Alizea chapitre 36

Kanon savait où elle était, dans le seul endroit que Shion ne connaissait pas, où il n'irait jamais la chercher. Le mur des Lamentations. Elle était allée en enfer, car là-bas, les chevaliers d'or ne viendraient pas l'énerver et les spectres n'osaient pas l'approcher se souvenant parfaitement ce qu'il s'était passé le jour où elle était venue. Il salua Hadès qui soupirait devant l'intrusion de la jeune femme qui pouvait détruire de nouveau son beau mur qu'il venait de rénover. Hadès lui demanda :

-Que viens-tu faire ici, chevalier ?

-Ramenez un chevalier égaré qui s'est caché dans votre royaume.

-Tu veux la ramener à la surface ?

-Oui, je veux la ramener au soleil.

-Alors je vous laisse la place, plus vite elle sera partie, plus vite nous pourrons reprendre le travail. Tous les spectres s'enfuient quand ils la voient. Rétorqua Hadès en lançant un regard noir vers le chevalier d'or d'Asclépios.

-Merci, votre majesté.

Kanon s'approcha du mur et découvrit une masse dorée qui y était adossée. Il vit Alizea qui avait entouré ses genoux de ses bras et avait posé la tête dessus. Il voyait bien que la jeune femme pleurait, car ses épaules étaient secouées par les sanglots. Il s'approcha plus, s'agenouilla près d'elle et commença à la consoler tendrement. Il le faisait avec la même tendresse qu'elle avait fait preuve à son égard. Elle releva un peu la tête et quand elle vit qui était près d'elle, elle se jeta dans ses bras et cacha son visage noyé de larmes dans son cou. Il ne supportait pas de la voir pleurer, il ne trouvait pas cela naturel. C'était très rare quand il la voyait pleurer, d'habitude, elle était forte, souriait toujours mais jamais elle ne pleurait, même pas devant lui. Elle s'épencha sur lui, lui racontant sa version de l'histoire et surtout son incompréhension :

-Je ne comprends pas, pourquoi il a fait cela ? Il m'a toujours dit que je devais protéger Athéna et maintenant que je le fais, il me frappe! Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Pourtant Asgard est notre ennemi ?

-C'est là où tu fais erreur, Asgard n'est pas notre ennemi.Répondit Kanon d'une voix douce.

-Mais pourtant... Commença Alizea.

-Hilda de Polaris a été possédée grâce à l'anneau maudit des Ninbelungen.

-Comment le sais-tu ?

-Car c'est moi qui ai soufflé à Poséidon de le faire, enfin, Poséidon, je dirais plutôt Julian Solo quand j'étais sous l'emprise d'Hadès.

-Mais alors...

-Elle ne pouvait pas lutter contre ce pouvoir trop puissant pour elle. Même si elle est la prêtresse d'Odin, elle n'en ait pas moins une humaine et elle ne peut rien face à un anneau d'une telle puissance.

-Ça n'empêche que je n'aime pas Siegfried.

-Tu n'as pas à l'aimer, tout ce que l'on te demande c'est de pardonner à Hilda. Elle a autant, voir plus souffert que ses chevaliers divins, car elle les connaissait tous et elle les a vu être tués sans pouvoir rien dire et rien faire.

-C'est terrible. Je m'en veux. Tu crois qu'elle voudra bien me pardonner ?

-C'est à elle de voir. Donc, il faut que tu rejoignes Asgard. Tu veux bien ?

-Oui, snirf... Tu m'as convaincu, de toute façon, tu arrives toujours à me convaincre.

-Hey, c'est ce qui est bien quand on est le fils adoptif de son maître.

La jeune femme le serra contre lui et s'amusa à lui ébourriffer ses longs cheveux. Pour s'amuser, elle lui retira son ruban et s'enfuit avec. Le chevalier des Gémeaux bondit sur ses pieds et se mit à courir derrière elle afin de reprendre son bien. Hadès poussa un soupir de soulagement, enfin il était débarrassé de cette sangsue. Ils arrivèrent bientôt devant le styx et Alizea siffla le passeur. Charon s'approcha et lui demanda :

-Qu'est ce que vous voulez ?

-Ça ne se voit pas non ? On veut faire du ski-nautique.

-Tu te fous de moi là ?

-Tu n'avais pas encore compris ? Hey bé, t'es plutôt long à la détente.

-Parle-moi autrement où je te jette dans l'eau.

-Essaies simplement et je te brise menu. Et puis pourquoi je te demande de m'amener sur l'autre rive alors que je peux le faire sans aucun problème ? Kanon, accroche-toi à mon bras, on retourne à la lumière du soleil.

Kanon lui prit le bras et elle se téléporta devant le château qu'Hadès était en train de reconstruire. Là, Alizea eut une mauvaise surprise en tombant devant :

-Fefnir !

-Je me nomme Siegfried, Serpent alors appelle-moi par mon prénom.

Elle allait faire de la bouillie de dragon à deux têtes quand elle croisa le regard de Kanon qui s'était mis en mode regard de Dragon des Mers battu. La jeune femme réussit à tenir une demi-seconde face à ce doux regard, puis abandonna la lutte en poussant un lourd soupir et en disant :

-Ok! D'accord Siegfried !

Elle se tourna vers Kanon et lui demanda :

-Tu viens avec nous ?

-Non, j'ai mes fouilles à terminer, j'ai bientôt dégagé une statue équestre d'Athéna et un vase en verre poli de toute beauté. D'après les éléments que j'ai trouvé autour, ce sont des pièces qui datent au moins du premier millénaire avant J.C. Raconta le jeune homme tout excité.

-D'accord. Alors à dans un an. Répondit Alizea avec un sourire ému et amusé.

-Oui, à dans un an.

Siegfried et elle se retrouvèrent à Asgard, Hilda serrant contre elle un jaguar transi de froid. La jeune femme augmenta brutalement son cosmos et une douce chaleur commença à s'étendre. Aman sauta des bras de la prêtresse d'Odin et se jeta dans les bras de sa maîtresse. Il se tortilla un peu, puis se rendormit épuisé. Alizea allait saluer Hilda et lui demander de l'excuser quand Shion qui était revenu entretemps, prit la parole :

-Tu dois pardonner à la prêtresse d'Odin. Tu as bien pardonné à Kanon alors fait le aussi à Hilda. C'est la même chose que lui et Saga. Elle a été envouté par l'anneau des Ninbelungen.

-Je ne le savais pas.

-Tu ne le savais pas ? S'étonna Shion.

-Ben non. J'apprenais de mon armure le meilleur moyen de mourir devant le mur des Lamentations. Et quand je suis revenu à moi, Poséidon avait une petite discussion amical avec Athéna sur la meilleur façon de la noyer et ensuite de détruire le monde.

-CE N'EST PAS UN SUJET D'AMUSEMENT !!!! Tu as vraiment l'humour de ton père. S'indigna Shion.

-Merci du compliment. Mais je suis vraiment obligée de rester ici. Moi et la glace ça fait deux. Avec moi, vous êtes sûre qu'il n'y aura plus une seule glace sur ce territoire.

-Je suis désolé, mais c'est un ordre d'Athéna. Tu dois apprendre à faire confiance aux autres.

-Elle doit avoir ses raisons. Soupira lourdement la jeune femme.

-Elle a ses raisons.

-Oui, mais un an.

-Kanon est resté plus de quatre ans hors du Sanctuaire et une autre année avec toi quand vous êtes allés en Amérique du Sud.

-Oui, mais lui à part les ruines, il ne voit rien d'autre. Je te parie que si Hilda de Polaris se tortillait totalement nue devant lui, il serait plus intéressé par l'architecture de la chambre que de la plastique de la prêtresse d'Odin.

Cette dernière pouffa de rire et lui dit :

-Vous devez avoir froid. Venez, je vous invite dans mon château avec votre chat.

-Mon chat ? Ce n'est pas un chat, c'est un jaguar. Mais j'accepte votre hospitalité et j'espère que nous pourrons mieux apprendre les uns des autres. Mais avant, il faudrait me présenter vos sept nains. Je connais grognon de Duhbe, mais pas les autres.

Shion ne put retenir son rire de même qu'Hilda. Siegfried gronda de colère et Alizea faillit faire une crise de rage quand Shion lui dit :

-Comme je vois que ce n'est pas l'amour fou avec Siegfried de Duhbe. Et bien, tu resteras avec lui, durant toute cette année.

-Mais... Votre excellence... Gémit la jeune femme.

-Je suis désolé, mais tu feras ce que je t'ai dis. Et tu ne tentes pas de le tuer. Lui dit Shion.

Alizea soupira lourdement, puis se tournant vers Siegfried, elle lui lança un regard noir mais interceptant celui de Shion qui ne portait plus son masque, elle tendit sa main vers Siegfried et celui-ci la serra avec autant de dégoût qu'elle. Shion et Hilda soupirèrent devant la mauvaise volonté de leurs deux guerriers. Et malheureusement, ils étaient les deux plus puissants de leur deux Sanctuaires. Hilda se tourna vers Shion et lui dit :

-J'espère que ce n'est pas une mauvaise idée de les mettre ensemble tous les deux.

-Je l'espère moi aussi. Soupira Shion.

-Bon, tous les deux vous allez vivre dans le domaine des Siegfried. Ordonna Hilda.

Alizea baissa la tête et accepta d'un hochement de tête. Mais elle fusilla quand même Siegfried du regard ce qu'il ne manqua pas de faire. Hilda et Shion soupirèrent en même temps. La prêtresse d'Odin sentit que la mère de Siegfried allait la haïr. Ces deux là n'allait faire que se battre, le château ancestral des Siegfried allait être réduit à feu et à sang.

Pendant ce temps, Kanon retourna à son travail. Il attacha de nouveau ses cheveux et recommença à libérer de sa gangue de terre un vase délicat en verre soufflé. C'était la première fois qu'il trouvait un vase dans ce parfait état de conservation. Il le dégagea lentement, délicatement en faisant bien attention de ne pas l'abîmer quand il vit une main brutale attraper le fragile objet et le jeter avec violence sur le sol. Le vase explosa en une miriade d'éclat. Kanon poussa un cri d'horreur devant ce sacrilège. Son cri devint un véritable grognement de colère et lentement, il se tourna vers celui qui venait de détruire une oeuvre d'art sans prix. Là, il vit avec stupeur ses anciens compagnons de combat. Sa stupeur devint fureur, il gronda de rage et furieux, il s'exclama :

-GALAXIAN EXPLOSION !!!

L'explosion fut d'une puissance phénomènale qui montrait que le Général Dragon des Mers était vraiment le plus puissant des marinas. Il allait se jeter sur Kassa de Lumnyade quand cinq autres généraux lui tombérent dessus. Il se débattit comme un véritable démon, mais recevant un violent coup de flûte sur la nuque, il tomba dans l'inconscience. Les six généraux se redressèrent en sang et Io de Scylla s'exclama :

-Je comprends maintenant comment il a pu vaincre Rhadamanthe du Wyvern. Il est vraiment puissant. Et tout cela pour un vase. Et ben qu'est-ce que ça doit-être pour son pilier ?

-Bon, nous allons l'emmener, si les chevaliers d'or découvrent que nous venons d'enlever l'un des leurs, ils vont devenir complètement fous. Dit Sorrente en regardant sa flûte préférée un peu tordue.

-En tout cas, il a la tête dure. S'esclaffa Kassa.

Ils emmenèrent Kanon et disparurent dans la mer laissant un lieu de fouille totalement dévasté.

Kanon se réveilla, avec une migraine monstrueuse. Il se leva lentement, puis regarda avec stupeur les lieux où il était. Il tourna la tête et vit l'armure du Dragon des Mers qui l'attendait paisiblement. Pourtant cette dernière se trouvait normalement à Jamir avec Mû. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il leva la tête et blêmit violemment en reconnaissant un paysage qu'il avait vu durant treize ans. Il descendit les escaliers et vit en face de lui Sorrente de la Sirène Maléfique. Il lui demanda en tremblant de colère :

-Qu'est ce que je fais ici et...

Il se tut brusquement en voyant un léger dessin qui sortait de terre. Il se précipita dessus et envoya paître le marina qui ne comprenait plus rien. Cinq secondes auparavant, le généralissime de Poséidon était prêt à le massacrer et voilà qu'il se trouvait devant un mur en parlant tout seul. Il s'approcha de Kanon et lui demanda :

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Ce qu'il se passe ? MAIS TU AS VU ?! C'est une mosaïque ANTIQUE !!!!

-Ben oui, j'en ai déjà vu ici ! Remarqua Sorrente.

Avant qu'il puisse comprendre quoique se soit, Kanon l'attrapa par les épaules et commença à le secouer comme un prunier et lui ordonna :

-OÛ TU LES AS VUES ?! En le secouant encore plus violemment.

-J... je... ne... sais... plus !!!!

-MAIS RAPPELLE-TOI !!!! OÛ ?!

-A... aaaaaaaaaaaaaa... arrête... de... de m... me... secouer !!!!

-HEIN ?! Oups! Désolé ! Kanon se calma instantanément et lui redemanda :

-Où tu les as vues ?

-Un peu partout dans le Sanctuaire sous-marin. Pourquoi tu me demandes cela ?

-Pourquoi ?! Mais parce que c'est notre histoire, des oeuvres d'arts !

Là, Kanon partit dans sa passion et Sorrente découvrit le véritable visage du Dragon des Mers, non pas un monstre de cruauté, mais un homme doux et passionné par l'histoire, l'archéologie et l'architecture. Le général gardien du pilier de l'Atlantique Nord passa plus de quarante minutes à lui parler d'histoire, à tenter de lui faire aimer cette matière.

A suivre