oh làlà désolée d'avoir mis tant de temps poster la suite mais petit souci de santé, de famille et tout le reste ...mais me revoilà et merci encore de me suivre. allez tite suite ...

CHAPITRE 35

Aaron, comme à son habitude, rangea silencieusement les dossiers sur lesquels il travaillait, attendit quelques secondes avant de relever son regard sur Spencer puis lui fit signe de s'installer à une chaise face à lui. Il n'avait pas été étonné de voir le visage de son jeune agent dans l'embrasure de la porte. Il le savait…il savait que Spencer serait venu le voir à un moment ou à un autre.

Il observa ce grand garçon presque trop maigre, presque trop efféminé pour un agent du FBI, s'installer un peu maladroitement à la chaise qu'il lui avait désigné, dans un silence quasi religieux. Il avait enfilé une sorte de gilet en laine trop long dont les manches recouvraient presque intégralement ses mains. Pas qu'il se soit habitué au goût vestimentaire vieillissant de son jeune ami, mais cette manière de se cacher sous ce vêtement correspondait totalement au caractère discret et solitaire du jeune garçon.

Il refreina une envie de lui sourire affectueusement. Il se devait de rester le plus professionnel avec chacun de ses hommes, notamment dans la situation dans laquelle Spencer s'était mise. Il regrettait de ne pas avoir cette capacité qu'avait Jason Gideon pour tout relativiser et mettre à plat d'un simple regard. Et pourtant tout lui semblait si simple avec Spencer, il savait qu'il n'aurait pas à devoir jouer des coudes avec lui pour obtenir ce qu'il avait besoin, il savait aussi qu'il n'aurait pas besoin d'user de sa prestance de patron pour lui montrer son mécontentement…

Il l'observa repousser ses mèches de cheveux derrière ses oreilles, signe très distinctif chez lui d'une anxiété profonde qu'il tentait de maitriser de cette manière puis il jeta un coup d'œil rapide à ses mains posées sur la table. Il eut un léger sourire en se rendant compte à quel point le génie de son équipe ressemblait encore à un jeune étudiant attentionné qui attendait d'être interrogé par un professeur intransigeant. Il leva enfin les yeux sur le visage de son subordonné et leurs regards se plongèrent l'un dans l'autre.

Spencer Reid n'eut pas besoin de sonder plus longtemps le regard sombre de son patron pour comprendre qu'il allait devoir commencer à ouvrir la conversation. Il se sentait nerveux, terriblement nerveux, la boule à l'estomac qu'il ressentait se refusait désormais à le quitter. Il tira de nouveau sur ses manches de gilet et soupira. Ce qu'il aurait aimé juste une fois avec la force de caractère de Morgan…ce dernier semblait ne jamais appréhender des situations délicates…notamment celle de se retrouver ainsi face et esseulé devant le grand Aaron Hotchner.

Il n'avait pas peur de Hotchner, loin de là mais il éprouvait pour son patron et ami une telle admiration qu' il savait déjà que ses mots, ses révélations allaient certainement le décevoir profondément. Bien sur qu'il se doutait déjà qu'Hotchner avait compris l'essentiel de la situation…ils n'étaient pas tous les deux profiler pour rien…ironie de la situation d'ailleurs…Le profiler profilé en quelque sorte.

Spencer inspira profondément, ferma les yeux quelques secondes pour être certain qu'il allait réussir à tout déballer sans flancher puis reposa son regard déterminé sur Aaron. Il ne savait pas mentir, il n'avait jamais su le faire…sa mère lui avait toujours appris à respecter la vérité, à garder en toute circonstance une âme pure et sincère…il l'avait déjà suffisamment perverti cette âme en s'injectant ce poison mortelle dans les veines, en se refusant à laisser la vérité lui ouvrir les yeux…il se devait au moins d'être sincère sur un point avec l'homme qui tenait lieu désormais dans son cœur désormais de père de substitution, de mentor…

Enfin sincère au moins que le sujet qui l'avait décidé à venir justifier à Aaron Hotchner.

Il regretta que ce ne soit pas Jason qui soit là face à lui. Tout aurait été plus simple pour lui, pour se confier, pour lui parler de ses peurs, de ses angoisses, de ses doutes et de ses erreurs. Il savait qu'il ne confierait rien de tel à Aaron, pas encore du moins…mais il se devait de lui expliquer le pourquoi de son geste désespéré…

Comme mu par un élan de courage, jeune homme se leva raide comme un piquet, et attrapa ses deux mains serrées l'une contre l'autre.

Il inspira profondément. Tout allait aller très vite désormais, tout…c'en était bien mieux ainsi…Il voyait bien que Hocher le regardait avec suspicion. Il devait le détester pour avoir osé enfreindre les règles sinon pourquoi le regarder avec autant d'incompréhension…Spencer détestait qu'on le dévisage ainsi, qu'on lui fasse sentir à quel point malgré ses 1m85 il se sentait si petit….si vulnérable, si honteux, si coupable…

Hotchner fronça les sourcils. Il se sentait coupable, coupable de n'avoir pas vu plus tôt la dégradation physique et mentale de son agent le plus brillant. Une descente en enfer qu'il avait refusé d'imaginer chez un génie tel que Spencer…il l'observa avec suspicion. Spencer flottait presque dans ses vêtements. Il avait maigri, encore…son visage semblait creusé, son regard maintenait difficilement un point fixe, ses membres tremblaient légèrement…. Le garçon semblait affaibli autant physiquement que moralement. Il aurait du être de son rôle de prendre les choses en mains plus rapidement. Il s'était voilé la face, comme tous…

Spencer sentait bien que son patron était en pleine réflexion. Son visage était tendu, son regard fixe et songeur. Il avait tout de suite remarqué le regard de son ami se balader sur son corps. Il détestait se sentir si vulnérable ainsi devant un autre. Il se tassa un peu sur lui même comme pour se protéger de ce regard qui voulait le mettre à nu et soupira. Que pouvait il voir à part un être incapable de vivre heureux sans sa dose de came journalière…En était-il arrivé à cela, à ce que son propre patron puisse peut être penser une telle chose. Non, il pouvait encore se battre et tout commencerait par le rétablissement de la vérité sur ses actes…

Hotchner sentit qu'il mettait Spencer mal à l'aise. Il se leva, prit une tasse de café chaud, qu'il sucra à abondance la posa sur la table près de Spencer, puis repartit s'assoir en faisant signe à son jeune collègue de commencer.

Autant battre le fer lorsqu'il était chaud…Spencer toussota un peu pour se donner de la contenance mais le vibrato qui débuta sa phrase était trop aigu, trop faible pour laisser supposer qu'il était en pleine confiance.

«Danny,…Martin….Garcia…enfin…je sais que ca va vous paraître incompréhensible, voir totalement inimaginable venant de moi, mais…. Je...je suis…je suis responsable de…de tout ce qui a pu se passer dans cette salle. Je…je sais que Danny, Martin et Garcia ont …euh…souhaité me protéger en inventant une histoire, à laquelle je me doute vous n'avez pas cru…Il n'y pas eu de nettoyage d'arme, ou de choses dans ce genre…vous et moi savez bien que j'en suis incapable d'ailleurs de démonter cette arme seule alors allez imaginer la nettoyer dans les toilettes…enfin vous savez… je ne suis pas doué avec ce genre d'outil»

Hotchner releva les sourcils pour tout signe d'attention puis le pria de continuer. Sa voix se voulait volontairement neutre pour ne pas lui laisser deviner ses sentiments.

«Reid viens en aux faits… »

Spencer sentait que sa voix était très faible, trop enfantine, il s'en voulait de ne pas réussir à fixer Hotchner dans les yeux et lui dire bien face à face comme le ferait un homme. Il se dandina péniblement d'un pied sur l'autre puis lui conta sans détour l'épisode tragique qui avait eu lieu dans les toilettes.

« je sais que l'inspection du travail va me poser des tas de questions après le rapport que vous allez faire sur ma faute mais j'aimerai sincèrement que vous ne condamniez pas mes amis pour le mensonge qu'ils ont voulu monter pour me protéger…vous savez personne n'avait jamais fait un truc pareil pour moi…je me sens redevable envers leur loyauté et je n'aimerai pas qu'ils se trouvent impliquer dans mes erreurs… »

« Quoiqu'il en soit, ils y sont impliqués ne serait ce que par le fait que ton arme a blessé l'un d'eux… »

Spencer sentit son cœur se serrer en songeant à la tournure qu'aurait pu prendre les évènements. Et si Martin avait été tué…et si…il tenta de cacher les larmes qui commençaient à monter à ses yeux et baissa son regard au sol. Hotchner resta silencieux de longues secondes puis releva ensuite son sombre regard sur Spencer.

« et pour quelle raison obscure en es tu arrivé à sortir cette arme ? »

« Je…je…n'étais pas vraiment moi-même, j'ai…je… »

Il n'y arrivait pas, il ne pouvait pas décemment lui envoyer en plein visage que l'agent que tout le monde croyait si innocent, si propre, si dénué de tous défauts puisse se piquer les veines comme un vulgaire toxicomane…

« Assieds toi, Spencer »

Spencer ? jamais Hotch ne l'avait appelé par son prénom. Il jeta un coup d'œil furtif à son patron. Celui ci ne semblait pas en colère, loin de là, …

«Estimes toi heureux d'avoir des collègues comme Martin et Danny qui ne porteront pas plainte contre l'agression dont ils ont été malheureusement les victimes…je ne compte pas faire de rapport contre toi… je veux juste me rendre compte que je peux encore compter sur toi sur cette affaire…que tu ne risques pas de refaire les mêmes erreurs dans quelques jours, voir quelques heures, tu comprends ?»

Spencer murmura un oui presque inaudible.

« tu sais que tu aurais pu causer un véritable drame, que tu aurais pu foutre ta carrière, ta vie et celle de ces agents en l'air par ton comportement absurde … tu sais aussi qu'en tant qu'ami j'aurai toujours cette porte ouverte pour toi, si tu as besoin de confier certains choses intimes, certaines choses qui t'empêchent d'être le Spencer combatif et époustouflant que tu as su toujours nous montrer ….…tu le sais…»

« Oui , je…je sais»

Le pauvre Spencer sentait de nouveau sa voix se craqueler. Affronter Hotchner était une chose mais l'écouter lui dire cela avec tendresse était très compliquée à concevoir. Il ne le jugeait pas, ne lui posait pas plus de questions…comme si..comme si quelqu'un était déjà venu lui expliquer certaines choses. Il soupira. Danny….

Hotchner passa nerveusement sa main sur ses yeux. Ce qu'il allait faire, il n'aurait jamais pensé devoir le faire envers son plus jeune agent.

« voilà ce que je peux essayer de faire ne tant qu'ami, te conseiller, t'aider et te soutenir si tu en ressents le besoin, mais Maintenant en tant que supérieur hiérarchique, je vais te demander de poser ton arme et ta plaque sur cette table. Je vais te suspendre de tes fonctions jusqu'a ce que j'estime que tu sois capable de regagner ma confiance et que tu sois capable de garder une attitude digne des membres de mon équipe… »

Spencer sentit son cœur se figer, se briser en mille morceaux. Il n'avait que ce boulot désormais pour le maintenir à la surface et Hotchner lui retirait cela….il aurait pu le supplier, à genou même, pleurer, réclamer l'indulgence de son patron, de ne pas faire cela mais les mots ne sortirent pas. Il s'assit en silence, posa sa plaque et sortit son arme de son sac. La sanction était méritée, il s'en était douté dès le début, Aaron n'était pas le genre à laisser une situation de cette sorte sans justice.

« Néanmoins, Je ne compte pas t'exclure de cette enquête. Tu vas rester ici et m'étudier les dossiers, je veux que tu te concentres sur chaque détail qui pourrait nous apprendre plus sur notre tueur. Je t'appellerais dans une heure pour que tu me donnes des résultats probants. Je te mets à l'épreuve, spencer, ne me déçois pas… »

Sans un autre mot, laissant Spencer titalemen absourdi et dans l'incompréhension totale, Aaron se leva, posa une pile de dossier vers le jeune garçon et commença à sortir de la pièce.

« Ah au fait Spencer ? »

« Oui ? euh…oui, Monsieur ? »

« 3256 x 856 ? »

Machinalement comme si son cerveau répondait à un stimulii , Spencer répondit en quelques secones.

« 2787186 »

« le Pib de L'inde ? » »

Sans aucune hésitaiton, le génie répondit

« En 2007, l'Inde était la 12ème économie mondiale en dollars courants avec un Produit intérieur brut (PIB) de 1 171 Mds USD soit 2,15% du PIB mondial …»

« Reid, c'est ce garçon là que je veux retrouver… »

« Oui, je vais essayer, je ...je vais..essayer »

« Ah au fait une dernière question sur laquelle je veux que tu ne me répondes pas tout de suite mais que tu réfléchisses avec sérieux… »

Reid attendit avec toute l'attention qu'il pouvait porter à ce genre de questionnaire mais resta figé d'effroi quand iil entedit les paroles de son patron.

« es tu capable de me donner les effets secondaires d'un prise de dilaudid par excès ? »

Reid resta la bouche mi ouverte. Aucun son ne sortit. Il sentit sa gore se serrer et ses paumes de mains devenir moites. Aaron se retourna alors complément vers lui.

« je te laisse réfléchir et tu m'en dira plus à mon retour. Martin va rester avec toi, il n'est pas en mesure d'aller sur le terrain aujourd'hui. «

Puis il sortit en fermant délicatement la porte derrière lui. Il soupira. Il pensait avoir fait ce qu'il fallait même s'il se détestait de le laisser ainsi, seul face à lui-même. Mais le premier pas devait venir de son agent…il croisa Martin et Danny dans le couloir et leur fit signe d'approcher.

« Et boss, vous n'avez pas vu le gamin ? »

« il est au grenier…pas besoin de me faire cette tête là, il m'a tout raconté…la prochaine fois que vous me racontez un bobard de cette taille, n'oubliez pas que je suis avant tout profiler… »

« On doit applaudir ou vous demandez pardon là ? »

Martin regarda Danny en fronçant les sourcils.

« Que vous a t-il dit au juste ? »'

« que je peux faire confiance en votre intégrité et votre soutien…. »

« wahou, je sens que vous commencez à nous appréciez, n'est ce pas , patron ? »

« On ne va pas en aller jusque là, Taylor ! ….Fitzgerald, vu votre état, je vais vous demander de rester là d'aider Reid dans ses recherches là haut….si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez moi…Taylor, en route ! »

« c'est demandé avec tellement de tendresse….vous lui parler ainsi aussi à votre jeune collègue..comment elle s'appelle…ah oui Prentiss ?»

Hotcher ne répliqua pas et soupira. La demi heure de voiture qu'ils avaient à effectuer pour rejoindre le quartier central allait lui paraitre interminable aux côtés de cet énergumène… Il regarda une dernière fois vers l'escalier et repris on chemin.

« ne vous faites pas de souci pour votre protégé, Martin sait être un grand frère protecteur adorable….bon certes il manque un peu d'expérience en ce qui concerne les conseils sur les femmes, les choses de la vie quotidienne qui vous égaye mais c'est un bon garde fou ! vous…»

« Taylor, c'est bon , j'ai compris… »

« vous me faites penser à mon patron, Jack….il a le même regard quand il perd patience "…»