Chapitre 33 : Quil Swan

Bonsoir tout le monde !

Et voilà enfin une partie des explications que beaucoup d'entre vous attende !

Je dois bien avouer que je suis assez nerveuse en ce qui concerne vos réactions. J'espère de tout cœur que vous n'allez pas être déçu par ses révélations que vous attendez depuis plusieurs chapitres ^^

Un grand merci encore une fois pour les reviews. J'ai pu constater que le chapitre précédent avait plus à certaine d'entre vous ... un peu moins à d'autres ... je n'ai pas encore trouvé le temps pour vous répondre mais j'espère y arriver pendant les vacances d'ici une semaine ... en tout cas je ferais mon possible !

Je vous laisse à votre lecture et on se retrouve en bas !


PDV Jacob

Il avait été convenu en début d'après-midi que je rejoigne ma patronne chez elle afin que l'on travaille sur le projet Dénali, restait en suspens depuis plusieurs semaines.

Isabella avait complétement abandonné le dossier et tout ce qui y était associé. C'est Aro qui avait remis le sujet sur le tapis, il y a trois jours. A ces yeux, trop de temps avait été perdu.

La compagnie était désormais seule pour monter ce travail et le délai s'était considérablement raccourci.

Pour être honnête le bruit provoqué par tout ce qui se passait entre Edward Cullen et Isabella Voltury ne leur plaisait pas. Ils voulaient stopper leur collaboration avec eux mais également avec nous. C'est Aro qui les avait convaincus de nous laisser ce travail pour lequel la compagnie était tout à fait qualifiée.

Le plus dure finalement avait été de convaincre Isabella de reprendre le dossier là où il avait été stoppé quelques semaines auparavant. Elle ne tenait pas plus que ça à se replonger dans ce projet, ce que tout le monde pouvait comprendre. Après tout, certaine chose avaient déjà été mise en place par Edward et elle avait que tout ne vole en éclat.

Quand j'approchais de la villa, je restai un moment devant le perron admirant l'édifice qui s'étendait devant mes yeux. Isabella Marie Swan s'en était sorti. Aujourd'hui elle était devenue quelqu'un non seulement aux yeux du monde mais aussi aux yeux de ses filles.

Quil aurait été fier de sa grande sœur et de ce qu'elle avait fait de sa vie.

Certes, celle-ci n'était pas parfaite loin de là mais au moins elle avait réussi à construire quelque chose. Le problème s'était le passé qu'elle tirait derrière elle comme un boulet accroché à sa cheville.

J'étais loin de tout connaître et je n'avais pas la prétention d'affirmer que je savais ce qu'elle ressentait, mais disons que je pouvais comprendre la difficulté de vivre avec des traumatismes venus de l'enfance. Dans son cas, ils étaient sans doute nombreux.

Quand à Edward Cullen, il était la cible d'Isabella et elle n'allait pas laisser tomber sa proie maintenant qu'elle l'avait sous la main. La haine qu'elle portait en elle avait trouvé un exécutoire et je savais pour l'avoir déjà vu à l'œuvre qu'elle n'allait pas lâcher le morceau.

Je finis par descendre de ma voiture et par frapper à la porte pour signaler ma présence. Alors que je m'attendais à une réponse rapide, je fronçais les sourcils quand personne ne vint m'ouvrir.

Je vérifiais l'heure d'un coup d'œil rapide à ma montre. Il était 14 h 29, j'étais quasiment pile à l'heure. Isabella savait que je venais.

De toute façon, elle avait des employés de maison qui devaient très certainement être entrain de travailler. Je retentais un deuxième coup à la porte mais toujours rien.

Je tentais de pousser la poignée et à ma grande surprise, la porte s'ouvrit. Je restai un moment à regarder le hall qui s'étendait devant moi, peu certain de ce que je devais faire.

Devrais-je entrer ou non ? Repartir n'était pas vraiment une option. La situation était vraiment étrange. Il se passait quelque chose.

Je pris mon courage à deux mains et j'entrais dans la maison qui semblait vide de toute âme. Je refermais derrière moi et regardait ce qui s'étendait devant mes yeux.

J'avançais certain que je n'allais trouver personne. Les employés n'étaient pas au travail, d'ordinaire il y aurait eu quelqu'un pour venir à ma rencontre et la porte ne serait jamais restée ouverte de cette façon.

J'allais pour faire demi-tour mais un léger bruit me stoppa.

J'avançais et je découvris avec stupeur une Isabella recroquevillée sur elle -même assise sur l'un des canapés blancs du salon.

Apparemment elle ne m'avait absolument pas remarqué. Etonnant d'elle vu que je l'avais toujours vu sur le qui-vive depuis que je travaillais pour elle.

Incertain quant à l'attitude que je devais adopter, je finis par prendre mon courage à deux mains et par m'approcher.

- Isabella ?

Je vis parfaitement ces épaules se crisper mais elle ne releva pas la tête de ses mains pour autant.

Espérait-elle que j'allais disparaitre parce qu'elle m'ignorait ?

Je n'étais que son secrétaire, je ne voulais pas la froisser et encore moins dépasser la limite imaginaire qui nous séparait.

Hésitant réellement devant une telle situation à laquelle je ne m'étais jamais attendue, je tendis la main pour la poser sur son bras.

Isabella finit par relever la tête et par plonger son regard humide dans le mien.

La patronne que j'avais toujours connue, celle que je comparais souvent à un roc, plus forte que la plupart des hommes qu'elle côtoyait au quotidien, avait complétement disparue. J'avais devant moi une femme épuisée par tout ce qui se passait ces derniers temps. Elle semblait avoir reçu encore un coup, encore une épreuve.

Que s'était-il passé encore pour qu'elle semble de nouveau au bord du gouffre ?

- Jacob …, murmura-t-elle les yeux mi-clos.

En la détaillant plus précisément, je m'attardais un moment sur les mouvements de son corps. Elle se balançait d'avant en arrière sans s'arrêter. De léger tremblement la parcouraient à intervalles réguliers.

Je me penchais pour examiner l'expression de son visage. Elle avait les yeux vitreux, dans le vide, elle fixait le sol sans vraiment le voir.

Je commençais vraiment à paniquer. Que pouvais-je faire pour le faire revenir à elle. L'appeler plusieurs fois, n'eut aucun effet. Elle restait dans son monde, même la secouer ne la fit pas réagir.

Après avoir réfléchit quelques instants, quant à la marche à suivre dans une telle situation, je finis par prendre mon courage à deux mains et par tourner son visage vers moi d'une légère pression sur sa joue.

Elle secoua la tête et parut soudain reprendre contenance. Je fus légèrement soulagé en constatant l'étincelle de vie au fond de ses prunelles. Ce n'était pas flagrant mais au moins elle était là.

- Jacob, chuchota-t-elle pour la deuxième fois mais en ayant réellement conscience de ma présence cette fois.

Elle secoua la tête comme parcourut par un électrochoc et se leva d'un bond pour s'éloigner de moi. Comme elle me tournait le dos, je n'avais pas accès à ses sentiments ni à ses émotions, je ne pouvais donc pas voir ce qu'elle ressentait en cet instant. De toute façon, il y avait très peu de chance que je parvienne à une analyse correcte rien qu'en la regardant dans les yeux.

Isabella Masen Voltury n'était pas la personne la plus ouverte que je ne connaissais.

Je ne pouvais pas plus lui poser la question, il y avait très peu de chance qu'elle me réponde.

Non pas parce que je n'étais que son secrétaire mais simplement parce que ce n'était pas dans sa nature. Depuis que j'avais été engagé par Isabella voilà un peu plus de deux ans, elle m'avait aidé à devenir quelqu'un d'autre. Je n'avais guère de qualification du moins je n'avais surement pas celles des personnes qui s'étaient présentées au poste et pourtant contre tous pronostiques, j'avais été engagé en moins de trois jours.

Même maintenant j'ignore pourquoi elle avait eu assez confiance en moi pour me faire devenir son bras droit.

Bien entendu je m'étais vite rendu compte que ce n'était pas du tout au goût de Aro et de Marcus mais leurs remarques ne l'avait pas stoppé pour autant.

En quelques années j'avais évolué d'une façon totalement inattendue, je m'étais payé le genre d'appartement dont j'avais toujours rêvé et surtout j'avais dit au revoir au passé que je trainais comme un fardeau.

Sans la volonté que j'avais eu de m'en sortir, j'aurais fini comme la plupart des gars de mon milieu et ce n'était pas très joli à voir.

- J'avais oublié … Dubaï … le projet …

Tentant de recouvrer ses esprits, elle se raccrochait à la seule chose qu'elle connaissait et qu'elle maitrisait un tant soit peu : le travail.

Je pouvais comprendre cette attitude mais dans son état actuel je n'étais pas certain qu'elle parvienne à produire quoi que ce soit.

La peur allait-elle continuer encore et encore à me bouffer de l'intérieur ? Qui étais-je pour continuer de me taire maintenant que j'étais devenu un homme ?

J'avais 24 ans, je ne pouvais pas continuer d'agir comme un enfant alors que j'avais peut être le moyen de sauver un homme et d'envoyer un meurtrier en prison.

Isabella méritait de savoir et James Nomade ou qu'importe son nom, devait finir ses jours en prison.

- Vous ne me reconnaissez pas n'est-ce pas ? Lui demandai-je tout doucement sans pouvoir me retenir.

Le train était lancé, je n'allais pas pouvoir m'arrêter mais bizarrement se fut le soulagement qui m'envahit tout entier. J'avais enfin le sentiment de faire ce qui était juste.

A mes mots Isabella qui m'avait parfaitement entendu se tourna vers moi et me jaugea du regard.

- Vous reconnaître ?

Je me redressais de toute ma hauteur et plongeais mes yeux dans ceux de ma patronne remplis d'incompréhension. Elle attendait que je parle et que je m'explique enfin.

L'un en face de l'autre droit sur nos jambes, on attendait la suite.

- En même temps, vous ne m'avez vu qu'une seule fois …

Les prunelles d'Isabella se remplirent soudain de peur. L'éclat de terreur que je perçus fut tellement vif que je me demandais comment elle réussit à ne pas prendre ses jambes à son cou et déguerpir.

Elle pensait que je lui voulais du mal. Elle pensait vraiment que j'étais de l'autre côté et pourtant.

Elle porta ses mains à son cou comme pour se protéger. La méfiance et surtout le peur se mélangeaient alors qu'elle attendait la suite.

- D ans, j'ai grandi au sein de l'orphelinat de San Francisco avant de retourner chez mon père quelques années puis d'être placé en famille d'accueil à l'âge de 7 ans … les Uley … jusqu'à la mort de mon meilleur ami deux ans plus tard … ou j'ai été envoyé dans une dernière famille d'accueil ou les choses sont devenues … compliquées.

Par compliquées, j'entendais invivable surtout.

Apprendre que mon père avait fait une cure de désintoxication et qu'il s'en était à peu près sorti avait été le salut que j'attendais. J'avais quitté l'enfer.

- Uley ?

Bien entendu le nom lui rappelait quelque chose. Il aurait été étonnant du contraire.

La compréhension parut se faire dans ses yeux et la terreur disparut comme elle était venue.

- Vous avez le même âge …

Je hochai la tête et je me permis de lui adresser un sourire.

- Quil était mon meilleur ami … nous avons souvent reposé l'un sur l'autre. Nous parlions souvent de nos vies. J'ai été placé parce que mon père était un alcoolique qui noyait le chagrin de la perte de ma mère dans la bouteille. Quil lui n'avait jamais connu ses parents. Il me parlait souvent de ces deux sœurs. Je me rappelle très bien que même à 9 ans, endurcit par les épreuves qu'il avait toujours vécu, il était beaucoup plus débrouillard que moi. Il comprenait que Tanya n'était pas quelqu'un de bien … vous en revanche il disait que …. Il disait que vous étiez toujours là quand il avait des problèmes et que vous ne le lâchiez jamais … que vous étiez forte et que vous seriez capable de les sortir de ce monde … il m'a souvent affirmé que si il pensait à sa maman … il voulait qu'elle soit comme vous …

A mes paroles, Isabella porta ses mains à son visage et étouffa un sanglot.

Je n'étais pas comme Quil. Moi je ne m'étais jamais fait à cette vie, je passais mon temps à rêver et à penser que tout ce que je subissais pouvait disparaitre si je priais très fort pour ça.

Quil lui se battait pour s'en sortir. Il n'avait pas l'espoir que ses parents viennent le chercher puisqu'ils étaient morts. Moi mon père pouvait décider de s'arrêter de boire et me reprendre avec lui. Moi j'avais de l'espoir.

J'avais toujours admiré sa force de caractère. Il était rebelle exactement comme sa sœur. Quil et Isabella étaient semblables et depuis 6 mois que je savais la vérité je m'en étais parfaitement rendu compte.

Ils avaient cette flamme, cet éclat dans leurs prunelles qui prouvait qu'ils pouvaient s'en sortir même si tout était contre eux.

Si Quil Swan avait vécu, il aurait sans doute accompli de grandes choses exactement comme sa sœur le faisait aujourd'hui. Mais la vie en avait voulu autrement et il était mort alors qu'il n'avait rien demandé.

- Vous êtes Jake n'est-ce pas ? Vous êtes ce gamin terrifié auquel nous avons rendu visite avec Tanya ?

Je hochai la tête.

Quelques semaines après le meurtre de mon meilleur ami, ses deux sœurs avaient fait leur apparition à la sortie de mon école.

A ce moment, je ne parlais plus depuis ce fameux soir trop choqué pour dire quoi que ce soit.

L'inaction de la famille d'accueil après la disparition de mon meilleur ami m'avait tellement rendu fou de rage. Ils ne cherchaient même pas ce qui avait pu lui arriver. Ils n'avaient même pas prit la peine de me poser des questions sur sa disparition. Et de mon côté, trop terrorisé par ce qu'il pouvait m'arriver, je n'avais rien dit pour attirer leur attention.

Je n'avais que 9 ans, bon sang !

Si je n'avais pas surpris une conversation entre les parents de la famille, je n'aurai jamais su que la mort de Quil avait été découverte.

Ils n'avaient même pas parlé de ce qui lui était arrivé. La seule chose qui les intéressait, c'est de connaître leur propre sort.

La seule chose qu'ils avaient eu, c'est que les enfants placés chez eux, leur avait été retiré.

Peu de chose quand on considérait qu'un enfant été mort alors qu'ils étaient censé le surveiller.

Quand j'avais vu Isabella devant moi plusieurs semaines après, j'avais tenté de lui dire ce qui s'était passé, que Tanya était au courant aussi mais j'avais fermé ma bouche et elles étaient reparties.

J'avais tellement fuit son regard que j'avais été incapable de la reconnaître 13 ans après quand elle m'avait embauché.

Aujourd'hui je n'étais plus un gamin privé de la parole, il était temps qu'Isabella sache ce qui s'était passé. Elle le méritait autant que Quil.

J'entendis très distinctement ma patronne reprendre son souffle qu'elle retenait visiblement depuis un bon moment. Elle se prit la tête dans les mains et j'entendis parfaitement son gémissement de désespoir. Elle mit un moment avant de relever la tête et de me fixer de nouveau droit dans les yeux.

Sur ses traits, je pouvais parfaitement lire la quantité de questions qu'elle retenait difficilement.

- Pourquoi me dire ça ? Pourquoi maintenant ?

Bien entendu qu'elle avait compris le réel but de mon aveu tardif. Lui parler de ce fameux soir alors que je ne l'avais jamais fait, n'allait pas être une partie de plaisir pour moi et encore moins pour elle, mais je devais le faire. Je ne versais pas dans le mélodramatique en affirmant que la vie d'un homme en dépendait.

Je baissais les yeux sur mes chaussures.

Bizarrement la première chose à laquelle je pensais, c'est le fait que jamais auparavant je n'aurais pensé porter ce genre de chaussures. Le costume était devenu indispensable à mon quotidien et je ne me voyais pas vraiment porter autre chose maintenant. Cela faisait partie de moi maintenant.

- Jacob ?

La voix de ma patronne me ramena à la réalité et je pris conscience que je n'allais pas pouvoir continuer de me taire ainsi. Je ne faisais que prouver que j'étais lâche et je faisais sans doute augmenter la peur d'Isabella.

- Parce que j'étais dans cette ruelle avec Quil quand il a été tué ….

Ma déclaration tomba comme un glas dans le silence oppressant de la pièce. Durant plusieurs secondes, j'eus l'impression que seule ma respiration et les battements de mon cœur, troublèrent l'atmosphère lourde et lugubre qui nous entourait.

Comme je ne regardais pas Isabella, je ne pouvais pas voir comment elle prenait ma révélation.

En revanche, je distinguai très bien le bruit de ses talons et le frémissement des pans de sa robe quand elle s'approcha de moi.

Des doigts fins s'enroulèrent autour de mon menton et elle releva ma tête afin de pouvoir plonger ses prunelles chocolat dans les miennes.

- Vous … étiez … là ?

A sa manière de parler, on aurait presque pu affirmer qu'elle venait de faire un marathon et qu'elle ne parvenait toujours pas à reprendre son souffle.

Mais bien plus que ça, l'espoir venait de donner vie à ses traits figés et surtout affaissés depuis qu'elle avait appris l'implication d'Edward Cullen dans la mort de Quil.

Elle qui avait repris vie quand il était entré dans sa vie, était devenu l'ombre d'elle-même quand elle l'avait perdu.

J'acquiesçais légèrement du menton.

- Alors vous êtes capable … Edward ?

L'espoir.

En cet instant, je compris qu'en dépit de tout ce que cet homme lui avait fait, elle n'avait pas perdu l'espoir.

Il l'avait trahi, blessé et sans doute même humilié dans un certain sens et elle le haïssait. Mais une partie de son âme, infime certes mais la toute petite partie qui dissimulait la véritable Isabella y croyait encore. Qu'importe les noms Swan, Masen ou Voltury, cette petite fille marquait par les épreuves continuait de croire malgré tout que les choses pouvaient s'arranger et devenir meilleures.

- N'est pas coupable …

Mes mots la firent froncer les sourcils et cet éclat devint encore plus présent dans ses prunelles. Mais son cerveau fonctionnant beaucoup trop vite à mon goût tua dans l'œuf se sursaut chez elle.

Elle secoua la tête et la colère reprit le dessus.

L'acharnement qu'elle avait développé contre cet homme qu'elle avait pourtant aimé l'espace de quelques temps, était pour moi un grand mystère surtout maintenant que je venais de comprendre que malgré tout, l'espoir était encore présent chez elle.

Mais le gros problème, venait de la haine et de la rancœur qu'elle avait acquise envers lui depuis le soir ou James avait détruit ses illusions. Malgré ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle-même, elle était prête à tout pour le voir enfermé durant le reste de sa vie.

Je ne savais même pas si elle se rendait compte de la bataille qui faisait rage en elle-même, de ses sentiments contradictoires qu'envoyaient son cœur et son cerveau.

J'étais presque certain qu'elle n'avait même pas réfléchit une seconde de manière consciente je veux dire, au fait qu'il pouvait être innocent. Elle l'avait jugeait coupable alors qu'elle aurait dû se concentrer sur le monstre capable de tuer un enfant de sang-froid.
James Nomades.

- Je vous demande pardon ?

Le ton cinglant de sa question prouvait assez bien cette haine irrationnelle.

- Il l'a avoué lui-même … il a tiré …

- Je n'ai jamais dit qu'il était innocent … je vous ai dit qu'il n'était pas coupable du meurtre de Quil …

Isabella ouvrit la bouche puis la referma avant de la rouvrir encore une fois et de se mettre à agiter ses bras.

- Ou voulez-vous en venir ? Demanda-t-elle d'une voix aigüe.

Apparemment trop lent pour elle, elle posa ses mains sur mes bras et me secoua.

- Mais parlez enfin !

Comprenant que je lui faisais plus de mal que de bien et que je devais parler avant qu'elle ne se trouve mal, je me libérais de son emprise. Afin de me concentrer sur ce que je m'apprêtais à révéler à cette femme qui cherchait désespérément la vérité depuis tant d'années, je me reculais afin de m'asseoir sur un des fauteuils blancs immaculés du salon.

Je posais mes mains sur mes coudes et je me pris la tête entre les mains.

- Avant toute chose, je veux que vous sachiez que Quil était mon meilleur ami … mais je n'étais qu'un enfant … un simple enfant, terrifié …

Elle ne répondit rien à mes paroles. De toute façon qu'aurait-elle pu dire ?

Il n'y avait pas vraiment d'excuses à avoir, pas vraiment de paroles non plus.

- C'était un soir comme les autres … il n'était que 21 heures mais les gens de la famille nous avaient envoyés nous coucher afin d'être débarrassé de nous. Nous étions trop gênants pour leur vie de famille, alors il préférait nous voir débarrasser le plancher. On se racontait des histoires avec Quil, on essayait d'imaginer la vie qu'on aurait quand on serait grand. Quoi qu'il puisse dire, il vous incluait toujours dans ses projets. Moi je n'avais pas de frère ni de sœur mais je savais que Quil était mon frère et que moi c'est lui que je voyais dans mon avenir.

« A la dernière visite de Tanya, elle lui avait donné un téléphone prépayé ou il ne pouvait pas appeler mais ou elle, elle pouvait le joindre. Depuis quelques mois elle venait quelques fois voir Quil à l'école ou au parc mais la femme de la famille d'accueil ne l'aimait pas alors il se cachait pour voir sa sœur. « Ce soir-là, alors que nous étions dans notre lit, elle l'a appelé. Quil était content tout du moins au début … mais il a vite compris que sa sœur n'était pas comme d'habitude. Elle disait des choses vraiment étranges et ne semblait pas tout à fait dans son état normal.

« Elle lui a dit qu'elle viendrait le lendemain le voir mais Quil s'est mis alors à demander ce qui lui arrivait. Je me rappelle très bien de ces questions en boucle : Tanya, Tu vas bien ? Ou es-tu ? Avant de raccrocher elle lui dit le nom du bar, avant de lui affirmer : je vais bien petit frère … tu grandis vraiment trop vite …

« Quand elle a raccroché, Quil était terrorisé. Il m'a expliqué que sa sœur était dans un endroit bruyant et que visiblement elle n'était pas comme d'habitude. J'avais assez vu et surtout entendu mon père bourré pour savoir reconnaître quelqu'un qui l'était. Je voyais bien que Quil avait peur de ce qui pouvait arriver à sa sœur dans un endroit de ce genre. Il ne voulait pas la perdre comme il avait perdu son papa et sa maman et je ne voulais pas non plus qu'il perde encore quelqu'un. Je savais qu'il en serait marqué autant que moi quand j'avais perdu ma mère.

« Je lui ai raconté comment était mon père dans ses moments et puis nous avions un exemple avec l'homme de la famille d'accueil … il buvait pas mal aussi. L'état dans lequel semblait se trouvait Tanya, ne laissait rien présager de bon. Il pouvait lui arriver n'importe quoi. Au bout d'un moment Quil a sauté au bas du lit et il a commencé à s'habiller. Maintenant je sais que j'aurais du le retenir. J'aurais dû crier et demander de l'aide à Madame Uley. Elle l'aurait retenu. Mais quand il m'a supplié de venir avec lui, je n'ai rien pu dire. Il fallait sortir sa sœur de ce bar et la ramenait ici ou elle pourrait redevenir elle-même. Je ne pouvais pas le laisser y aller seul alors je l'ai suivi.

« Nous sommes partis en pleine nuit avec une lampe torche et le téléphone donnait par Tanya pour seuls affaires. Emmitouflés dans nos manteaux pour nous protéger, on a couru le long des ruelles afin de retrouver ce bar que l'on avait déjà vu auparavant. Avec le recul, je me dis qu'on aurait eu toutes les chances du monde de se perdre dans Seattle … et il aurait sans doute mieux valu … je me demande encore comment nous sommes arrivés à destination. Mais le fait est que seulement 20 minutes plus tard nous étions devant l'endroit.

« Quand on est arrivés devant ce bar miteux, le videur nous a regardé de travers et nous a demandé d'aller jouer ailleurs … je me sentais vraiment mal à l'aise sous le regard de la moitié des hommes déjà bien enfumé par l'alcool et le reste … J'ai tiré Quil par le bras afin de lui faire comprendre que ce n'était pas une bonne idée mais il n'a rien voulu savoir … Il s'est posté à côté d'un tas de ferraille appelé voiture et les yeux rivés sur la porte, il m'a dit que nous allions attendre Tanya ici.

« Il était têtu, dans le genre vraiment tenace et je savais que je ne pouvais rien dire pour le faire changer d'avis. Alors je me suis posté derrière lui en souhaitant ne jamais être sorti de mon lit pour venir ici. Dans ma tête, c'était la réaction des Uley qui me terrorisait le plus. Ils allaient être fous de rage et j'avais peur de la ceinture du père sur moi. Il ne faisait que nous menacer avec depuis que j'étais arrivé mais je me doutais que cette fois nous allions avoir le droit à une correction dont nous nous rappellerions un moment.

« Elle est sorti quelque chose comme une demi-heure plus tard. J'étais gelé et je comprenais parfaitement que nous avions fait une grosse bêtise en partant ainsi au milieu de la nuit. Quand il a aperçu Tanya, Quil s'est mis à courir vers elle mais c'est à ce moment qu'elle s'est retournée vers deux hommes entrain de se battre. Ils se sont tous les trois enfoncés dans les ruelles et nous les suivions à bonne distance.

« Je n'ai pas mis longtemps à comprendre que l'un des hommes, un blond avec une queue de cheval, était beaucoup plus agressif que l'autre aux cheveux cuivrés. Ce derniers tenté de se sortir des griffes de ce taré qui hurlé quelque chose à propos de marchandises et tarif à payer … Tanya était aussi spectatrice que nous dans cette histoire.

« Au moment où une arme à feu à briller sous l'éclairage faiblard de la lune, j'ai couiné terrifié et j'ai tiré Quil afin qu'il se cache derrière des détritus et une poubelle. J'étais mieux caché que lui, plus en retrait.

- Les deux hommes se battaient mais je voyais bien que le combat était déséquilibré … l'arme à soudain volé au sol …

C'est à ce moment que je resserrais ma prise autour de mes cheveux tirant sur les mèches avec une violence inouïs. J'étais totalement en immersion dans ce moment qui m'avait hanté toute ma vie. Je revivais chaque seconde comme si j'y étais réellement.

La peur, le désir de fuir et l'envie surtout de ne jamais avoir quitté cette maison lugubre mais pourtant réconfortante dans cette ruelle sordide me terrassaient de nouveau 16 ans plus tard.

Je suffoquais littéralement. Je sentis Isabella s'accroupir près de moi et tentait de me calmer mais cela n'avait aucun effet.

La seule chose maintenant qui pouvait me soulager s'était d'avouer enfin à quelqu'un le premier traumatisme de ma vie, celui dont je n'avais jamais guérit et que personne ne connaissait.

- L'arme a volé … à plusieurs mètres … Tanya … elle était juste là … et Quil à eut peur alors il est sorti de notre cachette … j'ai voulu crier …. Le supplier de rester caché mais ma voix était bloquée. Quand je me suis retourné … c'est l'homme aux cheveux cuivrés qui tenait l'arme … et l'autre lui est rentré dedans. Ils ont tourné … et le coup est parti …. Quil s'est effondré …

J'avais tellement versé de larmes que mes yeux restèrent secs à mes mots. Ma respiration était toujours aussi saccadée alors que je revoyais le corps de Quil s'effondrait à quelques mètres de moi.

- Alors c'est Edward …, murmura Isabella difficilement les yeux dans le vague et les bras ballants.

J'ignorai si elle me regardait mais je secouai la tête.

Espoir quand tu nous tiens.

La douleur que je sentais dans ses simples mots me coupa presque le souffle.

- Il était vivant Isabella.

- Quoi ?

Elle parut choquée par mon aveu et je relevais la tête pour voir ses yeux inondés de larmes que moi je ne pouvais pas verser.

- Il était vivant. La balle s'est logé dans son bras … c'est le choc qui l'a fait s'écrouler … mais il était vivant. Pendant le cours laps de temps ou le coup de feu a été tiré et le moment ou Quil s'est effondré sous l'impact, j'ai regardé les deux hommes. Celui aux cheveux cuivrés était choqué puis sans que je le voie, Tanya l'a assommé avec un morceau de bois et elle a couru vers Quil sans faire attention au blond. J'ai tourné la tête vers mon ami. Lui aussi me regardait … puis il s'est tourné vers sa sœur en larmes qui lui disait de ne surtout pas bougé, qu'elle allait appeler les secours et que tout irait bien.

« Mais tout n'est pas bien allé … le blond avait récupéré l'arme … il a eu la présence d'esprit de mettre des gants… il a demandé à Tanya d'arrêter de chialer et que ce n'était pas le moment de faire dans le sentiment … mais elle ne bougeait pas et continuait de crier. Elle a attrapé un portable près d'elle et elle était entrain de composer un numéro quand James la violemment pousser. Elle est tombée sur le sol et … l'autre … il s'est mis à la frapper avant de ….

- Avant de quoi ?

Je plongeais mes yeux dans les siens.

- Avant de s'approcher au-dessus du corps de Quil et de lui tirer une balle dans la tête. Ses paroles quand il s'est retourné vers Tanya m'ont glacé : « comme ça maintenant tu te tairas » …

« Les cris de Tanya étaient perçants alors que je me recroquevillais contre les poubelles pour ne pas être vu. Il l'a frappé fort au visage avant de l'entrainer plus loin. J'ai compris qu'il n'avait pas peur d'être accusé du meurtre … ce sont les empreintes de l'autre homme qui était sur l'engin …

Je vis Isabella se recroqueviller sur elle-même et se balancer d'avant en arrière.

- Alors c'est James …

- Quand j'ai eu le courage de sortir de mon trou quelques dizaines de minutes après leur départ, je savais déjà que Quil était mort. La seule chose que j'ai été capable de faire … c'est partir en courant jusqu'à la maison ou je vivais … quand on m'a demandé le lendemain ou il était … je n'ai pas su répondre et j'ai décidé de me taire parce que je ne voulais pas mourir …

Je n'avais que 9 ans. Je ne voulais pas que quelque chose m'arrive alors j'avais tu cette histoire jusqu'à maintenant. Je me suis toujours dit que si je n'en parlais pas, elle ne pouvait pas devenir réelle.

Et pourtant sans vraiment en prendre conscience cette histoire m'avait rongé durant des années et me détruisait à petit feu. Voir son meilleur ami être tué de sang-froid était l'une des pires horreurs que j'avais vécu, qui se situait bien avant les nombreux coups que j'avais reçu dans les années qui ont suivi.

Isabella était toujours prostrée et j'aurais aimé pouvoir faire quelque chose pour l'aider.

Mais je n'étais peut être pas la bonne personne pour ça.

- Je suis tellement désolé …

C'était l'une des seules choses que je me sentais autoriser à dire. Qu'aurais-je pu ajouter pour diminuer sa peine ? Rien de ce que je pouvais dire ou faire pouvaient la faire moins souffrir.

Le silence parut d'éternisé.

- Maintenant je sais …, se contenta-t-elle de dire au bout d'un très long moment.

Alors qu'elle m'était toujours apparut comme une femme forte capable de surmonter toutes les épreuves, elle paraissait sur le point de s'effondrer définitivement sous le poids de ce passé et de son chagrin qui ne cessait de grandir.

- Qu'allait vous faire ?

Je savais à quoi ou plutôt à qui elle faisait allusion.

- On ne peut pas laisser Edward Cullen payer pour un crime qu'il n'a pas commis …

C'était ce qui m'avait poussé à parler et à dévoiler ce fardeau que je trainais en secret depuis tant d'années.

Edward Cullen n'était pas un enfant de cœur mais je savais que ce n'était pas un meurtrier.

Je l'avais vu évolué au sein de la compagnie depuis tous ces mois.

Je savais qui il était depuis le tout début avant même qu'il ne débarque ce fameux vendredi.

Je l'avais suivit depuis 10 ans et au fur et à mesure des années, j'avais pu me créer ma propre opinion sur lui.

Pour avoir vu le rapport des enquêteurs et la déposition qu'il avait faite aux inspecteurs après son arrestation, je savais qu'il disait la vérité. James Nomades était le seul coupable.

Si je n'avais pas les moyens de prouver la culpabilité de ce meurtrier je pouvais au moins tenter de disculpé celui qui méritait autre chose qu'une vie passée en prison.


Alors vos avis ? Pas trop déçu ?

Comme beaucoup l'avait deviné, l'enfant se trouvant dans la ruelle avec Quil, c'est Jacob le secrétaire d'Isabella !

Pour le prochain chapitre ... Jacob passe enfin à l'action !

A la semaine prochaine ! Passez une bonne semaine !