Cette canette n'était absolument pour rien dans toute cette histoire, pourtant quand Stiles annonça sa relation avec Derek à son père, elle se retrouva broyée entre les doigts du shérif.
"-Je te demande pardon ?!, avait manqué de s'étouffer le plus âgé.
-Nan mais papa, je sais que ça peut paraître mauvais mais …, essaya de se défendre le garçon.
-'Mauvais' ? Mais c'est bien pire que ça ! C'est un homme adulte qui a fait de la prison !, répliqua le shérif en accentuant chaque mot.
-Oui je sais, mais il était innocent et ce n'est pas en appuyant tes syllabes que je vais me mettre à penser le contraire.
-C'est toi qui l'a fait arrêter la première fois, et ensuite tu l'as accusé d'être celui qui était dans le lycée le soir où vous vous êtes faits attaquer !, s'énerva son père.
Stiles prit le temps de réfléchir à ce que venait de dire l'adulte. Il n'avait pas tout à faire tort.
-Et bien ... Hem ...-marmonna-t-il- Je pense que j'ai fait une petite erreur de jugement. Mais cette fois-ci c'est différent, je sais ce que je fais, ajouta-t-il en voyant son père essayer de répliquer.
-Stiles tu ne peux pas avoir une relation sérieuse avec cet homme ...
-Pourquoi ?-le coupa-t-il- Parce qu'il est plus vieux que moi ? Ça ne marche pas avec moi, l'amour n'a pas d'âge !
-La loi dit le contraire !
-Et bien moi je dis que je l'aime vraiment. Et la loi je m'en balance, s'énerva l'adolescent.
-Comment veux-tu que je fasse régner l'ordre, si mon propre fils ne respecte pas la loi ?
-Mais on se cachera jusqu'à mes 18 ans s'il le faut !, proposa-t-il comme porte de sortie.
-Ça revient au même Stiles, c'est comme si un dealer qui se cachait pour vendre sa marchandise ne pouvait pas être arrêté, ou un type qui renverserait un autre type et qui cacherait toutes les preuves de son délit ne pourrait pas être mis en prison !, s'emporta le shérif, qui avait encore une multitude d'exemples en tête.
-Papa ! -l'arrêta Stiles, le coeur gros- T'es en train de me comparer à ... À un vulgaire criminel ... Ma seule faute c'est de l'aimer ..., lui dit-il avec peine en baissant les yeux.
-Mais non je ..., essaya-t-il de se rattraper.
-C'est bon ... J'ai bien compris que je te faisais honte ...
-Je n'ai pas dit ça !, l'arrêta-t-il en le pointant du doigt.
-Alors tu penses que je fais ça pour t'embêter ? Que c'est une forme de rébellion ? Et bah non ! Je suis vraiment tombé amoureux de lui ... Et pour une fois, c'est réciproque, lui dit-il la gorge nouée.
-Mais Stiles ...
-Tu ne peux pas l'empêcher, papa ! Je suis plus mature que ce que tu penses, et je continuerais de sortir avec lui que tu le veuilles ou non !
Il décida de clore la conversation en allant chercher un gros pot de glace dans sa cuisine et en montant dans sa chambre, tout en claquant la porte avec force. Il alla s'installer sur son lit et s'emmitoufla dans ses draps pour avoir plus chaud. Le dos appuyé contre le mur gris, il attaqua son repas réconfortant à coups de cuillère. Chaque fois qu'il mâchonnait ses morceaux de cookies, il avait l'impression d'être apaisé. La colère laissa soudain place à la tristesse. Oui, il était triste que son père ne comprenne pas ses agissements, et n'approuve pas sa décision. Alors qu'il chassait quelques larmes de ses joues, le shérif rentra dans la pièce, un vêtement beige à la main.
-J'ai trouvé ça l'autre jour, c'est ni à toi, ni à moi. J'avais pas encore saisie l'occasion de t'en parler, mais je crois que ce n'est plus nécessaire, lui dit-il en lançant le T-shirt sur le lit.
-Merci, bougonna Stiles.
-T'es rentré avec ça sur le dos le soir où t'es revenu à la maison après deux jours d'absence. Sur le coup j'ai pas réagi, mais maintenant tout devient clair. T'es resté chez lui, et tu m'as menti.
-Quoi ? J'ai pas menti ! Je me suis vraiment fait attaquer par quelqu'un, -se défendit l'adolescent- et c'est Derek qui m'a aidé.
-C'est lui qui te rend si malheureux depuis quelques temps ? C'est de sa faute si tu deviens perturbé ?
-'Perturbé' ? Tu me prends pour quoi ? Un type timbré ? Je vais bien papa, et c'est en partie grâce à lui ... Tout ce qu'il fait c'est de me rendre heureux ..., avoua-t-il en baissant les yeux.
-Mais t'es encore jeune, Stiles, et ce gars-là se sert probablement de toi pour ...
-Pour quoi ? Qu'est-ce qu'il a à gagner avec quelqu'un comme moi, alors qu'il peut être avec qui il veut ? Tu penses qu'il veut se venger ? Non, je le connais depuis un moment, il n'est pas comme ça. S'il a quelque chose à dire ou à faire, il le fait instantanément, il prend pas le temps de concocter un plan.
-Les hommes comme lui sont capable de ..., essaya à nouveau de dire le shérif en croisant les bras sur son torse.
-Mais tu ne le connais même pas ! Tu ne fais que de le juger ... Moi je le connais ... Je sais qu'il ne sait pas jongler, qu'il n'aime pas les agrumes, mis à part le citron. Je sais qu'il aime sentir la présence des gens qu'il aime près de lui, parce que ça le rassure ; je sais qu'il a toujours chaud, même quand il fait très froid à l'extérieur. Je sais qu'il est mauvais perdant, et qu'il veut toujours avoir raison. Je sais aussi qu'il n'aime pas la solitude, et qu'il déteste montrer ses sentiments aux autres, parce qu'il a été déçu plus d'une fois. Mais par contre, c'est le genre d'homme qui veut toujours faire ce qui est bien pour ses proches. Il peut être maladroit dans sa démarche, mais il n'est pas aussi mauvais que toi tu le vois, lui dit-il en se pinçant les lèvres.
-Ecoutes Stiles ..., commença son père en soupirant.
-Tu vois ça ?-le coupa-t-il en lui montrant le pot- Ça c'est de la glace vanille-caramel-cookies. Ça c'est le truc qu'on ne trouve absolument nulle part. Mais Derek, lui, il a pas hésité à prendre l'avion pour aller jusqu'à New-York, uniquement pour m'en rapporter ... Alors, tu dis quoi là ? Tu crois vraiment que les bandits sont prêts à faire tout ça ?
-Stiles !-força son père- Je dois aller travailler ... On en reparlera plus tard, lui dit-il en fermant la porte avant que son fils n'ajoute quoi que ce soit.
-On peut jamais parler de toute façon ..., souffla le garçon en baissant les yeux.
Il se précipita jusqu'à la fenêtre pour le voir s'en aller avec sa voiture de fonction. Au fond de lui, il s'en voulait ; il n'aimait pas laisser son père partir après s'être disputé avec lui. Alors qu'il jetait un oeil aux étoiles, un visage vint se coller contre le carreau. L'adolescent lâcha le rebord de la fenêtre en poussant un cri, et tomba à la renverse.
-Pardon Stiles, je ne voulais pas t'effrayer, lui dit le loup-garou après avoir relevée la vitre.
-Derek ! Tu m'as fichu la trouille ! J'me suis fait mal en plus ! Tu peux pas envoyer un message pour me prévenir quand tu viens ? Ou bien envoyer un caillou contre la vitre pour t'annoncer ?, bouda le garçon au sol.
Le lycanthrope l'aida à se relever, pendant que l'humain frottait son postérieur endolorit.
-Je t'ai dit que j'étais désolé, s'excusa-t-il à nouveau.
-Tu devrais pas être là, -continua-t-il sur le même ton en croisant les bras sur le torse- mon père pourrait revenir.
-Tu fais la tête ?, demanda l'adulte en haussant les sourcils.
-En même temps j'ai de quoi, non ? Mon père est au courant pour nous deux par ta faute, le disputa-t-il.
-J'ai été pris au dépourvus, j'ai pas su réagir en conséquences, se justifia-t-il en haussant les épaules.
Stiles grimaça.
-Mais c'est toi qui es censé régler les problèmes dans notre couple !
-Ah bon ? Et depuis quand ? On n'a pas fait de planning à ce que je sache !
-Mais c'est pourtant évident ! Moi je suis la tête pensante, et toi tu es celui qui exécute le sale boulot !, déclara Stiles comme si c'était logique.
-Je suis content de voir que tu m'accordes autant d'intérêt !, ironisa le loup-garou.
-Et moi je suis content de te voir !
-Moi aussi !
-Parfait !
-Voilà ! -Il prit le temps de réfléchir à la situation.- Pourquoi on cri ?
Stiles chercha à son tour, en levant les yeux au ciel.
-Je ... Je sais pas ... Mais ça défoule.
-Viens là, l'invita l'alpha en ouvrant les bras.
L'adolescent vint s'y blottir sans demander son reste et enfouit son nez dans son cou. Ils restèrent l'un contre l'autre silencieusement pendant quelques minutes, avant que Stiles ne marmonne des mots sur la peau du loup.
-Il n'est pas content pour moi ... Il n'est pas content pour nous ..., dit-il tristement.
-Je sais Stiles, je l'ai entendu. Mais il fallait s'en douter.
-Je pensais qu'il comprendrait ...
-Il faut lui laisser le temps, ça ne doit pas être facile à accepter. T'es son seul fils et en plus tu sors avec de la mauvaise graine, le consola-t-il en haussant les épaules.
-T'es pas de la mauvaise graine, Derek, murmura le garçon en le regardant dans les yeux.
Derek lui sourit et l'embrassa doucement. Le shérif se décida à rentrer dans la chambre avec fracas à ce moment-là, visiblement en colère.
-Enlève tes sales pattes de mon fils, Hale !, hurla-t-il en le menaçant du doigt.
Le loup-garou manqua de s'étouffer et l'humain faillit faire une crise cardiaque. La première pensée de l'adolescent fut pour les sens surdéveloppés de son amoureux, qui ne devaient plus être aussi développés qu'autrefois, alors que Derek se demanda en premier lieu si son beau-père avait son arme sur lui. Il la vit malheureusement accrochée à sa ceinture.
-Papa ! C'est moi qui l'ai embrassé, il a rien fait de mal !, se défendit Stiles.
-J'allais rien tenter de plus M. Stilinski, je vous jure !, ajouta Derek en se servant de son amoureux comme d'un bouclier.
-Alors comme ça t'en profite que je ne sois pas là pour venir pervertir mon fils, hein ?!
-Non, non, non, non, non, pas de perversion, je vous assure, dit-il rapidement, la gorge sèche et les yeux rivés sur son arme.
-On va pas s'embrasser sous ton nez non plus, si ? Et puis c'est toi qui es venu me tendre un piège là !, l'accusa Stiles.
-Quoi ? J'avais besoin de récupérer des dossiers, et je vous ai vus d'en bas ! Et heureusement que j'étais là, qui sait ce qui aurait pu se produire !
-Mais Papa, il est juste venu parce que je l'ai appelé, parce qu'il fallait que je lui dise en face que mon père est un tyran et qu'il ne me laisse pas faire mes propres choix !
-Ah je suis un tyran ? Excuses-moi de m'occuper de toi et de te protéger !, s'énerva son père.
-Oui Stiles, c'est pas un tyran quand même ..., hasarda Derek avec une petite voix.
-T'as pas des gens à enterrer dans ton jardin, toi ? J'essaye d'avoir une conversation avec mon fils qui est mineur, alors tu ferais mieux de ne pas t'en mêler, le rabroua le shérif.
-Je vous demande pardon ? Je n'ai pas enterrée ma soeur dans le terrain de mon ancienne maison, c'était Katherine Argent !, répliqua le loup-garou en fronçant les sourcils.
-Tu sais très bien qu'il est innocent !, ajouta l'adolescent en empêchant Derek d'avancer plus pour coller une bonne droite au shérif.
-Stiles, je ne veux plus que tu approches cet homme !
-Parce que tu crois que tu peux m'en empêcher ?!, ironisa le garçon.
Derek commença à grogner et son amoureux lui balança un coup de coude dans les côtes.
-Si je ne peux pas te protéger de lui en tant que parent, je le ferais en tant que shérif, les menaça-t-il sérieusement.
-T'as pas besoin de me protéger !, hurla Stiles alors que son père claquait la porte de sa chambre en sortant.
Ils entendirent la voiture démarrer et semblèrent respirer à nouveau normalement.
-Je devrais te laisser, murmura Derek en se mordant la langue.
-Quoi ? Non, reste avec moi ..., lui demanda le garçon avec ses yeux doux.
-Stiles, je sais pas si t'as remarqué, mais il a une arme, et il m'a menacé ! Ça se voit que c'est pas toi qui es en danger de mort !, se lamenta-t-il en fronçant les sourcils.
-Mais il ne va pas te tuer enfin ! T'arrêter, peut-être, mais pas te tuer, ça c'est sûr ... Ou alors pas si y a des témoins ..., répondit l'adolescent.
-Ah bah c'est rassurant, merci, ironisa l'alpha en levant les yeux au ciel.
-Allez, reste avec moi cette nuit Derek, je te promets qu'il ne te fera rien !, l'implora le jeune garçon en se collant contre lui.
-Mes sens sont altérés quand je suis avec toi, j'ai vraiment pas envie de me faire jeter à coups de pied dans le derrière par ton père, parce que je ne l'aurais pas entendu revenir ..., bouda le loup-garou en le serrant contre lui.
-Reste au moins jusqu'à ce que je m'endorme ...
-Si je t'assomme maintenant, ça compte comme 'dormir' ou pas ?, demanda l'adulte en souriant.
Stiles se décolla en fronçant les sourcils.
-C'est romantique ça ..., lui répondit-il d'un air blasé.
-Je suis trop jeune pour mourir, tué par mon beau-père parce qu'il est persuadé que je suis un monstre qui veut faire du mal à son petit garçon.
-Je ne suis plus un petit garçon, argumenta Stiles en boudant.
-Et je ne veux pas te faire de mal, lui murmura le loup-garou avant de l'embrasser."
Derek céda donc à la demande de l'hyperactif et ils finirent par se coucher, après que Stiles se soit plaint que sa glace avait fondu et soit allé la remettre dans son congélateur. Ils s'étaient collés l'un contre l'autre, et si l'adolescent s'était endormi rapidement, après avoir tenté de voler la chaîne au poignet de son amoureux, Derek était resté éveillé longtemps, attentif aux bruits des alentours.
Lorsque Stiles se réveilla, sa source de chaleur préférée n'était plus là. Le loup-garou s'était éclipsé quand le réveil avait sonné, heureux d'être encore en vie après les menaces lancées par le shérif. L'adolescent soupira, son envie d'être avec Derek était plus forte que la peur des sanctions qui pourraient être prises par son père. Il sortit des draps avec difficulté ; la chaleur de la couverture l'appelait à elle, mais il devait savoir si son paternel était déjà rentré ou non. Un long soupir s'échappa à nouveau de ses lèvres ; il était bien rentré, sa voiture était dans l'allée. Le garçon décida de s'habiller rapidement, de manger en quatrième vitesse et de s'en aller au salon de thé pour ne pas croiser son père. Avec tout le travail avait dû fournir les jours précédents, il devait être couché dans son lit. L'adolescent descendit donc les marches de l'escalier après s'être vêtu chaudement, et eut la désagréable surprise de voir le shérif attablé dans le salon, en train d'étudier ses dossiers.
"-Bonjour ..., dit-il doucement en essayant de lorgner sur les feuilles étalées sur le support en bois.
Son père marmonna une réponse inintelligible sans lever la tête. Le jeune homme saisit le bidon de lait dans le frigo et but directement dedans, comme à son habitude. Il le reposa avant de se glisser innocemment près de son paternel, pour mieux observer ce sur quoi il travaillait.
-C'est confidentiel, Stiles, lui rappela l'adulte qui avait parfaitement compris son petit manège.
-T'es sûr ? Je peux peut-être t'aider ?, demanda-t-il avec un air angélique, comme si la discussion de la veille s'était envolée.
-Oui, j'en suis sûr, maintenant du balai. T'as pas des contrôles à réviser ?
-Non, répondit précipitamment l'adolescent.
-Écoutes, si tu penses qu'en résolvant des affaires avec moi, ça va me faire changer d'avis, tu te trompes lourdement, lui dit son père en relevant enfin la tête.
-J'ai pas besoin que tu changes d'avis, j'ai déjà pris ma décision -répondit-t-il après que son visage se soit assombri-, je voulais juste passer du temps avec toi."
L'adulte marmonna à nouveau avant de se reconcentrer, et Stiles tourna les talons. Si son père ne voulait pas de son aide, tant pis pour lui, il allait le laisser seul et irait retrouver son copain. Il monta dans sa jeep après avoir fini de se préparer, et se dirigea vers le repaire. Lorsqu'il arriva sur place, Derek et Peter étaient penchés sur une carte.
"-Oh pardon, je dérange ?, demanda-t-il avec hésitation.
-Bonjour Stiles !, le salua joyeusement le plus âgé de la meute.
-Qu'est-ce que tu fais là ?, le questionna l'alpha avec surprise.
-Je ... Je voulais te voir ..., avoua le garçon en se pinçant la lèvre inférieur avec les dents.
-Ah bon ? Bin je suis là alors, répondit-il bêtement.
Devant les regards insistants des deux hommes sur lui, Peter se vit obligé de s'en aller.
-Hem, je vais ... Dans la cuisine pour ... Manger, annonça-t-il de mauvaise grâce.
Une fois qu'il fut dans la pièce voisine, Derek regarda son amoureux d'un oeil inquiet.
-Ça va ? T'as l'air de quelqu'un qui cache une bombe. T'as reparlé à ton père ?
-Ouais ... Je lui ai reparlé. J'ai l'impression qu'il est moins en colère, mais il est toujours opposé à ... Nous deux.
L'adolescent baissa les yeux au sol, et le loup-garou vint le réconforter en le prenant dans ses bras.
-Laisse-lui le temps d'encaisser la nouvelle. C'est un choc pour lui, tu sais.
-Je veux bien lui laisser le temps, mais je ne lui laisse pas le choix pour son accord. Qu'il nous donne sa bénédiction ou non, je m'en fiche, je compte bien rester avec toi pour un moment.
-Stiles, tu sais bien que je ne peux pas te laisser faire ça. Tu ne peux pas tourner le dos à ton père uniquement pour moi. Et en plus ça ne ferait qu'attiser son envie de meurtre sur moi, essaya de le raisonner l'alpha.
-Toute cette histoire me dépasse et ça m'énerve ... -avoua le garçon- T'aurais vraiment mieux fait de ne pas bouger dans cette douche ...
-Je t'ai déjà dit que ce n'était pas de ma faute, il m'a fait peur ... Et puis toi tu aurais pu lui dire que tu sortais avec quelqu'un, mais t'avais pas besoin de lui dire qui c'était, l'accusa à son tour Derek.
Avant que l'un ou l'autre n'ait pu dire quoi que ce soit, Allison rentra dans la pièce.
-Je ... Je peux repasser plus tard si tu veux, Derek, lui dit-elle sur un ton d'excuse, en sentant que la situation était tendue.
-Non c'est bon, approche, l'invita le loup-garou.
Maintenant que la discussion était close, Peter put revenir et ils se mirent tous les trois à étudier le plan représentatif de la ville. Les mains dans les poches, Stiles les observait de loin, avant de se mettre sur la pointe des pieds pour regarder ce qu'ils faisaient.
-Je peux vous aider ?, dit-il d'un ton innocent.
-Si tu connais un endroit désert où on peut entraîner la meute sans attirer l'attention sur nous, on t'écoute, lui répondit Peter avec un sourire bienveillant.
Enfin quelqu'un qui lui donnait l'impression de pouvoir être utile. Il se rapprocha de la table où était posée la carte et essaya de l'étudier comme les autres.
-Y a quoi là ?, demanda-t-il en pointant l'un des éléments du doigt.
-Le centre commercial, répondit Peter.
-D'accord, et là ?, questionna-t-il de nouveau en montrant une zone.
-La caserne de pompiers, déclara Allison.
-Ah, et ...
Avant qu'il ne pose une autre question, Derek le coupa.
-Bon, au lieu de nous agacer, viens te mettre de notre côté pour voir la carte dans le bon sens, lui imposa-t-il avec un visage fermé.
Stiles soupira, contourna la table en bois et vint se placer entre Derek et son oncle. Il dû admettre au fond de lui qu'il était tout de même plus simple de lire le plan dans ce sens-là. Alors qu'il étudiait sérieusement les différentes possibilités pour la nouvelle planque, il sentit une main se glisser dans son dos, ainsi qu'un bras qui suivait le mouvement. Il sursauta légèrement et jeta un léger coup d'oeil sur sa gauche ; Derek ne semblait pas plus perturbé que d'habitude, et rien ne paraissait sur son visage. Sa main glissa vers le bas, doucement, et alla se réfugier dans la poche arrière du jean du garçon. Ils étaient collés l'un contre l'autre, aussi l'adulte ne se tordit-il pas le bras avec une position inconfortable. Stiles le fixa avec une expression de surprise sur le visage, et un sourcil levé en l'air.
-Quoi ?, finit par demander sa cible en tournant la tête vers lui.
-Oh je sais pas, t'as pas l'impression de t'égarer un peu ?, lui dit le garçon comme si c'était évident.
-Non, je ne crois pas. Ça m'appartient il me semble, répondit le loup-garou avec assurance en plongeant ses yeux dans ceux du garçon.
-Alors comme ça je t'appartiens ? Ça va mieux ton trouble de possession à ce que je vois, ironisa Stiles.
-Il a toujours été possessif, n'essaye pas de le changer là-dessus, lui conseilla Peter sans dévier le regard du plan. "
Derek siffla entre ses dents, comme pour annuler la déclaration de son oncle. Avant que quiconque ne puisse ajouter un mot, le reste de la meute arriva, à l'exception de Boyd et Scott qui travaillaient. Les adolescents allèrent s'installer, pendant que Derek poussait la carte dans un coin de la pièce. L'alpha leur annonça son désir de changer de repaire.
"-Encore ?, demanda Lydia.
-J'avais fini par la trouver attachante, cette vieille baraque, ajouta Erica avec un air déçu.
-Moi aussi -ajouta Jackson.- Au moins, on pouvait s'assoir.
-Il y a eu quatre meurtres commis dans ce salon. On raconte que les âmes des défunts sont toujours entres ses murs, et qu'elles observent nos moindres faits et gestes, leur apprit Peter.
-Oui, bah c'est bien aussi le changement, non ?, dit à nouveau Erica, quelque peu inquiète.
-Attendez, mais j'ai dormi ici moi ! Y a des morts qui m'ont regardé dormir ?, s'inquiéta Stiles à son tour.
-Pas des morts, juste des esprits, corrigea Peter avec amusement.
-Ne t'en fait pas Stiles, j'ai veillé sur toi, et personne n'est venu t'embêter pendant la nuit, ni te regarder, le rassura l'alpha.
Jackson inspecta les canapés d'un oeil méfiant, après avoir compris que Derek et Stiles avaient 'dormi' dans la pièce.
-Il y a vraiment des fantômes ici ?, voulut s'assurer Danny.
-Mais non !, s'exclamèrent les loups garous blond et châtain en même temps.
-Ils disent ça juste pour t'effrayer, continua Isaac.
-Ah ah ah, je te rappelle qu'on vit ici, avec Derek, on sait très bien ce qu'on dit. Moi j'en ai même vu un avec ma vision améliorée, pendant la nuit. Je vous apprendrais un jour peut-être, si vous êtes sages, plaisanta l'ancien alpha.
-Okay, c'est vraiment plus drôle maintenant, se lamenta Lydia.
-Ouais, j'avoue, en plus c'est nul de faire peur aux autres, ajouta l'hyperactif, les sourcils froncés.
Pendant que Peter essayait toujours de convaincre les adolescents sur ces esprits voyeurs qui hantaient les lieux, l'homme à la veste de cuir s'approcha de Stiles.
-Tu as peur des fantômes ?, lui glissa-t-il à l'oreille.
-Tu es possessif ?, rétorqua le garçon sur le même ton, pour l'empêcher de se moquer de lui.
-Je te signale que t'es bien content que je veille sur toi et te câline sans arrêt, lui rappela-t-il en haussant les sourcils.
-Et toi t'es bien content que je sorte avec toi, répliqua-t-il à nouveau.
-Toi aussi, non ?
-Moi aussi, en effet.
-Arrêtes de calquer mes phrases.
-Essayes de m'en empêcher, dit-il d'un air de défi.
Derek siffla entre ses dents en voyant le sourire malicieux sur le visage tourné vers lui. Il pinça doucement le flanc de l'adolescent, comme pour clore et gagner la discussion. Le jeune brun ne l'entendit pas de cette oreille et lui donna une tape du revers de la main sur le ventre. L'alpha grogna doucement.
-Prenez un autre ton avec moi, M. le-loup-grincheux. Fallait pas me frapper !
-Ça va, on ne dérange pas ?, demanda Jackson après s'être raclée la gorge.
Les deux hommes se séparèrent, et Derek ne manqua pas de monter son mécontentement.
-C'est lui qui a commencé, se justifia Stiles avec une tête innocente.
-Ça serait bien qu'on ne perde pas trop de temps, rappela Peter avec une légère insistance.
-On va quelque part ?, demanda Isaac, visiblement intéressé par la possibilité d'enfin bouger de la pièce sombre.
-Oui, en effet -lui répondit le chef de meute.- Vous allez sortir et vérifier quelques trucs dans les différents endroits qu'on a sélectionnés à l'avance, avec Peter et Allison …
-Et moi, aussi, rappela Stiles en levant doucement la main.
-Toi ? Mais t'as rien glandé !, s'indigna le plus âgé de la meute.
-J'aurais pu faire quelque chose d'utile, si quelqu'un n'avait pas essayé de me toucher sans mon consentement, fit-il remarquer.
-Qu'est-ce qu'il a encore fait l'autre pervers d'oncle Foldingue ?, demanda Jackson en levant un sourcil, pas tout à fait convaincu s'il voulait vraiment savoir le fin mot de l'histoire.
-Hé, mais c'est pas moi qui avait la main plongée dans son pantalon, c'était Derek !, se défendit l'accusé.
-Dans la poche de son jean, rectifia Allison, qui préférait éviter toute réflexion de la part des autres jeunes.
-Bon, la discussion est finie maintenant. On est là pour trouver une nouvelle planque, c'est tout !, déclara le jeune adulte aux cheveux noirs, qui commençait à avoir les joues rouges."
Il les invita sans vraiment leur laisser le choix, à venir regarder la carte avec lui. Quatre zones avaient été sélectionnées auparavant ; un vieux gymnase qui prenait la poussière au fond de la ville, un ancien parking souterrain, un entrepôt désaffecté et une vieille bâtisse dans les bois, abandonnée depuis longtemps. Le chef de meute décida bien vite des équipes qui allaient visiter chacun des lieux choisis. Peter et Lydia iraient dans les bois, pour visiter la bâtisse et s'assurer qu'elle était bien sans propriétaire. Danny, Jackson et Erica avaient hérité du gymnase ; Isaac avait protesté, voulant prendre la place de Jackson, mais Derek avait été ferme. Il lui avait donc imposé de venir avec lui pour inspecter l'entrepôt, pendant que Stiles et Allison iraient vérifier l'état du parking souterrain. Même si l'hyperactif avait voulu venir avec son amoureux, Derek avait rappelé qu'il n'était pas un bureau des plaintes, et qu'il ne changerait pas d'avis sur les groupes qu'il avait créé. Ils embarquèrent tous dans leurs voitures, pour se rendre à destination le plus rapidement possible. Lydia avait pris sa voiture, et elle partit la première avec son binôme. Le groupe des trois adolescents s'en alla ensuite avec la Porsche de Jackson, pendant qu'Isaac attendait dans la voiture de son alpha, tout comme Allison le faisait dans celle de Stiles. Devant eux, bien qu'ils essayent de tourner le regard ailleurs, se tenaient Derek et Stiles. Le loup-garou embrassa une dernière fois son amoureux, avant de lui dire d'être prudent.
"-Ne t'en fais pas Derek, au pire s'il m'arrive un truc, y a toujours Allison pour me protéger, le rassura-t-il en lui faisant un clin d'œil, avant de regagner son épave bleue qui l'attendait sagement."
