Vous n'êtes pas morts ? (._.)
Je pourrais avoir toutes les excuses du monde que ça n'excuserait pas ce retard de post. Donc je n'ai pas d'excuses, ah ah. Mefrappezpasmefrappezpaspleaaase
Hum, donc où en étais-je ? Euh... Merci infiniment de vos reviews, vos retours, je suis vraiment ravie que la fic vous plaise. On est parti pour un nouveau chapitre, un peu plus posé que les derniers.
Bonne lecture !
Playlist : Nico Mulhy : Body in Water - Florence & the Machine : Seven Devils
Résumé des chapitres précédents : Walburga enceinte ne retourne pas à l'école laissant Lily encore plus seule qu'elle ne l'était. La jeune fille découvre alors enfin que Tom est Voldemort. Elle prend la décision contre l'avis de ses frères de le sauver de lui même.
La vie est la farce à mener par tous.
Arthur Rimbaud, Une saison en Enfer
—Vous avez donc su la véritable identité du Seigneur des Ténèbres, fit McFleetwood.
—Oui, répondit d'une petite voix Lily en baissant la tête.
—Et… vous n'avez rien fait ? demanda une petite sorcière, interloquée.
—Que vouliez vous qu'on fasse ? rétorqua doucement Al. Nous étions au courant de ça à ce moment là, mais qu'aurions nous pu faire ? Le tuer ? Nous voulions essayer de le changer.
—En vain, apparemment.
—Oui, en vain, lâcha James entre ses dents.
Harry sentit tout le dépit du monde chez ses enfants. Sans doute regrettaient-ils amèrement leur choix, car sommes toute rien n'avait été changé. Voldemort avait continué à monter jusqu'à sa chute finale en 1998, lui même avec sa cicatrice en était la preuve parlante.
—Vous êtes tombée amoureuse de lui, débuta Susan avec compassion.
Alors, Lily s'anima, son regard fut illuminé d'une étincelle brûlante qu'Harry et Gin perçurent.
—Oui, oui je l'ai aimé. J'ai cru en lui. J'ai essayé de faire ce qui me semblait le plus juste, alors je l'ai aimé encore plus fort. Je savais qu'il pouvait devenir Voldemort, donc j'ai voulu le sauver de cette folie, et d'autre gens avec lui. Mais ce n'est pas pour ça que l'on me juge actuellement. Si c'est le cas, sans doute faudrait-il faire une autre session pour moi personnellement. Mais j'ignore si le ministère de la magie est habilité à juger des sentiments.
Le ton de leur fille s'était durci sur ses dernières phrases. Harry trouva sa fille en plein désarrois, infiniment forte. Susan hésita à dire quelque chose, mais ce fut McFleetwood qui rétorqua sèchement :
—Nous ne sommes pas là pour juger vos sentiments, jeune fille, mais vos actions. Si vos actions ont été dictées par ce que vous ressentez pour Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, ce n'est pas notre problème, vous serez jugée en toute connaissance de cause.
—Alors, je vous laisse le vérifier, répondit-elle soutenue par ses deux frères.
Il y eut un silence, puis le gros mage reprit.
—Nous continuerons dans deux jours. Aurors, Magicorgardes, raccompagnez les donc.
Alors, Harry vit Lily se lever, suivie d'Al et de James qu'on libérait de ses chaines. Encadrés d'Aurors et de gardes, ils disparurent dans le couloir attenant, tandis qu'à nouveau un murmure de commérage emplissait la salle. Le brun entendait le sarcasme dans la voix de certains et il voyait les photographes vérifier sur leur appareil la qualité des prises de cette session.
Pour eux, tout était parfait. Pour lui, c'était un enfer. Lily l'avait dit elle même. Elle était tombée amoureuse de Jedusor.
Un homme incapable d'aimer. Qui l'avait utilisé et faite souffrir, il n'y avait aucun doute. Pour autant, Harry était encore troublé par ce qu'il avait vu dans la pensine. À nouveau, il avait affaire à un Tom qu'il peinait à reconnaître. Un Tom distant, froid, cruel, mais qui avait été capable de dire à sa fille qu'elle lui appartenait.
Ses mots lui faisaient froid dans le dos.
Qu'entendait-il par là ? Après tout n'avait-il pas dit qu'il prévoyait autre chose pour sa Lily ? Avait-il une seule seconde, tenu à sa fille ? Harry en doutait.
Gin et Ron l'encadrèrent lorsqu'il sortit. Ils avaient l'air plus ou moins de se demander la même chose.
oOo
Le soir même, Harry arriva peu serein avec Ron devant un immense portail.
—Je le sens mal.
—Ron…
—On est devant chez les Malefoy quand même. Ce doit être le truc le plus fou et débile qu'on a fait depuis des années.
—Gin est allée inspecter avant qu'on organise la réunion, et puis tous les membres de l'Ordre ne seront pas là ce soir. Seulement nous quatre. Ma confiance en Malefoy est limitée.
—Ginny a toujours été un peu siphonnée pour se jeter dans la gueule du loup.
—Gin est égale à elle même, répondit Harry en sonnant à la porte. Elle fonce et réfléchi ensuite. James tient ça d'elle.
Ron gloussa malgré lui dans la neige.
—Je me réconforte comme ça, en me disant que s'il y avait un danger, on l'aurait déjà su, la connaissant. Et puis, même si ça me tue de l'admettre, Rose passe tout ses week end ici, on aurait su quelque chose. Mais savoir Hermione dans ces murs, ça me tue. Elle a été torturée ici par Bellatrix, et pourtant c'est la première à vouloir y retourner. Tout ça parce qu'elle aime bien Astoria.
Ils frissonnèrent tout deux à ce souvenir.
—Si c'est elle qui l'a voulu, on n'a pas notre mot à dire. Et puis, ce qu'elle comptait nous dire semblait être important, autant que nous puissions l'entendre dans un lieu sûr.
—Et imagine que Malefoy aille cafarder au plus offrant après ça ?
—Drago était effrayé l'autre fois. Il sait que je suis le plus offrant. C'est la vie… ou la mort.
Ils se turent car une silhouette dans une robe de sorcier bleue nuit s'approchait. C'était Scorpius. Avec une moue gênée face au regard sombre de Ron, il ouvrit la grille d'un mouvement de baguette.
—Vous pouvez entrer, dit-il. Ils sont dans le salon.
—La prochaine fois, vérifie notre identité, bougonna le roux avant de le devancer pour traverser l'immense parc.
Ce à quoi Scorpius ne répondit que d'un froncement de sourcil désabusé. Harry marcha à ses côtés jusqu'au manoir. Si plus jeune, le blond ressemblait à son père, il s'en était éloigné, un peu moins blond, avec un visage plus carré et des yeux plus tombants et gris que Drago. Même d'un point de vue moral, il était plus calme et mesuré, ce qui n'était pas une sinécure vue l'hostilité relative de Ron à son égard. Le jeune homme proposa avec politesse de les débarrasser de leurs effets, ce qu'ils refusèrent, pressés de commencer cet entretien.
Harry trouva l'intérieur du manoir changé, il était plus clair, plus vivant. L'atmosphère n'était clairement plus là même que la dernière fois qu'il était venu, et c'était bienvenu. À leur entrée, trois gros rottweiler noirs jappèrent joyeusement, brisant le silence.
Non, le manoir n'avait plus rien à voir. Et c'étant tant mieux. Ron, en tête de file traversa le hall, suivit d'Harry puis de Scorpius entouré de ses chiens avides de la moindre caresse.
Il vit dans le salon, autour d'un feu de cheminée, Hermione, Gin et Rose, puis sur un canapé, Drago et son épouse. Si le fils s'assit près de Rosie, la femme, elle se leva. Harry n'avait que rarement vu Astoria Malefoy, mais maintenant qu'il l'avait face à lui, il se rendit compte qu'elle n'avait rien à voir avec le commun des Sangs Purs.
Un peu ronde et petite, avec des cheveux sombres coupés à la garçonne, son air facétieux et ses yeux verts pétillants lui donnaient un air de lutin échappé des bois. Seul son ventre pointant sur sa robe rouge, et quelques discrètes tâches de grossesses pouvaient attester qu'elle était enceinte.
—Ravie de vous rencontrer, Harry. Je suis Astoria. Je connais déjà Ron et Hermione. Nous sommes vraiment heureux que vous ayez accepté notre proposition. J'espère que votre maison va mieux désormais. Oh ! Et j'espère que vous allez bien ? Vous désirez boire quelque chose ? D'autres personnes vont-elles arriver ?
Effectivement, ce petit bout de femme avait l'air d'être un véritable tourbillon. Harry vit Drago sourire en coin de l'attitude de sa femme, auquel il devait être habitué.
—Nous tenions à faire une petite réunion pour l'instant, pour nous assurer de vos intentions, répondit Harry. C'est juste une précaution.
Le sourire d'Astoria ne vacilla pas. Elle leur proposa des fauteuils en cuir, puis un elfe en habit noir vint leur proposer des boissons. Ravi de cette opportunité, Ron se tourna vers Hermione.
—Tu ne dis rien ?
—Ce sont des elfes libres, Ron-Ron. Ils sont payés. Je n'ai rien à dire.
—Papa, calme toi, rouspéta Rose. Essayons d'en venir aux faits !
Les trois Malefoy hochèrent la tête. Harry s'assit, un des chiens tenta de lui quémander des léchouilles et des papouilles à grand renfort de jappement. Cependant, sur un claquement de doigt de Drago, il vint tranquillement rejoindre les autres aux pieds de ses maîtres.
Ginny commença donc après avoir dûment, insonorisé la pièce plus par paranoïa que par réel besoin.
—Nous avons donc reformé l'Ordre, comme vous le savez. Mais les informations dont nous disposons sont encore maigres. Et notre situation est des plus périlleuse maintenant que Voldemort a réussi à rentrer au manoir. En souhaitant vous engager dans l'Ordre, vous allez être au courant de choses et de faits dangereux. Scorpius est au courant de certains, il me semble.
Le blond hocha la tête lentement, alors qu'Harry enchaînait avec l'assentiment de son épouse.
—Nous recherchons Voldemort. Mais le fait est, qu'il ne veut pas être trouvé, pas pour le moment. Il se renforce et cherche à se réincarner. Et je pense que Drago sait pertinemment ce qu'il recherche pour ça.
Le blond se figea légèrement.
—Les Reliques de la Mort.
—Oui, les reliques. Il a cherché chez nous pour les obtenir. Mais là où les choses sont rassurantes, c'est que c'est une quête veine. Il ne peut pas renaître avec uniquement ces objets. Les reliques ne servent pas à ça. Du moins à notre connaissance.
—Et s'il recherche à renaître au plus vite pourquoi n'utilise pas le sort de la dernière fois ? questionna Astoria.
—J'y ai pensé, il lui manquera le principal si jamais ce sortilège avait une quelconque chance de voir le jour, les ossements de son père. J'ai fait brûler et saler les ossements de Tom Jedusor Sr, il y a quelques semaines. Il ne reste plus rien.
—De toute façon, je doute que Voldemort recherche à revenir de la même façon, débuta Hermione. Il est mort une première fois, son âme a été arrachée en plusieurs morceaux, il n'est plus qu'un semblant de lui même, il aura besoin de plus de forces pour revenir, et j'ai du mal à voir comment c'est possible.
—Arrachée ? lâcha Drago.
—Oui, en plusieurs morceaux, on appelle ça des horcruxes, lui répondit Scorpius à qui Rose avait semblait-il expliqué le concept.
—C'est ce que vous avez fait durant votre septième année ? demanda leur ancien rival d'une voix blanche, l'air malade rien qu'à l'idée.
Hermione, Ron, et Harry hochèrent la tête.
—Le souci, et celui-ci est de taille, c'est que Voldemort a déjà trouvé des alliés, et jusqu'à présent il est difficile de savoir qui ils sont. Et c'est là que vous intervenez, reprit Ron.
—Comme une sorte d'agent double ? fit Astoria.
—Plus ou moins, le Ministère a été infiltré. Un proche de Bittersweet a l'air de le tenir sous sa coupe. Vous devez aussi savoir que le Ministre va, très prochainement mourir. Il est sur sa fin. Et là, nous sommes bloqués. Si ça se sait, ce sera la panique et nous ne pourrons plus avancer pour démasquer les alliés, si nous laissons faire, nos enfants seront jugés, et les Juges obtiendront quelque chose d'eux. Car oui, ils n'ont que faire de savoir si oui ou non, ils sont coupables, ils désirent quelque chose d'Al, James et Lily. J'ai fait suivre McFleetwood, il m'a l'air de prendre un peu trop de plaisir à ce procès. J'aurais besoin de vos appuis pour les autres juges, ceux les plus proches de Bittersweet.
Harry voulut leur laisser le temps d'encaisser toutes ces informations, mais Rose et Hermione ne l'entendirent pas de cette oreille.
—Justement Harry, je t'ai dit que j'ai fait des recherches sur ce qui est visionné dans la pensine. Trop de choses collent mais ne devraient pas. Je n'ai cessé de tourner ça dans tous les sens. Ils ont changés des choses dans le passé, cela devrait avoir une incidence dans le futur, notre époque ! Mais non ! Nous, nous rappelons des choses telles quelles. Nous nous rappelons que Tom a tué son père à seize ans, alors qu'il n'a fait que le rencontrer à quinze ans par exemple. Personne ne se souvient de Li, J et Al. Seuls les morts se souviennent d'eux, comme si on les avait rayé de la mémoire des vivants. Ça n'a pas de sens ! Qui serait assez puissant pour faire ça ? … À part la Magie elle même ?
—Et même là, c'est confus, cette hypothèse d'Albus était bonne mais en même temps confuse, constata Rose.
—Je suis partie des premières images du procès, fit Hermione en tremblant, puis je me suis intéressée à un lien entre leur formule et leur voyage dans le Temps. Même si je n'ai pour l'instant aucune idée de comment ils sont revenus dans notre époque, je crois savoir comment ils sont arrivés en 1941.
L'attention redoubla, et même Drago et Astoria qui n'étaient pas concernés en première ligne froncèrent les sourcils.
—Pourquoi cette date et ce lieu alors qu'ils recherchaient Gutters ? Pourquoi Tom Jedusor était devant cette boutique à cet instant précis ? J'ai compris en revoyant les images.
—Qu'est-ce que tu veux dire ? cingla Ginny.
—Ce que je veux dire, c'est lié à Tom, leur retour dans le temps est lié à Jedusor. Quand cette femme, cette Gutters a attaqué Al, J et Li, elle a prononcé la formule qui a permis à Voldemort de revenir la première fois. Il y avait la chair du serviteur et les os de son père. Et quand Lily et cette femme se sont battues, le médaillon qui les a amené dans les années 40 a trempé dans cette potion. Je pense que d'une façon où d'une autre, leur incantation, mêlée à ce collier, les a amenés au moment pile où Jedusor et le collier sont entrés en contact. C'est à dire quand Jedusor a vu le collier dans cette bijouterie.
Ils se turent pour assimiler ce fait. Rose elle, continua sur une hypothèse :
—Ce que je pense, personnellement, avec ce qu'à dit Maman, c'est que s'ils sont arrivés dans cette époque avec le collier, ils en sont revenus avec. Et je crois que c'est ce que V-Voldemort a tenté de rechercher dans la chambre de Lily. Peut être qu'il en a besoin ?
—Je pense qu'il y a plus que ça Rosie. Je crois, que cet objet agit comme un aimant pour Voldemort, il y a une infime part de lui qui l'attire. C'est pourquoi j'ai terriblement peur pour Lily qui a porté ce médaillon. Je suppose qu'il a été attiré par ce médaillon et que sans lui, rien ne pourra l'empêcher de leur faire du mal. Ce n'est qu'une petite partie de ses plans, mais ça expliquerait beaucoup de ses actions.
—Mais ce médaillon n'est pas chez nous. On l'aurait vu ! fit Ginny. Des aurors ont fouillé les affaires des enfants !
—Non. Il a pensé le trouver chez vous en plus des reliques et il s'est trompé. Les enfants ont dû le laisser quelque part. Qui sait à quel moment ils sont revenus dans notre époque, ils ne nous ont rien montré. Il est possible qu'ils l'aient laissé n'importe où, réalisa Harry.
—Oui. Et c'est bien ce qui m'inquiète. Si je ne me trompe pas, il est bien possible que l'attirance entre Jedusor et Lily soit due à ce médaillon. Réfléchis, on montre au monde sorcier au complet, ses failles, ses faiblesses et qu'à un moment un seul, il a peut être tenu un peu à quelqu'un. Lily porte ton sang et possédait ce collier, quel cocktail plus détonnant pour attirer inconsciemment un jeune Jedusor à elle ? Sans lui, il est fort probable qu'il ait oublié toute espèce de sentiment et qu'une de ses ambitions soient de la détruire pour montrer toutes ces choses.
Harry et Gin se regardèrent sans mot dire. Ils blêmirent. Quel enfer. Ils n'en sortiraient donc jamais ?
Pourtant, Jedusor avait dit qu'il réserverait un autre sort à Lily. Qu'avait-il en tête bon sang ?
—Mais, il aurait eu plein d'occasion d'attaquer votre fille, non ? tenta Astoria.
—Pas vraiment, ils transitent entre le Ministère et leur maison d'arrêt tenue secrète. Seule une poignée de personnes savent où elle se trouve. Bittersweet en fait parti.
—Partons du principe que le Ministre est tenu en laisse par quelqu'un opposé ou avec Vous-Savez-Qui, a-t-il ou va-t-il cracher le morceau ? questionna Draco.
—Ça, on l'ignore, cingla Ron. Mais il ne touchera pas à mes neveux et nièces, ni à personne d'autres. On peut espérer pour l'instant qu'ils sont en sécurité.
—Mais qu'est-ce qu'on va faire pour Bittersweet ? Il est malade, et on est incapable de savoir ses réelles intentions, constata Rosie.
—Il refuse de me voir. Il trouve toujours un prétexte. Il faut plus que rapidement envisager le fait de le mettre de côté. Sa maladie va bientôt être annoncée, et si ce n'est pas par lui, on chargera Percy de le faire.
—Pourquoi ton oncle, Rose ? demanda Astoria à la rousse.
—Parce que comme d'autres il fait campagne. Notamment contre McFleetwood.
—Si on veut essayer de tenir le gouvernement, et éviter la débandade. C'est un des seuls moyens, répondit aussi sec, Ron. On ne sait pas encore qui exactement va se présenter pour prendre la suite de Bittersweet, chacun fait sa petite campagne dans son coin alors qu'on est tous au plus mal. Il faut que Percy gagne et essaie rapidement de faire cesser ce procès, et collabore une bonne fois pour toute avec le Bureau des Aurors.
—Mais Percy manque de temps et de moyen pour mener une véritable campagne, pointa Ginny.
La rousse et Hermione coulèrent un regard à Astoria qui semblait-il avait compris car elle se tourna vers son époux qui pâlit dangereusement.
—Et si tu les aidais en finançant la campagne de Percy Weasley, Draco ?
Scorpius dut comprendre le manège car lui aussi se tourna vers son père, soutenu par Rose :
—C'est vrai que ça aiderait, Papa.
—Ne confonds pas tout, il y a une différence entre s'associer à l'Ordre et faire don pour une campagne. D'autant plus si nous jouons autant qu'informateur, si je donne, on m'associera forcément à vous.
—Pas si tu donnes à la S.A.L.E, Draco. Après tout tu l'as déjà fait après la guerre, nota sa femme. Fais des dons progressifs et réguliers à l'association d'Hermione et on transfèrera les fonds pour la campagne de Mr Weasley. La S.A.L.E a été délaissée après la libération des Elfes, personnes ne connaît les fonds donnés à l'association.
—Je vois que vous avez réfléchi à tout, toutes les trois, soupira le blond.
Gin, Astoria et Hermione sourirent de concert. Harry fut encore subjugué par l'intelligence de ces petits bouts de femmes, qui les aideraient, il en était sûr, à sauver ce pays et sa famille.
oOo
8 Février 2025
À l'autre bout de l'Angleterre, dans un autre manoir, l'ambiance était à l'aune de celle du Manoir Malefoy. Glaciale, et dangereuse. Des silhouettes frémissaient autour d'une table, attendant l'arrivée de leur hôte.
Chose qui ne tarda pas à se produire. Dans le petit matin, une petite silhouette branlante se découpa et avec ferveur les autres formes la saluèrent.
—Milady…
—Assez de Milady. Je veux ces gamins. Où en êtes vous bon sang ?
Une silhouette massive pointa sa baguette sur une carte de l'Angleterre barrée d'une multitude de petites croix.
—Nous avons cherché dans plusieurs endroits, le lieu de la maison d'arrêt des Potter est difficile à trouver. Par deux fois nous avons essayé de les suivre, en vain. Les aurors et les magicogardes transplanent trop tôt. Même pendant l'émeute, nous avons essayé de leur lancer un sort de Pistage, sans résultat.
—Je m'en contrefiche de vos excuses, ce procès doit se terminer. Au plus vite. Ces gamins se sont mêlés de la politique de mon père. Ce qui a eu lieu dans les années 40 doit rester dans ces années là. Personne ne doit rien savoir. Vous imaginez-vous le scandale ? Oh, et que dis-je ? Je ne vous paye pas pour penser, mais pour agir.
—Nous tentons d'agir, répondit une voix aigre. En voulant les Potter, vous vous attaquez aux gosses les plus protégés du pays. Même à Poudlard nous aurions plus de chance.
La petite silhouette voûtée se mit à faire les cent pas devant sa poignée de mercenaires. Elle piocha un gâteau dans un plateau présenté par un elfe de maison, puis sembla enfin remarquer sa présence :
—Au grands maux les grands remèdes. Puchki, tu vas me servir encore une fois. À la prochaine audition suis les aurors, et trouve où sont retenus ces maudits gamins.
L'elfe leva la tête vers sa maîtresse. Puis acquiesça, pressé d'écouter cet ordre apparemment crucial.
—Parfait. Ensuite, tu ramèneras les gens là bas. Ils se prépareront. Et une fois prêts, ils tueront ces maudits gosses. Le secret de mon père, demeurera ainsi à jamais dans l'oubli.
oOo
9 Février 2025
La salle d'audience était à nouveau bondée. Il fallait croire que des mots d'amour à un monstre pouvaient attirer de nouveaux curieux, avides de drames. Du drame, il y en avait, bien évidemment, songea Rita. Et il y en aurait, mais personne ne se souciait de la douleur liée au drame. Celle dont la blonde se nourrissait avec avidité.
Cette avidité lui suffisait amplement pour continuer son livre, sur lequel elle avait bien avancé. Quand ce procès pencherait vers la fin, elle le publierait et elle aurait sa vengeance.
Rita, avec beaucoup d'aigreur, ne se savait plus toute jeune, son visage s'affaissait, se ridait, et son corps dont elle était autrefois si fière n'était plus que l'ombre de lui même dans des robes trop provocantes pour son âge. Qu'importe, avec ce que lui rapporterait ce bouquin, ce nouveau bébé, tout le monde la congratulerait, oublierait son corps et ne retiendrait que son visage et les mots qu'elle avait couchés sur le papier.
C'était ça, la célébrité.
Et en parlant de célébrité, celle de Lily Potter entrant avec ses frères. La leur commençaient à éclipser celle de leur père. Chacun des spectateurs sur les bancs avait son préféré, du rebelle ténébreux, au jeune intello doux, à l'amante maudite, et chacun commentait sur qui passerait aujourd'hui.
Hélas pour les autres, sous l'œil désolé de Percy Weasley, Lily Luna Potter, l'amante maudite, était « entendue » encore aujourd'hui.
oOo
Les jours suivants, Lily parvint à esquiver Tom au mieux. Parmi les rares cours suivant ou précédent ceux du serpentard, elle se faufilait en même temps que Tabatha par la porte, adressant un mince sourire au brun. Souvent, elle prétextait une dose de travail considérable pour l'éviter, ce qui n'était pas mentir à vrai dire.
Tom, bien entendu avait remarqué son malaise, sans trop s'en soucier pour le moment. Ses sbires buvaient ses paroles, et même Cordelia, ne cessait de répéter à quel point les idées de Jedusor étaient intéressantes.
Oui, ses idées étaient séduisantes, mais irréalisables sans violence. Et Lily ne savait absolument pas quoi proposer d'autres pour détourner Tom de cet idéal.
Là était le véritable problème. Lily se sentait piégée, incapable de savoir comment agir face à Tom, car elle avait découvert qu'il pouvait être une véritable menace. Comment désarmer le mal ?
Une bien philosophique question. Sur lequel Lily n'eut pas mesure de s'épancher car un matin, Tom l'attendait à la sortie de son dortoir. La rousse se crispa sur son sac de cours.
—Tu vas bien ? Tu as bien dormi ? demanda-t-il sur un ton à la fois badin et désintéressé.
Si désintéressé qu'elle ne prit pas la peine de répondre. Elle quitta la salle commune avec lui, sous des regards curieux de serpentards.
—M'éviterais-tu Lily ?
—Non. Comme je te l'ai dit, j'ai beaucoup de travail en ce moment.
Ils s'affrontèrent du regard tandis que Cordelia et Tabatha passaient d'un pas pressé. Dans ses yeux noirs, il était encore difficile de discerner quoi que ce soit, mais à son sourire en coin, il était parfaitement à l'aise avec son désarroi évident. Lily voulut reculer, mais il passa sa main sur sa taille.
—Tu ne serais pas contre prendre un petit déjeuner en ma compagnie, non ? Nous avons peu parlé ces derniers temps.
À nouveau, elle sentit une pression invisible lui comprimer le ventre, alors elle hocha la tête. Sur ces entrefaites, la main toujours sur sa taille, le brun rejoignit son petit gang l'attendant plus loin, et ensembles, ils se mirent en marche vers la Grande Salle.
Le réfectoire était bondé, professeurs, comme élèves se réveillaient dans la joie par ce début décembre. Bientôt les décorations de Noël seraient là. Tom avait l'air de s'en fiche comme de son premier sortilège. Conscient des regards sur leur petit couple, il la mena à l'endroit où il mangeait habituellement. Lily eut encore plus l'impression d'être piégée de cette façon. Avec tous ces regards, elle ne pouvait plus faire un geste, ni dire un mot.
Et ce silence dura ce qui sembla être une éternité.
—Alors Pieters, tu as rendu le devoir de Slughorn ? demanda finalement Mulciber.
La rousse jeta un regard reconnaissant à Decimus d'avoir détendu quelque peu l'ambiance.
—J'ai obtenu un délai, je lui donnerai quand j'aurais mon rendez-vous d'orientation. Toi oui ?
—Ouais, grinça le grand septième année. Une vraie purge cette dissertation sur les particularités du napel oriental.
Il grimaça replongea dans son porridge, puis eut l'air de se souvenir de quelque chose car il réattaqua :
—En fait, tu as eu l'air de bien aimer avec Morgini, les cigarettes suisses, si tu veux j'en ai encore. J'essaie d'écouler mon stock avant d'en recommander. Je peux te les faires moitié prix.
—Euh, merci, je vais y repenser, c'est gentil.
Alors le brun recommença à manger avec un demi sourire, non sans adresser un signe de tête à Tom, comme s'il était convenu qu'ils l'acceptent désormais. Car même Nott et Antonin étaient à peu près agréables, distants, mais légèrement sociables. Mal à l'aise la rousse joua avec le médaillon de Gutters pendant à son cou.
Tom lui tendit une corbeille de pains au lait.
—En fait, Li, que font tes frères ces temps-ci ? Ont-il de nouveaux des ennuis ?
Lily leva un sourcil.
—Justement je crois que non. Du moins, de ce que j'en sais, je n'ai pas eu de nouvelles depuis plusieurs jours, et je ne m'en porte pas plus mal, dit-elle acerbe.
Le serpentard eut l'air profondément satisfait.
—Tant mieux. Tes frères ont une mauvaise influence sur toi, il te faut prendre des décisions seules.
Il reprit une tasse de café noir et servit Lily. Qui le remercia dans un murmure. C'était là une des scènes les plus bizarre à laquelle elle avait assisté. Elle devint plus étrange encore quand Silas Yaxley s'assit près d'elle, prit un toast dans son assiette comme s'ils se connaissaient depuis des années, puis ricana la bouche pleine :
—Ramona Rodriguez m'a demandé de l'accompagner au bal des débutantes. Quelle cruche.
—Le bal des débutantes ?
—Une nouvelle idée de Slug, expliqua Abraxas en finissant son verre de jus. J'ai pas bien compris, il entrera dans les détails au prochain cours, je pense. Tu as dit non à Ramona ? Elle est jolie pourtant.
—Tu parles, tu as vu le pic qu'elle se trimballe comme nez ? Si on danse ensemble elle va me prendre tout mon oxygène ! Et puis de toute façon, j'y vais avec Morgini. Elle est un peu cintrée, mais ça risque d'être amusant.
—Ça pour être cintrée, elle l'est, confirma Decimus. Mais c'est un sacré coup au-
—Épargne nous les détails, stoppa Tom derechef alors que Lestrange ne semblait demander que ça derrière sa montagne de bacon.
Tom retourna à son café, tout comme Lily. Du moins, voulut-elle y retourner, car un cri perçant brisa le gentil brouhaha de la Grande Salle.
—Wally !
Lily déposa brutalement sa tasse et tourna sa tête vers l'entrée de la salle. La silhouette de Walburga se découpait dans le soleil du matin, entourée de ses valises déposées par Picott. Cordelia, Tabatha et Lily filèrent vers elle d'un coup.
Walburga avait le visage émacié, et de lourdes cernes entartraient sa figure. À leur approche, elle murmura, ce qui se voyait comme une évidence :
—J'ai perdu le bébé.
Les trois serpentardes se figèrent. Elles s'empressèrent d'entourer la brune, cependant, celle-ci les repoussa.
Walburga afficha sur son visage un étrange sourire et traversa, sans se soucier de tous les regards rivés sur elle, la Grande Salle. Elle alla s'asseoir près de troisièmes années, à la table des serpents, laissant en plan Lily, Cordelia et Tabatha. Elles se jetèrent un rapide coup d'œil, avant de lui emboiter le pas. La jeune femme continuait à sourire en mangeant. Orion vint vers elle, elle le congédia d'un geste insouciant. Lily s'assit près d'elle, les sourcils froncés :
—Tu vas bien Walburga ?
—Bien sûr que je vais bien. Passe-moi les toasts, Lina. Je n'ai pas eu le temps de prendre de petit déjeuner avant de transplaner avec ma mère. Allez !
Lily obtempéra, troublée. Walburga mangea avec appétit, puis voyant ses camarades silencieuses, elle s'anima encore :
—On dirait que vous avez vu un Sinistros ! On a quel cours là ? Je n'ai pas envie d'être en retard le jour de mon retour triomphant.
Elle gratifia les élèves des autres tables d'un sourire éclatant, et si ceux-ci chuchotaient, ils se stoppèrent et retournèrent à leur assiette.
—J'ai un devoir à bosser en salle d'étude avec Lina, l'informa Tabatha aussi troublée que les autres.
—On a une heure de trou, confirma Cordelia, on va aller à la Bibliothèque, hein Wally ? On a une dissertation de potion, horrible. Quoi que peut être que Slughorn ne te la demandera pas, compte tenu de…
—Et pourquoi ça, je te prie ? Je suis revenue. Tout va bien. Allez, on y va Cordi.
Les deux jeunes filles quittèrent la table, Cordelia poursuivant sa meilleure amie et faisant voler sa chevelure blonde cendrée derrière elle.
Sur leur départ quelques personnes commentèrent à voix basse, et Lily se tourna vers Tabatha.
Autant, elle n'aimait que peu Cordelia, autant Tabatha avait toujours été assez sympathique, sauf bien sûr quand Tom lui avait demandé de ne plus lui adresser la parole. Mais Lily lui avait pardonné, trouvant insignifiant de se disputer contre elle, alors elle lui dit :
—Sa réaction est étrange, non ?
—Oh oui. Cordi va la coller pour les jours à venir, espérons qu'elle se confie. Quant à toi, Lina très chère, je crois que Tom t'attend.
En effet, Tom, près de la porte de la Grande Salle, adossé nonchalamment tout en discutant avec Mulciber et Lestrange, paraissait attendre quelque chose, ou quelqu'un. Elle. Lily, quasiment à reculons se leva, et marcha jusqu'au brun qui lui saisit la main puis l'entraîna à sa suite, jusqu'à la salle d'étude, ayant cours un étage plus bas. Encore une fois, ce sentiment d'être piégée, l'assaillit quand les camarades de Tom les encerclèrent.
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Les jours qui suivirent furent dédiés à surveiller Tom, jongler entre les cours, et essayer de comprendre le brusque changement de Walburga. Cette dernière continuait de sourire, rire et la taquiner comme si rien ne s'était passé. Tom, c'était plus compliqué encore, s'il n'avait pas changé, il pouvait arriver d'un coup au détour d'un couloir, un sourire séduisant aux lèvres pour l'escorter quelque part. Quand ce n'était pas lui, Mulciber s'y collait, et même si c'était un des serpentards avec qui elle s'entendait le mieux, elle n'avait plus pratiquement un moment seule.
Tom ne voulait pas qu'elle se retrouve seule, il voulait savoir ce qu'elle faisait. La rousse en venait à regretter l'ignorance des élèves au début de l'année. Elle avait l'impression d'être la cible de tous les regards, envieux des filles, ou sérieux des serpentards qu'elle croisait.
Il n'avait pas de quoi s'inquiéter, Lily n'avait plus de contact avec ses frères, car c'était bien ce qui semblait l'embêter, qu'elle puisse parler avec eux, non ? Quoi qu'il en fut, Lily, parvint à esquiver un soir Mulciber et Tom pour se rendre à la bibliothèque avec Ullah.
—Tu es sûre qu'elle est là-bas ? demanda-t-elle à la polonaise.
—Oui, Miss Morgini, doit finir un devoir en astronomie. Elle m'a dit qu'elle cherchait un livre de Sidera Galaxia, à la bibliothèque.
Lily hocha la tête. Car oui, si pour l'instant, elle ne trouvait pas de moyen d'aider Tom, ou Wally, autant essayer de voir avec Morgini si tout allait bien. Elle avait négligé la Gryffondor depuis le début, de l'année, autant rattraper cette erreur, d'autant plus que le joli visage de l'Italienne était de plus en plus sombre.
A croire que l'humeur de Tom devenait contagieuse !
Les deux serpentards trouvèrent la brune en train d'engloutir une gourde à leur arrivée. Son devoir était déjà fini, à en voir les rouleaux de parchemins déjà gribouillés. Lily s'assit face à sa camarade qui rangea sa gourde et sourit à leur arrivée.
—Lina, Ul', je suis contente de vous voir. Qu'est-ce que vous venez faire ici aussi tard ?
—Je venais te rendre la robe que tu m'as prêtée, chuchota Lily, et discuter avec toi.
Ullah s'assit à son tour.
—Garde là, après tout, le bal des débutantes a lieu bientôt et je suis sûre que tu es invitée. Tu n'auras juste qu'à changer la couleur, répondit l'Italienne doucement.
—Peut-être, mais justement, en parlant de ça, on a du mal à comprendre ton comportements de ces temps-ci, tu es très sombre.
—J'ai entendu Eileen Prince dire que tu manques les cours, rajouta Ullah. On voudrait comprendre…
—C'est… compliqué, hésita la brune.
Les yeux de la brune se baissèrent vers ses parchemins couverts de pâte de mouches et de symboles étranges. Elle les ramassa, puis commença à les plier, les lèvres pliées.
—Tu sais, confia Lily, j'étais comme ça au début de l'année, s'il y a quelque chose qu'on puisse faire… Tu n'es pas seule.
—Tu as tes frères, ce n'est pas pareil, répondit brutalement la brune.
—Et je vis sans eux désormais. Nous, on est là, je te rappelle.
—Oui, approuva Ullah. Est-ce que c'est, en rapport avec la guerre ? Est-ce que tu as des membres de ta famille en danger ?
Morgini resta un moment sans mot, puis elle approuva :
—Oui, c'est ça, mais c'est fini désormais. Je n'aime pas vous ennuyer avec mes problèmes, je préfèrerais vous aider, vous.
Comment ça fini ? Lily et Ullah se regardèrent mal à l'aise, avant que la rousse n'enchaîne.
—Fini ?
—Oui, fini, confirma Morgini d'une voix douce. Comme cette guerre. Bientôt je repartirais. Tout ira bien.
—Tu retourneras en Italie ? Miss Morgini, ce n'est pas une bonne idée. La guerre est loin d'être terminée.
—Ne vous inquiétez pas, sourit-elle. Je sais ce que je fais. Mais merci beaucoup de m'avoir écoutée. Je me sens soutenue. Vous êtes vraiment chics, les filles.
—Tant mieux, fit Ullah un peu soulagée. Mais ne pars pas maintenant, essaie de finir l'année. Tu n'as plus rien, ou irais-tu ?
—On verra, ânonna la Gryffondor en se levant. Je vais retourner à mon dortoir, le couvre feu est presque passé.
—Moi aussi, répondit Ullah en bâillant.
—Tiens, je te raccompagne. Qu'en dis-tu Ul ?
—Mais les cachots c'est à l'opposée, non ?
—J'ai trouvé un passage secret, glissa la brune en s'en allant après avoir salué Lily.
La rousse resta seule, elle prit son sac pour retourner elle aussi dans sa salle commune, mais une main émanant de derrière un étalage de livres retint son attention. En fronçant les sourcils, baguette prête, Lily tomba simplement sur Charlus Potter.
Le brun avait l'air d'avoir entendu toute leur conversation dans la bibliothèque désertée. Son ancêtre était blême. Il était penché sur de lourds ouvrages une lettre de parchemin à la main.
—Charlus ? Qu'est-ce que ?
—Chut ! On est plus censés être là !
Il vérifia où était la bibliothécaire d'un coup d'œil fébrile.
—Je suis content de t'avoir trouvé sans le gorille qui te suit partout. J'ai entendu dire que tu savais parler le Français.
Hein ?
—Non, je le comprends, je ne le parle pas. Qui te l'a dit ?
—Jedusor. Je l'ai entendu en parler avec ton gorille de compagnie…
—Je croyais qu'il te faisait peur.
—Toujours. Maintenant que tu es tout le temps avec lui, c'est presqu'un miracle que tu ne te sois pas encore plongée dans la magie noire. Ça faisait un moment qu'il t'avait dans son viseur.
—Hein ? Que veux-tu dire ?
Il y eut un instant de flottement.
—Au milieu de l'année dernière, Jedusor est venu me poser des questions sur toi, hésita le petit brun. Pourquoi à moi ? Aucune idée. Bref, si tu parles un minimum français tu peux toujours m'aider.
Tom était venu poser des questions à Charlus sur elle ? Pourquoi ? Se doutait-il de quelque chose ? Lily y réfléchirait plus tard. Elle se pencha pour regarder les ouvrages que lisait le brun. Des dictionnaires de français. La lettre pourtant ne paraissait amicale.
— Mon beau père Cygnus pense avoir trouvé qui a forcé mon coffre. Du moins il est tombé sur un subalterne français. Personne ne sait parler français dans la famille. J'ai une copie de ses aveux écrits, je veux savoir ce qu'il dit. Aide-moi à le traduire. Je te serais vraiment reconnaissant.
Lily voulut refuser, peu désireuse de s'incruster dans les affaires de familles du garçon, mais le visage sérieux et tendu de son aïeul l'attrista. Elle prit le parchemin et commença à le déchiffrer.
Avec l'encre fournie et l'aide du dictionnaire, Lily traduisit la lettre, tandis que Charlus surveillait les allez et venus de la bibliothécaire. Au fur et à mesure qu'elle traduisait, elle blêmissait.
— Alors qu'est-ce que ça dit ?!
— Il vaut mieux que tu ne saches rien, murmura Lily d'une voix blanche.
— Je t'ai demandé de l'aide pour traduire, pas ton avis. Je veux savoir.
Alors Lily maladroitement, commença à lire, les mots du subalterne français.
— « Livrez-nous la cape, la Relique du Troisième Frère. Je ne crains pas la mort. Sales Anglais, vous allez payer, mon maître approche. Il est bientôt là, et vous ne serez pas prêts quand il foulera du pied ce pays. Ployez devant lui ou bien vous mourrez. Ployez devant lui, acceptez-le comme votre maître, donnez lui ce que vous possédez et vous serez épargnés. Refusez et il commencera par tuer votre descendance. »
— Cette lettre m'est directement adressée, balbutia Charlus.
Mais pas que, elle les concernait eux aussi, ses arrières petits enfants, frémit Lily.
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Merci encore, on se retrouve bientôt (promiiiis) pour la suite :)
Love,
Hugs,
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La chauve souris requin transgénique
