Chapitre 31 : Promesses
Le lendemain, quand Sirius se réveilla, Remus n'était plus là et le jeune homme eut peur que les événements de la veille ne soit qu'un rêve de son cerveau épuisé. Mais quand il enfouit son visage dans son oreiller, il fut enveloppé de l'odeur de vieux livre et de chocolat de Remus.
Il eut un sourire apaisé et serra le coussin contre son visage, inspirant profondément l'odeur qui lui avait tant manqué durant les mois précédents. Il finit par jeter un coup d'œil à son réveil et sursauta quand il se rendit compte que la journée de cours était terminée et que ses amis ne tarderaient pas à revenir.
Il lâcha un soupir et finit par s'asseoir dans son lit, son oreiller toujours serré contre lui, et tendit la main pour ouvrir les rideaux de son baldaquin.
Un grognement lui échappa quand le soleil arriva jusqu'à ses yeux et il se frotta le visage.
Après un dernier regard plein de regrets à son lit, il se leva et commença à s'habiller, les sens encore engourdis par le sommeil.
C'est ainsi qu'il se retrouva à batailler contre sa cravate, se débattant en grognant, quand Remus entra dans le dortoir pour faire ses devoirs – James et Peter étaient restés dans la salle commune, l'un parce que travailler l'ennuyait, l'autre parce qu'il voulait laisser Remus et Sirius tranquille.
« Sirius ? »
L'autre sursauta, recula de deux pas, cogna son petit orteil(1) contre le pied de son lit et se laissa tomber sur le matelas en grognant.
« Mais qu'est-ce que tu fous ? » demanda le loup-garou, un rire dans la voix.
Le brun lui jeta un regard vexé et marmonna quelque chose.
« Bon, viens ici, t'as l'air d'une poule qui a trouvé un œuf carré. »
« Mais ce n'est pas carré, un œuf ! » répondit l'animagus en fronçant les sourcils – il tentait surtout de se concentrer sur autre chose que les mains bien trop proches de Remus, qui lui nouait sa cravate.
« Bien sûr que non andouille, c'est une expression moldue. Quand on dit ça, c'est pour montrer à quel point tu l'air de ne rien comprendre. Imagine une poule qui a connu des œufs ovales toute sa vie et qui en trouve un cubique. Eh bien tu avais la même tête. »
Sirius se renfrogna et grogna :
« Je ressemble pas à une poule. »
Remus éclata de rire et leva les yeux du nœud qu'il était en train de faire pour rencontrer le regard gris nuageux de son vis-à-vis. Celui-ci semblait perdu, clignant des paupières, et le préfet s'éloigna d'un pas, comme s'il s'était brûlé. Il ne vit pas le regard triste de Sirius et lâcha la cravate.
L'autre eut un semblant de sourire et le remercia avant de sortir du dortoir, les épaules basses.
S'il devait être honnête avec lui-même, il ne comprenait plus ce qu'il se passait.
Pourquoi Remus se comportait-il comme si rien ne s'était passé entre eux ? Comme s'ils ne s'étaient jamais aimés, comme si la « Farce », comme ses amis l'avaient surnommée, n'avait jamais eu lieu ?
La voix de James qui l'appelait le tira de ses pensées et il cligna des yeux en se rendant compte qu'il s'était arrêté à côté du canapé sur lequel traînaient le poursuiveur et le dernier de leur groupe.
« Ça va mon vieux ? » s'enquit le premier et Sirius hocha la tête en s'asseyant et attrapant une chocogrenouille.
« On a cru que t'allais jamais te réveiller, ça fait presque vingt-quatre heures que tu dors ! » s'exclama Peter et Sirius lui tira la langue.
« J'avais sommeil. »
Les deux autres se mirent à rire et Sirius ramena ses cheveux en arrière avant de s'étirer.
« T'as quoi au poignet ? » demanda James, désignant le bandage blanc. Son ami ramena son bras face à lui et eut un très léger sourire.
« Tu te souviens quand je me suis battu avec Lestrange ? » demanda-t-il en bénissant pour la première fois la « guerre » entre leurs deux maisons et leurs incessantes querelles.
James hocha la tête en grimaçant légèrement.
« Il est tordu ? »
Sirius acquiesça et, alors qu'il allait dire quelque chose, Remus les rejoignit en se frottant le visage, l'air agacé – ils découvrirent plus tard qu'il n'avait pas réussi son devoir de Divination correctement.
Les Maraudeurs descendirent à la Grande Salle, discutant joyeusement pour détendre leur ami préfet, ignorant royalement le groupe de Serpentard qui se plaça sur leur chemin – malgré James et Sirius, qui n'auraient pas refusé de se battre avec eux.
Plus tard, lorsqu'ils revinrent à la salle commune, Remus se laissa tomber sur le canapé contre le batteur, le serrant contre lui sans un mot sous les regards étonnés de James et Peter.
« Remus ? » appela Sirius, surpris.
Seul un grognement lui répondit et il sentit la prise du loup-garou se raffermir sur lui, comme s'il avait peur de le laisser partir.
Le batteur leva un regard interrogateur sur James, qui secoua la tête, et attrapa un petit morceau de parchemin avant de noter quelques mots à la va-vite et de lui tendre.
Son ami le prit sans un mot et lut rapidement le message de James.
« Pendant les pleines lunes, il était insupportable, je crois que Moony était habitué à ta présence mais que Remus s'interdisait de te parler. Mais maintenant qu'il t'a pardonné, Moony peut retrouver ta présence et il en profite, puisque demain c'est la pleine lune. Enfin, je ne suis pas sûr mais à mon avis, c'est ça. »
Sirius eut un sourire attendri et finit par rendre son étreinte à Remus, qu'il sentit sourire dans son cou.
Les quatre amis restèrent un long moment dans cette position et Sirius serrait Remus tellement fort qu'il avait l'impression qu'ils finiraient par ne plus pouvoir se séparer.
Il finit par fermer les yeux et se mit à prier pour que l'instant dure toujours, pour que la guerre n'existe pas et qu'il ne soit plus jamais séparé de Remus.
Lorsqu'il releva la tête, il se rendit compte qu'ils n'étaient plus que deux dans la pièce et secoua doucement l'épaule de loup-garou.
« Moony, chuchota-t-il, Moony, réveille-toi ! »
Le préfet rouvrit un œil ambré et lâcha un grognement interrogateur.
« Je veux absolument te montrer un truc que j'ai découvert l'année dernière, viens ! » murmura Sirius d'une voix excitée et Remus fronça les sourcils.
« Mais le couvre-feu est passé ! » répondit-il sur le même ton.
« Oh, allez, tu ne me fais pas confiance ? » plaisanta le brun avant de s'interrompre brusquement et de grimacer légèrement.
Quel abruti !
Il sentit Remus s'écarter mais ne dit rien, se contentant de fixer les couvertures sur le canapé. Il n'aurait pas pu, pour une fois, se contenter de ne rien dire ?
Il était sûr qu'après ce qu'il avait fait en février, Remus ne lui accorderait, effectivement, plus aucune confiance.
Lorsqu'il s'osa à relever les yeux, observant le loup-garou entre ses cheveux noirs, il ne vit qu'un visage neutre qui le regardait.
Un mince sourire vint orner les lèvres de Remus, qui tendit une main douce pour écarter les mèches ébène l'empêchant de voir les yeux orageux de Sirius.
Celui-ci lâcha un souffle tremblant et ferma les paupières pour échapper à son regard inquisiteur.
« Qu'est-ce qu'il y a chéri ? » demanda doucement le préfet en français et l'autre eut un sursaut surpris, une question dans les yeux.
« Je sais que tu préfères le français quand tu ne vas pas bien. »
Sirius eut un faible sourire et baissa les yeux.
« Je suis désolé, Moony, je… Je n'aurai jamais dû faire ça et… Merlin, c'est horrible – »
« Sirius, l'interrompit Remus en caressant sa joue, c'est fini, je t'ai pardonné. Tu n'as plus à t'en vouloir. »
Le brun secoua la tête, ses cheveux volants dans tous les sens.
« Mais je t'ai trahi ! » s'exclama-t-il d'une voix tremblante.
« Ça je m'en fous. Tu m'as expliqué, je t'ai pardonné. Je sais que tu mettras du temps à ne plus te sentir coupable mais moi, je veux que tu redeviennes l'étoile qui guide le loup. »
Sirius sentit ses joues chauffer et cacha son visage dans le cou de Remus, qui le serra contre lui.
« C'était horriblement niais, ce que tu viens de dire, Moony, tu en es conscient, pas vrai ? »
Le loup-garou rit et lui tira la langue.
« Dans ce cas, je compte sur toi pour ne le répéter à personne. »
Le brun fit mine de réfléchir et sourit, soulagé.
« Alors en échange, tu dois venir avec moi ! » Les yeux de Sirius avaient perdu leur brume et brillaient maintenant d'une lueur de malice.
Soupirant, le loup-garou se leva avec un sourire accroché aux lèvres et le suivit en courant à travers les couloirs du château. Un rire lui échappa quand Sirius l'embrassa et il le plaqua avec douceur contre un mur, ses mains enfouies dans les mèches noires indisciplinées.
« On va se faire attraper, murmura Remus contre les lèvres de son ami. On ne devrait pas être ici. »
« On s'en fout. » répondit l'animagus sur le même ton. Il attrapa sa main et le tira vers un passage secret qui leur permit de sortir.
Sirius l'entraîna vers la Forêt Interdite en courant et, pour la première fois dans sa vie, Remus n'eut pas peur en se précipitant sous les arbres. Lorsqu'ils s'assirent dans une petite clairière, hors d'haleine, Remus se tourna vers son amant contre lequel il était appuyé, un air interrogateur au visage.
« Regarde… » murmura l'autre en souriant et le loup-garou reporta ses yeux sur les arbres alentours. Il eut un hoquet de stupeur en voyant des milliers de lucioles s'envoler dans les airs et leva la main.
« C'est absolument magnifique… » chuchota-t-il du bout des lèvres en se tournant vers Sirius, bouleversé. Celui-ci hocha simplement la tête, les yeux fixés sur les insectes qui s'envolaient dans la trouée entre les arbres.
Aucune parole ne fut échangée entre eux jusqu'à ce que les lucioles aient toutes disparu. Lorsque l'obscurité fut revenue, Sirius entrelaça ses doigts avec ceux de Remus et posa sa tête contre la sienne.
« Je t'aime, Padfoot. »
« Moi aussi, Moony. »
Ils restèrent un long moment dans cette position puis, quand Sirius se mit à trembler de froid, Remus le força à se lever et le ramena à sa chambre de préfet. Sirius fut tenté de lui demander pourquoi il n'allait pas dans le dortoir mais fut réduit au silence par le regard brûlant que lui jeta le loup-garou.
Le lendemain étant un samedi, les élèves furent autorisés à se rendre à Pré-au-Lard.
James, Peter et Remus avaient déjà enfilés des vêtements moldus, profitant de la chaleur exceptionnelle de la fin du mois d'avril, mais Sirius n'avait pas bougé de son lit, toujours concentré sur la carte et son dessin du parc de l'école.
« Tu viens Padfoot ? » demanda James sur le pas de la porte du dortoir et son meilleur ami secoua la tête.
« Nan, allez-y sans moi. »
Les trois autres levèrent un sourcil surpris mais ne firent aucun commentaire et Sirius sauta sur ses pieds pour se précipiter vers la salle de bain, sa baguette à la main, dès qu'il fut seul.
Lorsqu'il fut face au miroir, il fit apparaître une paire de ciseaux et fixa son reflet dans les yeux avant de saisir une mèche et de la couper.
Je ne suis pas un Black, pensa-t-il et continua son œuvre, coupant sauvagement et regardant les mèches soyeuses tomber au sol peu à peu.
Lorsqu'il eut finit, il sourit sombrement et s'appuya contre le lavabo, les yeux brûlants de larmes.
Il essuya ses joues d'un mouvement rageur et fit un geste, nettoyant le désordre qu'il avait mis dans la petite pièce.
Une fois qu'il eut fini, il regarda à nouveau son reflet dans le miroir et sourit face à ses cheveux coupés au niveau de son menton (2).
Lorsque ses amis revinrent, ils le trouvèrent dans la même position qu'avant leur départ mais poussèrent des exclamations de surprise.
« Mais Sirius, qu'est-ce que t'as fait ?! »
Leur ami se tourna vers eux en souriant de toutes ses dents.
« Vous avez vu ? C'est moi qui les ai coupés. »
« Mais… Pourquoi ? » demanda James, interloqué. Il lui semblait impossible que Sirius ai brusquement décidé de couper ses cheveux sur un coup de tête.
« J'avais envie. » répondit l'autre en haussant les épaules, son sourire se ternissant légèrement.
« Moi j'aime bien… » murmura Remus avec un sourire en coin.
Le maraudeur sauta sur ses pieds et passa un bras sur ses épaules.
« Ah ! Merci Moony, je me sens soutenu ! » s'exclama-t-il, profitant de la chaleur que dégageait son ami – il avait souvent terriblement froid depuis la rentrée des vacances de Noël.
Il relâcha le loup-garou mais resta près de lui et les Maraudeurs se penchèrent sur la carte, presque complète, en attendant de partir à la Cabane Hurlante.
Au bout d'un moment, remarquant que Sirius était pâle et retenait une grimace de douleur, Remus se leva et fit mine de chercher quelque chose.
« Mince ! J'ai laissé mon livre à la bibliothèque ! »
Sirius se leva à son tour et le loup-garou vit passer dans ses yeux une lueur de soulagement.
« Tu veux que je t'accompagne ? » proposa le brun et son amant hocha la tête.
Ils sortirent rapidement du dortoir et une fois dans un couloir vide, Remus attrapa doucement le bras de Sirius, qui sembla s'affaisser contre lui.
« Ça me brûle… » gémit-il et Remus sentit l'inquiétude l'envahir.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? »
La voix du loup-garou était douce et il sentit Sirius trembler contre lui, accroché à son sweat comme un naufragé à sa planche. Il referma ses bras autour de lui et le berça avec douceur, l'accompagnant au sol quand ses jambes ne purent plus le supporter tant il tremblait.
Sirius finit par se calmer mais il ne bougea pas, des traces de larmes sur les joues.
« Je veux pas… Remus, je veux pas y aller… »
Sa voix était faible et le loup-garou comprit alors ce qu'il venait de se passer – l'appel des troupes de Voldemort pour une nouvelle attaque et de nouveaux morts.
Inquiet, il se releva et aida le brun à faire de même, ne faisant pas de commentaires sur les tremblements qui agitaient encore les mains du batteur.
« Il faut qu'on aille voir Dumbledore, Padfoot. »
« Non… On doit aller à la Cabane… » contra vaguement Sirius en se frottant le visage. « La lune va se lever… »
Le préfet le regarda un instant, soupira, puis hocha la tête en lui faisant promettre de parler a directeur de Poudlard le plus tôt possible.
Alors qu'ils retournaient au dortoir pour retrouver les deux autres membres de leur groupe, Sirius fit apparaître un livre d'un coup de baguette.
« Sinon, James et Peter vont être sûr qu'il s'est passé autre chose. »
Remus eut un rire amusé et acquiesça.
« C'est pas idiot. »
Son amant lui tira la langue avant d'ouvrir la porte du dortoir et d'interpeller leurs deux autres amis. Peter se transforma rapidement en rat, que James glissa dans sa poche avant de sortir la cape d'invisibilité et Sirius déposa un léger baiser sur le front de Remus.
Celui-ci eut un faible sourire et sortit de la pièce, bientôt suivi par le reste des Maraudeurs.
Le lendemain soir, le dortoir des sixièmes années était totalement silencieux.
Sirius, assis au bord de son lit, les yeux baissés sur son bras blessé, attendait un mot de la part de James ou Peter.
Remus le regardait de son propre lit, les yeux emplis de culpabilité.
« Alors si j'ai bien compris, commença Peter, quand Moony a tenté de te mordre la nuit dernière, c'est parce qu'il a senti l'odeur de tous les Mangemorts ? »
Sirius hocha la tête sans répondre et Remus vint s'asseoir à côté de lui.
« Tu veux bien leur montrer, mon chéri ? » dit-il d'une voix tendre et le brun enleva le bandage d'une main si tremblante que le loup-garou prit le relais, agissant avec une telle douceur que l'autre garçon sentit ses yeux s'emplir de larmes.
« Hey Padfoot, ne pleure pas… » chuchota Remus, le regard inquiet. Sirius eut un faible rire et secoua la tête.
« C'est juste… Merlin, j'aurai dû leur résister ! J'aurai dû partir plus tôt ou… Je n'aurai pas dû les laisser faire ça et maintenant ils vont s'en prendre à mon frère !... »
Il se cacha le visage dans ses mains et inspira profondément.
« Sirius... »
La voix de James le fit relever la tête et il vit que son meilleur ami avait un regard concerné (3), fixant d'abord la marque des Ténèbres qui apparaissait sous la peau en reconstruction puis le visage pâle de son presque frère.
« Si tu avais résisté, il t'aurait tué. Merde, tu étais déjà à deux doigts de tomber dans le coma quand tu es arrivé à la maison alors que tu n'avais rien fait ! »
Son ami secoua une nouvelle fois la tête.
« Tu ne comprends pas ! » s'exclama-t-il, la voix brisée par des larmes retenues trop longtemps. « Si je continue, je vais devoir tuer, e-et je vais de voir me battre contre vous et… Je ne peux pas faire ça ! »
Un silence pesant s'abattit sur le dortoir jusqu'à ce que Remus se mette à genoux face à lui, prenant son visage en coupe.
« Je te promets que jamais, jamais je ne laisserai un membre de ma meute être blesser sans conséquences. Quand vous avez découvert pour moi, Moony a compris que vous étiez devenu ma meute et ça, Sirius, personne, jamais, ne l'enlèvera. Pas même ton père, pas même Voldemort. »
Il essuya doucement les joues de Sirius.
« Et Moony ne laissera plus son compagnon être blessé sans le venger. »
L'autre eut un léger rire et ferma les yeux.
« Remus ? »
Les deux amants se tournèrent vers James et Peter, qui les regardaient avec curiosité.
« Tu as dit qu'on était ta meute, ça veut dire quoi ? » demanda le poursuiveur tandis que le quatrième prenait un air intéressé.
Remus rosit et s'assit sur le lit, glissant ses doigts dans les cheveux de Sirius, adossé au sommier.
« Ça veut dire que Moony ne peut plus se passer de vous. Je suppose que vous savez que les loups vivent en meute ? Eh bien nous sommes pareils. Je veux dire – un loup-garou finira toujours par trouver une meute, même si les autres membres sont humains – peu lui importera. Seulement si l'un des membres disparaît, la peine qu'il ressentira sera si forte qu'il peut en perdre l'esprit – encore plus le membre en question est son compagnon. Et plus le temps passera, plus Moony vous aimera comme sa propre famille. »
Il se tut un instant et eut un léger sourire.
« C'est assez étrange, comme idée, mais je suppose que ça fait partie des pouvoirs du loup-garou. »
« Comme la super-force, le super-odorat et la super-ouïe ? » demanda Sirius en tournant la tête vers lui, un sourire aux lèvres.
« Yep. Ça et le fait que Moony est ultra protecteur envers vous – c'est pour ça qu'il était si énervé hier soir, je suppose. Il a dû sentir l'odeur des Mangemorts et comme il savait qui ils sont, il a pensé que tu l'avais trahi. Mais maintenant, tu as retrouvé ton odeur. » ajouta le préfet en voyant le visage assombri du maraudeur.
Celui-ci émit un vague « Mhm… » et Peter eut un rire moqueur, suivi par James.
« On devrait aller dormir, vous ne croyez pas ? »
Tous acquiescèrent aux – sages mais rares – paroles de James et se blottirent chacun dans leurs lits respectif, excepté Sirius et Remus.
Une fois correctement installé contre son amant, les rideaux fermés et un sortilège de silence lancé pour éviter que les autres n'entendent ce qu'il avait à dire, le jeune homme brun murmura au préfet :
« Mais si nous sommes la meute de Moony, être son compagnon, ça veut dire quoi ? »
« Honnêtement, je ne sais pas. Enfin, pas entièrement. Tout ce que je peux te dire, c'est que maintenant, Moony ne peut plus se passer de toi. Que si tu venais à me quitter, la douleur serait telle que j'en deviendrais fou et que si tu venais à mourir, je mourrais peu après parce que je ne le supporterais ni mentalement, ni physiquement. Et – enfin, je suppose que c'est très certainement la même chose pour toi… »
Il y eut un léger silence durant lequel Sirius sembla réfléchir.
« Tu ne m'avais jamais parlé de ça, commença-t-il avant de se mettre à sourire. Mais ce n'est pas grave. Bon, ça peut nous coûter la vie et tout mais… Ce ne serait pas la même chose si je n'étais pas avec toi. Je me demande même s'il y a une possibilité – De ne pas être avec toi, je veux dire. Parce que, tu sais – je t'aimerai même si tu étais à Serpentard, ou une fille et je sais que je me transformerais en Padfoot si tu étais coincé dans ta forme de Moony. Parce que… Eh bien, faut croire que je t'aime simplement, sans me soucier de ton genre ou que tu sois riche ou de tous ces stupides détails que ma famille adorerait vérifier. Et – je t'aime parce que tu es toi – tu es Remus Lupin et j'aime tous les petits trucs qui font que tu es toi – comme ton amour pour le chocolat ou pour la lecture ou le travail. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée et je te promets de ne jamais te laisser partir. Je te promets que je t'aimerai toujours(4). »
Durant tout le discours de Sirius, Remus n'avait rien dit, trop ému pour l'interrompre. Et même encore, il ne sut pas quoi dire au garçon face à lui. Alors il enfouit sa tête dans son cou et y laissa une légère morsure qui, en langage canin, était traduisible par « je t'aime et je ne veux pas que tu partes » - ce n'était pas aussi grandiloquent que ce qu'avait dit le fauteur de trouble mais cela lui suffisait et ils s'endormirent rapidement, blottis l'un contre l'autre, avec la certitude de ne jamais être séparés l'un de l'autre.
(1) Mais si, vous savez, cet orteil qu'on cogne tout le temps dans des meubles. C'est au même niveau que le lego sur lequel on marchera forcément.
(2) Je précise que pour moi, Sirius avait les cheveux au niveau des épaules quand il était jeune.
(3) Alors en fait, j'ai eu un problème pour ce mot : c'est qu'en Anglais, on dit « he had a concerned look » et je n'ai pas retrouvé de traduction française qui me plaisait. Normalement, j'aurai dit « Il avait un regard inquiet. » mais ce n'est pas exactement ce que je voulais dire, puisque James est plus qu'inquiet pour Sirius – le problème de la lecture dans les deux langues.
(4) « And I promise I will always love you. » La très célèbre chanson de Donna Summer – je n'ai pas pu résister, pardon ;; (faut savoir que j'ai écrit une partie de ce chapitre en Anglais avant de me rendre compte que je devais écrire en Français et que j'ai donc tout retraduit xD)
