36. Menteur

— Pas la chanson la plus joyeuse que le Choixpeau nous ait chanté, hein ? dit Dean alors que Seamus et lui accrochaient leurs posters et photos autour de leurs lits. Ils étaient arrivés en premier dans le dortoir et l'avaient pour eux tout seuls pendant quelques minutes.

— Pas vraiment, non, marmonna Seamus. Tu y crois à c'qu'il a dit sur Poudlard qui serait en danger et tout ?

— Je ne vois pas pourquoi il mentirait, répondit Dean. Ce qu'il a dit à propos de nous unir est logique, je trouve.

— Comme si on allait s'unir avec ces maudits serpents, s'amusa Seamus.

Ils continuèrent de défaire leurs valises pendant un petit moment. Seamus pensait toujours à la chanson du Choixpeau.

— T'penses qu'on est en danger, alors ? demanda t-il finalement.

Dean hocha de la tête.

— Bah oui, Dumbledore a bien dit que Tu-Sais-Qui était de retour lors du repas de fin d'année.

— Mais ça n'peut pas être vrai ! s'exclama Seamus, une leur légèrement paniquée dans les yeux. J'veux dire, il est mort y'a des années, tout l'monde le dit.

— Tu penses que Harry et Dumbledore mentent, alors ?

Seamus le regarda curieusement.

— Tu n'as pas lu la Gazette du Sorcier ?

Il secoua la tête.

— Non, mes parents pensent que Michelle remarquerait des hiboux nous apportant le journal tous les jours. En plus, je ne voulais pas qu'ils découvrent que Cédric est mort. Ça les aurait inquiétés, ils auraient pu ne pas me laisser revenir.

— Ma mère a failli n'pas me laisser revenir.

Sa mâchoire en tomba.

Quoi ? Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?!

Seamus lui lança un regard noir.

— On n's'est pas vu d'tout l'été et on n's'est presque pas écrit. Dean ! Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? Est-ce que tu m'évitais ?

Dean évita son regard, honteux. C'était vrai, il avait bel et bien évité Seamus. Il ne savait juste pas comment ils étaient supposés agir comme si c'était juste un été comme les autres, alors que Cédric venait de mourir. Comment aurait-il pu exprimer ça dans une lettre ? Alors il avait juste éviter le sujet, mais apparemment ce n'était pas la bonne chose à faire.

Il s'éclaircit la gorge.

— Non, bien sûr que non Seam. Qu'est-ce qui s'est passé ?

— Et bien, évidemment elle était super effrayée après que Cédric se soit fait... après qu'il soit mort, dit rapidement Seamus. Dean remarqua qu'il évitait de dire que Cédric s'était fait tuer. Et après, avec Dumbledore et Harry racontant partout comme des fous que T'sais-Qui est de retour, elle ne voulait pas que je revienne. Je m'suis disputé tout l'été avec elle à propos de ça.

— Mais où tu serais allé ? demanda Dean d'un air incrédule.

— Elle a suggéré Beauxbâtons vu qu'c'est pas trop loin et qu'c'est une école qui a une bonne réputation, Seamus fronça du nez. J'lui ai dit que je préférerai aller à l'Académie de Salem aux États-Unis plutôt que de poser un pied dans cette école française de chochottes. Elle n'aime pas trop les États-Unis alors au bout d'un moment, elle a abandonné et m'a dit que j'pouvais revenir ici.

— Alors elle pense que Harry et Dumbledore mentent ?

— Bah, personne n'sait vraiment ce qu'il s'est passé, non ? Tout c'qu'on a, c'est la parole d'Harry. Et si tu y réfléchis bien, tout c'que Harry a pu faire, personne n'était là pour en témoigner. Il était seul quand il vaincu Quirrell, pareil avec le monstre dans la Chambre – s'il y en avait vraiment un. Qui sait s'il dit vraiment la vérité ou s'il cherche juste à attirer l'attention ?

Dean fronça des sourcils.

— Je ne pense pas qu'il...

Ils se turent brusquement en voyant Harry et Neville entrer dans le dortoir. Harry les regardait comme s'il savait exactement qu'ils étaient en train de parler de lui. Dean se sentit coupable et commença à enfiler son pyjama.

— Salut, Harry, dit-il. Passé de bonnes vacances ?

— Pas mal, oui. Et toi ?

— Oui, oui, ça s'est bien passé, affirma t-il avec un petit rire nerveux. Mieux que pour Seamus, en tout cas, il était en train de me raconter.

— Pourquoi, qu'est-ce qui t'es arrivé, Seamus ? demanda Neville en posant un cactus à l'aspect hideux sur sa commode.

Seamus lança un regard noir à Dean, le dos tourné à Harry et Neville. Il se concentra sur son poster des Crécerelles de Kenmare, appuyant au moins cinq fois sur chaque coin, avant de répondre :

— Ma mère ne voulais pas que je revienne.

— Quoi ?

Harry semblait presque aussi surpris que Dean l'avait été.

— Elle ne voulait pas que je revienne à Poudlard, expliqua t-il, sortant son pyjama de sa valise, évitant de regarder quiconque dans les yeux.

— Mais... Pourquoi ?

Seamus sentit de la colère monter en lui alors qu'il enfilait son pyjama. Comme s'il ne le savait pas. Tout était de sa faute, après tout. Il finit de boutonner son haut de de pyjama et prit soin de garder une voix posée en répondant :

— Eh bien, j'imagine que c'est... à cause de toi.

— Qu'est-ce que tu veux dire ? répliqua Harry.

Seamus plissa des lèvres.

— Eh bien, elle... heu... enfin, ce n'est pas seulement toi, c'est aussi Dumbledore...

— Elle croit ce qui est écrit dans La Gazette du Sorcier, c'est ça ? Harry était en colère. Elle pense que je suis un menteur et Dumbledore un vieux fou ?

Seamus le défia du regard.

— Ouais, quelque chose dans ce goût-là.

Harry enfila son pyjama furieusement, avec des mouvements agressifs. Il se glissa dans son lit et allait fermer ses rideaux quand Seamus demanda :

— Écoute... Qu'est-ce qui s'est passé, cette nuit-là quand... tu sais... quand... avec Cédric Diggory et tout ça ?

Dean s'immobilisa. La voix de Seamus semblait étrange, comme s'il essayait sincèrement d'apprendre la vérité avec Harry, comme s'il essayait de lui donner une chance.

— Pourquoi me demander ça ? répliqua Harry. Tu n'as qu'à lire La Gazette du Sorcier, comme ta mère. Tu y apprendras tout ce que tu as besoin de savoir.

Dean secoua la tête. Harry avait laissé sa colère le submerger et tout ne ferait qu'empirer à partir de maintenant.

— Ne t'en prends pas à ma mère ! protesta Seamus.

— Je m'en prendrai à tous ceux qui me traitent de menteur.

— Ne me parle pas sur ce ton !

— Je te parle sur le ton qui me plaît.

Harry attrapa sa baguette magique sur sa table de chevet. Dean se crispa, prêt à intervenir dans le cas où il s'en prendrait à Seamus.

— Si ça te pose un problème de partager un dortoir avec moi, va donc demander à McGonagall de te mettre ailleurs... Comme ça, ta maman cessera de s'inquiéter...

— Laisse ma mère tranquille, Potter !

— Qu'est-ce qui se passe, ici ?

Dean se tourna vers Ron qui se tenait à l'entrée du dortoir, l'air perplexe.

— Il s'en prend à ma mère ! s'exclama Seamus, tremblant de colère.

— Quoi ? Harry ne ferait jamais ça... On l'a rencontré, ta mère, on l'a trouvée très sympathique...

— Ça, c'était avant qu'elle croie tout ce que cette immonde Gazette du Sorcier écrit sur moi ! s'exclama Harry de toute la puissance de sa voix.

— Ah... D'accord.

Ron fronça des sourcils alors qu'il commençait à comprendre.

— Tu sais quoi ?

La voix de Seamus était devenue froide comme la glace.

— Il a raison, je ne veux plus me retrouver dans le même dortoir que lui, ce type est fou.

— Tu dérailles, Seamus, dit Ron dont les oreilles commençaient à rougir de colère.

— Je déraille, moi ?

Le visage de Seamus perdit toutes ses couleurs. Dean voulait intervenir, mais il ne voulait pas que Seamus se retourne contre lui aussi.

— Alors, toi, tu crois toutes les imbécillités qu'il raconte sur Tu-Sais-Qui, tu penses qu'il dit la vérité ?

— Oui, c'est ce que je pense, répliqua Ron avec colère.

— Dans ce cas, toi aussi, tu es fou, cracha Seamus.

Ron fit un pas en avant d'un air menaçant, tapotant l'insigne contre sa poitrine.

— Ah oui ? Malheureusement pour toi, mon vieux, il se trouve que je suis aussi préfet ! Alors, si tu veux éviter une retenue, fais un peu attention à ce que tu dis !

Seamus était hors de lui. Il aurait donné n'importe quoi pour lancer un mauvais sort à Ron, peu importe la retenue, mais s'il avait des ennuis dès la rentrée, sa mère le retirerait définitivement de Poudlard. Il sauta sur son lit et tira si fort sur les rideaux qu'il les arracha, les faisant tomber au sol.

Ron lança un regard noir à toute le monde dans le dortoir.

— Est-ce que d'autres parents ont un problème avec Harry ?

Son regard atterrit sur Dean, qui leva les mains en l'air.

— Mes parents sont des Moldus. Ils ne sont absolument pas au courant qu'il y a eu un mort à Poudlard, vu que je ne suis pas assez idiot pour leur parler de ça.

— Eh bien, moi, tu ne connais pas ma mère, elle arriverait à faire avouer n'importe quoi à n'importe qui ! lui lança Seamus, faisant apparaître une expression blessée sur le visage de son ami. De toute façon, tes parents ne lisent pas La Gazette du Sorcier. Ils ne savent pas que notre directeur a été renvoyé du Magenmagot et de la Confédération internationale des mages et des sorciers parce qu'il commence à perdre la boule...

— Ma grand-mère dit que ce sont des idioties, intervint Neville. Elle dit que c'est La Gazette du Sorcier qui est sur la mauvaise pente, pas Dumbledore. Elle a résigné notre abonnement. Nous, on croit Harry, ajouta t-il, se mettant au lit en lançant un regard nerveux à Seamus. Ma grand-mère a toujours dit que Tu-Sais-Qui reviendrait un jour. Et elle dit que si Dumbledore annonce qu'il est revenu, c'est qu'il est revenu.

Harry lança un stupide regard de gratitude à Neville et Seamus décida qu'il en avait eu assez. Il répara ses rideaux et les ferma, ne souhaitant même pas bonne nuit à Dean. Ce dernier secoua tristement la tête et se coucha dans son lit. Cette année à Poudlard s'annonçait encore plus mauvaise qu'avant.


Notes de l'auteur : ce chapitre comporte beaucoup de citations tirées directement de l'Ordre du Phénix, je rappelle donc à tout le monde que tout (sauf l'Académie de Salem, ma création) appartient à notre reine J.K. Rowling. J'embellis simplement l'histoire =)