Auteur : Ruth Dedallime
Disclaimer : Harry Potter à Rowling, pas à moi.
Rating : K
Ecrit dans le cadre de la 30e nuit d'écriture du FoF, thème "Consommation". (574 mots)
Maraudes professorales
Samedi soir. Juste minuit. Tout est calme. Après la débauche de vivres, de jus de citrouille et de cris de joie qui a empli la tour de Gryffindor, après leur dernière victoire contre l'équipe de Quidditch de Slytherin, je peux enfin jouir d'un peu de paix. Un peu de paix certes, mais il me manque le principal pour me détendre totalement. Je pourrais bien entendu appeler un elfe de maison, mais je répugne à les déranger à cette heure. Allons aux cuisines. Il y en a toujours un ou deux éveillés en quête d'une petite course à faire.
Je ferme soigneusement ma porte et fait un signe de reconnaissance au tableau qui garde mes appartements. J'arpente les couloirs en direction des cuisines. Je veux saluer deux-trois tableaux au passage, mais leurs occupants se comportent étrangement ce soir... Pourquoi donc marmonnent-ils ainsi sur mon passage ? Hmmm... Ils ont probablement vu un élève en maraude. Je veux questionner la demoiselle à l'ombrelle, mais elle disparaît dès que je m'approche. Voilà qui est bien discourtois de sa part !
Haussant les épaules, je poursuis ma route et emprunte le couloir des cuisines. Un bruit soudain me fait me retourner. Serait-ce un Hufflepuff en quête d'un en-cas nocturne ? Il serait grand temps que les Hufflepuffs comprennent que la cuisine d'Hogwarts n'est pas la salle commune de leur maison ! Mais pas un élève ne semble traîner dans le couloir.
Après avoir jeté un long regard inquisiteur, je me détourne pour pénétrer dans les cuisines. Les elfes de maison se précipitent vers moi, mais comme je m'y attendais, ils ne peuvent répondre immédiatement à ma demande. C'est bien ce que je craignais ! Il est difficile de se procurer un si bon produit écossais, même ici, à Hogwarts. C'est sans importance, j'attendrai. Un elfe se hâte et disparait.
Je vais pour m'asseoir sur une chaise, quand un nouveau bruit se fait entendre devant la porte des cuisines. Cette fois, c'en est trop ! Je vais sévir ! J'ouvre la porte d'un geste et agrippe d'une main ferme la première personne à ma portée. Je reconnais aussitôt Albus, avec sur ses talons Flitwick, la large silhouette de Pomona Sprout et celle allongée de Severus Snape. En m'approchant un peu plus, j'aperçois les lunettes de Sybille Trelawney et les robes noirs d'Aurora Sinistra. Cette dernière a un air vaguement coupable. L'air que peut prendre Fred et George Weasley quand ils cachent des Bombabouses dans leurs poches.
« Par Merlin tout puissant ! Que faites-vous donc tous ici ? » m'écrie-je, en prenant le ton que j'utilise avec mes élèves les plus récalcitrants.
« Mais rien, Minerva... Nous... Passions... Voilà, c'est ça. Nous passions juste par ici. » me répond Flitwick avec l'air de ne pas y toucher.
« Albus ? » j'interroge. « Seriez-vous ici en train de m'espionner ? »
« Voyons, Minerva, vous devenez paranoïaque ! Personne ici ne surveille votre consommation de spiritueux. Je veux dire, il n'y a rien de mal à se boire un bon vieux double firewhisky d'Ecosse auprès du feu, le samedi soir... » me sourit gentiment Albus Dumbeldore.
Au même moment, un elfe de maison resurgit dans la cuisine, une bouteille de mon firewhisky préféré dans les mains.
« Il n'empêche. Vous constatez bien que j'ai gagné. Vous me devez deux galéons, directeur, » intervient Snape d'une voix coupante, en tendant une main insistante en direction du vieux sorcier.
