SHARP TASTE

Rating : T, ça suffira amplement.

Résumé rapide : UA : Lavi Bookman mène une vie ordinaire à Santa Maria, une petite ville de Californie. Mais quand un beau japonais débarque de nulle part, son passé le rattrape. Yaoi. Lucky ; Yuvi ; LinkAllen ; CrossOC ; NéaAdam ; Wisky et autres

Donc, c'est un UA (ou AU, je confond tout le temps) situé au États-unis, en Californie, en 2001, bien avant le 11 Septembre.

J'ai une idée totalement imprévue dans le déroulement de Sharp à la simple lecture d'une remarque de Ruize : On se demande si Lavi réagit comme ça uniquement à cause de la lettre, aussi. C'est un beau menteur, alors je croise les doigts pour qu'il ne nous fasse pas une bonne grosse connerie, au sujet du chapitre 23, quand Lavi, après la lettre de Cross à Mikhaila, demande à Kanda s'il serait capable de le tuer si on lui demandait. Ladite idée a beaucoup évolué, et au final elle apparaît un peu dans le chapitre précédent et surtout dans celui-ci.

Ne cherchez pas le rapport entre ce contenu et la remarque de Ruize-chan. Y'en a pas. J'expliciterais la prochaine fois, pour ceux que ça intéresse.

Sinon, il y aura un dialogue en espagnol au milieu, avec la traduction à la fin, bien sûr, mais ça ne devrait pas trop poser de problèmes pour la compréhension.

Bref.


Chapitre 34


4 Mars 2001


Los Angeles

Xiwan Harbor


11:50 a.m.


Le Xiwan Harbor n'était pas un simple bordel – c'était un endroit à part, réservé à une clientèle bien particulière. Son histoire divergeait selon les gens et les quartiers, mais chacun était d'accord sur le fait qu'il avait été fondé au début du vingtième siècle par une famille chinoise, et que celle qui avait fait sa réputation et son charme était Madame Xiwan, dont le véritable nom restait un mystère. Elle était morte de la syphilis en mille neuf cents quatre-vingt huit et sa fille avait repris le bordel sur la demande des putes.

Anita avait dix-sept ans. Elle avait grandi dans le quartier chinois, loin du sexe et des clients, et ne savait rien ou presque de cet endroit. C'était pour elle un apprentissage difficile et douloureux, car si elle n'était que la patronne, voir des jeunes filles de son âge se mettre à genoux face à des hommes aux regards luisants était une torture. Dégoûtée, elle avait changé la législation du bordel et assuré une protection aux putes pour contrer les abus.

Les hommes de Mademoiselle Anita, comme on les appelait, étaient un groupe de fils de la rue armés et entraînés qui avaient le droit d'intervenir en cas de problème. Ils suivaient aussi la patronne, où qu'elle aille, et très vite l'un d'eux se distingua du lot. Mahoja, née d'une fille du bordel et d'un anonyme, devint la leader du groupe et la confidente et amie d'Anita.

L'année qui suivit la mort de Madame Xiwan, les rumeurs commencèrent à évoquer Marian Cross, surnommé le Beau Mec pour ses conquêtes féminines et ses airs de playboy. Le bordel voyait passer nombre de professionnels et de dealers, gardant ainsi un contact avec l'extérieur malgré l'isolement volontaire des putes, alors quand un rouquin baratineur avait refusé de payer, Mahoja et ses hommes avaient consulté leur patronne.

Anita était descendu et avait réclamé l'argent, poliment mais fermement. Marian avait souri, nonchalant, et lui avait demandé son tarif, à elle. On l'avait foutu dehors et menacé de lancer un contrat à un nom. Seulement il était revenu, et la jeune femme, à peine majeure, était tombée sous son charme si rapidement que personne n'avait rien vu venir. Ils étaient devenus amants, jusqu'à ce que le Beau Mec ne se trouve une autre maîtresse.

La patronne n'avait jamais trouvé la force de l'oublier, et avait même accordé son soutien aux Bitches et proposé quelques uns de ses hommes en renfort.

Toutes ces femmes qui passaient dans son lit, son arrogance, sa cruauté, puis le raid raté du Mexique, la mort de Lenalee, l'exécution de Chomesuke, Krory et Maosa, la guerre entre les Exorcistes et les Noah – tant de choses qui auraient pu la faire fuir et la mettre en colère. Et pourtant, Anita avait toujours été de son côté, l'avait toujours aidé et aimé. Cet amour qui la rongeait, cet amour qui l'avait détruite quand il avait disparu brutalement et que les rumeurs sur une professionnelle russe s'étaient amplifiées.

Mais elle avait le bordel, Mahoja, les putes, ses hommes : pleurnicher était une perte de temps qu'elle ne pouvait se permettre.

Anita passa une main dans sa chevelure noire de jais et soupira. Les traits délicats de son visage avaient été épargnés par le temps, là où les fils de la rue mourraient prématurément, et elle était restée en bonne santé, refusant l'idée que la drogue et l'alcool ne l'abrutisse et ne l'empêche de gérer son bordel correctement. Sa beauté – sa peau de porcelaine, ses lèvres fines, sa silhouette frêle – n'avait pas changé, et on l'appelait toujours Mademoiselle.

C'était son regard, las et usé, que lançaient ses doux yeux sombres, qui laissait deviner son âge et ses multiples douleurs.

-Patronne ? lança une voix féminine tandis qu'on frappait à la porte. Vous avez terminé ?

Anita repoussa son fauteuil et se leva. Jetant un coup d'œil au miroir, elle arrangea les plis de son kimono pourpre et les mèches de cheveux qui taquinaient sa nuque et ses épaules nues.

-Oui, Mahoja. Elle est arrivée ?

Une brève hésitation, puis :

-Juste à l'instant.

-Fais-la entrer, s'il te plaît.

-Bien, patronne.

La porte s'ouvrit sur Mahoja.

-Je reste dans le couloir, au cas où il y aurait un problème, dit-elle en chinois.

-Merci, mais ce ne sera pas utile, répondit-elle dans la même langue. Fais-la entrer.

La femme s'écarta pour la laisser passer et referma lentement la porte.

-Bonjour, Mikhaila.

La jeune femme acquiesça sans un mot. Anita la dévisagea un moment, d'un regard presque tendre. Elle l'avait rencontrée par le biais du Beau Mec, et s'était prise d'affection pour cette gamine aux cheveux blonds coupés courts, qui parlait à peine anglais et cachait ses formes sous des sweat amples et des jeans trop grands. Elle avait changé, en quatre ans.

-Tu es toujours aussi ponctuelle. Tu veux boire quelque chose ?

-Non merci.

-Assied-toi, je t'en prie, ajouta-t-elle avec un sourire poli mais crispé.

Mikhaila se laissa tomber dans un fauteuil, face à la patronne du bordel. Elle retira son manteau de fourrure et le posa sur ses genoux.

-Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ?

Anita souriait. Mikhaila ne l'avait jamais vue autrement, de toute façon. Elle se montrait constamment douce et patiente, même avec elle. Elle la haïssait pour ça – pourtant elle passait la voir au minimum deux fois par mois.

-Non, pas vraiment, éluda-t-elle.

Elle ne savait pas elle-même si elle mentait ou non. Ce rêve l'avait troublé, et c'était par réflexe qu'elle s'était tournée vers Anita. Elles n'avaient qu'une seule chose en commun : Marian Cross. C'était un lien maigre, ténu, mais ça leur suffisait.

-Bien. Je t'en veux un peu, tu t'en doutes.

-Pour ne pas t'avoir prévenu, n'est-ce pas ?

La patronne fit la moue.

-Bien sûr. Tu aurais pu me dire que tu quittais la rue, tout de même. Cela fait un mois que je n'ai de nouvelles de toi que par les rumeurs et Komui, quand il daigne me rendre visite.

Mikhaila lâcha un léger soupir.

-Est-ce que ça a un rapport avec l'armistice ? s'enquit la patronne.

-Oui. Les Noah ne voulaient plus m'avoir dans leurs pattes, je crois. Je n'ai pas eu le choix, Anita. Et puis ils m'offraient un paquet de fric, je n'ai pas pu résister, répondit-elle en haussant les épaules.

La patronne croisa les jambes.

-Tu pars définitivement, alors.

-C'est ça.

-Où vis-tu, en ce moment ?

-Santa Maria. C'est un trou paumé dans le nord de la Californie.

-Pourquoi là-bas ?

-Parce que, voilà.

Anita eut un sourire amusé.

-Il y a forcément une raison. Il y en a toujours une, avec toi.

-Tu te souviens de Lavi ?

-Oui, bien sûr. Les rumeurs disent qu'il était de retour le temps de l'armistice, et que c'est toi qui l'as protégé.

-C'est vrai. Il m'a offert un job et un logement, à Santa Maria.

-Gratuitement ? s'étonna-t-elle.

-Je paye le loyer.

-Vous devez être bien plus proches que tu ne le laisses entendre, alors. Il est rare que Lavi se montre aussi généreux.

-Il préfère les hommes, répliqua-t-elle.

La patronne rit doucement.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire, Mikhaila. D'ailleurs, puisque tu en parles, tu n'as personne dans ta vie ? ajouta-t-elle prudemment.

-Non.

Réponse claire, abrupte.

-Tu penses encore à Marian ? reprit-elle avec lenteur.

-Et toi ?

Anita encaissa l'attaque. Elle sourit à nouveau, comme pour dissimuler son malaise.

-Oui. Est-ce que tu me diras un jour ce qu'il s'est passé entre vous, Mikhaila ?

La jeune femme ne dit pas un mot. Elle arborait un visage neutre, lisse.

-Je présume que ça veut dire non. Tu as déménagé, alors ?


Santa Maria

McElhany Avenue


03:00 p.m.


Lavi n'était pas particulièrement doué pour les filatures, mais il savait qu'il était extrêmement difficile de suivre quelqu'un sans se faire remarquer et sans le perdre. Le mieux était de quadriller toute une ville, d'avoir une quinzaine d'hommes à disposition et des voitures pour patrouiller un peu partout. Méthode coûteuse et délicate, que le type qui le suivait depuis qu'il avait quitté Emilia ne semblait pas avoir mise en œuvre.

Lavi avait néanmoins quelques doutes là-dessus. D'abord, il y avait peut-être plusieurs Mercedes blanches à Santa Ma' – ce n'était pas forcément celle que Kanda avait vu la veille par la fenêtre. Puis, filer un type à pied en bagnole n'était pas une bonne idée. Il la croisait régulièrement, et reconnaissait la plaque d'immatriculation. Soit le conducteur cherchait sa route, soit il faisait le tour du quartier pour Dieu sait quelle raison.

Sauf qu'il en avait un autre, un grand hispanique brun, qui le collait depuis Rosae Villa.

Par automatisme et pour se rassurer, Lavi avait fait demi-tour, tourné au hasard sur une avenue, avant de faire à nouveau demi-tour et de repartir vers Hevla Lane. Et l'hispanique était toujours là, un peu essoufflé, à une dizaine de mètres derrière-lui. Le rouquin commençait à sérieusement s'inquiéter. Il ne connaissait pas ce type, et la filature n'était pas dans les habitudes des Noah.

Mais qui, alors ? L'armistice avait été signé, la guerre achevée, et si de vieux ennemis avaient sûrement conservé de la rancœur et de la haine à son égard, ce n'était pas non plus leur style, et il avait quitté la rue depuis suffisamment longtemps pour qu'on lui foute la paix. Lavi fouillait dans sa mémoire, en vain. Il tourna dans une ruelle, regrettant de ne pas être armé.

Il attendit l'hispanique, accroupi derrière une poubelle. Quand il arriva à sa hauteur, il le saisit aux chevilles, le plaqua contre le sol et lui enfonça son genou dans son estomac.

-Si tu gueules, ça va faire encore plus mal, souffla Lavi.

L'homme acquiesça sans comprendre et gémit.

-No hablo inglés, señor, répondit-il très vite.

-Putain, c'est pas vrai…

Le rouquin passa une main dans ses cheveux et soupira.

-T'es qui et pour qui tu travailles ? demanda-t-il dans un espagnol hésitant.

-Soy Javier. Trabajo para mi.

Lavi le gifla et répéta sa question.

-No sé, no sé.

-Tu te fous de ma gueule ? No sabes para quien tú trabajas ?

-Es un hombre argentino, pero no conozco su nombre. Hablamos por teléfono.

-Argentino ? No es de Los Angeles ?

-No ! No, lo juro.

-Porqué mi ? Qué le hice a este hombre ? demanda-t-il en commençant à perdre patience.

-No sé, tengo que seguir la pista a ti y la mujer, y lo decir que hacéis, con mi colega, Ignacio.

Le rouquin fronça les sourcils.

-La mujer ?

-La rubia, con un nombre ruso.

Mikhaila.

-Porqué ella ?

-No sé, répéta-t-il. Sólo obedezco.

-Dónde es tu colega ?

-La Mercedes.

Lavi se demanda s'il allait le tuer. Il en avait envie, terriblement envie. Javier sembla le comprendre, puisqu'il ajouta précipitamment :

-Tengo una hija, señor. Tiene trece años.

-Je m'en fous, hijo de puta.

Le rouquin eut un sourire narquois en se souvenant que c'était lui, le fils de pute. Il colla son poing dans la gueule du type, plusieurs fois, jusqu'à ce que son nez soit en sang et que sa respiration ne se réduise à un sifflement aigu, et se baissa pour murmurer à son oreille :

-Je vais être sympa, je vais te laisser en vie. Mais ce type pour qui tu bosses, je veux que tu lui dises d'aller se faire enculer, c'est clair ? S'il touche à un seul de mes amis, je le retrouverais et je le tuerais, et toi avec, pigé ? lâcha-t-il avec rage en espagnol.

-Sí, articula-t-il difficilement.

-Bien, reprit-il en anglais.

Il se leva, lui flanqua un coup de pied dans les côtes qui lui arracha un gémissement de douleur et fit demi-tour.


Santa Maria

Hevla Lane


03:30 p.m.


Lavi cala le combiné du téléphone entre son épaule et son oreille et soupira. Ses mains étaient agitées de tremblements spasmodiques, et il avait un mal fou à défaire les lacets de ses Doc.

-Calme-toi, ordonna presque Kanda, assis à ses côtés sur le canapé. Ça t'avancera à rien de flipper comme ça.

Le rouquin se tourna vers lui.

-Yuu, j'apprécie tes encouragements, mais sache qu'on est peut-être à nouveau dans la merde.

Le japonais haussa les épaules avec dédain.

-Et alors ? Après tout ce qu'on traversé, c'est pas deux trouillards qui savent par aligner deux mots d'anglais qui vont nous faire peur, non ? Ce mec, là, il s'est presque pissé dessus dès que tu l'as chopé, si j'ai bien compris.

-C'est vrai, admit-il. Mais tout de même-

Kanda le coupa d'un bref baiser et esquissa un sourire.

-Le premier argentin qui se pointe, je lui casse la gueule. C'est tout.

-Embrasse-moi encore, baby love.

-T'es chiant.

-Moi aussi, je t'aime.

Le japonais leva les yeux au ciel et le rouquin sourit. La sonnerie d'attente, au téléphone, s'éteignit.

-Bookmen Shop, bonjour.

-Tu te débrouilles vraiment bien, Mika. Il ne manque plus qu'un Que puis-je pour vous, et ce sera parfait.

-Tu appelles seulement pour te foutre de ma gueule ou pour passer le temps ? railla-t-elle.

-Non, cette fois, c'est sérieux.

Elle sentit le changement de ton dans sa voix et porta machinalement une main à l'étui de son couteau, posé sur le guéridon.

-Vous allez bien, tous les deux ?

Lavi jeta un coup d'œil à ses doigts tâchés de sang encore crispés sur les lacets.

-Ouais, ça va. Et toi ?

-Oui, répondit-elle avec une hésitation. Pourquoi, je ne devrais pas ?

-Tu as eu l'impression d'être suivie, récemment ?

Mikhaila réfléchit un instant. Elle était repartie rapidement du Xiwan Harbor, et la route jusqu'à Santa Maria ne lui laissait qu'un vague souvenir. Sa conversation tendue avec Anita l'avait laissée perplexe et frustrée.

-Non, je ne crois pas. Mais je suis restée à la boutique, cette semaine. Tu as été suivi ?

-Oui, par un type qui dit s'appeler Javier. Il me filait et je l'ai chopé. Il ne parle pas anglais, heureusement que j'ai quelques restes d'espagnol. Apparemment, il travaille pour un argentin de nom inconnu, sans savoir pour quelle raison. Il a un collègue, un certain Ignacio, qui conduit une Mercedes blanche. Tous deux devaient nous suivre, toi et moi, puis racontaient nos journées à l'argentin.

Il y eut un bref silence, puis :

-Ah, quand même.

-Tu as des ennemis en Argentine, toi ?

-Non, du moins pas à ma connaissance. Il était fiable, ce Javier ?

-Ouais, on peut dire ça comme ça. Un vrai poltron, facilement intimidable.

-Ce qui nous laisse déjà un avantage. Si c'était vraiment du sérieux, tu serais tombé sur un gars plus futé, remarqua-t-elle.

-Ou bien notre casse-couilles argentin espère qu'on le sous-estimera.

La jeune femme soupira.

-On reste sur nos gardes, alors, en attendant de voir comment les choses se présentent.

-Je vais prévenir Emilia, au cas où. Fais attention à toi, d'accord ?

-Comme toujours, assura-t-elle.

-Bien. À demain, Mika.

-Ouais, marmonna-t-elle avant de raccrocher.


Santa Maria

Bookmen Shop


10:00 p.m.


Mikhaila éteignit le poste de télévision, prit l'étui de son couteau posé sur le canapé et se leva. Jesus dormait sur la table de la cuisine, agitant parfois les pattes, comme s'il rêvait. Elle l'observa un instant, songeuse. Puis elle se demanda si Marian viendrait à nouveau la hanter, si Lavi apprendrait un jour la vérité et si elle connaissait un argentin susceptible de leur en vouloir à tous les deux.

Ses rivaux et ennemis étaient tous à L.A., et tous savaient sûrement qu'elle avait quitté la rue.

La jeune femme lâcha un soupir las et traversa le troisième étage jusqu'à l'ancienne chambre de Bookman, désormais la sienne. Cela ne la dérangeait pas le moins du monde de dormir dans une pièce autrefois occupée par un homme maintenant mort. Elle n'était pas superstitieuse, et sa seule croyance était celle des armes.

Mikhaila se déshabilla rapidement, toujours frustrée par sa conversation avec Anita. Elle avait cru que parler avec la patronne du bordel l'aiderait, mais dans la mesure où cette femme ignorait beaucoup de choses sur sa relation avec Marian, elle ne pouvait rien faire pour elle. Avec un énième soupir, elle enfila un t-shirt ample et un survêtement gris. Elle s'apprêtait à se coucher quand il y eut un bruit sec, en bas.

Puis plus rien.

Elle prit lentement son couteau, retira l'étui et sortit de sa chambre d'un pas silencieux. Elle jeta un coup d'œil à son chat, toujours endormi sur la table, avant de descendre au deuxième. Elle en fit rapidement le tour, ne trouva rien ni personne de suspect, puis arriva au rez-de-chaussée. Il y avait quelqu'un dans le fauteuil de Bookman, une silhouette grande et carrée.

Elle inspira profondément et alluma la lumière. Alors, elle le vit.

-Bonsoir, ma jolie, dit-il simplement.


Note :

Xiwan Harbor : mi-chinois, mi-anglais. Harbor signifie port, et Xiwan… aucune idée.

(Pour une question de pratique, je n'ai pas respecté les règles de ponctuation avec les points à l'envers en début de phrase. S'il y'a la moindre erreur, ne vous gênez pas pour me la signaler.)

No hablo inglés, señor : Je ne parle pas anglais, monsieur

Soy Javier. Trabajo para mi : Je suis/je m'appelle Javier. Je travaille pour moi.

No sé, no sé : Je ne sais pas, je ne sais pas.

No sabes para quien tú trabajas ? : Tu ne sais pas pour qui tu travailles ?

Es un hombre argentino, pero no conozco su nombre. Hablamos por teléfono. : C'est un homme argentin, mais je ne connais pas son nom. Nous parlons au téléphone.

Argentino ? No es de Los Angeles ? : Argentin ? Il n'est pas de Los Angeles ?

No ! No, lo juro. : Non ! Non, je le jure.

Porqué mi ? Qué le hice a este hombre ? : Pourquoi moi ? Qu'est-ce que j'ai fait à cet homme ?

No sé, tengo que seguir la pista a ti y la mujer, y lo decir que hacéis, con mi colega, Ignacio. : Je ne sais pas, je devais te suivre, toi et la femme, et lui dire ce que vous faisiez, avec mon collègue, Ignacio.

La mujer ? : La femme ?

La rubia, con un nombre ruso. : La blonde, avec un nom russe.

Porqué ella ? : Pourquoi elle ?

No sé. Sólo obedezco. : Je ne sais pas. J'obéis seulement.

Dónde es tu colega ? : Où est ton collègue ?

Tengo una hija, señor. Tiene trece años. : J'ai une fille, monsieur. Elle a treize ans.

Hijo de puta. : Fils de pute.

Sí. : Oui.

Voilà, j'espère ne pas vous avoir trop perdu. Ne cherchez pas, je ne dirais pas qui cette personne au Bookmen Shop, ni cet argentin.