les coudes pour voir Killian arriver, accompagné d'une infirmière qui poussait un fauteuil roulant devant elle. Impatiente d'enfin voir comment allait ma fille, je tentai de me relever, mais rien que le fait de m'asseoir au bord du lit me demanda un effort surhumain, et des points noirs commencèrent à danser à la périphérie de ma vision. Une migraine soudaine me vrilla le crâne et, malgré mes efforts pour ne pas montrer à ma famille l'état dans lequel je me trouvais, Killian le remarqua tout de suite. Il vint me saisir par les hanches, et murmura avec douceur à mon oreille :
- Ne te surmène pas, love. S'il te plaît, laisse-moi t'aider.
Je hochai la tête et tentai un vague sourire dans sa direction. Je savais bien que m'aider pour ne pas que je fasse trop d'effort le rassurait beaucoup. Il avait eu tellement peur pour moi, je comprenais que me surprotéger lui faisait du bien, et je n'allais certainement pas lui enlever cette occasion de s'apaiser ne serait-ce qu'un petit peu. Je le laissai donc me porter à moitié le temps que je m'installe sur le fauteuil, et l'infirmière accrocha mes perfusions - une poche de sang et une d'eau pour ne pas que je me déshydrate - sur le haut de mon fauteuil roulant. La jeune femme vérifia que tout se passait bien avant de nous dire d'une voix douce :
- Vous savez où les couveuses se trouvent, n'est-ce pas ? Je suppose que vous préférez y aller en famille. Je suis à proximité s'il y a le moindre problème, n'hésitez pas à m'appeler.
Je la remerciai d'un hochement de tête, reconnaissante qu'elle comprenne que je préférais être avec mes proches pour ce moment, et la regardai sortir de la pièce. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine déjà douloureuse. J'avais tellement envie de voir ma fille, de la tenir contre moi, mais j'avais aussi terriblement peur de ce que j'allais découvrir. On m'avait bien fait comprendre qu'elle était très faible, et j'avais peur qu'elle ne survive pas. Certes, elle était pour l'instant stabilisée, mais elle était sous respirateur, et devrait certainement rester longtemps à l'hôpital avant d'aller mieux. Les jours qui suivaient allaient être décisifs, je le savais. Je déglutis péniblement, horriblement inquiète, et ma mère passa tendrement sa main dans mes cheveux pour me montrer son soutien, comprenant mon angoisse. Dans le même temps, Hook posa sa main sur mon épaule, ressentant lui aussi ma peur, et, sans un mot, j'approchai ma main de la sienne pour serrer ses doigts entre les miens. Puis, quelques secondes plus tard et toujours sans prononcer un mot, ma mère se mit à pousser le fauteuil roulant, et nous avançâmes lentement dans les couloirs de l'hôpital.
Ils étaient déserts à cette heure-ci. Seules quelques infirmières étaient encore présentes et nous regardaient passer avec un air désolé peint sur le visage. Tout le monde nous connaissait dans cette ville, et je savais que tous les habitants étaient sincèrement peinés par ce qu'il nous arrivait. La plupart devaient se demander quelle malédiction était donc tombée sur notre famille pour que nous ne puissions jamais être heureux plus de quelques mois d'affilée sans rencontrer un drame. Parfois, je me le demandais, moi aussi. Puis je me souvenais que, la plupart du temps, tous ces drames qu'on vivait étaient de ma faute. Et je me détestais pour ça.
Ma mère finit par s'arrêter devant une grande baie vitrée. Le service des soins intensifs pour enfants. Assise comme je l'étais, je ne voyais pas très bien ce qui se passait derrière, mais, en regardant le visage de Killian qui venait de se métamorphoser pour afficher une expression de peine intense, je compris que ce que j'allais voir allait certainement me faire beaucoup de mal. Prenant sur moi, je me redressai sur ma chaise pour enfin voir mon bébé, et mon cœur se serra si douloureusement que j'eus l'impression de ne plus savoir respirer pendant une seconde.
Elle était là, couchée dans une couveuse, les yeux clos. Elle était minuscule. Des électrodes étaient posés sur son petit corps, elle était reliées à des machines qui émettaient des bips réguliers. Son ventre se soulevait à un bon rythme, mais je compris que c'était probablement grâce au respirateur qui l'aidait à rester en vie.
Elle avait l'air si fragile que j'avais l'impression qu'elle pouvait se briser à tout moment. Nous n'avions même pas eu le temps de lui acheter des vêtements avant le drame. Elle était coiffée d'un petit bonnet rose emprunté à l'hôpital, et n'était vêtue de rien d'autres que d'une couche. Elle semblait paisible, mais je savais que ce n'était qu'une façade. Elle se battait pour sa vie.
Personne ne prononça un mot, nous retenions tous notre souffle, comme si quelques chose était sur le point de se passer. Killian affichait toujours un air profondément choqué, mais il n'avait pas lâché mon épaule. Doucement, sans vraiment réfléchir à ce que je faisais, je me détachai de son étreinte pour arracher les perfusions qui étaient plantées de le creux de mon bras et me mettre sur mes pieds. Tous mes membres me faisaient mal, j'avais la migraine, mais plus rien ne comptait. Je voulais juste m'approcher de ma fille, comme pour partager sa douleur, prendre un peu de sa souffrance, la décharger d'un poids qui était bien trop lourd à porter. De quelques pas vacillants, je m'avançai vers la vitre, et personne ne chercha à m'en empêcher. Toujours à moitié en transe, les yeux fixés sur mon bébé, je posai la paume de ma main sur la baie vitrée comme pour lui montrer ma présence. Puis je ne bougeai plus.
Au bout d'un long moment, je sentis une présence à mes côtés. Je quittai mon bébé des yeux pour les tourner vers Killian, qui était posté à côté de moi. Je vis des larmes rouler sur ses joues : il pleurait en silence. Moi, je ne ressentais toujours pas le besoin d'évacuer ma peine, et je ne comprenais pas vraiment pourquoi, parce que j'aurais dû être la première à sangloter vu le cocktail d'hormones qui circulait dans mon sang. Tendrement, je portai une main vers son visage pour essuyer ses larmes, puis lui déposai un baiser à la commissure des lèvres. Il se retourna vers moi, passa ses deux bras autour de mes hanches, m'attirant dans une tendre étreinte et déposant un baiser sur ma tempe alors que je posai ma tête douloureuse tout contre son épaule.
Nous restâmes longtemps enlacés à regarder notre bébé respirer. Puis, sans grand surprise, mes jambes finirent par lâcher : après tout, je n'étais plus reliée à la poche de sang, et j'avais déjà fait bien trop d'efforts par rapport à mon état. L'incident n'eut pas beaucoup de conséquence, vu que Hook me tenait toujours contre lui. Il m'aida à me rediriger vers la chaise roulante en me portant à moitié, et une infirmière se précipita vers nous. D'un air presque sévère, elle me dit en remettant mes perfusions dans mon bras :
- Il ne faut pas que vous fassiez trop d'efforts.
- Est-ce qu'on peut aller la prendre dans nos bras ? Demanda Killian en passant doucement sa main dans mes cheveux pour m'apaiser.
Il avait dit tout haut ce que j'espérais en silence depuis de longues minutes. Je voulais la prendre contre moi, la sentir bouger et la regarder simplement respirer, pour me rassurer un peu sur son état de santé, me convaincre qu'elle était en vie et qu'elle allait le rester. Mais l'infirmière secoua tristement la tête en disant :
- Cette nuit, ça va être compliqué. Elle est reliée à beaucoup de machines. Mais demain, on vous laissera la prendre, sans faute. On veut qu'elle ait le plus de contact humain possible, malgré son état, pour favoriser l'attachement. En attendant, il est très tard. Vous feriez mieux d'aller vous reposer, vous avez eu une rude journée.
Et elle s'éclipsa sans rien ajouter. Le silence flotta pendant quelques secondes, teinté de déception. Je devinai que Killian désirait lui aussi plus que tout prendre notre fille dans ses bras, mais c'était impossible pour le moment, et c'était horriblement frustrant. J'aurais pu rester toute la nuit prostrée devant cette vitre à la regarder dormir, mais ma mère reprit la parole d'une voix douce :
- L'infirmière a raison, il faut que vous vous reposiez, tous les deux. Que vous soyez épuisés n'aidera pas le bébé.
Je fis semblant de ne pas avoir entendu. Je ne voulais pas retourner dans ma chambre, je voulais veiller le bébé, la protéger, même si c'était de loin. Mais Killian s'accroupit pour se mettre à ma hauteur. Je vis qu'il pleurait toujours, et, encore une fois, mon cœur se serra de tristesse. Je détestais le voir autant en détresse.
- Ta mère a raison, Emma. Il faut que tu ailles dormir.
- Tu crois qu'elle a froid ? Fut la seule chose que j'arrivais à lui demander d'une petite voix.
- Je vais demander à une infirmière de lui apporter une couverture, promit mon père.
- S'il te plaît, Em', implora Hook en voyant que je n'étais toujours pas décidée à bouger. Il faut que tu te reposes. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, pas en plus de tout ça.
Je finis par hocher doucement la tête, prête à tout pour qu'il se sente un peu mieux. Il me prit doucement dans ses bras dans une merci silencieux, et je plongeai la tête dans sa nuque pour respirer son odeur rassurante. Puis, un peu forcée par ma famille, même si je savais qu'ils avaient raison, je finis par regagner ma chambre.
J'insistai pour prendre une douche, malgré ma faiblesse. Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais l'impression que me retrouver sous l'eau chaude allait m'aider à me sentir mieux. Killian rentra avec moi dessous pour s'assurer que je ne m'évanouissais pas, mais je savais bien que c'était aussi parce qu'il ne voulait pas me quitter d'une semelle. Nous restâmes enlacés pendant de longues minutes alors que l'eau brûlante coulait sur nos peaux.
Mes parents m'avaient apporté des vêtements pour me changer. J'enfilai une blouse trop large et un leggings, toujours sans prononcer un mot. Je n'avais pas envie de parler, toutes mes pensées convergeaient vers ma fille, et je ne pensais qu'à elle. Killian respecta mon silence, comme je respectais ses larmes. Une fois que je fus couchée, et malgré mes perfusions, il parvint à se faire une petite place dans le lit pour me prendre contre lui. Je me serrais contre son corps puissant, les deux bras enroulés autour de sa nuque, la tête plongée dans son cou. Le silence était simplement entrecoupé de nos respirations, la mienne calme, la sienne toujours hachée par les sanglots. Je l'embrassai plusieurs fois à la base du cou pour essayer de l'apaiser. Puis, après un long moment passé à nous rassurer l'un l'autre, nous finîmes enfin par nous endormir.
Voilà, j'espère que ça vous a plu! En ce qui concerne le prénom du bébé, il sera révélé dans le chapitre 39, donc les paris sont ouverts! :p
