20. avril x793

Cher Erik!

On s'imagine le printemps surtout avec le gazouillis des oiseaux, les fleurs de toutes les couleurs, les rayons du soleil. Mais un printemps en temps de guerre est tout autre. Ici, l'hiver est terminé, mais la famine guette toujours et depuis la fin du moi de mars il pleut presque sans arrêt. Quant au soleil, on ne le voit que légèrement à travers les nuages, quand il ne pleut pas. Parfois, j'ai l'impression que le soleil lui-même en a assez de cette guerre et qu'il en perd la motivation de briller dans le ciel.

Certaines de nos plantes ainsi que certains de nos fruits et légumes ont péri durant l'hiver, malgré les efforts de Richard. Dieu merci, il a put en sauver plus que nous avons cru, mais cette pluie l'inquiète. Richard à déjà proposé de mettre les plantes qui peuvent encore être sauver dans des pots et de les stocker provisoirement dans le jardin d'hiver.

L'atmosphère dans le château et dans la ville est encore plus morose que pendant l'hiver. On ne trouve presque plus de nourriture dans les magasins. Nous consommons beaucoup moins de pain qu'avant, la viande est livrée des paysans de campagne, mais c'est toujours peu. Cela fait un moment que je n'ai plus vu un seul morceau de sucre. La résignation qui règne ici m'effraie de plus en plus. Où est resté notre Fairy Tail si pleine de rire ?

La faim est grande, surtout chez les enfants. Il nous est de plus en plus difficile de leurs changer les idées, car nous-mêmes n'y arrivons guère. En ce moment, nous vivons encore de ce que nous avons. Mais si la famine s'aggrave, nous n'aurons sans doute pas d'autre choix que de recourir aux services du marché noir. Ce sera notre solution d'urgence quand il n'y aura plus rien. Cela ne me plait pas, mais la dignité et le sens de l'honneur ne nous rempli pas le ventre.

J'ignore si je dois en avoir honte, mais ce mot "sens de l'honneur" me dégoute de plus en plus souvent. Tout du moins, ce qui nous est montré comme étant honorable. Cela me rappelle trop cette horrible guerre qui me sépare de toi. Qu'est-ce qui est vraiment honorable ?

Mais malgré tout, je n'arrive pas à perdre espoir. Peu importe les ténèbres qui règnent en ce moment, j'espère chaque jour que la lumière reviendra après la guerre. Je sais bien que les dégâts et les douleurs de ce cauchemar resteront encore longtemps. Et cette horrible guerre ne s'arrêtera pas un clin d'œil comme tu m'as écrit dans ta dernière lettre. Espérons que Natsu n'ira pas trop loin dans sa fougue.

Mais je ne peux pas croire que plus jamais nous ne serons heureux. Chaque jour je prie pour ton retour ainsi que des autres, que nous apprenons à vivre avec les conséquences de la guerre et que nous arrivions à reconstruire nos vies. Rien ne sera comme avant, avec cette guerre. Erik, tant que nous avons des petites lueurs d'espoir dans ces ténèbres, il y'a encore de l'espoir pour qu'un jour, nous retrouverons notre joie. Je refuse de lâcher cette espérance.

Oh Erik, tu me manque tellement. Ivy grandit et tu n'es pas là pour admirer son premier sourire. Son sourire ressemble au tien, je trouve. Mais tu me dirais sûrement, si tu était là, qu'il ressemble plus au mien. Je raconte à Ivy de toi et je continue de lui faire la lecture de tes lettres. C'est presque comme si tu était vraiment avec nous et ça me console.

J'ai commencé à broder, je m'y consacre après avoir fini mon travail au château et pendant que je m'occupe d'Ivy. J'ignore pourquoi je le fait, mais je dois dire que c'est très apaisant de faire quelque chose pour moi de temps en temps. Je brode surtout des serpents, car ce sont tes animaux préférés. Et aussi des forêts et des châteaux forts, comme dans les histoires que nous nous racontions dans notre enfance, t'en rappelle-tu ? J'ignore encore ce que je ferais de mon ouvrage. Une couverture, une tapisserie ? Je verrais en temps voulu.

Ne perds pas espoir, mon Erik.

Ta Kinana