Bon les amis, alors j'ai été victime du syndrome de la page blanche en écrivant ce chapitre, du coup je suis encore une fois désolée pour le retard… Mais il est bien là maintenant et j'espère qu'il vous plaira !
Stockholm Syndrome
Chapitre 34 :
Emilie se réveilla lentement. Elle prit quelques secondes pour réaliser où elle était. Allongée sur le lit, son corps dénudé était seulement couvert par les draps fins. Elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi, mais Vaas n'était plus là. Cependant, la lumière du soleil brillait toujours dehors. Elle resta immobile quelques minutes, fixant le plafond du regard.
Elle se sentait tellement détendue maintenant, comme si elle avait laissé partir tous ses tourments quelques heures plus tôt. Elle rougit légèrement à cette idée. Pour la première fois, elle avait pris le contrôle… et elle s'était sentie tellement bien… Elle ne put s'empêcher d'agripper les draps pour couvrir son visage rougit. Elle avait honte juste en y repensant, mais ça la fit sourire, en quelque sorte. Elle se tourna sur le côté et se roula légèrement en boule.
Lorsqu'elle était sur le point de refermer les yeux, elle aperçut un petit bout de papier qui était posé sur la table de nuit. Ça attira son attention et elle se redressa. Elle fronça les sourcils en remarquant le billet de dix dollars qui était en dessous du papier. Elle les prit dans sa main. Le papier disait « merci pour le repas ». Alors ce billet… c'était pour elle… ? Elle sourit du coin des lèvres. Pour la première fois depuis qu'elle était là, elle avait de l'argent. Enfin, dix dollars ce n'était pas grand-chose, mais quand même, elle se sentait fière.
Elle sauta hors du lit et s'habilla aussi vite que possible. Elle plia le billet et le fourra dans une de ses poches de pantalon. Elle était sur le point de sortir de la chambre quand elle entendit quelqu'un toquer à la porte. Elle l'ouvrit rapidement pour trouver quelqu'un attendant sur le pas. Une petite carrure, des yeux bleu vif, un sourire enfantin c'était Jonnah.
-Hey. Dit-il, la saluant d'un léger mouvement de la main.
-Salut. Répondit-elle avec un sourire.
Il resta silencieux pendant les quelques secondes qui suivirent, tous deux restèrent immobiles. Emilie fronça les sourcils.
-Bon… Commença-t-elle avec hésitation, pourquoi tu es là au fait… ? Demanda-t-elle, sentant un léger embarras.
Il fut comme tiré hors de ses pensées. Il cligna des yeux plusieurs fois comme pour se réveiller et répondit :
-Oh, ouais, euh… Il s'arrêta comme s'il cherchait ses mots.
Emilie attendit. Il semblait avoir oublié la raison de sa présence ici… Ce qui ne la surprendrait pas il était très tête en l'air et oubliait toujours tout. Ça énervait Vaas, mais elle trouvait ça plutôt marrant, en fait.
-Ouais ! Il se souvint. C'est Vaas qui m'envoie, tu dois le rejoindre à l'entrepôt d'armes. Dit-il.
-OK, merci. Dit-elle en acquiesçant.
Il acquiesça à son tour et sourit légèrement avant de partir. Elle sortit alors et ferma la porte derrière elle. Comme elle s'y attendait, l'air était lourd et chaud. Le soleil brillait vivement dans son dos, humidifiant déjà sa peau de sueur. Elle chercha dans ses poches pour attraper un élastique à cheveux pour se faire une couette, la chaleur serait ainsi plus supportable.
Elle commença alors à marcher en direction de l'entrepôt. Sur son chemin, elle se demanda pourquoi Vaas voulait la voir. Peut-être était-ce pour lui parler… de ce qui s'était passé entre eux quelques heures plus tôt, elle préférait cependant que ce ne soit pas le cas, elle était toujours très embarrassée. Ou peut-être était-ce pour lui parler encore une fois de Rose, ce qu'elle ne voulait pas non plus, elle essayait toujours d'oublier…
Emilie continua de marcher, essayant de ne pas trop penser. Elle regardait les quelques pirates qui croisaient sa route. La plupart ne la regardait pas, comme si elle était invisible. Mais elle fut surprise quand ses yeux se fixèrent sur un jeune homme qui lui fit une sorte de sourire. Mais ce n'était pas le genre de sourire tordu qu'elle recevait avant, c'était une sorte de salut, ou de reconnaissance. Elle ne pouvait pas vraiment le décrire, en fait, mais ça la surprit. Elle ne savait pas ce qui avait pu changer la vision que les pirates avaient d'elle, mais honnêtement elle s'en fichait, elle se sentait désormais un peu plus à l'aise parmi eux…
Elle arriva rapidement à l'entrepôt où elle trouva Vaas en train de parler à Juan. Ce dernier la vit approcher et fit un mouvement de tête dans sa direction pour faire savoir à Vaas qu'elle était là. Il s'arrêta de lui parler et se tourna vers Emilie. Juan s'éloigna, elle essaya de le saluer mais il ne répondit pas à son geste.
-Buenas tardes, Querida !
Elle ramena son regard sur Vaas quand il lui parla. Il s'approcha d'elle avec un large sourire. Lorsqu'il fût si près qu'elle pouvait respirer son odeur, il continua :
-Bien dormi ? Demanda-t-il avec un ton joueur.
Elle acquiesça simplement en réponse. Il se pencha alors vers elle pour chuchoter à son oreille :
-Tu étais épuisée après ta petite chevauchée, hein ? Demanda-t-il avec un sourire du coin des lèvres.
Elle sentit ses joues devenir pourpre à cette pensée. Elle gratta l'arrière de sa nuque avec embarras, regardant le sol. Il ricana et fit un pas en arrière.
-Bon Querida, commença-t-il en tapant des mains, je viens juste d'avoir une idée brillante… Il pointa sa tête du doigt en souriant.
Il attendit qu'elle demande « qu'elle idée ». Elle ne répondit d'abord pas, mais céda à son petit jeu :
-Qui est… ? Demanda-t-elle, levant les yeux au ciel.
-Tu vas travailler pour moi ! Affirma-t-il, écartant les bras avec enthousiasme.
Elle fronça les sourcils.
-Je sais… On en a déjà parlé… Répondit-elle avec scepticisme.
Il se rendit à son côté en un rapide mouvement et reposa son bras droit sur ses épaules.
-Non non non, je veux dire : en tant que pirate… Tu vas travailler pour moi comme l'un des leurs, tu vois…
Elle croisa les bras et le regarda. Malgré son ton joueur et son sourire enfantin, il était sérieux. Elle inspira.
-D'accord… Soupira-t-elle, l'idée l'effrayait un peu, en fait. Et, qu'est-ce qu'ils font comme… « travail » ? Demanda-t-elle.
-Euh, je sais pas… Ils suivent mes ordres, tu vois. Répondit-il.
-D'accord… Elle soupira une nouvelle fois, elle supposait que ce ne serait pas un travail trop dur. Quand est-ce que je commence ? Demanda-t-elle avec ce qu'elle crut être une once d'enthousiasme dans sa voix.
-Bah, ouais… c'est ça le problème en fait. Répondit-il.
Il se sépara d'elle pour lui faire face, elle sentit que la conversation devenait sérieuse.
-Si tu vas être un de mes hommes, tu vas devoir être entraînée. Dit-il.
« Entraînée », ce mot ne lui plaisait pas du tout. Elle essaya de ne pas paniquer et d'écouter ce qu'il avait à dire.
-Du coup j'ai besoin de savoir dans combien de temps tu seras capable de bouger, courir… ou peu importe… Tu sais, par rapport à… ta blessure… Il montra du doigt son ventre.
-Ouais, répondit-elle en inspirant, et ben je peux demander à Agnes, elle doit sûrement savoir ça… Dit-elle en acquiesçant.
-T'as qu'à faire ça. Dit-il avant de se retourner pour pénétrer plus avant dans l'entrepôt.
Elle se souvint soudainement de quelque chose.
-Oh, au fait, interpella-t-elle alors qu'il se retournait, où est-ce que euh… où est-ce que je peux acheter de l'herbe… ? Demanda-t-elle, un peu gênée.
Il sourit du coin des lèvres et pointa une direction aléatoire.
-Va voir Bob, c'est un de mes gars, c'est lui qui vend la weed par ici. Répondit-il.
Elle laissa échapper un vague « OK » et partit. Prochaine destination : l'infirmerie.
Agnes était en train de s'occuper de quelqu'un lorsqu'Emilie entra dans le petit bâtiment. Elle pénétra à l'intérieur, ferma la porte et attendit. Quand Agnes eut fini de prélever du sang dans le bras de l'homme avec une aiguille, elle lui dit rapidement d'attendre et de rester assis avant de se tourner vers Emilie et de la saluer.
-Salut, comment ça va ? Demanda-t-elle avec un sourire chaleureux.
-Bien, merci. Répondit Emilie en lui rendant son sourire.
Les deux jeunes femmes s'approchèrent de la table sur laquelle était posé un carnet. Agnes s'assit et écrivit quelque chose sur le papier avant de faire de nouveau face à Emilie.
-Alors, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Demanda-t-elle.
-Ben, je voulais savoir dans combien de temps je serais totalement rétablie…
Elle acquiesça et se leva pour aller chercher un autre carnet dans un placard. Elle s'assit à nouveau et feuilleta les pages. Lorsqu'elle trouva la page qu'elle cherchait, elle ouvrit le carnet à cette page. Mais avant qu'elle ne puisse la lire, le pirate qui était toujours assit sur un des lits l'interpella.
Agnes regarda sa montre et se leva, s'excusant auprès d'Emilie. Elle prit quelques médicaments avec elle et se dirigea vers le pirate. Emilie ne chercha pas le pourquoi du comment, ce n'était pas ses affaires.
Elle se contenta de se pencher sur la table pour jeter un rapide coup d'œil au carnet. C'était une sorte de rapport. Elle le lu brièvement. Ses yeux s'arrêtèrent alors sur certains mots.
« Description de la blessure : coupure profonde, plusieurs organes touchés »… ses yeux s'écarquillèrent légèrement elle ne pensait pas que ce soit si grave. « Intervention chirurgicale nécessaire »… un frisson parcouru sa colonne vertébrale, mais elle continua. « Suture externe (5 points), sutures internes de l'intestin grêle… » Elle pouvait à peine croire ce qu'elle lisait, elle avait peur. Un nœud apparu dans sa gorge et ses dents claquèrent à la vue de la dernière ligne… « Ablation de l'ovaire gauche »…
Elle resta bouche bée en s'écroulant sur la chaise. Elle ne comprit d'abord pas, elle était choquée… et paniquée. Comment avait-elle pu subir une putain intervention chirurgicale ? Comment avait-elle pu se faire enlever un PUTAIN d'organe ?! Elle sentit les larmes couler de ses yeux exorbités. Sa main se posa sur le côté gauche de son abdomen. Elle sentait comme un trou sous sa main, il n'y avait rien ici, son estomac se retourna elle se sentait malade. Elle se sentait vide, une partie de son corps avait été retirée. Une PUTAIN de partie de son PUTAIN de corps ! Sa main droite vint couvrir sa bouche pour empêcher un cri strident d'en sortir.
Elle ne pouvait pas le croire. Ce n'était pas possible. Elle ne pouvait pas… Non elle… Elle ne savait plus… Elle sentit deux bras s'enrouler autour d'elle. Elle ne les reconnut pas. Elle fut tirée dans une étreinte chaleureuse, cependant elle ne lui paraissait pas chaleureuse du tout, elle lui paraissait froide et oppressante. Elle fut mise sur pied, ses jambes vacillèrent. Elle approcha un lit lentement, elle ne voyait rien sa vue était brouillée par les larmes. Elle s'allongea sur le matelas froid et se recroquevilla. Un visage entra dans son champ de vision, des mains se posèrent sur son corps, elle essaya de les éloigner comme si elle allait retirer une part d'elle, encore.
Elle ne pouvait pas se calmer, elle avait peur, elle était sous le choc, l'idée trottait toujours dans son esprit, elle ne pouvait pas s'arrêter de pleurer et de gémir, encore et encore. Le visage se rapprocha, elle entendit une voix. Elle était étouffée d'abord, mais elle devint plus claire. C'était une voix douce et chaude, elle l'appelait. Elle appelait son nom. Elle cligna des yeux plusieurs fois pour éclaircir sa vision. C'était Agnes. C'était elle, elle était là, juste là pour la consoler.
Elle la fixa du regard tandis qu'elle calmait ses larmes lentement. Elle s'arrêta de pleurer. Elle tremblait toujours, cependant. Agnes lui sourit chaleureusement, tenant sa main fermement.
-S-s'il te plait… bégaya Emilie, s'il te plait dis-moi… dis-moi que ce n'est pas vrai… Soupira-t-elle.
Le sourire d'Agnes disparut.
-Je suis désolée… Chuchota-t-elle, secouant la tête.
Emilie sentit les larmes monter une nouvelle fois. Mais elle les retint. Elle déglutit pour tenter de défaire le nœud qui s'était formé dans sa gorge.
-Pou-pourquoi… ? Sanglota-t-elle.
-Je suis désolée, Emilie… Répondit Agnes. Je devais le faire…
Les yeux d'Emilie s'écarquillèrent. Une sorte de colère monta en elle quand elle regarda son amie.
-C'est toi qui a fait ça ? Demanda-t-elle en serrant les dents.
-Je n'avais pas le choix, je suis désolée… Il était trop endommagé, il devait être retiré…
Elle en parlait comme si c'était juste un bout de viande, et Emilie détestait ça.
-Tu as pris une partie de mon corps… ? Geignit-elle.
Agnes resserra sa prise autour de ses mains tandis que les larmes commençaient à emplir ses yeux.
-Je suis désolée… Geignit-elle à son tour.
Emilie ne pouvait pas le croire. Elle était absolument terrifiée par l'idée. Elle se sentait dupée. La haine grandissait de plus en plus dans ses entrailles. Mais elle ne pouvait pas laisser la colère et la peur prendre le dessus, pas cette fois… Elle fixa son amie qui était en face d'elle. Elle ne pouvait pas la haïr pour ce qu'elle avait fait. Elle ne pouvait pas la haïr pour lui avoir sauvé la vie, si ? Cette femme était son amie, et elle avait fait ce qu'elle avait à faire.
Emilie ne pouvait pas faire disparaitre la sensation de vide dans son ventre, mais elle comprenait… Elle comprenait enfin que c'était nécessaire… Elle se redressa légèrement et libéra ses mains de l'étreinte d'Agnes pour venir serrer ses bras autour d'elle. Agnes laissa une larme couler le long de sa joue alors qu'elle répondit à cette chaude embrassade. Il n'y avait aucune colère… seulement de la gratitude et de l'amour.
-Je suis tellement-tellement désolée… Dit Agnes. Je sais ce que tu ressens…
-C'est bon… Répondit Emilie, hochant la tête comme pour se convaincre aussi elle-même. Je vais bien maintenant… Chuchota-t-elle.
Elles se séparèrent lentement. Les larmes arrêtèrent de couler, leurs corps arrêtèrent de trembler. La pièce était à nouveau silencieuse.
Emilie s'allongea de nouveau sur le lit, tenant la main d'Agnes alors qu'elle s'asseyait sur une chaise à côté du lit. Elles se fixèrent du regard pendant un long moment. Elles sentaient comme un lien fort qui les attachait l'une à l'autre. Les lèvres d'Agnes se courbaient en un léger sourire amical, comme elles le faisaient toujours. Le pouce d'Emilie caressait doucement sa main. Tout resta silencieux pendant plus d'une dizaine de minutes. Agnes parla alors.
-Tu es prête à en parler… ? Demanda-t-elle doucement.
Emilie acquiesça et laissa échapper un vague « oui ». Agnes lâcha alors sa main pour prendre le cahier qui était toujours sur la table derrière elle. Elle lut la page rapidement et regarda à nouveau en direction d'Emilie, commençant :
-Alors, si ta blessure guérit bien, tu devras attendre une semaine avant d'enlever les points de suture, et puis une autre semaine avant de pouvoir bouger correctement et sans risque… Affirma-t-elle.
Emilie acquiesça, signalant qu'elle avait compris.
-Maintenant, je dois juste jeter un coup d'œil à la blessure, si tu permets…
Emilie hocha une nouvelle fois la tête, laissant Agnes tirer légèrement son t-shirt vers le haut pour laisser paraitre la blessure presque guérie. Elle semblait en effet avoir bien cicatrisé. C'était bien. Agnes la laissa savoir qu'elle pourrait marcher, courir et bouger normalement d'ici deux semaines, ce qui était tout aussi bien.
-Merci. Dit Emilie.
Agnes lui répondit avec un sourire.
-Et, pour… Emilie commença, hésitante. Tu sais le… Elle ne savait pas comment le dire, « l'ablation »… ? Demanda-t-elle finalement.
Malgré le manque de mots, Agnes compris ce qu'elle voulait dire et répondit immédiatement.
-Il n'y a pas de risque pour ta vie, si c'est ce que tu veux savoir. Ça ne va pas non plus affecter ta fertilité, tu pourras toujours avoir des enfants…
Emilie acquiesça et se leva. Agnes la raccompagna à la porte avant de l'ouvrir. Alors qu'Emilie sortit, elle ne put s'empêcher de demander encore une fois :
-Tu es sûre que ça va ?
-Oui. Ouais, ça va, ne t'inquiète pas. Assura-t-elle, hochant la tête.
« J'ai juste besoin de fumer un peu… » Pensa-t-elle immédiatement, se retournant pour partir. En parlant de fumer… elle devait trouver ce « Bob ».
Alors qu'elle déambulait dans les allées, elle pensa à ce qu'Agnes avait dit, à propos des enfants… Elle n'y avait jamais vraiment pensé, bien sûr, elle était trop jeune pour avoir des enfants. Mais qu'en serait-il plus tard, et si elle voulait des enfants plus tard… ? Elle ne s'imaginait pas quitter l'île, plus maintenant… Sa vie était là maintenant, elle ne pouvait pas quitter Vaas. Mais ce lieu n'était sûrement pas approprié pour y élever un enfant, et Vaas ne voudrait sûrement jamais avoir d'enfant… Maintenant qu'elle y pensait, ça la rendait un peu triste. Même si elle ne voulait pas être mère pour l'instant, elle savait qu'elle voudrait avoir un enfant un jour ou l'autre… Elle soupira et laissa cette pensée de côté, elle ne pouvait pas y penser maintenant…
Maintenant elle devait trouver l'homme dont avait parlé Vaas. Le truc, c'est qu'elle n'avait pas la moindre idée d'où il pouvait se trouver. Quand elle leva les yeux pour regarder autour d'elle, elle remarqua le jeune homme qui l'avait saluée plus tôt. Il était assis sur une pile de caisses en bois, en train de nettoyer une arme et de parler à deux autres hommes. Une idée lui vint alors à l'esprit, il pouvait l'aider il semblait sympathique…
Elle s'approcha lentement, espérant qu'il ait une réponse à sa question. Même si elle avait un peu peur de parler à un pirate qu'elle ne connaissait pas, elle prit son courage à deux mains et lui fit face. Elle attira son attention :
-Euh, excuse-moi…
Il tourna la tête pour la regarder. Il parla alors :
-Salut, j'peux faire quelque chose pour toi ? Demanda-t-il.
Elle fut surprise de constater qu'il était, en effet, très gentil. Ça la rassura quelque peu. En plus, non seulement il était gentil, mais quand elle le regarda de plus près, elle le trouva en fait plutôt attirant… Il avait l'air d'avoir environ vingt-cinq ans, sa peau claire était légèrement bronzée et faisait ressortir le gris profond de ses yeux. Et sa bouche… oh seigneur, ces lèvres… des lèvres charnues, pulpeuses et roses qu'elle n'avait jamais vu sur aucun homme… Et son air espiègle le faisait presque ressembler à… un ange.
Elle revint vite à la réalité, de peur de paraître stupide. Elle tenta d'organiser ses mots pour lui répondre. Elle se sentit très gênée quand elle remarqua que les deux autres hommes la fixaient du regard. Elle porta son regard sur le jeune homme qui se trouvait en face d'elle, parlant enfin :
-En fait… euh, je cherche un homme… appelé Bob… Dit-elle avec hésitation. Tu sais où je peux le trouver ?
Ses lèvres se courbèrent en un sourire malicieux alors qu'il répondit :
-Eh bien il est juste là, en face de toi, darling… Affirma-t-il en faisant un geste en sa propre direction.
-Oh… Dit-elle simplement, remarquant pour la première fois son accent britannique qui, soit dit en passant, était terriblement sexy.
-Alors, qu'est-ce que je peux faire pour la jolie colombe… ? Demanda-t-il avec un petit sourire.
Elle se sentit rougir devant le compliment.
-Eh bien, on m'a dit que tu vendais de l'herbe… Dit-elle.
Il se leva alors et posa la kalachnikov qu'il tenait sur la caisse en bois.
-C'est vrai. Répondit-il avec un ton plus sérieux. Je suppose que tu veux m'en acheter quelques grammes, c'est ça ? Demanda-t-il.
Elle acquiesça simplement et il commença à marcher lentement.
-Viens avec moi, je préfère avoir une conversation seul à seul. Dit-il, posant une main dans son dos comme pour l'inciter à le suivre.
Son mouvement la surprit quelque peu et amena un sourire narquois sur les lèvres des deux autres pirates. Un des deux les siffla en blaguant :
-Bob ! J'croyais que t'en pinçait plus pour les gonzes…
Il souligna avec moquerie un faux accent britannique. Bob tourna la tête pour regarder l'homme derrière lui.
-J't'emmerde, branleur ! Répondit-il en riant.
Il éloigna sa main d'elle alors qu'ils commençaient à déambuler dans les allées. Il tourna la tête pour la regarder. Elle le regardait aussi mais, à ce moment-là, elle ne pouvait que penser à ce que l'homme venait de dire… « Gonzes » ? Elle était absolument sûre de la signification de ce mot… « Hommes ». La réalisation la frappa comme un éclair il est gay. Enfin, à en croire l'affirmation de l'autre homme, qui semblait bien vraie…
-T'es gay… ? Demanda-t-elle soudainement, le prenant au dépourvu.
Ses yeux s'écarquillèrent à cette question. Quand elle réalisa son impolitesse, elle baissa la tête avec honte. Il resta silencieux quelques secondes avant d'éclater de rire.
-Ouais, je le suis. Répondit-il, toujours en riant. C'est un problème pour toi… ? Demanda-t-il avec un ton plus sérieux et les sourcils froncés.
-Non ! Répondit-elle immédiatement. Absolument pas ! C'est juste que… Je suis surprise… Avoua-t-elle.
« Et vraiment déçue… » Pensa-t-elle, même si elle ne le dirait jamais…
Il rit légèrement.
-Ouais, enfin bref… Il changea de sujet, c'est la première fois que t'achètes de la drogue, hein ? Demanda-t-il avec un sourire narquois.
-Euh… ouais, en fait… Répondit-elle, rougissant légèrement avec embarras.
-Tu étais plutôt paniquée au début… Dit-il avec un autre rire.
-Ouais, j'avais un peu la trouille en fait… Répondit-elle en croisant les bras. Les pirates ne m'avaient pas l'air très sympathiques au début, alors… Elle laissa sa phrase en suspens.
Il sourit légèrement.
-Ben, on n'aime pas vraiment les étrangers… Dit-il. Mais c'est qu'une question d'habitude, tu sais, et toi, on commence à bien t'aimer... Avoua-t-il.
Elle sourit à son tour.
-C'est bien, je suppose… Dit-elle.
-Bref, combien de grammes tu veux, déjà ? Demanda-t-il en s'arrêtant de marcher.
-Oh, euh… Je sais pas… Dit-elle en sortant le billet de dix dollars de sa poche. Combien tu peux m'en vendre pour dix dollars ? Demanda-t-elle.
-Un gramme. Répondit-il immédiatement.
Elle fronça les sourcils, ça lui semblait peu…
-Ça fait deux joints, en fait. Dit-il en voyant son visage plein de doute.
-Oh. OK… Dit-elle en le voyant sortir un petit sac en plastique d'une trousse accrochée dans son dos à sa ceinture.
Il lui tendit le petit sac. Il contenait deux joints déjà roulés.
-Je suppose que tu n'es pas habituée à les faire toi-même, alors… Dit-il en lui donnant le sac.
Elle le prit et lui donna l'argent.
-Merci. Dit-elle simplement en le rangeant dans sa poche.
-Quand tu veux, darling. Répondit-il en la voyant rougir à ce surnom. Ta-ta. Lança-t-il en commençant à s'éloigner.
-A plus. Répondit-elle.
Alors qu'elle le voyait partir, une sensation de grande fierté l'envahit. Encore une fois, c'était un peu stupide, mais elle se sentait fière d'avoir acheté sa propre drogue, avec son propre argent, juste comme Vaas le lui avait dit.
Elle sourit en retournant à la chambre pour fumer ce joint bien mérité.
Alors, avant que vous ne partiez, je voudrais vous parler de quelque chose… En effet, je me suis inspiré du rôle de Tom Hardy dans le film Rocknrolla pour faire le personnage de Bob. Ouais, en fait j'ai juste pris (sans me gêner j'avoue) le perso du film et je l'ai mis dans ma fanfiction, donc techniquement ce personnage ne m'appartient pas.
Par ailleurs, j'ai réfléchi un long moment sur le fait de l'ajouter à l'histoire ou non, car j'avais peur de comment ça serait reçu pas vous, mes lecteurs. Mais j'ai finalement décidé de prendre le risque et d'ajouter ce merveilleux personnage à l'histoire. Pas seulement parce que c'est un personnage très intéressant, mais aussi parce qu'il est vraiment vraiment VRAIMENT beau mec ! (En fait c'est pour ça qu'il s'appelle « Bob 'Gueule d'ange' »… LOL). Alors je vous laisse chercher une photo sur internet pour vous faire une idée de ce à quoi il ressemble, pour ceux qui ne connaissent pas Tom Hardy (qui est, d'ailleurs, un très bon acteur).
Enfin bref, si vous ne l'aimez pas ou si vous trouver qu'il ne convient pas à l'univers de Far Cry 3, faites-le moi savoir et je ferais de mon mieux pour y remédier (en supprimant le personnage ou quelque chose du genre…). Et si vous l'aimez bien, n'hésitez pas à me le dire dans les reviews !
Alors un grand merci pour votre attention, j'espère que vous aurez apprécié ce chapitre et je vous dis à la prochaine !
Badi-otaku.
