J'espère que je vous ai manqué la semaine dernière :)

Après avoir passé toutes mes vacances à marcher sous la pluie et dans le vent, et être rentrée malade comme un chien, j'ai eu une pensée émue pour les personnages de cette fic qui passent les chapitres à le faire... Je comprends un peu mieux ce qu'ils vivent... Donc, j'ai décidé qu'ils tomberaient malades à un moment où à un autre parce que je ne vois pas pourquoi je serais la seule XD

Salut Naitaa ! Oui, il y a des zombies gelés, comme n'importe quel humain restant des jours dehors par des températures négatives finiraient gelés !

J'avais la même image mentale : des zombies avec des chemises/shorts à fleurs, des lunettes de soleil et un chapeau de paille (non à part ça tout va bien dans ma tête, merci). Et ce qu'ils préfèrent comme activité quand ils voyagent, c'est le tourisme culinaire ! *blague pourrie okjesors...*

Pour Sasha... Il faut lire le chapitre ! *sourire sadique*

J'espère que la suite continuera à te plaire Izaiza14 ;)

Bonne lecture !


On ampute pas les Morts

Je me suis réveillée le lendemain de notre installation dans le onsen avec une boule au ventre. Comme si j'avais déjà deviné ce qui m'attendait.

J'ai soulevé le drap pour regarder mon pied. Et cette fois, j'ai eu peur. Vraiment. Mes orteils avaient noirci et semblaient tout décharnés. Ils nécrosaient. Lentement, mais sûrement. Ça ne faisait toujours pas mal.

Je me suis levée en sursaut. J'ai couru en boitillant jusqu'à Isamu que j'ai secoué. Il s'est réveillé, clignant plusieurs fois des yeux. Puis, il s'est rappelé en me voyant. Il a baissé son regard vers mon pied.

J'ai vu ses yeux s'agrandir, et son teint pâlir. Ce qu'il redoutait arrivait. Il m'a fait poser mon pied sur son genou et a examiné mes orteils avec attention.

- Ça progresse vite, a t –il commenté pour lui-même.

- Quoi ? Qu'est ce qu'il se passe ?

- La nécrose avance plus vite que la normale… Tu ne devrais pas en être là après quelques heures seulement !

- Merci, je suis rassurée maintenant.

- Sasha. Il faut t'amputer. Tout de suite !

- Quoi ? Mais…

- Il faut la limiter au maximum. On pourra peut –être sauver le reste du pied si on se dépêche !

- Le virus zombie…

- N'aime vraisemblablement pas les températures froides ! Maintenant assieds toi.

Je me suis exécutée abasourdie pendant que tout s'enchaînait. J'ai vu les autres garçons arriver, s'agiter dans tous les sens. On m'a conduite dans la salle de bain. Ils discutaient de la meilleure façon d'opérer. Et j'étais totalement à côté de la plaque. Comme dans une sorte de brouillard cotonneux dans lequel je pouvais échapper à la réalité.

On allait m'amputer.

Les 4 premiers orteils. Curieusement, le dernier semblait bien se porter. mais peut – être tout le pied si ça ne suffisait pas à arrêter le processus. Tout mon pied avait été gelé, alors tout le membre était concerné. Je n'avais pas pensé que ça irait aussi loin.

La situation était quand même risible. Après ce qu'on avait vécu, je ne pensais pas que ce genre de chose allait m'arriver à moi. C'est vrai quoi. On avait survécu à l'attaque initiale des zombies, à leur évolution, à Arisu, aux militaires, à Daniel, à la conquête du onsen. Et brutalement, il fallait m'amputer.

Oh oui, vous vous dites sûrement "elle fait tout un drame pour 4 pauvres orteils qui ne servent à rien de toute façon, et ça lui sauvera la vie !". Vous voulez qu'on parle d'amputer vos orteils ? Je suis certaine que vous leur montreriez un intérêt soudain. Vous croyez que vous avez ne serait – ce que le droit de penser une chose pareille ?

- Vous allez devoir faire attention à mon sang, leur ai – je dit d'une voix absente. Je porte le virus.

- Ne t'inquiète pas pour ça.

Ils ont placé mon pied sur le bord de la baignoire, mes 4 innocents petits orteils dans le vide. Et Fuyuki a dégainé son sabre. Là, j'ai rué, me dégageant de la prise des autres et retirant mon pied.

- Qu'est ce qu'il va faire avec ça ? ai – je demandé.

- Amputer, m'a annoncé Isamu, avant de poursuivre en me voyant ouvrir la bouche : Écoute on a rien pour faire une amputation à part son sabre.

- Je serais précis, m'a promis le blond.

Ce ne m'a pas rassurée des masses. Si on m'avait demandé de lui amputer quelque chose, j'aurais été tout sauf précise. Même si je l'avais promis. J'aurais trop peur de me louper.

- Allez Sasha, le temps presse. Il ne faut pas que ça atteigne le reste du pied, sinon il faudra couper à la cheville.

La menace a fait son effet et j'ai reposé avec hésitation mon pied là où il était quelques secondes plus tôt. Fuyuki a ajusté sa position, sa prise sur le sabre, puis l'a levé au dessus de sa tête.

Je ne m'attendais pas à avoir mal. Vraiment pas. Je ne sens que peu ou pas la douleur, et celle qui aurait dû venir de mon pied était totalement absente jusque là.

Pourtant, j'ai eu mal. Tellement mal. J'ai hurlé sans pouvoir m'en empêcher. Dieux merci, il a réussi à faire ça en une seule fois.

Je me suis laissée tomber en arrière, retenue par Genjiro. Isamu a posé mon talon sur le bord de la baignoire, en hauteur et a immédiatement commencé à essayer d'arrêter l'hémorragie.

Bon, je n'étais pas très lucide sur le moment, alors pour les détails, j'ai dû demander la participation de mes amis.

Apparemment, le sang n'arrêtait pas de couler. Alors il a fallu cautériser. Heureusement, j'avais déjà tellement mal que ça en plus, ça n'a pas changé grand-chose.

Haletante, j'étais recroquevillée dans les bras de Genjiro qui me tenait toujours et j'avais crispé mes mains sur le bord de la baignoire pour ne pas risquer de faire mal à quelqu'un puisque je m'y agrippais de toutes mes forces.

Je ne sais pas pourquoi soudainement j'ai eu le droit à cette décharge de douleur alors que ça n'est pas le cas en général. Mais j'ai toujours mal. Encore aujourd'hui. J'ai mal aux orteils. Alors qu'ils ne sont plus là*. J'essaye de les bouger, et j'ai l'impression qu'il ne font, alors que mon pied se finit en moignon avec une épaisse cicatrice rêche et dure à cause de la cautérisation.

Ils ont essayé de me déplacer, mais j'étais tellement tétanisée et accrochée à ma baignoire qu'aucun n'a réussi à m'en décrocher. Alors ils m'ont laissée sur le carrelage froid, on avait choisi la salle de bain parce que le sang serait plus facile à nettoyer sur du carrelage, après m'avoir enveloppée dans une couverture.

Je ne sais pas pourquoi j'ai soudainement fait une crise pareille à ce moment là. Peut –être que c'était la goutte qui faisait déborder le vase après la découverte des corps la veille et qui m'avait choquée comme jamais.

Mais toujours est – il que je suis restée prostrée là pendant longtemps. Isamu passait de temps en temps pour vérifier l'avancement des choses. Apparemment ça évoluait bien puisqu'il ne s'attardait pas beaucoup.

Quand la porte s'est ouverte à nouveau juste après le passage d'Isamu, j'ai tourné la tête et j'ai constaté que c'était Dan qui était entré. Son fauteuil était difficile à manipuler dans l'espace étroit de la salle de bain, d'autant plus avec moi couchée. Il est donc descendu du fauteuil et s'est hissé assis à côté de moi, adossé à la baignoire. Là, il est resté un moment silencieux avant de lancer :

- Il semblerait qu'on ait découvert un point faible au virus… Apparemment, il ne survit pas dans les températures négatives. Ça explique pourquoi tous les zombies évolués du coin se sont rassemblés au chaud dans ce onsen. Ça veut aussi dire qu'il est probable que les zombies qui n'ont pas réussi à se mettre au chaud soient définitivement morts…

- C'est une bonne nouvelle, ai – je commenté.

- Oui.

Nouveau silence. Je crois qu'il était soulagé que je lui ai répondu. Je l'ai senti attraper une mèche de mes cheveux pour jouer avec avant de reprendre la parole:

- Je sais ce que c'est que d'avoir un morceau en moins, tu sais et…

- Je t'arrêtes tout de suite Dan. Nous ne sommes pas comparables. Et puis, je pourrais encore marcher… J'aurais pu perdre mon pied au complet et alors j'aurais été comme morte.

- Tu as le droit de…

- C'est sans doute à cause de l'accumulation de choses.

Je n'avais pas envie d'en parler. Vraiment pas. Il a dû comprendre parce qu'il n'a pas insisté. Il s'est remis dans son fauteuil et m'a demandé :

- Tu comptes encore rester là longtemps ?

- Je ne sais pas.

- D'accord. Pour ton information, Genjiro t'a gardé de quoi manger.

- Merci.

La porte s'est refermée et j'ai poussé un soupir. Je ne pouvais pas me permettre de continuer à rester prostrée là. Pourtant, ça n'était pas l'envie qui me manquait.

Je me suis redressée et j'ai massé mon bras endolori avant de commencer à défaire le bandage de mon pied. Isamu allait m'engueuler, mais je devais regarder. C'était mon pied après tout.

Ça ne saignait plus. Mais c'était assez irréel, la première fois que j'ai posé la paume sur le bout de mon pied désormais rugueux et dépourvu de quatre de ses orteils. La chaire était encore un peu à vif, mais il n'y avait pas de trace de nécrose : j'allais sauver le reste de mon pied. Un mal pour un bien en somme

Je ne vais pas vous cacher que marcher avec une partie du pied en moins n'a pas été évident au début. Si on a des orteils, c'est qu'il y a une bonne raison. Et ne parlons même pas de trouver une chaussure correcte. Il faut que je comble le bout avec du tissu pour pouvoir les mettre.

Cependant, avec le recul, je trouve que je m'en suis bien sortie. Très bien sortie, même.

Passé les premiers jours catastrophiques avec mon nouveau pied, j'ai fini pas m'adapter, comme à chaque ois. Alors on en a profité pour s'occuper de notre nouveau foyer. Et il en avait bien besoin.

On a commencé par condamner à nouveau le vestiaire – tombeau. On ne s'en servirait pas, et ça mettait tout le monde mal à l'aise. Ensuite, on a lessivé tous le sol des bains, et vu que l'eau de la source n'était pas rouge malgré tout le sang qui avait coulé dedans, nous avons raisonnablement supposé que le système de filtration et évacuation d'eau devait fonctionner correctement. C'était déjà ça de gagné.

On a aussi arraché toute la moquette imbibée de sang coagulé dans le hall. On ne pouvait pas vivre en marchant sur un truc pareil, surtout ne sachant pas si le virus pouvait y rester en stase en attendant un hôte. Ça nous a pris du temps, mais au bout de trois jours, on avait brûlé toute la moquette. Le sol en béton en dessous était laid, mais on ne s'installait pas pour le design.

Une fois l'intérieur vivable, on s'est tourné vers l'extérieur. On a dégagé des chemins dans la neige pour pouvoir circuler correctement autours de la propriété et on a déniché un petit cabanon avec toutes sortes d'outils de jardinage, ce qui se comprenait en voyant la taille du jardin en question.

On s'est servi de tous les arbres disponibles pour renforcer les barrières de bois toute simple entourant la propriété. Autant la sécuriser un maximum. On a aussi condamné l'entrée après avoir garé la voiture à l'abri des regard le long des murs des sources. Si on voulait entrer ou sortir, on pouvait largement sauter les barrières.

Pour dire vrai, on a érigé un véritable forteresse en deux semaines environs. On a aussi taillé des pieux qu'on a planté tout autours de chez nous, pointés vers l'extérieur. Et on y a empalé deux trois zombies un peu partout.

Oui, c'est glauque. Mais c'était justifié : si des Renifleurs passaient dans le coin, l'odeur des cadavres cacherait la notre et éviterait une nouvelle attaque. Si je devrais utiliser un seul mot pour décrire ça je dirais : camouflage.

Au final, l'hiver s'annonçait sous de meilleurs auspices que jusque là. Avec le froid, les zombies ne bougeaient pas ou peu, et comme nous étions loin des villes où ils étaient regroupés en masse, on était tranquille.

Il y avait cependant une chose qu'on avait un tant soit peu négligé lors de notre émigration. La nourriture. Il nous avait été impossible d'emporter avec nous de quoi survivre jusqu'au retour des beaux jours. Notre 4x4 n'était pas un 35 tonnes.

- Nous avons besoin de ravitaillement, nous a informé Genjiro à peu près deux semaines après notre arrivée au Onsen.

Comme on ne bougeait pas beaucoup, nous avions déjà commencé à nous rationner un minimum pour retarder cet instant fatidique. Mais on ne pouvait pas se permettre de s'affamer. Notre condition physique en pâtirait, et du coup nos chances de survie également.

En ce qui concernait l'eau, il n'y avait pas de problème : on avait une source à porté de main. Dans les premiers jours, Fuyuki et moi avions vérifié qu'aucun zombie ne risquait de polluer la source ou son écoulement jusqu'à chez nous. On le faisait quotidiennement ou même deux fois par jour. Il suffisait de remplir les bouteilles et de les mettre dans la neige quelques heures pour avoir toute l'eau nécessaire.

- Il va falloir retourner en ville, a dit Isamu.

- On ne peut pas laisser la maison son surveillance, ai – je contré.

- On a vu personne dans les parages, vivant ou mort, depuis notre arrivée. Ça ne risque rien.

- Ce n'est pas parce que ça n'est pas arrivé que ça n'arrivera pas. Je refuse qu'on laisse notre QG sans surveillance.

- On va devoir se séparer alors, a réfléchi Fuyuki.

- Non ! Ça se passe mal dès qu'on est séparé, ai – je contre-attaqué.

- Tu es assez contradictoire tu sais, Sasha ? On ne peut pas et rester ici et aller chercher à manger.

Je me suis renfrognée. Bien sûr, ils avaient raison. Si je m'obstinais, la situation allait vite devenir intenable. Mais que faire ?

Si on comptait Isamu comme combattant, nous étions trois. Si on comptait que seuls moi et Fuyuki étions réellement compétents, ça ne faisait déjà plus que deux. L'un de nous devrait obligatoirement rester ici. Mais l'autre ne pouvait pas partir seul et ne pourrait pas emmener quelqu'un sans le mettre en danger.

Sans compter qu'il faudrait deux jours pour fait l'aller–retour jusqu'à Tokyo, en partant avec la voiture. Et que si les personnes restantes avaient besoin de fuir pour une quelconque raison, ils n'iraient pas bien loin à pied. Surtout avec Dan. Je sentais mon cerveau surchauffer quand Fuyuki a proposé :

- On pourrait essayer de chasser dans les alentours. On ne serait partis que quelques heures et avec la faune qu'il y a dans ces bois, il a beaucoup de chance pour qu'on arrive à attraper quelque chose. Surtout maintenant que Sasha s'est perfectionnée en tir. Je pourrais aussi poser des collets.

- Tu sais faire ça ?

- Tu serais surprise de voir tout ce que mon Grand – Père m'a appris. Il voulait que je sache me débrouiller pour survivre si jamais une nouvelle guerre éclatait et que je devais me cacher. Je ne crois pas qu'il ait réellement cru que ça me servirait un jour.

Il a terminé sa tirade presque en chuchotant, le regard éteint. Nous n'en parlions pas beaucoup, mais Dan et Fuyuki avaient laissé des parents bien vivants derrière eux en nous accompagnant. Et si les parents de Dan ont fait une chose qu'il ne pourra jamais leur pardonner, ça n'était pas le cas pour le grand – père de Fuyuki.

Il était parti tout en sachant qu'il y avait toutes les chances pour qu'un vieillard seul ne survive pas jusqu'au bout. Masaichi –sama aurait pu venir avec nous, mais apparemment il refusait d'abandonner son dojo.

J'ai posé ma main sur son épaule en reprenant la conversation :

- On va essayer ça. On a encore assez à manger pour tenir quelques jours, non?

- Si, a confirmé Genjiro.

- Alors ça nous laisse plusieurs jours pour essayer de tuer quelque chose. On partira demain matin pour un premier essai.

- Et aujourd'hui ?

- Aujourd'hui on va faire en sorte que vous puissiez tenir sans nous en cas d'attaque.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Poser des pièges était plutôt aisé : la neige permettait de les dissimuler à la perfection. On a commencé par creuser ses tranchées dans la neige avant de recouvrir ces trous de branchages et de neige. La tranchée n'était pas très profonde, mais s'enfoncer brutalement de 10cm quand on s'y attend pas, ça peut toujours faire mal. On l'a fait à plusieurs intervalles différents tout autour de notre logement, tout en prévoyant une sortie pour nous à l'arrière.

Nous avons aussi taillé de nouveau pieux à disposer autours de la propriété pour rendre l'accès à la barrière compliqué. Avec nos pauvres moyens, nous ne pouvions pas faire beaucoup mieux… Ça nous a pris presque toute la journée.

Le lendemain matin, Fuyuki et moi étions sur le pied de guerre à peine l'aube arrivée. Isamu me tournait autours, faisant ses recommandations pour que j'évite le risque d'amputation : j'allais quand même passer des heures à l'extérieur. J'avais enfilé en dessous de mes vêtements des sous – pulls et des sous – pantalon de ski qu'on avait trouvé dans les armoires. Trois paires de chaussettes dans mes bottes.

Et j'avais en plus des gants que je serais obligée d'enlever pour tirer si l'occasion se présentait : il n'allait pas falloir que ce soit une urgence… Le tout assorti d'un bonnet à pompons et d'une écharpe que j'avais pour consigne de garder remontée jusque sous les yeux. On aurait dit que je partais pour le fin fond de l'Antarctique. Ça a beaucoup amusé les autres garçons d'ailleurs.

Fuyuki et moi avons quand même fini par pouvoir nous en aller. J'ai laissé ma naginata au onsen. Elle était trop encombrante et je n'avais pas l'intention de m'en servir. J'avais un garde du corps personnel en cas de zombie : Fuyuki. Moi je tirais le gibier, lui il se chargeait de nous protéger. Mais j'avais quand même emmené mon poignard. Je saurais me débrouiller avec ça.

On a enfilé des raquettes et on a commencé à gravir la montagne la plus proche du onsen.

- Tu as pensé à la corde pour tes collets ? ai – je demandé à mon ami.

- Oui, t'inquiète pas. Avance plutôt.

- Dis tout de suite que je lambine.

- Tu lambines.

Je l'ai fusillé du regard et j'ai repris mon chemin. On s'est arrêtés à deux ou trois reprises et il m'a montré comment poser les pièges, et les différents nœuds qu'il connaissait.

Le monde était blanc, silencieux, immaculé. C'était comme si la guerre n'était jamais arrivé jusqu'à ces sommets. Nous sommes arrivés tout en haut un peu après la mi – journée et sans avoir vu la moindre trace de vie. Ou de morts – vivants. On s'est laissé tomber dans la neige, histoire prendre une petite pause.

- On a rien vu, ai – je soupiré en retirant mon bonnet qui me tombait sur les yeux et commençait sérieusement à me taper sur le système.

- On doit être trop bruyant. La prochaine fois, il faut qu'on essaye de se mettre en planque à un endroit.

- Encore faut –il trouver un endroit où ne sera pas immédiatement repéré. On aurait pu grimper à un arbre si les premières branches n'étaient pas à plus de 10 mètres. Il va falloir qu'on explore un peu les alentours, je le crains.

- On devrait revenir sur nos pas, a soupiré Fuyuki. On est monté ici pour rien, et le temps qu'on redescende, il va probablement faire nuit. Fait voir tes mains.

J'ai retiré mes gants pour lui obéir. Après que je me sois retrouvée amputée parce que je n'avais pas assez fait attention à ma température corporelle, on s'était tous promis d'être plus prudents. Fuyuki me servait donc de "thermomètre" et regardait à ma place si je n'étais pas en train de trop me refroidir. Impossible de trouver un thermomètre encore fonctionnel dans ce onsen !

- Verdict ?

- Tu devrais survivre. Mais si tu ressens le besoin d'être réchauffée, fais le moi savoir.

- Je n'y manquerais pas. En route !

La descente a été beaucoup plus rapide que la montée, naturellement. On est arrivé juste avant que le soleil ne disparaisse. Et, étonnamment, il ne s'était rien passé de dramatique pendant notre absence.

Dan, Genjiro et Isamu nous attendaient avec impatience, inquiets qu'on mette autant de temps à revenir, et ils ont été soulagés de nous voir.

- Alors ? nous a immédiatement interrogé Genjiro.

- Alors rien, lui a appris Fuyuki. Même pas de traces dans la neige. On a fait choux blanc. Pourtant on est allé jusqu'en haut de la montagne.

- Demain, on partira dans l'autre sens, ai – je décidé. On pourra avancer plus vite sur terrain plat.

Nous avons terminé la journée dans l'eau chaude de la source. A quoi cela servait –il d'habiter dans un onsen si on en profitait pas ?

Le soir, avant qu'on aille se coucher, Dan m'a prise à part :

- Vous n'avez réellement pas trouvé de traces d'animaux ? Pas du tout ?

- Non. Il y en avait peut –être qui ont été recouvertes par la neige…

- Il n'a pas neigé depuis 3 jours. C'est mauvais signe s'il n'y a pas de vie. Les animaux ont tendance à fuir les endroit dangereux. Ils le sentent.

- Ils ont sans doute fuit à cause des zombies. Je te rappelle que ça pullulait ici il y a quelques temps.

- Ça doit faire des semaines qu'on est là.

- Ne tire pas de conclusions après un jour de chasse. Surtout que ni Fuyuki ni moi ne sommes des pros. C'était notre premier essai. Et à part les zombies qu'on a exterminé, il n'y a pour le moment pas eu de réelles menaces, non ?

- Non, a t –il soupiré. Mais je ne sais pas… J'ai un mauvais pressentiment.

J'ai haussé un sourcil. D'habitude, c'est mon rôle ça. Avoir un mauvais pressentiment, justifié ou pas. Mais pour le moment, il n'y avait rien d'alarmant.


*La minute scientifique de la semaine : le fait d'avoir mal à un membre ou de le sentir après qu'on l'ai amputé est appelé « membre fantôme » et est ressenti en moyenne par 2 amputés sur 3.

Pour ceux qui sont tentés de voir à quoi ressemblait le pied de Sasha, je vous invite à taper « gangrène » sur google et à cliquer sur « image ». Âmes sensibles s'abstenir, vous êtes prévenus.

A suivre...