Bonsoir tout le monde !
Merci beaucoup pour votre patience, je vous livre le nouveau chapitre.
Je tiens à préciser que ce chapitre n'a pas été relu (sauf par moi bien sûr), il est donc possible qu'il y ait des fautes récalcitrantes !
Cette fiction appartient à Rmcrms5, je ne fais que la traduire.
Bonne lecture et à très vite !
Edward POV
Après qu'elle se soit changée, je suivis Bella pour aller dans le garage. J'étais un petit peu mal à l'aise avec la façon dont elle s'était habillée. Je la regardai descendre les escaliers devant moi, dans un t-shirt qui semblait un jour avoir été noir, avec la photo d'un chanteur de country devant, un jeans très foncé, une poche manquante et déchiré au niveau des genoux, et des baskets qu'on aurait dû jeter il y a des années en voyant leur tête...Alors que quand elle s'habillait comme moi je le voulais, Bella paraissait plus âgée, et je ne m'étais jamais rendu compte que ça m'aidait à ne pas me sentir coupable vis-à-vis de son âge je n'y avais même pas pensé. Là, elle ne ressemblait pas à ma Bella elle ressemblait à la Bella adolescente que l'on voyait sur toutes les photos de la maison.
« Sans blague, qui croyais-tu qu'elle était ? » demanda la voix avec sarcasme ?
J'aurais dû savoir que la voix dans ma tête ne me laisserait pas tranquille. Au moins, elle ne m'insultait pas aujourd'hui.
« Pas encore. Je ne t'ai pas encore insulté. Mais je suis sûre que ce n'est qu'une question de temps avant que tu foutes tout en l'air. »
Je décidai de l'ignorer et de retourner à mes pensées alors que je suivais toujours Bella. J'étais très bon quand il s'agissait d'éviter quelque chose. Ce vieux proverbe 'loin des yeux, loin du cœur' fonctionnait quand on voulait enfouir des choses durant des années. Des choses de mon enfance dont je ne voulais pas me rappeler des choses auxquelles on a été obligé d'assister des choses que j'avais oublié et qui étaient encore enfouies au plus profond de moi. J'avais toujours été certain d'être en terrain sûr en ce qui concernait mes mœurs et mes croyances. Rien n'avait jamais réussi à m'écarter de la façon dont Carlisle nous avait élevé. Je respectais mon père il n'acceptait jamais rien de moins de moi.
À présent, Bella était en train de détruire tout ce sur quoi je m'étais toujours basé. Je ne m'en étais pas rendu compte au départ. Elle s'était frayé une place dans mon cœur et dans mon esprit bien plus grande que ce que j'avais prévu. Carlisle nous avait averti de ne jamais laisser une femme prendre autant de place ; parce que ça nous détruirait. Elles n'étaient que des décorations – des trophées à exposer aux collègues – juste un signe de plus de nos réussites. Dès le tout début, Alice avait réussi à détruire les murs de Jasper, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de notre père en lui. Je pouvais voir que la grossesse de Rosalie commençait à avoir le même effet sur les murs d'Emmett. Durant ces quatre dernières années, elle avait manifestement enlevé le mortier, de façon à ce qu'il n'y ait plus qu'à donner un coup pour démolir tous les murs. Mes murs à moi étaient plus épais et renforcés, mais Bella avait tout de même réussi à entrer dans la forteresse de mon cœur. Elle était en train de détruire les murs depuis l'intérieur, brique par brique, et ça me terrifiait réellement. Qui trouverai-je enfoui à l'intérieur lorsqu'elle fera tomber la dernière brique ?
J'étais reconnaissant d'avoir Jasper pour lui parler de Bella. Il m'agaçait au plus au point lorsqu'il me donnait des conseils j'avais l'impression qu'il m'attaquait de pleine face pendant que Bella se faufilait par derrière quand je ne surveillais pas. Mais quand je prenais suffisamment de recul pour vraiment analyser ce qu'il me disait, tout cela paraissait sensé. Lorsque je prenais l'initiative de véritablement suivre ses conseils et de faire ce qu'il me suggérait, je me rendais compte que j'appréciais l'homme que je devenais quand j'étais avec Bella. Je me sentais en paix, comme je ne l'avais jamais été depuis des années – quand j'étais encore un petit garçon. L'échiquier de ce matin au restaurant m'avait rappelé tous les jeux auxquels je jouais avec Es- non, avec 'Maman'. C'était elle qui m'avait appris à jouer aux dames, puis aux échecs. Je ferai un arrêt plus tard dans un magasin afin d'acheter un jeu d'échecs pour y jouer avec Bella. Elle m'avait dit ce matin qu'elle voulait apprendre à y jouer.
Je ne m'étais pas rendu compte que nous étions arrivés au garage tellement j'étais perdu dans mes pensées, jusqu'à ce que j'entende des pleurs venant de Bella. Elle venait tout juste d'entrer dans le garage, elle était se tenait à l'entrée. Ses bras étaient ferment enroulés autour de sa taille et elle fixait les yeux écarquillés la Kia Sportage garée à l'autre bout du garage. Elle recula jusqu'au mur, glissa au sol et commença à sangloter. Ses yeux restaient fixés sur le véhicule alors que des larmes coulaient sans retenue. Je ne comprenais pas pourquoi une voiture causait une telle réaction de sa part jusqu'à ce que je me rende compte qu'il y avait un nœud sur le capot. Le nœud, ainsi que le SUV, étaient recouvert de poussière.
Il me fallut un instant pour tout assembler dans ma tête. Cela devait être son cadeau d'anniversaire de la part de sa mère et son beau-père. À l'évidence, elle ne savait pas que le véhicule était encore là. Quand Carlisle et moi nous disputions au sujet de mon projet d'emmener Bella à Pheonix, il m'avait dit qu'en sortant de l'hôpital après l'accident, Bella avait directement était envoyée chez son oncle, puis chez Charlie. D'après lui, elle n'avait plus jamais remis les pieds dans cette maison depuis que Renée l'avait emmené à l'école ce matin-là. Je me rappelai aussi m'être demandé comment cela se faisait-il que Carlisle sache toujours beaucoup plus de choses sur Bella que moi. Mais j'allais devoir m'inquiéter de ça à un autre moment.
Pour l'instant, ma Bella avait besoin de moi.
Je la levai de par terre et la pris dans mes bras alors qu'elle continuait à sangloter. Je pressai mes lèvres contre ses cheveux et murmurai doucement à son oreille pour la calmer tandis que je la faisais retourner dans la maison. Je m'assis sur le canapé et et la berçai doucement pour la réconforter.
« Je suis désolé Bella, » murmurai-je. « Je sais que ça fait mal, mais ça va aller. »
Je sentis Bella se raidir dans mes bras. Elle tenta de se lever mais je savais qu'elle n'était pas prête. Elle avait encore besoin de moi. Il fallait que je lui montre à quel point je l'aimais et que je pouvais prendre soin d'elle. Instinctivement, je resserrai mes bras autour d'elle pour l'aider à se sentir en sécurité. Elle n'arrivait pas à se détendre et ne cessait de se tortiller.
« Shh, Bella. Ça va aller, mon amour. Je suis là pour toi. Tu peux compter sur moi, » lui dis-je.
Elle me regarda avec ses yeux profonds couleur chocolat. Ils étaient rouges et brillants à cause de ses pleurs. Tout à coup, elle commença à rire ce n'était pas un rire joyeux, c'était à la limite de l'hystérie.
« Bella, bébé, il faut que tu te calmes. Tu n'es pas dans ton état normal, » dis-je avec prudence.
Je commençai à m'inquiéter, j'allais peut-être devoir l'emmener à l'hôpital et la faire mettre sous sédatifs si elle ne se calmait pas rapidement. Son hystérie empirait et ça commençait à devenir incontrôlable.
« Sans déconner, Sherlock. Tu viens tout juste de le comprendre ? » lâcha-t-elle.
J'étais abasourdi Bella savait bien qu'il ne valait mieux pas me parler de cette façon. Malgré les libertés que je lui accordais à présent, elle devait tout de même me parler avec respect. Je lui avais encore rappelé il y a pas très longtemps. Je ne m'étais même pas rendu compte que j'avais desserré mes bras, lui permettant de se libérer de mon étreinte. Juste au moment où j'allais lui rappeler où était sa place, elle me surprit, me laissant sans voix. Bella se plaça face à moi, un feu brûlant dans ses yeux comme je ne l'avais encore jamais vu chez elle. Pas même ce tout premier soir lorsqu'elle avait dépassé les bornes avec son comportement. Elle me fusillait du regard alors qu'elle se tenait devant moi avec ses mains sur les hanches, en me criant dessus. Elle était incontrôlable, je le savais, mais j'étais figé sur place en écoutant ce qu'elle disait. Je l'écoutais parler d'elle-même à la troisième personne – elle s'était même donné un nom : Barbie Bella. C'était en ça que je l'avais transformé ?
« Bordel, mais tu croyais quoi ?! Que je serais toute engourdie, calme, contenue ? Tu veux que Barbie Bella vienne s'amuser ? Avec un pot de fleur en guise de cerveau ? Eh bien, va te faire voir, Edward Anthony Cullen ! Je déteste Barbie Bella ! Je déteste tout chez elle Je la déteste plus que tout – je déteste son comportement, je déteste sa docilité, et je déteste le fait qu'elle ait peur. Je n'ai jamais autant détesté quoi que ce soit de toute ma vie ! » cria-t-elle.
Je sentais ma poitrine se serrer à chacune de ses accusations. Elle m'avait déjà dit que c'était à cause de nous qu'elle faisait des cauchemars. J'étais au courant pour ses cauchemars je l'avais plusieurs fois entendu et je l'avais prise dans mes bras jusqu'à ce que ça s'arrête. J'avais vaguement remarqué qu'elle avait de nouveau mentionné Carlisle. Je suppose qu'elle devait croire qu'il était fou puisqu'il avait acheté Bella pour moi. Je savais que tous les commentaires de Carlisle bouleversaient Bella. Au cause moi, elle se détestait. Je l'avais transformé en une personne qu'elle ne voulait pas être ma Bella. Si ses mots avaient pu me blesser physiquement, je serais mort à l'heure qu'il est.
« Je te déteste ! Je déteste cette chose en quoi tu m'as transformée ! » Elle prit une grande inspiration et continua à enfoncer le clou. « Ici, c'est ma maison ! Pas la tienne ! La mienne ! Ma maison où j'étais aimée par les meilleurs parents du monde, des parents qu'on m'a enlevé alors que j'avais encore besoin d'eux. Au lieu d'aller vivre chez mon oncle et ma tante qui m'aimaient autant que mes parents, je me retrouve expédiée au fin fond de l'enfer pour vivre avec Satan lui-même et sa progéniture. Et toi, tu ne vaux pas mieux qu'eux. Tu veux savoir quelle est la seule chose qui te différencie d'eux à mes yeux ? Tu veux savoir ?! »
Je n'avais pas de réponse à sa question et j'avais peur de la réponse que Bella allait me donner. J'avais raison d'avoir peur. Je me retrouvai écrasé sous le poids de la culpabilité qu'elle me faisait ressentir.
« C'est que tu n'es pas de ma famille ! Et que ces choses que tu me fais faire, ce n'est pas de l'inceste. C'est la seule différence ! Tu essayes d'embellir les choses en appelant ça de l'amour, mais ce n'est pas ça. Tu m'obliges à faire des choses que je n'avais jamais pensé faire avant des années ! Chaque putain de soir de ma vie...Qui sur cette terre a peur d'aller se coucher ? Eh bien, moi j'ai peur ! Je me fiche du fait qu'on ait pas eu de relation sexuelle à proprement parler. Ça ne changera rien du tout. Et toutes ces larmes qui coulent après ? Tu veux savoir pourquoi je pleure, connard ? Parce que ça me dégoûte. Je suis écœurée. C'est la chose la plus écœurante que j'ai jamais fait de ma vie. Je déteste le fait que tu me forces à avoir envie de toi, que tu me fasses aimer ça. Je ne veux pas te désirer ! Je ne veux pas m'attacher à toi ! Tu prétends m'aimer ? Foutaises ! Tu ne connais rien du tout à l'amour. »
« A vrai dire, j'ai de la peine pour toi, » finit-elle par dire doucement.
Je repensais à toutes les nuits que j'avais passé avec elle dans notre lit. Je faisais toujours attention à Bella, m'assurant qu'elle atteignait l'orgasme avant moi. Puis je me rappelai le commentaire qu'Emmett avait fait à propos du sexe avec Rosalie, comme quoi elle avait détesté ça au début. Je me suis souvenu que Jasper avait dit que ça lui avait pris 6 mois avant qu'il puisse faire l'amour à Alice. Je me rendis compte que j'avais toujours cru que j'apportais du plaisir à Bella, alors qu'en réalité, je la détruisais à chaque fois qu'elle criait pendant son orgasme. J'étais en train de tuer la femme que j'aimais.
« Ouais, tu es en train de la tuer...alors, qu'est-ce que tu compte faire à ce sujet ? »
Je me rendis vaguement compte que Bella s'était éloignée, mais j'étais trop abasourdi par ses mots et par toutes les questions qui me passait par la tête pour la retenir. Cette fois-ci, la voix dans ma tête n'était pas aussi prétentieuse que d'habitude – elle semblait juste aussi déprimée que moi. Qu'est-ce que j'allais faire ? Était-il encore possible que d'arranger les choses ?
« Bien sûr que tu peux arranger les choses, crétin ! » A présent la voix était de nouveau en colère contre moi. « Tu n'as pas pris de notes lorsque tu as parlé avec Jasper ? Il a dit qu'il te restait encore un petit peu de temps pour essayer de gagner son amour. Il t'a dit de la laisser être elle-même. Tu t'en es bien sorti ce matin. T'as fermé ton clapet pour une fois et tu n'as pas gâché son moment au restaurant. Tu l'as laissée partager un moment avec ces gens. »
'Est-ce que ça veut dire que tu as fois en moi maintenant ?' demandai-je. Génial, maintenant j'étais vraiment en train d'avoir une discussion avec cette fichue voix. Je voudrais juste qu'elle s'en aille. Les choses étaient tellement plus simple avant qu'elle n'apparaisse. Je ne doutais jamais de quoi que ce soit avant.
« Dommage pour toi, abruti, mais je ne vais nulle part. Et non, je n'ai pas foi en toi. J'ai foi en Bella. Si tu ne fais pas d'efforts, c'est moi qui vais tout perdre alors que c'est moi qui suis tombé amoureux de Bella en premier. Je ne veux pas que tu me foutes tout en l'air. J'ai besoin d'elle. Je suis enfermé depuis bien trop longtemps. »
'Mais qui es-tu toi d'abord ? Tu parles comme si tu pensais être une vraie personne tu n'es que le fruit de mon imagination. Tu n'es pas réel. Tu ne peux pas aimer Bella. Et d'ailleurs, Bella est à moi, pas à toi.'
J'entendis un petit rire provenant du fin fond de mon esprit. « Tu ne te souviens pas de moi, n'est-ce pas ? Eh bien, chaque jour que tu passes avec Bella, et que ton amour pour elle grandit, me rend plus fort. Dans peu de temps, je serai suffisamment fort pour te faire disparaître de la vie de Bella. Il ne lui reste plus qu'à briser encore quelques briques qui entourent cette chose sans vie que tu appelles un cœur pour me libérer. Qui suis-je ? Je suis le Edward que tu étais avant. Je suis le Edward que Maman voulait qu'on devienne. Je suis le Edward de Bella. »
Je réfléchis à ce que la voix disait. Bella parlait constamment du Edward de Carlisle et de son Edward à elle dans son sommeil. Le soir où elle était ivre, elle m'avait regardé droit dans les yeux et m'avait appelé son Edward, et l'avait supplié de ne pas s'en aller. Le voyait-elle vraiment dans mes yeux ? Était-ce lui qu'elle essayait d'atteindre en moi ?
« Tiens, je pense que tu vas avoir besoin de ça maintenant, » entendis-je la douce voix de Bella. Je ne m'étais pas rendu compte qu'elle était revenue dans la pièce, ni même qu'elle se tenait devant moi.
Je levai les yeux vers Bella, sans réellement la voir. J'étais tellement perdu dans ma culpabilité, et je venais de comprendre qu'à chaque fois qu'elle prenait mon visage dans ses mains et qu'elle me regardait dans les yeux, elle le cherchait lui. D'une certaine façon, elle savait qu'il était enterré profondément en moi, bien avant que je m'en rendre compte. Je finis par regarder ce qu'elle avait dans la main : une ceinture. Je levai de nouveau les yeux vers elle et je rendis compte de l'ampleur de ce que j'avais fait en la punissant -
« En abusant d'elle, sale con, admets-le ! Tu as abusé de Bella, » m'accusa la voix.
Toutes les fois où Bella avait fait une erreur – toutes les fois où je l'avais punie se rejouaient dans ma tête – mais cette fois je voyais ses yeux. Je voyais la peur et la tristesse qu'elle ressentait à chaque fois que je la punissais. Je m'étais efforcé de ne pas punir Bella physiquement, sauf si c'était vraiment nécessaire, et même à ce moment-là, j'y étais allé doucement. Jusqu'ici, je ne lui avais donné que 10 coups et j'avais utilisé ma main au lieu de la petite planche de bois. Enfin, excepté il y a quelques semaines.
C'était un samedi, Carlisle et moi avions une réunion à laquelle nous devions nous rendre à l'hôpital. L'hôpital envisageait de s'associer avec deux ou trois hôpitaux en Amérique du Sud afin de partager nos connaissances médicales sur des cas pour lesquels ils n'étaient pas équipés. La réunion s'était terminée plus tôt que prévu, Carlisle était donc parti jouer au golf et moi je rentrais à la maison pour faire une surprise à Bella.
Carlisle avait autorisé Esmé a passé la journée à Seattle avec Emmett et Rosalie pour acheter le nécessaire pour la chambre du bébé. Bella avait des devoirs à terminer, elle était donc restée chez Jasper et Alice. J'avais décidé de faire un petit détour par la maison d'abord pour me changer avant de passer chez eux, afin de faire une surprise à Bella en l'emmenant passer l'après-midi à Port-Angeles.
En arrivant dans notre chambre, je trouvais la porte partiellement ouverte. De la musique country émanait de la radio et j'entendis quelqu'un fredonner. Ce n'était pas le genre de musique que j'écoutais, j'ouvris doucement la porte et vis Bella seule dans notre salon. Elle était allongée par terre, sur le ventre, avec ses chevilles croisées et ses pieds nus se balançaient. Elle était captivée par son livre et n'avait pas remarqué que j'étais entré. Elle entortillait distraitement une mèche de cheveux, et caressait de temps en temps sa joue avec le bout de sa mèche. J'étais surpris de voir à quel point elle était détendue et calme je ne voulais pas briser ce moment.
J'étais partagé, j'hésitais entre prendre Bella dans mes bras pour l'emmener dans notre chambre et passer l'après-midi à se câliner ou la réprimander pour avoir désobéi. Je lui avais dit qu'elle devait rester chez Jasper et Alice jusqu'à ce que je vienne la chercher. Du moment qu'elle était avec quelqu'un, je me sentais rassuré. Bella avait dû sentir ma présence car elle leva soudainement les yeux vers moi. La culpabilité et la crainte traversèrent ses yeux. Elle savait qu'elle avait enfreint une règle. Elle bondit sur ses pieds et éteignit la radio en se dirigeant vers moi. Elle se mit sur la pointe des pieds pour m'embrasser, essayant de me distraire.
« E-Edward, » bégaya-t-elle, se dépêchant de s'excuser. « Je ne m'attendais pas à ce que tu rentres aussi tôt, je sais que tu m'as dit de rester chez Jasper et Alice mais, » elle désigna son livre posé par terre, « Je trouvé ce super livre à la bibliothèque de l'école et je me suis dit que je pourrais juste le lire ici. Mais je suis restée avec eux jusqu'au déjeuner et j'ai terminé mes devoirs. Je t'en pris, ne te fâche pas contre moi ».
Elle m'implora avec ses yeux de ne pas m'énerver. J'étais déçu par Bella car elle avait admis avoir fait ça alors qu'elle savait très bien qu'elle enfreignait une règle. Elle connaissait les conséquences de ses actes. Je n'avais vraiment pas envie de la punir peut-être que je pouvais éviter de le faire.
« Bella, » je pris son visage entre mes mains et le levais vers moi pour pouvoir lire dans ses yeux. « Si j'étais rentré dans deux heures comme prévu, aurais-je su que tu étais venue ici toute seule ou serais-tu chez Jasper, là où je t'ai laissé ce matin ? » Elle n'avait même pas besoin de répondre. Je le voyais dans ses yeux. Elle m'aurait menti. Elle essaya de baisser les yeux mais je la tenais fermement pour qu'elle me regarde.
« J'aurais été chez Jasper, » avoua-t-elle doucement. « Je ne t'aurais pas dit que j'étais venu à la maison. Mais Edward, tu ne comprends pas, » commença-t-elle. « J'avais juste envie d'être seule un moment. Je voulais voir si je pouvais le supporter. Ça a été difficile, mais la radio m'a aidé à briser le silence. C'est juste qu'il y a toujours quelqu'un avec moi et parfois, je me sens comme claustrophobe. J'ai besoin d'espace pour respirer. Je suis juste rentrée à la maison et je n'ai pas bougé de notre chambre, » expliqua-t-elle.
« Bella, tu connais les règles. Quel est ce livre si important qui t'a poussé à les enfreindre ? » demandai-je.
Elle alla ramasser le livre pour me le montrer. « Mon professeur de politique nous a parlé de ce livre en cours cette semaine alors je suis allé le prendre. C'est vraiment intéressant. Ça parle de la crise actuelle aux États-Unis : la politique, l'économie et la guerre en Irak. »
Elle n'avait pas besoin de lire ce genre de choses. La politique, ce n'était pas pour elle. Elle devrait plutôt être en train de livre les poésies et les œuvres classiques que je lui avais acheté.
« C'est votre professeur qui vous a demandé de lire ce livre pour votre cours ? » demandai-je en lisant la page de couverture. Je ne voulais pas tirer de conclusions hâtives.
Elle secoua la tête. « Non, j'avais juste envie de le lire. Je n'avais jamais remarqué à quel point notre économie allait mal. C'est vraiment effrayant quand on y pense. »
Je refermai brusquement son livre et le posai au-dessus de l'armoire. Elle suivit mon mouvement et la confusion pouvait se lire sur son visage.
« Pourquoi tu as fait ça ? Je vais perdre ma page et tu sais bien que je ne peux pas atteindre cet endroit, » dit-elle en désignant l'endroit où j'avais posé le livre.
« Je sais que tu ne peux pas l'atteindre, Bella tu n'as pas besoin de ça. Je ne veux pas que tu lises ce livre, ni aucun autre de ce genre. Tu n'as pas à t'inquiéter de l'économie et de la politique. Je veux que tu ailles rendre ce livre lundi, lorsque je t'emmènerai à l'école. »
Elle me fixa pendant un moment. « Que veux-tu dire par là ? Ce n'est pas parce que je ne me présente à aucune élection que je ne dois pas apprendre des choses. Je veux m'informer. Je vais avoir 18 ans en septembre, ce qui veut dire que je vais pouvoir voter. »
« Bella, tu n'as pas besoin de t'inquiéter de ça. Je te dirais pour qui voter. Il n'y a rien là dedans que tu aies besoin de savoir. Si tu veux lire, lis les livres que je t'ai acheté. Si tu veux lire quelque chose de nouveau, on passera à la librairie tout à l'heure avant d'aller dîner et tu pourras choisir quelque chose. Mais d'abord, on va s'occuper de ton mépris des règles et du fait que tu sois rentrée à la maison seule. »
« Tu te fous de moi ? » haleta-t-elle. « Je n'ai pas le droit de choisir pour qui je vais voter ? Je n'ai pas le droit de lire un livre pour m'informer sur le monde qui m'entoure ? Et pourquoi je n'ai pas le droit de rentrer à la maison et lire, si j'en ai envie ? Pourquoi je dois toujours avoir quelqu'un avec moi ? Ce n'est pas comme si je pouvais m'enfuir d'ici toute seule. Je ne connais même pas le fichu code du portail ! »
Elle commençait à piquer une de ses petites crises de colère. « Bella, » dis-je, sévèrement. « S'il y a des règles, c'est pour une raison. Elles sont là pour assurer ta protection. Je vais bientôt devenir ton mari et en tant que chef de notre famille, c'est à moi de prendre les décisions. En tant qu'épouse, ton rôle est d'accepter ces décisions sans discuter. »
Elle s'éloigna de moi d'un pas lourd avant de se retourner de nouveau vers moi. « Oh mon dieu ! Mais tu t'entends parler ? Tu fais tellement l'autruche qu'il te faudrait un pied-de-biche pour te sortir ta tête du sable. Ce ne sont que des foutaises et tu le sais. »
« Bella, ça suffit, » lui ordonnai-je durement. Elle commençait vraiment à me gonfler là.
Elle me tourna le dos et croisa ses bras sur sa poitrine en soufflant. Je l'entendis marmonner quelque chose.
« Qu'est-ce que tu viens de dire ? » demandai-je.
Elle se retourna et déglutit. « J'ai dit que tu n'étais qu'un abruti tyrannique, » avoua-t-elle.
Après m'être suffisamment calmé pour la punir, je m'en étais tenu à 10 coups mais cette fois, j'avais utilisé une ceinture et je l'avais enfermée dans notre chambre pendant une semaine. Elle voulait être seule, eh bien maintenant, elle était seule. Elle allait à l'école et tous les soirs je la ramenais à la maison et l'enfermais. Elle avait refusé de me parler, jusqu'à ce que je la laisse sortir de la chambre.
Évidemment, Jasper et Alice m'étaient tous les deux tombé dessus. Alice était tellement en colère, elle refusait de me dire ce que Bella lui disait après l'avoir laissé sortir de la chambre. Jasper se contentait de secouer la tête en me voyant et me disait que je l'avais déçu.
Je fus ramené à la réalité lorsque je me rendis compte que Bella était toujours debout devant moi à attendre que je fasse quelque chose.
« En ce qu'on peut en finir avec ça ? Tu veux me frapper ici, ou à l'étage, ou attendre qu'on retourne à l'hôtel ? Je suis désolée mais Phil n'aimait pas se mettre sur son 31 donc on l'a enterré avec la seule cravate qu'il possédait. Je n'ai rien que tu puisses utiliser pour attacher mes mains alors il va falloir faire sans. »
Je sentis une autre vague de culpabilité peser sur mes épaules en l'entendant parler de sa punition qu'elle acceptait avec calme. Elle s'attendait à ce que je la punisse. Elle savait que j'allais la pun-
« La frapper. Dis-le, putain ! Tu vas la frapper à plusieurs reprises, jusqu'à ce tu la fasses crier et pleurer. En faisait ça, tu vas encore une fois réduire le peu de temps qu'il nous reste pour la faire tomber amoureuse. Tu vas encore plus la détruire. Maintenant, rentre-toi bien ça une fois pour toute dans ton putain de crâne de tordu. Répète après moi : « je maltraite la femme que j'aime. Je suis violent et je lui fais du mal. Elle est plus petite et plus faible que moi, mais je la frappe quand même. Je suis une brute. » Dis-le maintenant ! »
« Allô, la Terre appelle Edward. Retournez en orbite, s'il vous plaît. Tu veux bien prendre cette fichue ceinture et me frapper une fois pour toute. Je suis épuisée et j'ai besoin de boire quelque chose. Accouche, mets-moi une raclée qu'on en finisse, » marmonna-t-elle.
Je me levai et lui pris la ceinture des mains, la fixant. Je me souviens encore de Bella en train de pleurer, la dernière fois que j'avais utiliser une ceinture sur elle.
'Je maltraite la femme que j'aime. Je suis violent et je lui fais du mal. Elle est plus petite et plus faible que moi, mais je la frappe quand même. Je suis une brute,' me dis-je mentalement. Je l'avouai. Plus jamais je ne lui ferai de mal- la maltraiterai. Je serrai mon poing autour de la ceinture, me détournai de Bella et la jetai contre le mur opposé en rugissant de colère dos à ma Bella. Je regardai de nouveau vers Bella et vis cette fille maltraitée de 17 ans que j'aimais. Je ne voyais pas la Barbie Bella bien habillée. Je voyais qui elle était vraiment. Elle était si forte et si vulnérable à la fois. Elle était plus forte que moi. Elle avait survécu à tout ce que la vie lui avait fait subir la mort de ses parents, la maltraitance de Charlie et James, et la mienne. J'avais cédé aux exigences de mon père. J'avais oublié l'homme que j'étais J'étais devenu l'homme que Carlisle voulait que je je devienne. Je laissai échapper un cri d'angoisse en me rendant compte que je n'étais pas l'homme dont Bella avait besoin. Elle voulait et avait besoin de son Edward, mais je ne pouvais pas la laisser tomber pour autant.
'Je t'en supplie, ne l'éloigne pas de moi. J'ai autant besoin d'elle que toi. Aide-moi ?' demandai-je à la voix au Edward de Bella.
« D'accord, mais on va faire les choses à ma façon. Baisse ta garde pour la laisser entrer. On peut trouver un moyen de cohabiter et de devenir le meilleur type d'homme pour l'aimer et la chérir, mais ça ne va pas être facile pour toi. Commence par t'excuser et on commencera à partir de là. »
« Je suis désolé, » murmurai-je. Je tendis un bras vers elle, j'avais besoin de la prendre dans mes bras. J'avais besoin qu'elle me réconforte. J'eus envie de mourir lorsqu'elle fit un pas en arrière pour ne pas que je la prenne dans mes bras. Elle ne voulait même pas me laisser la serrer dans mes bras à présent. J'étais en train de la perdre. Je sentis une angoisse monter en moi et prendre le contrôle mais je me battais pour reprendre le contrôle. Je ne ferai pas l'enfant – je ne pleurerai pas – mais j'allais tout recommencer. À partir d'aujourd'hui, les choses allaient changer...si Bella voulait bien me laisser une chance.
« Bella, je ne veux plus jamais te maltraiter. Je suis désolé pour toutes les fois où je l'ai fait. J'ai eu tort, tellement tort. Tu as raison, je ne suis pas mieux que Charlie ou James. J'ai l'impression d'être un monstre. Je sais que je ne suis rien de mieux qu'un monstre. Tu ne peux pas imaginer à quel point je regrette. Je t'ai fait tellement de mal. Je n'étais pas là pour toi lorsque tu as perdu tes parents. Et cette première nuit, oh mon dieu. On devrait me tuer pour t'avoir fait ça. J'aurais dû être là pour toi, mais je t'ai laissée seule tout ce temps... »
'Tu peux le faire, Edward, tu t'en sors bien. Ne t'arrête pas maintenant.'
« Je veux juste...Je veux que tu saches que, ah merde ! Bella, je... »
« Quoi ? » dit-elle sèchement.
Je repris. « Bella, je ne savais pas ce que c'était que l'amour, la première que je t'ai eue-que je t'ai vue. »
Je tendis de nouveau la main vers elle, j'avais besoin de la toucher, mais elle s'éloigna de nouveau.
« Je peux m'asseoir toute seule, merci beaucoup. »
« J'imagine que je l'ai mérité. Tu veux bien t'asseoir avec moi ? »
« Pas sur tes genoux, » me prévint-elle.
« Très bien, » acceptai-je. Je pris ses mains dans les miennes et au moins, elle me laissa faire. C'était un début. J'avais besoin de la sentir alors je caressai mes joues avec le dos de ses mains. C'était tout ce qu'elle pouvait me donner pour le moment, alors je m'en contenterai. Lorsque je fus de nouveau suffisamment calme, je poursuivis.
« Je veux apprendre à aimer. Plus j'apprends à te connaître, plus je découvre à quel point tu es vraiment une personne merveilleuse et exceptionnelle, et j'aime les choses que je connais déjà sur toi. Mais je sais qu'il y a encore beaucoup d'autres choses. Je suis en train de tomber amoureux de toi, Bella, et pas de la façon dont on me l'a appris. J'aime chez toi toutes ces choses qu'on m'a dit de ne pas aimer. Je ne suis pas habituée à ce sentiment et ça me fiche la trouille. » Je tendis ma main vers elle et elle me laissa mettre une mèche derrière son oreille, sans s'éloigner de moi. J'étais sur le point de franchir l'étape la plus importante et la suite dépendait de la réponse Bella. « Je sais que tu as dit que tu me détestais, mais penses-tu qu'il y ait ne serait-ce qu'une infime possibilité que cela puisse changer ? Que tu puisses un jour m'aimer ? »
Je retins ma respiration et attendis. Au moins, elle n'avait pas directement dit 'non'. Ça voulait dire qu'elle envisageait l'idée de me laisser une chance.
« Edward, honnêtement ? C'est possible, mais je n'en suis pas sûre. Avec le Edward que j'ai rencontré au tout début ? Jamais de la vie. Il est odieux, cruel et il m'a fait souffrir bien trop de fois. Je ne pourrais jamais ne pas détester ce monstre. Maintenant... »
« Maintenant ? » l'encourageai-je doucement. Mon espoir grandissait. Je caressai sa joue et encore une fois, elle ne s'éloigna pas de moi.
« Maintenant ? » reprit-elle. « Maintenant, tu m'as montré une autre facette de ta personnalité. Tout n'est plus juste noir et blanc. Il y a certaines choses que j'aime vraiment chez toi, mais il y a encore trop de mauvaises choses. Je sais que tout le monde a ses bons et ses mauvais côtés. C'est un équilibre, on ne peut pas tout aimer chez quelqu'un, mais il doit y avoir plus de bon que de mauvais, et pour l'instant il n'y a pas assez de bon pour contrebalancer tout le mauvais. Tu es toujours un tyran, tu es juste un peu moins méchant. »
'Tu sais que c'est vrai, alors accepte ce qu'elle te dit. Ne proteste pas.'
« Eh bien, au moins tu as remarqué les changements. C'est toi qui me fais changer, Bella. Et j'aime bien ça. Si je continue- si j'essaye encore, penses-tu que tu pourrais m'aimer alors ? »
« Edward, je ne suis pas experte en histoire d'amour, mais prenons les choses une par une, d'accord ? Premièrement, il y a certaines personnes, des gens normaux, qui se lancent dans une histoire d'amour mais pour qui ça ne fonctionne pas forcément. Ils ne sont simplement pas faits pour être ensemble. »
Je refusais de croire que nous n'étions pas faits l'un pour l'autre. Elle ne pouvait pas croire ça j'avais besoin d'elle. Elle m'empêcha de parler et reprit la parole.
« Je ne dis pas que je ne t'aimerais pas, mais comment le savoir ? Le seul Edward que je connais c'est l'ancien, et qui sait ce que je vais penser du nouveau ? Je sais que le nouveau aura une meilleure chance. Mais je ne peux pas promettre de ressentir des choses pour quelqu'un que je n'ai pas encore eu l'occasion de connaître et Edward, je ne te connais que par les choses que tu m'as montré.
« Deuxièmement, je ne pense pas que tu saches comment ne pas te comporter en tyran. Le mariage, c'est une alliance entre deux personnes. Nous avons chacun nos forces et nos faiblesses. J'admets que je ne suis pas parfaite, mais toi non plus. Le mariage, c'est une union entre deux personnes. Les deux partenaires ont leur mot à dire sur les décisions, ce n'est pas juste un des deux qui aboie des ordres à l'autre sans cesse. Je veux le genre de mariage auquel on m'a habituée, et non pas le genre de mariage que tu me forces à accepter. Je ne serais pas heureuse et je ne t'aimerais jamais si tu me fais vivre ça. Il se pourrait que je tienne à toi mais je ne t'aimerais pas. Jamais. »
Je réfléchis à ce qu'elle venait de dire. Elle n'avait pas dit qu'elle ne pouvait pas m'aimer elle m'a dit qu'elle ne m'aimerait pas si je ne changeais pas. Je ne savais pas comment m'y prendre pour changer. Je suis comme ça depuis tellement d'années.
« Bella, je ne sais pas comment me comporter autrement, mais j'essaye. Tu as toi-même dit que je commençais à changer en mieux. M'aideras-tu à devenir le genre d'homme que tu pourrais aimer ? Je veux ton amour et je traverserai les flammes pour toi s'il le faut. M'apprendras-tu à aimer, de la façon dont tu dis que Phil aimait ta mère ? S'il te plaît, dis-moi que tu m'apprendras à être un homme meilleur pour toi ? Je te supplierai si tu me le demandes. »
Je retins de nouveau ma respiration en attendant sa réponse. À ma grande surprise, Bella vint s'asseoir sur mes genoux et enroula ses bras autour de moi. Elle prit mon visage entre ses mains et me regarda intensément dans les yeux, à la recherche de son Edward, je suppose. Elle finit par se pencher pour m'embrasser et murmura les mots que j'avais très envie d'entendre.
« D'accord, je vais t'apprendre à aimer. »
« Oh Bella, » gémis-je et nos lèvres fusionnèrent dans un baiser plein de promesses et d'espoir pour notre futur. Je sentis d'autres briques tomber autour de mon cœur. Il en restait encore mais Bella était sur le bon chemin. Je pouvais même apercevoir son Edward qui était coincé entre ces murs. Il était en vie et il devenait de plus en plus fort, et pour Bella, j'allais le gagner.
Je finis par briser notre baiser pour que nous puissions reprendre notre souffle. Son front était contre le mien alors que nos souffles se mêlaient. Je la tenais fermement contre moi, je ne voulais que ce moment se termine parce qu'après ça, le plus dur m'attendait : le changement. Du changement de mon côté, pas du sien. Bella n'aura plus jamais à changer qui elle est pour moi. Elle restera elle-même et m'apprendra à devenir celui qu'elle voulait que je sois.
« Edward ? » dit-elle doucement.
Je gardai mes yeux fermés un peu plus longtemps, afin de rassembler la force nécessaire à ce qui s'apprêtait à venir. Je sentis ses mains sur mon visage et j'ouvris les yeux. Évidemment, elle était encore en train de fouiller mon regard cette fois, je savais ce qu'elle cherchait.
« Oui, Bella, il est encore là. Je te promets qu'il ne s'en ira plus jamais, » lui assurai-je.
Son expression changement tellement vite que si je n'étais pas déjà en train de la fixer dans les yeux, j'aurais probablement raté tout ça. Confusion. Espoir. Crainte. La crainte l'emporta, comme toujours. Elle avait encore tellement peur de moi qu'elle ne voulait pas laisser une autre émotion l'emporter. Elle se racla la gorge et déglutit, ses yeux fouillant les miens.
« Je suis désolée, je ne vois pas ce que tu veux dire ? » répondit-elle avec précaution. Je soupirai, repoussai ses cheveux de son visage et déposai un baiser sur ses lèvres avant de répondre.
« Ton Edward. Je sais que tu cherches ton Edward, » lui dis-je doucement. « Il est encore là et il n'est pas prêt de repartir. Je ne veux plus être le Edward de Carlisle. J'ai compris que tu faisais une distinction entre les deux dans ta tête, tout comme tu m'as expliqué que Barbie Bella n'était pas réellement toi mais quelqu'un que j'avais crée. Je t'aime Bella, et je veux devenir la personne qu tu veux que je sois pour gagner ton amour. Je veux être ton Edward, tout comme toi tu es ma Bella. »
Je la voyais commencer à se renfermer et je lui souris. « Non, Bella. Pas Barbie Bella, mais ma Bella. La véritable personne qui est en toi. Je ne veux plus que tu sois Barbie Bella. Ce n'est pas elle que je veux aimer. C'est toi, et toi seule, que je veux connaître et aimer. »
Elle expira doucement et glissa ses doigts dans mes cheveux avant de me regarder de nouveau dans les yeux. « Il se peut que tu le regrettes. J'ai tendance à être un peu prétentieuse et j'ai la langue bien pendue. »
Je ris à ses propos. « Je crois que ça, je l'ai déjà remarqué. »
« Alors j'ai une question pour toi. Si je fais la prétentieuse, tu vas me pun - »
Je posai mon doigt sur ses lèvres.
« Maltraiter. Est-ce que je vais te maltraiter, et la réponse est 'non'. Je ne te frapperai plus jamais, Bella. Je m'excuse pour toutes les fois où je l'ai fait. Je t'en prie, recommençons à zéro à partir de maintenant. Tu penses qu'on peut faire ça ? »
Elle me fixa pendant quelques minutes en réfléchissant à je ne sais quoi, tandis qu'elle recommençait à glisser ses doigts dans mes cheveux. Je fermai brièvement les yeux ça me faisait toujours du bien lorsqu'elle faisait ça. Lorsque je rouvris mes yeux, je vis une petite étincelle dans les siens et un petit sourire malicieux étira ses lèvres. Je retins ma respiration et trépignai d'impatience en attendant de savoir ce que ce sourire voulait dire. Elle tapota mes deux épaules pour me signaler qu'elle voulait se lever et je la laissai faire même si je n'en avais pas très envie.
Elle se plaça devant moi avec ce sourire plaqué aux lèvres et me fit signe de me lever avec son doigt. Lorsque je me plaçai devant elle, elle n'avait toujours pas prononcé un seul mot. Ce qu'elle fit ensuite me surprit. Elle me tendit sa main.
« Bonjour, je suis Isabella Marie Swan, mais mes amis m'appellent Bella. »
Je sentais mon sourire s'étirer en voyant les yeux étincelants de Bella. Je pris sa main dans la mienne et la serrai, avant de la porter à mes lèvres et d'embrasser tendrement le dos de sa main.
« Je suis ravi de te rencontrer, Bella. Je suis Edward Anthony Cullen et je déteste quand on m'appelle Eddie. »
Bella rit et je me joignis à elle, je l'attirai vers moi pour la serrer dans mes bras. Nous étions tous les deux debout, à profiter de ce moment. Je sentis Bella soupirer lorsqu'elle leva les yeux vers moi.
« Edward, il y a une chose que j'ai vraiment besoin de faire. Tu veux bien m'emmener quelque part ? »
