IMPORTANT !
Je transfère actuellement tous mes écris sur AO3, surtout parce que le rating autorisé sur est M, alors que sur Archive of our Own c'est MA. Tous les textes déjà poster resteront en ligne ici, et je continuerais de poster sur cette plateforme aussi longtemps que possible. Les titres des fictions sont les mêmes, donc vous pouvez facilement retrouver, et mon pseudo est LayAria
Alors... Déjà bonjour ! Oui, ce chapitre sort "en avance", normalement je poste le dimanche, et sachez qu'il aurait même dû sortir hier soir, mais j'étais vraiment vraiment trop crevée... Le bac approche super vite (genre jeudi prochain, au secours) et j'ai mon permis mardi (vraiment, au secours) donc je suis au comble du stress et de la panique, mais... Etrangement, c'est dans les moments où je suis censée bosser que j'ai des montées d'inspiration, et du coup, je ne suis pas productive dans mes révisions, et ça m'agace...
Je crois que j'ai pas grand chose d'autre à dire... On est presque à 7 500 vues, je me rend pas bien compte de ce que c'est, mais mes deux années en série S me confirment que ça fait beaucoup (genre 7.5*10^3... Je vous ai perdu, je sais) et donc, merci beaucoup ! Comment faites-vous pour continuer à lire une fic aussi longue, sérieusement...? Vous avez tout mon respect !
Réponses aux reviews :
Scarlet-Carnival : Bon, dans le coup, il est sortit un tout petit peu en avance. Alors... Je sais même plus quoi te répondre, je te promet que quand j'ai lu ton review, j'ai mis du temps à en comprendre la portée, un truc de dingue ! Donc oui, je connais George deValier, je traduit une de ses fics d'ailleurs (j'ai un retard monstre dans cette publication, au passage...) et c'est juste un énorme honneur d'être comparé à un auteur pareil, et... Ouais, merci beaucoup, genre beaucoup beaucoup. Pour Arthur, je ne sais plus exactement comment j'ai tourné mon truc, mais on va le voir un peu plus normalement. En tout cas, dans la partie trois, on le voit beaucoup plus, ça c'est sûr. J'ai eu une période où je shipais beaucoup le UsUk, et étonnement je me tourne plus vers du FrUk en ce moment, mais ne t'en fait pas, cette fic ne tournera pas au FrUk ! Pour ce qui est des scènes de sexe et de viol, ne t'en fais pas, je connais très bien le sujet, et ce dont tu parlais (incapacité à bouger, tout le bordel) je connais pas mal aussi, les sidérations psychiques, je maitrise (he he... Non, ce n'est vraiment pas une blague), mais merci beaucoup pour ta proposition ! Et un milliard de merci pour tes reviews, tu n'as pas idée du bien que ça me fait (merci de ranger vos blagues salaces bien loin dans vos esprits). Soit dit en passant, je vais devoir poster plusieurs chapitres par semaine d'ici peu donc... Soit heureuse !
Lou-chan : Mon Allistor chéri est le meilleur (impa-quoi ? Impartialité ? Connais pas.) Je suis incroyablement heureuse que tu es perçu le développement de mon Ecossais préféré de la sorte, parce que c'est totalement le but ! Fiou, merci beaucoup ! En vrai l'année dernière je me disais que le bac serait facile... J'étais naïve, putain ! Bref, merci beaucoup pour tes reviews miss, ça me fait super plaisir, et ils sont toujours super constructifs !
Guess : Merci !
Rating : Par mesure de précaution, on va dire M
La lumière frappa Gilbert en pleine gueule, et il entrouvrit un œil pour le refermer aussitôt. Il ne savait pas qui était le con qui avait jugé intelligent d'allumer la petite ampoule du plafond, mais il jurait qu'il allait passer un sale quart d'heure.
-Oups, désolé…
La luminosité diminua à nouveau jusqu'à être suffisante pour que l'albinos ouvre les yeux. Francis se tenait sur le pas de la porte, la chemise qu'il mettait pour aller en cours toujours sur le dos. Ca lui allait assez bien, si on était honnête. Enfin, tout lui allait bien. Il était beau garçon, il le savait, et il en jouait, pour ce que Gilbert en savait. Le Français avait eu de nombreux petites-amies, ou petits-amis, et avait multiplié les coups d'un soir. Un peu comme Allistor, sauf qu'il n'était pas contre une relation durable, contrairement au rouquin.
-Pierce veut te voir, Allistor.
-J'irais après.
Gilbert referma les yeux et bougea légèrement la tête, heurtant au passage la cuisse de l'Ecossais. Il avait mal partout, sa position n'était pas bonne pour ses articulations et son dos, mais tant pis. C'était comme ça qu'il dormait le mieux.
-Bouge.
-Hm ?
Il sentit Allistor poser une main sur son épaule et essayer de le pousser.
-Qu'est-ce que tu fous… ? grogna-t-il.
-Décale-toi, et ferme ta gueule.
Soupirant profondément, l'albinos obtempéra et se redressa difficilement, grimaçant de douleur. Ouais, son corps n'avait absolument pas apprécié sa petite sieste. Allistor le regardait, ses cheveux rouges totalement en désordre, et ses yeux légèrement brillant. Il avait toujours de sacré marque, notamment à l'arcade sourcilière, malgré les pansements que faisait Pierce. Le pire restait ses mains. Gilbert ne s'en était pas rendu compte tout de suite parce qu'il avait été trop en colère pour accorder un réel intérêt aux blessures de l'Ecossais, mais depuis, il avait eu tout le temps de mesurer à quel point il était abimé. Ses paumes étaient à peu près intact, juste quelques plaies superficielles, comme s'il s'était griffé. Le pire, c'était ses doigts complètement violacés et écorchés, et le dos de ses mains, rouge vif par endroit et bleuit à d'autres. Gilbert savait aussi qu'il y avait des blessures qu'il n'avait pas vu, sur son ventre par exemple. Il n'y avait qu'à regarder la grimace douloureuse d'Allistor à chaque fois qu'il se redressait un peu trop vite.
-Tu te magnes, oui ou merde ?
-Fais pas ton chieur…
Dès qu'il ne fut plus dans le chemin, Allistor étendit ses jambes devant lui et s'allongea correctement sur son lit. Le magazine qu'il lisait jusqu'alors avait été abandonné sur la table de chevet, à côté de la lampe qui diffusait de jolis reflets dorés. Gilbert resta un petit moment hébété, assis sur ses genoux, à simplement regarder le rouquin. Il semblait fatiguer, de légères cernes avaient commencé à se former sous ses yeux, et son teint était plus pâle qu'à l'accoutumé. Pourtant, en journée, il allait bien. Il était moins râleur qu'avant. Depuis qu'il voyait cette femme en ville, il semblait beaucoup plus posé, et pourtant… Gilbert ne le sentait pas. Pas du tout, même. Il avait un très mauvais pressentiment, et il n'aimait pas ça.
Avec un haussement d'épaules, il se rallongea, calé contre le flanc de l'Ecossais. Il avait d'ailleurs failli écraser le bras de ce dernier, mais il l'avait retiré juste à temps. Une main se posa dans ses cheveux, beaucoup plus douce qu'avant à cause des blessures qui empêchait Allistor d'être aussi brusque que d'habitude.
-T'es un putain de pot de colle.
-M'en fous.
Il frémit d'aise lorsqu'il se fut installé confortablement, son dos pressé contre Allistor. Il savait que le rouquin n'aimait pas spécialement ce genre de contact, il l'avait d'ailleurs senti se tendre dès qu'il s'était rallongé, mais il savait aussi que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne s'y habitue. Tant qu'il ne faisait pas de gestes brusques, tout allait bien.
-Tonio m'a filé une adresse…
-Adresse de quoi ?
-Pour Noël. Une soirée. Tu veux venir ?
-Je suis pas sûr que Kate accepte que je sorte.
-T'es majeur, théoriquement elle ne peut pas t'en empêcher. Et puis je serais avec toi, c'est pas comme si j'allais te laisser te faire la malle encore une fois.
Même sans le voir, il devina le roulement d'yeux de l'Ecossais, et sourit légèrement. Pour être tout à fait honnête, il voulait surtout aller à cette soirée pour se vider la tête, lui. Ca ne ferait certainement pas de mal à Allistor, et il préférait de toute façon y aller avec quelqu'un, mais ce qu'il voulait par-dessus tout, c'était tout oublier l'espace d'une soirée.
-Je verrais.
-Sauf si tu as envie de passer Noël avec ton infirmière, bien sûr, ricana l'albinos.
-Arrête avec ça.
Il savait que parler d'Alice mettait Allistor mal à l'aise ou un peu en colère. Pourtant il fallait regarder la vérité en face : il l'aimait beaucoup. Peut-être pas au point de se la taper, ce que Gilbert ne comprenait pas vraiment, mais il l'aimait beaucoup quand même. Il sortait au moins une fois par semaine pour aller la voir, et généralement il y passait l'après-midi. C'était bien pour lui, vraiment, le Prussien n'allait pas le blâmer pour s'être fait une amie. Surtout une raisonnable, qui ait une bonne influence sur lui. Mais le changement dans le comportement d'Allistor était troublant. Et Gilbert ne pouvait pas supprimer le mauvais pressentiment qui lui tordait furieusement les entrailles de temps à autre.
Il frissonna violemment lorsque la main d'Allistor commença doucement à s'emmêler à ses mèches, et il se pressa inconsciemment un peu plus contre lui.
-Tu devrais dormir, murmura-t-il.
-Toi aussi.
-Je viens de faire une sieste, et j'ai moins une tête de zombie que toi.
-Ca reste à voir.
Il sentait la respiration d'Allistor ralentir doucement, sentait sa cage thoracique se lever plus calmement, et un profond sentiment de bien-être naquit en lui. Il était une personne fière, narcissique même d'après Francis, et il détestait se sentir inférieur, mais il devait bien avouer qu'il était toujours très à l'aise ainsi protégé par Allistor. C'était assez dérangeant comme sentiment, mais il n'arrivait juste pas à faire autrement. Il avait constamment besoin de le savoir non loin, de pouvoir être près de lui. Un peu comme un chiot suivrait son maître. C'était répugnant, comme idée. Il voulait se prouver qu'il pouvait vivre sans l'Ecossais, mais en même temps, il n'était pas sûr de ce qu'il ferait de ses journées sans lui. Il n'y avait qu'à voir dans quel état ça l'avait mis quand il avait disparu une semaine.
Il retint de justesse un gémissement qui se changea en un genre de soupir lorsque les doigts d'Allistor effleurèrent l'arrière de sa tête. Comment était-il censé se passer de lui… ?
.
-Artie !
-Alfred, je t'ai déjà dit…
-Prez, si tu préfères.
Réprimant un grognement agacé, Arthur continua sa route jusqu'à son bureau. Alfred avait le don de l'énerver. Il poussa la porte de son espace de travail et grimaça en constatant qu'en plus de quelques dossiers, un classeur vert abimé avait atterri sur son bureau.
-Il te donne du travail la veille des vacances ? s'étonna Alfred.
-Ca arrive.
-C'est dégueulasse ! Et c'est quoi ce classeur ?
-Je ne suis pas devin, idiot.
Après avoir posé son sac, Arthur se laissa tomber sur sa chaise, et attrapa ledit classeur. Comme à son habitude, Alfred prit ses aises, se promenant le long des étagères avant de venir s'assoir en face de lui. Bien que sceptique et peu enclin à le laisser faire, l'Anglais le regarda attraper un des dossiers qui étaient mystérieusement apparu sur son bureau.
-Eh beh, il y en a qui font fort… souffla-t-il en feuilletant les nombreux feuillets annonçant des heures de colle et autres exclusions.
-Tu veux voir l'épaisseur du tien ?
-Je ne me suis jamais fait collé pour avoir frappé un prof ! se défendit l'Américain. Ni pour avoir dealé de la drogue devant le bahut… Sérieux, de la drogue ? Putain, les gens sont cons, non ?
Arthur haussa les épaules et se concentra sur le classeur. Des feuilles de compta, et encore de compta, et… Il en avait pour un moment. Surtout que la vieille aigrie qui travaillait à l'administration ne prenait absolument pas le temps de ranger les feuilles à leur place, et le classeur servait plus de porte vue pour feuilles volantes que de réel classeur.
-Tu fais quoi pendant les vacances ?
-Je ne sais pas.
-Tu pourrais venir chez moi, si ça te dit.
Le petit blond jeta un coup d'œil à Alfred par-dessus le classeur, avant de se reconcentrer.
-Je ne sais pas.
-Ma mère fait toujours un super repas pour noël ! Et tu pourras voir Mattie, vous vous êtes juste croisés quand tu es venu.
Matthew, frère jumeau d'Alfred, était quelqu'un qu'Arthur savait apprécié. Il était discret, gentil, et incroyablement timide. Vraiment, il l'aimait bien. En revanche, c'était assez impressionnant de voir à quel point il était différent de son frère.
-Et mon père sera peut-être là, aussi. Il a dit qu'il essayerait de venir.
-Je croyais que tes parents avaient divorcés.
-C'est le cas, mais maman essaye de le faire venir pour noël, comme on le voit jamais.
Arthur n'était pas sûr d'avoir envie de subir ça. Déjà, pour lui, une présence paternelle était assez effrayante, et en plus, il ne savait pas exactement comment la mère et le père d'Alfred s'entendaient. Si c'était pour affronter un silence tendu tout le repas, il préférait encore rester au foyer et se planquer dans sa chambre. Même supporter Allistor serait mieux. Quoiqu'il avait peut-être quelque chose de prévu pour les fêtes, sait-on jamais.
-Alors ?
-Je verrais.
-Et je viendrais te voir, au foyer, aussi. Si tu veux bien, bien sûr. Mais c'est toujours toi qui te déplace, alors on pourrait échanger, de temps en temps.
Arthur se figea, les yeux légèrement écarquillés. Alfred était déjà venu deux fois au foyer, mais de ce qu'il en savait, il n'était pas resté bien longtemps. Mais ce n'était pas une bonne idée. Pas du tout. Si Allistor tombait sur lui, il n'imaginait même pas le bain de sang que ça serait. Et puis les autres enfants allaient s'imaginer des choses si Arthur l'associable, le garçon bizarre qui n'a pas d'ami et qui passe son temps seul, ramenait quelqu'un au foyer. Kate, en revanche, serait sûrement ravie de le rencontrer, sans parler de Francis… Mais il n'était pas prêt pour supporter tout ça.
-Si mon frère te voit…
-Ah oui, c'est vrai…
Alfred sembla plonger dans une profonde réflexion, avant de sourire comme un idiot.
-Alors dors à la maison. Comme ça tu n'auras pas à faire une heure de bus tous les jours.
-Je verrais, Alfred, soupira Arthur.
-Hu hu. On va prendre un café, après ? Ca fait longtemps qu'on n'y est pas allé.
-On y est allé la semaine dernière.
-'Bien ce que je dis, ça fait longtemps.
L'Anglais soupira, mais ne put retenir un léger sourire qui vint étirer le coin de ses lèvres.
-On verra quand j'aurais finis tout ça, d'accord ?
-Tu veux l'aide du héros ?
-Tu vas toucher à tout quoi que je te dise, de toute façon.
Alfred ne répondit rien et s'installa mieux, commençant à lire le dossier qu'il avait toujours dans les mains. Quelques secondes passèrent, peut-être même une minute.
-Je dois faire quoi, en fait ?
.
-Scotty ! T'as vu ?! C'est super grand !
-Je ne suis pas aveugle. Et arrête de me gueuler dans les oreilles, je suis juste à côté.
Gilbert ne tenait pas en place, et essayait de regarder chaque endroit en même temps. C'était complètement différent de la soirée qu'ils avaient fait dans un hangar. Là, c'était un vrai club, suffisamment grand pour accueillir une bonne cinquantaine de personne. Il y avait un vrai bar, avec un serveur, des tables le long des murs entourés de canapé en cuir rouge, un genre de podium tout au fond, sur lequel dansait quelques filles qui devaient bosser ici, et une large piste de danse sur tout le reste de l'espace. Il y avait déjà pas mal de monde, mais personne ne leur prêta la moindre attention lorsqu'ils se dirigèrent stratégiquement vers le bar. Des spots de toutes les couleurs illuminaient la pièce, et la musique était juste assez forte pour qu'on l'entende sans que ce soit vraiment dérangeant. Gilbert était grisé. Incroyablement effrayé, aussi, un peu comme un gamin à son premier jour d'école. Il n'avait pas l'habitude de se retrouver avec autant de monde autour de lui, et il avait un peu peur du regard des autres, même s'il ne se l'avouerait jamais. Pourtant… Il était heureux d'être là. Même euphorique.
-Un whisky.
Le barman acquiesça et attrapa une bouteille pour servir Allistor, alors que Gilbert sentait son estomac se contracter devant autant de choix. Les étagères derrière le bar étaient chargées de bouteilles multicolores, de différentes tailles et formes, et l'albinos n'était pas sûr de connaitre la moitié des alcools présents.
-Vodka, lança-t-il au hasard.
Allistor lui jeta un regard sceptique, mais ne le retint pas et se contenta de boire une première gorgée de whisky. Il balayait la salle du regard, sûrement à la recherche de quelqu'un à draguer. Si seulement Gilbert avait la moitié de son assurance… Enfin, ce n'était pas qu'une question d'assurance, son physique jouait beaucoup. Il faisait plus peur qu'il n'attirait, il le savait.
Il siffla son verre dès qu'on le lui eut donné, et avec un sourire amusé, le barman le resservit autant de fois qu'il le demandait. C'était alcool à volonté, après tout. Allistor avait disparu dans la foule, Gilbert croyait l'avoir vu discuter avec une belle brune typée méditerranéenne, puis plus de trace de lui. De toute façon, il était un peu trop embrouillé par l'alcool pour réfléchir. Il sentait déjà sa tête bourdonner et chauffer, et il n'avait plus vraiment conscience de son corps. Heureusement qu'il était assis sur un tabouret, sinon il serait probablement tombé comme une merde. Ce n'était pas exactement comme ça qu'il avait imaginé sa soirée, mais il n'avait sûrement pas encore bu assez d'alcool pour avoir le courage d'aller se mêler aux autres.
-Un autre…
-Sert lui de la tequila.
Surprit, le Prussien tourna la tête vers son nouveau voisin, un type un peu plus grand que lui, à la peau légèrement cuivrée comme Antonio et aux cheveux bruns foncés. Les sourcils légèrement froncés, Gilbert haussa les épaules et se concentra sur un point imaginaire devant lui.
-Tu danses pas ?
-J'ai l'air ?
Un rire rauque le fit frissonner, et il saisit son verre à nouveau plein, la main tremblante. Il n'était pas sûr d'aimer ce type. Il dégageait quelque chose qui ne lui plaisait pas, mais il n'arrivait pas à s'éloigner pour autant. Pour faire quoi, de toute façon ? Dans son état, il n'irait pas bien loin. Et puis il ne pouvait rien lui arriver, ils étaient à un putain de bar, dans un club bondé. Il se faisait des films. Il vida son verre d'une traite, sentant l'alcool glisser dans sa gorge avec une facilité incroyable. Ca ne le brûlait même plus tant il en avait bu.
-Je ne t'avais jamais vu ici.
-Première fois que je viens. Et vu le monde qu'il y a, tu m'excuseras, mais je pense pas que tu te souviennes de tout le monde.
-Un type comme toi, ça s'oublie pas.
Pas sûr de comprendre l'insinuation, Gilbert fronça les sourcils tout en poussant son verre vers le barman pour qu'il le resserve. Il se figea brusquement lorsqu'une main inconnue vint se perdre sur sa cuisse, l'effleurant de haut en bas.
-Qu'est-ce que tu…
-Bah quoi ? T'as une copine ?
-Non, mais…
-Resserre lui un verre.
Comme par magie, il eut à nouveau de l'alcool à portée de main, et sans réfléchir, il continua de picoler, malgré le type à côté de lui qui continuait de caresser sa cuisse. Il n'aimait pas ça. Il avait une désagréable sensation qui se nichait dans son ventre et lui tordait l'estomac, mais il n'arrivait juste pas à bouger, et son esprit était trop anesthésié par l'alcool pour qu'il réfléchisse à la situation plus de deux secondes. La main remonta un peu plus haut, pas exactement sur sa hanche. Ce fut comme une décharge. Les mains tremblantes, il reposa brutalement son verre et se leva d'un bon. L'alcool lui monta soudain à la tête, et il sentit un vertige lui faire perdre l'équilibre. Il avait beaucoup trop chaud. Tellement chaud qu'il étouffait. Il essaya de se rattraper au bar, mais sa main ne rencontra que du vide.
-Pas si vite, mon mignon…
Il n'était pas tombé, sans qu'il ne réussisse vraiment à s'expliquer pourquoi. Pourtant, il sentait clairement que tout son corps protestait contre n'importe quel effort. Le plus logique aurait été qu'il percute le bar, s'ouvrant le crâne au passage, ou qu'il se cogne dans un tabouret. Mais à la place, il était juste maintenu à peu près droit. Son cerveau semblait pulser au même rythme que son cœur, tapant violemment contre les parois de sa tête et appuyant contre l'arrière de ses yeux. Il avait un peu mal, mais en même temps, c'était comme s'il était anesthésié. D'ailleurs, il n'était pas sûr de pouvoir parler tant sa langue était lourde et pâteuse. Juste ouvrir la bouche semblait impossible.
-T'as besoin d'air frais.
Il sentait qu'il se faisait trainer vers Dieu savait où, et il ne parvenait pas à se débattre. Pas même à songer à le faire. Il était dans le brouillard comme rarement il l'avait été, et pourtant il avait déjà pas mal picolé à d'autres occasions. Mais jamais ça ne lui avait fait un effet pareil, ou alors il avait continué de boire jusqu'à atteindre une phase de surexcitation.
-Là.
L'atmosphère lourde et irrespirable de la salle avait été remplacée par de l'air plus frais qui fit beaucoup de bien à Gilbert, sans pour autant calmer les effets indésirables de son ivresse. Même ici, il avait l'impression que sa tête avait été soigneusement placée dans un four, et cette chaleur commençait à s'emparer de son corps entier.
Il s'affala contre un mur tiède et humide, et ferma les yeux un bref instant sans être certain de pouvoir les rouvrir, mais peu lui importait. Tout tournait trop autour de lui. Il ne prit conscience que trop tard de la main sur sa joue qui chassait gentiment quelques mèches. Il entrouvrit vaguement un œil. La lumière était blanche, violente, trop violente pour qu'il y voit quoi que ce soit. Ce fut à peine s'il parvint à grogner lorsqu'il sentit qu'on l'embrassait. Son corps ne répondait plus, sa voix semblait faire grève, et sa raison n'y pouvait strictement rien. Tout son être était en mode off. Pilote automatique. Il allait regretter ce qu'il était en train de faire, il le savait, mais il n'arrivait juste pas à réagir. Pourtant, il avait peur. Ce fut pire lorsque qu'une langue tout à fait indésirable s'invita dans sa bouche. S'il s'était écouté, il aurait refermé ses mâchoires dessus. Mais même ça il ne pouvait pas. Il se sentait faible comme jamais il ne l'avait été. Dans un vague sursaut de raison, il essaya de se laisser glisser le long du mur pour échapper à cette bouche qui n'avait rien à faire contre la sienne, mais deux mains fortes et grandes vinrent agripper sa taille, serrant tellement qu'il se demanda s'il n'allait pas conserver des marques. Mais cette idée s'étiola rapidement, aidée par l'alcool, et Gilbert ne put que se concentrer sur le baisé qu'il recevait.
Un vague gémissement lui échappa, et il ne savait même pas si c'était une plainte ou autre chose. Il n'arrivait plus à respirer, le souffle coupé par la langue dans sa bouche, et il n'était pas assez lucide pour tenter d'inspirer par le nez. Quand enfin l'étranger mis fin au baisé, il prit plusieurs grandes goulées d'air, sentant sa tête partir doucement sur le côté. Il avait définitivement trop chaud. Il ne protesta pas le moins du monde lorsqu'il sentit l'autre embrasser son cou, l'une de ses mains venant caresser son ventre. Il était juste incapable de bouger, de réagir. Par moment, il se demandait même s'il était encore conscient, aussi fut-il surpris lorsqu'il se sentit soulevé, les jambes nouées autour de ce qui devait être des hanches. Son dos était toujours appuyé contre le mur, et une drôle de sensation naissait dans son bas-ventre. Encore plus à côté de ses pompes que plus tôt, il eut tout juste la présence d'esprit de s'accrocher à ce qui semblait être des épaules et se laissa complètement faire. Quelqu'un finirait bien par le trouver. Quoiqu'il n'était même pas sûr de vouloir que ça s'arrête. Ca avait l'air d'être bon, même s'il n'était pas sûr de bien interpréter tout ce que son corps lui disait.
Des grognements rauques parvenaient de temps à autres à ses oreilles, et il sentait sa respiration s'accélérer dangereusement. Parfois, les lèvres du type se posait dans son cou, sur sa joue, s'emparait de ses lèvres, et à chaque fois, il se laissait faire. Bientôt, il fut à nouveau sur ses jambes, et il les sentit se dérober sous son poids. Cette fois, il ne fut pas retenu, et il glissa péniblement le long du mur. Il crut vaguement entendre qu'on lui parlait, mais il ne comprenait plus rien à ce stade. Il était trop concentré sur il ne savait quoi. Il avait un peu mal, mais c'était une douleur ténue, vicieuse, qui semblait doucement ronger son bas-ventre. Il parvint miraculeusement à ramener ses genoux contre son torse, et il enfouit sa tête là où il put. Il allait rester là. C'était bien. Il ne pouvait pas bouger, de toute façon.
Il attendit un petit moment, perdit connaissance, ou s'endormit, il avait tellement chaud et tout tournait tellement qu'il n'était plus sûr de rien. Ce n'est que lorsqu'une main se posa sur son épaule et le secoua qu'il entrouvrit un œil. Il n'avait pas dû perdre contact avec la réalité bien longtemps, il ressentait toujours cette douleur diffuse assez désagréable.
-Putain de merde…. Dans quel état tu t'es mis, espèce d'abruti ?
-Scotty… bredouilla-t-il, sa langue lourde comme du plomb rendant son élocution très compliquée.
Une main se posa sur son front, et il s'appuya contre elle, toujours incapable d'ouvrir les yeux à cause de la trop forte luminosité.
-Allez, lèves-toi, on s'en va.
-Peut pas…
C'était à peu près la seule chose dont il était sûr. Il ne pouvait pas se lever, tout juste bouger. Difficilement, il tendit les jambes devant lui, grondant sans trop savoir pourquoi. Il savait qu'Allistor lui parlait, disait quelque chose, mais il n'entendait pas. Il entrouvrit les yeux, sentant les larmes monter à cause de la lumière, mais il parvint à discerner le visage du rouquin. Il avait l'air en colère. Perdu, aussi. Ah, ça tête tournait trop pour qu'il se concentre là-dessus. La douleur sembla augmenter sensiblement, et il bougea ses hanches sans trop savoir ce qu'il cherchait. Son corps faisait comme bon lui semblait, de toute façon.
-A… Allistor…
Sa main se leva, effleura la joue de l'Ecossais, et il perçut sans le voir le trouble du rouquin. Il n'en tint pas compte, et retint de justesse un gémissement, se mordillant fiévreusement la lèvre. C'était incroyablement désagréable. Il voulait se débarrasser de cette sensation qui rongeait son bas-ventre. Maladroitement, il se redressa sans comprendre comment son corps pouvait encore bouger, et sentit les mains d'Allistor le tenir par les bras pour le garder stable. Il n'avait aucune putain d'idée de ce qu'il faisait, mais peu importait.
-A quoi tu joues, bordel ?
Il crut sentir Allistor tenter de le repousser, mais il était trop tard. Son front avait percuté un peu violemment celui du rouquin, et leurs lèvres étaient scellées. Il ne savait vraiment pas ce qu'il foutait. L'Ecossais ne semblait pas non plus le savoir, en tout cas il ne réagit pas tout de suite, et Gilbert s'écarta maladroitement.
-Ca fait mal… gémit-il.
Il parvint à basculer à genoux, et il plaça sa tête sur l'épaule d'Allistor, frottant son nez dans son cou.
-Scotty… Ca fait mal…
Il eut un vague espoir. Un tuc stupide, qui venait de s'installer dans son esprit. L'espoir qu'Allistor allait régler ça, qu'il allait faire disparaitre cette douleur lui-même, qu'il allait… Le toucher… Mais ça ne se passa pas comme ça. Il fut soudain redressé, remis sur pieds. Dans un premier temps, Gilbert n'en ressentit pas les conséquences. Il se tint là, debout, avant qu'une brusque vague de chaleur ne le fasse sévèrement vaciller. Des sueurs froides lui glacèrent l'échine, et perdu dans ce mélange de température, il sentit la bile monter dans sa gorge. Deux mains fortes et presque violentes lui saisirent les épaules, mais le Prussien était trop occupé à essayer de ne pas vomir pour s'en préoccuper. Sa tête fut brusquement basculée en avant, si bas qu'il dû plier les jambes. Un liquide froid, glacial même, vint soudain frapper sa tête, et il écarquilla les yeux, tombant sur de la céramique blanche et sale. De l'eau s'écoulait de chaque côté de son visage, trempant ses cheveux blancs. Il prit une brusque inspiration. Toute la chaleur de son corps sembla disparaitre au profit d'un violent spasme musculaire suivit d'un frisson qui faillit le renverser. Allistor le retint fermement, l'empêchant du même coup de se relever.
La douleur qui s'était logée dans son bas-ventre disparu, et il se rendit enfin compte d'à quel point ses jambes tremblaient. Si le rouquin ne l'avait pas tenu ainsi, il se serait certainement effondré comme une merde.
-C'est froid… ! glapit-il.
-Je sais, mais ça va te calmer.
Il essaya vaguement de se débattre, mais ses membres semblaient peser des tonnes, et Allistor était trop fort. De violents soubresauts le secouaient désormais. Enfin, l'eau cessa de couler, et le rouquin le redressa doucement.
-T'as pas envie de gerber ?
-Un peu… marmonna l'albinos.
La lumière l'agressait si violemment que les larmes coulaient en masse sur ses joues. Il devait être pathétique. Le brouillard épais qui s'était installé dans son cerveau s'était suffisamment dissipé pour qu'il comprenne où il était. Ce devait être des toilettes, quatre portes en bois d'un noir délavé et couvertes de graffitis se trouvaient en face du lavabo où Allistor venait de lui passer de l'eau sur la tête, et la porte d'entrée était à quelques mètres de lui, entrouverte. Aucune trace du type qui l'avait abordé. Il n'était même pas sûr de se souvenir exactement de sa gueule…
-Tu veux gerber maintenant ou tu tiendras jusqu'à ce qu'on arrive au foyer ?
-Sais pas…
Sa tête se remettait à tourner, mais ce n'était pas vraiment l'alcool cette fois. Surtout la fatigue qui lui tombait dessus sans prévenir. Déjà il pouvait sentit ses paupières se fermer toutes seules. Il aurait pu s'effondrer là et y rester jusqu'au lendemain. Mais l'Ecossais l'avait forcé à se remettre en marche, et il se laissa trainer sans vraiment y mettre du sien. De toute façon, son corps semblait refuser de bouger. La musique lui parvint, ainsi que les cris et les autres bruits indéfinissables qui emplissaient le club. Il y avait trop de monde. Définitivement trop de monde. Le sol se gondolait sévèrement sous ses pieds, et à chaque pas, il s'appuyait un peu plus contre Allistor. Par moment, il recevait un coup de coude involontaire, ou on lui marchait sur les pieds, mais tout ce qui lui importait, c'était de sortir d'ici.
L'air frais lui fit un bien fou, et il n'eut qu'un pâle frisson lorsque quelques gouttes de pluie s'écrasèrent dans sa nuque et glissèrent sous son t'shirt. Il sentait qu'on le trainait vers Dieu savait où, mais il s'en foutait. C'était Allistor, il ne risquait rien. Quelque part au fond de lui, il savait qu'il venait de faire une énorme connerie. Il savait aussi qu'il allait regretter toute cette merde dès le lendemain, Francis et Antonio allaient lui passer un sacré savon, et Allistor allait peut-être lui faire la gueule pendant des semaines.
Et pourtant, il savait que dès qu'il pourrait, il recommencerait.
