Chapitre 35 : Une nuit banale chez les Potter
Pdv James :
Tic, tac. Tic, tac. Tic, tac. Tic…
-Si cette foutue horloge ne ferme pas sa gueule, je vais l'envoyer contre un mur. Murmura une voix légèrement étouffée, tout près de mon oreille.
-Lily, ton langage ! Et arrête de te tortiller, ça fait au moins sept fois que tu m'enfonce ton coude dans le ventre !
-Mon langage t'emmerde James, et mon coude aussi par la même occasion. Mais qu'est-ce qu'il fait Albus bon sang !
Je poussais un long soupir agacé. Ce n'était pas exactement comme ça que j'avais imaginé ce moment. Que je vous explique. Ce soir, comme tous les autres soirs des vacances, Lily, Albus et moi étions montés nous coucher vers vingt-trois heures. Puis, environ une heure plus tard, après que Maman ait également rejoint son lit et que Papa se soit enfermé dans son bureau, Lily était venue me retrouver dans ma chambre. Pendant ce temps, Albus était allé se poster devant le bureau de Papa, dissimulé sous la cape d'invisibilité. Puis nous avions attendu. Le problème avec Papa, c'est qu'il était coutumier des insomnies et des nuits blanches. D'après lui, il en avait fait tellement dans sa jeunesse, qu'il possédait à présent un rythme de vie qui lui permettait de ne dormir que trois ou quatre heures par nuit et d'être parfaitement reposé au matin. J'espérais pourtant que ce soir, il irait se coucher tôt. Après tout il venait d'enchainer deux interventions de nuit au Ministère, il devait bien être fatigué, non ? Mais apparemment pas tant que ça, étant donné qu'il était une heure trente du matin, et qu'Albus ne nous avait toujours pas donné le signal.
-Je maintiens que tu devrais aller voir ce qu'il se passe. Chuchota une nouvelle fois Lily à mon oreille. Si ça se trouve, Albus s'est endormi, où il fait exprès de ne pas venir nous chercher et…
-Et je te répète que c'est hors de question. Si jamais je croise Papa…
-Et bien tu n'auras qu'à lui dire que tu allais aux toilettes !
-Il ne me croira jamais ! Enfin Lily, tu sais bien qu'il le voit tout de suite quand on ment.
-Quand TU mens.
-Si tu veux, quand JE mens. Abdiquais-je. Mais ça ne change rien, je ne vais pas là-bas et toi non plus. On attend le signal comme convenu. Et arrête de m'enfoncer ton coude dans le ventre !
Environ vers une heure du matin, Papa avait brusquement passé la tête par l'entrebâillement de la porte de ma chambre, certainement pour vérifier que je dormais. Légèrement paniqué, Lily s'était alors jetée sur moi et avait rabattu les couvertures du lit sur nous deux. Papa n'y avait vu que du feu, et j'avais pensé qu'après ça, Albus allait arriver pour nous dire qu'il s'était enfin couché. Mais non, trente minutes plus tard, nous attendions toujours. Et Lily n'avait pas osé ressortir de dessous notre camouflage de fortune, de peur que notre père ne revienne. Résultat nous avions chaud, nous étions légèrement angoissés, et ma petite sœur enfonçait régulièrement son coude dans mon pauvre ventre qui n'avait, quant à lui, rien demandé à personne. Ce n'est que vers deux heures du matin, alors que j'avais manqué de m'endormir trois fois, qu'Albus se manifesta enfin. Il ouvrit doucement la porte de ma chambre, et nous fit signe de le suivre.
-Mais enfin qu'est-ce qui t'as pris tout ce temps ? Lui murmurais-je alors que nous descendions les escaliers.
-Il m'a vu alors qu'il était sur le point d'aller se coucher. Marmonna-t-il l'air absolument pas fier de lui.
-Quoi ! Et qu'est-ce que tu lui as dit ! S'exclama Lily.
-Chuuuuut, moins fort ! La gronda Albus.
-Tu as bien jeté le sortilège de silence sur la porte de leur chambre ? L'interrogeais-je rapidement.
-Oui mais…
-Alors il n'y a pas de problèmes. Alors, qu'est-ce que tu as dit à Papa ?
-J'ai improvisé James, j'ai improvisé. Murmura-t-il rapidement. Et puis ça n'a pas d'importance puisque ça a marché. Allez viens, on doit retrouver les autres.
J'avais cru un instant avoir rêvé, mais non, Albus Serverus Potter était en train de rougir. Qu'est-ce qu'il avait bien pu raconter à Papa pour que ça le mette dans cet état ? Depuis l'incident d'il y a deux jours, je me méfiais des réactions d'Albus. L'avoir entendu traiter Rose de Sang-de-Bourbe m'avais stupéfié. Malgré mes nombreux points de désaccord avec mon petit frère, jamais je ne l'aurais cru capable d'autant de méchanceté. Le seul avantage de cette situation, c'est que pour une fois, j'étais en parfait accord avec les autres. Nous trouvions tous que l'attitude d'Albus était impardonnable, mais nous avions besoin de lui pour le plan. Donc nous avions convenu de nous montrer cordiaux avec lui, et ce jusqu'à la fin de cette histoire de fou. Enfin sauf Rose. Elle, elle refusait carrément de lui adresser la parole, mais qui aurait pu lui en vouloir ? Pas moi en tout cas. Je suivis mon frère jusque dans la cuisine où Kendra nous attendais. Tandis qu'il se concentrait sur son sortilège du Patronus, je considérais un instant la jeune fille. Ces-derniers jours, son attitude m'avais beaucoup surpris. Loin de soutenir Albus lors de sa crise de nerf durant laquelle il avait insulté Rose, elle lui avait crié dessus, l'accusant de ne pas avoir conscience de la chance qu'il avait, et d'être infoutu de gérer son sale caractère. Bon, elle n'avait pas arrêté de lui parler pour autant, mais la voir en tel désaccord avec celui dont elle finissait les phrases depuis le début des vacances était un évènement en soi.
-Bon, c'est réglé. Je leur ai envoyé un Patronus, Rose et Hugo devraient être là d'un instant à l'autre. Fini par murmurer le Serpentard.
-Pendant qu'ils arrivent, tu pourrais nous dire ce que tu as raconté à ton père et qui t'embarrasse tant, non ? Minauda Kendra. J'ai une bonne ouïe, je vous ai entendu parler dans l'escalier. Ajouta-t-elle devant mon air surpris.
-Ce n'est vraiment pas important… Lui assura Albus.
-Si ce n'était pas important, tu nous le dirais. Cru bon de préciser Lily d'un air réprobateur qu'elle avait volé à Maman.
-Elle n'a pas tort… Chuchota Kendra avec un grand sourire.
Elle était bien la seule à trouver la situation amusante. Mais cela-dit, je ne pouvais pas m'empêcher d'être curieux. C'était si rare de voir Albus montrer un semblant de faiblesse et d'humanité en notre présence.
-Bon, bon, très bien ! Il a cru que j'essayais de me glisser dans ta chambre. Voilà tu es contente ?
-Et... ? Comment tu t'en es sorti ? Demanda la jeune fille.
-Je… Je ne voulais surtout pas qu'il croit que… enfin, je lui avais assuré qu'il n'y avait rien du tout entre nous… alors… J'ai dit la première chose qui me passait par la tête. Et à ce moment-là, je pensais surtout à Rose et Hugo qui devaient arriver alors… Je lui ai dit que j'étais gay, et que j'étais venu le voir parce que j'avais besoin de lui en parler. Balbutia mon frère.
-Tu as QUOI !? S'exclama Kendra.
-Chuuuuuut ! M'exclamais-je. Mais comment diable est-ce que le fait de penser à Rose et Hugo t'a conduit à dire à Papa que tu étais gay ?
-Sérieusement James ? S'exclama Albus. Tu es vraiment aveugle, tu sais ça ? Et puis…
-Mais enfin Albus, ce n'est absolument pas crédible ! Le coupa Kendra. Tu t'es fait plus de la moitié des filles de notre année et des deux au-dessus, n'importe qui te connaissant un tant soit peu…
-Oui et bien dans ce cas, estimons-nous chanceux que mon père ne me connaisse pas du tout. Répondit Albus dont l'expression s'était brusquement durcie. Venez, on a autre chose à faire que de parler de ma sexualité ce soir.
Quelques minutes plus tard Rose et Hugo franchissaient la cheminée des Potter, nous étions au complet.
-Bon, Papa et Maman dorment et j'ai placé un sortilège de silence sur la porte de leur chambre, mais ce n'est pas une raison pour ne pas être prudent. Chuchota Albus en se dirigeant vers les escaliers.
-Euh… Albus ? Marmonna soudain Hugo.
-Quoi ? On n'a pas beaucoup de temps.
-Ouais non, je sais. Juste, Rose te fait dire qu'on se passera de tes conseils à deux noises…
Albus resta un instant interdit, fixant Rose d'un air un peu perdu. Cette dernière s'obstinait à éviter son regard, et cela sembla agacer prodigieusement le Serpentard.
-Et bien tu n'as qu'à dire à ta sœur que mes conseils à deux noises l'emmerde. Dit mon petit frère d'un ton très calme.
Docilement, Hugo se tourna vers Rose et répéta la phrase. La rouquine eut un reniflement agacé avant de lever les yeux au ciel.
-Hugo, fait part à notre cher cousin du fait que je pense que c'est un crétin !
Il y eu un silence pendant lequel Albus fixait Hugo, attendant de toute évidence qu'il répète les mots de Rose. Visiblement mon cousin semblait en être arrivé à la même conclusion parce qu'il prit la parole d'un ton désespéré.
-Albus, Rose te fait dire que tu es un crétin.
-Oh, quelle surprise. Et bien tu vas dire à Rose que…
-Je ne suis pas un hibou ! S'écria soudain Hugo.
-Chuuuuuuuuuut ! Chuchota Lily. Bon cette fois ça suffit, vous avez assez joué aux idiots ! On n'est pas ici pour un concours du plus gros crétin je vous signale ! Viens Hugo.
Et elle disparut dans les escaliers, entrainant Hugo avec elle. Albus et Rose eurent le bon sens de paraitre désolés au moment où je passais devant eux. Je comprenais Rose. Oh oui je ne la comprenais que trop. Albus avait dépassé les bornes l'autre soir. Mais ce n'était pas le moment de nous faire attraper et leur règlement de compte allait devoir attendre. Une fois devant la porte du bureau de mon père, Rose sorti sa baguette et entreprit une série de mouvement complexes afin de déterminer quelles étaient les protections en place. Pendant ce temps, Hugo s'était glissé devant la porte de la chambre de mes parents et avait sorti une oreille à rallonge de chez Farces pour Sorciers Facétieux qu'il tentait à présent de glisser sous la porte. Ainsi il pourrait nous avertir à tout moment si jamais l'un de nos parents avait brusquement l'envie d'aller se promener. Au bout d'un moment qui m'avait semblé durer des heures, Rose se tourna enfin vers nous.
-Bon, comme je le prévoyais, c'est un charme de verrouillage assez basique, mais quand même au programme de la septième année.
-C'est bizarre, murmurais-je. Pourquoi Papa fermerait son bureau avec un sort simple à défaire ?
-Parce que la porte est aussi bloquée par la magie du sang, expliqua patiemment Rose. Il n'y a que toi, Albus, Lily, tante Ginny ou lui qui puissiez l'ouvrir. Le sortilège n'est qu'une précaution en plus, destinée je pense à vous empêcher de venir fouiner tous les trois.
-Bon, mais alors comment on fait pour ouvrir ? Questionna Lily d'une voix impatiente.
-En théorie, il suffit que l'un de vous trois lance le bon contre-sort et on pourra entrer. Je ne peux pas le faire à cause de la magie du sang.
-Et je suppose que ce n'est pas finite incantatem le bon contre-sort, hein… Soupirais-je.
-Non. Murmura ma cousine. Mais je l'ai déjà vu dans un manuel de sortilèges de septième année, j'en suis sure. James, tu pourrais m'apporter le tiens s'il te plaît ?
-Accio livre des Sorts et Enchantements chapitre sept ! Chuchotais-je, et le grimoire vola aussitôt vers moi.
-Oui, c'est ça, j'en étais sure. Fini par s'exclamer Rose après avoir feuilleté mon livre de cours pendant quelques minutes. C'est ce sort là qu'il nous faut.
-Albus, viens voir, tu ne le connaitrais pas par hasard ? Demanda Lily.
Notre frère s'approcha du livre et y jeta un long coup d'œil. Il eut une drôle de grimace, on aurait dit qu'il hésitait à répondre. Finalement, il releva la tête et murmura :
-Non, désolé Lily mais là c'est de trop haut niveau pour moi.
-Tient donc, je ne savais pas qu'une telle chose était possible. Marmonna Rose d'un ton rempli de fiel. Trop haut niveau pour le grand, le fabuleux Albus Serverus Potter ? Du jamais vu.
-Rose, ce n'est vraiment pas le moment. Chuchotais-je. Bon, je vais essayer d'apprendre ce sort, et on verra bien si ça marche.
-James c'est un sortilège complexe, et si jamais tu te trompes dans la formule, ça réveillera immédiatement Oncle Harry.
-Je sais Rose, mais on n'a pas tellement le choix.
C'est ainsi que je passais l'heure et demi suivante à faire quelque chose qui me révulsait au plus haut point : étudier. Rose, Kendra, Albus, Lily et moi nous étions réfugiés dans ma chambre tandis qu'Hugo continuait de faire le guet. Mais il apparut bien vite que je n'étais pas, mais alors pas du tout doué en sortilèges de déverrouillage.
-Bon sang mais fais un effort Potter ! S'exclama Une Kendra l'air passablement remonté alors que je ratais une nouvelle fois la formule. Ça y est, même moi je le connais ce fichu sort ! ça fait une heure et demi que tu es dessus !
-Oh et bien, tu n'as qu'à le faire toi, puisque tu es si brillante !
-J'aimerai bien, mais je te signale que je ne possède pas de liens de sang directs avec ton père !
-Manquerait plus que ça !
-Ça suffit vous deux… chuchota Lily qui somnolait sur mon lit. James essaye encore…
Il me fallut encore une bonne demi-heure pour parvenir à maitriser le sortilège, et une demi-heure de plus pour convaincre Rose que je pouvais le tenter sur la porte. Dans ce laps de temps, Lily réussi à s'endormir huit fois, Albus m'insulta dix-sept fois, Hugo nous avertis que Maman ronflait cinq fois, et Kendra soupira au moins deux-mille-quatre-cent-quatre-vingt-trois fois. Finalement, vers trois heures et demi du matin, nous étions de nouveau devant la porte du bureau de mon père.
-James tu es sûr que….
-Ah non Rose, on ne va pas recommencer ! S'exclama Lily. Il va y arriver.
Albus eut un reniflement dédaigneux, mais il n'ajouta rien, se contentant de se placer à droite de la porte. Lily posa une main rassurante sur mon épaule.
-Vas-y grand-frère, défonces tout.
Sa voix douce me donna du courage et je prononçais précautionneusement l'incantation en visant la porte. Pendant une longue minute, il ne se passa rien. Je retenais mon souffle, me préparant à tout moment à voir Papa débarquer en courant, baguette en avant et cheveux en pétards. Mais au bout de la minute la plus longue de mon existence, il y eut un drôle de cliquetis et la porte s'ouvrit doucement.
-Bravo. Chuchota Rose. T'as assuré cousin. Bon, on fait comme on a dit, vite.
Albus avait raison sur au moins un point. Le fait d'avoir minuté l'opération nous permis d'être rapides et efficaces dès la porte déverrouillée. Albus sortit la vielle cape d'invisibilité de Papa et la tendit à Rose qui s'en enveloppa. Puis nous pénétrâmes tous les quatre dans le bureau, et Kendra claqua la porte derrière nous. Il faisait très sombre dans la petite pièce et Lily dû utiliser un Lumos.
Harry et Ginny Potter n'étaient pas des parents qu'on pourrait qualifier de stricts. Il n'y avait pas grand-chose qu'ils nous interdisaient de faire. Bien sûr nous n'avions pas le droit d'utiliser la poudre de cheminette tous seuls, ni d'aller voler dans un lieu visible des Moldus, ni de tester un nouveau sortilège potentiellement dangereux sans surveillance, ni d'embêter Mamie Molly pendant son tricot. Mais en dehors de ça, nous n'avions pas vraiment de règles à respecter, au contraire de Rose et Hugo qui avaient un couvre-feu et même une liste d'objets interdits dont la plupart provenaient de chez Farces pour Sorciers Facétieux. Mais il y avait une règle tacite qu'absolument tout le monde sans exception respectait à la règle. Ne jamais, jamais, sous aucun prétexte aller dans le bureau de Papa. Même Maman s'en tenait la plupart du temps éloignée. En fait, les seules personnes que j'avais vu rentrer dans cette pièce, c'était Oncle Ron et Tante Hermione. Parfois, ils s'enfermaient tous les trois dans le bureau pendant des heures. Dans ces moments-là, même Maman jetait des regards remplis de curiosité en direction de la porte.
Ainsi je n'étais jamais entré dans la pièce, et je la découvrais pour la première fois. Le mur en face de la porte était presque entièrement occupé par une immense fenêtre qui devait baigner la pièce de lumière en plein jour. Un bureau en bois prenait presque toute la place au milieu. Les pieds étaient en forme de serpents, ce qui me fit dire que le meuble devait dater de l'époque où la maison appartenait à la famille Black. Même si Papa et Maman s'étaient débarrassés de presque tous les meubles et les objets datant de cette époque, ils en avaient conservé certains en souvenir de Sirius, le parrain de Papa, et le bureau devait en faire partie. Tout comme l'énorme malle recouverte de cuir adossée au mur à droite de la porte et dont l'inscription « Toujours pur » rappelait sinistrement les précédents propriétaires de la maison. Deux fauteuils à l'air confortable recouverts de tissus rouges se trouvaient juste devant la fenêtre où pendaient de lourds rideaux de la même couleur. Les deux autres murs étaient entièrement recouverts d'étagères qui croulaient sous des vieux livres et des piles de parchemins.
-Waouh, c'est presque un crime de ne pas en profiter pour consulter quelques livres. Chuchota Rose à la vue des nombreux bouquins.
-N'y pense même pas Rose, on n'est pas là pour ça. Lui répondit Lily d'une voix où perçait une certaine tension. Il faut trouver la Pensine.
Je me mis à examiner les rayonnages côté gauche, guettant l'apparition d'un éclat métallique qui aurait indiqué la présence de la Pensine, tandis que Rose et Lily s'occupaient du mur de droite.
-J'espère qu'elle n'est pas là-dedans. Soupira Rose en désignant la malle « Toujours pur ». Je n'ai pas l'énergie de te faire travailler un autre sortilège de déverrouillage ce soir James.
-Je n'étais pas si mauvais que ça ! m'offusquais-je malgré moi.
-Oh que si, tu es le pire élève que j'ai fait travailler.
-Et ça t'es souvent arrivée de faire travailler des septièmes années, cousine ? Lui rétorquais-je d'un ton boudeur.
-Rassure-toi, madame parfaite n'aura plus besoin de te faire travailler quoi que ce soit ce soir James. Dit soudain Albus de son habituelle voix froide. Je crois que je l'ai trouvée.
Je m'approchais doucement d'Albus pour le découvrir penché au-dessus du tiroir central du bureau. À l'intérieur se trouvait une petite bassine en métal argentée remplie d'un drôle de liquide translucide. À la surface tournoyaient des étranges volutes noires qui ressemblaient à s'y méprendre à de la fumée. Mais de la fumée qu'on aurait rendu liquide. C'était une vision très étrange, et pendant un instant, je restais comme hypnotisé à fixer l'intérieur de la bassine.
-Ce tiroir était fermé à clef Albus, comment tu l'as ouvert ? Demanda soudain Rose d'un ton perplexe.
-J'ai utilisé ceci. Dit mon petit frère d'un ton très calme en brandissant une épingle à cheveux. Le problème avec vous autres les Gryffondor, c'est que vous croyez toujours pouvoir tout régler en agitant vos baguettes. Les Serpentard ont des cerveaux, eux.
Je crus un instant que Rose allait se jeter sur lui, et je dois avouer que je caressais moi aussi l'idée d'enfoncer mon point dans la figure d'Albus, mais ce n'était ni le lieu ni le moment. Ça semblait également être l'avis de ma cousine, puisqu'elle se détourna d'Albus, non sans lui avoir jeté un regard noir qui aurait figé sur place n'importe qui d'autre. Mais Albus nous avait déjà prouvé, qu'il n'était pas n'importe qui.
-Bon, voilà la potion dit Rose en tendant trois flacons à Lily. Tout ce que vous avez à faire c'est de la boire, et vous pourrez vous repérez dans les pensées d'Oncle Harry sans trop de problème. Attention l'effet ne dure que quarante minutes, alors vous devez être revenus avant ou vous pourriez vous perdre dans la masse de souvenirs.
-Espérons que nos montres fonctionnent dans les Pensines alors. Soupira Lily en me tendant un des trois flacons.
Je n'en emparais prudemment. C'était une petite flasque transparente dans laquelle tournoyait un liquide verdâtre. Il y en avait tout juste pour une personne, et déjà, Lily tendait un flacon similaire à Albus.
-Bon, souvenez-vous, une fois à l'intérieur de la Pensine, on ne se lâche pas les mains sinon on risque d'être entrainé dans des souvenirs différents, et on se concentre sur le souvenir qu'on veut visionner. Pas question de profiter de la potion pour explorer les petits secrets de Papa, le seul souvenir qu'on veut voire c'est celui de l'ouverture de la Chambre des Secrets, compris ?
-Ne pas se lâcher, penser à la Chambre des Secrets en deuxième année, se concentrer, compris chef ! Lui-répondis-je d'un ton joueur.
-C'est très sérieux James, si ça foire, on n'aura surement plus jamais une telle occasion ! Me reprocha Lily.
-Oui, je pense qu'il a compris. Chuchota Albus. Allez les Gryffondor, c'est le moment de faire étalage de votre courage légendaire. Cul-sec !
Je pris une grande inspiration, retirai le bouchon, et avalai le liquide d'un coup.
-Beurk ! Se récria Lily, faisant écho à mes pensées. Ça a un gout affreux ce machin.
-C'est souvent le cas. Dit Rose d'un ton amusé. Mais, tu n'as pas bu la tienne Albus ! S'exclama-t-elle soudain, en oubliant d'ignorer le Serpentard.
-Oh non. Lui répondit-il. J'attendais de voir. Mais je suppose que puisque Lily et James sont toujours vivants, je ne risque pas grand-chose avec la mienne. Ajouta-t-il avant de boire sa propre potion avec une grimace de dégout.
-Tu es vraiment un parfait connard quand tu t'y mets. Marmonnais-je. Aller, on perd du temps, finissons-en.
Lily positionna la Pensine au centre du bureau et nous fîmes un cercle tout autour en nous tenant par les mains. Je ne pus m'empêcher de penser que c'était la première fois depuis très longtemps que nous nous tenions les mains tous les trois, comme lorsque nous étions enfants. Puis Albus s'accrocha à l'épaule de Lily pour lui permettre de sortir sa baguette qu'elle approcha du liquide tourbillonnant.
-Et n'oubliez pas, si jamais vous vous sentez aspirés vers le ciel, ça sera que je vous rappelle, alors surtout ne résistez pas. Et ne…
Mais à cette instant, la baguette de Lily toucha la surface brillante, et la voix de Rose résonna dans mon esprit, emportant au loin son dernier conseil tandis que je sombrais dans les profondeurs de la Pensine, seulement conscient des mains de mon frère et de ma sœur, cramponnées aux miennes.
…
Coucou les gens^^ Oui je sais, j'ai sauté une semaine, mais vous n'en êtes plus à ça près, si ? *yeux de chien battu absolument trop adorable* Et puis en plus c'était les vacances, na !
Sinon j'adore finir sur ce genre de suspense^^ à votre avis, que va-t-il se passer dans la suite ? Harry va-t-il les surprendre ? Sur quel souvenir Lily, James et Albus vont-ils tomber ? Vont-ils parvenir à retenir le mot de passe de la chambre des secrets ? Vous le saurez dans deux semaines. :D
Zoubiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis ! 3
