Hello !
J'espère que ce chapitre vous plaira :)
Merci à Noellou pour sa correction
Bonne lecture :)
Chapitre Trente-Quatre
7 mai 1981, Godric's Hollow
Le soleil resplendissait, tandis qu'une brise faisait onduler les feuilles et bruisser les arbres. Le mois de mai semblait prometteur, aucune averse n'ayant troublé sa tranquillité. Au loin, les oiseaux piaillaient, accompagnant le son que faisait la rivière. Lily était assise au bord de l'eau, tenant Harry fermement, de peur qu'il ne tombe. L'enfant se penchait, et tapait dans l'eau bouillonnante de vie, éclaboussant les alentours. Sa mère riait devant son air étonné, qu'il avait lorsqu'une goutte d'eau tombait sur lui. Sans le lâcher, elle regarda derrière elle. James avait promis de s'occuper de tout, et Remus le secondait du mieux qu'il pouvait. Sirius, quant à lui, proposait ses services pour placer les éléments sur la nappe.
_ Harry a bien grandi, c'est incroyable, j'ai l'impression de le revoir hier encore, quelques heures après sa naissance, s'extasia Mary, assise près de son amie.
_ Ça me fait bizarre, à moi aussi, avoua la jeune mère, en riant. Il commence à mieux parler, même si ce n'est pas toujours compréhensible, ajouta-t-elle en se penchant vers son fils.
L'enfant se retourna, souriant à sa mère. Il tendit les bras vers elle, et la jeune femme le prit dans ses bras en souriant à son tour. Il se tenait de mieux en mieux, et adorait tourner la tête de tous les côtés, pour observer ce qui l'entourait. Cependant, au grand désappointement de James, il ne faisait pas mine de se déplacer à quatre pattes. Au contraire, il préférait surtout attraper les coins, les recoins, tout élément susceptible de l'aider à se tenir. Plusieurs fois, lui et Lily avaient été alertés par des pleurs, voire des hurlements, et chaque chute semblait plus terrible que les autres. Là dernière en date, la veille. Il avait essayé de se tenir à la pile de livre que Lily avait laissé traîner dans un coin, formant ainsi sa pile de lecture. L'enfant s'y était appuyé, mais l'équilibre précaire des ouvrages n'avait pas résisté, et quelques minutes plus tards, les deux jeunes parents accouraient, pour découvrir plus tard qu'un bleu se formait sur son front.
_ James est ravi, il dit que dans quelques mois, Harry sera capable de se tenir sur un balai. Il a hâte de lui transmettre cette passion, fit Lily en se tournant de nouveau vers Mary.
_ Et s'il devient un rat de bibliothèque, comme toi ? Demanda la jeune femme d'un air espiègle.
C'était devenu le sujet épineux. James adorait sa femme, il aimait tout ce qu'elle était et tout ce qu'elle représentait. Cependant, à l'idée que son fils, et peut-être plus tard sa fille, qui sait, ne soient pas intéressés par le quidditch le terrifiait. Ils avaient pris l'habitude de lire des histoires à leur fils, et Lily savait pertinemment que James repoussait tous les livres de contes qu'elle dévorait, avant de les lire à Harry, pour lui raconter ses exploits en tant que capitaine et poursuiveur de l'équipe de Gryffondor. Ce qu'il ne savait pas, c'était que Lily écoutait derrière la porte, riant au souvenir de ces fameux match et aux enjolivements que le conteur y apportait. L'inverse se produisait également. Ainsi, lorsque Lily lisait des contes moldus à son fils, James collait son oreille à la porte, découvrant ce patrimoine qu'il n'avait jamais vraiment connu.
_ Alors James entrera dans une dépression nerveuse, s'esclaffa la sorcière, les yeux pétillants.
_ Moi ? Jamais !
Les deux amies sursautèrent, et se retournant, elles virent James, occupé à réprimer un éclat de rire. Reprenant contenance, il prit Harry des bras de Lily, et tandis que les deux jeunes femmes se relevaient, James installait Harry sur la nappe. Ce pique-nique, ils l'avaient attendu longtemps. Au retour de l'enterrement de sa mère, Lily avait trouvé les maraudeurs dans le canapé, occupés à ne rien faire, dans un état amorphe. Elle-même avait besoin de se secouer, aussi s'étaient-ils donné l'après-midi pour faire des projets pour les jours de beau temps. Ils avaient voté à l'unanimité des piques-niques et des barbecues, et celui-ci était le premier de la saison.
_ Non, attention ! Mary ! Tu as failli écraser les oeufs ! Se lamentait Sirius tandis que Lily s'asseyait près de James.
_ Parle pour toi, ils sont là, tes oeufs, riposta Mary en lui mettant le bol sous le nez. Je les avais poussés avant de m'asseoir, ajouta-t-elle en se tournant vers les plats.
Ils s'étaient surpassés, chacun ayant amené quelque chose. En réalité, il s'agissait surtout, pour le plat de résistance, de salades, quelques sandwiches également, ainsi de la charcuterie. Les couleurs des aliments étaient appétissantes, chaque élément semblant meilleur que le précédent. Par précaution, Remus avait enfermé les desserts dans un panier, à l'écart, surveillant du coin de l'oeil les tentatives de Sirius pour attraper un gâteau ou un fruit. Le jeune homme n'était cependant pas en reste, et même s'il n'avait pu apporter un seul plat, prétextant que sa cuisine était immangeable, il avait réussi à dénicher des bièraubeurres, qu'il avait ensorcelées pour qu'elles gardent leur fraîcheur. Harry, pour sa part, semblait heureux avec son jus de citrouille. Il avait le visage barbouillé de fraises, fournies par son parrain, là encore.
_ C'était vraiment une bonne idée, soupira James en souriant, se rejetant en arrière. C'est dommage que Peter ne soit pas là, il aurait aimé.
_ Certes, mais on ne va pas se priver de dessert parce que Pettigrew n'est pas là, n'est-ce pas ? Insinua Sirius, qui n'avait pas perdu son sens pratique.
Peter semblait de moins en moins présent. Lorsqu'il était là, sa présence jetait un froid. Il était devenu pâle, taciturne. La guerre semblait l'avoir durci, et en même temps, Lily sentait qu'au fond, il était en mille morceaux. Lorsqu'elle abordait le sujet avec James, il lui répondait qu'il s'en rendait compte également, mais que tant que Peter ne voudrait pas parler, ils ne pourraient pas le forcer. Sirius ne plaisantait plus sur une potentielle petite amie, et Remus semblait le couver du regard, comme s'il essayait de le protéger d'un mal qui le rongeait pourtant déjà.
_ Il me semble que Remus pourrait gentiment remettre le panier à dessert sur la nappe, comme ça on pourrait se servir, ajouta le jeune homme, un sourire franc sur les lèvres, trahissant ainsi sa plaisanterie.
Mary éclata de rire, tandis que Remus tirait au centre le panier. Une fois ouvert, il révéla une mini-patisserie ambulante. Mary avait littéralement dévalisé la boulangerie du chemin de traverse, tandis que Remus avait appris, sous la direction de Lily, à faire une tarte aux fraises, fraises que Sirius avait trouvé en courant dans les supermarchés de Londres. James, enfin, avait réussi à reproduire le gâteau au chocolat qu'il avait préparé à Noël. Les mignardises se mêlaient aux gâteaux, et les yeux des convives brillaient face à tant de choses.
_ Tiens, Lily, toi qui aime la littérature française, lança Sirius en souriant, je vais t'épater. Tu savais ce que disait le mari de la Comtesse de Ségur lorsque le dessert arrivait ?
La jeune femme fronça les sourcils, méfiante. Elle connaissait parfaitement les tours qu'il pouvait lui jouer, et s'attendait toujours à dire ce qu'il ne fallait pas. Elle réfléchit un moment, essayant de se rappeler ce qu'elle avait lu à ce sujet. Mais au bout d'un moment, elle dû s'avouer vaincue. Non, elle n'avait absolument aucune idée de ce que ce monsieur pouvait bien dire en voyant arriver les desserts. Sirius lui adressa un sourire de fausse pitié, avant de déclarer :
_ Il disait "Voilà Sophie qui va commencer son repas"*. Il paraît qu'elle préférait les desserts, et mangeait à peine les plats précédents pour s'en donner à coeur joie ensuite.
_ Je ne te savais pas si savant, Sirius, riposta Lily en lui souriant.
Remus éclata de rire avant de lancer à son ami :
_ Vous auriez pu vous vous entendre, alors !
_ Non, parce que je n'ai pas besoin de me priver de quoi que ce soit pour dévorer des desserts, répondit le jeune homme en se servant de larges portions de chaque élément.
Le soleil s'était déplacé, dans sa course éternelle autour de la terre. Ils avaient rassemblés leurs affaires, qui reposaient à présent près d'un chêne, celui-la même qui était penché au-dessus de l'eau. Tandis que Lily et Remus pêchaient, et que Mary jouait avec Harry, James et Sirius avaient enlevé leurs chaussures, et pataugeaient gaiement dans la rivière, peu profonde à cet endroit. Lily riait en les voyant faire, sans pouvoir s'empêcher de grommeler, de temps à autres :
_ Vous allez faire fuir le poisson !
Les deux sorciers éclataient de rire en entendant ces paroles, persuadés qu'elle ne disait cela que pour la forme. D'ailleurs, c'était le secret de Polichinelle que personne n'avait jamais réussi à prendre un poisson ici. Il faisait trop chaud pour rester insensible à l'appel de l'eau fraîche, de toute manière. On entendait leurs rires résonner sous les arbres centenaires, mêlés à ceux des autres, de temps en temps.
_ Qui t'a appris à pêcher, s'étonna Remus, quelques instants après.
_ Mon père, répondit Lily, en souriant. Il y avait une rivière, près de la maison. Il nous emmenait, moi et Tunie. Parfois il était le seul à pêcher, et nous jouions près de lui, ou alors nous le regardions faire, tandis qu'il nous transmettait des secrets de pêcheur. Mais souvent, nous avions nos propres cannes, et il nous mettait les asticots dessus. Ou du maïs, tout dépendait.
Elle allait poursuivre, sûrement pour ajouter qu'il s'agissait là de souvenirs qu'elle chérissait plus que tout, moments privilégiés avec son père et sa soeur, quand elle sentit de l'eau froide dégouliner dans son dos. Elle poussa un cri étranglé, tout en se redressant. James riait en se tenant les côtes, suivi par Sirius. La jeune femme finit par lâcher sa canne et les rejoindre dans l'eau, imitée par Remus. Ils s'éclaboussaient en riant, hurlant sous les effets de l'eau froide parfois. Mary riait en les voyant faire, tandis qu'Harry regardait la scène en applaudissant, un grand sourire dessiné sur ses lèvres.
Remus finit pourtant pas avoir trop froid pour continuer, et il céda bien vite sa place à Mary, qui partit en riant rejoindre les autres, tandis qu'il surveillait Harry. L'enfant tendait le cou, et s'intéressait vivement aux éclaboussures. Imitant les gestes de Lily, le jeune homme finit par l'emmener auprès de l'eau, le tenant fermement pour éviter, une fois encore, une chute. Harry pataugea à son tour dans l'eau, éclaboussant dans une indifférence totale ses vêtements et ceux du jeune homme.
L'après-midi s'écoula ainsi, partagée entre les jeux d'eau et les jeux de cartes, lorsqu'ils étaient trop épuisés. Les restes du dessert furent dévorés aux alentours de quatre heures, et il ne se passa pas une seule minute sans quelques éclats de rire. Les nuages qui pesaient sur les existences de chacun d'entre eux s'étaient éloignés, le temps d'une journée, et ils redevenaient ces jeunes gens, heureux de vivre, heureux d'être là, tout simplement. Les choses les plus insignifiantes devenaient pour eux les trésors du monde, et ce pique-nique, banal en apparence, fût sans doute l'un des jours les plus heureux de leur existence.
*Ma Chère Maman, Olga de Pitray
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